Comité du Patrimoine dans le Monde islamique

Allocution de S.E Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, Directeur général de l’Organisation islamique pour l’Education, la Science et la Culture (ISESCO):
Le Comité du Patrimoine dans le Monde islamique a été créé au milieu des défis civilisationnels croissants auxquels la Oumma arabo-islamique fait face et qui se manifestent aujourd’hui par la recrudescence des agressions, la destruction et le pillage subi par le patrimoine islamique millénaire, notamment en Irak et en Afghanistan. Ces défis sont d’autant exacerbés par les excavations que les autorités d’occupation israéliennes entreprennent dans le pourtour de la mosquée Al-Aqsa, détruisant ainsi des monuments historiques de la ville d’Al-Qods Al-Charif qui représentent pour les Musulmans et les Chrétiens des sanctuaires religieux auxquels il est inacceptable de porter atteinte.

La sauvegarde du patrimoine culturel et civilisationnel vient en tête des priorités des droits culturels des individus et des collectivités. En effet, le patrimoine culturel est le réceptacle ou fusionnent les identités et les cultures des peuples et où interagissent et s’enrichissent leurs œuvres passées, actuelles et futures. C’est à partir de ce constat que l’ISESCO a résolu d’accorder au patrimoine islamique une extrême importance dans ses plans, programmes et activités. Cet intérêt a porté ses fruits à travers la création du comité du patrimoine islamique.

Dans ce contexte, la Oumma islamique a grandement besoin de mettre en place un mécanisme adéquat pour évaluer la situation actuelle de son patrimoine civilisationnel, faire l’inventaire des sites et des monuments archéologiques, historiques, culturels et religieux menacés et mettre en œuvre les nouvelles technologies pour entretenir ce patrimoine. C’est en vertu d’une proposition formulée par l’ISESCO lors la 5ème conférence islamique des ministres de la culture (Tipoli, 21-23 novembre 2007), que le Comité du patrimoine islamique fut créé pour assurer plus de complémentarité et d’efficacité à l’action menée par l’ISESCO dans le domaine du patrimoine culturel islamique.

Ce portail vise à mettre en évidence la valeur du patrimoine civilisationnel dans le monde islamique, le sauvegarder par tous les moyens et le transmettre aux générations futures. Ce portail vise également à montrer que ce patrimoine millénaire n’appartient pas exclusivement à la Oumma islamique mais à l’ensemble du patrimoine humain. Si bien qu’il est du devoir de l’humanité d’agir pour le protéger contre la destruction, le vandalisme et de la judaïsation.

Ce portail informe le visiteur sur les attributions du Comité du patrimoine islamique, la procédure d’adhésion, le mode d’inscription sur la liste du patrimoine islamique et bien d’autres informations utiles.

J’ai bon espoir que ce portail se développera pour couvrir l’ensemble du patrimoine culturels et civilisationnels du monde islamique.
Que Dieu nous accorde le succès.

IHC
  • Brochure sur le Comité du Patrimoine dans le Monde islamique

  • Dans le cadre de l’intérêt accordé par l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) pour préserver le patrimoine civilisationnel islamique, et en vertu d’une résolution formulée par la 5ème Conférence islamique des Ministres de la Culture, tenue du 21 au 23 novembre 2007 à Tripoli, capitale de la Lybie, le Comité du Patrimoine dand le Monde islamique, une entité gouvernementale spécialisée, a été créée en vue de préserver, dans les Etats membres, le patrimoine culturel humain en général et le patrimoine islamique en particulier. Ce Comité a été créé, en premier lieu, étant donné que le patrimoine humain dans ces Etats est faiblement classé sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO ; laquelle situation qui ne reflète pas la valeur réelle ni la teneur ou la diversité de ce patrimoine. De plus, cette réalité implique la nécessité de créer un mécanisme gouvernemental international dont la mission est d’assurer la collaboration et la coopération, de concerter les efforts et de souligner que le patrimoine islamique devrait occuper une place prépondérante dans le patrimoine mondial.
  • Adhésion :

