Signature de l’accord de coopération actualisé entre l'ISESCO et l’ALECSO
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Signature de l’accord de coopération actualisé entre l'ISESCO et l'ABEGS
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Signature d’un accord et d’un programme de coopération entre l’ISESCO et la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement
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Signature d’un programme de coopération entre l’ISESCO et l’UNESCO
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Patrimoine Iraqien

Préface

Les bombardements aériens et le pilonnage d'artillerie lourde qui ont été le lot quotidien des Irakiens pendant la guerre sur l'Irak et qui n'ont pas épargné le patrimoine de l'humanité et des précieuses pages de son histoire dont regorge le sol du pays sont la preuve indéniable que le progrès technologique et matériel, s'il ne va pas de pas de pair avec une grandeur d'âme et une noblesse d'esprit, ne peut produire que ruine et désolation.

Les bombardements aériens et le pilonnage d'artillerie lourde qui ont été le lot quotidien des Irakiens pendant la guerre sur l'Irak et qui n'ont pas épargné le patrimoine de l'humanité et des précieuses pages de son histoire dont regorge le sol du pays sont la preuve indéniable que le progrès technologique et matériel, s'il ne va pas de pas de pair avec une grandeur d'âme et une noblesse d'esprit, ne peut produire que ruine et désolation.

De tout temps, les monuments historiques et les sites culturels d'Irak ont suscité un grand intérêt de par le monde, eu égard au fait que la Mésopotamie fut le berceau de plusieurs civilisations millénaires qui ont marqué l'histoire de l'humanité entière à travers le patrimoine culturel, juridique et architectural qu'elles nous ont légué et dont se sont inspirées plus tard les autres civilisations et cultures à travers les quatre coins du monde.

Les antiquités que nous allons présenter ci-après sont la preuve éclatante de l'importance du patrimoine culturel et civilisationnel qui a vu le jour, s'est épanoui et connu son âge d'or sur les rives du Tigre et de l'Euphrate. En effet, tous les historiens, chercheurs et archéologues sont unanimes à affirmer, à travers leurs travaux, études et fouilles, que la Mésopotamie constitue bel et bien le centre du plus vieux patrimoine culturel et civilisationnel humain et que c'est là qu'ont été posés les jalons de la connaissance, des lettres et des arts marquant ainsi de leurs empreintes le reste du monde antique.

Il n'est qu'à considérer le grand nombre de monuments et de sites historiques qui atteignent aujourd'hui plus de vingt-cinq mille, répartis dans les grandes villes et métropoles du pays, sans parler des trésors des civilisations humaines qui se trouvent dans les musées archéologiques.

L'histoire de la civilisation irakienne remonte au IVème millénaire av. J.-C., En effet, la Mésopotamie a vu se succéder une série de grandes civilisations : les civilisations sumérienne, babylonienne, assyrienne et arabo-islamique, pour ne citer que celles-là.

Convaincue de la place de la civilisation et du patrimoine culturel d'Irak ; conformément à sa Charte qui accorde un intérêt particulier au patrimoine et à la culture des États membres ; eu égard à la responsabilité qui lui incombe dans le soutien de leurs droits, leur souveraineté, leur intégrité  territoriale ainsi que leur patrimoine culturel et civilisationnel  et agissant dans le cadre de son devoir qui consiste à préserver la personnalité islamique dans ses  dimensions culturelle et civilisationnelle, l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture - ISESCO - a dédié son portail sur Internet à l'exposition des plus importants éléments constitutifs du patrimoine culturel et civilisationnel des États membres, avec à l'ouverture une exposition des antiquités irakiennes dans le but de rappeler à la société internationale l'existence et l'importance capitale de ce glorieux patrimoine civilisationnel et des sites historiques et monuments religieux et culturels que recèle le sol de ce pays, lesquels constituent un trésor culturel universel qu'il est inadmissible d'abandonner ou de négliger.

Parallèlement, l'ISESCO entend montrer à travers ce portail l'ampleur des dégâts causés par l'odieuse agression contre le peuple irakien et son glorieux patrimoine. Si le monde entier s'est dressé pour empêcher la destruction des statues de Bouddha en Afghanistan, il est aujourd'hui appelé à faire cesser la destruction du patrimoine de la civilisation irakienne qui représente, une grande partie du patrimoine humain.

 

Dr. Abdulaziz Othman Altwaijri

Directeur Général de l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture

La civilisation de l’Irak antique

Les monuments historiques et les sites culturels d'Irak ont depuis toujours, fait l'objet d'un grand intérêt mondial. De fait, la Mésopotamie fut le berceau de plusieurs civilisations millénaires qui ont marqué l'histoire de l'humanité entière à travers le patrimoine culturel, juridique et architectural qu'elles nous ont légué et dont se sont inspirées plus tard les autres civilisations et cultures à travers les quatre coins du monde.

Les antiquités que nous allons présenter ci-après sont la preuve éclatante de la valeur du patrimoine culturel et civilisationnel qui a vu le jour, s'est épanoui et connu son âge d'or sur les rives du Tigre et de l'Euphrate. En effet, tous les historiens, chercheurs et archéologues sont unanimes à affirmer, à travers leurs travaux, études et fouilles, que la Mésopotamie constitue bel et bien la plus vieille origine du patrimoine culturel humain et de la civilisation actuelle et que c'est là qu'ont été posés les jalons de la connaissance, des lettres et des arts, marquant ainsi de leurs empreintes le reste du monde antique.

Il n'est qu'à considérer le grand nombre de monuments et de sites historiques qui atteignent aujourd'hui plus de vingt-cinq mille, répartis dans les grandes villes et métropoles du pays, sans parler des trésors des civilisations humaines qui se trouvent dans les musées d'antiquités.

En effet, l'histoire de la civilisation irakienne remonte au IVème millénaire av. J.-C., la Mésopotamie a vu se succéder une série de grandes civilisations : les civilisations sumérienne, babylonienne, assyrienne et arabo-islamique, pour ne citer que celles-là.

