Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -


L’ISLAM ENTRE VERITE ET MYSTIFICATIONS REFUTATION DES ALLEGATIONS MENSONGERES CONTRE L’ISLAM

Par
Dr AHMAD CHALABI
Dr AHMAD OMAR HACHEM
Dr AHMAD KAMAL ABOU AL-MAJD
Dr ABDEL SABOUR CHAHIN
Dr ABDEL SABOUR MARZOUK
Dr MAHMOUD HAMDI ZAQZOUK

Préparé par
Dr HAMED TAHER

Traduit par
Dr MOHAMMAD OUGAMADAN


 

Fausses allégations contre l’Islam et leurs réfutations

Allégation selon laquelle le Coran est une oeuvre de source humaine et non l’inspiration divine :

Il est établi historiquement que Mohammad (à lui bénédictions et salut) était un illettré qui ne savait ni lire ni écrire.

Or, le Coran est un texte d’une richesse rhétorique inégalée.

Véritable miracle linguistique et littéraire, il se distingue radicalement de toutes les formes poétiques et de prose connues des Arabes. N’est-ce pas là la preuve éclatante que ce Livre n’est pas l’oeuvre d’un homme, illettré de surcroît, mais bel et bien une révélation de Dieu ?

Le Coran véhicule une doctrine religieuse complète, englobant le dogme, les pratiques cultuelles, la morale, les systèmes politiques, économiques et sociaux. Il entend concilier le matériel et le spirituel dans la vie de l’individu et instaurer une relation saine entre celui-ci et la société. Or, un système religieux aussi complet et aussi original ne saurait émaner d’un homme vivant dans un milieu bédouin aussi simple que celui dont est issu Mohammad (à lui bénédictions et salut).

En outre, le Coran foisonne d’allusions aux faits scientifiques qui ne pouvaient être connus des contemporains de Mohammad pour la simple raison qu’ils n’ont été mis en évidence qu’à l’époque actuelle. Ainsi le Coran mentionne-t-il les stades de développement embryonnaire, les empreintes digitales différentes d’une personne à une autre, mais aussi le mouvement des planètes, la formation de l’univers, l’interaction permanente entre les vivants, la révolution du soleil, les phénomènes comme les vents et les pluies, la végétation, etc.

Méditons à ce propos les versets suivants : «Nous avons créé l’homme d’argile fine, puis nous en avons fait une goutte de sperme contenue dans un réceptacle solide ; puis de cette goutte, nous avons fait «quelque chose qui s’accroche» (‘alaqat), puis de celle-ci nous avons fait une masse flasque, puis de cette masse nous avons créé des os; nous avons revêtu les os de chair, produisant ainsi une autre créature. Béni soit Dieu, le meilleur des créateurs» (XXIII, 21-14) ; «l’homme pense-t-il que nous ne rassemblons pas ses ossements ? Oui ! nous avons le pouvoir de remodeler ses doigts» (LXXV, 3-4) ; «Il a soumis le soleil et la lune : chacun d’eux poursuit sa course vers un terme fixe» (XIII, 2) ; «le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour ; chacun d’eux vogue dans son orbite» (XXXVI, 40) ; «les incrédules n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? nous les avons ensuite séparés et nous avons créé à partir de l’eau toute chose vivante» (XXI, 30) ; «ne vois-tu pas que Dieu a fait descendre du ciel une eau qu’Il achemine dans la terre vers des sources jaillissantes grâce auxquelles Il fait germer des plantes diaprées» (XXXIX, 21) ; «Nous envoyons les vents chargés de lourds nuages» (XV, 22) ; «Il a fait confluer les deux mers pour qu’elles se rencontrent , avec entre elles un seuil à ne pas dépasser» (LV, 19) ; «Nous avons fait descendre le fer qui contient pour les hommes un mal terrible et des avantages» (LVII, 25) . Des sources historiques dignes de foi nous apprennent que lorsque la révélation le surprend, Mohammad rentre dans un état tel qu’il transpire de tout son corps, scène à laquelle assistaient parfois certains de ses Compagnons. Il se calme ensuite petit à petit et commence à dicter à ses «scribes» (ils étaient une vingtaine) les passages du Coran à lui révélés. Le texte coranique inspiré par Dieu se distingue, par son style et sa composition, des propos prononcés directement par le Prophète. Celui-ci interdisait d’ailleurs à ses Compagnons de consigner par écrit ses propres paroles, de peur qu’elles ne soient confondues avec le Coran qui est la parole de Dieu.

La vocation principale du Coran est de proclamer l’unicité absolue de Dieu, en purifiant la foi de toutes formes de polythéisme et d’idolâtrie ; il a de même déclaré tous les prophètes comme les maillons d’une même et unique chaîne, venus, l’un après l’autre, éclairer la voie de l’humanité toute entière. On lit à ce propos dans le Coran, «Il a établi pour vous en fait de religion ce qu’Il avait prescrit à Noé ; ce que Nous te révélons et ce que Nous avions prescrit à Abraham, à Moïse, et à Jésus : «acquittez-vous du culte ! Ne vous divisez pas en sectes» (XLII, 13). Dans le même esprit, le Coran insiste beaucoup sur l’unité du genre humain et sur le respect de la dignité de chaque personne, en rejetant toute forme de discrimination sur la base de la couleur, de l’origine, de la position sociale etc. On peut ainsi multiplier les exemples qui montrent que le Coran est bel et bien une révélation divine et qu’il est trop parfait pour être le fait d’un homme ou le produit d’un milieu quelconque.

Allégations selon lesquelles le Coran n’a pas été réuni en un seul corpus du vivant de Mohammad, que sa rédaction et le classement de ses différentes parties ont été opérés par ses disciples, et que des copies discordantes ont été brûlées sur ordre de Othmân (troisième calife) :

Il suffit, pour réfuter ces fausses allégations, de rappeler les vérités suivantes : le Coran était récité par coeur par nombre de croyants dès l’époque du Prophète. Bien plus, celui-ci a pris soin, pendant le dernier Ramadan de sa vie, de vérifier l’exactitude des lectures de ses Compagnons, après avoir lui-même récité par deux fois, devant l’archange Gabriel, le texte coranique dans son intégralité et dans l’ordre qu’il devait définitivement conserver.

Le Coran était de surcroît conservé par écrit. Ainsi, chaque fois qu’il recevait une révélation, le Prophète faisait appeler ses scribes qui, sous sa dictée, transcrivaient les passages révélés sur les matériaux à leur disposition (morceau de cuir, palmes, omoplates de chameaux, etc.)

Un an après la mort du Prophète, soixante dix personnes parmi les «récitants du Coran» (hafadhat), furent tués au cours de la bataille de Yamâma. Le calife Abou Bakr décida alors de confier à Zaid Ibn Thabit (l’un des plus célèbres scribes du Coran), la composition d’une commission chargée de collecter les documents du Coran qui se trouvaient chez les scribes, en prenant soin, entre autres conditions, de n’admettre que les textes établis sous la dictée du Prophète et qui étaient reconnus comme tels sur la foi de deux témoins.

La documentation ainsi réunie fut confiée à Abou Bakr qui, à sa mort, la transmit à son successeur, le calife Omar. Celui-ci la conserva jusqu‘à la fin de sa vie et la donna avant de mourir à sa fille Hafsa, Mère des croyants (veuve du Prophète), car celle-ci savait lire et écrire. Sous le règne d’Othman, le nombre des convertis parmi les non arabes allait grandissant, ce qui donna lieu à quelques variantes dans la manière de réciter le Coran. Pour remédier à cet état de fait, Othman chargea une équipe d’experts, sous le patronage de Zaid Ibn Thabit lui-même, d’établir un «mushaf» (un recueil unique), à partir de la copie conservée par Hafsa et d’en faire cinq exemplaires qui furent envoyés aux grandes villes islamiques : La Mecque, Médine, Bassoura, Koufa et Damas.

La recension de Othman avait pour objectif de vérifier la conformité de la lecture retenue avec celle en usage du vivant du Prophète, telle qu’elle était attestée par les récitants encore vivants à l’époque. Des exemplaires établis à partir de cette version officielle ont été remis aux cheikhs chargés d’enseigner le Coran dans les différentes provinces islamiques. Toutes les autres copies non officielles furent détruites. C’est le recueil établi sous Othman qui sera entre les mains des musulmans, toutes obédiences confondues, jusqu’à aujourd’hui. Il fera l’objet d’une grande vénération de la part des fidèles qui ont pris soin de ne pas en altérer un mot, voire une seule lettre, fût-ce une voyelle brève (harakat).

Certains chercheurs occidentaux prétendent que Abdallah Ibn Masoud a protesté lorsqu’on a brûlé sa propre copie du Coran.

Or, la vérité, c’est que c’était lui-même qui a brûlé sa copie personnelle pour adopter la version unanimement admise par les musulmans jusqu’à nos jours.

Accusation selon laquelle le Prophète modifie ses positions au gré des circonstances : il aurait ainsi présenté l’Islam comme une religion arabe, lorsqu’il était à La Mecque, puis comme une religion universelle, lorsqu’il se sentait triomphant à Médine :

L’Islam, rappelons-le, proclame haut et fort, dès sa naissance, qu’il est une religion pour l’humanité toute entière, que Mohammad (à lui bénédictions et salut) est envoyé comme «annonciateur de la bonne nouvelle et comme avertisseur» pour tous les hommes. Ainsi, à l’instant même où il reçut l’ordre d’appeler publiquement les gens de La Mecque à la nouvelle religion, Mohammad monta sur une haute colline et annonça à la foule : «Je suis le Messager de Dieu, envoyé pour vous, et pour le monde entier». Quiconque lit attentivement le Coran remarquera que maints versets, y compris ceux révélés pendant la période mecquoise, insistent sur le caractère universel de la prédication islamique. En voici quelques exemples :

«Béni soit celui qui a révélé le discernement à son serviteur afin qu’il devienne un avertisseur pour les mondes» (XXV, 1) ;
«Nous t’avons envoyé comme une miséricorde pour les mondes»
(XXI, 107) ;
«voici une communication adressée aux hommes»
(XIV, 52).

En fait, pour mettre en exergue cette vocation mondiale de l’Islam, il suffirait de rappeler que la fatiha, sourate préliminaire qui ouvre le livre sacré, commence par la formule : «louange à Dieu, Seigneur des mondes». Or, cette sourate, comme les versets cités plus haut, fut révélée à la Mecque, autrement dit, avant que les musulmans eussent leur Etat, puisque celui-ci ne prendra corps qu’à Médine.

Ce qui précède montre que les changements d’attitude du Prophète doivent être interprétés dans le cadre du développement progressif de la législation islamique. Il était ainsi tout à fait normal que Mohammad (à lui bénédictions et salut) adopte à La Mecque, sous les pressions des païens, des positions différentes de celle qu’il aura une fois installé à Médine, devenue alors une véritable cité-Etat pour les musulmans. D’ailleurs, même au début de cet Etat naissant, le Prophète continuera à prêcher l’Islam en tant que religion universelle, en envoyant dans ce sens des lettres aux rois et aux souverains de son époque.

Accusation selon laquelle Mohammad a un penchant immodéré pour les femmes, ce qui explique sa polygamie :

Il s’agit là d’une allégation sans aucun fondement. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à la vie de Mohammad avant et après sa mission prophétique telle qu’elle nous est racontée dans les sources les plus sûres. Contentons-nous de rappeler les faits suivants : Mohammad a passé son enfance et une partie de sa jeunesse à La Mecque. Il était réputé pour ses qualités morales comme l’intégrité, la sincérité, la droiture. On sait aussi qu’il n’a jamais goûté à aucun des plaisirs auxquels s’adonnaient avec excès les jeunes de son époque : le vin, les femmes et le jeu de hasard.

