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PREDESTINATION ET LIBRE
ARBITRE
LA FOI EN LA
PRÉDESTINATION ET LE LIBRE ARBITRE
La foi en la
prédestination et le libre arbitre fait partie, en islam,
des fondements de la croyance en Dieu. Elle est basée sur la
connaissance véritable et profonde de l'Être Suprême et de
ses Attributs.
L'islam, à n'en
pas douter, a conféré à Dieu toutes les qualifications de la
perfection, Lui a attribué tous les traits de la Beauté, de
la Grandeur, de la Gloire, de la Grâce.
"Lui qui crée et
ordonne, prédétermine et guide" (Le Très-Haut, 2-3).
Parmi les choses
auxquelles il faut croire et adhérer : le fait que Dieu seul
est détenteur de la connaissance véritable, que sa Volonté
est sans bornes, que sa Puissance est complète, qu'Il fait
tout ce qu'Il désire et qu'Il comprend parfaitement tout ce
qu'Il fait.
C'est sur la
base de ces Attributs que repose la foi en la prédestination
et le libre arbitre, considérée comme faisant partie
intégrante de la croyance en Dieu et comme un élément de Sa
Vérité évidente et éclatante.
En effet, le
savoir divin est illimité. Dieu possède le secret de tout,
qu'il s'agisse du va-et-vient incessant des fourmis dans
leurs fourmilières ou de la stabilité des planètes dans
leurs trajectoires. Son savoir fait qu'Il domine le temps
malgré sa longue durée, et l'espace malgré sa large
extension. Aucune contrée, qu'elle soit située en Orient ou
en Occident, ne Lui est étrangère et aucun moment, d'ici-bas
ou de l'Au-delà, ne Lui échappe.
Tous les
événements de la vie et -Dieu sait combien ils sont
nombreux- touchant au bien, au mal, à l'espoir, à
l'angoisse, au bonheur sont connus de Dieu qui peut aisément
les dénombrer :
"Il n'est pas un
atome sur terre ou dans le ciel qui puisse échapper à Dieu,
point d'être plus petit ou plus grand, qu'un Livre souverain
n'ait recensé" (Jonas, 61).
C'est dans ce
Livre que sont esquissés les signes de la prédestination et
du libre arbitre. Le destin des choses y est connu et leur
fin, heureuse ou malheureuse, y est clarifiée. Mais de tout
cela, que savons-nous en réalité ?
"L'inconnu est
ce Livre que Dieu a préservé des humains et d'où jaillissent
de temps à autre quelques bribes d'informations sur une
époque donnée." (Poésie)
La
prédestination et le libre arbitre ont trait aux événements
de la vie, aux activités et aux comportements des êtres
humains. Ils suivent deux directions bien distinctes ayant
chacune ses lois spécifiques et ses propres conséquences.
Des frontières
étanches séparent ces deux orientations. L'ignorer serait
préjudiciable à la foi et conduirait le croyant au désarroi.
Dans ce qui suit, nous tracerons les contours de ces deux
façons de considérer les choses de la vie.
LES LIMITES DE
NOTRE LIBERTÉ
Il y a des
choses qui ne s'accomplissent que grâce à la Puissance
Suprême et selon le seul bon vouloir de la Volonté divine.
Qu'ils le veuillent ou non, les hommes les subissent de gré
ou de force. Ainsi, il en est du degré d'intelligence et de
stupidité dans les cerveaux, de la sérénité ou de la
violence des caractères, de la beauté, de la laideur, de la
taille du corps humain, de l'introversion et de
l'extroversion de la personnalité, de la date de naissance,
du milieu où l'on vit, des parents et des gènes qu'ils nous
transmettent, des instincts et des goûts que nous héritons.
L'homme n'a aucune prise sur la vie, la mort, la santé, la
maladie, la richesse et la pauvreté.
C'est la main du
destin qui, secrètement ou ostensiblement, oriente la vie
selon les désirs du Créateur.
"Il n'est rien
sur la terre et dans le ciel qui échappe à la vue de Dieu.
"C'est Lui qui
vous modèle à son gré dans le sein de vos mères. Il n'est
pas d'autre Dieu que Lui, Le Tout-Puissant, Le Sage" (La
Famille d’Imran, 5-6).
Il va sans dire
que rien, dans ce qui précède, n'est matière à objection ou
sujet à controverse. Si nous apportons ces exemples c'est
tout simplement pour démontrer que nous ne sommes point
responsables de notre appartenance géographique, donc de
notre nationalité, que nous n'avons nullement choisi la
langue que nous parlons. Masculin ou féminin, c'est Dieu qui
détermine le sexe. Nous n'avons aucune responsabilité dans
tout cela et le Saint Coran est explicite à ce sujet:
"Ton Maître crée
ce qu'Il veut et choisit ce qu'Il veut. Il ne saurait y
avoir de choix pour eux. Gloire à Lui. Il est trop au-dessus
de ce qu'ils lui associent.