Convaincue de la place de la civilisation et du patrimoine culturel irakien ; conformément à sa Charte qui accorde un intérêt particulier au patrimoine et à la culture des États membres ; eu égard à la responsabilité qui lui incombe dans le soutien de leurs droits, leur souveraineté, leur intégrité  territoriale ainsi que leur patrimoine culturel et civilisationnel  et agissant dans le cadre de son devoir qui consiste à préserver la personnalité islamique dans ses  dimensions culturelle et civilisationnelle, l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture - ISESCO - a dédié son portail sur Internet à l'exposition des plus importants éléments constitutifs du patrimoine culturel et civilisationnel des États membres, avec à l'ouverture une exposition des antiquités irakiennes dans le but de rappeler à la société internationale l'existence et l'importance capitale de ce glorieux patrimoine civilisationnel et des sites historiques et monuments religieux et culturels que recèle le sol de ce pays, lesquels constituent un trésor culturel qu'il est inadmissible d'abandonner ou de négliger.

Parallèlement, l'ISESCO entend montrer l'ampleur des dégâts causés par l'odieuse agression contre le peuple irakien et son glorieux patrimoine. Si le monde entier s'est dressé contre les Talibans pour empêcher la destruction des statues de Bouddha en Afghanistan, nous lançons aujourd'hui un appel à la communauté internationale pour faire de même et agir contre la destruction du patrimoine de la civilisation irakienne qui représente contre une grande partie du patrimoine humain, comparé aux statues afghanes.

A travers ce portail, nous espérons informer le monde entier de la valeur du patrimoine civilisationnel et culturel irakien pour qu'il puisse entreprendre tout ce qui est en son pouvoir afin de le protéger de la destruction imminente et de le sauvegarder pour le léguer intact aux générations futures. S'il est vrai que ce patrimoine est la propriété de l'humanité entière, il incombe, par conséquent, à celle-ci de se dresser contre cette agression et de la faire cesser par tous les moyens possibles et ce, afin de protéger le peuple irakien et sauvegarder son précieux patrimoine.

L'Irak de la Préhistoire :

Les fouilles archéologiques et les données anthropologiques prouvent qu'une vie stable régnait dans terres de l'Irak de la Préhistoire, qui remonte au IVème Millénaire av. J-C. En effet, grâce à ses caractéristiques géographiques exceptionnelles, l'Irak fut l'une des premières terres du monde peuplées par l'homme, constituant ainsi le berceau de la civilisation humaine, une civilisation qui atteint un niveau de développement agricole et industriel inégalé, grâce à la découverte du feu, de la poterie et de son outillage.

Le site « Jarmou », près de Jamjamal, est considéré sur ce plan comme le village agricole type du nord de l'Irak, les fouilles entreprises sur le site ayant permis la découverte de seize niveaux d'habitation, dont les cinq supérieurs contiennent les plus vieux vestiges de poterie en Mésopotamie.

Cette civilisation s'est étendue au sud du pays vers l'an 4000 av. J.C.. En effet, les vestiges de « Tel Al-Abid » qui est situé à 4 miles au nord-ouest de la ville d'Ur est considéré comme étant la plus vielle colonie humaine découverte par les fouilles dans le sud du pays. Mais les véritables indices et fondements de civilisation n'ont pris forme qu'à l'époque suivante, celle de warka, qui a vu l'apparition des sceaux cylindriques et plats, de l'art de la sculpture et de la plus vielle méthode d'écriture.

La civilisation sumérienne :

La civilisation sumérienne (2850-2400 av. J.-C.) en Irak compte parmi les premières civilisations humaines qui ont légué un patrimoine considérable. Les Sumériens sont parmi les premiers peuples à avoir posé les premières pierres de la civilisation dans la basse Mésopotamie, dite pays de Sumer. Les écrits sumériens dévoilent une partie du progrès civilisationnel atteint par les Sumériens, entre autres l'invention de l'écriture, l'ornement architectural, l'art de la céramique et bien d'autres aspects civilisationnels. Durant cette époque, sont apparues également les premières dynasties sumériennes qui ont institué le système des cités-Etats. Les vestiges de cette civilisation sont présents dans plusieurs villes irakiennes, comme Kish (Tel Al Ohaymer), Tel (Karsou), Teloul Al Haba (Loukchi), Achbouna (Tel Ahmar), Uruk (Al warka), Yanbour (Nippour), Eridou (Abou Chahrine)…etc.    

 

Carte des sites archéologiques d'Irak

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Tête de fille en marbre blanc, époque Uruk (3100-2900 av. J.-C.) –
Musée national d'Irak.

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Bas-relief antique représentant des aspects de la vie guerrière
dans l'État sumérien (2850-2400 av. J.-C.).   

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Bas-relief antique représentant des aspects de la vie
quotidienne dans l'Etat sumérien (2850-2400 av. J.-C.).

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Sur les rives du Tigre et de l'Euphrate et de leurs affluents sont nées et se sont développées les premières villes et centres urbains dans le monde et ont été le théâtre des premières expériences humaines en matière d'écriture, d'éducation, d'enseignement organisé et de conception de systèmes juridiques. De même, elles ont vu se produire les premières découvertes dans les domaines de la médecine, de la chimie, des mathématiques et de l'astronomie ainsi que les premières manifestations de la créativité dans les domaines de l'art et des lettres, sans oublier l'essor qu'a connu le commerce, l'industrie et autres activités. Le cumul de toutes ces expériences a, par la suite, servi de fondement à la civilisation irakienne antique des époques ultérieures.

