![]() |
|
| Directeur Général | Education | Sciences | Culture | CPID | Coopération | Secrétariat GC & EC| | Accueil | Contact |
|
|
|
La planification et la mise en œuvre de politiques de développement technologique dans les pays en développement ne trouvent toujours pas de place pour s’intégrer dans le développement socio-économique où, pourtant, elles représentent une activité centrale. Elles ne sont pas non plus régies par un authentique système d'évaluation des ressources nationales, des besoins en développement, des potentialités et des compétences en matière de S-T. Dans le processus de sélection et de développement des technologies, les programmes et les projets de R-D ne sont ni bien conçus ni correctement développés et évalués. Plusieurs parmi les problèmes et les contraintes décrits dans les sections précédentes sont attribuables à cet état des choses. D’une part, le processus de développement technologique, y compris la sélection et la réalisation de programmes de R-D et de projets, requiert un examen plus attentif et plus approfondi ; et d’autre part, la modalité de transfert intra-national de la technologie, surtout la manière dont une transaction se matérialise, doit faire l’objet d’une investigation minutieuse et d’un examen critique dans la perspective d'aider les pays islamiques à effectuer de meilleurs transferts et faire de meilleurs usages des technologies locales. Il serait très utile pour ces pays d’organiser des consultations et des débats sur ces questions aux niveaux national et régional dans le but d’intensifier leurs activités de coopération pour le développement. Il va de soi que c'est la bonne utilisation des technologies qui peut contribuer le plus à renforcer les compétences technologiques d’un pays. Une des conditions essentielles pour cela est de créer et d’entretenir un environnement industriel où il y aurait une interaction continue entre le personnel des R-D et les industriels/entrepreneurs, sans perdre de vue la demande du marché. En outre, l’expérience concernant l’efficacité de l’utilisation des technologies locales démontre l’importance de la recherche privée, soutenue et encouragée par l’État. Compte tenu de ce qui précède, et conformément à l’objectif de la présente étude, un ensemble de recommandations sont formulées ci-après à l’attention de l’État et des décideurs, des institutions de R-D et des producteurs de technologies, des industries et des entrepreneurs, dans l’espoir qu'ils les trouveront utiles et qu’ils prendront les mesures appropriées pour leur réserver la suite qui convient. 8.1 À l’attention des États i) Il appartient aux États de s’engager à consacrer à l’utilisation de la technologie des ressources financières plus importantes que celles réservées aux simples R-D, afin que les efforts orientés vers le développement technologique puissent porter leurs fruits. ii) Pour que le transfert des technologies soit accéléré, les aspects liés à leur application et leur utilisation dans l'environnement socio-économique national doivent bénéficier d’un plus grand engagement de la part des États. iii) Les utilisateurs de la technologie, notamment les petits entrepreneurs, nécessitent que le transfert se fasse sous forme d’un ensemble intégré afin qu'ils n’aient pas à subir des transactions multiples lors de son acquisition. Cela doit absolument couvrir les aspects liés aux études de faisabilité, au savoir-faire, à la détection des défauts, au contrôle de qualité, à l’achat des matières premières, à l’assistance en matière de gestion et de mercatique et, par-dessus tout, au capital spéculatif. iv) Les dispositions concernant la normalisation et le contrôle de qualité doivent être améliorées de manière à promouvoir la solvabilité des technologies locales. La normalisation est pour un produit ce que le brevet est pour une invention - les deux doivent appliquer un critère sain et passer par un test valable pour que les inventions répondent de fait aux conditions de brevetabilité : ingéniosité, applicabilité industrielle, etc. v) Une des plus importantes fonctions de l’État est d’orienter. Il doit offrir un ensemble de mesures d’encouragement et un environnement promotionnel. L'expérience indique que l’État, en tant qu’autorité publique, peut jouer le rôle de catalyseur plus efficacement pour aider les secteurs de l’industrie et des affaires. vi) Il est nécessaire d’améliorer l’organisation des offices des brevets pour renforcer les mécanismes au service de la production et de l’utilisation de la technologie. vii) Il est nécessaire d'adopter intégralement, c’est-à-dire avec les programmes de développement industriel, des politiques d’encouragement appropriées pour promouvoir les R-D dans la structure interne des petites entreprises du secteur privé. Il convient aussi de s’assurer que ces politiques promotionnelles sont effectivement observées pendant la mise en œuvre. viii) Pour éviter les risques de disparité dans la répartition de la main-d’œuvre des S-T et du personnel des R-D, il est recommandé d’entreprendre la planification sur la base de considérations technologiques pour le développement. Les États doivent aussi prendre les mesures opportunes pour la formation et l’entraînement de chercheurs scientifiques et d’ingénieurs. ix) Les industries doivent être encouragées davantage et bénéficier des incitations financières nécessaires pour parrainer des programmeurs de la recherche dans les institutions de R-D. 8.2 A l’attention des institutions de R-D et des producteurs de technologies i) Les instituts de R-D engagés dans la recherche industrielle doivent resserrer leurs liens avec l’industrie par la mise en place de cellules de consultance industrielle pour coordonner les activités de transfert de technologie. ii) La recherche sous contrats avec l’industrie doit retenir l’attention davantage, avec un intérêt commercial accru et un esprit d’entreprise. iii) Un plus grand intérêt est à accorder aux aspects qualitatifs des programmes de développement de la main-d’œuvre (gestion et domaines de spécialisation), en plus du développement de l'infrastructure. iv) Les institutions concernées par la recherche industrielle doivent s’intéresser davantage aux aspects/problèmes d’utilisation et de transfert de la technologie au lieu de se limiter à sa production. v) Des efforts concertés et systématiques doivent être déployés