"Ton Maître
connaît leurs plus secrètes pensées, comme ce qu'ils
produisent au grand jour.
"Il est Dieu. Il
n'est point de Dieu excepté Lui. Béni soit-Il en ce monde et
dans l’autre. L'arrêt suprême Lui appartient et à Lui vous
ferez retour" (Le Récit, 68-69-70).
La foi en ce
genre de fatalité est un devoir spirituel, et le croyant
doit comprendre parfaitement que ce sont là des choses qui
ne souffrent d'aucun doute, qu'on a beaucoup écrit à leur
propos et qu'il n'est plus question d'y revenir.
Ce sont là des
arrêts dont Dieu seul a le secret. C'est Lui qui les décide
et c'est Lui qui les met au grand jour, qui les exécute dans
une indépendance totale.
Nos
prédécesseurs ont vu juste, eux, dont la croyance à ces
décrets était totale. D'ailleurs, l'impact de cette croyance
sur leur comportement était des plus bénéfiques.
Ainsi, quand
l'un d'entre eux savait que sa mort était imminente, son
courage ne diminuait point. Il ne se laissait pas envahir
par le découragement et accomplissait ses devoirs religieux
et autres de la manière la plus exemplaire possible, tout en
ayant constamment présent à l'esprit l'écho de cette parole
divine
"Dis leur :
"Rien ne peut nous atteindre que Dieu n'ait déjà décrété.
Cest Lui notre Maître, et c'est à Dieu que doivent se fier
les croyants !" (Le Repentir, 51).
Les situations
où l'on doit faire appel à la prédestination et se livrer à
la Volonté de Dieu sont diverses et nombreuses. Elles ne
font, cependant, que renforcer chez le croyant, ses
capacités d'endurance et développer en lui la fermeté, la
volonté et la patience.
LIBRE EXERCICE
DE LA VOLONTÉ HUMAINE
Il s'agit ici
d'actions qui diffèrent de celles qu'on vient d'exposer dans
le chapitre précédent. Au moment de les exécuter, nous avons
pleinement conscience que nos facultés mentales exercent
librement leurs fonctions, que nous avons nos propres
initiatives et que nous observons et censurons nous-mêmes
tout ce que nous entreprenons. Quel est donc notre degré de
liberté par rapport à ces actions ? Que voulons-nous dire en
évoquant à leur propos, le libre arbitre ?
Nous allons
répondre à ces questions de manière à dissiper -grâce à
Dieu- toutes sortes de soupçons qui proviendraient de nos
détracteurs.
Nous sommes tout
à fait conscients de notre autonomie et de notre liberté
d'action dans tout ce que nous entreprenons. Cette
conscience aurait largement suffit pour expliquer, notre
liberté s'il n'y avait pas eu des gens qui prétendent que
nos sentiments ne sont pas toujours bien fondés, et que nous
pouvons facilement nous tromper.
Mais nous avons
confiance en notre conscience des choses, et nous croyons
profondément à son bien-fondé chaque fois que nous faisons
appel au Saint Coran.
Le Coran, en
effet, exalte et magnifie la liberté et la volonté humaines.
"Dis : "La
vérité est là, émanant de votre Seigneur. Y croira qui
voudra et la reniera qui voudra" (La Caverne, 29).
Le Livre saint
reconnaît à la volonté humaine la responsabilité de tout ce
qu'elle dicte comme actes :
"Dis : "La
vérité, humains, vous est parvenue, émanant de votre
Seigneur. Quiconque en suit la voie le fera pour son bien ;
quiconque en dévie se perdra lui-même. Je ne puis, quant à
moi, répondre de votre salut". (Jonas, 109).
L'essence même
de la religion -soit l'obligation et le devoir- n'a pas de
sens si la volonté n'est pas autonome et ne dispose pas de
sa liberté d'action. La récompense, de son côté, n'a sa
raison d'être que dans une ambiance de liberté où l'individu
se sent responsable de ses actes.
Il n'y a pas
lieu de citer les versets qui corroborent ces faits.
Toutefois, il faut noter que le Coran constitue, par
lui-même, la preuve évidente et l'argument irréfutable que
l'homme est libre dans ses actes.
Quelle est alors
la position du Savoir divin vis-à-vis des actes humains ?
C'est tout simplement de les connaître dans leur totalité :
"Dieu en détient
la science gravée sur un Livre éternel ! Mon maître ne
saurait errer, ni commettre d'oubli" (Tâha, 52).