La civilisation akkadienne :

Venus de la péninsule arabique, les Akkadiens (2350-2159 av. J.-C.) se sont établis en Mésopotamie. Ils sont originaires de la ville d'Akkad, construite par Sargon l'Akkadien qui en a fait la capitale de son royaume. Il est fort probable que son site soit près du Bagdad actuel. Certes, les Akkadiens se sont inspirés de la civilisation sumérienne, mais il est tout aussi vrai qu'ils ont introduit de nouveaux éléments civilisationnels dans les systèmes politique, social, martial et artistiques existants. Le plus célèbre de leurs rois est bien Sargon (Charrukin, qui veut dire le roi sincère), considéré comme la plus grande figure politique du Proche-Orient antique. Après son décès, ses fils Rimouch puis Nechtoussou lui succédèrent au trône, puis vint le tour de son petit-fils Naram Sin, qui demeure de loin le plus grand et le plus célèbre de tous. Ses maximes, consignées en caractères cunéiformes ont été, retrouvées.

 

 

le roi Naram Sin, petit-fils du roi Sargon l'Etat Akkadien
(2260-2223 av. J.-C.) - Musée national d'Irak – Salle Akkadienne

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Le règne du roi Naram Sin (2260-2223 av. J.-C.) s'est distingué par sa prospérité et sa puissance. Ses récits nous sont parvenus gravés sur des bas-reliefs représentant le roi vainqueur de ses ennemis, parmi elles la pierre retrouvée dans les montagnes de Karadigh au sud de Sulaïmaniya, communément connue sous le nom de stèle de la victoire. Celui-ci commémore en effet les victoires du roi sur les Lulubiens et il y est représenté coiffé d'un casque, un arc dans une main, une lance dans l'autre escaladant une haute montagne alors que ses ennemis sont en déroute.

 

Stèle de la victoire commémorant le triomphe du roi Naram Sin,
petit-fils du roi Sargon, sur les Lulubiens (2350-2159 av. J.-C.) –
Musée du Louvre, Paris.

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Le roi Gudea (2120-2111 av. J.-C.), le plus célèbre des rois de la deuxième dynastie de Lagash a été représenté dans plusieurs gravures, écrits historiques, religieux et littéraires.

 

Le roi Gudea (douzième roi) de la deuxième dynastie de Lagash (2120-2111 av. J.-C.)
- Musée du Louvre, Paris.

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Statue représentant le roi Kudia (douzième roi) sans coiffure.

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Quant au roi Ur-Nammu, il était passionné par la construction et l'architecture. C'est ainsi qu'il a bâti, en plus de la capitale Ur, plusieurs autres villes sumériennes telles Al-Warka, Lagash, Nippur et Eridu. Mais la plus célèbre de ses réalisations architecturales fut sans conteste la ziggourat du temple d'Ur. Le roi Ur-Nammu est aussi parmi les plus connus des législateurs de l'histoire. Son code  inscrit en caractères cunéiformes est considéré comme le plus antique des écrits législatifs. Les lois du royaume d'Achnouna, dont l'ancien site fait aujourd'hui partie des provinces de Baghdad et Diala (Tel Asmar), nous sont également parvenus de cette lointaine époque, des tablettes sur lesquelles sont inscrites différentes informations concernant divers domaines de la connaissance ainsi qu'une loi fixant les prix de beaucoup de denrées essentielles comme l'orge, l'huile, le sel, le cuivre et la location des carrosses, des esquifs et des ouvriers agricoles ainsi que des dispositions relatives aux esclaves, au mariage, au divorce, au crédit, à la dette, à l'adoption, à l'achat, à la vente…etc. La fabrication d'objets d'art a également connu un grand essor dans le ville d'Ur

Pièce en or, de la ville d'Ur

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Pièce en or, de la ville d'Ur

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Pièce en or, de la ville d'Ur

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La civilisation Babylonienne :

Selon les historiens, l'ère babylonien antique se situe entre la chute de la troisième dynastie d'Ur, vers 1950 av. J.-C., et la fin de la première dynastie de Babel (1535 av .J.-C.) Babel a connu son heure de gloire avec la dynastie Amorite, jusqu'à devenir la plus grande et la plus célèbre des villes de l'Ancien Irak.

Hammourabi demeure le plus grand et le plus célèbre des rois de Babylone. Sixième de la dynastie de Sumu-abum, il s'est attelé, dès son accession au trône, à affermir les fondements de son royaume, il s'est ensuite consacré aux affaires politiques et militaires et a pu bâtir un immense empire. Hammourabi s'attaqua ensuite aux questions intérieures et tenta d'organiser les affaires économiques, sociales et juridiques de son empire. C'est ainsi qu'il a établi un ensemble de lois qu'il a intégrées dans un seul code, touchant les différents aspects de la vie sociale à Babylone, dans le but garantir la suprématie de la loi et de protéger les droits des faibles.

 

Hammourabi, sixième des rois de Babylonie (1792-1750 av. J.-C.)

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C'est ainsi que Hammourabi a prescrit un seul code pour tout le royaume, où il a intégré toutes les lois et les édits appliqués auparavant dans les différentes régions annexées à son nouvel empire. Les articles de loi  traitant de toutes sortes de questions ont été gravés sur sa célèbre stèle.

 

Stèle de Hammourabi, en caractères cunéiformes et en langue babylonienne
(1791-1750 avant J.C.) – Musée du Louvre, Paris.

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Modèles d'antiquités en or, de l'ère babylonienne.

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Sous le règne de Hammourabi, la civilisation de la Mésopotamie a atteint son apogée et le summum de son essor. L'écriture cunéiforme et la langue babylonienne se sont développées, à tel point que cette langue est devenue la langue la plus courante et la plus utilisée pour la communication avec les pays voisins. De même, les sciences, les arts, les industries et les différentes autres branches de la connaissance ont connu un essor prodigieux, et Babylone, capitale de cet immense empire, est devenue un véritable pôle d'attraction. Les Grecs ont énormément tiré profit des innombrables sciences qui étaient en plein essor à Babylone, comme les mathématiques, l'astronomie et autres disciplines, qui leur sont parvenues à travers la Syrie et la Turquie. Ainsi, il ressort des antiquités retrouvées à Tal Harmal et à Daba'a que les théories attribuées normalement à Pythagore, Euclide et autres savants grecs ont été mises au point par les mathématiciens irakiens un millénaire plus tôt.