A l’âge de vingt-cinq ans, il épousa Khadidjâ, qui avait alors quarante ans et s’était déjà mariée deux fois. Et tant qu’elle vécut, il n’eut point d’autre femme. Elle lui a donné presque tous ses fils et toutes ses filles. Lorsqu’elle mourut, Mohammad en ressentit une tristesse profonde. Il resta sans femme pendant longtemps, et lorsqu’on lui proposa de se remarier, il déclina l’offre en faisant valoir que ses filles étaient encore trop jeunes et qu’elles avaient besoin de ses soins. On lui proposa alors Sawda, Bint Zam’a, veuve de l’un de ses Compagnons, qu’il accepta enfin d’épouser sans savoir au préalable qu’elle était belle.

Ce n’est qu’une fois installé à Médine, alors qu’il avait dépassé cinquante-quatre ans, qu’il commença à pratiquer la polygamie pour des raisons tout à fait compréhensibles mais qui n’avaient absolument rien à avoir avec sa prétendue lasciveté.

Parmi ses épouses, il y avait Aïsha, fille de son fidèle et proche conseiller Abou Bakr , Hafsa, fille de son deuxième conseiller et non moins fidèle ami Omar, mais il y avait aussi une juive, Safiya et une Copte, Mariya, toutes deux converties ensuite à l’Islam.

Tous ces mariages avaient pour effets bénéfiques de conforter la foi, en ralliant à la cause de l’Islam les belles-familles du Prophète et en resserrant les liens avec elles .

Certaines des unions conjugales de celui-ci avaient des motivations juridiques. Ainsi en était-il de son mariage avec Zaïnab Bint Djahsh, femme divorcée de son fils adoptif, Zayd Ibn Hâritha : cette union, conclue conformément à la prescription du Coran avait en effet pour but d’abolir la tradition arabe ancienne qui interdisait le mariage d’un homme avec la femme divorcée de son fils adoptif. On lit à ce propos dans le Coran : «Quand Zayd eut cessé tout commerce avec son épouse, Nous te l’avons donnée pour femme afin qu’il n’y ait pas de faute à reprocher aux croyants au sujet des épouses de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci ont cessé tout commerce avec elles- l’ordre de Dieu doit être exécuté» (XXXIII, 37).

Il y eut enfin des mariages qui furent contractés pour des raisons humanitaires. Il en fut ainsi de ceux qui unirent le Prophète à des veuves dont les maris étaient morts ou tués pour la cause de l’Islam, et qui avaient ainsi perdu leurs soutiens. Certaines d’entre elles étaient déjà âgées et peu attirantes. D’où la portée hautement humanitaire des mariages du Prophète avec ces femmes. Le geste est d’autant plus généreux que dans le milieu bédouin une femme seule peut difficilement subvenir à ses propres besoins.

On voit ainsi qu’il y a trois épisodes marqués dans la vie du Prophète : la période d’avant le mariage (jusqu’à l’âge de 20 ans) pendant laquelle il fut un modèle de chasteté et de rectitude morale; la période de monogamie avec Khadidja d’abord comme seule épouse (pendant environ 25 ans) et avec Sawda, ensuite, pendant 4 ans ; enfin, la période de polygamie (de 54 à 63 ans) motivée par des raisons d’ordre social, juridique et humain.

Il faut rappeler par ailleurs que la vie familiale du Prophète est connue dans ses détails grâce aux précieuses informations qui en ont été fournies par ses propres épouses. Celles-ci nous le présentent comme un homme qui consacre le plus clair de son temps aux actes de dévotion, prolongeant les veillées pieuses tard dans la nuit, et passant ses journées à communiquer les messages divins à lui révélés, à diriger les affaires des musulmans et à poursuivre l’édification de l’Etat islamique. Or, toutes ces préoccupations sont à l’évidence incompatibles avec la concupiscence dont on accuse injustement Mohammad.

Allégation selon laquelle la Sunna (deuxième source de l’Islam après le Coran) est douteuse, au motif qu’elle renferme un bon nombre de traditions fausses, forgées de toutes pièces :

La mission principale du Prophète consiste, d’abord, à transmettre la révélation coranique, avec la plus grande rigueur et fidélité, en vertu de l’injonction divine : «O prophète ! fais connaître ce qui t’a été révélé par ton Seigneur»(V, 67) ; et ensuite, à éclairer le contenu du Coran, comme il ressort du verset suivant : «Nous avons fait descendre sur toi le Rappel pour que tu exposes clairement aux hommes ce qu’on a fait descendre vers eux» (XVI, 44).

Ce qui précède montre que la Sunna du Prophète constitue bel et bien la seconde source de l’Islam. L’on sait d’ailleurs de façon sûre que ses Compagnons conservaient en mémoire ses paroles, ses actes et ses «approbations» (taqrîrât)(- Par "taqrîrât", on entend les conduites tenues devant le Prophète sans que celui-ci les désapprouve et qui sont de ce fait considérées comme légitimes.

Certains d’entre eux ont voulu les consigner par écrit, mais il leur a déconseillé de le faire dans un premier temps, pour éviter que ses traditions soient confondues avec le Coran, étant entendu qu’à l’époque on écrivait sur des matériaux de fortune : palmes, morceaux de cuir, omoplates...

Les musulmans se sont donc abstenus de mettre par écrit les traditions du Prophète même après sa mort. Puis vint un moment  où l’on a constaté que certains adversaires de l’Islam falsifiaient des traditions ou en forgeaient de toutes pièces pour les utiliser contre cette religion. Ce fut alors que le calife ommeyade Omar Ibn Abdelazîz,(m. 101 H.) décida d’en appeler aux savants musulmans pour qu’ils rassemblent les traditions prophétiques authentiques. Ce qu’ils firent avec dévouement, en faisant appel à toute personne qui en avait appris une partie pour recueillir son témoignage. L’imam Malik joua à cet égard un rôle de premier plan, comme en témoigne son oeuvre magistrale «Mouwattâ», recueil de traditions classées suivant leur portée juridique.

On entreprit ensuite un travail critique qui avait pour but d’examiner de façon rigoureuse les modes de transmission des hadiths, de s’assurer de la bonne foi et de l’honorabilité de leurs transmetteurs, en remontant les différents maillons de la chaîne jusqu’au Prophète. A cette fin, les musulmans ont inventé deux sciences importantes : «‘ilm al-djarh wa at-ta’dîl», ( science de la récusation et la déclaration de crédibilité) qui a pour objet de déterminer le degré de fiabilité des transmetteurs en relevant des qualités comme l’intégrité, l’honorabilité, la rigueur, mais aussi des défauts comme la propension au mensonge, la mauvaise mémoire, la crédulité, etc. La deuxième science, c’est «mustalah al-hadîth» (typologie des hadîths ) qui vise à classer les traditions selon leur degré de recevabilité en «tradition authentique», «vraisemblable», «faible», «falsifiée», «apocryphe» etc.

Mais c’est au troisième siècle de l’hégire que l’étude des traditions prophétiques a connu son heure de gloire avec l’établissement des grandes compilations dont les plus célèbres étaient celle de Boukhâri (m. 256 H.) et de Mouslim (m. 261 H).

Ces deux grands traditionnistes ont rassemblé dans leurs recueils les hadiths dont ils ont établi l’authenticité après avoir passé au peigne fin des dizaines de milliers de traditions qui circulaient à leur époque. Les travaux de ces deux maîtres ont été complétés par ceux d’autres traditionnistes de renom dont Ibn Hanbal (m. 241 H.), Ibn Madjah (m. 273 H), Abou Dawoud (m. 275 H), Trimîdî (m. 279 H) et Nassaî (m. 303 H).

Grâce aux efforts considérables de ces savants, la culture islamique se trouve dotée d’un corpus monumental de traditions qui n’a presque pas d’égal dans d’autres cultures. Ce corpus servira de source inépuisable pour les spécialistes du fiqh, cette autre science islamique qui a pour tâche d’élaborer les normes détaillées destinées à régler tous les aspects de la vie de l’individu et de la collectivité.

Rappelons, en outre, les efforts particuliers déployés par les savants musulmans en vue de mettre en garde les fidèles contre les traditions forgées. Ce travail critique se justifie par la nécessité pour le musulman de distinguer le vrai du faux dans les dires attribués au Prophète, car, il est religieusement tenu de mettre en pratique tous ceux dont l’authenticité est établie, et ce, conformément au verset suivant : «Prenez ce que le Prophète vous donne et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit» (LIX, 7).

Allégation selon laquelle les traditions prophétiques sont irrecevables parce que contradictoires :

Une grande partie des hadiths, est-il besoin de le souligner, expliquent le Coran, clarifient la signification de maints versets.

De fait, qui mieux que le Prophète pouvait comprendre le sens profond du texte sacré et l’expliquer aux fidèles. Et puis, il existe une règle fondamentale qui établit qu’un hadith authentique ne peut jamais être en contradiction avec le Coran.

De même, les traditions authentiques ne peuvent en aucun cas se contredire les unes les autres. Et si contradiction il y a, elle doit être rattachée à l’un des cas suivants :

1- cas où une tradition authentique est contredite par une tradition inauthentique (la première étant la seule retenue comme fondement de la pratique religieuse) ;

2- cas où une tradition est abrogée par une autre, exemple : «je vous ai interdit de visiter les tombeaux, et voici que maintenant je vous y autorise»(25) ;

3- cas où la contradiction entre deux traditions n’est qu’apparente : un examen attentif de la signification et du contexte des traditions en question permettra alors de lever l’ambiguïté.

Les oulémas musulmans ont abondamment expliqué chacune des catégories précitées. Parmi les ouvrages consacrés à la question, citons «Ar-risâla», de Shâfiî (m. 204 H.), et «Tâwîl mukhtalaf al-hadîth», d’Ibn Qoutaybat (m. 267 H).

Imputation selon laquelle la propagation de l’Islam s’est faite partout par la force :

Cette thèse fausse est catégoriquement démentie par le Coran où l’on peut lire : «pas de contrainte en religion» (II, 256); «que celui qui le veut croie donc et que celui qui le veut soit incrédule» (XVIII, 29) ; «fais entendre le Rappel ! tu n’es que celui qui fait entendre le Rappel et tu n’es pas chargé de les surveiller» (LXXXVIII, 21-22) ; «s’ils se détournent, sache que Nous ne t’avons pas envoyé vers eux pour les observer ; tu es seulement chargé de transmettre le message prophétique» ; «appelle les hommes dans le chemin de ton Seigneur, par la sagesse et une belle exhortation ; discute avec eux de la meilleure manière» (XVI, 125).

Ces injonctions coraniques, les musulmans les ont appliquées dans la pratique le plus scrupuleusement possible. Les faits suivants en sont une parfaite illustration :

- Au début de l’Islam, beaucoup de convertis parmi les gens pauvres et modestes ont subi de la part des adversaires de la nouvelle religion toutes sortes de persécutions dans le but de les faire renoncer à leur foi. Mais en vain. Leur ferveur religieuse n’en devenait que plus vive. Ces convertis, pour sauver leur foi, furent par la suite contraints de s’exiler, en Abyssinie d’abord, à Médine ensuite.

Peut-on alors parler de conversions forcées pendant cette période ?

- Parmi les premiers convertis, il y avait aussi des personnalités illustres et puissantes que nul n’aurait pu contraindre à embrasser l’Islam (ce fut le cas par exemple de Abou Bakr, Oumar Ibn Al-Khattab, Talha, Zoubayr, Sa’d Ibn Abî Waqqâs, Hamza, Mous’ab, Abderrahmân Ibn ‘Awf). Le fait que certains des ces hommes ait eu un lien de parenté avec le Prophète n’explique rien en l’occurrence. La preuve, c’est qu’un oncle de Mohammad, Abou Lahab, fut l’un des pires ennemis de l’Islam et de son Prophète.

- Arrivés à Médine, les musulmans y trouvèrent un endroit propice à l’établissement d’un Etat islamique. Mais celui-ci ne tarda pas à faire l’objet d’agressions venues de l’intérieur comme de l’extérieur. Les musulmans furent alors obligés de se défendre et de repousser les attaques de leurs agresseurs, chose désormais autorisée par le Coran, comme l’énonce le verset suivant : «toute autorisation de se défendre est donnée à ceux qui ont été attaqués, parce qu’ils ont été injustement opprimés. Dieu est puissant pour les secourir» (XXII, 39).

