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LE TRAVAIL COMME SYMBOLE DE LA
FOI
Croire en Dieu
signifie le connaître si bien qu'on peut atteindre les
confins de la certitude, et affirmer la soumission à Dieu
veut dire s'assujettir à son pouvoir de plein gré et de
choix délibéré.
Selon la loi
divine "islam" et "foi" sont synonymes et corrélatifs.
En effet,
l'essence de l'islam comporte l'accomplissement des devoirs
requis qui consistent en la croyance en Dieu et l'exécution
de ses ordres. Quant à l'essence de la foi, elle renferme la
connaissance véritable de Dieu et l'observation de ses
ordres.
De ce fait, la
certitude est inhérente à l'islam comme la soumission l'est
à la foi. Par conséquent, une adoption de l'islam qui ne
renferme pas la certitude en Dieu est nulle et non avenue,
tout comme une foi qui s'écarte de la soumission à Dieu.
"Les nomades ont
affirmé : "Nous croyons en Dieu". Dis : "Vous êtes loin de
croire. Dites plutôt : Nous nous soumettons ! "la foi n'a
pas encore gagné vos coeurs" (Les Appartements, 14).
Cet islam auquel
fait référence ce verset n'est pas la véritable religion
mentionnée dans le verset suivant
"Quiconque
recherche une religion autre que l’islam, celle-ci ne sera
point agréée de Lui, il sera dans l’Au-delà au nombre des
réprouvés " (La Famille d’Imran, 85).
C'est une
soumission hypocrite parce que forcée, ce qui lui ôte toute
valeur. La foi doit atteindre le cœur et y demeurer.
La foi qui
mérite égard et considération est celle liée à l'écoute, à
l'obéissance, et qui est purifiée du reniement et de
l'orgueil devant l'ordre divin.
"Nous croyons,
affirment-ils, en Dieu et au Prophète, et leur obéissons.
Certains d'entre eux, cependant, après l'avoir affirmé font
volte-face. Ce ne sont pas des croyants" (La Lumière, 47).
Le mot "islam"
désigne la grande religion révélée à Mohammad Ibn Abdellah.
Toutes les générations le savent depuis lors. Quand on
l'évoque, on reconnaît la religion qui consiste à observer
le Coran et la sainte conduite (la Sunna) du Prophète.
Adopter l'islam
revient à proclamer l'unicité de Dieu, à croire en elle et à
exécuter les diverses prescriptions divines.
Le mot "foi" est
cependant étendu par convention. On peut parler d'une foi
chrétienne, d'une autre judaïque, d'une troisième païenne,
d'une quatrième communiste, etc. Cette extension du sens de
ce mot n'affecte en rien la véritable valeur légitime que
nous avons précisée ci-dessus.
Le sens de la
foi, et son extension dans notre religion, ne sont
véritablement agréés que quand ils sont synonymes du mot
"islam" ou lui sont attachés, mais cette convention répandue
confirme le refus catégorique par l'islam de toute voie qui
sous-estime les devoirs requis et s'insurge contre les lois
du Grand législateur.
Nous considérons
par conséquent, le refus de la soumission à Dieu comme une
révolte contre l'islam, un écart à la religion et une
démolition de la foi, quels que soient la connaissance, le
savoir et la foi ferme de l'insurgé.
Satan savait
pertinemment que Dieu est Unique et qu'Il est le Juge
Suprême. Or, lorsqu'il lui a été ordonné de se prosterner,
il refusa par orgueil et ingratitude. Dieu le rangea alors
parmi les mécréants. Sa croyance en l'unicité de Dieu ne lui
a pourtant pas permis de rachat, parce que la connaissance
dépourvue de la soumission absolue au Tout-Puissant est sans
valeur et sans poids. Le péché engendré par cette rébellion
ôte toute foi au pécheur.
Ainsi la prise
de conscience de cette vérité conduisit Abou Bakr à mettre
sur le même pied d'égalité ceux qui se sont plaints de
l'aumône légale (la zakat), et les apostats, même s'ils
prétendaient être croyants.
Ceux-là ont
refusé de se conformer à l'ordre qu'ils ont reçu consistant
à donner l'aumône légale (la zakat), ont brandi leurs armes
préférant ainsi la guerre à toute forme de contribution
pécuniaire. Une armée fut conduite par le premier Calife, et
fut chargée de leur fendre le crâne, les assignant ainsi au
camp de Satan, l'ingrat et l'orgueilleux.
Ce jugement est
valable dans toutes les situations analogues.
Refuser l'ordre
de Dieu, sous-estimer ses prescriptions et s'enorgueillir de
l'accomplissement des interdits ne sauraient être qualifiés
ni de soumission, ni d'adoption de l'islam, hormis si on
admettait que les insensés étaient des savants et les
menteurs des gens honnêtes et sincères.
Des juristes
musulmans ont recommandé la peine capitale contre celui qui
s'abstient de prier, sans le qualifier pour autant
d'apostat. Or, c'est là une erreur, car celui qui préfère
être exécuté au lieu de prier ne peut avoir de religion,
encore moins être considéré comme musulman.
Quant à la
relation entre la foi et les actes -en référence au Coran et
à la Sunna- elle fera l'objet d'une explication ultérieure.
MAUVAISE
APPLICATION DES PRÉCEPTES RELIGIEUX ET CRISE UNIVERSELLE DE
LA FOI
Connaître Dieu
et se soumettre à Lui, se préparer à Son jugement dernier et
craindre Son châtiment constituent l'essence de la religion,
et le fondement de ses lois.
En effet, la
religion comporte des enseignements sous forme de divers
systèmes normaux et sociaux, relatifs à la vie privée et
publique sous ses différents aspects, et de la base au
sommet. Cependant, la foi constitue la charpente de ces
enseignements, qui sont aussi des actes dont la finalité est
la rencontre de Dieu. Par conséquent, si cette charpente
s'écroule ou s'il y a divergence à propos de la finalité,
ces différents systèmes perdront leurs aspects distinctifs
et leur valeur psychologique, changeront de nature et
d'importance, tout comme la dévaluation de la monnaie.
La religion est
avant tout "conscience de l'existence de Dieu,
reconnaissance de Son droit à gouverner Ses sujets, à
instaurer les principes qui leur servent de guide et qui
précisent les limites de leur conduite".
L'exigence
fondamentale de cette conscience profonde et de cette
reconnaissance apparente, est de suivre les conseils divins,
non seulement parce qu'ils nous tracent le bon chemin, mais
aussi parce que leur observance est la preuve de la
soumission à Dieu.
"L'existentialiste pourrait voir en l'intégrité dans les
transactions commerciales et autres, une vertu, mais il ne
prie pas Dieu. Par là, il ne le connaît pas et n'espère rien
de lui. Par contre, pour le croyant, l'intégrité est
obéissance à Dieu qui dit : "0 croyants ! Craignez Dieu et
soyez parmi les vertueux" (le Repentir, 119)
Dans ce cas, il
est intègre d'abord par sa foi en Dieu, ensuite il s'élève
par sa foi pour atteindre la vertu de l'intégrité.
