Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -


L’UNIVERSALITE DE L’ISLAM

Par
Dr Shawqi DAYF

Traduction
Ahmed DHIMENE


Chapitre VII : La Justice

L'un des sens littéraires de la justice c'est la normalisation l'ajustement de deux choses. On dit "A'dala" ou émettre un jugement équitable, c'est normaliser, ajuster égaliser. Dieu dit dans la sourate (les bestiaux) (Sourate "les bestiaux" nº6 verset nº1) “Pourtant les mécréants donnent des égaux à leur Seigneur!” C'est à dire qu'ils rendent égaux Dieu et leurs idoles. Le Coran a utilisé le vocable "A'dl" c'est-à-dire justice dans ce sens littéral au sens d'atténuer modérer, l'exagération, l'abus qui est le dépassement des limites en parlant ou en faisant quelque chose. Le "tafrit" c'est ne pas atteindre les limites par négligence, par paresse, par manquement.

Dieu rappelle dans le Coran qu'il a créé le cosmos et toutes ses créatures avec équité. parfois il le dit en utilisant le terme lui même comme dans la Sourate les bestiaux"(Sourate "les bestiaux" nº 6 verset nº115) “Et la parole de ton Seigneur s'est accomplie en toute vérité et équité”. Parfois aussi il le dit en employant le terme" justice" comme dans la sourate "Al A'raf"(Sourate "Al A'raf" nº 7 verset nº29 , 39) “"Dis : “Mon Seigneur a commandé l'équité’” en utilisant le terme "vérité comme dans la sourate "la Fumée"(Sourate "la fumée" nº 44 verset nº38) “Ce n'est pas par divertissement que Nous avons créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux .

Nous ne les avons créés qu'en toute vérité”. C'est-à-dire avec une équité totale dans leur composition et dans la manière avec laquelle ils sont organisés et maintenus; manière qui maintient les cieux et tout ce qu'ils contiennent comme le brouillard, les astres, les étoiles, qui maintient la terre et tout ce qu'elle renferme comme les êtres humains, les montagnes, les océans, les mers et les cours d'eau, les plantes, les cultures et les arbres: L'équité est symbolisée par Dieu dans le Coran avec la balance. Il dit qu'il en a fait le fondement de l'organisation du Cosmos dans la totalité. Il dit dans la sourate (le Très Miséricordieux) (Sourate "le Trés Miséricordieux" nº 55 verset nº7, 8,9) “il a établi la balance , afin que vous ne transgressiez pas dans la pesée : Donnez toujours le poids exact et ne faussez pas la pesée.” Dieu dit qu'il a établi la balance " c'est-à-dire qu'il a conçu la justice et qu'il en a fait une loi générale parmi Ses créatures et dans l'existence, qu'il l'a liée à toutes les "Charaïe" ou lois religieuses. Il dit dans la sourate "La consultation"(Sourate "la consultation" nº 42 verset nº17) “C'est Allah qui a fait descendre le Livre avec vérité ainsi que la balance”. Le Livre ici ce sont les Livres révélés comme il dit dans la sourate "Le fer" (ourate "le fer" nº 57 verset nº25) “Nous avons effectivement envoyé Nos messagers avec des preuves évidentes et fait descendre avec eux le Livre et la balance “Dieux-le Tout Majestueux, dit qu'il a fait descendre avec les "Charaïe" des Envoyés (ou lois religieuses) qui éclairent les gens et les guident là où ils ont le bonheur ici-bas et dans l'au-delà , la balance, c'est-à-dire l'équité sans quoi la vie de l'Islam ici-bas et sur le plan de la religion, ne sert à rien. L'un des exégètes dit que le sens de la balance dans la sourate "le fer", veut dire la balance réelle. Sur ce, l'Imam Al Ghazali a dit: "Penses-tu que la balance attachée au Livre dans le verset c'est la balance servant à peser le froment, l'orge , l'or et l'argent ? ou est-ce que tu imagines que c'est la bascule, la pesette? Que ce calcul est loin de la réalité ! Que cette calomnie est terrible! Crains Dieu et n'abuse pas dans l'interprétation. Sache que cette balance, c'est la balance pour savoir ce qu'est Dieu, ce que sont les Anges, Ses Livres, Ses Envoyés, Sa Royauté, Son Royaume des cieux, pour que tu apprennes comment distinguer Dieu de ses prophètes. "Al Ghazali ne parle pas de la "connaissance" ou du "savoir" tel quel, mais il parle du produit de l'équité en toute chose, ce que ne possède le musulman,que s'il connaît entièrement la religion avec ce qu'elle ordonne et ce qu'elle interdit. A ce moment là, il n'agira qu'avec équité au moyen de flambeaux éclaireurs de la religion.