Lorsqu’ils sont partis d’Arabie pour porter le message de l’Islam aux peuples voisins, les musulmans trouvèrent ces derniers en proie à l’oppression de grandes puissances. Il était donc inévitable qu’ils entrent en guerre contre celles-ci. Lorsqu’ils étaient victorieux, ils traitaient les vaincus suivant les principes islamiques de tolérance et «persuasion douce» (maw’idat hasanat).

Mais jamais ils n’ont forcé personne à se convertir à l’Islam. On en veut pour preuve qu’un certain nombre de coptes d’Egypte ont conservé leur religion jusqu’à aujourd’hui. Il en va de même des juifs qui ont vécu dans les sociétés islamiques sans qu’ils fussent jamais contraints d’adhérer à l’Islam.

Par ailleurs, après leurs conquêtes victorieuses, les musulmans ont connu des périodes de décadence ; cela ne les a pas incités pour autant à se détourner de leur foi. Ce qui prouve, une fois de plus, leur adhésion libre à l’Islam et, partant, le caractère pacifique de cette religion. Mieux encore, il existe un bon nombre de pays qui ont adopté la foi islamique sans être conquis par les troupes musulmanes. C’est le cas de certains pays d’Asie du Sud (l’Indonésie par exemple qui compte environ 180 millions musulmans), de l’Afrique orientale et centrale.

Enfin, l’Islam poursuit son expansion encore aujourd’hui dans tous les continents du monde (y compris l’Europe et l’Amérique) sans user de la moindre contrainte. D’ailleurs, comme chacun le sait, les moyens dont disposent les musulmans présentement sont bien modestes pour permettre à ces derniers d’exercer une pression quelconque.

Allégation selon laquelle les conquêtes islamiques n’étaient que des expansions coloniales animées par des motivations économiques (la collecte des butins et des produits de la capitation «djizyat») :

Précisons d’emblée qu’il faut absolument faire le départ entre les enseignements de l’Islam, d’une part, et les conduites de certains musulmans incompatibles avec leur foi, d’autre part. De fait, l’Islam se présente expressément comme une religion de la compassion, venue guider tous hommes dans le chemin de la foi en un Dieu unique et les soustraire à toutes formes d’idolâtrie. Il n’autorise ses adeptes à faire la guerre que lorsqu’ils y sont contraints pour leur propre défense.

Les conquêtes islamiques n’avaient nullement pour but de s’emparer des richesses des pays conquis, à la manière des invasions coloniales. Les armées islamiques visaient au contraire à répandre dans ces pays le message de l’Islam, en combattant, au besoin, les troupes ennemies qui faisaient obstacle à leur progression.

De fait, contrairement au colonialisme moderne qui a eu de mauvaises conséquences sur les pays qui l’ont subi, les conquêtes islamiques, elles, ont eu pour effet d’arracher les pays conquis à leur décrépitude pour leur ouvrir la voie de la prospérité et de la civilisation. C’était le cas, par exemple, de l’Espagne et du Portugal qui sont devenus après la conquête islamique de hauts lieux de civilisation dont la splendeur culturelle rayonnait sur toute l’Europe.

On entend souvent dire, injustement, que le «djihâd» en Islam a pour seule motivation la recherche du butin. Or, partir en guerre dans le but exclusif d’obtenir des biens matériels est une chose sévèrement condamnée par l’Islam, et celui qui agit ainsi, affirme une tradition du Prophète, «n’aura droit à aucune récompense divine». Dans le même sens, Omar Ibn Abdelaziz (m. 101 H.) a dit : «Dieu a envoyé Mohammad comme guide pour l’humanité et non comme collecteur (d’impôts)».

Le «djihâd» avait pour finalité de faire fléchir des gouvernants opposés à la diffusion de l’ultime message divin parmi des peuples pourtant disposés à l’écouter, de mettre en échec leurs attaques perfidement préparées contre l’Etat islamique et ses citoyens.

S’agissant de la «djizyat», elle constitue un tribut modique payé par les habitants non musulmans des pays conquis en échange de leur protection et de leur défense. Mais cette capitation (djyzyat) ne s’applique qu’à ceux qui sont capables de participer au combat.

Ces derniers peuvent d’ailleurs se voir exonérés s’ils rejoignent les rangs de l’armée islamique. En sont également dispensés les vieillards, les femmes, les enfants ainsi que les religieux de différentes confessions.

Autre preuve du désintéressement des premiers musulmans, c’est que beaucoup de ceux qui étaient riches avant leur conversion ont préféré ensuite une vie frugale, méprisant le luxe et les plaisirs de ce monde, et cela même après les succès des premières conquêtes entreprises à leur époque.

Allégation selon laquelle les peuples musulmans ne respectaient pas les civilisations anciennes et en détruisaient l’héritage (comme la bibliothèque d’Alexandrie) :

Il est absolument inexact de prétendre que les musulmans ne respectaient pas les civilisations antiques. Bien au contraire, ils tenaient à tirer le meilleur de celles-ci comme en témoignent leurs efforts en vue de traduire les oeuvres grecques, persanes, hindoues et autres, étant persuadés de l’universalité de l’héritage culturel humain. Le Prophète lui-même a dit à ce sujet : «la sagesse doit être l’objet de quête du croyant : qu’il la cherche donc partout où elle se trouve»(Rapporté par Abou Dawoud dans son Sunan.), et encore une citation répandue : «cherchez la science jusqu’en Chine», autrement dit, dans les contrées les plus lointaines, et chez des peuples qui ne professaient pas nécessairement l’Islam.

Le philosophe musulman Ibn Rushd (m. 595 H.) exprime ainsi le point de vue islamique vis-à-vis de l’héritage culturel des autres nations : «la Loi religieuse recommande la lecture des livres des anciens tant que le but recherché par ceux-ci est le même que celui que la religion nous incite à poursuivre. Nous devons, par conséquent, examiner les opinions qu’ils ont exprimées dans leurs livres : celles qui sont compatibles avec la vérité, nous les acceptons volontiers, en exprimant à ceux qui les ont émises notre gratitude. En revanche, celles qui se révèlent contraires à la vérité, nous les signalons en mettant en garde contre leur fausseté, sans pour autant en tenir rigueur aux auteurs».

Force est de noter par ailleurs que la thèse selon laquelle les musulmans ont brûlé la bibliothèque d’Alexandrie n’est apparue qu’au XIIIème siècle de l’ère chrétienne, précisément à une époque marquée par un climat de haine et de croisades farouches contre l’Islam et ses adeptes. L’accusation en question procédait ainsi d’une propagande utilisant la mystification comme arme morale contre l’Islam. Car il est prouvé historiquement que la bibliothèque d’Alexandrie fut incendiée par les Romains plusieurs siècles avant l’Islam.

Comment peut-on, du reste, accuser Omar Ibn Al-Khattab de faire brûler une bibliothèque alors que l’on sait qu’il a accordé protection aux abbayes de Syrie et de Bayt al-Maqdis (Jérusalem) qui, d’ailleurs, regorgeaient d’oeuvres grecques traduites en syriaque et dont les musulmans allaient tirer profit sous les Abbassides et leurs successeurs.

Dans son livre «Allahs sonne uber dem abenland»(Traduit en français sous le titre : Le soleil d’Allah brille sur l’Occident), l’orientaliste allemande Sigrid Hunke affirme que lorsque les Arabes pénétrèrent en Alexandrie en 642 J.C., il y avait longtemps que cette ville avait perdu sa grande bibliothèque, brûlée plusieurs siècles auparavant. Selon le même auteur, l’ancienne bibliothèque, rattachée à l’académie fondée vers 300 avant Jésus-Christ par Ptolémée I er (Sôtêr), fut également la proie des flammes dès l’an 47 avant J.C., lorsque Jules César fit le siège d’Alexandrie. Mais Cléopâtre en compensera dans une certaine mesure les pertes grâce à la bibliothèque de Pergame.

Le IIIème siècle marque le début des destructions systématiques des bibliothèques. L’empereur romain Caligula ordonna la fermeture de l’académie et celle-ci fut détruite en 270 après J.C. par des fanatiques chrétiens qui y voyaient une oeuvre païenne. En 391 J.C., le patriarche Théophile demande à l’empereur Théodose l’autorisation de détruire la dernière grande académie et de livrer aux flammes sa riche bibliothèque (elle contenait environ 300 mille volumes), pour ériger à leur place une église et un monastère. L’entreprise de destruction se poursuit au Vème siècle pendant lequel une lutte acharnée est livrée contre les érudits païens dont on attaquait les temples et saccageait les bibliothèques. Tous ces faits disculpent les musulmans des imputations portées injustement contre eux.

Au demeurant, comment peut-on accuser les musulmans de prendre en horreur les livres et les bibliothèques alors que leurs propres oeuvres scientifiques et littéraires, dont une partie reste encore manuscrite, occupent une grande place dans les bibliothèques du monde entier.

Allégation selon laquelle l’Islam est une religion qui réprime l’usage de la raison, soumettant celle-ci aux textes religieux :

Contrairement à cette fausse allégation, l’Islam accorde une place éminente à la raison, qui conditionne du reste la responsabilité de l’homme et son aptitude à remplir ses obligations religieuses. Elle permet de même à celui-ci de connaître son Créateur, d’appréhender les mystères de la création, de méditer sur la majesté divine. Aussi bien, c’est à la raison humaine que s’adresse le Coran, l’invitant à observer et à étudier l’univers pour le bien de l’humanité et en vue de son progrès moral et matériel.

Ainsi donc, rien en Islam ne va à l’encontre de la raison, du bon sens ou des vérités scientifiques. Bien au contraire, cette religion insiste beaucoup sur la nécessité d’exercer la raison en stigmatisant, comme dépourvus de leur humanité, ceux qui laissent en sommeil leurs facultés intellectuelles : «ils ont, dit le Coran, des coeurs avec lesquels ils ne comprennent rien ; ils ont des yeux avec lesquels ils ne voient pas ; ils ont des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas. Voilà qui sont semblables à des bestiaux ou plus égarés encore» (VIII, 179).

Bien plus, le Livre sacré considère comme un péché le fait de ne pas faire usage de sa raison ; ainsi fait-il dire aux impies, le jour du jugement dernier : «si nous avions entendu ou si nous avions raisonné (na’qilu), nous ne serions pas au nombre des hôtes du Brasier. Ils reconnaissent ainsi leurs péchés» (LXVII, 10-11).

Le Coran rappelle sans cesse à l’homme que l’univers est mis à sa disposition et qu’il lui incombe, en utilisant sa raison, d’exploiter toutes les potentialités à lui offertes pour le bonheur de l’humanité et pour la prospérité de la terre qui l’abrite : «Il vous a créés de cette terre où il vous a établis» (XI, verset 61) ; ou encore «Il a mis à votre service ce qui se trouve dans les cieux et sur la terre ; tout vient de Lui et il y a vraiment là des signes pour un peuple qui réfléchit» (XLV, verset 13).

L’univers s’offre donc à la raison humaine qui peut l’explorer et le scruter à sa guise, mais toujours, comme le recommande l’Islam, dans la perspective du bien-être de l’humanité tout entière.

En Islam, seules sont obligatoires les prescriptions religieuses relatives aux dogmes ou aux pratiques cultuelles. En revanche, pour tout ce qui ressort du domaine temporel, les musulmans sont appelés à faire effort (idjtihad) pour trouver eux-mêmes les solutions qu’il leur faut. Le Prophète ne dit-il pas en effet, en s’adressant aux fidèles : «pour ce qui est des affaires de ce monde, vous êtes plus à même d’en juger». Une grande marge de liberté est ainsi offerte au musulman pour qu’il exerce son esprit critique et mette en valeur ses capacités intellectuelles et scientifiques. Le Prophète lui-même demande sans cesse à Dieu d’augmenter sa science, comme le lui recommande le Coran (XX, verset 114). Le Livre sacré exalte par ailleurs les bienfaits de la science et les qualités éminentes de ceux qui la détiennent : «Dieu place sur des degrés élevés ceux d’entre vous qui croient et ceux qui auront reçu la science» (LVIII, 11). L’ignorance est par là même dénoncée : «ceux qui savent et les ignorants sont-ils égaux?» (XXXIX, verset 9).