Mais comment
peut-on alors concilier liberté individuelle et le fait que
nos actions ne sont pas accomplies en dehors de la sphère du
Savoir divin qui englobe tout ?
La réponse est
simple : mets-toi en face d'un miroir bien poli, fronce-toi
les sourcils et prends un air grave. Que verras-tu alors ? A
coup sûr, un visage sombre comme il l'est en réalité. La
faute n'est pas à imputer au miroir, car le rôle de celui-ci
est de refléter l'image, ni plus, ni moins. Et si tu avais
souri, le miroir t'aurait incontestablement rendu ton
sourire.
Il en est ainsi
des registres de la Science divine. Leur rôle concernant les
actions de l'homme, se limite à l'enregistrement. Celles-ci
sont, en effet, simplement enregistrées et ne sont pas du
tout provoquées par le Pouvoir divin.
Ce qui
caractérise essentiellement la Science divine est qu'Elle
n'est pas seulement au courant du présent, mais aussi du
passé et de l'avenir. Elle perçoit les choses telles
qu'elles sont réellement, telles qu'elles étaient de par le
passé et telles qu'elles seront dans l'avenir.
Comment
pourrait-on alors expliquer la souveraineté de la Volonté
Suprême et de la domination de la Puissance divine sur
toutes les créatures ? Quelle est la signification de cette
Omnipotence, et comment la concilier avec la liberté de la
volonté de l'individu ?
ESSAI
D'INTERPRÉTATION
"Dieu égare, en
vérité, qui Il veut et dirige qui Il veut" (Les Anges, 8).
Il est simple de
se poser des questions là-dessus, mais pour bien comprendre
de quoi il s'agit on prendra appui sur le Coran lui-même :
"Nous Fîmes de
ce Coran une œuvre accessible afin qu'il puisse servir de
rappel. En est-il qui en feront leur profit ?" (La Lune,
22).
Ainsi donc,
comme on peut le constater, si le premier verset exprime la
puissance absolue de Dieu, le deuxième ouvre la voie d'une
manière -on ne peut plus claire- au libre choix de
l'individu. En d'autres termes, cela veut dire que lorsque
Dieu fourvoie un individu, c'est que celui-ci a bel et bien
choisi de son propre gré le mauvais chemin. Dieu ne fait, en
réalité, qu'entériner le choix des individus et les
abandonner -le cas échéant- dans leur égarement.
"Comme ils
déviaient du droit chemin, Dieu fit dévier leur entendement.
Dieu ne dirige pas un peuple pervers" (Le Rang, 5).
A noter, dans ce
verset, l'accent mis sur l'action délibérée des humains et
l'importance qui lui y est accordée :
"Celui qui se
séparera ouvertement du Prophète après avoir connu
clairement la voie du Salut, pour suivre un autre chemin que
celui des croyants, sera livré par Nous au sort qu'il s'est
choisi lui-même, et acculé au supplice infernal, le pire qui
soit".
Subsiste-t-il
alors quelque ambiguïté à propos de la liberté indiduelle ?
Non, bien sûr !
La phrase :
"Dieu égare qui Il veut" signifie exactement ce que Dieu dit
dans cet autre verset :
"Mais ne sont
égarés, en fait, que les pervers. Ceux qui défont l'alliance
conclue avec Dieu, n’hésitent pas à rompre les liens sacrés
que Dieu a prescrits de resserrer, et s’érigent en fauteurs
de désordre, ceux-là vont tout droit à leur perte" (La
Vache, 26-27).
Il en est de
même pour la phrase "Dieu guide qui Il veut". Remarquons, à
ce propos, comment le verset suivant qui traite de la
Volonté divine, explicite, on ne peut mieux, la valeur et
l'importance de la volonté individuelle et du libre choix de
l'être humain :
"Dis : "Dieu
décrète d'égarer qui Il veut. Il guide toujours vers Lui les
repentants convaincus.
Ceux qui croient
et dont les cœurs s'apaisent au souvenir de Dieu. N'est-ce
pas au souvenir de Dieu que s'apaisent les cœurs ?" (Le
Tonnerre, 27-28).
Prends, cher
lecteur, cette lanterne et éclaire-toi le chemin. Tu ne
trouveras dans la religion de Dieu ni désarroi, ni
perplexité. Ceux qui souffrent du désespoir et du désarroi
sont ceux qui sont atteints dans leur cerveau et dans leur
cœur.
Il se peut que
certaines personnes s'interrogent à propos des limites
minimales et maximales de la volonté humaine dans ce qu'elle
entreprend comme actions. Quoique cette question n'ait pas
de justification et ne doive pas être posée, nous nous
faisons un devoir de lui apporter une réponse, afin qu'on
puisse distinguer la part de responsabilité de Dieu dans les
bienfaits, et celle de l'homme dans les méfaits.