Dieu dit dans la sourate "le Très Miséricordieux" “Afin que vous ne transgressiez pas dans la pesée.” C'est à dire ne dépassez pas les bornes et ne démolissez pas la balance de Dieu ”Donnez toujours le poids exact”, c'est à dire pesez et mesurez avec équité en vendant et en achetant - Dieu répète dans le Coran aux musulmans qu'ils doivent combler les mesures et le poids jusqu'à ce que le vendeur s'acquitte de on dû sans la moindre retenue et l'acheteur prenne on droit sans la moindre largesse, comme le dit Dieu dans la sourate "Les bestiaux" Et donnez la juste mesure et le bon poids en toute justice”.

Dieu termine les versets sur la balance dans la sourate :" le Très Miséricordieux" en disant : “ne faussez pas la balance”. Certains exégètes interprètent le terme "balance" dans le verset comme étant l'instrument réel qui sert à peser. La formule conseille de ne pas manquer à l'équité à laquelle les musulmans doivent tenir comme le veut Dieu. D'autres exégètes disent que la balance dans ce verset est la balance de l'équité divine pesant le jour du jugement dernier, les actes élogieux et les actes blâmables et répréhensibles des gens. Dieu le très Majestueux dit à ce propos dans la sourate (les prophètes)(Sourate "les prophètes" nº71, verset 47) “Au jour de la résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût ce du poids d'un grain de moutarde que Nous ferons venir.

Nous suffisons largement pour dresser les comptes.” les balances ici sont les exemples de l'équité dans la sanction et la récompense du jour de la résurrection. La "moutarde" ce sont des grains ressemblant au sésame. Les balances dans les versets poussent le musulman à rechercher dans tous ses agissements et ses affaires, l'équité sans laquelle la vie des peuples ne peut être normale.

Dieu ordonne d'être équitable dans la sourate (les abeilles). le premier devoir du musulman à l'égard de l'équité c'est d'être équitable vis-à-vis de lui même. Il ne doit pas s'exposer à des dommages, ou à la mort mais il doit se protéger contre les maladies, sinon il est injuste, inéquitable à l'égard de lui-même. Comme il doit être équitable envers Dieu en reconnaissant Son unicité, en croyant en sa "Charia", en accomplissant les prescriptions divines et les obligations de la religion et en s'abstenant des prohibitions. Il doit être aussi équitable envers sa famille. Il répond aux voeux exprimés par son épouse et à tous ses droits. S'il est marié à plus d'une femme, il doit être équitable avec elles dans le logement, la nourriture, l'habillement, la cohabitation, la bonne humeur. Dieu dit dans la sourate : (Les femmes) quand il a permis à l'homme de se marier à plus d'une femme (ourate "la table servie" nº 5 verset nº 8) “et si vous craignez de n'être pas justes, alors ,une seule” le professeur Ibrahim Fahmi; le président de la cour de cassation a écrit en 1935 une étude dans laquelle il dit que ce verset interdit de se marier à plus d'une femme car il est impossible - selon lui- à quelqu'un marié à plus d'une femme d'être équitable avec elles en toute chose. En tout état de cause, le verset oblige le marié à plus d'une femme à être équitable avec ses épouses, Il en fait une loi divine. Et comme il doit être équitable avec son épouse, il doit l’être avec les enfants dans son comportement avec eux, dans les cadeaux qu'il leur offre, leur anniversaire et d'autres occasions. Il ne doit pas avoir de préférence pour l'un d'entre eux en lui offrant quelque chose de ses biens ou en léguant par testament pour lui une partie de l'héritage. Mais il doit être équitable avec eux en toute chose. Dans les "Sahihaines": Al Boukhari et Mouslim, No’man Ibn Bachir Al Ansari a dit : Mon père m'a fait un don important . Ma mère lui a répondu : "Je n'agrée ce don que si tu prends l'Envoyé de Dieu (S.B. sur lui) à témoin. "Mon père est allé solliciter son témoignage.