Le Prophète, abondant dans le même sens, dit : «la recherche de la science est une obligation stricte pour tout musulman» (rapporté par Ibn Madjah dans ses Sunnan). Une autre tradition déclare : «quiconque s’engage dans une voie de la science, Dieu lui indiquera le chemin du paradis» (rapportée par Boukhari). Un autre hadith met en valeur les bienfaits durables de la science après la mort de celui qui la possède : «lorsque l’homme meurt, son oeuvre disparaît avec lui, sauf trois choses : ses oeuvres caritatives à usage permanent (sadaqat djâriyat), sa science dont on tire utilité et un enfant vertueux qui fait des prières pour son âme».

Allégation selon laquell e l’Islam prône la résignation et le renoncement à l’effort :

La lecture attentive du Coran montre de façon on ne peut plus claire que l’Islam incite au contraire à l’action et insiste beaucoup sur son importance primordiale. Il s’agit là en vérité d’une nécessité dont dépend la survie même de l’homme. Aussi bien, le Coran associe-t-il souvent la foi aux bonnes oeuvres qui englobent tout acte, religieux ou profane, ayant en vue de plaire à Dieu, de servir l’intérêt des hommes ou de leur faire éviter un mal.

L’exhortation au travail ressort clairement du verset suivant : «agissez ! Dieu verra vos actions ainsi que le Prophète et les croyants» (IX, 105).

Les musulmans sont appelés au travail même le vendredi, jour de leur repos et de la grande prière communautaire : «lorsque la prière est achevée, dit le Coran, dispersez-vous dans le pays…» (LXII , 10).

Le Prophète recommande à l’homme d’être actif même au dernier instant de sa vie, voire de la vie du monde : «si l’heure (dernière) advient alors que l’un d’entre vous tient dans sa main un plant, qu’il le repique s’il le peut avant de s’en aller», dit le Prophète (rapporté par Ibn Hanbal). Dans le même esprit, le Prophète a désapprouvé les fidèles qui se retirent dans les mosquées pour se livrer uniquement à la dévotion, devenant ainsi dépendants des autres pour ce qui est de leur subsistance. Il rend hommage en revanche à ceux qui travaillent et gagnent leur vie à la sueur de leur front, en disant, en substance, que la main d’un ouvrier est aimée de Dieu et de son Prophète.

Modèle de conduite pour les musulmans, l’Envoyé de Dieu aimait lui-même travailler, planifier, gérer les affaires de la communauté, prendre chaque fois les dispositions nécessaires pour arriver au but escompté (akhdh bi l-asbâb), sans oublier ensuite de s’en remettre à Dieu (pour ce qui est des résultats) (tawakkul).

Ainsi donc, la notion de «tawakkul» (le fait de s’en remettre à Dieu) ne signifie nullement le renoncement au travail et aux moyens de sa réalisation (asbâb). Il s’agit au contraire pour le musulman d’agir d’abord, puis de se confier ensuite à Dieu. Car, cette confiance entretient le souvenir de Dieu dans le coeur du fidèle, lui procure une extraordinaire force spirituelle avec laquelle il peut venir à bout des difficultés les plus tenaces. On est donc loin ici de l’idée de passivité et de résignation (tawâkul) imputée injustement à l’Islam.

Le «tawâkul» consiste à refuser d’agir, de se donner les moyens nécessaires pour pourvoir à ses besoins, en se fiant à l’idée que Dieu fera bien les choses comme Il l’entend. Or, cet esprit de passivité est condamnable en Islam. Pour cette religion en effet, quiconque s’abandonne à l’oisiveté, ne se prend pas en charge et attend tout des autres alors qu’il est capable de travailler, n’a pas droit à l’aide de Dieu.

On raconte dans ce sens que Omar Ibn Al-Khattab (deuxième calife) a fait chasser des mosquées un groupe de fidèles qui ont cessé toute activité pour s’adonner à la dévotion, espérant ainsi qu’on leur donne de quoi vivre et qu’on s’occupe d’eux. Le calife eut alors ce mot célèbre : «le ciel ne pleut pas d’or ni d’argent». Et de citer cette tradition du Prophète : «si vous vous confiez à Dieu comme il se doit, il vous fera vivre comme des oiseaux : ils s’en vont le matin affamés et reviennent le soir rassasiés» (rapportée par Tirmidhî). Cela veut dire qu’il faut être actif dans la vie et rechercher sans cesse ses moyens de subsistance à la manière de ces inlassables oiseaux.

Allégation selon laquelle la femme est dévalorisée en Islam et ses droits bafoués :

A l’avènement de l’Islam, la situation de la femme arabe était fort lamentable : mésestimée, elle n’avait aucun droit, même pas celui d’exprimer son opinion. Mais grâce à la nouvelle religion, elle se verra bientôt respectée et promue à un rang élevé. Délivrée enfin des injustices d’autrefois, elle réalise sa personnalité en tant qu’être humain jouissant des mêmes droits légitimes que l’homme. L’Islam l’a également lavée de la faute originelle qu’elle aurait commise dans le paradis en séduisant Adam, en montrant que c’est Satan qui a été l’instigateur de ce péché considéré comme l’origine du mal dans le monde : «le Démon les fit trébucher (= Adam et Eve) et il les chassa du lieu où ils se trouvaient…», lit-on dans le Coran (II, 36).

Le Livre sacré affirme par ailleurs que tous les humains, hommes et femmes, ont une même et unique origine : «O vous les hommes craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être» (IV, 1).

Ainsi donc, les deux sexes sont, humainement parlant, sur le même pied d’égalité. Aucun d’eux n’est privilégié au détriment de l’autre. «Nous avons gratifié de notre honneur les fils d’Adam», dit le Coran (XVII, 70) : honneur partagé donc par tous les membres de l’humanité, hommes et femmes.

On remarque, à ce propos, que lorsqu’il s’adresse à l’ensemble des humains, hommes et femmes, le Coran utilise les termes «insân» ou «banî âdam», mais lorsqu’il s’agit de distinguer les deux sexes, il emploie les mots «ridjâl» et «niçâ», respectivement «hommes» et «femmes».

Parlant du rapport entre les hommes et les femmes, le Prophète a dit : «les femmes sont les soeurs (= les égales) des hommes : elles ont les mêmes droits et obligations, suivant l’usage convenable». (Rapporté par Tirmidhi).

Les deux sexes sont également égaux devant Dieu : ils ne peuvent se distinguer que par leurs bonnes actions, comme le souligne le Coran : «tout croyant, homme ou femme, qui fait le bien, Nous lui donnerons sa récompense en fonction de ses meilleures actions» (XVI, 97). Dieu écoute et exauce la prière de l’homme comme de la femme : «leur Seigneur les a exaucés : Je ne laisse pas perdre l’acte de qui parmi vous, homme ou femme, agit bien. Vous êtes les uns pour les autres» (III, 195).

L’expression coranique «vous êtes les uns pour les autres», souligne les liens de complémentarité existant entre l’homme et la femme, il en découle que la continuité de la vie dépend de leur participation commune.

L’Islam recommande à la femme de s’instruire, allant jusqu’à considérer cet acte comme une obligation religieuse : «la recherche de la science est une devoir pour tout musulman et toute musulmane», a déclaré le Prophète (rapporté par Ibn Madjah). La religion islamique garantit également aux femmes le droit au travail et les femmes musulmanes ont exercé toutes sortes d’activités, sans se voir entravées dans leur action par aucune interdiction religieuse.

Dans le domaine du droit à la propriété, la femme musulmane peut gérer ses biens de façon indépendante. De même, à effort égal, elle a droit à la même rémunération que l’homme. Après cette présentation de l’attitude de l’Islam, étayée par des preuves tirées du Coran et de la Sunna, peut-on honnêtement accuser cette religion de maltraiter la femme et de léser ses droits ?

En vérité, il existe en la matière un amalgame fâcheux entre l’Islam en tant que religion tolérante dans ses principes et l’attitude de certains musulmans à l’égard de la femme. Or, l’objectivité exige de faire ici la part des choses : les conditions dégradantes de la femme dans certaines sociétés islamiques ne doivent pas être mises sur le compte de l’Islam mais plutôt imputées à l’ignorance ou à la méconnaissance des enseignements de cette religion.

Allégation selon laquelle la femme musulmane est dépendante en toute chose de l’homme :

Cette imputation est complètement fausse : l’Islam garantit au contraire à la femme son indépendance matérielle et la libre disposition des biens qu’elle acquiert par achat, don, fructification, etc. Elle peut ainsi gérer son capital librement et sans autorisation de son mari. En revanche, ni celui-ci ni aucun autre homme parmi les proches de l’épouse ne peut prendre une part de ce qui appartient à celle-ci sans son accord.

De même, un homme fût-il le père ne peut marier une fille contre son gré. Le mariage n’est valable qu’avec le consentement de l’intéressée. A ce sujet, la Tradition rapporte qu’une fille est venue se plaindre au Prophète de ce que son père voulait la marier à un cousin qu’elle n’aimait pas, dans l’espoir d’obtenir les faveurs de celui-ci. Le Prophète lui donna le choix d’accepter ou de refuser ce mariage. Elle décida alors, de son plein gré, d’accepter le mari à lui proposé en disant : «O envoyé de Dieu ! j’ai accepté la décision de mon père, mais je voulais montrer aux femmes que les pères n’ont rien à voir dans cette affaire !» (rapporté par Abou Dawoud). Elle entend par là qu’ils ne peuvent pas marier leurs filles contre leur volonté.

La femme est partenaire de l’homme dans la vie familiale et dans l’éducation des enfants. La participation active des deux partenaires est nécessaire pour l’harmonie de la famille. Cela d’autant plus que toute atteinte à cet équilibre ne peut qu’avoir des conséquences fâcheuses sur les enfants. Au sein du couple, les responsabilités sont partagées, comme l’affirme cette tradition du Prophète : «chacun d’entre vous est gardien de la chose à lui confiée, et il lui sera demandé compte là dessus : le chef est gardien, et il est responsable de ses sujets ; l’homme est gardien des siens, et il est comptable de ceux-ci ; la femme est gardienne de la maison de son mari, et elle en est responsable» (rapporté par Boukhari, Mouslim, Abou Dawoud, Tirmidhî et Ibn Hanbal).

De fait, assigner la responsabilité à la femme, cela suppose qu’elle ne soit pas dépendante de l’homme. Car, hors la liberté, point de responsabilité. De même, liberté et dépendance sont inconciliables.

Ainsi donc, l’homme ne doit pas priver la femme de ses droits légitimes, y compris le droit à se rendre à la mosquée pour la prière. A ce propos, le Prophète a dit : «n’interdisez pas aux servantes de Dieu (les femmes) de fréquenter la Maison de Dieu (la mosquée)» (rapporté par Mouslim).

Si certains musulmans ne respectent pas les attitudes recommandées par leur religion envers la femme, c’est qu’ils sont attachés à de traditions surannées et désuètes et ignorent, de ce fait, les enseignements de l’Islam ou se trompent sur sa nature.

D’ailleurs, l’une des preuves de l’indépendance de la femme musulmane, c’est qu’elle conserve après le mariage son nom de jeune fille, contrairement à la pratique en usage en Occident.