Quand les bonnes
œuvres, qu'elles soient psychologiques ou sociales, font
partie des enseignements religieux ou de la conduite des
croyants, elles sont appliquées dans la vie, accompagnées de
la certitude céleste ou empreinte de la bonté divine. De ce
fait, le mobile de ces actes reste la foi, et la crainte de
Dieu demeure leur corollaire.
Nous voulons par
ces propos attirer l'attention sur la gravité de la conduite
d'une humanité dépouillée, incitant les gens à respecter des
conventions et des coutumes qui pourraient être bonnes ou
mauvaises, et à voir dans la conformité à ces derniers,
vertus et biens. Pourtant, la foi est absente de ces
conventions et coutumes ou, si elle y est présente, elle
n'est qu'éphémère.
Une certaine
catégorie d'individus a une conception dichotomique de la
religion : tout ce qui se rapporte aux prières et aux dogmes
est délaissé par eux, alors qu'ils conservent et propagent
tout ce qui se rapporte aux transactions et aux systèmes
moraux et sociaux en soulignant leur valeur.
Nous avons
appris que l'intérêt de tout acte prescrit par la divinité
est l'obéissance à Dieu, et l'exécution de Ses ordres,
tandis que son accomplissement sans égard à Dieu n'a aucune
valeur, en dépit de son éventuelle utilité ici-bas.
La foi en Dieu
ne constitue pas une œuvre surérogatoire dans la communauté
des croyants ; l'exaltation, les louanges et les
remerciements au Tout-Puissant doivent relever de la
préoccupation des gens, et illuminer leurs conduites matin
et soir.
Il est possible
que certains trouvent ridicule le discours sur l'Au-delà, le
Paradis et l'Enfer, et croient qu'il est dépassé ou qu'il
est l'œuvre de prédicateurs dans les cortèges funèbres. Mais
la vérité est que le discours, gratuit ou démagogique à
propos de l'Au-delà, est la négation et la dissolution même
de la religion.
Le cortège des
vivants doit prendre intelligemment conscience de ce que la
foi en le Jugement dernier n'est pas une plaisanterie. Les
êtres humains doivent savoir qu'éloigner les activités de la
vie de la foi en Dieu, et du Jugement dernier, est une
étourderie et une poursuite des mirages trompeurs.
Nous devons, en
tant que musulmans, éclairer nos activités par les
enseignements de cette foi véritable et nous prémunir contre
la civilisation matérialiste qui règne tant en Orient qu'en
Occident, laquelle civilisation s'est détournée de Dieu, a
ignoré la révélation divine, a préféré vivre selon ses goûts
et ses loisirs, s'est détournée de l'essentiel de la foi
dont elle n'a pris que ce qui l'arrangeait.
La religion se
définit, selon nos études théoriques, par ses rites, ses
dogmes et sa morale dont le fondement est la croyance en
Dieu. La relation à Dieu est le salut, même si l'individu
n'applique pas strictement les autres devoirs.
Nous voudrions
débattre cette pensée sans prétendre passer outre ni
l'origine de la foi, ni l'ensemble des actes, qui lui sont
rattachés et qui proviennent d'elle.
Il est du droit
de nos anciens théologiens de déconsidérer tout acte de bien
provenant d'un mécréant, et d'apprécier à sa juste valeur
l'importance du principe de l'unicité de Dieu. Leur point de
vue est clair. Lorsqu'un individu commet la plus haute des
trahisons, son crime occulte et annule tout ce qu'il a fait
de bien auparavant.
Quand on accuse
quelqu'un d'avoir trahi son pays et de l'avoir donné à
l'ennemi, il ne récolte que mépris et mérite la peine
capitale à l'unanimité. Le fait que ce malheureux soit
obéissant et bienveillant à l'égard de sa mère, généreux
avec ses serviteurs ou subtil et gracieux avec ses amis, est
passé sous silence ; les lèvres des gens sont, à ce sujet,
comme scellées et tout le monde s'interdit à l'évoquer. La
bonté de notre criminel ne le sauve pourtant pas de la mort
physique et morale décrétée à son sujet.
En réalité, nos
prédécesseurs ont considéré le mécréant comme on considère
actuellement le traître, et ont refusé de lui reconnaître
tout acte de bienfaisance et toute qualité.
Le traître
mérite, à notre sens, ce mépris et ce traitement.
Le mécréant,
l'ingrat et le traître commettent par leurs actes le plus
grave des crimes issus de la plus haute trahison, et n'ont
rien en leur faveur quels que soient leurs bienfaits.
"Celui que Dieu
rabaisse, nul ne saurait le relever". (Le Pèlerinage, 18)
Or, cette vérité
a engendré une faute largement répandue et a cruellement
porté atteinte à la foi et aux croyants. C'est que les
non-initiés ont compris que la foi, à elle seule, peut
excuser la non-observation partielle des autres obligations.
Cette conception
a atteint la croyance en la valeur de la foi sans pratique,
ni observation des obligations.
Il s'est avéré
par la suite que ceux qui se sont écartés de la foi et
délaissé Dieu ont perfectionné un éventail d'œuvres
humanitaires, et des techniques dynamiques, qui leur ont
procuré prestige et honneur.
La contradiction
engendrée par cet état de choses a remis en cause les
questions religieuses, entraînant par là une certaine
lâcheté chez les croyants et des révoltes dévastatrices.
Cette situation
requiert un effort de compréhension véritable et une
délicatesse, dans le traitement de la part de gens sensés.
Il nous est
imparti, en tant que croyants, de reconsidérer notre
situation avant de demander aux autres de s'auto-corriger.
La foi est, en fait, la plus grande des vertus dans cette
existence, elle est l'élément précieux embellissant tout ce
qu'il touche, alors que son absence est source de laideur.
La foi, ainsi
qualifiée, présente plusieurs aspects : elle est relation à
Dieu basée sur la componction et l'humilité, à l'âme fondée
sur l'éducation et la maîtrise de soi, à la société dont la
justice et la clémence forment une assise, et enfin, elle
est relation à l'univers basée sur la souveraineté et la
coexistence.
C'est là la foi
prometteuse qui mérite exaltation et gloire, face à laquelle
l'athéisme ne résisterait pas et ne ferait pas le poids.
Ce qui nuit à la
foi, c'est la prétention d'une relation artificielle à Dieu
qui ne prémunit pas contre les manquements et n'incite pas à
la recherche de la perfection. N'est pas véritablement foi
celle qui dissimule ses faiblesses par le recours aux
prières, et qui ne réalise ni en son détenteur, ni dans son
entourage, la conduite correcte et le comportement
victorieux contre le mal.
