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L’UNIVERSALITE DE L’ISLAM

Par
Dr Shawqi DAYF

Traduction
Ahmed DHIMENE


INTRODUCTION

Voici de brèves idées sur l'universalité de l'Islam, la grande religion que Dieu a choisie-comme cela est dit dans le Coran et la Sounna -pour qu'elle soit la dernière des religions divines et afin que l'humanité vive dans le bonheur icibas et dans l'au-delà. Dieu y a mis une loi universelle engageant les musulmans et d'autres: celle de la liberté en religion qui est garantie à tout le monde. Il n'y a de contrainte ni de violence pour personne en religion et l'Envoyé de Dieu (Salut et Bénédiction sur lui), s'est engagé à respecter cette loi ainsi que les califes et la communauté musulmane depuis leurs conquêtes à travers les siècles. L'Islam est la seule religion au sein de laquelle ont vécu ceux qui appartenaient à d'autres religions (monothéistes ou polythéistes), tout en ayant leurs sanctuaires et leurs biens et en ayant ou non des tribunaux ecclésiastiques. On les appelait tous, les gens du Livre, (sujets musulmans) en signe de leur protection par l'Islam.

L'un des aspects de l'universalité de l'Islam est qu'il a permis aux gens du Livre toutes les formes d'une cohabitation matérielle: agriculture, industrie, commerce et un grand nombre d'entre eux se sont enrichis comme "Marie La Copte" qui invita le calife Al Mamoun avec sa cour et son armée dans son domaine, lors de sa visite en Egypte. Les portes des cabinets et de l'administration n'étaient pas fermées devant eux, depuis Maouya et son fils Yazid. Leur recrutement commence à s'élargir sous le règne des Abbassides depuis le 3ème siècle de l'Hégire; certains d'entre eux ont été promus aux fonctions de ministre à l'époque des Buwaihides en Irak et en Iran et à l'époque des Tolonides et des Fatimides en Egypte.

Le renforcement de cette coexistence entre les communautés musulmane et non musulmane est dû à la participation des musulmans aux fêtes des chrétiens et des mages. Les gens du Livre (sujets des musulmans) payaient à l'état un tribut qui n'était pas un impôt religieux comme on croyait, mais un impôt de défense que payait-seul-celui qui pouvait prendre une arme parmi les jeunes et les personnes âgées,contre une dispense du service militaire, puisqu'ils ne participaient pas aux guerres pour les conquêtes et cet impôt ne dépassait pas un dinar par an.

Cette cohabitation matérielle entre musulmans et non musulmans s'est faite accompagner d'une cohabitation intélectuelle probe au cours de laquelle les non musulmans ont traduit des ouvrages scientifiques et philosophiques, des grecs,des perses et hindous au profit des musulmans qui ont vite assimilé ces sciences, les ont développées et des savants de renommée mondiale ont été formés en chimie, en mathématiques, en médecine. Des philosophes célèbres ont inventé la philosophie musulmane; ce qui leur a permis d'être les maîtres de la civilisation et de la pensée scientifique et philosophique dans le monde pendant six siècles du 2ème siècle de l'Hégire (8ème siècle de l'ère chrétienne) au 8ème siècle de l'Hégire (14ème siècle de l'ère chrétienne). Des ouvrages importants ont été écrits par les occidentaux sur le rôle civilisationnel de l'Islam. De nombreux débats et discussions entre les musulmans et les gens du Livre ont eu lieu sur les dogmes, les croyances, et les savants en sciences religieuses leur ont ouvert leurs salons pour enrichir la réflexion. Cet esprit de tolérance s'est largement accru grâce à l'universalité de l'Islam qui s'est comporté avec eux sur le même pied d'égalité.

Dieu a fait de l'Islam une religion rationnelle. Il ne l'a pas renforcée comme il l'a fait pour les autres religions révélées antérieures, par des miracles matériels et physiques mais il a incité les musulmans à méditer et à réfléchir à ses signes cosmiques et à la manière avec laquelle ils sont régis, pour qu'ils témoignent avec clairvoyance que le cosmos a un Dieu qui l'a créé avec perfection. Dieu incite Son Envoyé et les musulmans à l'appel en faveur de l'Islam en utilisant de la sagesse, du sermon et de la discussion. Dieu a utilisé ces trois démarches dans le Coran. La sagesse, voulant dire des preuves rationnelles de l'existence de Dieu et de son unicité. Il a multiplié les sermons en évoquant l'histoire des Messagers et l'intimidation par les peines éternelles, comme il a multiplié les discussions fines et souples. Dieu et Son Envoyé ont fait de l'esprit l'arbitre dans la "Charia" et l'origine fondamentale après le Coran et la Sounna pour l'examen certain des branches de la "Charia". Dieu et Son Envoyé ont ordonné de bannir la superstition, la magie, l'astrologie, la prédiction afin d'élever l'esprit de l'homme au-dessus des croyances mensongères. C'est avec cela que la loi musulmane a été créée pour l'humanité entière d'une manière rationnelle.

