La 7ème Conférence générale de la FUMI adopte la Déclaration de Rabat sur le développement stratégique de l’enseignement universitaire dans le monde islamique

La 7ème Conférence générale de la Fédération des Universités du Monde islamique (FUMI) a adopté à l’issue de ses travaux aujourd’hui, au siège de l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) à Rabat, la Déclaration de Rabat sur le développement stratégique de l’enseignement universitaire dans le monde islamique.

A cet égard, les Présidents et représentants des universités membres de la FUMI participant à la Conférence ont appelé à encourager la transformation stratégique globale des universités et établissements de l’enseignement supérieur dans le monde islamique afin d’en assurer une qualité mondiale, une compétitivité élevée, une gouvernance efficace et un impact direct sur le processus de développement des communautés islamiques, à travers la mise en place de systèmes et mécanismes complémentaires pour la gestion des mutations et des réformes nécessaires à la promotion de la qualité et à l’amélioration de la performance et de l’impact, ainsi qu’à l’utilisation du capital humain, matériel, informatique et culturel.

En outre, ils ont invité les universités dans le monde islamique à devenir un pôle de recherche scientifique, d’innovation industrielle et de créativité cognitive et à apporter des solutions efficaces aux questions sociétales et aux défis de développement, au lieu de se contenter du transfert des informations et de l’inculcation du savoir.

Dans la même veine, ils ont souligné la nécessité de considérer les universités comme des centres de formation de leaders et de cadres supérieurs aux compétences multiples et diverses à même d’assurer une transformation stratégique et qualitative des communautés islamiques, tout en s’intéressant davantage aux compétences de communication, de créativité, de leadership et d’innovation, ainsi qu’à la mise à profit des compétences personnelles et à l’autonomisation en matière de recherche.

Par ailleurs, ils ont appelé à consolider la formation du corps enseignant dans les universités et sa préparation aux nouveaux rôles de créativité, d’innovation, d’utilisation de la technologie et d’encadrement des recherches innovantes, de même que la formation de diplômés polyvalents et aptes à assurer la gestion hautement efficace du processus d’enseignement à travers les moyens technologiques modernes, et la promotion du travail par les spécialités et expertises complémentaires et à renforcer l’autonomie institutionnelle efficace des universités, tout en leur accordant de plus larges prérogatives dans la gestion de leurs affaires et la promotion de leur qualité, et mettre en œuvre des programmes de qualité et innovants afin d’assurer le développement et le perfectionnement continus.

D’autre part, ils ont appelé à impliquer l’ensemble des acteurs du système universitaire tels que les étudiants, leurs familles et les parties gouvernementales pour qu’ils contribuent positivement à l’amélioration du niveau des universités et au rehaussement de leur performance en les dotant d’expertises et d’idées, et ce, conformément aux critères internationaux.

Par ailleurs, les participants ont appelé à renforcer la communication entre les universités et les diplômés et œuvrer à former des diplômés brillants et à valeur ajoutée et à établir des partenariats avec eux afin d’apporter le soutien matériel et moral aux universités; activer les mécanismes de la diplomatie discrète, du diplômé-ambassadeur et du réseautage positif avec les diplômés et mettre à profit leurs expertises et réseaux de relations pour le développement des universités.

Dans cet esprit, ils ont appelé à encourager la complémentarité et la coopération entre les établissements scientifiques et académiques et les institutions industrielles et de production dans la diffusion et la mise en œuvre de programmes stratégiques à même de garantir le transfert d’expertise technique et l’excellence scientifique, et promouvoir la formation complémentaire entre étudiants et enseignants.

De même qu’ils ont recommandé de développer les capacités des universités en matière de gestion et de financement d’un plus grand nombre de leurs projets et activités prioritaires et à fort impact à travers les Waqf, la commercialisation des brevets, la consultation, la conception de programmes sociaux, scientifiques et culturels et la commercialisation d’études et recherches à même d’apporter des solutions pratiques aux questions de la société.