Ce type de foi
factice -très répandue parmi les gens- n'élève personne et
ne mène nullement au bonheur. L'athéisme, d'ailleurs, n'a pu
se développer et semer le doute que là où règne la fausse
foi. A t-il-pu brandir son étendard et imposer sa marque
ailleurs que chez des "croyants" connus pour leur
attachement artificiel à la foi ?
Nous refusons,
catégoriquement, que l'humanité vive sans religion qui
l'éclaire et développe ses acquis. Nous refusons aussi
qu'elle vive avec une religion minée de l'intérieur par le
mythe, dépourvue de qualités humaines supérieures, source de
retard et de régression, agent de flétrissure de la
créativité, de la création et de l'esthétique.
Il faut rendre
justice à l'islam et savoir qu'il a élevé l'homme en dignité
et valorisé la vie, non en le poussant à vénérer les choses
d'ici-bas, comme le font les ignares, mais en l'incitant à
préciser sa mission dans cette vie et à en tirer bon profit.
L'Homme est,
dans la conception de l'islam, sujet connaissant et
craignant Dieu, maître qui exploite les biens et les forces
de l'univers. Il est aussi frère pour ses semblables, les
aidant à accomplir le bien, entrant en interactions justes
et magnanimes avec eux.
J'admire le
professeur lshaac AI Hosseïni, quand il définit l'islam en
disant :
"L’islam
comporte, à la lumière des études de l’histoire des
religions primitives et révélées, deux vertus : la première
se rapporte à sa vision globale de la vie en tant qu'unité
renfermant des éléments interdépendants. L’aspect spirituel
n'est pas moins grave que l'aspect matériel, et l'éducation
de l'âme n'est pas moins importante que celle du groupe. Les
actions des gens doivent être basées sur des principes
moraux, comme les rites le sont sur des principes spirituels
; et les droits de l'individu sont égaux à ceux du groupe.
De ce fait, toutes les vertus ont des exigences et des
valeurs identiques, et le respect de l'une d'elles n'excuse
en rien la négligence des autres.
"Autrement dit,
l’islam a appelé au bonheur complet dans les deux mondes, à
l'instauration d'une cité vertueuse où les gens se partagent
le meilleur et le pire, s'entraident pour parvenir à la
bonne foi, la piété et la crainte de Dieu. Dieu le
tout-Puissant a dit : "Les croyantes et les croyants se
partagent mutuellement les responsabilités. Ils doivent
faire le bien et se garder de faire le mal" (Le Repentir,
71).
"La seconde
vertu se rapporte à l'égalité entre les vivants, qui
constituent une seule famille, sans discrimination ni
prééminence des uns sur les autres, si ce n'est par la piété
et le respect de Dieu. L’islam déclare unis tous les
apostolats, et solidaires tous les Prophètes sans
distinction aucune entre eux".
"Ces deux vertus
ont eu pour conséquence la bienveillance dans les relations
entre les gens, la justice, l'équité et la bienfaisance, le
recours à la raison et la recherche de l'intérêt commun,
l'expansion de l’islam sur terre, et l'assimilation des
aspects positifs de la civilisation humaine par la
civilisation islamique".
Le Coran
renferme plusieurs versets qui invitent aux nobles et
généreuses actions, aux vertus sociales et aux traitements
justes et équitables tels l'obéissance aux parents, l'aumône
légale aux proches, aux orphelins et aux pauvres,
l'assistance aux faibles, aux nécessiteux et aux malades, le
pardon, la réconciliation, la patience, l'honnêteté et la
sincérité, l'acquittement des dettes et promesses, l'œuvre
commune pour l'obéissance et la crainte de Dieu, et le
déplacement à la recherche de la grâce divine par les bonnes
œuvres.
Il renferme
aussi bon nombre de versets qui prohibent les mauvaises et
avilissantes actions telles la proclamation publique des
méfaits, la médisance, le mensonge, la trahison, la
prostitution, l'agression, l'immoralité, l'oppression des
orphelins, l'usurpation de leurs biens spécialement, et de
ceux des autres en général, le non respect des poids et
mesures, et la prodigalité.
Quant aux dires
du Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient
sur lui, aux nombreux actes de ses Compagnons et des
premiers Khalifes, ils s'inspirent des principes coraniques
pour les appuyer et les expliquer.
Cette
description précise met en valeur l'action en tant que
réseau à tissage raffiné, auquel n'échappe le bien ni de la
vie, ni de l'Au-delà. Cependant, certains chercheurs dans le
domaine des sciences de la religion et de l'éducation
pourraient être moins exigeants, quant à sa compréhension et
son utilisation pour l'éducation des sociétés. En effet,
ceux qui sont concernés par l'éducation religieuse
pourraient porter atteinte à la foi, quand ils la
considèrent comme une sorte de serviette servant à éponger
les fautes des pécheurs : ils commettent des erreurs et la
foi pardonne, détruisent et elle répare.
Nombreux sont
les adeptes des religions révélées qui croient que
l'attachement à l'essence de la religion serait suffisant,
pour que leurs péchés soient pardonnés.
Selon eux "Le
Paradis n'est permis qu'aux Juifs et aux Chrétiens; tel est
leur espoir" (La Vache, 111).
Le Coran a
démenti ces prétentions et tracé la voie du véritable salut,
symbiose de la foi dynamique, des bienfaits et du dévouement
à Dieu.
"Dis : "Apportez
vos preuves si vous êtes sincères". Ceux qui se vouent à
Dieu tout en étant sincères seront récompensés. Ils n'ont
pas à avoir peur, ni à se lamenter". (La Vache, 111-112).
Certains
prédicateurs, bornés, pourraient se contenter de certains
faits religieux dont le sens et le domaine sont limités.
D'où leur incompréhension et leur imparfaite application,
qui feignent d'ignorer par là l'ensemble du Livre et de la
Sunna, voire la nature de la foi, cette nature qui fait
jaillir la vie de la mort et l'ordre de l'anarchie.
Prenons à titre
d'exemple le hadith de "la lettre", reçu d'Abdellah Ibn Omar
et rapporté par Attarmidi, selon lequel le Prophète aurait
dit :
"Dieu jugera
publiquement un homme de ma "Oumma" le Jour du Jugement
Dernier. Il lui étaiera alors quatre vingt dix neuf livrets
dont la superficie de chacun s'étendra à perte de vue et lui
demandera : "Y a t-il quelque chose que tu contestes dans ce
qui est enregistré ici ? As-tu été lésé par mes scribes ?".
L'homme répondra par la négative. Dieu reprendra alors :
"Nous te réservons une récompense malgré tes péchés. Tu ne
seras point lésé" et Il lui montrera une carte où est écrit
"J'atteste qu'il n'y a de divinité qu'Allah et que Mohammed
est son Prophète". L'homme dira : "0 Seigneur ! Cette carte
est à considérer à part". Et le Seigneur de répondre : "Tu
as raison".
