Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -


L’ISLAM ENTRE VERITE ET MYSTIFICATIONS REFUTATION DES ALLEGATIONS MENSONGERES CONTRE L’ISLAM

Par
Dr AHMAD CHALABI
Dr AHMAD OMAR HACHEM
Dr AHMAD KAMAL ABOU AL-MAJD
Dr ABDEL SABOUR CHAHIN
Dr ABDEL SABOUR MARZOUK
Dr MAHMOUD HAMDI ZAQZOUK

Préparé par
Dr HAMED TAHER

Traduit par
Dr MOHAMMAD OUGAMADAN


 

La morale islamique (akhlaq)

En arabe, le mot akhlaq (pluriel de khuluq), désigne un ensemble de motivations (dâfi : intention, volonté, décision ferme) et de comportements (suluk), autrement dit, des manières de se conduire en société. Il va sans dire que c‘est la motivation qui est à la base de tout comportement. D’où le souci permanent de l‘Islam de développer les bonnes dispositions morales à travers la fortification de la foi, elle-même nourrie par la pratique cultuelle régulière. Tous les actes du fidèle se trouvent ainsi motivés par la recherche de l‘agrément de Dieu et le respect scrupuleux de Ses prescriptions, en sachant que rien – fût-ce les gestes les plus banals et les pensées les plus secrètes- n‘échappe à la science divine.

La morale ne trouve son expression concrète que dans les comportements des individus en société, c’est-à-dire dans leurs manières de se conduire les uns envers les autres dans leur environnement social. Celui-ci comprend, en gros, trois sphères principales : la famille et les voisins, les amis et les camarades de travail, et enfin, la communauté des musulmans et autres.

L’attitude à adopter envers ses proches parents est illustrée par l’expression islamique de «silat arrahim», qui signifie : entretenir avec sa parenté des relations permanentes d’affection, de compassion, d’assistance mutuelle et de solidarité.

Mais de tous les proches, c’est le père et la mère qui méritent un traitement privilégié. Un musulman, lit-on dans un hadith, est venu interroger le Prophète à propos de l’entretien de son père : «toi et tout ce que tu possèdes appartenez à ton père», répondit le Messager de Dieu. On doit se montrer plus prévenant et plus généreux encore à l’égard de la mère, car «le paradis», dit une autre tradition, «est sous les pieds des mères».

En Islam, donc, l’enfant doit en toutes circonstances obéir à ses parents, sauf s’ils l’incitent à associer à Dieu d’autres divinités (shirk).

La bonté envers les parents recommandée par l’Islam prend toute sa valeur à l’époque actuelle, avec l’apparition des hospices de vieillards dans lesquels certains s’empressent de placer leurs parents devenus très âgés en pensant qu’ils vont bénéficier là des soins de santé et de l’ambiance nécessaires. Mais il va sans dire que ce genre d’établissements ne sauraient offrir à leurs hôtes la convivialité et la chaleur humaine telles qu’elles s’expriment dans le concept islamique de «silat arrahim» (amour viscéral de sa parenté).

L’Islam invite les hommes à se conduire de la manière la plus convenable avec leurs épouses, en créant des conditions favorables à cet effet. Celles-ci impliquent l’obligation pour le mari non seulement d’entretenir sa femme et de satisfaire à ses besoins matériels, mais aussi de la traiter avec égard et respect. Les rapports conjugaux sont ainsi réglés dans le menu détail, en tenant compte des convenances et des bonnes habitudes en usage dans la société. Parmi les règles de politesse qui méritent à cet égard d’être dans Al-Djâmi’.

soulignées, il y a celle qui consiste à s’adresser à l’épouse en la surnommant «mère de tel» (kunyat), au lieu de la désigner directement par son prénom. C’est une manière de marquer son profond respect à la femme et de préserver son intimité.

Pour l’Islam, qui ne connaît pas le mariage sous contrainte, l’union conjugale doit être conclue avec le consentement mutuel librement exprimé des deux partenaires. Chacun des époux doit se montrer convenable et attentionné vis-à-vis de l’autre. Mais si, pour une raison quelconque, la vie du couple devient insupportable, alors le divorce peut être envisagé comme ultime solution. Toutefois, le mari doit adopter en cette circonstance une attitude très généreuse en vertu du verset coranique suivant : «(Une fois la répudiation prononcée) ou bien il reprend son épouse d’une manière convenable, ou bien il la renvoie décemment» (II, 229).