Les participants ont appelé également à renforcer les capacités des universités en matière de planification stratégique, de gestion et mesure efficaces de la performance, d’utilisation rationnelle et efficiente des indicateurs et mécanismes de performance dans la promotion de la qualité globale des universités, de préparation des universités à assurer la qualité au niveau international, de classement local et international des universités et de participation active aux classements mondiaux des universités ; et œuvrer à mettre en place des mécanismes de mesure et des indicateurs de performance conformes aux valeurs, à la culture, à la civilisation, aux spécificités et aux aspirations du monde islamique au développement durable et global.

De même ont-ils appelé à consolider la communication, la synergie et la complémentarité entre les différents cycles de l’enseignement dans les Etats islamiques, afin d’assurer la complémentarité entre la méthodologie et la pratique dans l’édification de l’homme et la formation des leaders, partant de l’enseignement préscolaire à la formation technique et professionnelle en passant par les enseignements général, universitaire et postuniversitaire ainsi que l’enseignement tout au long de la vie, dans le cadre d’un système éducatif intégré et pluridisciplinaire doté de cursus avancés et productifs, d’une part, liés aux valeurs civilisationnelles et aux racines culturelles du patrimoine islamique et, d’autre part, interagissant avec les systèmes éducatifs les plus avancés, bénéficiant des technologies, des réseaux sociaux et des méthodes d’enseignement, d’apprentissage, de performance et d’évaluation et utilisant les moyens et potentiels de créativité et d’innovation les plus modernes.

Par ailleurs, ils ont recommandé de développer les programmes d’apprentissage tout au long de la vie et en faire une priorité universitaire majeure, vu leur rôle vital dans la qualification de la société au développement durable et à la contribution au progrès de la société et à soutenir les partenariats stratégiques et les initiatives pionnières entre les universités dans les domaines et les projets prioritaires de qualité, et assurer leur ouverture aux expériences mondiales en matière de développement de l’enseignement supérieur en profitant des expériences et modèles réussis à travers le monde.

De même, ils ont souligné la nécessité de s’intéresser davantage à la localisation des compétences en matière de recherche, d’innovation et de créativité dans les universités, et assurer la formation nécessaire aux enseignants, chercheurs et étudiants de l’enseignement supérieur et l’enseignement universitaire avancé ; et d’approfondir la culture de recherche et d’exploration en créant des unités, laboratoires, centres et instituts spécialisés dans les domaines de recherche renouvelables et à priorité nationale, ainsi que la nécessité de faciliter la recherche et l’innovation en tant que catalyseurs du développement durable.

D’autre part, ils ont incité les institutions, les banques et les instances de soutien à la recherche et à l’innovation dans les secteurs public et privé, à mettre en place des programmes de financement spécialisés pour appuyer la recherche scientifique et l’innovation industrielle dans les universités.

Et d’appeler à fournir davantage de possibilités d’étude et de bourses aux jeunes talentueux et brillants des deux sexes, notamment dans les Etats du monde islamique en situation de guerre et de conflit, et encourager les universités à octroyer des bourses annuelles à cet effet.

Les participants ont également exhorté les universités à promouvoir le rôle vital qu’elles jouent dans la diffusion de la culture de juste-milieu, de dialogue, de coopération et d’entre-connaissance, et à en faire une culture fondamentale dans le milieu universitaire et dans la formation des étudiants et des cadres ; et à élargir le rôle des universités dans la lutte contre les phénomènes négatifs et étrangers qui entravent les projets de développement durable dans le monde islamique, tels que le terrorisme, l’extrémisme, la radicalisation, la surenchère et la déviance, et ce, à travers les études approfondies et les recherches spécialisées, la création des chaires scientifiques et la formation.

De même, les participants ont salué les efforts que l’Instance islamique pour la qualité et l’accréditation relevant de la Fédération, en coopération avec l’Université islamique internationale de Malaisie, a déployés dans l’élaboration du mécanisme intégré de mesure de la performance des universités et de l’amélioration de leur qualité globale, et incité les universités membres à adopter ce mécanisme et en appuyer la mise en œuvre afin de promouvoir la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage, des recherches et des publications, du niveau des enseignants et des étudiants, ainsi que de l’évaluation et la performance institutionnelles, de la gestion financière de l’université, de son système de valeurs, d’éthique et de culture, et de son impact sur le développement global et durable.