L'Envoyé de Dieu lui dit : "Est ce que tu as offert la même chose à tous tes enfants?". Mon père lui a répondu : "Non" -L'Envoyé de Dieu (S.B sur lui) lui a répondu : "Craignez Dieu et soyez équitables envers vos enfants." Puis il a ajouté : "je ne peux accorder mon témoignage pour une injustice". An-no’mane a dit : "Mon père est revenu ; il a annulé son don ." Il est normal que la préférence des parents d'un enfant à ses frères entraîne beaucoup de problèmes, en plus de la désobéissance aux parents.

Comme le musulman est équitable avec sa famille , il faut qu'il le soit avec ses proches, ses voisins et avec tout le monde car l'équité est l'essence même de l'Islam et le musulman doit s'engager à être équitable dans tous ses actes et dans tout ce qu'il dit. Dieu dit dans la sourate" les bestiaux (1) “Et quand vous parlez, soyez équitables, même s'il s'agit d'un proche parent.” Il faut que le musulman fasse de l'équité sa devise dans tout ce qu’il dit. S'il loue quelqu'un, il le fait pour ses qualités réelles sans exagération. Si on lui demande son avis sur quelque chose, il répond loyalement. S'il entreprend une conciliation, il est impartial envers les deux parties. S'il vend quelque chose, il dit la vérité sur la marchandise sans en élever exagérément le prix avec lequel il l'a achetée. Il ne dira que la vérité pour que ses proches soient satisfaits de lui. Et comme Dieu a rendu l'équité obligatoire envers les proches, il l'a rendue obligatoire aussi à l'égard des ennemis comme il le dit dans la sourate "La table servie" “Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité : cela est plus proche de la piété” C'est-à-dire que la haine des gens et leur hostilité ne doivent pas vous pousser à leur porter préjudice, mais soyez équitables envers eux, envers tous : amis et ennemis.

Pour amener la communauté musulmane à aimer l'équité et pour que le musulman fasse preuve d'équité dans ses actes et ses paroles, Dieu dit  “Nous avons fait de vous une communauté de justes.” C'est-à-dire un peuple dont tous les membres sont équitables, prônent le juste milieu, en toute chose. Ils n'abusent pas et ne négligent rien dans tout ce qu'ils font et ce qu'ils disent. C'est comme un pacte que Dieu a établi entre Lui et les musulmans, en vertu du quel ils s'engagent à être équitables et modérés en toute chose. Dans la sourate "Le discernement"(Sourate "le discertement" nº25, verset " nº67) Dieu conseille aux musulmans de dépenser modérément dans l'achat de leur approvisionnement en disant :“Et, lorsqu'ils dépensent, ils ne sont ni prodigues ni avares”. Le “Infak” dans la sourate veut dire les dépenses générales pour le logement et les provisions. Le " Israf", le dépassement et l'exagération dans les dépenses si bien qu'on dépense plus qu'il n'en faut. Le "Ik'tar" c'est la maigre subsistance ou l'avarice envers sa famille comme le dit Dieu dans la sourate. "Le voyage nocturne"(Sourate "le voyage nocturne" nº17 verset nº29) “Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou [par avarice],et ne l'étend pas non plus trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné.” "Magh'loula" veut dire emmenottée, attachée avec une chaîne“ à ton cou”. On ne peut rien faire avec la main qui est attachée. C'est une prohibition de l'avarice, de la parcimonie “et ne l'étend pas non plus trop largement”. Il y a là une prohibition de la dépense exagérée. Ainsi Dieu interdit aux musulmans la parcimonie et l'abus dans les dépenses pour l'approvisionnement. Autrement dit, il leur conseille, le juste milieu, la modération entre les deux extrêmes. Dieu dit qu'il interdit au musulman ces deux mauvais penchants pour qu'il ne se blâme pas et que personne ne le blâme pour son avarice exécrable et pour qu'il ne regrette pas le gaspillage de son argent pour des dépenses exagérées.