L'Islam embrasse la science depuis le premier verset du Coran descendu sur l'Envoyé de Dieu. Dieu l'élève d'un degré au-dessus de la glorification des Anges- et l'Envoyé de Dieu l'exalte aussi longuement. Le Coran attire l'attention des musulmans, avec de nombreux signes qu'il renferme sur les sciences naturelles, l'astronomie, la médecine, qu'ils ont traduites des langues persane, hindoue et grecque. Ce qui les a amenés à en demander à d'autres étrangers après leur installation dans les pays musulmans. Ils ont traduit avec précision le patrimoine perse, hindou et grec, comme ils ont traduit de la Grèce son patrimoine philosophique. C'est ainsi qu'une grande bibliothèque générale commence à voir le jour à l'époque d'Ar-Rachid et d'Al Mamoun. D'autres sciences comme les sciences religieuses, la théologie dogmatique et d'autres se développent grâce à la création de nombreuses bibliothèques générales et privées dans tous les pays arabes; grâce aux bibliothèques des mosquées, et aux librairies. Les savants, les traducteurs et les philosophes ont participé à ce développement.

Les sciences et la philosophie ont intéressé même les couches populaires. Le nombre d'universités et d'écoles s'accroît. La femme contribue largement à cette renaissance. Certains de nos intellectuels ont lu dans des écrits occidentaux qu'au XVIème et au XVIIème siècle des querelles violentes ont éclaté entre l'Etat et l'Eglise qui s'opposait à la science et aux savants. Ces intellectuels ont conclu, par erreur que l'Islam comme l'Eglise, combattait les sciences. Or, dans l'Islam, il n'existe pas de séparation entre l'Etat et la religion, l'Islam ne s'étant jamais opposé à la science; il a plutôt poussé les musulmans à oeuvrer comme nous l'avons dit pour que le rôle scientifique et universel de l'Islam soit un rôle de guide.

Dieu ordonne à Son Envoyé et aux musulmans de s'attacher à la justice sans laquelle la vie de l'humanité n’a pas de sens. Dieu dit dans le Coran plusieurs fois qu'il a crée le cosmos, ses créatures et tout ce qu'il renferme avec équité, incitant tout le monde à suivre cet exemple. Il leur demande d'en tenir compte quand ils mesurent ou quand ils pèsent quelque chose, seuls dans leur piété, dans leurs relations avec les membres de leur famille, des proches , avec les voisins, dans leurs paroles et leurs actions. Dieu dit aux musulmans(Sourate "la vache", verset nº143 p: 22):“et aussi nous avons fait de vous une communauté de justes” C'est-à-dire équitable, prônant le juste milieu en toute chose, ni abus ni négligence, même dans l'aumône et dans la piété. L'Islam désavoue le retrait et l'isolement pour la dévotion.

Dieu et Son Envoyé insistent sur l'équité en matière de justice et de juridiction dans les différends et les litiges. Dieu appelle toujours à la justice sociale entre les riches et les pauvres par le biais de la "Zakat" et de l'aumône et en fait une piété pure comme la prière. C'est ainsi que l'Islam a résolu pour les musulmans ce problème universel qui est la pauvreté et la richesse alors que le communisme a essayé de le résoudre par la domination, la contrainte, la privation de l'homme de sa liberté, de ses biens et par l'insoumission à Dieu et à ses religions. Il est donc normal qu'il décline et qu'il s'effondre.

Dieu ordonne aussi qu'il y ait une égalité entre les hommes dans leurs devoirs et leurs droits, Dieu ne permet pas dans l'Islam l'existence du clergé (et du sacerdoce) car tous les hommes sont égaux devant lui comme sont égaux dans l'Islam toutes les races, les ethnies et les couleurs. Il existe aussi des exemples illustrant cette égalité entre l'Envoyé de Dieu et ses compagnons. Cette égalité entre les musulmans devient une fraternité solide. La meilleure fraternité qui a existé au début de l’Islam est celle entre les "Ansars" (les alliés) et les Mouhajirines (les émigrés). L'Envoyé de Dieu a appliqué cette égalité aux musulmans à propos des sanctions, -sans exception-. Grâce à cette égalité sans faille entre les

musulmans, il ne s'est pas formé dans leurs différentes communautés à travers les âges- d'hiérarchie sociale. L'Islam a donc éliminé cette hiérarchie qui affectait certains pays musulmans comme c'était le cas en Iran et aux Indes.

Dieu a fait de la tolérance - dans l'Islam - un fondement solide et a ordonné aux musulmans d'être tolérants avec les polythéistes dont les pauvres bénéficiaient de l'aumône comme les pauvres de la communauté musulmane. On pardonnait même à leurs oppresseurs les déprédations dont étaient victimes les musulmans. On relève de nombreux exemples de tolérance de l'Envoyé de Dieu- lors de sa conquête de la Mecque- à l'égard de ses ennemis et combattants qoréîchites. Pour exécuter les paroles de Dieu, les musulmans ont fait de leur tolérance avec les autres communautés un modèle, ce qui a permis l'instauration entre eux et les chrétiens d'un climat de coopération et d'amitié. Les juifs aussi ont bénéficié du même traitement en terre d'Islam, en particulier en Andalousie et au Maghreb pendant des siècles et malgré cela, nous les voyons aujourd’hui exclure les palestiniens de leur terre et les torturer impitoyablement.