 

Ziggourat d'Akarkouf (1438-1412 avant J.C.) –
ville de Dûr kurigalzu, près de la capitale Bagdad à Akarkouf actuellement.

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Murs de Babylone, époque de Nabuchodonosor II (604-562 avant J.C.).

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Partie de la célèbre porte d'Ishtar - époque de Nabuchodonosor II (604-562 avant J.C.).

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La célèbre porte d'Ishtar - époque de Nabuchodonosor II (604-562 avant J.C.).

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Détail de la célèbre porte d'Ishtar - époque de Nabuchodonosor II (604-562 avant J.C.).

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Le célèbre temple d'Ishtar - époque de Nabuchodonosor II (604-562 avant J.C.).

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La civilisation Assyrienne :

Les Assyriens se sont installés dans la haute Mésopotamie au début du troisième millénaire avant J.-C. A partir de cette date, la région est désignée dans les textes cunéiformes sous le nom de pays d'Assur. Il est probable que cette appellation tire son origine d'Assyr, première capitale des Assyriens. Le royaume assyrien a atteint le sommet de sa gloire sur les plans militaire et urbain, et les rois successifs se sont consacrés à l'affermissement des bases de l'Etat et à la défense du royaume contre toutes les attaques qui l'ont visé de l'est comme de l'ouest. Ainsi le royaume est devenu la première puissance au Proche-Orient antique au cours du VIIIe et du VIIe siècles avant J.-C.

 

le roi Assurnazirpal II (883-850 avant J.-C.).

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Sculptures murales du palais du roi Assurnazirpal II (883-850 avant J.-C.).

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portail du palais du roi Assurnazirpal II (883-850 avant J.-C.).
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L’Irak pendant l’ère achéménide, parthe et sassanide

Malgré la chute du grand empire Assyrien, beaucoup de son patrimoine civilisationnel garda son rayonnement pendant longtemps encore, et les pays et  peuples voisins s'en inspirèrent pour asseoir leurs systèmes politiques, militaires et administratifs. De même, son patrimoine culturel et linguistique demeura vivace jusqu'à la fin de la civilisation mésopotamienne.

Le Pays du Tigre et de l'Euphrate a été déchiré par les conquêtes achéménides, séleucides, sassanides et parthes, et des villes arabes émergèrent plus tard dans des parties de la Mésopotamie et se constituèrent en tout petits Etats qui ont su garder leur indépendance, voire acquérir une grande puissance. L'exemple le plus éloquent en est la ville de Hatar, plus connue sous le nom de (Arbaya), c'est à dire pays des Arabes.      

 


Principal porte de la ville de Hatar (Arbaya) (69-36 av. J.-C.)

 

la ville de Hatar (Arbaya) (69-36 av. J.-C.)

 

 

Vue intérieure du grand temple de la ville de Hatar (Arbaya) (69-36 av. J.-C.)

 

Le temple Maran de la ville de Hatar (Arbaya) (69-36 av. J.-C.)

 

Le temple Ch'hirou de la ville de Hatar (Arbaya) (69-36 av. J.-C.)

 

Portail Al Masqa de la muraille de la ville de Ninive (Mossoul actuellement).

La civilisation Sassanide :

Au cours de la période (226-637), le chef persan Ardacher Babek ben Sassan se  révolta contre le roi parthe Artaban V et pu imposer son pouvoir au reste des princes persans. En l'an 226, il tua Artaban V, prit possession de la Perse et de l'Irak et pénétra dans la ville de Ctésiphon (Al Madain) qu'il déclara nouvelle capitale hivernale de l'Etat Sassanide.

Le Palais de Xerxès servit de résidence aux rois Sassanides successifs jusqu'en 637 (an 16 de l'hégire) quand les Persans sassanides perdirent la guerre contre les Arabes musulmans qui envahirent la ville de Ctésiphon (Al Madain) sous le commandement de Sâad Ibn Abi Waqqas, pendant le califat de Omar Ibn Al Khattab.    

Palais de Xerxès (Al Madain) (590-628).

 

Noms de certains sites archéologiques et monuments historiques menacés de destruction à cause de la guerre sur l'Irak

 

Nom du site Location

Grotte Chanidar

Gouvernorat d'Irbil

Karim Chahir

Oued Jamjamal

Moustawa Jawi Jami

Nord de l'Irak

Jermou

Est de kirkouk

Joukha mami

Nord-ouest de Mendali

Tel Siwan

Sud de Samarra

Tel Hassouna

Sud de Moussol

Colonie de Tabbah Koura

Sud du village de Fadiliya à Moussol

Eridou (Abou chahrine)

Sud de Nassiriya

Tel Abid

Province de Zi qar

Al Warka

Nord de Nassiriya

Lagash (Talou)

Ville de Chatra - province de Zi qar

Ville d'Ur Almaqir

Sud-ouest de Nassiriya

Nippur (Nafar)

Sud-ouest de Nassiriya

Tel Al âqir

Sud de Bagdad

Tel Abou Salabikh (Irech)

Province de Qadissiya

Ville de Babylone (Bab Ilou)

Sur l'Euphrate

Tel Harmel

Sud-est de Bagdad, près du camp Al Rachid

Tel Addibai

Sur la rive est du canal Al Jaich – en face de Tel Harmel

Marie (Tel Al Hariri)

À l'ouest de la localité Al Boukamal à la frontière irako-syrienne

Sabbar (Abou Habba)

30 km au sud-ouest de Bagdad

Larsa (Sankara)

30 km au sud-est d'Al Ouarka

Tel Basmaya (Adab)

A 35 km du centre de Bagdad

Akarkouf (Dur kurigalzo)

25 km à l'ouest du centre de Bagdad

Ashur (forteresse de Cherkat)

110 km au sud de Moussol

Ninive (Tel du prophète Younes) Tel Kouinjek

Ville de Moussol

Nemroud (kaleh)

35 km de Moussol

Kharsabad (Dur Shrukine)