Alors que Dieu le -Très Majestueux - a souvent incité les riches à faire don d'une partie de leur argent en faveur de leurs proches nécessiteux, des pauvres, des voyageurs, nous le voyons plus souple avec le musulman riche et généreux en lui disant qu'il ne doit pas trop dépenser pour eux. Il dit dans la sourate : (le voyage nocturne)(Sourate "le voyage nocturne" nº17 verset nº26) “Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu'au pauvre et au voyageur (en détresse). Et ne gaspille pas indûment”. Leurs droits tous c'est dans la "zakat" et l'aumône. Dieu a fait du droit des proches nécessiteux, une obligation pour l'homme pour resserrer les liens qui unissent les membres de la famille. Pour ce qui est du pauvre, il bénéfice en tant que musulman d'une aide pour atténuer sa misère. Quant au voyageur ou " fils de la route", c'est un étranger qui a besoin d'être nourri et hébergé, pour assurer sa sécurité . Dieu ordonne à celui qui dépense son argent au profit de ceux-là de ne pas exagérer au point de gaspiller son argent et d'en garder suffisamment pour couvrir ses propres besoins. De même, Dieu dit dans la sourate : (les bestiaux)(Sourate "le bestiaux " nº6 verset nu 141) “C'est lui qui a crée les jardins” C'est-à-dire des jardins de vignes,“treillagés” C'est à dire que les vignes sont soutenues par des treillages “et non treillagés” C'est-à-dire des vignes qui poussent à même le sol. “Ainsi que les palmiers et la culture aux récoltes diverses; [de même que ] l'olive et la grenade, d'estecès semblables et différentes. Mangez de leurs fruits quand ils en produisent.” c'est à dire du raisin, des dattes et des grenades. “et acquittez- en les droits” C'est à dire la "Zakat", “le jour de la récolte” C'est-à-dire le jour où le fruit a été cueilli de l'arbre et le grain retiré de la plante. Puis Dieu dit : “Ne gaspillez pas” à propos de la "Zakat" sur les fruits et les grains en donnant plus qu'il n'en faut au point où vous connaissez une pénurie et une vie de misère et vous regretterez ce que vous avez perdu.

Comme Dieu a ordonné aux musulmans de modérer équitablement les dépenses dans l'achat des provisions et dans le logement, l'Envoyé de Dieu (S.B. sur lui) leur a ordonné de modérer équitablement leur culte et leur piété.

Ce que l'Envoyé de Dieu a dit, entre autres à celui qui est trop rigide dans sa piété et son culte et qui rend sa vie difficile : "Cette religion est solide. Allez y doucement". l'Envoyé de Dieu veut qu'il soit plus souple à l'égard de lui-même.