Allégation selon laquelle l’Islam lèse la femme dans le partage de la succession du fait qu’il ne lui assigne que la moitié de la part dévolue à l’homme :

Il s’agit là en vérité d’un détail mal compris. De fait, le système successoral islamique est un ensemble global dont il faut considérer les différents aspects. Ainsi, les cas où la femme n’a droit qu’à la moitié de la part échue à l’homme sont limités au nombre de quatre, alors qu’il existe vingt autres cas d’espèces où la femme hérite :

1- soit une part égale à celle de l’homme ;
2-
soit une part supérieure à celle de celui-ci .
3-
Il y a, enfin, des situations où la femme se voit attribuée une part successorale alors que l’homme ne reçoit rien.

A cet égard, deux faits méritent d’être soulignés. D’une part, la succession en Islam se trouve liée au système familial dans son ensemble. Or, c’est bien à l’homme que revient la charge d’entretenir sa famille (sa femme et ses enfants), alors que la femme mariée, elle, n’est tenue à aucune obligation de ce genre.

Par conséquent les charges de l’homme sont supérieures à celle de la femme.

D’autre part, si la femme a besoin d’une part supplémentaire, elle peut l’obtenir du vivant de la personne dont elle héritera (muwarrith), soit sous forme de vente, soit à titre de donation.

Le système successoral islamique est donc très équitable. Si bien que, conscients de cette équité, un bon nombre de Coptes d’Egypte y recourent pour régler les litiges afférents au partage de la succession, en s’adressant, pour ce faire, à Dar al-Iftâ (Maison de consultation religieuse d’Egypte).

Pourquoi en Islam le témoignage de deux femmes équivaut-il à celui d’un seul homme :

Ce genre de témoignage intervient dans des opérations contractuelles (mu’âmalât) et autres actes juridiques exigeant une grande rigueur (tawthîq) : «demandez le témoignage de deux témoins parmi vos hommes. Si vous ne trouvez pas deux hommes, choisissez un homme et deux femmes…» lit-on dans le Coran (sourate II, 282).

Mais il existe des cas où le témoignage de la femme suffit : lorsqu’il s’agit par exemple des affaires spécifiques aux femmes et à propos desquelles le témoignage d’un homme n’est pas recevable. La raison pour laquelle le témoignage de deux femmes à côté de celui d’un seul homme est exigé dans certains cas se trouve expliquée dans le Coran : «Si l’un des deux se trompe, l’autre lui rappellera ce qu’il a oublié» (II, 282). C’est que les femmes sont peu habituées aux transactions impliquant ce genre de témoignages et ont peu de contact avec les hommes. De ce fait, elles sont plus sujettes à l’oubli. Cependant, cela n’empêche pas le juge et les autorités d’apprécier chaque cas d’espèce qui se présente en tenant compte des circonstances qui l’entourent, voire des réalités sans cesse changeantes de la société en général.

Le cas spécial où il est question de témoignage de deux femmes pour un seul homme ne signifie nullement que les premières sont jugées inférieures à ce dernier. Il s’agit là tout simplement d’un souci de rigueur et de vérification des faits en cause. C’est ce même souci de vérité qui explique que, pour certains crimes, l’Islam exige le témoignage de quatre hommes. La valeur des témoins n’est pas en cause, c’est seulement pour aboutir à une appréciation juste des faits qu’on en exige quatre. Ainsi lit-on dans le Coran : «appelez quatre témoins que vous choisirez, contre celles de vos femmes qui ont commis une action infâme…» (IV, 15) ou encore «quant à ceux qui accusent les femmes honnêtes, sans pouvoir désigner quatre témoins, frappez-les de quatre-vingt coups…» ( XXIV, 4).

Par ailleurs, il est scientifiquement prouvé que pendant certains jours du mois, la femme se trouve psychologiquement et intellectuellement perturbée.

Allégation selon laquelle l’Islam n’autorise pas aux femmes l’accès aux hautes responsabilités :

En fait, l’Islam n’interdit nullement aux femmes d’occuper des postes clés dans l’appareil d’Etat, tant qu’elles ont les compétences requises pour cela. De fait, pas un seul verset coranique ne comporte une interdiction dans ce sens. Le Livre sacré mentionne d’ailleurs la reine de Saba qui occupait la plus haute dignité dans son pays.

S’agissant du Hadith selon lequel «un peuple qui se laisse diriger par une femme est voué à la perte»(Rapporté par Boukhari, Tirmidhî, Nassaî et Ibn Hanbal.), le Prophète l’a prononcé dans un contexte particulier : c’est lorsqu’on lui a appris que les Perses, alors ennemis de l’Islam, avaient placé sur le trône la fille de Chosroès. Il visait donc, de toute évidence, à remonter le moral des musulmans en dépréciant un ennemi. L’on sait, du reste, que Omar Ibn Al-Khattab a confié la charge de la hisba (le contrôle du marché municipal) à Shifa, Fille de Abdellah le Makhzoumite. Or, il s’agit là d’une dignité à caractère religieux qui nécessite de l’expérience et de la rigueur. Si certaines sociétés islamiques adoptent vis-à-vis de la femme des attitudes différentes de celle présentée plus haut, la faute ne doit en aucun cas en être imputée à l’Islam, mais aux traditions et aux coutumes qui prévalent dans ces sociétés.

Cependant, avec l’évolution qui s’amorce dans les pays islamiques, on voit des femmes accéder aux postes de premier ministre (c’est le cas au Pakistan, au Bangladesh et en Turquie), de ministre et d’ambassadeur (comme en Egypte).

Allégation selon laquelle l’Islam impose le port du voile à la femme, ce qui lui barre l’accès à l’enseignement et au travail :

L’Islam, avons-nous déjà dit, honore les humains, hommes et femmes. Celles-ci, pour mériter les honneurs qui leur sont ainsi faits et se mettre à l’abri des individus pervers, se couvrent le corps. Il convient, cependant, de préciser que le voile islamique ne doit pas cacher ce qui marque l’identité personnelle de la femme, à savoir son visage, ni encombrer celle-ci dans ses mouvements. En outre, le port du voile (hidjâb) n’empêche pas la femme d’être élégante, à condition de respecter les règles de bienséance (adab) et de ne pas exhiber ses charmes de façon provocante.

Le port du voile est un acte vertueux non seulement en Islam mais aussi dans le Christianisme. Ainsi, l’évangile recommande à la femme de se couvrir les cheveux au moment de la prière (Cf. Première épître de Paul aux Corinthiens, chap. 11). On sait également que les religieuses chrétiennes se voilent et que les femmes que reçoit le Pape –fussent-elles épouses de chef d’Etat ou autres dames célèbres - se voient obligées de se couvrir les cheveux.

Quant au niqâb, (voile qui cache entièrement le visage et les mains) que portent certaines musulmanes à l’époque actuelle, il trouve son origine non pas en l’Islam, mais dans les habitudes vestimentaires traditionnelles de certaines sociétés islamiques. La preuve, c’est que, pendant le pèlerinage, la femme est tenue de dévoiler son visage en accomplissant les tournées rituelles autour de la Ka’ba.

Dès lors, l’opinion selon laquelle le voile islamique empêche la femme de s’instruire et de travailler est une allégation sans fondement et qui se trouve, du reste, démentie par les faits. Ainsi, bien des femmes voilées sont parvenues aux plus hauts niveaux d’instruction et de connaissance. Le port du voile ne les a pas empêchées non plus de mener de brillantes carrières dans des domaines aussi variés que l’enseignement, la médecine et autres activités para-médicales, l’administration, etc.

Allégation selon laquelle la tenue islamique (le hidjâb) ne facilite pas l’intégration dans la vie active moderne :

Rien dans les textes fondateurs de l’Islam ne définit ce qu’est une «tenue islamique». Il est tout simplement recommandé à la femme de ne pas dévoiler son corps devant des hommes étrangers pour ne pas susciter des désirs illicites. Aussi la «tenue islamique» peut-elle prendre multiples formes, suivant les habitudes de chaque société et la nature du travail qu’y exercent les femmes.

Si dans les sociétés islamiques contemporaines les femmes ont manifestement tendance à se voiler, c’est qu’elles ont choisi cette tenue de leur plein gré. Personne ne la leur a imposée. Et cela ne les gêne pas dans leur activité professionnelle. Pourquoi donc ne pas leur laisser la liberté de s’habiller comme elles l’entendent, de même qu’on reconnaît aux femmes indiennes le droit de porter le sari qui ne les empêche pas de travailler.

Depuis des millénaires, la femme égyptienne travaille avec plus de dynamisme et de rendement parfois que l’homme. Mais comment la femme peut-elle être productive si elle exhibe ostensiblement sa beauté ? A supposer qu’elle en soit capable, qu’en serait-il de ses camarades de travail dont certains, attirés irrésistiblement par ses charmes et son élégance, passeraient leur temps à rêver languissamment d’une rencontre intime avec elle ?

Leur productivité s’en trouverait immanquablement affectée, car les passions amoureuses ne font pas bon ménage avec le sérieux et l’efficience professionnelle.

L'allégation selon laquelle l'Islam incite à la polygamie, à prendre jusqu’à quatre épouses :

Dans la société arabe anté-islamique, la polygamie était sans limite. Parmi les hommes, certains étaient mariés à dix femmes voire plus. A l’avènement de l’Islam cette latitude a été restreinte et ramenée à quatre femmes.

L'Islam, dans ses fondements donc, n'incite pas à la polygamie, d'autant que dans tout le Coran, il n'existe qu'un seul verset qui autorise cette pratique lorsqu’il s’agit d’orphelines élevées sous la tutelle d'un homme. Le Coran avertit celui-ci contre l’injustice dont il peut se rendre coupable en épousant ses pupilles ;

et pour éviter ce risque, mieux vaut pour lui, précise le Livre sacré, d’épouser jusqu'à quatre femmes, à condition, bien entendu, d’assurer entre elles l'équité et l'équilibre. Sinon, il devrait se contenter d'une seule. Le Coran dit : «si vous craignez de n'être pas équitables envers les orphelines, eh bien épousez, parmi les femmes qui vous plairont, deux, trois ou quatre. Mais si vous craignez de n'être pas équitables, alors seulement une» (IV, 3).

Le Coran rappelle, ailleurs, que l’équité entre co-épouses, qui est l'une des conditions de la polygamie, est impossible à réaliser : «Or vous ne serez jamais capables de faire l'égalité entre les femmes, quand bien même vous le souhaitiez ardemment» (IV, 129).

On constate, ainsi, que la règle en Islam est d’épouser une seule femme, alors que la polygamie est une exception à laquelle on peut légitimement recourir dans des circonstances particulières :

par exemple, en cas de perte d’un grand nombre d'hommes en temps de guerre, ou d’excédents de femmes célibataires dans certaines communautés.

Il est également des cas où, par compassion et fidélité pour sa femme, le mari se doit de ne pas divorcer : lorsque celle-ci, par exemple, est stérile ou souffre d'une maladie chronique, le mari doit la garder sous sa charge en l'entourant de ses soins si elle accepte de le laisser épouser une autre femme.

Les occidentaux ne devront pas faire valoir leurs habitudes contre une Loi divine révélé à l'humanité toute entière et qui est valable en tout temps et pour toutes les sociétés. Rappelons, du reste, que dans certaines communautés africaines ou arabes, la polygamie ne suscite pas le moindre problème. Au contraire, elle constitue une coutume reconnue. Ce qui compte surtout, c'est de ne pas porter préjudice à la femme ou de la léser dans ses droits, y compris le droit, reconnu à la femme musulmane, de demander le divorce si son mari compte prendre une autre épouse.

Notons, enfin, que si l'Occident rejette la polygamie, cela n'empêche nullement l'homme occidental marié de prendre une maîtresse, voire plusieurs, commettant ainsi l'adultère réprouvé par toutes les religions.

L'allégation selon laquelle l'Islam permet à l'homme musulman d'épouser une femme non-musulmane, alors qu'il interdit à une femme musulmane de se marier avec un non-musulman :

L'Islam est une religion qui respecte la cohabitation pacifique entre les adeptes des religions révélées et considère que la croyance en les prophètes antérieurs à Mohamed est une composante intégrante de la foi islamique. Si un musulman se marie à une juive ou une chrétienne, il est tenu de respecter la religion de sa femme. Mieux encore, il ne peut lui nier son droit d'exercer ses obligations cultuelles, de se rendre à la synagogue ou à l'église. Ceci témoigne du respect total de la liberté de culte en Islam, où nul ne peut être contraint de renoncer à sa foi pour embrasser la nouvelle religion.