"Les livrets
seront alors déposés dans l'un des plateaux de la balance et
la carte dans l'autre. Les livrets se volatiliseront alors
que la carte prendra de plus en plus de poids. Rien ne peut
avoir le poids du nom de Dieu".
Si ce hadith, à
signification étonnante, est pris à la lettre, il pourrait
acquitter les gens de leurs charges envers Dieu et infirmer
Sa parole quand Il dit :
"Dieu ne
corrigera point les actions des malfaiteurs. Il confirme
toujours la vérité en ses Augustes Arrêts, dussent en
souffrir les méchants". (Jonas, 81-82)
A mon avis, ce
hadith, s'il est de transmission correcte, ne pourrait être
valable que pour un polythéiste qui aurait mené une vie de
débauche, et qui se serait racheté avant de livrer son âme
de peu. Vu cette courte durée, sa conversion à l'islam n'a
pu réaliser l'absolution des péchés antérieurs. Le hadith en
question valorise la place de l'unicité de Dieu et
l'importance de la foi, même quand celle-ci intervient à la
fin d'une vie.
La diffusion de
ce genre de propos du Prophète, parmi les non-avertis ou
parmi les jeunes, sans précaution, est considéré comme une
destruction de la religion dans sa totalité. Ce serait là le
point de départ à la formation de groupes de religieux
sous-estimant la foi et son impact.
De nos jours,
l'humanité a besoin de la foi qui lui permet d'établir avec
Dieu des liens de sincérité et d'obéissance, et de
s'attacher à la vie par le biais de la production et du
sérieux. A défaut de cette foi, l'avenir de l'humanité
demeure incertain.
LA FOI ET
L'ACTION
La relation de
la foi à l'action est semblable à celle de la morale à la
conduite.
La foi de
l'homme en Dieu, sa certitude quant à l'avènement du Jour
Dernier, et sa croyance en la mission des Messagers divins,
l'incitent certainement à œuvrer pour ce qui plait à Dieu, à
se préparer à sa rencontre et à se maintenir dans sa voie.
De même, le courageux attaque là où le danger est certain,
le généreux offre lorsque le besoin se fait sentir et
l'homme honnête se soucie de la vérité à l'occasion de toute
discussion, etc.
il est
difficile, voire impossible, à l'homme de situer la réalité
dé la religion en deçà de ce niveau, ou de comprendre
autrement le Livre de Dieu et la Sunna de son Prophète.
Or, les ennemis
de l’islam n'ont pas manqué de ruse pour le démolir dans son
propre fief, alors qu'ils étaient incapables de le vaincre
sur le champ de bataille. Ils ont chargé des destructeurs
d'essayer de convaincre les musulmans de la nullité et de la
vanité de l'islam.
Dans le cadre de
cette mauvaise compréhension, on a vu vivre côte à côte,
durant plusieurs années, le musulman, le juif et le copte,
sans que l'on puisse différencier l'un de l'autre. Personne
ne fréquente la mosquée, personne ne pourvoit à aucune
prescription et personne ne respecte ni Dieu, ni les rites
religieux. Ils se livrent tous à la boisson, au profit
illicite et à l'adultère. Leur seule différence est que le
juif glorifie le sabbat, le chrétien se rend clandestinement
à son église, alors que rien ne rattache ce musulman présumé
à l'islam, si ce n'est ce nom inscrit dans son acte de
naissance.
Il est
regrettable que certains théologiens ne se soucient point de
ce fait. Certains insensés murmurent le mot "unicité de
Dieu", se retranchent derrière lui et il devient facile pour
eux de manquer à leurs devoirs et de se livrer à l'interdit
tout en prétendant que la religion stipule cela. Maudite
soit leur action !!
A supposer qu'un
parti quelconque présente son programme aux gens en laissant
entendre implicitement, ou explicitement, qu'il leur est
possible de ne pas se conformer à ses principes et à ses
prescriptions, tout le monde, sans exception dira : "Quelle
absurdité ! Quelle légèreté !"
Comment
pourrait-on alors accuser l'islam de porter en lui ce qui le
démolit ?
Comment
pouvons-nous alors revenir à ses textes, pour y chercher un
support nous permettant de nous en écarter et de le tourner
en dérision ?
Et comment
prétendre que les actes ne sont qu'accessoires ? Comment
oser dire que leur manquement n'a aucune importance ?
Insensés sont ceux qui :
"ont tourné en
dérision le culte du Seigneur, en ont fait objet de
raillerie entre eux et que la vie éphémère a séduits" (Al
A’raf, 5 1).
La négligence
des lois et des prescriptions divines leur incombe. Ils sont
également responsables des calamités et des malheurs connus
par les musulmans, suite à cette interprétation erronée de
leur religion.
Comment une
nation peut-elle avoir une vie religieuse solidement assise
et une vie profane prestigieuse, si elle considère les actes
comme accessoires et futiles ?
Dieu fait de
l'action la mission de l'existence et la fonction des
vivants. Il considère la ruée vers le bien comme le secret
de la création et le critère du Jugement Dernier :
"Qui a créé la
mort et la vie pour vous éprouver, et afin de connaître les
meilleurs d'entre vous à leurs œuvres. C'est Lui le
Tout-Puissant, l’Absoluteur" (La Royauté, 2).
Le Saint Coran
ne renferme aucun verset évoquant la foi sans la lier aux
bons actes, à la crainte ou à la soumission à Dieu, au point
que les deux sont étroitement et solidement associés.
Si l'on a à
comparer la voie droite à l'égarement, on devra mettre la
foi et l'action d'un côté, l'incrédulité de l'autre.
"L'aveugle et le
clairvoyant ne sauraient être égaux, pas plus que ceux qui
croient et font le Bien et ceux qui font le Mal" (Le
Croyant, 58).
En effet,
fréquentes sont les allusions faites à l'islam et à son
essence universelle par des aspects pratiques, clairs et
précis:
"Mais il n'a pas
gravé pour autant la voie ascendante.
"Mais sais-tu
bien ce qu'est que de la gravir ? C'est de se vouer au
rachat des captifs
De nourrir en
temps de disette
Un parent
orphelin
Ou un pauvre
réduit au dénuement" (Le Pays, 11- 12-13-14-15 -16).
D'ailleurs,
l'islam considère le manquement à certaines bonnes actions
comme la preuve que l'âme est dépourvue de croyance, et que
le cœur est dénué de toute foi.
"As-tu remarqué
cet homme qui nie le Jugement Dernier ? C'est celui qui
brime l'orphelin,
Et n'incite
point à nourrir le pauvre" (L'Aide, 1,2,3).
La foi est,
parfois, considérée comme une qualité associée aux actions
et rattachéé aux conduites humaines habituelles, qu'elle
améliore et lie à Dieu. L'action est ainsi citée en premier
lieu, conformément à son importance alors que la foi vient
en second lieu, comme condition de la validité et de
l'approbation de l'action.
"Celui qui
s'adonne aux bonnes actions le cœur plein de foi n'agit pas
vainement. Nous en sommes témoin" (Les Prophètes : 94).
