A l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation : L’ISESCO appelle à l’adoption d’une nouvelle approche d’alphabétisation dans le monde islamique en vue de promouvoir le développement partagé et durable et garantir l’emploi productif

Rabat: 06/09/2019

A l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation : L’ISESCO appelle à l’adoption d’une nouvelle approche d’alphabétisation dans le monde islamique en vue de promouvoir le développement partagé et durable et garantir l’emploi productif

Dans un communiqué publié à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation, qui coïncide avec le 8 septembre de chaque année, l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) a appelé ses 54 Etats membres à renforcer leurs capacités et fédérer leurs efforts pour avancer dans le chemin de l’alphabétisation, depuis les recommandations du Forum mondial sur l’éducation (Dakar 2000). Le but est d’adopter une nouvelle approche pour atteindre l’éducation pour tous, tout en plaçant les programmes d’alphabétisation au cœur des Objectifs de Développement durable (ODD) à l’horizon 2030, en particulier l’Objectif relatif à la « Promotion de la croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous ».

Le Communiqué de l’ISESCO a indiqué que les études et les rapports spécialisés élaborés par ses spécialistes dans le cadre de la nouvelle vision de l’Organisation, confortent le lien entre l’éducation et la croissance économique ; l’éducation étant considérée comme un facteur générateur de productivité qui, elle-même, contribue fortement à l’augmentation de la croissance économique. En effet, précise ledit Communiqué, l’on met en adéquation le niveau d’instruction moyen de la population avec la croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) par habitant.

Le Communiqué ajoute que l’examen du lien entre l’alphabétisation, le secteur de l’emploi et la croissance économique révèle qu’une frange importante de la population active, notamment dans le secteur primaire productif prépondérant, relatif à l’agriculture, à la pêche, etc., ne bénéficie pas suffisamment des services de l’éducation, notamment ceux de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle. Ceci empêche cette frange de développer pleinement ses compétences et de devenir ainsi compétitive et appréciée dans le secteur du travail.

En outre, ajoute le Communiqué, le lien entre l’alphabétisation et le secteur de la formation technique et professionnelle permettant de qualifier les ressources humaines, d’améliorer l’employabilité et la productivité des néo-alphabètes, n’est pas encore assuré dans plusieurs Etats membres. Et d’appeler à la prise des mesures énergiques appropriées aussi bien au niveau des politiques que des pratiques d’alphabétisation, en rapport étroit avec le monde de la formation professionnelle et de l’économie. Aussi a-t-il appelé à l’imbrication étroite entre les plans nationaux d’alphabétisation et ceux liés au développement dans tous les secteurs économiques.

A travers la nouvelle vision qu’elle adopte, l’ISESCO a aussi appelé à ce que les programmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle à l’endroit des adultes et des adolescents non scolarisés et déscolarisés soient bâtis sur des référentiels de compétences de la vie courante des bénéficiaires, et focalisés sur le marché du travail, entre autres, dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’artisanat, des ressources énergétiques, minérales, etc. Dans ce sillage, les modules de formation portant sur les activités génératrices de revenus au profit des femmes, avec des mesures d’accompagnement post-insertion, auront une plus-value appréciable dans l’employabilité et la croissance économique en milieu féminin.

L’ISESCO a également recommandé aux Etats membres de renforcer les systèmes d’alphabétisation et d’éducation non formelle en les dotant d’indicateurs de qualité en suivi et évaluation, ainsi que d’établir des passerelles entre les programmes d’alphabétisation et la formation professionnelle et technique et, au-delà, avec le système d’éducation formelle. Elle a recommandé la nécessité d’établir un partenariat actif entre le monde de l’alphabétisation, de la formation professionnelle et les employeurs, pour répondre aux besoins actuels et futurs du secteur de l’emploi.

Aussi a-t-elle appelé, dans le cadre de sa nouvelle vision, à s’adapter à la dynamique moderne du monde de l’emploi, caractérisée par la compétition internationale et la globalisation des marchés. Ainsi, avec l’implantation et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans le monde du travail, il est impératif d’inscrire dans les pratiques d’alphabétisation la dimension de l’alphabétisation numérique qui intégrera, outre l’apprentissage des connaissances instrumentales en lecture, écriture et calcul, l’utilisation de ces technologies comme outils de travail et d’équipement dans le monde de l’emploi productif.

L’ISESCO a également recommandé d’inclure une dimension d’ergonomie dans la formation en alphabétisation, en dotant les ouvriers et les apprentis de nouvelles exigences de qualification professionnelle avec leurs normes de qualité et de sécurité, ainsi que la restructuration du travail et des modes de production en rapport avec l’outil informatique.

Et de souligner que la promotion de la croissance inclusive et durable, du plein emploi productif et du travail décent pour tous s’inscrit dans le cadre de la philosophie du développement humain durable qui va au-delà de la simple croissance économique, avec de possibles dérives inégalitaires de l’économie et de la société. A ce titre, elle a précisé qu’outre la visée de la croissance et de la productivité, les programmes d’alphabétisation des Etats membres devraient avoir un caractère inclusif en prenant davantage en compte les catégories marginalisées que sont les femmes, les handicapés, les populations rurales, et celles vivant dans les zones reculées à accès difficile ou dans les zones de conflits, etc.

Le Communiqué a souligné, par ailleurs, que les stratégies d’alphabétisation des politiques nationales devraient aller au-delà de l’aspect stricto sensu de l’économie. Ainsi, en plus des secteurs économiques de développement, dans le cadre du développement durable, ces stratégies doivent aussi s’inscrire dans la dynamique de la « croissance verte » et viser à soutenir la « cohésion sociale », en intégrant dans les modules de post-alphabétisation les dimensions d’éducation environnementale, d’hygiène, de santé, de bien-être des populations, d’éducation aux valeurs humaines communes, etc. Le but est de tirer profit de politiques d’alphabétisation dans les pays du monde islamique, en étant le moyen pour atteindre une société développée et prospère.