Pour ce qui est du mariage d'un non-musulman à une musulmane, fût-il des Gens du Livre, ceci s'explique par le fait que l'Islam considère que ces gens ont dévié des enseignements des Saintes Ecritures antérieures. En outre, les sociétés humaines ont traditionnellement rattaché les enfants dès la naissance à leur père et, partant, à la religion de celui-ci. D'un tel mariage résultera, systématiquement, l'assujettissement d'un nouveau né à une croyance contraire à la prime religion (dîn al-fitra) issue des messages divins, dont l'Islam est l'ultime expression. Or, l’Islam est soucieux de préserver les fondements de la société et de lui assurer un plus haut degré de cohésion.

L'allégation selon laquelle la Zakat garantit aux riches qui peuvent s’en acquitter une meilleure rétribution divine alors qu’elle en exclut les pauvres :

En Islam, les gens ne valent les uns par rapport aux autres qu’en fonction de leurs bonnes actions et de leur piété. Le Coran dit, à ce propos : «le plus noble parmi vous auprès de Dieu est le plus pieux» (XLIX, 13). Pratiquer la piété, c’est, pour le pauvre tout comme pour le riche, se vouer en toute chose à Dieu Tout-puissant. La valeur des actions en Islam est déterminée par l'intention qui les inspire. Corrélativement, la récompense est proportionnelle au degré de sincérité mis dans l’accomplissement de l’acte récompensé. De ce fait, offrir en aumône un dirham ou une seule datte peut être aussi méritoire - sinon mieux rétribué encore- que des millions donnés par un riche.

L'Islam a, en outre, élargi le concept de charité qui n’est plus désormais limitée aux seuls dons en argent. Ainsi, pour cette religion, prononcer une bonne parole est un acte charitable, tout comme le fait d'écarter du chemin un objet encombrant, de prier pour un frère absent ou d’honorer ses parents. La quête du savoir est également une action charitable, au même titre que la recherche de ses moyens de subsistance, ou le fait de se marier pour éviter le péché de fornication. Tel est le sens de la réponse donnée par le Prophète aux pauvres venus l’interroger à propos de la rétribution attachée aux oeuvres caritatives qu’ils sont incapables d’accomplir faute de moyens. Tout homme de bon sens sait qu'un pauvre qui partage son repas avec un autre pauvre fait ainsi un geste bien plus méritoire auprès de Dieu que les grandes sommes offertes généreusement par un riche, mais qui ne grèvent en rien son capital.

L'allégation selon laquelle la prohibition du porc par l'Islam n'est pas justifiée, cet animal étant semblable à tous les autres :

Bien qu'il n'en explique pas les raisons, le Coran rappelle, dans maints versets, l’interdiction pour les musulmans de manger du porc, comme jadis il fut interdit à Adam de goûter à l'Arbre de l'Eden. Il s’agit donc là d’une injonction divine à laquelle le croyant doit se plier.

Il convient de souligner, cependant, que l'Islam n'est pas la seule religion divine qui prohibe la consommation du porc. Le Judaïsme en fait de même, comme il ressort de l'Ancien Testament. Ce n’est que plus tard que Saint-Paul autorisa la consommation de la viande de cet animal, bien que les enseignements de l'Ancien Testament s’appliquent aussi aux chrétiens.

Mais, chose surprenante, seuls les musulmans sont montrés du doigt pour avoir interdit le porc, alors que nul ne reproche aux juifs d’Europe ou d’Amérique d’en faire autant.

Pourquoi l'Islam interdit-il aux hommes de porter de l'or et de la soie :

L'Islam entend ériger une société où règnent la justice et l'égalité, l'esprit de solidarité et de fraternité. Or, il est certain que le fait de voir des hommes porter des vêtements d’apparat, en soie par exemple, et des bijoux en or, risque de susciter le ressentiment et la jalousie des pauvres et d’exacerber le sentiment de supériorité chez les plus nantis, les poussant ainsi à des comportements ostentatoires. Or, pour l'Islam qui cultive le respect d’autrui, cet étalage de richesse risque fort de nuire aux autres et de menacer de la sorte la stabilité sociale. D'où l'interdiction pour les hommes de porter des soieries ou des objets en or.

De plus, ce genre de parures peuvent conférer aux hommes une allure coquette et efféminée, chose réprouvée par l'Islam pour qui les hommes, pour affronter les vicissitudes de la vie et assumer les responsabilités à eux confiées, doivent faire preuve d’une grande force de caractère.

Sont également interdits en Islam les meubles et les ustensiles en or et en argent. Par ces mesures en faveur de la sobriété et de la modération, la religion rend incontestablement un grand service à la société.

L'allégation selon laquelle l'Islam est contre la liberté de croyance, du fait qu’il condamne à mort l’apostat :

Contrairement à cette allégation mensongère, l'Islam garantit la liberté de croyance, comme il est explicitement déclaré dans le Coran : «nulle contrainte en fait de religion» (II, 256). Admettre la liberté de croyance, c'est reconnaître la diversité des religions. Le Coran dit, à cet égard : «A vous votre religion, et à moi, ma religion» (CIX, 6).

C'est dans le cadre de cette diversité que l'Islam garantit la liberté du débat religieux sur une base objective qui exclut tout esprit d’argutie et toute volonté de dénigrement des autres religions. Ainsi lit-on dans le Livre sacré : «Par la sagesse et la bonne exhortation, appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon» (XVI, 125).

S’agissant de l'apostat (murtadd), il constitue un cas à part au sein de la société musulmane. De fait, il ne s’agit pas là d’un irréligieux, mais plutôt de quelqu’un qui se joue de la religion, en embrassant aujourd’hui une croyance pour la quitter le lendemain et se tourner contre elle. A propos de ces versatiles en fait de religion, le Coran dit : «Oui, ceux qui ont cru puis mécru puis cru puis mécru puis qui n'ont fait que croître en mécréance, Dieu n'en est point à leur pardonner ni à les guider vers un chemin» (IV, 137).

Ainsi, si elle n’est mentionnée nulle part dans le Coran, la peine de mort contre l’apostat est cependant préconisée par le Prophète comme l’atteste la Tradition suivante : «Celui qui renie sa religion doit être tué»(Rapporté par Boukhari). Il semble toutefois que cette peine s'applique à celui qui, en temps de guerre, abandonne le camp des musulmans pour rejoindre le camps ennemi. Or, tous les régimes condamnent à mort les déserteurs coupables de trahison.

S’agissant de la mise à mort de l'apostat, les docteurs de la Loi musulmane exigent, comme condition de son application, que l’accusé ait déclaré publiquement son apostasie, en dénonçant les préceptes immuables de l'Islam et en portant ainsi atteinte à l’ordre général. Suite à quoi, on le somme par trois fois de revenir sur sa décision. S'il persiste et continue à nuire par son attitude à la société et à ses croyances religieuses, alors il aura bien mérité la punition à lui réservée.

Pour certains docteurs de la loi, il faut réitérer cent fois l'injonction faite à l’apostat de se repentir, ceci afin de prévenir toute forme de désordre ou d'anarchie sociale. En tout état de cause, le juge dispose de pouvoirs discrétionnaires élargis lui permettant d’apprécier les faits en tenant compte des circonstances qui les entourent, surtout lorsqu’il s’agit d’une question à propos de laquelle il n’existe pas de consensus doctrinal.

Notons, du reste, que toutes les religions visent à se protéger contre ceux qui cherchent à les détruire ou à porter publiquement atteinte à leurs principes dogmatiques. Ainsi, l'Eglise, pour ne citer que cet exemple, applique encore contre ceux qu’elle considère comme hérétiques le principe d’excommunication.

L'allégation selon laquelle la position prise actuellement par les musulmans à l'égard de “Salman Rushdi” va à l'encontre de la liberté d'expression :

Il convient tout d’abord de ne pas confondre liberté d'expression et discours calomniateur, surtout lorsqu'il s'agit d'une croyance religieuse professée par près d'un milliard de personnes.

Or, c’est bien de calomnie qu’il s’agit dans l’ouvrage de Salman Rushdi qui utilise ainsi la provocation dans l’espoir d’obtenir la célébrité et de gagner le plus d’argent possible. Au demeurant, la critique littéraire a démontré que, sur le plan purement littéraire, le roman en question est loin d’être une grande oeuvre.

La réaction des musulmans vis-à-vis de ce livre provocateur n’a cependant pas été unanime. Ainsi, si l'Imam Khomeini a prononcé une fatwa (opinion légale) prônant la mise à mort de l’écrivain, la grande majorité des musulmans, eux, se sont contentés d'exprimer leur indignation et de dénoncer le tapage médiatique suscitée par cette affaire. A cet égard, le Ministre égyptien des Affaires Religieuses a rencontré Rushdi et lui demandé de renoncer à son attitude sarcastique et blasphématoire envers l'Islam et son Prophète. Mais en vain. L’écrivain a préféré la célébrité à la rectitude.

Rappelons, d’ailleurs, qu’avant Salman Rushdi, un grand nombre d’orientalistes ont rapporté dans leurs oeuvres sur l'Islam une foule d'allégations mensongères contre l'Islam et son Prophète.

Pourtant, les musulmans ont traduit ces écrits, les ont étudiés et ont apporté des réponses rationnelles et convaincantes aux accusations qu’ils véhiculent. Ce faisant, ils ont démontré leur esprit tolérant et leur souci d’objectivité.

L'allégation selon laquelle les peines islamiques (telles que l'amputation de la main du voleur et la lapidation du fornicateur) pèchent par leur caractère extrêmement sévère et sauvage :

Il est évident que des peines sont prévues à l’encontre des transgresseurs de l'ordre social qui, pour l'Islam, a pour vocation de garantir à tous les membres de la société les droits fondamentaux suivants : la sauvegarde de leur religion, la sécurité pour leur personne, leurs biens et leur honneur. Ainsi, toute atteinte à l’un de ces droits individuels constitue une agression contre la société toute entière, menaçant la sécurité et la stabilité de tous. A cet égard, le Saint Coran dit : «Quiconque tue une personne non coupable d'un meurtre ou d'un acte de corruption sur la terre, sera considéré comme ayant tué tous les hommes» (V, 32).

Ainsi donc, pour l’Islam, le souci de garantir le respect des droits individuels et collectifs est tel que toute agression dans ce sens constitue, en soi, un acte de barbarie. Mais, quand bien même elles apparaissent brutales et sévères, les peines islamiques ne sont jamais appliquées dans la précipitation ou sur simple présomption ou suspicion. Des conditions rigoureuses et strictes devront ainsi être réunies avant que la sentence ne soit prononcée. Par conséquent, le champ d’application de ces peines se trouve extrêmement réduit. Quoi qu’il en soit, celles-ci ont été établies pour dissuader les musulmans de commettre des crimes réprouvés par Dieu, Lui qui est éminemment miséricordieux envers Ses créatures.

L'institution de sanctions aussi rigoureuses a eu pour effet de développer chez les musulmans une conscience collective restée éveillée à travers les générations et dans presque toutes les communautés islamiques. De ce fait, les musulmans s'interdisent de commettre des crimes moins par crainte des punitions que par scrupule religieux.

L'allégation selon laquelle le jeûne islamique réduit la productivité de l'individu et de la collectivité :

Le jeûne constitue le deuxième pilier de l'Islam, après la prière. Il s'agit pour le musulman de s'abstenir de manger, de boire et d’avoir des rapports sexuels, de l'aube jusqu'au coucher du soleil pendant tout le mois de Ramadan de chaque année.