N'est-ce pas la
valeur des actes, et non les prétentions, qui déterminent
l'accès au Paradis ou la condamnation à l'Enfer ?
"Une pesée
rigoureuse s'effectuera en toute équité. Ceux dont les
œuvres l'emportent par leur poids seront les bienheureux.
Ceux, au
contraire, dont le plateau sera léger, ceux-là, pour avoir
uniquement bafoué Nos Signes, perdront à tout jamais leurs
âmes" (Al A’raf, 8-9).
Nous connaissons
l'histoire des nations qui ont péri à cause de leurs mauvais
actes. Nous savons, par exemple, qu'Allah a puni le peuple
de Loth, en raison de ses turpitudes, et celui de Choua'ib,
parce qu'il ne respectait pas les poids et les mesures. Nous
connaissons la destinée de ces impies.
Notre nation
serait-elle la seule à vouloir commettre les péchés sans
précaution ni crainte?
L'islam, à
l'instar des précédentes religions révélées, ne peut
dissocier la foi des actes. D'ailleurs, le Coran nous conte
l'histoire de nos prédécesseurs afin qu'e1le nous serve
d'exemple. Prêtons donc oreille à Dieu lorsqu'il dit à ce
propos :
"Nous avons
détruit bien de générations avant vous, qui s'étaient
comportées iniquement. Vers elles, étaient venus leurs
Prophètes avec des signes évidents que ces peuples
rejetèrent obstinément. Ainsi, Notre châtiment atteint les
pervers.
"Nous vous
appelons à leur succéder sur la terre : Nous voulons vous y
voir à l'œuvre, à votre tour !" (Jonas, 13-14).
C'est ainsi que
Dieu nous éprouve et contrôle nos conduites en exigeant de
nous foi et actes réunis. Il évalue, ensuite, notre
acquittement des tâches requises. Dieu n'a t-il pas rappelé
à tous les fils d'Adam, sans exception, cette vérité
évidente ? Il leur expliqua clairement que le salut réside
dans l'intégrité, la vertu, la crainte et non dans
l'hypocrisie et la prétention.
"Fils d'Adam !
des Prophètes issus de vous-mêmes viendront pour vous
rappeler Mes enseignements. Ceux qui seront pieux et
s'appliqueront à être meilleurs n'auront rien à craindre ni
n'éprouveront d'affliction.
Ceux, au
contraire, qui traiteront mes versets d'impostures et s’en
détourneront avec hauteur, ceux-là connaîtront le feu
éternel" (Al A’raf, 35-36).
Lorsque les gens
sensés ont suivi le droit chemin et ont proclamé leur foi en
Dieu, ils ont crié :
"Une voix,
Seigneur, nous est parvenue, qui nous invitait à croire en
Toi : nous y avons cru" (La Famille d’Imran, 193).
Quand ils ont
quémandé au Clément le pardon, ils ont dit :
"Seigneur,
pardonne-nous nos péchés ! Veuille effacer pour nous nos
actes pervers ! Rappelle-nous à Toi au nombre des justes !"
(La Famille d’Imran, 193).
Et lorsqu'ils
ont aspiré à la victoire, au pouvoir sur terre, au succès et
à la satisfaction dans la vie future, ils ont dit :
"Accorde-nous,
Seigneur, ce que Tu nous as promis par la voie de Tes
Prophètes ! Veuille ne pas nous décevoir le jour où nous
serons ressuscités" (La Famille d’Imran, 194).
Leurs ferventes
prières et leur persévérance dans cette voie ne sont agréées
qu'à la condition qu'ils accomplissent de bons actes, car la
parole à elle seule n'est pas prisée. La satisfaction de ces
prières est fonction du sacrifice, de la persévérance et de
l'accomplissement des obligations :
“Le Seigneur a
exaucé leur prière :
“Je ne ferai
perdre à nul d'entre vous, hommes ou femmes, le fruit de ses
œuvres : n'êtes-vous pas partie intégrante les uns des
autres ? A ceux qui auront émigré, qui auront été chassés de
leurs foyers, qui auront souffert pour Ma cause, qui auront
combattu ou auront été tués à Mon Service, à tous ceux-là,
Je ferai rémission de leurs péchés et les ferai entrer dans
des jardins baignés de ruisseaux, en guise de récompense
divine car c'est auprès de Dieu qu'est la plus belle des
récompenses" (La Famille d'Imran, 195).
Nombreux, dans
le Coran et la Sunna, sont les textes qui font référence à
l'interdépendance entre la foi et les actes, instaurent
l'équité dans ses fondements, précisent à chaque musulman sa
finalité, lui déterminent sa place et attirent fortement
l'attention sur l'ordre décisif suivant :
"Dis : "Agissez
! Dieu observera vos actions, ainsi que le Prophète et les
Croyants. Vous ferez ensuite retour à Celui qui connaît si
bien toute chose, invisible ou apparente. Vous serez par Lui
informés de toutes vos œuvres" (Le Repentir, 105).
INTERPRÉTATION
TENDANCIEUSE DU TEXTE
Il existe des
gens qui, en présence de textes qu'ils ne comprennent pas,
essayent, par leur interprétation erronée, de s'écarter des
règles établies.
Nombreux sont
les hadiths colportés par les masses. Citons, à titre
d'exemple, ce Hadith rapporté par Anas et qui dit que le
Prophète, que la Paix et le Salut soient sur lui, a dit à
son compagnon de voyage :
"- 0 Mou’ad !
- A votre
service ! A vos ordres, 0 Messager d'Allah...
- Quiconque
pense sincèrement qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah et
que Mohammed est son Prophète ne connaîtra point les affres
de l'enfer.
- 0 Messager
d’Allah ! Dois-je en informer les gens pour qu'ils s'en
réjouissent ?
- Ils ne
s'adonneront alors à aucun acte !!"
Après la mort du
Prophète, Mou'ad, envahi par le sentiment de culpabilité,
fit répandre cette nouvelle à contre-cœur.
C'est en
s'accrochant à ce genre de hadiths que les non-initiés
essayent de démolir l'islam, de détruire ses fondements et
de sous-estimer l'importance de l'action et de ses effets.
Leurs arguments sont faux et irrecevables.
Al Hafid al
Moundiri pense que "certains théologiens croient que ce
genre d'interprétatioon était valable au début de l'islam,
lorsqu'il s'agissait, avant tout, de faire campagne en
faveur de la reconnaissance de l'unicité de Dieu. Dire qu'il
n'y avait "d'autre divinité qu'Allah" pouvait alors conduire
au Paradis, au début de l'avènement de l'islam, mais cela a
été abrogé après l'instauration des devoirs et la
détermination des lois. Les preuves en sont nombreuses et se
présentent de façon complémentaire.