Dans le même ordre d’idées, les participants ont salué le projet d’adoption de l’arbitrage des revues arabes et de leur équivalence aux revues indexées dans le système international SCOPUS (Arabic Journals of International Standing as Equivalent to SCOPUS), proposé par l’Université islamique internationale de Malaisie, et encourager les universités à le soutenir et à y participer afin d’améliorer le niveau et la réputation des revues arbitrées dans le monde islamique.

Dans la même veine, ils ont exprimé leur soutien au programme de l’ISESCO « TAFAHUM » pour l’échange d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs entre les universités du monde islamique ; invité les universités membres à participer à ce programme et à le soutenir en facilitant cet échange, en assurant des formations semestrielles et annuelles aux étudiants et enseignants intéressés et en fournissant les facilités technologiques et techniques en vue d’élargir le champ dudit programme pour englober d’autres Etats, universités et cursus académiques ; et appelé à soutenir les universités africaines et asiatiques pour qu’elles participent à ce programme et en tirent profit en vue de former de futurs leaders et d’ouvrir des perspectives de partenariat et d’interaction civilisationnelle, culturelle et sociale au service du monde islamique et de son développement durable et global.

Et d’appeler les universités, les centres spécialisés et les institutions compétentes à apporter le soutien matériel et technique au « projet d’Observatoire du monde islamique pour la Science, la Technologie et l’Innovation », vu son rôle majeur dans la mise à disposition d’expertises, de statistiques, de données et d’indicateurs nécessaires aux décideurs et aux organismes concernés par les domaines de la promotion des sciences, de la technologie et de l’innovation dans le monde islamique.

D’autre part, ils ont souligné la nécessité de la coopération et du partenariat stratégiques avec les universités et établissements de l’enseignement supérieur en Palestine occupée, et en particulier à Al-Qods Al-Charif, et inviter les universités membres à établir des partenariats efficaces et à coopérer dans les domaines scientifique, académique, social, culturel et civilisationnel avec les universités palestiniennes, à leur apporter le soutien matériel et moral et à tirer profit de leur expertise dans leurs domaines d’excellence.

Par ailleurs, les participants ont félicité les lauréats des Prix de la FUMI pour les recherches universitaires, et invité les universités à créer des prix qualitatifs pour favoriser l’innovation et la créativité, rendre hommage aux chercheurs, scientifiques et professeurs éminents et les encourager à fédérer leurs efforts et innovations pour résoudre les problèmes sociaux et promouvoir les projets de développement durable des communautés islamiques.

Ils ont salué les efforts consentis par la FUMI pour favoriser le développement continu de l’enseignement supérieur dans le monde islamique et établir les cadres, politiques, mécanismes et programmes appropriés en vue de promouvoir la coopération et le partenariat entre les universités dans les Etats membres.

De même, ont-ils salué les efforts remarquables déployés par S.E. Dr Abdulaziz Othman Altwaijri, Directeur général de l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO), Secrétaire général de la Fédération des Universités du Monde islamique (FUMI), ainsi que les réalisations accomplies par l’Organisation et le Secrétariat général de la Fédération sous sa présidence et ses directives, ce qui a fortement contribué à l’amélioration de la recherche scientifique, de la qualité et de la gouvernance, à l’application de la technologie moderne dans l’enseignement, à l’appui à l’innovation et à la créativité ainsi qu’à la diffusion de la culture de justice, de paix, de juste-milieu, de dialogue et de coopération dans le monde islamique.

Par ailleurs, les participants ont adressé un message de remerciement et de gratitude à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Souverain du Royaume du Maroc, pour avoir bien voulu placer la Conférence sous son haut patronage, et pour l’intérêt particulier que Sa Majesté porte aux questions de promotion de l’enseignement supérieur et de développement durable dans le monde islamique, ainsi que pour le grand soutien et la haute sollicitude dont il entoure l’ISESCO et la FUMI.