Il lui donne l'exemple d'un voyageur isolé qui a lassé sa bête en marchant au point qu'elle n'a pas pu continuer sa marche. L'Envoyé de Dieu dit : "l'homme est resté seul, isolé. Il n'a pu continuer sa marche et n'a pu non plus prendre soin de sa bête". L'Envoyé de Dieu a appris que Abdellah Ibn Amr Ibn Al A's jeûnait toute la journée et priait toute la nuit. Il l'a rencontré et lui a dit : "O Abdellah Ibn Amr ! "J'ai appris que tu jeûnes le jour et tu pries toute la nuit : -"Oui", lui a-t-il répondu,- "Ne le fais pas", lui a dit l'Envoyé de Dieu. Jeûne et romps le jeune, puis dors et prie. Ton corps a des droits, ton épouse a des droits, tes visiteurs ont des droits. Il te suffit de jeûner 3 jours par mois et sur chaque bienfait, tu en as dix pareils ; cela fait l'équivalent d'un mois de jeune.." A propos du jeûne tout le temps et d'après Aïcha - que Dieu l'agrée - L'Envoyé de Dieu (S.B. sur lui) est rentré chez elle et a trouvé une femme . Il lui a dit : qui est elle ? elle a répondu: "c'est X. Elle fait sa prière tout le temps". Il a dit : "Mah! "c'est-à-dire suffi! "Ne priez qu'en fonction de vos possibilités". Il est clair que l'Envoyé de Dieu a fait des reproches à Aïcha parce qu'elle a loué la femme pour ses nombreuses prières. C'est comme s'il leur disait de prier et de faire leur culte au même rythme tous les jours. Une petite quantité qui dure vaut mieux qu'une grande quantité qui arrête et qui ne dure pas. L'une des choses aux sujets desquelles Dieu a incité Son Envoyé à être toujours équitable,c'est la justice et l'arbitrage dans les différends et les litiges. Dieu-le Très Majestueux dit dans la sourate "les femmes"(Sourate "les femmes" nº4, verset 58)“Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayant droit et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité”. Dieu ordonne aux musulmans de rendre les dépôts à leurs ayant droit sans soustraire quoi que ce soit et sans les nier car ceci mérite un grand châtiment. En cas de jugement entre les gens, Il ordonne aussi que l'équité soit le fondement de la justice et du jugement. Il est évident que le juge s'appuie, pour ses jugements, sur les préceptes de la "Charia" ou loi islamique, c'est-à-dire le Coran. S'il n'y trouve pas ce qui peut l'orienter vers l'équité il revient à la "Sounna". S'il n'y trouve pas ce qui peut le guider vers le bon jugement, il revient à l'accord à l'unanimité des opinions de peuple car l'Envoyé de Dieu dit : "Ma "Oumma" ne se réunit pas pour la perdition". S'il ne trouve pas dans l'unanimité des opinions ce qui peut l'orienter dans le jugement, il peut recourir à l'"ijtihad" conformément aux préceptes du Livre et de la Sounna. Nous avons dans le chapitre "le Rationalisme de l'Islam" essayé de définir l'Ijtihad et comment l'Envoyé de Dieu (S.B. sur lui) l'a adopté comme l'un des principes de la religion et que ses Califes Abou Bakr Es-Sekkid et Omar Ibn Alkhattab y ont recouru lorsqu'on leur a exposé des cas et des problèmes. Après eux les juges ont continué à y recourir pour trancher sur des affaires au sujet desquelles ils n'ont pas trouvé dans le Coran et la Sounna des textes et des préceptes pouvant les guider vers le bon jugement. De la même manière quand ils ne trouvaient pas dans l'unanimité des opinions du peuple (la Oumma) un jugement d'une affaire similaire ayant fait l'objet de l'unanimité de la Oumma à ce moment-là , ils recouraient à l'ijhtihad à la lumière des préceptes du Coran et de la Sounna pour établir un jugement se rapportant à une affaire, à un problème nouveau.

L'Envoyé de Dieu (S.B. sur lui) a souvent fait l'éloge des juges équitables. Il a dit: " Ceux qui sont équitables dans leurs jugements entre les musulmans seront le jour de la résurrection sur une estrade (sur une tribune) lumineuse.

Et comme Dieu ordonne aux juges de rechercher l'équité dans les différends entre les gens, il ordonne la même chose aux témoins dans ces différends. Il dit dans la sourate "les femmes"(Sourate "les femmes" nº4 , verset nº135) “Ô les croyants! observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l'ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents -Qu'il s'agisse d'un riche ou d'un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez sachez qu'Allah est parfaitement connaisseur de ce que vous faites.”