Les points de
vue de Dahhak, Zahri, Soufiane Thaouri et autres vont dans
ce sens, tandis qu'un autre groupe de théologiens ne voit
pas l’utilité de l'abrogation dans ce cas, car tout ce qui a
trait aux fondements de la religion et aux devoirs de
l'islam est considéré comme un corollaire et un complément
de l'affirmation des deux actes de croyance. Autrement dit,
si un individu reconnaît qu'il n'y a d'autre divinité
qu'Allah, et que Mohammed est son Prophète, puis refuse
d'accomplir les obligations religieuses par reniement ou par
négligence, il sera considéré -malgré les divergences sur ce
point- incrédule et indigne du Paradis "
Al Moundiri cite
d'autres points de vue, qui s'accordent à reconnaître que
l'aspect explicite de ces Hadiths ne constitue pas leur
véritable sens.
En effet,
comment peut-on s'appuyer sur le sens manifeste de ces
hadiths, dès lors qu'il existe des centaines de textes dans
le Coran et la Sunna qui relient solidement la foi à des
actes déterminés ?
En réalité, ce
qui est présenté globalement dans un texte est détaillé dans
un autre.
Le Prophète, que
le Salut et la Paix de Dieu soient sur lui, a dit :
"J'ai reçu
l'ordre de combattre les polythéistes arabes jusqu'à ce
qu'ils déclarent qu'il n'y a d'autre divinité qu’Allah et
que Mohammed est son Messager, qu'ils s'adonnent à la prière
et qu'ils s'acquittent de l'aumône légale. Alors, ils seront
garantis contre moi, pour ce qui est de leur personne et de
leurs biens sous réserve (de l'application) de la Loi
musulmane et leur compte sera auprès de Dieu (qu'Il soit
glorifié et exalté)."
Ce hadith
énumère des actes non cités dans le précédent. Il constitue
une explication de la parole du Tout-Puissant, lorsqu'Il dit
:
"S'ils
reviennent de leurs errements, s'acquittent de la prière et
font l'aumône, ils deviendront pour vous des frères par la
foi" (Le Repentir, 11).
Il constitue
pareillement une explication de cet autre verset :
"S'ils
reviennent de leurs erreurs, s'ils font la prière et donnent
l'aumône, ils seront laissés en paix. Dieu est Absoluteur et
Clément" (Le Repentir, 5).
L'affirmation
des deux actes de foi constituent le préambule à la croyance
et à l'action, et n'est point seule suffisante comme le
considèrent les esprits bornés.
Les phonèmes et
les graphèmes formant le mot "unicité" sont des issues
donnant à l'homme l'accès à de vastes étendues et à de
larges horizons, où le cœur s'attendrit en découvrant la
vérité de l'unicité absolue chaque fois qu'il se prosterne
devant le Créateur, cherche la satisfaction divine, fuit la
malédiction, s'acquitte de ses devoirs et se détourne de
l'interdit.
Le polythéisme
ne se réduit pas à un simple mot impur, polluant une bouche
qui peut être purifiée rien qu'en prononçant son antonyme,
mais il représente l'orientation du cœur et des sentiments,
vers ce qui n'est pas Dieu. Si alors le principe de
l'unicité ne s'empare pas du cœur et des sentiments, et ne
se transforme pas en une force incitant à la bonne action,
il n'aura aucune valeur.
La notion de
l'unicité immunise l'humanité contre la soumission à des
pseudo-divinités. Celles-ci ne sont pas uniquement
constituées d'idoles, mais de tout ce qui coupe les liens
entre la volonté humaine et Dieu, et l'associe à autre chose
que la crainte et l'espoir, le désir et la panique, la
souffrance et l'espérance. Or, ceci ne peut conduire qu'au
polythéisme.
La désobéissance
a rompu la relation à Dieu à des milliers d'individus qui se
sont laissés entraîner par leurs passions loin de Lui, à tel
point qu'ils L'ont complètement oublié. Si l'on compare leur
conscience à celle des peuples de l'époque anté-islamique,
on trouvera le même reniement, la même ingratitude. La seule
différence entre eux est que les premiers ont reconnu
l'unicité de Dieu, sans la comprendre, alors que les seconds
l'ont comprise, sans la reconnaître.
L'humanité -de
par sa nature- baigne dans un univers éclairé de l'unicité
de Dieu. Lorsqu'elle succombe aux pièges tendus par Satan,
subjuguée par la passion, abandonnant le céleste et aspirant
au terrestre, elle ne cesse de se dégrader et de dégringoler
sans merci.
"Joindre des
associés à Dieu, c'est comme si, précipité du haut du ciel,
on se trouvait disputé par des oiseaux de proie, ou entraîné
par l'ouragan vers un lieu perdu" (Le Pèlerinage, 31).
La notion de
"l'unicité de Dieu" n'est pas un plant inerte dans un
mauvais sol, mais elle est un plant dont les racines sont
ancrées dans un cœur fertile, et dont les effets sont à
ombre étendue et à fruits délicieux. L'unicité de Dieu se
manifeste comme actions exigées et appuyées par l'islam, à
tel point qu'il conditionne sa propre existence par leur
développement et leur abondance :
"Voici comment
le Seigneur, usant d'une parabole, dépeint une parole
bénéfique : elle est à l'image d'un bel arbre, aux racines
solidement implantées dans le sol, dont les rameaux
s'élancent vers le ciel.
Il donne
régulièrement ses fruits en toute saison, par la grâce de
son Seigneur. Dieu propose des paraboles aux hommes pour les
inciter à réfléchir" (Ibrahim, 24-25).
Cette notion a
pour Dieu une grande valeur et est si fortement prisée qu'il
est impensable qu'on puisse permettre à un hypocrite, ou un
libertin, de l'exploiter.
L'homme aux
actions stériles ne peut être sauvé ni par ses prétentions,
ni par sa fausse foi :
"Parmi les
hommes, d'aucuns se disent croyants en Dieu et en la Vie
Future, alors qu'ils sont loin de l'être" (La Vache, 8).
Si les actions
d'un individu laissent apparaître une mauvaise intention, si
l'on s'aperçoit qu'il fuit les responsabilités et si, au
lieu de fréquenter les endroits dignes des croyants, il
hante les lieux sataniques et soutient par ses actes les
ennemis de l'islam, il nous est alors inévitable de réfuter
sa foi, en dépit de sa ferme prétention.
"Ils vous jurent
par Dieu qu'ils sont des vôtres, mais point ne le sont.
Leurs serments n'expriment que leur panique.
Si un refuge,
quel qu'il soit, grotte ou souterrain pouvait s'offrir à
eux, ils tourneraient bride aussitôt pour aller s'y blottir"
(Le Repentir, 56-57)
Etant donné que
l'islam a arrêté les conduites (lois, transactions, morale,
etc.) à tenir dans toutes les situations, l'attitude des
croyants doit être constante et consiste à s'y conformer
absolument. Si les conduites de l'individu vont à l'encontre
des prescriptions religieuses, et laissent apparaître
l'égarement du cœur, la foi ne sera que fausse prétention.