  • Le Comité est composé de neuf membres élus parmi les représentants des Etats membres de l’ISESCO durant les sessions de la Conférence islamique des Ministres de la Culture. Cette élection s’opère pour un mandat de quatre années et à raison de trois Etats pour chacune des régions arabe, africaine et asiatique. Les Etats concernés sélectionnent leurs représentants parmi les spécialistes dans le patrimoine culturel. De même, le Bureau du Comité se compose d’un Président, d’un Vice-président et d’un Rapporteur, élus parmi les membres dudit Comité.
  • Attributions :

  • Le Comité du Patrimoine islamique œuvre, dans le cadre d’efforts concertés avec le Comité du Patrimoine mondial et le Comité du Patrimoine arabe, à proposer les mécanismes nécessaires et coordonner les positions communes pour :Inscrire les sites culturels archéologies des Etats membres sur la Liste du Patrimoine dans le Monde islamique, quelques soient la civilisation et la période auxquelles appartiennent ces sites culturels ;
    Protéger les monuments historiques et les réserves naturelles dans les Etats membres ;
    Protéger et promouvoir le patrimoine culturel immatériel;
    Fournir l’aide urgente pour la protection des sites archéologiques touchés par les catastrophes naturelles ;
    Fournir l’assistance juridique et technique pour la récupération des biens culturels islamiques spoliés ;
    Lutter contre le trafic illicite des biens culturels ;
    Apporter le savoir-faire et l’assistance technique nécessaires pour établir l’inventaire du patrimoine culturel et en garantir la bonne gouvernance ;
    Soutenir les parties compétentes dans les Etats membres en vue d’inscrire leurs sites archéologiques sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO ;
    Elaborer des rapports sur la situation du patrimoine culturel islamique.
  • Conditions d’inscription sur la Liste du Patrimoine culturel islamique :

  • Le Comité coordonne les efforts, propose des mécanismes adéquats et unifie les positions communes afin de :
    Fournir les informations nécessaires sur les conditions de protection, de maintenance et de restauration des sites, étayées des documents et références juridiques et administratifs ; aviser le Comité sur les dangers qui menacent le bien concerné et qui sont susceptibles de l’endommager dans l’immédiat ou à long terme ;
    Soumettre les dossiers d’inscription directement au Secrétariat du Comité à l’ISESCO. Le formulaire d’inscription doit être présenté au moins six mois avant la tenue de la réunion du Comité. Seules les propositions répondant aux conditions énoncées dans le formulaire sont présentées au Comité;
    Un comité réduit d’experts en la matière est chargé d’examiner les dossiers, sur le fond et la forme, avant de les présenter à la session annuelle ordinaire du Comité du Patrimoine islamique (qui se tient en octobre) qui l’examine et décide si son inscription doit être adoptée ou reportée.
    Le Comité se réserve le droit de reporter l’inscription du bien visé et d’exiger des parties compétentes de lui fournir les informations et les documents devant être joints à la proposition.
  • Moyens d’action :

  • I- Le comité scientifique et technique :Il s’agit d’un comité auxiliaire relevant du Comité du Patrimoine islamique et institué par le Directeur général de l’ISESCO. Ce comité se compose d’archéologues et de spécialistes dans le domaine du patrimoine culturel (matériel et immatériel) et naturel et se charge :D’examiner les questions et les dossiers soumis au Comité du Patrimoine islamique et de proposer des solutions adéquates en la matière ;De proposer les projets et les activités permettant de faire connaître, de protéger et de promouvoir le patrimoine islamique, ainsi que les moyens de l’intégrer dans la croissance économique, culturelle et sociale ;
  • II- Secrétariat :
    Faisant partie de l’organigramme de la Direction générale de l’ISESCO, le Secrétariat du Comité du Patrimoine islamique est chargé d’en préparer les réunions et d’assurer le suivi et la mise en œuvre des résolutions formulées par ledit Comité.
  • Le Comité du patrimoine dans le Monde islamique : défis et perspectives