Le jeune vise, entre autres finalités sages, de cultiver la volonté chez le croyant, qui, pendant cette période, s’interdit des choses licites et à sa portée, en signe d’obéissance à Dieu. Ce faisant, il devient plus à même de renoncer aux choses prohibées.

En outre, le jeûne nourrit le scrupule religieux du fidèle en étant une pratique cultuelle qui ne se signale pas par des gestes corporels, donc manifestes, et qui exclut de ce fait toute fausse piété. Ainsi, seul Dieu peut savoir qui est jeûneur et qui ne l’est pas.

En outre, le jeûne développe chez l'individu une force qui lui permet de maîtriser ses instincts et de se dévouer à son travail. Il est établi à cet égard que les premiers musulmans avaient pu accomplir de grandes entreprises pendant ce mois sacré, le jeûne n'ayant entamé en rien leurs capacités et leur énergie.

L'on ne peut donc attribuer au jeûne la baisse de productivité constatée dans certaines communautés musulmanes pendant le Ramadan. D'autres facteurs sans rapport aucun avec cette pratique sont mis en cause, parmi lesquels on peut citer l'emprise du mode de vie occidental sur ces communautés et l'influence des mass médias contemporains tels que la télévision dont les programmes se poursuivent quasiment sans interruption toute la nuit.

L’on sait par ailleurs que le jeûne a un effet bénéfique sur la santé : le fait d’avoir l'estomac vide toute la journée permet à l'organisme de se reposer et de retrouver, à la rupture du jeûne, une vitalité renouvelée ainsi qu'une meilleure performance. C’est bien mieux pour l’homme que le fait de continuer à se gaver et à grossir au mépris de sa santé. Or, une bonne santé est nécessaire pour demeurer actif tout au long de l’année.

L'allégation selon laquelle l'Islam est incompatible avec la civilisation moderne, le sous-développement des musulmans en étant la preuve :

Le sous-développement des musulmans pendant ces derniers siècles ne peut être imputé à l'Islam. En fait, il est dû, soit, à une méconnaissance pure et simple des enseignements de l'Islam, soit à une mauvaise interprétation de ceux-ci. De nombreux autres facteurs, aisément décelables pour autant qu’on y réfléchisse, expliquent cet état de fait.

La civilisation moderne, c’est incontestable, a ses avantages et ses inconvénients. Or, l'Islam en rejette sans appel tous les aspects négatifs. Ainsi s'oppose-il au relâchement des moeurs, à l'éclatement de la famille, au chômage, à l'alcoolisme, à la pollution et à la course frénétique aux armements.

En revanche, il accepte et recommande depuis toujours les avantages qu’offre actuellement la civilisation moderne. Il a toujours exhorté à la quête du savoir, à la perfection dans le travail, à la fidélité aux engagements, à la bonne gestion des énergies. En plus de cela, l'Islam inculque à l'individu la foi en Dieu, le préparant ainsi à être un bon citoyen.

Le développement et le sous-développement dans le monde ne peuvent donc être imputés à une religion, comme le Christianisme ou l'Islam. Les Japonais, pour ne citer que cet exemple, figurent parmi les nations les plus avancées, alors qu’ils ne se réclament d’aucune religion révélée. Il en va de même des Chinois. Les causes du développement et du sous-développement doivent donc être cherchées ailleurs.

Pourquoi les peuples musulmans sont-ils si divisés alors que l'Islam appelle à l'unité :

Il est vrai que l'Islam prêche l'unité et la solidarité, conformément à la parole divine : «Soyez unis par votre foi en Dieu, que rien ne vous divise» (III, 103). Les musulmans se sont conformés à ce principe dans bien de circonstances. Les divisions survenues ensuite ont des origines étrangères à l'Islam. Elles s’expliquent, par exemple, par les luttes pour le pouvoir, la colonisation occidentale à laquelle des pays musulmans étaient assujettis pendant une longue période, le manque de conscience des peuples dû à leur isolement séculaire et à l'ignorance de ce qui se passe dans le monde alentour.

Cependant, avec le développement de l'enseignement, la multiplication des contacts avec les autres communautés et les souffrances qu’ils ont endurées à cause de l’esprit chauvin de certaines d’entre elles, les peuples musulmans ont commencé à tisser entre eux des liens de rapprochement à travers, par exemple, l'Organisation de la Conférence Islamique.

En fait, en dépit des désaccords constatés au plan politique entre Etats et gouvernements islamiques, les masses musulmanes, elles, font montre d’une convergence quasi parfaite de sentiments.

Il n’est que de voir l’élan de sympathie qu’elles manifestent dès que l’un des leurs est frappé d’une injustice pour s’en convaincre.

Ce faisant, elles traduisent dans les faits la solidarité évoquée par le Prophète dans cette tradition : «Les croyants, par leur amour réciproque, leur compassion mutuelle et leur sympathie partagée, sont semblables à un seul corps : il suffit qu'un membre souffre pour que toutes les autres parties réagissent à l’unisson»(Rapporté par Mouslim et Ibn Hanbal.).

Il est donc clair que les divisions et les dissensions qui opposent les musulmans sont dues à l’inobservance des principes islamiques par beaucoup d’entre eux. Or, il ne saurait y avoir de renaissance islamique sans une fidélité sans faille aux préceptes de l’Islam.

L'allégation selon laquelle le Jihad (effort consenti pour la cause de l’Islam) incite les musulmans à l’agression contre autrui :

Il est fort regrettable que les non musulmans aient une idée totalement fausse du Jihad en Islam. En effet, cette religion n'a jamais prôné la guerre, sinon pour défendre le droit, redresser une injustice et repousser une agression. Dieu Tout-puissant dit à cet égard : «Toute autorisation est donnée à ceux qui sont combattus, parce que vraiment ils sont lésés, et Dieu est capable, assurément, de les secourir» (XXII, 39).

Toute agression contre autrui est donc condamnée : «combattez pour la cause de Dieu ceux qui vous combattent, mais ne transgressez pas. Car Dieu n'aime vraiment pas les transgresseurs» (II, 190).

Ainsi, en cas de riposte à une agression, les musulmans peuvent rendre la réciproque, mais sans aller plus loin, en vertu de cette exhortation coranique à la tolérance : «si vous châtiez, ce ne sera que pour rendre la pareille. Mais si vous faites montre de patience, cela vaudra mieux» (XVI, 126).

Les ennemis de l'Islam se sont fondés sur des abus commis par quelques souverains musulmans à des moments donnés de l’histoire pour conclure à une attitude belliciste de l'Islam en général. Or, il s’agit là, à l’évidence, d’une injustice d’autant plus inadmissible que le Coran et le Hadith incitent sans cesse à la coexistence pacifique et au dialogue avec les non-musulmans dans un esprit de courtoisie et de tolérance. Ainsi donc, le malentendu qui existe à propos du djihad découle d’un amalgame fâcheux entre la position de l’Islam proprement dite, et le comportement de certains musulmans.

Le Jihad avait pour vocation de briser la poigne de tout souverain privant son peuple de son droit au savoir et à la connaissance de l’ultime Message divin, venu corriger les conceptions religieuses déviantes. Voilà qui explique pourquoi il n'y eut pas d’affrontements armés entre les musulmans et l’Abyssinie, dont les souverains se sont montrés tolérants envers les musulmans venus prêcher la parole de Dieu dans leur pays.

Enfin, il va sans dire qu’à une époque comme la nôtre, marquée par les échanges interculturels, le Jihad devra prendre la forme de dialogue culturel et de persuasion menés dans un esprit de respect mutuel et de coexistence pacifique.

L'allégation selon laquelle l'Islam est contre la démocratie et les droits de l'homme, que la Choura (consultation) n’engage pas le souverain musulman, que les adeptes de l’Islam ne respectent pas l'opinion d’autrui :

Prétendre que l'Islam est contre la démocratie est une affirmation absolument fausse. Car la vérité, c’est que, bien avant l'avènement des systèmes politiques actuels, y compris le système démocratique, l'Islam avait déjà instauré le principe de la participation politique de tous en éliminant toute contrainte susceptible d’en limiter l’efficacité. Ainsi, le Saint Coran recommande-t-il au Prophète de consulter ses compagnons sur toute chose (III,v. 159). Ailleurs, le Livre sacré parle de la communauté islamique modèle comme étant : «…ceux qui délibèrent entre eux au sujet de leurs affaires …» (XLII, 38).

On sait, par ailleurs, que le Prophète consultait beaucoup ses Compagnons. Il en était de même des Califes éclairés. Il est également établi que des musulmans ont pu déclarer leur opposition à leurs souverains sans être inquiétés le moins du monde. Une femme, dit la tradition, a contesté un avis rendu par le deuxième Calife, Omar Ibn Al-Khattab, qui dut ainsi revenir sur sa décision. C'est ce même Calife qui a dit : «que Dieu bénisse quiconque me signale mes défauts».

Les oulémas de l'Islam en sont arrivés à la conclusion que la Choura (consultation) est obligatoire pour le souverain. C’est là, du moins, l'avis de la majorité d’entre eux.

S'agissant de l’opinion de l’autre, le musulman, selon les principes établis par l’Islam en la matière, doit l’accueillir avec courtoisie et y répondre avec des arguments convaincants, mais sans jamais recourir à la violence verbale ou autre.

Cet esprit de tolérance est à l’origine d’un certain nombre de beaux proverbes en cours parmi les musulmans, tels que : «divergence d'opinion n’entame en rien la sincérité de l'amitié», ou encore «Mes propres certitudes peuvent n’être que de fausse présomptions, tout comme les doutes d’autrui peuvent se révéler des vérités assurées».

De l’esprit de tolérance, les musulmans ont toujours fait preuve comme en témoignent la diversité et la divergence d’opinions qu’on retrouve dans le droit et autres disciplines islamiques, ce qui a donné lieu à une multitude de doctrines et d’écoles de pensée ayant, chacune, ses adeptes et ses défenseurs.

Pour ce qui est des droits de l'homme, l'Islam, plus que tout autre religion, en garantit la protection. Les textes fondateurs de cette religion, tout comme leur application dans la vie des musulmans au fil des siècles, en fournissent la meilleure illustration.

Le concept des droits de l'homme, devenue monnaie courante de nos jours, est apparu d’abord en Angleterre (1688), aux USA (1776), et en France (1789), avant d'être reconnu mondialement dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948), dans la Convention Européenne des Droits de l'Homme (1950), et, enfin, dans la Convention Internationale sur les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (1966). Le concept en question s'articule autour de deux principes majeurs, à savoir, la liberté et l'égalité, auxquels sont venus s’ajouter d’autres droits concernant, entre autres, le respect de la vie et de la dignité humaines au sein de la société.

Or, il suffit de jeter un coup d'oeil sur le Saint Coran et la Sunna pour se rendre compte que l'Islam a été un précurseur dans l'affirmation des droits précités et bien d’autres encore. Ainsi l’Islam a affirmé, par exemple :

- la qualité éminente et noble de l'homme en tant que tel : «Nous avons ennobli les fils d'Adam» (Coran, XVII, 70).

- le droit à l’égalité entre tous les êtres humains sans distinction de sexe, de race ou de statut social : «O hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être ; de celui-ci, Il a créé son épouse, puis a fait naître de ce couple un grand nombre d'hommes et de femmes» (IV, 1).

-Le droit de chaque individu à la préservation de sa vie et de son intégrité : «Quiconque a tué un homme qui lui-même n’a pas tué ou qui n’a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes. Et celui qui sauve un seul homme, est considéré comme s’il avait sauvé tous les hommes» (V, 32).

- Dans le même sens, le Prophète a dit : «la disparition du monde est moins insupportable à Dieu que le meurtre d'un musulman»(Rapporté par Mouslim et Tirmidhi dans les Sunnan). Ou encore, : «Dieu interdira le Paradis à quiconque a tué une personne parmi les Dhimmi (protégés de l’Islam)»(Rapporté par Nassai dans les Sunan et Ibn Hanbal dans le Musnad).