18 km de Moussol

Kar – Toukilni – Ninourta (Tels Al Äkr)

Nord de la forteresse de Charkate

Baldate

12 km de Nemroud – Moussol

Touzi (Yourghan tebbah)

22 km à l'est de Kerkouk

Tel Al Fakhar (Kourou – Khani)

45 km au sud-ouest de Kerkouk

Hatar (Arbaya)

Oued Tartare,115 km au sud-ouest de Moussol

Saloukia (Tel Omar)

En face d'Al Madain

Ctésiphon

En face de la ville de Saloukia

Tel Al Bakak I

Fleuve Al bakak, à 2 km de la route Moussol-Dahouk 

Tel Al Bakak II

25 km de la route Moussol-Dahouk

Tel Al Bakak III

Ruisseau Al Bakak

Site de Kerai kacem

Route Moussol-Dahouk

Site de Jikane

Zone de Haoud As-sad

Aana

Nord-ouest de bagdad

Muraille de Telbis

14 km de la ville de Aana

Ile de Telbis

Sud-est de Bagdad

Site de Sour Jaraa

45 km de la ville de Aaana

Tels Al Aoussia

27 km du centre de la ville de Aana

Site de Taas Al kouffar

Nord-ouest de la ville de Haditha

Tel Keliaa

27 km de la ville de Haditha

Khendanou

Alentours de Karablah, province de Anbar

Tel Selima

25 km au sud-ouest de Sâadia

Tel Saïb

60 km de la Kasbah de Jaloula

Tel Haddad

Sud de Saïb

Tel Zaouia

Village de Zaouia, dépendant de la ville de Sâadia

Tel Aabada

12 km au sud-est de Sâadia

Tel Rachid

12 km au sud de Aabada

Site de Jambour

 

Site de Kerana

 

Site de Mechrifa

 

Site de Kerhouk Soufli

 

Site de Jem Rech

 

Site du Cheikh Hamza

 

Site de Douieh

 

L'Irak à travers les âges :

I – l'Irak de la préhistoire :

 

Époque Période

1

Age paléolithique et mésolithique

500.000 – 10.000 av. J.-C.

2

Age néolithique

10.000 – 5500 av. J.-C.

3

Age des pré-dynasties

5500 – 2700 av. J.-C.

 

       a) Hassouna

5500 – 5000 av. J.-C.

 

       b)Hilf

5000 – 4250 av. J.-C.

 

       c) Al Abid

4250 – 3500 av. J.-C.

 

       d) Al Warka

3500 – 2800 av. J.-C.

 

       h) Joumdat Nassr

2800 – 2700 av. J.-C.

II – Aube des dynasties en Irak :

> Époque Période

1

Aube des dynasties I  

2700 – 266 av. J.-C.

2

Aube des dynasties II Dur M'zilim

2600 – 2500 av. J.-C.

3

Aube des dynasties III (1ère dynastie Ur)

2500 – 2350 av. J.-C.

III – Epoques historiques en Irak :

  Époque Période

1

Époque akkadienne

2350 – 2170 av. J.-C.

2

Époque goutéenne

2170 – 2100 av. J.-C.

3

Époque sumérienne moderne
a)      époque gudéenne
b)      3ème Dynastie Ur

2100 – 2050 av. J.-C.
2100 – 2050 av. J.-C.
2050 – 1950 av. J.-C.

4

Epoque babylonienne antique
a)      dynastie Issen – Larsa
b)      dynastie I de Babel

1950 – 1530 av. J.-C.
1950 – 1830 av. J.-C.
1830 – 1530 av. J.-C.

5

Epoque lekchienne

1500 – 1100 av. J.-C.

6

Epoque babylonienne moyenne

1100 – 700 av. J.-C.

7

Époque babylonienne récente

700 – 538 av. J.-C.

8

Époque assyrienne antique

2000 – 1600 av. J.-C.

9

Époque assyrienne moyenne

1600 – 911 av. J.-C.

10

Époque Assyrienne moderne :
a) Empire assyrien 1er
b) Empire assyrien II

911 – 612 av. J.-C.
911 – 754 av. J.-C.
745 – 612 av. J.-C.

11

Époques des civilisations étrangères en Irak :
a) les Perses Achéménides
b) Alexandre et l'époque Séleucide
c) Les Perses Parthes
d) Les Perses Sassanides

538 – 637 av. J.-C.
538 – 330 av. J.-C.
331 – 129 av. J.-C.
248 av. J.-C. – 226
226 – 637

12

Epoques islamiques en Irak

637 - 2003

Monuments historiques arabo-islamiques en Irak

La civilisation arabo-islamique

Le rôle qu'a joué l'Irak dans l'émergence et le développement de la civilisation arabo-islamique est de première importance. Il a servi, en effet, de berceau à l'Etat arabo-islamique qui a très vite évolué et s'est étendu, consolidant ses fondements et affermissant ses différentes structures. Cet essor s'est répercuté sur les mosquées qui, rénovées et élargies, devinrent de vrais centres de rayonnement scientifique. Bagdad, Bassora , Wasset, Koufa, Mossoul et d'autres villes irakiennes devinrent célèbres par leur style de vie moderne et la qualité des nombreux édifices civils et religieux à tel point que les historiens et les célèbres voyageurs les ont toujours cités dans leurs récits et mémoires.

De fait, l'architecture et les arts islamiques en Irak sont un reflet du génie et de la créativité de la oumma islamique sous l'étendard de l'islam. Le tracé des villes, l'architecture des édifices et les motifs ornementaux sont autant d'éléments attestant d'une authenticité plus qu'évidente, en harmonie avec la grandeur du message divin dont les Arabes musulmans sont dépositaires, à savoir montrer le droit chemin et enseigner la parole de Dieu à l'humanité toute entière.

 

Bassora (637 / 16 de l'hégire) 

Unique issue maritime de l'Irak vers les pays du Golfe arabe et l'Extrême-Orient, la ville de Bassora est située sur la rive ouest de Chatt al-Arab, à environ 67 km du Golfe arabe et 549 km au sud de Bagdad.