  • Dans ses plans d’action successifs, l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) a accordé un intérêt accrue au patrimoine de la civilisation islamique dans les Etats membres, convaincue qu’elle est de la nécessité de la solidarité et de la coopération islamiques dans tous les domaines, notamment dans les domaines culturels et plus particulièrement la préservation du patrimoine de la civilisation islamique. L’ISESCO est consciente du fait que la préservation des sites archéologiques et des monuments historiques et religieux laisse à désirer sur les plans national, régional et international. De fait, la détérioration d’une partie de ce patrimoine culturel islamique est considérée comme une perte pour le monde islamique en particulier et pour le monde en général.Dans le cadre de l’intérêt qu’elle voue à la préservation du patrimoine de la civilisation humaine dans ses Etats membres et se fondant sur les rapports et les études d’évaluation de la situation des sites archéologiques dans le monde islamique, l’ISESCO s’est rendu compte de la nécessité de mettre en place un organisme spécialisé pour préserver le patrimoine islamique, en l’occurrence le Comité du patrimoine islamique.
  • I- Définition du Comité du patrimoine dans le Monde islamique
    Le Comité du patrimoine dans le Monde islamique est un organisme intergouvernemental spécialisé qui a été créé en vertu d’une résolution de la 5ème conférence islamique des ministres de la culture (Tripoli, Libye, 2007) afin de préserver le riche patrimoine culturel des Etats membres, lequel relève aussi bien du patrimoine humain en général et du patrimoine islamique en particulier. Le but de ce comité est également de rendre efficace et complémentaire l’action menée par l’ISESCO dans le domaine de la préservation du patrimoine civilisationnel.Qu’entend-on par patrimoine islamique ?
    L’appellation de ce comité nous amène à définir de manière succincte la notion de patrimoine islamique. Il s’agit du patrimoine qui se trouve dans les territoires des Etats membres, y compris le patrimoine qui remonte aux civilisations préislamiques. Car les Etats membres en sont les légataires et sont, de ce fait, responsables de sa préservation en tant que patrimoine du monde islamique. A ce propos, les pays du monde ont préservé ce patrimoine à travers les âges et plusieurs sites légués par les civilisations anciennes ont été sauvegardé et intégré par la civilisation islamique.Par ailleurs, cette appellation n’insinue pas que le patrimoine islamique se limite au seul produit de la civilisation de l’islam. Au contraire, elle intègre toutes les périodes de l’histoire et tout le patrimoine humain qui se trouve dans le monde islamique.
  • II- Motifs de création du Comité du patrimoine islamique :
    La création du Comité du patrimoine islamique se justifie essentiellement par les motifs suivants :
    1- La situation précaire du patrimoine islamique dans la liste du patrimoine mondial
    La place occupée par le patrimoine humain des Etats membres dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ne reflète pas la vraie valeur de ce patrimoine humain. Il ne reflète pas non plus son volume et sa diversité. Cette position de faiblesse a rendu nécessaire la création d’un organisme intergouvernemental qui œuvre à la coordination, la coopération, la fédération des efforts et la valorisation du patrimoine civilisationnel islamique en lui donnant une place de choix dans le patrimoine mondial. En créant le Comité du patrimoine islamique, l’ISESCO n’entendait pas dupliquer les efforts d’organismes similaires comme le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO ou le Comité du patrimoine arabe de l’ALECSO. De fait, l’action du Comité du patrimoine islamique est un prolongement et un complément des travaux des comités internationaux et régionaux compétents. De plus, ce comité a été créé pour fédérer les efforts et se coordonner afin de préserver les lieux de mémoire et toutes les formes représentatives du patrimoine culturel islamique.2- Faire face aux multiples dangers qui menacent le patrimoine civilisationnel des Etats membres