On entend parfois dire que des filles musulmanes sont contraintes d’épouser des hommes qu’elles ne désirent pas, que des épouses sont maltraitées, ou que des maris abusent de leur droit de répudiation : toutes ces conduites irresponsables témoignent en fait du caractère sauvage de leurs auteurs et sont condamnées sans appel par l’Islam parce que contraires à ses nobles enseignements.

La morale islamique recommande également de bien traiter son voisin : «L’ange Gabriel ne cessait de me recommander le voisin, si bien que j‘ai fini par croire qu’il voulait qu’on en fît un héritier»(8) , dit le Prophète, pour marquer le rapprochement entre les liens familiaux et les rapports de voisinage. La sagesse de cette recommandation n’échappera pas à ceux qui s’intéressent à la vie des sociétés humaines.

Le musulman se doit de visiter son voisin s’il est malade, de le consoler dans les circonstances douloureuses, de partager ses joies, de se montrer aimable à son égard en lui faisant des cadeaux ou en l’invitant chez lui. Le respect de ces principes de bon voisinage dans la cité islamique fait du quartier une entité organique où tous les membres sont solidaires les uns avec les autres, comme peut le remarquer le touriste étranger qui visite un pays islamique de vieille tradition.

Ainsi, si dans les villes modernes, plus favorables à l’individualisme et au repli sur soi, les liens islamiques entre voisins se sont relâchés, les quartiers populaires et les grandes régions rurales conservent encore en grande partie leurs traditions en ce domaine.

Le musulman est tenu de se comporter convenablement avec ses amis et ses camarades de travail en se montrant très serviable à leur égard : «Les croyants se soutiennent mutuellement comme de solides constructions», dit un hadith(9). D’autres traditions prophétiques prônent l’amour du prochain et la fraternité dans la foi : «On ne peut devenir véritablement croyant que si l’on désire pour son frère, ce qu’on désire pour soi-même»(10). Elles incitent le musulman à être sincère, à respecter la parole donnée, à restituer les dépôts confiés à sa garde, à prodiguer ses conseils à ceux qui en ont besoin et à rendre service à ses amis.

Le musulman doit se conduire correctement avec tous ses corréligionnaires comme iI ressort de ce hadith : «Le vrai musulman est celui qui ne sévit pas contre les autres musulmans par sa langue ou par sa main»(11) , c’est-à-dire, par ses paroles ou

9 - Rapporté par Boukhari, Mouslim, Tirmidî et Nassai.
10 - Rapporté par Boukhari, Mouslim, ibn Madjah, Tirmidî et Ibn Hanbal.
11 - Rapporté par Mouslim.

par ses actes. Mais cela implique également, entre autres, que l’on doit écarter du chemin tout ce qui peut nuire aux passants (ordures, pierres encombrantes, etc). Le bon musulman ne se contentera pas, cependant, de s’abstenir de toute attitude préjudiciable à la société ; il doit aussi manifester sa politesse par des actes positifs : saluer les gens qu’il rencontre et répondre gentiment à leurs salutations, demander la permission avant d’entrer chez autrui, baisser ses yeux devant les femmes étrangères, se montrer courtois dans ses discussions et sage dans ses conseils… mais aussi offrir l’hospitalité à ses visiteurs, nourrir ceux qui ont faim, donner un abri à ceux qui n’en ont pas, et pratiquer d’autres formes de solidarité sociale.

Pour les non-musulmans vivant en terre d’Islam et qui sont généralement juifs ou chrétiens, ils ont les mêmes droits et obligations que les musulmans. Leurs pratiques cultuelles sont respectées par tous les bons musulmans. On peut légalement manger leur nourriture et épouser leurs femmes. En cas de controverse, le musulman doit discuter avec eux de la manière la plus courtoise. Il peut traiter avec eux des affaires. La Tradition nous apprend à cet égard qu’à la mort du Prophète, on a trouvé l’une des ses cuirasses placée en gage chez un juif ; on sait également qu’il a épousé une Copte, Maria, qui lui a donné un fils, Ibrahim.

Omar Ibn Al-Khattab, le second calife, a assigné aux pauvres parmi les Gens du Livre une part sur les deniers publics (bayt al-mâl). Il a en outre dispensé les prêtres et les moines du versement de la capitation (djizyat) due par les protégés de l’Islam.