Les Arabes musulmans conquirent l'Irak en 636/ 14H sous le commandement de Sâad Ibn Abi Waqqas, qui parvint à s'emparer de la ville d'Al Madain après la célèbre bataille d'Al Qadissiya. Sur le lieu  même de la bataille, il fera édifier deux ans plus tard la ville de Bassora par l'intermédiaire de Otba Ibn Ghazouane Al Mazini, gouverneur du calife Omar Ibn Al Khattab, pour servir de quartiers à ses troupes. Par la suite, le calife nomma Abou Moussa Al Achâari gouverneur de Bassora et fixa ses émoluments à 600 dirhams par mois. Il désigna en outre Charih Ibn Al Harith cadi principal de la ville.

Au centre de la ville, le calife fit construire la mosquée, Dar al Imara (mairie) et Baït Al mal (trésor public). Toutes les routes et les avenues étaient tracées de façon à mener directement à la mosquée. Les vieux édifices et les palais éparpillés tout le long de la route Bassora-Nassiriya témoignent encore aujourd'hui de la magnificence qui caractérisait cette ville arabo-islamique.

 

Koufa (638 / 17 de l'hégire) :

Koufa est située sur la rive ouest de l'Euphrate, à quelques miles au nord-est de la ville antique d'Al Héra. Elle est également à 156 km au sud de Bagdad et à 18 km à l'est de la ville sainte de Najaf.

Koufa fut construite en 638 (17 de l'hégire) par le chef musulman Sâad Ibn Abi Waqqas deux ans après l'édification de Bassora dont il reproduit le même plan. On raconte que Sâad, après avoir vaincu les Persans et conquis l'Irak, s'installa à Al Madain et fit construire Koufa qui s'élargit ensuite et connut un véritable essor urbanistique et atteignit son apogée pendant le règne des Omeyyades. Après la construction de la ville de Bagdad par le calife Al Mansour, Koufa perdit de sa splendeur mais demeura néanmoins un important centre stratégique sur les plans militaire, commercial et culturel. 

 


Bataille d'Al Qadissiya

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Bagdad (762 / 145 de l'hégire) (Dar As Salam- la ville ronde - la ville d'Al Mansour)

Bagdad fut construite en l'an 762 (145 de l'hégire) sur la rive ouest du Tigre, à l'époque du calife Abbasside Abou Jâafar Al Mansour. Sa construction fut un événement majeur dans l'histoire des villes arabes et de la civilisation islamique. Car elle joua un rôle de première importance dans les évènements politiques et intellectuels qui ont marqué le monde arabo-islamique en particulier et le monde en général.

Bagdad fut construite selon un schéma circulaire, avec quatre portes : Bab Echam, Bab Khorassane, Bab Bassora et Bab Al Koufa. Au début, la ville était entourée d'un mur extérieur. Mais l'activité urbanistique gagna progressivement les ailes  ouest et est, et c'est sous cette pression que furent ajoutés les portes de Bab Al Mâazam, bab Chamassia et Al Mokhram. Parallèlement, on construit de somptueux palais, de grands édifices, des mosquées, des hospices, des abreuvoirs, des caravansérails, des camps de troupes, des souks, des écoles religieuses, des instituts d'enseignement…et la ville devint avec le temps un centre de rayonnement intellectuel et le lieu de prédilection des étudiants et chercheurs en quête du savoir des quatre coins du monde.

Mais vint une époque ou Bagdad connut une période noire de son histoire, quand elle fut envahie et détruite par les envahisseurs Tatars sous le commandement de Hulagu (1258 / 656 de l'hégire), puis par les Timorais sous le commandement de Tamerlan (795 de l'hégire), avant d'être encore la cible des invasions des Galériens, des Séfévides et des Ottomans. Néanmoins, ses monuments civilisationnels demeurent témoins de sa gloire d'antan

De nos jours, au XXIe siècle, Dar Es-Salam (Bagdad) est l'objet d'une nouvelle agression, celle de la coalition américano-britannique !

 

Principaux monuments témoins de la civilisation islamique à Bagdad :

 


L'école Mustansiriya à Bagdad (1227 / 625 de l'hégire)
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L'école Mustansiriya à Bagdad est considérée comme l'une des plus vieilles universités arabo-islamiques où on enseignait les sciences du Coran de la tradition du Prophète, les doctrines islamiques, les sciences de la langue arabe, les mathématiques, les préceptes de l'islam et les différentes disciplines de la médecine. Mais ce qui distingue peut-être cette école de toutes celles qui l'avaient précédé et même de celles de son époque est l'existence d'un bâtiment spécial annexé à l'établissement. De plus, il y avait en face de l'entrée principale de l'école une horloge qu'on consultait pour connaître les horaires de la prière et des cours, laquelle fut conçue par l'horloger Noureddine Ali Ben Taghleb qui assurait également son entretien.

Construite près de Rossafa sur le Tigre par le calife Abbasside Al Mustansir Billah au cours de la période entre 1227 (625 de l'hégire) et 1234 (631 de l'hégire), l'école est de forme rectangulaire, composée d'une grande cour entourée de portiques Au milieu de chacun des quatre côtés se trouve une plate-forme élevée de six mètres de largeur, entourée de deux classes d'étude. Quant aux salles des étudiants, elles occupaient deux étages à l'extrémité de chaque plate-forme. L'architecte a entouré toutes les dépendances de l'école, telles les salles, les classes, les plates-formes et les halls, d'une enceinte qui les protège des quatre côtés, alors que le centre de l'édifice est occupé par une grande et large cour.