    La situation des multiples composantes du patrimoine culturel dans les pays du monde islamique, notamment les sites archéologiques et les monuments historiques est préoccupante à cause des dangers naturels et des conflits armés qui causent de grands préjudices au patrimoine humain. Parmi ces dangers, citons :a- Les catastrophes naturelles : les catastrophes naturelles causent d’énormes dégâts dans le tissu architectural et urbain de manière général et, plus particulièrement, dans les sites patrimoniaux. En outre, l’activité humaine contribue à l’aggravation de ces dégâts, ce qui doit inciter le Comité du patrimoine islamique et la commission scientifique qui lui affiliée à amener les parties compétentes à mettre en place des structures préventives qui protègent le patrimoine culturel de manière à atténuer l’effet des activités et des catastrophes naturelles sur ce patrimoine. Le Comité est également appelé à proposer des aides urgentes aux pays dont les sites patrimoniaux ou les institutions culturelles ont subi des catastrophes naturelles.b- La Construction de barrages et ses effets : Les barrages sont considérés comme les plus grands ouvrages hydrauliques jamais construits par l’homme. Ils se situent sur le bord des fleuves et des lacs afin d’emmagasiner l’eau, d’en réguler le cours et de l’utiliser dans la génération de l’énergie électrique, prévenir les inondations et les saisons de sécheresses et bien d’autres fonctions aussi importantes les unes que les autres. Cependant, la construction des barrages, conjuguée à l’augmentation du niveau des eaux des fleuves et des lacs, les glissements de terrain et l’augmentation du taux d’humidité font peser une réelle menace sur les sites archéologiques et les monuments historiques avoisinants. Dans ce contexte, on peut citer les dégâts subis par les sites archéologiques et monuments historiques situés dans bassin du Nil au sud de l’Egypte et au nord du Soudan qui ont été inondés à cause de la construction des barrages Al-Ai et Morouri. D’autres régions du monde ont subi ce même phénomène, si bien que le Comité du patrimoine islamique doit présenter des propositions pratiques pour aider ces pays dans les opérations de sauvetage, de protection, de sensibilisation et de restauration et leur permettre, par ailleurs, d’inscrire ses sites sur la liste du patrimoine islamique.c- Les conflits armés et les guerres Les conflits armés et les guerres ont un impact direct sur le patrimoine civilisationnel. Cela est vrai pour les conflits que connaît actuellement le monde islamique, notamment en Palestine où les autorités d’occupation israélienne mobilisent tous leurs moyens militaires et logistiques pour judaïser le patrimoine islamique et priver le patrimoine humain de ses composantes islamique et chrétienne qui sont d’une valeur inestimable. Dans ce cadre, le périmètre entourant les sanctuaires islamiques d’Al-Qods Al-Charif fait l’objet de fouilles régulières illégales entreprises par les autorités d’occupation israéliennes. Or, ces fouilles qui menacent les fondations de la mosquée Al- Aqsa n’ont jamais mises en cause malgré l’inscription, depuis 1982, des sites patrimoniaux de la ville d’Al-Qods sur la liste du patrimoine mondial menacé.