Dieu le-Très Majestueux- ordonne dans le verset aux croyants d'observer l'équité dans les jugements. “témoins (Véridiques) comme Allah l'ordonne” C'est-à-dire témoignez pour Dieu d'une manière véridique, même si c'est “contre vous mêmes”; C'est à dire même si dans votre témoignage il y a quelque chose qui vous est préjudiciable. Dieu ordonne que vous disiez la vérité même si elle est en votre défaveur. Le devoir exige que vous disiez la vérité, que vous ne la cachiez pas bien qu'elle soit dure pour vous et quelqu'en soient les torts et les domaines. Vous devez dire la vérité au sujet de vos parents, indépendamment de toute courtoisie à leur égard quelqu'en soient ces dommages pour eux ou pour l'un d'entre eux. De la même manière, Dieu aime qu'on dise la vérité à propos de ses proches. L'Islam a aboli l'ardeur, le sectarisme et interdit de prendre parti pour soi-même, pour sa famille et ses proches et le fanatisme et l'ardeur sont orientés vers la justice et la réhabilitation des droits aux victimes d'injustices. Dieu -le Très Majestueux -dit : “qu'il s'agisse d'un riche” c'est-à-dire que l'un des parents ou des proches soit "riches", cette richesse n'est pas prise en considération dans le témoignage. “Ou d'un besogneux ”, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de place à la pitié dans le témoignage. “Allah a priorité sur eux deux” c'est-à-dire Dieu s'en occupe et Il est le premier à savoir où se trouve leur intérêt. Le témoin ne doit pas être influencé par leur richesse ni par leur pauvreté et il doit toujours s'en tenir à la justice et à la vérité . “Ne suivez par la passion”, l'ardeur et le fanatisme. Dieu menace ceux qui altèrent le témoignage ou le dissimulent en disant “Si vous portez un faux témoignage” c'est-à-dire si vous altérez le témoignage pour que celui dont le droit a été spolié ne récupère pas son droit, ou“si vous refusez” c'est-à-dire si vous dissimulez le témoignage ou vous ne témoignez pas du tout, la dissimulation du témoignage est un grand pêché comme le dit Dieu dans la sourate " la vache"(Sourate "La vache " Nº1, verset Nº 283) “Et ne cachez pas le témoignage. Quiconque le cache, a certes un coeur pêcheur” C'est une mise en garde sévère de Dieu à propos de la dissimulation du témoignage qui vise à éviter la vérité . Dieu commente ici l'altération du témoignage et sa dissimulation en menaçant comme il dit :(Sourate "les Femme n°4 verset nº 135) “Sachez qu'Allah est parfaitement connaisseur de ce que vous faites” Le calife Omar Ibn Al Khattab (que Dieu l'agrée) a écrit une importante recommandation sur les fonctions de juges, ce qu'il faut pour que le juge soit équitable dans son comportement avec les gens et avec les parties en litige, et les règles auxquelles, il doit s'attacher et qu'il doit suivre dans le jugement. Il commence cette recommandation en disant : "La justice est un devoir précis (exact) et une règle suivie (en vigueur). La religion l'a imposée et l'a instituée pour le bien de la société, de ses membres et pour régler les litiges et les différends qui peuvent surgir entre eux. Omar dit au juge :"Comprends si on te donne des preuves. "C'est-à-dire si le plaignant et la partie adverse donnent des preuves et si la partie adverse essaie de comprendre et d'aller lentement pour saisir les arguments jusqu'à ce que par clairvoyance et perspicacité, la vérité soit connue. Puis Omar s'adresse au juge: "Réconcilie les gens, seul ou lors de ton conseil. Ainsi les gens nobles ne pourront pas exploiter ton iniquité et les démunis ne craindront pas ta justice." Ici Omar demande au juge de réconcilier les gens lors de son conseil, dans ses propos et même avec l'expression du visage et la bonne humeur pour qu'une notabilité ne pense pas qu'elle sera avantagée et qu'un pauvre ne pense pas qu'à cause de sa pauvreté il a été désavantagé, et que la justice et l'équité soient utilisées pour l'un et pour l'autre.

Omar propose ensuite au juge deux règles d'or qui sont le fondement de l'instance et du jugement auxquelles il doit s'en tenir scrupuleusement. Ce sont: "La charge de la preuve qui incombe au demandeur, et serment pour celui qui nie". Le plaignant doit présenter des preuves comme des témoins par exemple.

S'il ne peut pas et si l'accusé nie les faits et les droits que réclame le plaignant, il doit affirmer sous serment qu'il dira la vérité et qu'il ne cachera rien. Puis Omar dit au juge: "Si les deux antagonistes (les deux parties) jugent bon de se concilier, accepte-le. La conciliation mène toujours à la vertu sauf si la conciliation conduit à la prohibition de ce qui est licite ou légal, cela n'est pas acceptable. De la même manière, on n'accepte pas de rendre licite ce qui est illicite. Omar ouvre largement les portes devant le juge pour qu'il revoie ses jugements. S'il se rend compte qu'il a commis des erreurs dans un jugement, il faut qu'il en informe les antagonistes et qu'il l'annule. Le retour à la vérité vaut mieux que la persistance dans l'erreur et la mensonge.

