Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -


L’ISLAM ENTRE VERITE ET MYSTIFICATIONS REFUTATION DES ALLEGATIONS MENSONGERES CONTRE L’ISLAM

Par
Dr AHMAD CHALABI
Dr AHMAD OMAR HACHEM
Dr AHMAD KAMAL ABOU AL-MAJD
Dr ABDEL SABOUR CHAHIN
Dr ABDEL SABOUR MARZOUK
Dr MAHMOUD HAMDI ZAQZOUK

Préparé par
Dr HAMED TAHER

Traduit par
Dr MOHAMMAD OUGAMADAN


 

La loi :

celle-ci consiste en un ensemble de normes et de dispositions qui régissent la vie de l’individu et de la collectivité islamique et qui fixent les peines légales sanctionnant les crimes les plus graves.

La législation islamique est aussi riche que diversifiée. Ses prescriptions relatives aux pratiques cultuelles (‘ibâdât) et aux opérations juridiques comme la vente, le nantissement, le mandat, se trouvent exposées dans le fiqh (droit canon). Cette discipline traite également des questions relevant du statut personnel (mariage, divorce, succession etc), en essayant d’apporter des solutions valables aux problèmes posés en tout temps et en tout lieu.

La législation islamique, comme les juristes et autres spécialistes ont pu s’en apercevoir, se caractérise par son sens de justice et de tolérance, son souci de l’intérêt commun, la souplesse et la simplicité de ses prescriptions. Ce sont ces qualités qui expliquent sans doute l’expansion fulgurante de l’Islam et son implantation dans des pays héritiers de vieilles civilisations et de systèmes juridiques très anciens.

La loi islamique embrasse tous les aspects de la vie individuelle, familiale et collective; elle définit les principes et les orientations à même de favoriser l’avènement d’une société juste, politiquement développée et économiquement prospère. En Islam, l’individu jouit de la protection de sa personne, de son culte, de son honneur, de ses biens… La famille se présente comme une entité organique dont l’harmonie doit être jalousement conservée. La femme est traitée avec égards et ses droits sont respectés: elle ne peut être mariée qu’avec son accord, librement exprimé ; et, pendant la vie conjugale, elle garde sa pleine capacité (légale) et peut même, pour des raisons valables, demander et obtenir le divorce.

La loi dans la société islamique se voit assignée des objectifs bien précis : il s’agit, en premier lieu, de garantir la justice, l’égalité sociale, la paix et la stabilité tout en veillant à la défense de la religion contre les offenses et autres manoeuvres perfides venues de l’intérieur ou l’extérieur. L’un des moyens essentiels de la politique en Islam est la consultation (shûrâ) qui garantit la participation de chacun aux affaires collectives.

L’économie islamique, elle, repose sur le respect de la propriété privée et vise la prospérité et le bien-être des individus, en encourageant la concurrence saine, allant dans le sens de l’intérêt général. Elle établit, à cette fin, des normes strictes portant, par exemple, sur l’interdiction de l’intérêt usuraire, du monopole et de la fraude. Mieux encore, en instituant l’aumône légale (zakat) et la charité volontaire au profit des pauvres et des nécessiteux, l’Islam a mis en place un système économique de premier ordre, répondant aux exigences à la fois sociales et morales.

Reste à dire quelques mots sur les peines légales en Islam. Celles-ci ont pour finalité de dissuader tous ceux qui seraient tentés de porter atteinte aux musulmans dans leur personne, leurs biens et leur honneur. L’Islam s’est borné en la matière à fixer des peines pour les crimes graves et reconnus comme tels dans toutes les sociétés, autrement dit, les crimes qui compromettent sérieusement l’édification d’un monde meilleur. En revanche, pour les autres délits, il a laissé aux gouvernants le soin de définir les peines adaptées à leur époque et à leur pays (Les pouvoirs publics en Islam ont le devoir de faire élaborer des lois) sanctionnant les crimes non prévus ni dans le Coran, ni dans la Sunna.

Il leur appartient également d’appliquer des peines correctionnelles (ta’zîr) aux auteurs de délits qui, bien que dangereux pour la société, n’atteignent pas le degré de gravité des crimes dont la sanction est prévue dans la Loi religieuse.

Les crimes dont la sanction est prévue dans le Coran sont au nombre de cinq : l’homicide (volontaire, ou involontaire), le brigandage et autres formes de saccage, le vol, la fornication et, enfin, l’imputation calomnieuse de fornication (qadhf).

Il convient ici de formuler deux remarques à propos des peines établies par l’Islam :
i- Il est absolument nécessaire d’identifier avec certitude l’auteur du crime, de connaître ses mobiles et de s’assurer qu’il ne subsiste aucun doute qui pourrait justifier la non-application de la peine. Le Prophète dit à ce sujet : «Ecartez les peines légales tant
qu’il y des doutes (quant à la culpabilité de l’accusé)». Cela revient, sur le plan pratique, à restreindre le champ d’application de ces peines.

ii- Les peines légales peuvent paraître très sévères ; en vérité, il n’en est rien, car l’Islam proportionne la peine à la gravité de l’acte commis et du dommage ainsi causé à la société. Or, à la réflexion, les crimes évoqués plus haut constituent bel et bien une atteinte à la stabilité de la société et à l’ordre public. L’expérience a montré que l’application des peines légales islamiques aux crimes graves mentionnés plus haut constitue un moyen de dissuasion très efficace qui a pour effet bénéfique de faire reculer la criminalité. Les gouvernants et les juges musulmans sont appelés, avons-nous déjà signalé, à tenir compte, dans l’application des peines, des circonstances atténuantes si elles existent ; cette recommandation de l’Islam traduit son souci d’impartialité et de justice.

Il y a lieu de préciser, enfin, que les questions pénales n’occupent qu’une infime partie dans la Loi islamique. De fait, celle-ci vise essentiellement à mettre en place un ensemble de systèmes politique, économique, social, fondés sur les principes moraux qui font la particularité de la société islamique. L’un des traits les plus remarquables de la Loi islamique, c’est que tout en renfermant un certain nombre de règles immuables inscrites dans le Coran et la Sunna, elle laisse ouvert le champ de l’interprétation permettant ainsi aux musulmans d’élaborer, en tout temps et en tout lieu, les solutions légales convenables en tenant compte des principes inaltérables de la Loi.

Celle-ci fait ainsi preuve de sa grande souplesse, de son caractère vivant et évolutif qui lui vaut d’être valable partout et pour toujours.

On voudrait, pour clore ce chapitre, insister sur le fait que l’Islam, qui a intégré en son sein les enseignements des religions révélées antérieures, ne prétend nullement être une doctrine au-dessus de toutes les autres, pas plus qu’il n’entend instaurer un Etat hostile à tous les autres Etats. Religion universelle et globale, l’Islam est venu, au contraire, pour le bien de l’humanité toute entière, et pour son bonheur dans ce monde comme dans l’au-delà.

Son message s’adresse à tous les hommes comme l’affirment les versets suivants : «Nous t’avons envoyé à tous les hommes, uniquement comme annonciateur de la bonne nouvelle et comme avertisseur» (XXXIV, 28) ; «Nous t’avons seulement envoyé comme une miséricorde pour les deux mondes» (XXI, 107).

 

Untitled Document