    On peut en dire autant sur le sort subi par les monuments archéologiques et les sites historiques d’Irak en 2003. En effet, sept des plus grands musées nationaux irakiens ont été pris pour cible, y compris le musée national de Bagdad, sans oublier l’incendie qui détruit la bibliothèque nationale, réduisant à néant des milliers de manuscrits islamiques. L’Irak a ainsi perdu des trésors archéologiques et artistiques inestimables qui remontent à 5000 ans, c’est-à-dire à la civilisation de la Mésopotamie, dans des actes de pillage où ont été volés des milliers pièces archéologiques du musée national de Bagdad. Certaines de ces pièces font l’objet d’un trafic illégal. Le Comité du patrimoine islamique se devra de lutter contre ce phénomène en vertu du droit international. Par ailleurs, les conflits qui ont eu lieu en Afghanistan au cours des trois dernières décennies ont favorisé le pillage de biens culturels et la démolition de sites archéologiques qui remontent à l’époque préislamique. A cet égard, l’ISESCO a condamné fermement ces actes qui ont fait disparaître une partie inestimable du patrimoine mondial.

    Les défis sociaux, politiques, économiques et culturels concernant le patrimoine de la civilisation islamique augmentent à mesure qu’augmentent les dangers qui le menacent dans les Etats membres. Or, il ne fait aucun doute que la préservation de ce patrimoine arrive en tête des priorités des droits culturels des individus et des communautés. C’est ainsi que le monde islamique a réellement besoin d’un mécanisme approprié pour évaluer et préserver la situation actuelle de son patrimoine civilisationnel, inventorier les sites et les monuments historiques, culturels et religieux menacés et chercher les moyens adéquats pour utiliser les nouvelles technologies de l’information dans l’entretien de ce patrimoine. D’où l’importance du Comité du patrimoine islamique pour faire face à ces dangers et prendre toutes les mesures nécessaires à sa préservation à travers son inscription sur la liste du patrimoine dans le Monde islamique, voire dans la liste du patrimoine mondial. A ce titre, il est nécessaire de rappeler que le Comité du patrimoine islamique n’est pas de nature à assumer le rôle des Etats dans la préservation de leur patrimoine civilisationnel. Par conséquent, le Comité devra s’acquitter de sa mission conformément aux moyens qui seront déterminés en concertation avec les parties compétentes concernées.

    3- Sensibilisation à l’importance du patrimoine civilisationnel des Etats membres
    Les Etats membres s’étendent sur un grand espace géographique et abritent les vestiges de la plupart des civilisations anciennes (assyrienne, babylonienne, pharaonique, grecque, roumaine et islamique). Si bien qu’elles nécessitent une protection de la part des instances intergouvernementales qui doivent œuvrer à inscrire leur patrimoine matériel et immatériel sur la liste du patrimoine mondial. En effet, une bonne partie de ce patrimoine n’a pas suscité l’intérêt des spécialistes et des responsables chargés de l’inscription du patrimoine mondial. Or, si ces instances intergouvernementales existent aux niveaux arabe et mondial, leur existence sur le plan islamique est encore plus prioritaire. Plusieurs de ces biens patrimoniaux n’est pas inscrit sur la liste du patrimoine mondial pour plusieurs raisons dont l’absence d’une sensibilité à l’importance du patrimoine et leur non inscription sur la liste du patrimoine mondial. Cela a eu un impact négatif sur le développement du tourisme culturel et du développement en général. A cet égard, la mise en place d’un comité du patrimoine est nécessaire dans ces Etats, avec pour mission de sensibiliser à l’importance de leur patrimoine civilisationnel.

    4- La mise en valeur des contributions des civilisations des pays islamiques au patrimoine humain mondial
    Les pays du monde islamique ont connu la naissance des plus grandes civilisations de l’humanité. Sur leurs territoires, on peut encore apprécier les sites, les monuments et les œuvres d’art de ces civilisations. Ce legs civilisationnel qui constitue l’une des constantes de l’identité culturelle islamique et nous renseigne sur l’ampleur de la contribution de la civilisation islamique à la civilisation humaine doit être pris en charge. C’est une mission que le monde islamique doit accomplir pour transmettre ce riche patrimoine aux générations futures si bien que la renaissance du monde islamique doit être fondée sur ses racines qui remontent à des temps immémoriaux. Les pays islamiques ont pris conscience au cours des dernières décennies de l’importance de son patrimoine civilisationnel et a accordé un intérêt particulier à ce patrimoine culturel inestimable qui doit être entretenu et faire l’objet de fouilles archéologiques. Ces pays construisent de plus en plus de musées et modernisent leurs bibliothèques spécialisées. Dans cette même veine, des milliers de manuscrits ont été collectés et indexés, les règles d’entretien révisées et plusieurs rencontres, conférences et séminaires ont été tenus qui visent à mettre en valeur ce patrimoine.