Omar met devant les yeux du juge les fondements de la loi qui lui servent à juger ou qui sont à la base de ses jugements : Ce sont le Coran et le Sounna.

S'il n'y trouve pas ce qui peut éclairer son cheminement vers le jugement équitable, il aura recours à "l'ijtihad" et il essaiera de comparer son jugement avec celui de ses confrères. Puis Omar ajoute : "Si le plaignant demande un délai pour faire venir les témoins, accorde -le lui. S'ils viennent, s'ils témoignent en sa faveur et si leur témoignage est valable, les droits du plaignant lui seront restitués. Sinon, il a perdu sa cause : "Omar souligne une règle instituée concernant les témoins. C'est que les musulmans sont équitables et les témoignages des uns contre les autres sont acceptés sauf le témoignage de celui qui a été fouetté -par punition- conformément à la loi prévue par l'Islam au sujet des crimes et délits ou de l'accomplissement d'actes prohibés, n'est pas accepté.

Il en est de même pour le faux témoignage qui n'est pas du tout accepté et le témoignage d'un proche, qui peut être complaisant n'est pas accepté. Il ne faut pas que le plaignant fasse intervenir le témoignage d'un proche, pour éviter tout soupçon et toute suspicion. Enfin Omar ordonne au juge de ne pas faire de mal aux antagonistes ni d'avoir de l'antipathie pour l'un d'eux et d'être indulgent avec eux tous. Il est certain que ces recommandations de Omar sur la justice et l'équité constituent un document important en cette première période du règne de l'Islam, sur la justice, l'équité et les règles qui en constituent la base.

Depuis longtemps, le problème des riches et des pauvres préoccupait les gens dans les sociétés. Ils voulaient toujours lui trouver une solution adéquate jusqu'à l'arrivée de l'Islam et Dieu - Le Très Majestueux- a résolu ce problème ; les uns et les autres ont été satisfaits et plus personne ne reste affamé dans les pays musulmans. La solution à ce problème est la "Zakat" qui est imposée aux riches. L'appel constant dans le Coran à la "sadaqat" (ou l'aumône),et son appellation par Dieu est à la fois anoblissement et prêt pour Dieu qui dit(Sourate "la vache" nº1 verset 245) “quiconque prète à Allah de bonne grâce, il le lui rendra multiplié plusieurs  fois”. Ainsi Dieu n'a pas fait de l'annôme seulement une cession par les riches d'une partie de leurs biens au profit des pauvres mais il en a fait aussi un bienfait.

Celui qui cède une partie de son argent au profit des pauvres dans la sociétés, réalise un bienfait à l'égard de Dieu. Avec l'aumône "zakat", la justice sociale n’est pas seulement un des idéaux souhaités par l'homme qui désire ardemment le réaliser, mais elle est devenue dans l'Islam une réalité puisque c'est une obligation pour les riches parmi les musulmans de céder une partie de leur argent aux pauvres qui sont devenus comme leurs associés. Ils attendent chaque année, et de temps en temps, ce qu'ils vont leur donner de cet argent au titre de la "zakat". Ce n'est donc ni une bourse accordée par les musulmans riches aux pauvres, ni une donation mais c'est un de leurs droits comme cela est dit dans le Coran. Ce qui les met à l'abri de la supériorité de riches et de leurs abus. Ainsi les riches peuvent avoir le sentiment qu'ils sont leurs égaux, qu'ils aident ceux qui sont nécessiteux, qu'ils assistent les opprimés et qu'ils offrent du pain à ceux qui en on besoin.

Cette justice sociale est voulue par la religion qui en fait l'un des cinq piliers de l'Islam. C'est un exercice du culte comme la prière. Dieu - le Très Majestueux- lie toujours la "zakat" à la prière dans le Coran. C'est pour cela que lorsque certains arabes ont reculé devant l'accomplissement de ce devoir après la mort de l'Envoyé de Dieu (S.B. sur lui), le Calife Abou Bakr es-seddik n'a pas hésité à les combattre pour les ramener à l'Islam et à l'exécution de ses fondements. C'est là un honneur qui lui est dû depuis toujours. Il ne s'est jamais produit- jusqu'à nos jours - qu'un groupe de musulmans se soit élevé contre ce principe qui est l'un des principes de l'Islam. Au contraire pour eux, ce pilier de l'Islam a toujours préservé les pauvres de la rogne contre les riches et de leur accaparement des richesses à l'exclusion des autres. Depuis longtemps, les plus riches, de la communauté faisaient bénéficier les plus démunis de beaucoup d'oeuvres de bienfaisance. Bien plus, ils faisaient des legs pieux pour les oeuvres de bienfaisance; ce qui fait distinguer - jusqu'à nos jours - le monde musulman des autres pays du monde par l'existence dans leur pays respectifs de ministères chargés de ces legs pieux, des rendements qu'ils rapportent et de leur distribution.