C'est par cette
logique que Dieu dévoile le cortège des premiers hypocrites,
et c'est par cette même logique que nous dénonçons de nos
jours leurs semblables.
Il existe deux
usines de textiles dans une ville que je connais. L'une
d'elles est dirigée par un non-musulman qui, par crainte
d'être taxé de fanatique, accorde à ses ouvriers une heure
pour assister à la prière du vendredi ; alors que dans la
seconde dirigée par un né musulman, qui se croit exempt de
cette accusation en raison de son islam présumé, les
ouvriers ne bénéficient pas de cette faveur. Il est possible
que si l'on discute avec lui cet écart de la voie de Dieu,
il dira du mal de la prière et de ses pratiquants, en leur
attribuant toutes les bassesses. Comment alors peut-on
compter ce sot, qui bafoue les rites de l'islam, parmi les
croyants ?
On pourrait ouïr
quelqu'un prendre en dérision la législation islamique et
ceux qui s'y conforment. Les érudits sont unanimes pour
exclure ce genre d'individus du cercle de l'islam.
Nous devons
trier la nation islamique afin d'en éliminer toutes les
immondices et d'y distinguer les musulmans des athées et des
pécheurs.
DE L'EDUCATION
Ce sont là des
hadiths mal compris par les masses. Il faudrait s'y arrêter,
pour élucider leur contexte et préciser leur signification.
Ils se rapportent aussi bien au pardon qu'à la punition, au
péché et au repentir.
Que faire devant
une nation comptant parmi les siens des gens qui
dédramatisent l'atrocité des péchés et des crimes, en
s'appuyant sur des textes mal compris, et en attendant une
clémence pour laquelle ils n'œuvrent point ?
La corruption
des civilisations religieuses provient des déformations des
paroles divines par des générations qui appliquent mal les
prescriptions religieuses, concernant les actes et les
intentions, et qui désirent commettre les sacrilèges des
athées et avoir la récompense.
Le Livre Saint
a, d'ailleurs, reproché aux juifs et à leur postérité cette
voie inconsidérée, en rappelant leur espoir insolent en le
bonheur éternel, et leur étonnante prétention de la
conformité de leurs actes immondes à la logique de la Torah
et au droit chemin de Moïse et ce, malgré leur attachement
aux bassesses de la vie et à ses aspects éphémères.
Le Coran expose
ceci avec clarté dans le verset suivant :
"Une autre
génération leur succéda, qui reçut les Ecritures en
héritage. Ses enfants firent argent de tout, disant à chaque
coup : "cela nous sera pardonné !" sans pour autant
s'abstenir de récidiver. Or n'avaient-ils pas pris, de par
leur alliance avec Dieu, l'engagement de ne rien lui faire
dire qui ne soit de Lui ? N'ont-ils pas étudié l’Ecriture
tout à loisir ?" (Al A’raf, 169)
Le Tout-Puissant
a montré ensuite que la récompense de ceux qui s'amendent ne
sera pas perdue, et que les éléments de cet amendement
résident dans le véritable attachement aux Livres révélés et
à leurs recommandements. D'où le verset :
"L'Ultime
demeure est d'un plus haut prix pour ceux qui craignent le
Seigneur. Ne pourriez-vous y réfléchir ?
Pour ceux qui
s'attachent fermement aux Ecritures et observent strictement
la prière, ceux-là, pour s'être rendus meilleurs, ne verront
pas leurs œuvres méconnues" (Al A’raf, 169-170).
Cependant,
peut-on vraiment parler d'attachement des croyants à leur
religion ? Ou plutôt où situer les musulmans par rapport au
droit chemin de leur Coran ?
Le nombre
d'assassinats dans les contrées musulmanes est nettement
supérieur au nombre de crimes enregistrés pendant un
demi-siècle dans un pays comme la Finlande, qui n'adhère à
aucun culte.
Les raisons de
ce tumulte sont nombreuses. Cependant, les plus importantes
se rapportent à la dissociation entre la foi et l'action, à
la rupture de la jonction entre le crime et le châtiment, à
la recherche des fausses excuses à ceux qui ne s'amendent
pas, et au remplacement de la sévérité par la tolérance.
Ce sont là les
raisons essentielles qui expliquent la corruption des
civilisations religieuses et leur dépassement par d'autres,
dans certains domaines.
Avant de citer
les hadiths mal compris par les gens, je me réfère à cet
exemple que je tiens d'Abdelaziz Ismaël :
"Sous l'effet
d'une grande émotion, un pieux a commis un homicide qu'il a
regretté une fois son équilibre recouvré. Il s'agit d'un
crime non prémédité.
Il est prouvé
scientifiquement qu’une forte émotion entraîne une
hyper-sécrétion hormonale par certaines glandes endocrines,
laquelle sécrétion influence énormément la tension
artérielle et le fonctionnement cérébral. Elle pourrait
provoquer des spasmes ou même une perturbation passagère de
la perception (confusion mentale/torpeur) pendant laquelle
le sujet pourrait commettre des actes qu'il déplorerait à
l'état normal".
Ceci illustre la
force du destin inéluctable.
Le diagnostic de
ce fait, établi par un expert médical, montre l'ampleur de
sa responsabilité dans l'autre monde.
C'est à son
propos et à celui des faits semblables qu'il convient
d'entendre le hadith du Prophète, que le Salut et la Paix de
Dieu soient sur Lui, lorsqu'il dit :
"Si vous ne
commettiez pas de péché, Dieu mettrait fin à votre vie et
vous remplacerait par des pécheurs qui demanderont le pardon
à Dieu qui le leur accordera".
Ce hadith ne
constitue ni une incitation au péché ni une affirmation qui
situe la raison de l'existence dans l'accomplissement des
actes abominables.
Dans son Livre
sacré, Dieu expose les raisons suprêmes de notre existence
en disant :
"Qui a créé la
mort et la vie pour vous éprouver, et afin de connaître les
meilleurs d'entre-vous à leurs œuvres" (La Royauté, 2).
Pour expliquer
ce verset, le Prophète a dit :
"Parmi les
meilleurs d'entre vous, il y a celui qui l'emporte par
l'excellence de son caractère".
Le hadith
ci-dessus cité, est à prendre comme un commentaire sur les
changements d'humeur qui emportent les fils d'Adam, et
exposent leurs volontés -aussi fortes soient-elles- aux
tempêtes du destin qui les anéantissent. Lorsqu'un individu
échappe, tout étourdi, à leur emprise, il prête l'oreille à
ce hadith : "Si vous ne commettiez pas de péché...", comme
le fait un malheureux que l'on console.
Ce hadith, par
conséquent, ne concerne guère la voie des lâches et des
criminels récidivistes.
Nous avons
besoin des saintes directives du Prophète pour remédier aux
faux pas de la jeunesse et sa chute répétée dans le bourbier
des instincts sexuels.