    En sauvegardant leur patrimoine et en valorisant leur identité à travers le Comité du patrimoine islamique, les peuples islamiques contribueront à l’enrichissement de la civilisation humaine qui est en fait la résultante des cultures du monde et la civlisation humaine a besoin de chaque culture pour étendre son rayonnement et concrétiser la diversité et la pluralité culturelles.

    5- Proposition de lois appropriées pour sauvegarder le patrimoine culturel islamique
    Dans le cadre de leurs politiques culturelles nationales, les Etats membres veillent à adopter des lois qui sont en harmonie avec la législation internationale en la matière. Ces Etats oeuvrent à la formation des professionnels du domaine aux méthodes modernes pour sauvegarder ce patrimoine et le promouvoir. Cependant, la multiplication des dangers qui menacent ce patrimoine appelle nécessairement l’institution de lois appropriées et une formation continue. A cet effet, le Comité du patrimoine islamique doit faire des propositions pratiques pour aider les Etats qui en ont besoin à s’acquitter sans délai de leurs responsabilités dans ce domaine.

  • III- Adhésion au comité du patrimoine islamique :
    Le Comité se compose de neuf membres spécialisés dans le domaine du patrimoine culturel. Ils sont élus pour un mandat de quatre années parmi les représentants des Etats membres de l’ISESCO, lors des sessions de la Conférence islamique des ministres de la culture, à raison de trois Etats pour la région arabe, deux pour la région africaine et deux pour la région asiatique. Les Etats concernés choisissent leurs représentants parmi les spécialistes du patrimoine culturel. Le bureau du Comité se compose des d’un président, d’un vice-président et d’un rapporteur élus parmi les membres du Comité.
  • IV- Attributions du Comité du patrimoine islamique
    Le Comité du patrimoine dans le Monde islamique œuvre à l’inscription des éléments du patrimoine civilisationnel des Etats membres sur la liste du patrimoine dans le Monde islamique dans la perspective de les inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (s’il n’y sont pas déjà inscrites). A cet effet, le Comité présente toutes les formes de soutien nécessaire aux parties compétentes dans les Etats membres afin de lui permettre ce qui suit :
    Inscrire les sites culturels archéologiques et les monuments historiques des Etats membres sur la liste du patrimoine islamique suivant les conditions suivantes :
    Fournir toutes les informations sur les conditions de sauvegarde, d’entretien et de réhabilitation, documents et références juridiques et administratives à l’appui ; et attirer l’attention du Comité sur les dangers imminents ou potentiels qui menacent le monument concerné.Présenter les dossiers d’inscription directement au secrétariat du Comité à l’ISESCO en remplissant le formulaire d’inscription établi à cet effet, six mois au moins avant la réunion du Comité. Seuls les dossiers qui satisfont aux conditions de ce formulaire seront soumis au Comité.Une commission restreinte composée de spécialistes se chargera d’étudier les dossiers sur le fond et la forme avant de les soumettre au Comité du patrimoine islamique réunie dans sa session ordinaire (octobre de chaque année) pour décider de l’inscrire ou d’en ajourner l’inscription.
    Le Comité a le droit d’ajourner l’inscription et demander aux parties compétentes concernées de lui fournir les informations et les documents supplémentaires qu’il juge nécessaires.
    Sauvegarder et restaurer les sites et les biens culturels en Palestine, Irak et Afghanistan :
    Le Comité du patrimoine islamique assume un rôle primordial dans l’observation de l’état de dégradation du patrimoine culturel humain et d’évaluer les dangers qui le menacent dans les Etats membres, notamment en Palestine, Irak et Afghanistan. Par ailleurs, le Comité propose des solutions d’urgence à travers la mobilisation des ressources humaines, techniques et matérielles nécessaires à cette opération, en concertation avec les instances spécialisés de l’UNESCO et dans le monde islamique.Fournir une aide urgente pour protéger les sites archéologiques en péril :
    Les sites archéologiques sont exposés à plusieurs dangers, qu’ils soient naturels ou le fait de conflits armés. Pour y remédier, le Comité doit intervenir immédiatement en vue de préserver et de restaurer les sites archéologiques touchés par les catastrophes naturelles, ainsi que pour renforcer ses moyens d’action en créant, selon des critères et des priorités qu’il aura définis, un fonds pour financer les interventions urgentes visant à la protection de ces sites.Fournir l’assistance juridique et technique pour la récupération des biens culturels islamiques spoliés :
    Dans le cadre de la Convention de l’Institut international pour l’unification du droit privé (UNIDROIT), relative aux biens culturels spoliés ou illicitement exportés, et en collaboration avec l’UNESCO, le Comité du Patrimoine islamique demande aux Etats membres concernés de lui fournir l’assistance juridique nécessaire en vue de faciliter les négociations bilatérales et placer les biens récupérés au sein d’instances aptes à en assurer la sécurité. De plus, le Comité est appelé, à travers sa commission scientifique, à fournir l’assistance technique aux Etats membres en vue de renforcer leurs législations relatives à la protection du patrimoine et de mettre en œuvre leurs activités et programmes qui ont pour objectif est de sensibiliser davantage à l’importance de préserver le patrimoine et à la nécessité de former des compétences en la matière.