Dieu et Son Envoyé ont bâti cette justice sociale dans la communauté musulmane sur les principes de la bienfaisance, la sympathie et l'entraide entre les membres de la communauté, les riches aidant les pauvres à se procurer leur pain quotidien. Ceci a satisfait les couches sociales démunies depuis toujours.

Si nous comparons cette justice divine avec la justice que les communistes voulaient établir entre les riches et les pauvres, nous remarquons que la justice divine des musulmans respecte la liberté de l'homme dans sa vie et dans la gestion de ses biens. Son argent reste sa propriété dont il cède une partie chaque année au titre de la "Zakat" en faveur de son frère pauvre par conviction et par désir réel d'avoir la grâce de Dieu qui récompense le musulman ayant accompli sa "Zakat" et ayant fait l'aumône comme cela est dit dans le Coran.(Sourate "la vache" nº1, verset nº 961) “ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier d'Allah” et pour avoir sa grâce et sa bénédiction, combattent ainsi l'ennemi et font la paix pour leurs frères pauvres “tel un grain d'où naissent sept épis, à cent grains l'épi. Car Allah multiplie la récompense à qui il veut. Et la grâce d'Allah est immense, et il est omniscient.”

Ceci est une promesse divine où il évoque la récompense dont il fait bénéficier celui qui fait la "Zakat" et qui fait l'aumône avec un grain semé dans une bonne terre et qui a fait pousser sept “épis à cent grains l'épi” C'est-à-dire que Dieu multiplie les récompenses de celui qui fait la "Zakat" et l'aumône au profit des nécessiteux sept cent fois plus. Quel musulman entend cette récompense divine pour la "zakat" et l'aumône et ne les accomplit pas pour L’amour d'Allah en attendant la récompense ici-bas et dans l'au -delà?

Il y a là une grande différence entre la justice sociale dans l'Islam et la justice que le communisme russe a voulu consolider et répandre pendant plus de soixante dix ans et qui portait en lui les signes de l'échec de son application et de son institution pour des raisons nombreuses parmi lesquelles le fait de reposer sur la sujétion la soumission , la privation de l'homme de sa liberté, de son argent et la soumission à un contrôle permanent dans tous ses comportements, dans ce qu'il produit matériellement et intellectuellement. Ainsi l'homme perd tous les bienfaits et les privilèges dont Dieu l'a comblé dans sa vie et sombre dans un matérialisme excessif et un athéisme réfractaire à Dieu et à ses religions.

Certaines de ces raisons étaient suffisantes pour écrouler la justice communistes très tôt et en particulier la perte de l'homme de sa liberté et plus grave encore sa perte de la religion et sa renonciation à la foi . Il est fortement établi que l'homme a besoin de croire en Dieu qui préside à ses destinées et l'élève à faire oeuvre utile, l'éloigne du mal et des abominations, lui ménage une bonne vie. La justice sociale des musulmans est exempte des défauts destructeurs du communisme. Elle ne connaît pas la sujétion ni l'atteinte à la volonté de l'homme et à sa liberté. La liberté lui est plutôt totalement garantie sur le plan de la pensée, des comportements, de la vie et la liberté de disposer de ses biens. l'homme dans la justice sociale islamique ne perd pas ses efforts sa prééminence, ses capitaux et ses biens. C'est une justice divine conçue par le créateur du cosmos et par Son Envoyé. C'est pourquoi elle est une justice infaillible dans la "Charia" et la foi. L'Islam considère la justice comme l'exercice du culte, le jeûne et le pèlerinage - culte qui remplit les coeurs des musulmans de quiétude, de tranquillité et de satisfaction.

 

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