Projet de transcription des langues des peuples islamiques en caractère coranique standardisé
INTRODUCTION
  • Selon les statistiques, plus d’une centaine de langues des peuples musulmans s’écrivaient (et dont certaines s’écrivent encore) en caractère arabe ; quarante (40) d’entre elles étant des langues africaines, trente-quatre (34) appartiennent aux langues d’Asie centrale, de Russie et d’Europe de l’Est, tandis que le reste vient de l’Asie du sud, de la Chine et d’autres régions du globe.En effet, le caractère arabe a pris plusieurs appellations : Il est « jawi » en Asie du Sud-est ; « ‘ajami » en Afrique de l’Ouest et « ottoman » en Turquie et en Asie centrale jusqu’aux frontières de la Chine. Pour des fins de normalisation, l’ISESCO a choisi le nom de « caractère coranique » qui reflète la diversité de la Oumma islamique.

    De même, l’alphabet relatif à chacune des langues des musulmans, transcrites en caractère coranique, n’a pas dépassé le cadre de l’alphabet arabe en termes de forme géométrique, mais certains de ses caractères ont été modifiés pour exprimer les sons particuliers qui n’existent pas en langue arabe. Comme en langue ourdoue et autres langues de l’Asie du Sud-est, ces modifications ont été opérées en utilisant des points (deux ou trois), des marques additionnelles ou des diacritique au-dessous ou au-dessus de la lettre en question. C’est ainsi qu’en analysant les modifications et en examinant les alphabets, l’on déduit que l’alphabet englobant les langues des peuples musulmans dépasse les cent caractères.

    Ainsi, les langues des peuples musulmans étaient transcrites en caractère coranique jusqu’à la moitié du XXe siècle de notre ère, lorsque les colons l’ont remplacé par le caractère latin. L’utilisation du caractère arabe a donc progressivement diminué dans des domaines limités à l’enseignement religieux, à l’alphabétisation, aux correspondances et aux transactions quotidiennes. Cependant, certaines langues, telles que le persan, l’ourdou, le pashtoun et le sindhi, ont résisté à cette manœuvre de remplacement puisqu’elles s’écrivent encore en caractère coranique. Cette résistance s’est également reflétée dans l’attachement que plusieurs peuples musulmans d’Afrique et d’Asie manifestent à ce caractère, mais aussi dans les appels qu’ils lancent pour le revivifier, tant sur le plan public que privé. C’est ainsi que ces efforts ont été consolidés à travers le projet d’ « utilisation du caractère arabe pour lutter contre l’analphabétisme », adopté en 1984 par l’UNESCO, la Banque islamique de Développement (BID) et l’Association mondiale de l’Appel islamique (AMAI), puis par l’ISESCO en 1985.

    Au début de 1991, et suite à une série de réunions d’experts et colloques scientifiques tenus en Afrique de l’Est et de l’Ouest, il a été procédé à l’adoption de l’alphabet arabo-africain de l’ISESCO, où les directives et principes suivants ont été respectés :

    1. Ne pas utiliser un caractère arabe pour transcrire un son autre que celui exprimé en arabe ;
    2. Utiliser un seul caractère pour exprimer un seul son dans les différentes langues ;
    3. Ne pas utiliser, tant que possible, les diacritiques en points dans la distinction des lettres ; ces points étant un faible facteur de distinction qui engendrerait des difficultés techniques en matière d’impression.
  • Parachevé, l’alphabet arabo-africain comprend désormais quarante-trois (43) consonnes, huit (8) voyelles et un certain nombre de semi-consonnes.Ainsi, l’alphabet arabo-africain, qui se limitait à environ dix langues africaines, en compte jusqu’à présent plus de trente (30), notamment grâce aux stages de formation et aux efforts scientifiques.

    À partir de 2006, le projet de caractère coranique a connu une évolution notable à travers les actions suivantes :

    1- Informatisation de l’alphabet arabo-africain de l’ISESCO, en coopération avec l’Université internationale d’Afrique ; trois (3) calligraphies ayant été créées sur la base de la calligraphie « Naskh », à savoir :

    1. Africa 1
    2. Africa 2
    3. Timbuktu

    2- Conception d’un logiciel d’impression pour la transcription des langues des peuples islamiques, muni d’un guide d’utilisation.

    3- Conception d’un logiciel de transformation des textes de l’alphabet latin à l’alphabet arabo-africain muni d’un guide d’utilisation.

    De même, et en coopération avec nombre d’institutions éducatives, scientifiques et culturelles concernées, en tête desquelles figure l’Université internationale d’Afrique, l’ISESCO a procédé à la traduction, l’impression et la publication de onze (11) ouvrages sur le patrimoine et la jurisprudence en quatorze (14) langues africaines ; le nombre total d’ouvrages traduits, imprimés et publiés ayant ainsi atteint cinquante (50) jusqu’à ce jour.
    Dans le cadre d’une initiative culturelle et civilisationnelle sans précédent, l’ISESCO a l’honneur de publier sur ce nouveau site lesdites traductions qui seront à même de profiter au lecteur africain en lui faisant connaître son patrimoine islamique, lu en sa langue nationale africaine transcrite en caractère coranique. Il sera procédé, par la Grâce de Dieu, à la publication de davantage d’ouvrages sur le patrimoine, ainsi que des dictionnaires et supports didactiques qui seront respectivement publiés dans le cadre de ce grand projet civilisationnel. Nous implorons le Tout-Puissant de nous accorder plein succès.

Publications de l’ISESCO en langues africaines(1ère partie)
Publications de l’ISESCO en langues africaines(2ème partie)
Liste des titres d’ouvrages selon les langues
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