    Lutter contre le trafic illicite des biens culturels :
    Le Comité du Patrimoine islamique est chargé d’élaborer des programmes de sensibilisation destinés aux parties concernées et aux professionnels dans les Etats membres. Ces programmes visent notamment à mettre l’accent sur la valeur du patrimoine culturel dans la vie des individus et des collectivités, ainsi que sur la nécessité de prendre les mesures adéquates pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels. De plus, le Comité élabore, le cas échéant, un rapport sur la situation du patrimoine dans les Etats concernés en vue d’évaluer les dangers qui le menacent. Le Comité contribue également à la sensibilisation éthique des professionnels chargés de préserver le patrimoine dans les Etats membres.
    Protéger et promouvoir le patrimoine culturel immatériel :
    Le concept de « patrimoine culturel immatériel » est apparu dès le début de la dernière décennie du XXe siècle, à l’issue d’une réunion tenue à Marrakech à l’initiative de l’UNESCO et dans le but de ne pas se concentrer uniquement sur le patrimoine matériel. En effet, l’aspect immatériel du patrimoine culturel ne bénéficiait pas de la même importance accordée à l’aspect matériel sur les plans international et régional.

    Selon la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui a été adoptée par l’UNESCO en 2003 et qui est entrée en vigueur en 2006, on entend par patrimoine culturel immatériel « les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine ».

    Partant, le Comité du Patrimoine islamique est appelé à soutenir les politiques culturelles des Etats membres, qui visent à protéger les composantes du patrimoine culturel et en assurer la promotion. Il est également appelé à œuvrer pour l’inscrire sur la Liste du Patrimoine culturel islamique immatériel, en particulier le patrimoine en péril. Dans ce contexte, l’action du Comité consiste à appuyer les efforts des Etats membres pour leur permettre d’inscrire certaines composantes de leurs traditions populaires sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

    Soutenir les Etats membres pour les aider à inscrire leurs sites archéologiques sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO :
    Il est prévu que le Comité du Patrimoine islamique, en coopération avec sa commission scientifique, supervise l’élaboration d’une liste du patrimoine islamique, contenant les aspects les plus représentatifs de ce patrimoine. Cette liste permettra de mettre en valeur les lieux de mémoire susceptibles d’avoir une spécificité spirituelle et culturelle pour le Monde islamique, en vue de leur inscription ultérieure sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. A cet effet, le Comité du Patrimoine islamique fournira aux parties compétentes dans les Etats membres toute l’assistance nécessaire qui leur permettra d’inscrire leurs sites sur la liste du patrimoine islamique.