Quant aux salles des conférences, elles se situent du côté sud de l'école dont les plafonds s'élèvent à une hauteur égale à celle des deux étages du bâtiment d'en face, composé, quant à lui, de salles surmontées de [baikats]* d'une hauteur égale à celle des salles de conférences. Les deux blocs sont reliés par un couloir de deux bouches de hauteur également, lequel communique avec la cour extérieur au travers de deux trous d'aération latérales faisant face au vent soufflant. Ainsi, poussé par les vents extérieurs, l'air s'engouffre dans les deux trous pour remplir et aérer le couloir. Conçu de la sorte, l'édifice a tout l'air d'un dispositif d'aération horizontal et fournit ainsi l'évidence que l'architecte musulman de l'époque maîtrisait parfaitement le concept et les principes de l'aérodynamisme.

 

vestiges de la Porte Centrale à Bagdad.
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Samarra (863 / 221 de l'hégire)

Considérée parmi les villes arabo-islamiques importantes en Irak, Samarra fut à une certaine époque la capitale des Abbassides après Bagdad. Aujourd'hui encore, avec d'autres villes et cités, elle continue à occuper une place de choix dans le cœur des Arabes et des musulmans. C'est dans cette ville que se trouvent en effet les sépultures des Imams Ali Al-Hadi et de son fils Hassan Al Askari.

Samarra est située sur la rive gauche du Tigre, à 135 km au nord de Bagdad. Sa fondation remonte à l'an 836 (221 de l'hégire), et fut l'œuvre du Calife Al Môatassim Billah, huitième calife Abbasside, qui fit entreprendre son édification pour des raisons politiques et sociales qui sont bien détaillées dans les livres de l'histoire.  

La ville a par ailleurs servi de lieu de résidence à sept des califes Abbassides : Al Ouatik, Al Moutawakkil, Al Mountassir, Al Moustaîne, AL Mouâtazz, Al Mouhtadi et Al Mouâtamid qui y résida pendant un certain temps avant de retourner à Bagdad.

Par ailleurs, les fouilles archéologiques qui ont été effectuées à Samarra ont permis de déterrer les vestiges des palais des califes qui ont résidé dans la ville, tels le palais Al Achiq, le palais Al Billawra, le palais Foukani, le palais Al Badiâ, le palais Al Jaousaq Al Khakani et autres monuments islamiques historiques. De même, les arts islamiques spécifiques à la ville de Samarra représentent, à coup sûr, une étape importante dans l'évolution des arts islamiques à l'est comme à l'ouest du monde islamique.

La preuve en est la grande mosquée de Samarra, construite durant la période 852-849 (234-237 de l'hégire) par le calife Al Moutawakkil Ala'llah. De forme rectangulaire (240 x 158 m), elle fut conçue pour accueillir 80 000 fidèles, et son plan ressemble fort bien à celui des moquées de Bassora, Koufa et Wasit. En effet, elle est formée d'une salle de prière, de deux [majnabat]* et d'une arrière-cour entourant une esplanade rectangulaire au milieu de laquelle se dressait une fontaine ronde coupée dans un seul bloc de granite. On raconte qu'elle avait été ramenée d'Egypte pour être installée à la mosquée avant d'être transportée à l'école Charrabiya à Bagdad.

La mosquée de Samarra se distingue également par son minaret en calimaçon, qu'on considère comme le plus ancien minaret d'Irak. En effet, il est unique en son genre dans le monde islamique et est situé à 27 mètres environ du mur nord de la mosquée, sur l'axe de son mihrab. Quant au corps du minaret, il s'élève en volute, reposant sur une plate-forme carrée, construite sur deux niveaux : un niveau inférieur qui atteint 31,80 m de longueur et un niveau supérieur de 30,50 m. La plate-forme mesure également 4,20 m de hauteur et est ornée de voûtes au nombre de neuf sur chaque côté, à l'exception du côté sud où elles ne sont que sept, la place des deux manquants étant occupée par l'escalier d'accès à la plate-forme. Mais le plus beau dans la partie supérieure de ce minaret est sans nul doute cette rangée de lanternes qui, au nombre de huit, couronnent le corps du minaret et dont les voûtes reposent sur des piliers en terre cuite semi-cylindriques. La hauteur du minaret est d'environ cinquante mètres, sans compter la plate-forme, ce qui le rend unique en son genre et le distingue des minarets du monde islamique, qu'ils soient anciens ou modernes.

 


Mosquée Abi Dalf en Irak

 

A Al-Jâfariya, le calife Al Moutawakkil âla Allah fit construire une mosquée qu'il voulut une copie de celle de Samarra tant au niveau de la forme que du minaret. Il l'appela mosquée Abi Dalf, du nom du commandant Abbasside qui s'illustra fort bien durant le règne du calife Harun Al-Rachid (décédé à Bagdad en 841 / 266 de l'hégire).

Située au nord-est d'Al-Jâfariya, la mosquée est de forme rectangulaire, mais elle est plus petite que celle de Samarra. Ses murs extérieurs sont faits en argile, comme la plupart des constructions réalisées sous le règne d'Al Moutawakkil. Quant aux poutres, arcades et minaret, ils sont en briques et en plâtre. Avec le temps, les murs extérieurs n'ont pas résidé à l'usure du temps mais la plupart des parties construites en briques et en plâtre sont restées intactes.

La construction de la mosquée Abi Dalf fut d'ailleurs l'occasion pour introduire de nouveaux éléments architecturaux dans le domaine, telle l'arc pointu et renflé, qui a été conçu ainsi pour aller en harmonie avec la largeur des corridors. En outre, le mihrab de la mosquée est en saillie par rapport au plan du mur de la qibla vu de l'extérieur, ce qui constitue un nouvel apport à l'architecture islamique.

Brièvement, voici d'autres joyaux de la civilisation islamique en Irak, à savoir :

Fort Abbasside d'Al Okhaydar.

Le fort d'Al Okhaydar est considéré parmi les forts distingués du monde entier, en raison de ses caractéristiques exceptionnelles sur le plan de l'architecture arabo-islamique, voire de toute l'architecture orientale du Moyen-Age. La plupart des études scientifiques à l'époque abbasside, plus précisément au règne du calife Al Mansour Billah.