Que d'effets
dangereux découlent de l'activité hormonale ! Aussitôt
qu'une glande déverse ses sécrétions dans le flot sanguin,
l'individu se trouve dans l'incapacité de maintenir son
équilibre.
C'est comme si
Dieu voulait réduire l'homme, ce géant, en un esclave
impuissant face au Maître des cieux et de la terre et lier
l'espoir des hommes beaucoup plus à l'attente du pardon et
du succès qu'à l'accomplissement des devoirs et des divers
actes d'obéissance. Ceci concerne surtout les doués qui,
exposés à la vanité, nourrissent par ce fait même l'espoir
en la grâce divine.
C'est en
fonction de cette précision qu'il convient de comprendre ce
hadith du Prophète, que la Paix et la Prière de Dieu soient
sur lui :
"L'être humain
est condamné à commettre sa part d'adultère : Celui-ci peut
avoir pour cause l'œil qui regarde, l'oreille qui écoute, la
bouche qui parle, la main qui agit, le pied qui marche, le
cœur qui se passionne et qui espère... en est témoin le sexe
qui confirme ou infirme".
Ce qui est
prescrit ce sont les faiblesses de la pulsion dans son
paroxysme.
La Grâce divine
ne se rapporte qu'à ce qui dépasse les limites, de la lutte
contre les désirs vils et l'aspiration à la perfection.
Autrement dit, le jeune est sensé fournir tous ses efforts
pour lutter contre le péché et pour éviter ses tentations,
mais lorsqu'au cours de cette lutte surviennent des
complications imprévues, il peut s'en décharger, tout comme
un nageur qui, confronté à un courant puissant, s'efforce,
avec acharnement, de gagner la rive avant de se rendre
compte que son entreprise est vouée à l'échec.
Ce hadith n'est
point invoqué pour justifier la faute, mais pour en
faciliter l'échappement et éviter la récidive.
C'est, ensuite,
que la volonté de l'homme se tourne vers l'accomplissement
des actes positifs, qui constituent un remède aux insuccès
connus dans l'abstention de s'adonner aux actes négatifs.
"Accomplis
l'office pieux aux deux extrémités du jour, à certaines
heures de la nuit ! Les bonnes actions dissiperont l'effet
des mauvaises. Cela en vérité est un rappel édifiant pour
ceux qui s'y trouvent disposés" (Houd, 114).
L'accès à
l'espoir dans le bien demeure ouvert, même si Satan essaie
de le fermer. C'est pour cela que Dieu dit :
"Patience ! Ceux
qui font le bien en seront toujours récompensés" (Houd,
115).
En vérité, les
bonnes œuvres ne sont pas seulement un remède à l'insuccès
dans l'abandon des péchés, mais constituent surtout la seule
voie de la réussite dans leur évitement et dans la
purification de leur souillure, même si cela s'avère
difficile au départ. C'est là la preuve de l'existence de la
foi.
Malhonnêtes sont
ceux qui s'adonnent au mal, se détournent du bien et
prétendent être musulmans. Il n'y a rien dans le hadith
précité qui sauverait leur foi.
Voici un autre
hadith cité par un insensé, pour justifier le dédain qu'on
pourrait avoir à l'égard de l'action. Le Prophète, que la
Paix et le Salut de Dieu soient sur lui a dit :
"Un homme a dit
: "Dieu, à coup sûr, ne rachètera pas un tel", mais le
Seigneur a dit : "Qui prétend que je ne peux pas pardonner ?
En vérité je pardonne le pécheur et n'apprécie point les
actions des fidèles qui se substituent à Moi dans leur
jugement".
Ce hadith
authentique est cité par Mouslim et Abou Daoud, a vérifié un
autre qui lui est similaire. Le Prophète, que la Paix et le
Salut d'Allah soient sur lui, a dit :
"Il y avait dans
le peuple d’Israël deux hommes amis : l'un était incroyant,
l'autre un bon fidèle.
- Cesse de
pécher disait le croyant au mécréant pécheur.
- Laisse-moi en
paix lui répliquait l'infidèle. Dieu t'a-t-il envoyé pour me
surveiller ?
- Je jure que
Dieu ne te pardonnera point tes péchés. Tu n'iras point au
Paradis.
Quand ils
moururent, ils se trouvèrent face au Maître de l'Univers.
Dieu dit au croyant :
" - Tu voulais
te substituer à Moi ? S'adressant au pécheur, Il dit :
- Va et rentre
-par ma Grâce- au Paradis.
Il commanda
ensuite aux Anges d'emmener le Croyant à l'Enfer".
Les érudits ont
compris de ce hadith le seul sens qu'il renferme,
c'est-à-dire que l'individu qui vante son obéissance est,
certes, plus éloigné de Dieu qu'un autre, peiné d'avoir
commis des péchés. Certains individus accordent de
l'importance à l'aspect extérieur de la religion, croient
que, par l'accomplissement de quelques prières, ils
partagent avec Dieu la détermination du sort des autres et
pensent détenir avec Lui les clés du Paradis et de l'Enfer.
J'ai vu des gens
de ce genre fréquenter des sanctuaires, leur âme est imbue
d'ignorance et dépourvue de finesse et d'humilité. Le hadith
précité constitue un obstacle à ce genre de personnes.
On trouve encore
aujourd'hui dans le christianisme des individus à cœur fendu
d'avoir péché, s'adressant au prêtre pour se confesser. Si
l'on compare les âmes de ces deux partenaires, on trouvera
que celle du pécheur est plus proche de la perfection
humaine que celle du prêtre, qui l'ui accorde le pardon tout
en l'humiliant.
Je me plains
toujours dans mes nombreuses expériences de l'insensibilité
du cœur, et de la grossièreté du comportement de certains
qui prétendent être croyants. Par contre, on trouve,
parfois, de bonnes qualités dans les conduites de ceux qui
n'ont pas encore découvert le Beau, le Bien et le Vrai que
renferme la religion.
Il est
impossible que le précédent hadith soit en contradiction
avec ce que Dieu dit dans son Livre :
"Aux vertueux
seront réservés auprès du Seigneur, les jardins de délice.
Quoi !
traiterons-Nous sur un même pied d'égalité les soumis et les
rebelles ?
Quel étrange
jugement est le vôtre ?
Auriez-vous en
mains une Écriture que vous étudiez.
Et qui vous
annonce le meilleur sort que vous puissiez souhaiter ?
Ou tenez-vous de
Nous un engagement formel, valable jusqu'au Jour Dernier, et
vous accordant ce que vous jugerez à propos d'avoir ?
Demande leur !
lequel d'entre eux s'en porterait garant. (La Plume,
34-35-36-37-38-39-40).
Nous demandons
aux insensés qui altèrent le sens des textes : comment en
raison du voile qui les empêche de voir clair et de
comprendre le Livre, se sont-ils permis de dissocier foi et
action, péché et châtiment ?
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