    Etablir des rapports sur la situation du patrimoine culturel islamique
    Au regard des risques qui menacent le patrimoine culturel islamique, le Comité du Patrimoine islamique est tenu d’élaborer des rapports sur la situation de ce patrimoine dans les Etats membres et de les généraliser au niveau des parties compétentes régionales et internationales, notamment l’UNESCO et le Comité du Patrimoine mondial. Le but de cette démarche est, en effet, de mettre l’accent sur ces risques et de prendre, le cas échéant, des mesures immédiates, notamment en ce qui concerne les sites et les monuments inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Par ailleurs, ces rapports contribueront aux efforts consentis pour lutter contre toute forme de commerce illicite qui se propage tant en l’absence d’informations suffisantes sur les pièces pillées des sites archéologiques et des musées que par le manque de collaboration entre les services de police et de douane dans les Etats membres.

    Fédérer et coordonner les efforts des Etats membres lors des réunions des comités techniques de l’UNESCO et du Comité du Patrimoine mondial :
    Les réunions des comités nationaux et des comités techniques de l’UNESCO, relatifs au patrimoine culturel en général et au patrimoine mondial en particulier, constituent une opportunité pour prendre des décisions importantes concernant le patrimoine culturel islamique. Ainsi, le Comité du Patrimoine islamique doit coordonner les positions des Etats membres et fédérer les efforts qu’ils déploient dans ce cadre. Il doit également soutenir ses candidats à l’adhésion aux comités concernés, contrecarrer les tentatives israéliennes répétitives qui visent à judaïser des sites et monuments archéologiques palestiniens et permettre ainsi de les inscrire sur la Liste du Patrimoine mondial.

    Langues de travail :
    Dans le cadre de la collaboration prévue entre le Comité du Patrimoine islamique et le Comité du Patrimoine mondial, la langue arabe sera l’une des langues de travail du Comité, étant donné que le caractère coranique constitue tant un élément esthétique qu’un élément scientifique dans les monuments archéologiques islamiques et dans les manuscrits arabes.

  • V- Moyens d’action1- Commission scientifique et technique
    Il s’agit d’une commission auxiliaire relevant du Comité du Patrimoine islamique et institué par le Directeur général de l’ISESCO. Cette commission se compose d’archéologues et de spécialistes du patrimoine culturel (matériel et immatériel) et naturel. Elle se charge des missions suivantes :
    Examiner les questions et les dossiers soumis au Comité du Patrimoine islamique et proposer des solutions adéquates;
    Proposer les projets et les activités permettant de faire connaître, protéger et promouvoir le patrimoine islamique, ainsi que les moyens de l’intégrer dans la croissance économique, culturelle et sociale .2- Secrétariat :
    Faisant partie de l’organigramme de la Direction générale de l’ISESCO, le Secrétariat du Comité est chargé de préparer les réunions, d’en assurer le suivi et de mettre en œuvre les résolutions formulées par ledit Comité.
    De plus, le Comité du Patrimoine islamique, de par ses motifs de création, ses attributions et ses moyens d’action, constitue un mécanisme nouveau et efficace permettant de protéger le patrimoine civilisationnel dans les Etats membres et d’en assurer la transmission aux générations futures.

Formulaire d’inscription

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Formulaire d’inscription sur la Liste du patrimoine islamique

Meeting

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Première réunion

Deuxième réunion

Troisième réunion

Quatrième réunion

Sixième réunion

Al-Qods Al-Charif

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Rapport sur les fouilles à Al-Qods Al-Charif

Convention

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Texte de la Convention

Listes

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Liste du patrimoine civilisationnel et naturel dans le monde islamique

Liste du patrimoine civilisationnel et naturel en péril dans le monde islamique

 

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