|
La planification du développement accorde une place prépondérante au concept d’auto dépendance et, dans cette optique, les instances nationales et internationales insistent sur la nécessité de créer des compétences en matière de science et de technologie (S-T). Dans les pays en développement, un engagement politique a été pris, pratiquement au niveau le plus élevé, concernant l’infrastructure organisationnelle et les grandes lignes de la politique de S-T, dans l’espoir que celle-ci joue un rôle déterminant dans l’accomplissement des tâches de développement et des priorités nationales. Au niveau microéconomique, les programmes et les projets de développement de S-T ont été lancés dans certains domaines comme l'agriculture, la santé, l’industrie, etc. dans une perspective de développement technologique. Une très grande attention est accordée aux tâches associées à la production technologique telles que le développement des ressources humaines et d’une main-d’œuvre de S-T qualifiée, l’octroi d’allocations aux instituts de Recherche-Développement et aux institutions de S-T, etc. Cependant, plusieurs problèmes, contraintes et difficultés qui interviennent au niveau de la commercialisation de la technologie et du transfert des résultats de la recherche scientifique au secteur de la production n'ont été soumis à aucune analyse systématique et approfondie. Dans les pays islamiques, l'utilisation de la technologie et sa commercialisation rencontrent plusieurs problèmes, contraintes et limitations. L'utilisation des résultats de la recherche est peu satisfaisante et les technologies produites ne sont pas utilisées de façon optimale. Les usines-pilotes et les moyens de démonstration sont insuffisants, et les liens entre l’industrie et les institutions de R-D ne sont pas bien efficaces. Le transfert des compétences au secteur de la production n'est pas suffisant, et l’assistance technique pour la commercialisation des technologies n'est pas une condition requise. En outre, il y a un manque de capital risque, et les technologies produites localement ne sont ni mûrement pensées ni confirmées, de même que, dans de nombreux cas, elles doivent rivaliser avec d’autres qui viennent de l’extérieur. De plus, les données et les informations concernant la nature des résultats des R-D ne reçoivent pas toute la publicité voulue pour que les utilisateurs finaux potentiels puissent les choisir et les adopter. Il y a un sérieux besoin pour des filières et des mécanismes efficaces et perfectionnés pour la diffusion des technologies produites localement. Le besoin de faire évoluer et renforcer les mécanismes institutionnels et les organismes promotionnels, ainsi que leurs activités, au profit du transfert des résultats de la recherche scientifique au secteur de la production est, par sa nature même, un besoin présent pratiquement dans toutes les étapes du développement. Il est nécessaire qu’un mécanisme soit mis en place pour permettre aux projets de développement technologique d’obtenir le capital risque dont ils ont besoin dès le stade de la recherche appliquée. Cela améliorerait les conditions des R-D privés dans les technologies fondamentales et favoriserait les échanges de recherche entre l’industrie, les institutions de R-D et les universités. Dans les pays islamiques, le besoin d’une telle collaboration tripartite est encore plus pressant, et il importe que les mesures appropriées soient également prises dans cette direction. La technologie à transférer doit être mûre et confirmée, à défaut de quoi l'intérêt commercial ne peut être qu’insuffisant. Dans tous les cas, il y aurait manque de crédibilité et d'adhésion si les résultats de la recherche ne sont pas exploitables par l'industrie. C'est là qu’interviennent le capital de participation et la couverture du risque. Il est particulièrement crucial de procurer un capital-risque aux applications de la technologie et du programme de développement pour donner une impulsion à l'utilisation des produits et procédés créés localement. Un autre aspect de ce problème est l’absence éventuelle de capital-risque pour encourager la commercialisation des technologies non confirmées. À cet égard, l’importance cruciale du financement du développement et des agences de financement des risques doit être soulignée par la volonté politique nécessaire. La victoire sur les obstacles et les difficultés qui entravent le transfert des résultats de la recherche scientifique est largement redevable à un environnement propice au développement technologique inspiré par l’esprit de compétitivité, et par un génie collectif dirigé sur les résultats et le marché de la production technologique. C'est essentiellement un problème de gestion de R-D et de transfert de technologie qu’il importe d’étudier, sachant qu’une plus grande place devrait être accordée au secteur privé dans le processus d'industrialisation. Une tâche majeure pour l’État consiste à créer et à soutenir un environnement stimulant et compétitif. S’agissant du rôle de l’État, il est important qu’il soit directionnel et offre un ensemble adéquat de motivations et de services de support promotionnel. L’État, en tant qu’entité publique, peut jouer le rôle de catalyseur plus efficacement. Quand, dans le passé, la plupart des pays islamiques assumaient en tant qu’États des fonctions commerciales et industrielles, ils ne livraient pas les produits comme le fait l’industrie. La simple promotion de l'activité de R-D en termes quantitatifs n'est pas suffisante. Les activités de recherche devraient être accomplies avec succès pour être, en fin de parcours, vendables. Les tentatives concernant la production de technologies sont nécessaires et importantes. Mais elles ne sauraient être fructueuses sans l'utilisation optimale de ces technologies par le secteur de la production. La commercialisation réussie des technologies peut être un indicateur utile de développement technologique, dans la mesure où c’est un complément nécessaire à la production proprement dite. Par conséquent, il convient d’accorder de l'importance à l’utilisation de la technologie et à la commercialisation des résultats de la recherche, en tant que moyens de renforcement des compétences technologiques, afin qu’elles soient déterminantes pour l’accélération de la mutation technologique et sociale, et pour la réalisation des objectifs d'autosuffisance.
|
|
| Copyright © ISESCO 2000 - 2012 |