Situé dans une zone d'une importance historique, au croisement des chemins qu'empruntaient jadis les caravanes commerciales entre autres le chemin reliant Koufa à la Syrie, la place forte constitue le trait d'union entre le style du palais Al Machta, modèle des constructions Omeyyades, et celui des palais et forteresses de Samarra bâtis par les califes abbassides. Il serait l'œuvre, du prince abbasside Issa Ibn Moussa. De forme quadrilatérale, le fort ressemble au palais Al Machta et sa longueur est d'environ 170 m sur chaque côté. De plus, il est entouré d'une enceinte appuyée par des tours demi-circulaires et abrite dans son centre un ensemble d'habitations fortement symétriques, des édifices latéraux  ainsi que de grandes cours. Au centre de la façade nord de l'enceinte se situe un portail donnant sur un long corridor séparant deux ensembles d'habitations.

En dépit de la simplicité des constructions, l'édifice, d'une apparence  impressionnante, nous offre une importante série diversifiée de voûtes, allant de voûtes semi-cylindriques à celles supportées par des arcs doublés et des voûtes ornées en passant par des coupoles juxtaposées et des voûtes croisées.

Ville de Najaf :

Située à 180 km au sud-ouest de Bagdad, Najaf est parmi les villes islamiques les plus connues dans le monde arabo-islamique, eu égard au fait qu'elle abrite le tombeau de l'imam Ali Ibn Abi Talib, cousin du Prophète Mohamed.

Mais Najaf était aussi un centre commercial pour toute la région de l'Euphrate central, de même qu'elle fut une importante station parmi celles qui ponctuaient les routes du pèlerinage (route Zoubaïda) venant de la Syrie et passant par Najaf et Haïl avant d'atteindre Médine puis la Mecque. 

 

Mausolée de l'imam Ali Ibn Abi Talib à Najaf.

Karbala : 

 

Située à 105 km au sud-ouest de Bagdad, la ville de Karbala compte, au même titre que Najaf, parmi les cités islamiques sacrées chez les arabes musulmans, en raison également des mausolées de membres de la famille du prophète qui s'y trouvent, en l'occurrence ceux des imams Hussein Ibn Ali et Al Abbas Ibn Ali.

 

Mausolée de l'imam Hussein Ibn Ali Ibn Abi Talib à Karbala.

 

Mausolée de l'imam Abbas Ibn Ali Ibn Abi Talib à Karbala.

Kazimiya :

Située à 5 km seulement à l'ouest de la capitale irakienne Bagdad, la cité de Kazimiya est aussi l'une des ville islamiques et culturelles importantes dans le monde arabo-islamique. On y trouve les tombeaux des imams Moussa Al Kazem et Mohamed Al Jawad. 

Le calife Al Mansour avait fait de Kazimiya un lieu de sépulture pour sa famille et ses proches parents, ce qui lui a valu l'appellation de cimetière de Qoraïch. Ainsi, y ont été inhumés Abou Jâafar Ibn Al Mansour, le calife Al Amine, Zobaïda, femme du calife Haroun Ar Rachid ainsi que les imams Abou Yousouf et Ahmed Ibn Hanbal. La ville fut appelée Kazimiya du nom de l'imam Moussa Al Kazem dont le mausolée est surmonté de deux coupoles recouvertes d'or pur, en plus de quatre minarets en or également. Le mausolée est orné de pièces rares et précieuses ; ses murs et ses entrées sont émaillées d'ornementations de faïence colorée ainsi que de textes coraniques. A proximité du tombeau de l'imam Moussa Al Kazem se trouve celui de l'imam Mohamed Al Jawad.

 


Mausolée des deux imams à Kazimiya.

Ville de Mossoul :

Construite sur la rive ouest du Tigre, la ville de Mossoul avait plus d'une appellation puisqu'on l'appelait Oum Rabïan, Al Hadba, Al Fayha ou encore Al Khadra. Elle était entourée d'une grande muraille en pierre comprenant de plusieurs portails dont les plus connus sont Sinjar, Likch, Al Bid, sans oublier d'autres monuments historiques dont il ne reste plus que la tour de Bach Tabya.

Conquise en l'an 20 de l'hégire durant le règne du calife Omar Ibn Al Khattab, Mossoul a, depuis, joué un rôle de première importance dans l'histoire arabo-islamique.

Aujourd'hui, la ville de Mossoul conserve toujours des traces de sa gloire d'antan incarnée, à titre d'exemple, par la mosquée omeyyade considérée comme la plus ancienne des mosquées de la ville. Sa construction remonte à l'an 20 de l'hégire et fut l'œuvre de Otba Ibn Farqad As-Salami. On la qualifie d'omeyyade car elle fut rénovée et élargie durant le règne de Marouane Ibn Mohamed, dernier des califes omeyyades. Plus tard, la mosquée sera rénovée à plusieurs reprises, mais aujourd'hui, il n'en reste plus que le minaret connu sous le nom de minaret cisaillé ou minaret de la mosquée Al Kaouazine.

La ville compte d'autres mosquées non moins importantes, dont notamment la mosquée Nouri ou encore la mosquée Al Hadba située au centre de la ville et connue pour son minaret convexe. En outre, Mossoul abrite plusieurs mausolées dont le plus connu est celui de l'imam Yahya Ibn Al Kacem, situé tout près de Bach Tayba.

Mossoul abrite également quelques monastères et églises anciennes, telles les églises Simon Safa, considérée comme la plus antique des églises chaldéennes Al Tahira Marithion, Al Bïa et Al Atiqa. Parmi les monastères, on citera, entre autres, Mar Meta, Machorquis.

De plus, Mossoul compte un musée d'antiquités classé deuxième en importance après celui de Bagdad. Il renferme des trésors rares et des pièces antiques d'une valeur inestimable, remontant à l'époque des Assyriens et des autres civilisations antiques qui se sont succédées sur le sol de l'Irak, en plus d'antiquités arabo-islamiques.

Références bibliographiques :

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Stierlin Henri , Islam de Badgad à Cordove,Taschen,2002.

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