Dieu consolide les liens entre les membres de la famille musulmane, qui reste unie pour toujours . Nous trouvons parmi ces liens, la bonté filiale (qui unit les parents et les enfants). Un autre lien, celui de l'héritage, au sujet duquel Dieu a attribué à l'héritier mâle une part comme celle de deux femelles vu les nombreuses responsabilités matérielles du mâle. Le mariage entre l'homme ( Sourate "la vache" nº1 , verset nº62, p: 10.) et la femme est aussi un lien sacré, contracté par la volonté de Dieu et devant Lui.

Le mari et son épouse sont aussi liés par l'amitié et la bienveillance. Dieu a obligé l'homme à assurer les dépenses au profit de sa famille. L'Islam assure l'égalité entre l'homme et la femme sur le plan de la responsabilité politique et sociale et sur celui des moyens d'existence de la femme, ce qui lui permet aujourd'hui d'accomplir toutes responsabilités même celles de ministre et de chef d'état dans certains pays islamiques. L'Islam lui assure une autonomie financière que n'a pas aujourd'hui la femme occidentale. Elle a aussi,depuis longtemps,contribué dans les domaines scientifiques et littéraires. Le fait que les occidentaux aient remarqué son rôle et sa place dans la société andalouse, les a poussés à renforcer le rôle de la femme dans leur société. L'occident doit, à fortiori, prendre en exemple les liens de la famille musulmane pour s'en inspirer et l’appliquer.

Dieu appelle tout le monde à se comporter correctement en se conformant à un grand nombre de vertus, tels que l'usage de la raison, l'amour de la science, de la justice, de l'égalité entre les hommes, la tolérance à l'égard de toutes les religions.

A ces vertus correspondent d'autres vertus dans l'Islam qui rendent heureux les musulmans et l'humanité dans ce monde ici-bas et dans l'au-delà. Certaines de ces vertus sont le travail qui permet à l'homme de ne pas être une charge pour la société, le respect de l'engagement , la bienveillance à l'égard de l'homme et de l'animal, ce qui permet à l'Islam d'être appelé la religion de la miséricorde, la dignité, la vérité, l'honnêtetés, la modestie, la pudeur, l'endurance, la continence, la mansuétude, la clémence, l'attention particulière aux orphelins. Dieu appelle aussi l'humanité et les musulmans à rejeter les abominations tels que la fornication, l'alcool, les jeux de hasard, l'usure, l'orgueil, le faux témoignage, l'injustice, le mensonge, la jalousie, la trahison, l'injure de l'homme et de l'animal, la moquerie, la calomnie, les préjugés , l'espionnage, la médisance, la réjouissance des malheurs des autres.

Dieu et Son Envoyé disent que l'une des règles des assemblées est d'avoir de l'espace pour les venants pour qui il ne faut pas se lever; Dieu dit aussi que l'une des règles régissant les visites est de demander l'autorisation avant d'entrer.

L'une de celles qui concernent les rencontres est de se saluer en prononçant la formule "paix sur vous" que Dieu a rendue obligatoire dans la prière et qui en a fait l'un des plus beaux noms de Dieu. Cet encouragement à saluer vise à en faire un usage fréquent pour que l'amitié et la fraternité règnent parmi les membres de la communauté. Ainsi, l'Islam incite au salut depuis quatorze siècles ou plus.

Je ne doute pas qu'au premier siècle de l'hégire, les compagnons et les musulmans ont pressenti nettement les significations ci-dessus de l'universalité de l'Islam. C'est pour cela qu'ils ont déployé tous leurs efforts pour répandre l'Islam.

Ils ont réussi à le répandre auprès de plus de la moitié de la population du globe à cette époque. Après, l'Islam s'est répandu de lui-même et a gagné l'Afrique de l'est, tropicale et équatoriale. Il a atteint le centre de l'Asie, la Turquie, la Mongolie et des régions de Chine et de l'Inde. Il s'est généralisé en Malaisie, en Indonésie et dans les régions du sud des Philippines, et il n'y a pas de régions au delà du centre de l'Afrique où on ne trouve des milliers de musulmans.

Il en est de même en Amérique latine, aux Etats Unis d'Amérique, au Canada et en Europe. On compte actuellement plus de sept cents millions de musulmans dans le monde. Il est de leur devoir aujourd'hui de le faire connaître à d'autres peuples, de faire connaître aussi les instructions qu'il renferme, instructions que Dieu a créées pour le bien de l'humanité afin de lui procurer le bonheur qu'elle espère ici-bas et dans l'au-delà.

Je crois, qu'avec ce préambule, j'ai pu exposer les thèmes de cette recherche succincte sur l'universalité de l'Islam: la grande religion de Dieu. D'autres recherches suivront, sans doute, plus détaillées, plus englobantes et plus approfondies. Nous implorons le Ciel de nous mettre sur la bonne voie et de nous accorder succès.

Le Caire, au mois de RAJAB, 1417 DE L'HÉGIRE
Chawqi DAYF

 

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