L’histoire de la civilisation islamique nous apprend, par ailleurs, que la plupart des médecins exerçant dans la cour des califes et de leurs gouverneurs étaient juifs ou chrétiens. Ces derniers trouvaient ainsi auprès des musulmans des conditions de vie meilleures. La persécution n’eut jamais lieu en Islam, sauf pendant quelques périodes de fanatisme et d’obscurantisme. Cette persécution a été d’ailleurs le fait de certains pervers qui n’avaient rien compris à l’esprit de l’Islam.

La morale islamique ne règle pas seulement les conduites des hommes les uns avec les autres, elle s’intéresse aussi aux animaux et à la nature, avec ses éléments matériels et ses végétaux.

Ainsi, pour le Coran, la terre est faite pour être cultivée et non pas pour être détruite ; les mers sont mises au service de l’homme pour ses besoins de navigation, de transport de marchandise, d‘approvisionnement en «nourriture délicieuse» ; elles ne doivent en aucun cas servir de terrains pour des essais nucléaires comme on en pratique aujourd’hui. Le Prophète interdit aux musulmans d’abattre des arbres en cas de guerre, (sauf pour des besoins alimentaires). L’Islam prêche également la compassion envers les animaux ; ainsi, ils ne doivent être ainsi utilisés qu’aux fins pour lesquelles ils sont destinés et non pour des besoins de divertissement (comme le combat de coqs ou la tauromachie). Un jour, en voyant une hirondelle voler à ras du sol, le Prophète (à lui bénédictions et salut) lança à ses Compagnons : «Qui a affligé cette hirondelle en lui enlevant son petit ? Rendez-lui donc son oisillon».

Selon une autre tradition, «une femme est allée en enfer à cause d’une chatte qu’elle avait enfermée et affamée, en l‘empêchant de se nourrir, même des vers de la terre». Le récit  suivant, tenu également du Prophète, abonde dans le même sens : «Un homme souffrant d’une soif intense est descendu dans un puits pour se désaltérer ; mais en remontant, il vit un chien haletant de soif et léchant le sol humide. Il se dit alors : ce chien souffre cruellement de la soif comme moi-même auparavant; sur ce, il redescend dans le puits, remplit sa pantoufle d’eau et donne à boire au chien assoiffé. Pour ce geste, ses péchés lui furent  pardonnés».

Tout ce qui vient d’être dit éclaire certains aspects de la morale islamique. Mais le sujet est loin d’être épuisé, car on peut dire que l’Islam dans son intégralité est une morale. Ainsi, le Prophète (à lui bénédictions et salut) proclame-t-il qu’il est venu parachever l’édifice de la morale ; il dit également que «Dieu a poli ses moeurs en lui donnant un caractère excellent». Ceci est confirmé par son épouse Aïsha qui, interrogée sur la morale du Prophète, a répondu : «Sa morale, c’est le Coran». Elle entendait par là que le Prophète incarne dans sa vie pratique l’idéal moral prêché par le Coran, donnant par là même la preuve que les préceptes moraux de l’Islam -tout sublimes qu’ils soient sont toujours applicables dans la vie des hommes.

Autre exemple édifiant à cet égard : un jour, en entrant chez le Prophète, son neveu, Al-Hassan Ibn Ali, alors petit enfant, le trouva en train de prier, la face contre le sol. L’enfant monta alors sur le dos du Prophète qui dut de ce fait prolonger sa prosternation jusqu’à ce que son neveu redescendit. Lorsqu’il eut terminé sa prière, certains de ses Compagnons lui demandèrent pourquoi il était resté si longtemps prosterné : «Mon enfant s’est assis sur mon dos et je ne voulais pas le presser de s’écarter», expliqua-t-il.

Une autre tradition raconte qu’un jour, le Prophète mangeaitdes dattes fraîches qu’il tenait dans sa main droite, tandis qu’il gardait les noyaux dans sa main gauche ; or, en voyant une chèvre passer par là , il lui montra les noyaux qu’elle vint aussitôt manger dans sa main gauche alors qu’il continuait lui-même à manger les dattes avec l’autre main. Ce geste généreux n’a rien d’étonnant de la part de Mohammad (à lui bénédictions et salut) qui dit : «Celui qui n’éprouve pas de pitié pour les hommes, Dieu n’aura pas pitié de lui».

La morale islamique, en somme, règle dans leur ensemble les différentes conduites de l’individu. Elle repose sur la «crainte révérencielle de Dieu» (taqwâ) et sur une foi profonde dans Sa justice infaillible qui fait que chacun sera récompensé équitablement selon ce qu’il aura fait de bon ou de mauvais.

Nous en arrivons, enfin, à la quatrième composante de l’Islam qui est la Loi.

 

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