- Le droit à la liberté et le rejet de l'esclavage : on rapporte dans ce sens que le Calife Omar Ibn Al-Khattab a dit un

jour à Amr Ibn Al-Aas et à son fils : «voudriez-vous traiter en esclaves les hommes alors qu’ils sont nés libres». Ce calife a promulgué ensuite un édit dans lequel il note, à l’intention de ses sujets : «je n'ai point nommé mes gouverneurs pour vous fouetter ou vous pressurer.

Quiconque est victime de ces exactions qu’il n’en informe et je lui rendrai justice».

- La liberté de confession : ainsi lit-on dans le Coran : «Pas de contrainte en religion» (II, 256) ; «que celui qui le veut croie donc et que celui qui le veut soit incrédule» (XVIII, 29)) ; ou encore, «A vous votre religion, et à moi, ma religion» (CIX, 6).

Il est donc injuste de juger l’Islam, qui est une religion parfaite et universelle venue guider l’humanité en tout temps et en tout lieu, à l’aune d’une Déclaration des Droits de l'Homme, élaborée il y a à peine une cinquantaine d’années.

Et puis, ce qui importe, c’est que les principes des Droits de l'Homme soient traduits dans les faits, qu’ils soient réellement universels. Il ne suffit pas en effet qu’ils soient appliqués par des pays développés à leurs seuls citoyens, ou que les grandes nations en imposent l’application aux petits pays alors qu’elles mêmes les bafouent en toute impunité.

Pour l’Islam, enfin, les droits de l'homme procèdent d’un ensemble de motivations religieuses très profondes nourries par l’obéissance permanente à Dieu. En cela, la conception islamique se distingue fondamentalement de la vision «civile» des droits humains.

L’allégation selon laquelle l'Islam est hostile aux arts (musique, chant, danse, sculpture, peinture et théâtre) :

Contrairement à cette fausse allégation, l'Islam ne réprouve pas les Arts en tant que tels, et surtout pas leurs expressions raffinées qui élèvent l'esprit et cultivent la noblesse des sentiments.

On peut même dire qu’il est favorable à toute forme artistique qui incite à la vertu et dénonce le vice.

Ainsi, le Prophète encourageait-t-il les poètes qui défendaient les valeurs suprêmes et les nobles principes. Il n’est pas étonnant, dès lors, qu’une poésie aussi riche par ses thèmes que variée dans ses formes se soit développée chez les musulmans. Il est confirmé que le Prophète aimait les voix mélodieuses et appréciait leurs effets agréables sur les auditeurs. Aussi a-t-il choisi Bilal, connu pour sa belle voix, pour appeler à la prière.

Le malentendu qui existe à propos de la position de l'Islam vis-à-vis de l'Art vient du fait que cette religion interdit les représentations figuratives et les sculptures. Or, cette prohibition s’explique par le souci de prévenir toute assimilation fâcheuse entre ces images et les idoles que les polythéistes prenaient pour dieux.

Toutes les communautés musulmanes ont compris la sagesse qui sous-tend cette interdiction. Ce qui ne les a pas empêchées de cultiver certaines formes artistiques telles que le dessin, l'architecture, les arabesques, les miniatures et bien d'autres oeuvres artistiques qui sont, aujourd’hui encore, admirées dans le monde entier.

En somme, ce que l'Islam récuse dans l'Art, ce sont ses formes les plus viles qui excitent les bas instincts, incitent au vice et à la délinquance .

L'allégation selon laquelle l'Islam appelle à l'intolérance et à l'extrémisme, (le mot "musulman" étant même devenu synonyme de terroriste) :

Affirmer que l'Islam appelle à l'intolérance et à l'extrémisme est une contre-vérité que les textes du Coran démentent formellement. En effet, le Livre sacré rejette catégoriquement toute forme de radicalisme religieux : «N'exagérez pas dans votre religion» (IV, 171). Il décrit les musulmans comme étant «une communauté de juste milieu» (II, 143). Et au Prophète, il adresse l'injonction suivante : «Reste donc droit comme tu en as reçu l‘ordre, ainsi que ceux qui, avec toi, sont revenus repentants» (XI, 112).

Il suffit de méditer sur les commandements de l'Islam pour se convaincre de leur souplesse et de leur douceur. Le Coran dit, dans ce contexte : «Dieu veut la douceur pour vous, Il ne veut pas pour vous la contrainte» (II, 185).

Cette douceur (yusr), se manifeste de façon claire dans les pratiques cultuelles islamiques telles que la prière, le jeûne, la Zakat et le pèlerinage, ainsi que dans les conduites morales qui en découlent : la bonté envers des parents et la fidélité réciproque dans l’amitié, le fait de s’exhorter mutuellement à la justice et à la patience et de s’entraider pour le bien et la piété. A cet égard, le Coran dit : «Oui, la prière prémunit contre la turpitude et les actions blâmables» (XXIX, 45).

Al-Bukhari rapporte une tradition du Prophète selon laquelle: «le jeûne est comme un bouclier qui protège le musulman contre l'obscénité et la rudesse de caractère. S'il quelqu’un l’insulte ou le provoque qu’il dise par feux fois : « je suis en état de jeûne!» (rapporté par Boukhari).

Dans le même ordre d’idées, le Prophète a considéré comme un acte de charité le fait d’écarter du chemin un objet nuisible, de souhaiter la bénédiction à celui qui éternue, de saluer les gens ou de répondre courtoisement à leurs salutations. Le fait que les musulmans utilisent, pour se saluer, la formule «paix soit sur vous» (as-salâm ‘alaykoum) est, à cet égard, hautement significatif.

Il est vrai, par ailleurs, que même à l'époque du Prophète, un certain nombre de musulmans ont mal compris les enseignements de l'Islam, en se retirant complètement du monde et en renonçant aux biens terrestres pour se consacrer à des exercices de dévotion harassants pour le corps. Mais le Prophète a vite dénoncé ces excès en expliquant que la vrai foi consiste à garder le sens de la mesure et à concilier l’observance du culte et la recherche des biens de ce monde. C’est ce qui ressort clairement du hadith suivant : «Un groupe de personnes se rendirent auprès des épouses du Prophète pour s’enquérir au sujet de la pratique religieuse de celui-ci. Lorsqu'ils furent renseignés là-dessus, ils trouvèrent que c’était peu, et ils dirent entre eux : «mais pourrions-nous nous comparer au Prophète, lui dont les fautes, passées et présentes, sont pardonnées ?!». Sur ce, l’un d’eux déclara : «moi, je consacrerai toutes mes nuits à la prière». «Je jeûnerai tous les jours de l'année sans jamais rompre le jeûne», affirma un deuxième . «Quant à moi, fit le troisième, je m‘abstiendrai des femmes et ne me marierai jamais». Le Prophète, à son retour, les reçoit en leur disant :

"Est-ce vous qui avez fait voeu de faire telle ou telle chose ? Et bien ! sachez que je suis plus pieux et plus obéissant à Dieu que vous tous, et pourtant, je jeûne et je rompts le jeûne, je prie et je dors, et je prends les femmes. Quiconque ne suit pas mon exemple ne peut être des miens» (rapporté par Bukhari et Muslim). Cet esprit de modération est également affirmé dans le Coran : «recherche, en ce que Dieu t'a donné, la Demeure dernière. Mais n'oublie pas ta part en ce bas monde» (XXVIII, 77).

En vérité, l'Islam est venu rétablir l'équilibre et le «juste milieu» (wasatiyyat), rompant ainsi avec les extrémismes religieux dans lesquels sont tombés les juifs et les chrétiens , les premiers, pour avoir violé la prime nature (fitra), en interdisant ce que Dieu a rendu licite et en s’abandonnant à la cupidité et à la concussion ; les seconds pour avoir instauré un ascétisme exagéré. Or, contre ces excès, le Coran affirme : «qui a donc interdit la parure de Dieu qu'Il a produite à Ses adorateurs, ainsi que les excellentes nourritures?» (VII, 32).

De ce qui précède, il ressort que le fanatisme et toute autre forme d’extrémisme ne viennent pas de la religion. Ils résultent, au contraire, d'une conception erronée ou incomplète de l'Islam. Le Prophète a mis en garde contre les interprétations rigoristes et fausses de la religion qui peuvent amener à des conduites carrément antireligieuses.

Abu Saïd Al-Khodri raconte qu’un jour, pendant que le Prophète distribuait le butin, Abdullah Ibn Dhi-Al-khuwaysira Al-Tamimi lui lança : «Ô Envoyé de Dieu ! soit équitable!» . «Malheur à toi», répondit le Prophète, «qui donc pourrait être juste si je ne le suis pas !». Omar Ibn Al-Khattab s’indigna : «Laissez-moi lui trancher la gorge, ô Prophète». «Non, répondit celui-ci, laissez-le. Il est des gens comme lui dont on pourrait envier la manière de pratiquer la prière et le jeûne, mais qui en fait s’enfuient de la religion comme une flèche de son arc»(Hadith reconnu unanimement authentique. La version donnée ici est celle rapportée par Bukhari). Il entend par là qu’ils se contentent de pratiquer ostensiblement des rites formels sans vraiment comprendre l’esprit profond de la religion qui recommande, entre autres choses, une conduite respectueuse envers ses semblables.

Quant au terrorisme qu'on impute actuellement aux musulmans, il est, en réalité, le fait d'une petite minorité d'individus ou de groupes qui, pour réaliser leurs ambitions personnelles, utilisent la religion dans l’espoir de gagner la sympathie des masses. Or, l'Islam a, de tous temps, désavoué ce genre de comportement. Jamais, en effet, un adepte pacifique d’une autre religion n’a été tué à l’époque du Prophète, de ses Compagnons et ses successeurs éclairés. Jamais personne ne fut forcé d’embrasser la nouvelle religion, ou exécuté pour ses opinions ou sa manière de vivre l’Islam. On lit, à cet égard, dans le Coran «Quiconque tue une personne non coupable d'un meurtre ou d'un acte de corruption sur la terre, sera considéré comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve une vie est considéré comme ayant sauvé l’humanité entière» (V, 32). Dans le même sens, le Prophète dit : «Tout musulman est inviolable dans sa personne, ses biens et son honneur»(D’après les Sunan de Tirmidhi et d’Ibn Majah). Dans un autre hadith, il affirme : «Quiconque terrorise un croyant, Dieu n’apaisera pas pour lui la terreur du jour du Jugement dernier»(D’après les Sunan de Tirmidhi et le Musnad d'Ibn Hanbal), ou encore : «Le vrai musulman est celui qui ne sévit pas par sa langue et de sa main contre les autres musulmans»(Rapporté par Bukhari et Muslim). Dieu le Très Haut nous a dit : «Invoquez votre Seigneur avec humilité et en secret. Il n'aime pas les transgresseurs, vraiment! Ne faites pas des dégâts sur la terre après qu'elle a été réformée» (VII, 55-56).

L'Islam appelle à la coexistence pacifique entre les peuples : «O humains, Nous vous avons créés d'un homme et d'une femme, nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous connaissiez mutuellement. Oui, le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux» (XLIX, 13). Il exhorte les musulmans de traiter les non-musulmans avec bonté et équité : «Dieu ne vous empêche pas, à l'égard de ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures, de leur faire la charité et d'être équitables envers eux.

Oui, Dieu aime les gens équitables», lit-on dans le Coran (LX, 8). Le fait est que le terrorisme est devenu, de nos jours, un phénomène mondial qui n’épargne aucune société, aucune religion, aucune doctrine. Pourtant, les adversaires de l'Islam s’obstinent à l’imputer exclusivement aux musulmans. Ainsi les médias occidentaux se sont-ils déchaînés contre l’Islam, considéré désormais, surtout depuis la chute de l’URSS, comme le nouvel ennemi de l'Occident. Or, cette accusation est bien loin de la réalité vécue d’environ un milliard de musulmans répartis dans le monde.

En effet, grâce aux principes de tolérance et de modération que leur enseigne leur religion, ces derniers restent profondément attachés à la paix, à la sécurité et la stabilité.

 

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