pour impliquer l’agence utilisatrice dès le stade de la conception afin d’éviter les écueils et garantir une rétroaction efficace. vi) Un effort supplémentaire doit, autant que possible, être consacré au développement de technologies adaptées aux petites entreprises/ industries. vii) Des mécanismes de surveillance appropriés doivent être conçus pour assurer un bon rendement des investissements en ce qui concerne les technologies confirmées et leur contribution au bien-être public ou leur utilité commerciale. viii) Dans la mesure du possible, les technologies développées doivent être rehaussées à l’échelle de l’usine-pilote pour démontrer leur viabilité commerciale. ix) L'agence de transfert de technologie devrait explorer le domaine des associations en participation comme mode de transfert et s’impliquer ainsi dans le processus de développement de technologies avec les entrepreneurs et les utilisateurs finaux. x) La partie essentielle des connaissances du personnel des R-D est probablement la compréhension des problèmes industriels et des exigences sociales. Lorsque des projets de développement technologique sont abordés, il est primordial de s’assurer qu’ils sont conformes aux priorités planifiées et qu’ils répondent aux besoins et aux exigences technologiques de l'industrie. 8.3 A l’attention de l’industrie i) Les secteurs industriels doivent identifier les domaines où la recherche est à soutenir pour permettre aux institutions et organismes de recherche de mieux adapter leurs efforts aux exigences de l'industrie. Cela conduirait à une utilisation optimale des ressources de la R-D et éviterait la duplication des efforts. ii) L'industrie doit s’efforcer d’intensifier les activités internes de R-D et, pour être disposée davantage à passer des contrats de recherche avec les institutions de R-D, elle doit être plus sensible aux imperfections et contraintes de celles-ci et proposer les voies et les moyens d’y remédier. iii) L'industrie doit chercher à participer à la planification des R-D dans les domaines de recherche qui l’intéressent afin que la demande sociale soit intégrée dans les projets. iv) Les entrepreneurs, en tant que détenteurs de licence, doivent constamment prévenir l’agence de transfert de technologie et l’État des problèmes et difficultés rencontrés dans la commercialisation des technologies. À cet égard, les petits entrepreneurs peuvent agir en groupe. À ce propos, des réunions industrie-R-D doivent être organisées périodiquement pour faciliter la communication. v) Les fonctions de transfert et l'octroi d’une licence de technologie ne doivent pas faire l’objet d’une même transaction, copiée comme par un photographe ; l’agence de transfert de technologie doit plutôt prêter assistance au détenteur de la licence à toutes les étapes de la commercialisation. vi) Les associations industrielles doivent jouer un rôle plus important dans l’instruction des entrepreneurs/industriels en matière de promotion des technologies locales. vii) Les industries doivent organiser des programmes de formation au niveau de l’usine en coordination avec les agences de R-D pour développer les compétences techniques et consommer les technologies locales. 8.4 Généralités i) Il est nécessaire d’accorder un intérêt accru au concept de transfert horizontal de technologie par la mise en place d’un mécanisme approprié de promotion, de transfert et d’utilisation des technologies locales. On peut mentionner, à ce sujet, que les organismes concernés peuvent envisager, au stade initial, de ne transférer le savoir-faire qu’à un ou deux entrepreneurs/industriels choisis, plutôt que de le céder à plusieurs parties. Une fois la technologie bien absorbée, adoptée et développée, elle peut être offerte comme ensemble complet et intégré à d’autres futurs utilisateurs, notamment aux petites et moyennes industries. En procédant ainsi, l’agence de transfert peut effectivement combler l’écart existant dans le mécanisme de transfert actuel (entre producteurs et utilisateurs), ce qui est nécessaire pour réussir la promotion des technologies locales. ii) Une procédure de sélection rigoureuse doit être suivie pour déterminer les domaines de recherche dans lesquels un pays peut se permettre de se spécialiser et où il peut apporter une contribution significative tant à l’adoption des technologies importées qu’à la promotion de nouvelles technologies. Les principales activités doivent couvrir les domaines vitaux et stratégiques où tout le processus de transformation aboutit à un maximum de valeur ajoutée. iii) Dans les domaines retenus pour les R-D, un juste équilibre doit être maintenu entre les efforts pour assimiler les technologies importées pour le secteur de pointe et ceux consacrés au développement de nouvelles technologies pour les autres secteurs. Des ressources doivent être allouées spécifiquement aux études de marché et à la commercialisation des technologies nouvelles et émergentes. iv) Les institutions financières devraient fournir un financement favorable et le capital spéculatif nécessaires pour la mise en œuvre de projets de développement basés sur la recherche. Elles devraient concevoir des politiques et des mécanismes pour aider les entrepreneurs et l’industrie non seulement pour la commercialisation des technologies mais aussi pour les améliorations post-production. Les banques de développement et les institutions financières devraient adopter des procédures rapides et simplifiées, de préférence sous une forme intégrée, que ce soit directement ou à travers les agences de transfert de technologie. Une cellule devrait se consacrer exclusivement à la coordination de ces activités en veillant à instaurer des relations de travail efficaces avec les agences utilisatrices. De même, ces institutions devraient être représentées dans les organismes de promotion afin de participer pleinement dans les utilisations des technologies. v) Des récompenses sont la plupart du temps accordées pour le progrès de la science, ainsi que pour l’encouragement de l’invention. Cependant, dans la plupart des pays en développement, la bonne commercialisation des technologies locales n'est ni bien reconnue ni lucrativement rémunérée. Cet aspect nécessite une attention particulière et un encouragement réel pour promouvoir l'utilisation de la technologie.
|
|
Haut de la page |
| - Copyright © ISESCO 2010 - | |