Sais-tu ce que
fait le paysan dans son champ ?
Il le laboure,
sème les graines, veille à ce que la semence soit arrosée,
irriguée et ... Dieu fait le reste du travail...
Il est de ton
plein droit d'appeler le paysan "un laboureur" ou "un
semeur" et tu ne dis là en fait que la vérité. De même, tu
peux appeler Dieu "un Laboureur" ou "un Cultivateur" parce
que c'est Lui qui, en réalité, fait pousser la semence.
"Considérez vos
terres labourées.,
Serait-ce vous
qui y faites germer les semences ? Ou est-ce Nous qui
faisons lever le grain ?
Si Nous le
voulions, nous le ferions sécher sur pied; vous en seriez
réduits au désespoir" (L'Evénement, 63-64-65).
Ce que l'homme
fait de sa vie ressemble exactement à l'action du
cultivateur dans son champ. Sème donc autour de toi la bonté
et fais du bien dans ta vie, Dieu en fera des fleurs aux
couleurs éclatantes. Ou -si tu veux- sois méchant, alors
Dieu fera de ta vie, une touffe d'épines comme on n'en
rencontre que très rarement.
"Dis : "Agissez
! Dieu observera vos actions ainsi que le Prophète et les
croyants" (Le Repentir, 105).
OUTRAGE A LA
RELIGION
Il arrive
souvent que des aspects propres à la Volonté divine se
confondent avec d'autres qui sont spécifiques à l'homme et
découlant de son libre choix et ce, dans des propos que nous
nous refusons maintenant de rapporter.
Nous voudrions
tout simplement attirer l'attention ici sur le fait que le
jugement dans l'Au-delà est similaire aux équations
mathématiques. On en retire ce qui appartient en propre à
Dieu et on juge l'individu selon ses actions.
"Dieu ne saurait
léser personne, fût-ce du poids d'un atome. Il évalue au
double toute bonne action et récompense toujours au delà de
toute limite" (Les Femmes, 40).
Il se trouve
malheureusement certaines personnes qui prétendent que Dieu
a tout prévu dès le départ, et qu'Il a par conséquent usé
d'un pouvoir coercitif pour imposer aux gens ce qu'ils
doivent faire et ce qu'ils doivent éviter. Le résultat de
ces inepties est que certains ignares parmi les mystiques
assistent, impuissants, à des actes répréhensibles, se
contentant tout bonnement de proférer cette phrase : "C'est
le Destin". Il arrive aussi qu'on entende un renégat dire,
quand on le conseille : "Dieu guidera mes pas un de ces
jours" .
Très semblables
au verbiage émanant de ces écervelés, les propos des
hérétiques qui, jadis, justifiaient ainsi leur égarement :
"Si Dieu l'avait voulu, il aurait modifié notre
comportement".
Le Coran a
stigmatisé, à plusieurs endroits et à maintes reprises, ces
assertions tendancieuses :
"Ceux qui
associent leurs faux dieux au Seigneur diront : "Si Dieu
l'avait voulu, nous n'aurions, nous et nos ancêtres, adoré
que Lui, et n'aurions rien déclaré interdit. Ainsi crièrent
au mensonge ceux qui vécurent avant eux, jusqu'au Jour où
ils connurent Nos rigueurs. Dis : "Si vous savez un fait de
science certaine, produisez-le ! Vous ne faites que
conjecturer, et ne formulez que pures hypothèses". (Les
Troupeaux, 148).
A noter ici que
le Coran évite subrepticement de polémiquer sur ce grand
péché qu'il réfute catégoriquement, car en faire un sujet de
controverse serait d'ailleurs le reconnaître :
"Si Dieu l'avait
voulu, affirment les infidèles, nous n'aurions adoré que
Dieu seul, nous et nos pères, n'aurions respecté d'autres
interdits que les Siens !" Tel fut aussi l'argument de leurs
aînés mécréants. Une seule mission incombe aux Prophètes :
transmettre clairement le Message" (L'Abeille, 35).
L'effet que ces
belles paroles produisent est qu'elles mettent
définitivement un terme à la contestation.
"Des Prophètes,
inspirés de Dieu, ont eu pour mission d'annoncer la bonne
nouvelle aux hommes et en même temps de les avertir, afin
qu'ils n'aient, une fois la mission des Prophètes accomplie,
plus d'excuses à invoquer devant le Seigneur. Dieu est
Tout-Puissant. Il détient la Suprême Sagesse" (Les Femmes,
165).
Que ceux qui
somnolent et se complaisent dans leur ignorance comprennent
! Que les Orientaux paresseux, ceux qui se prennent pour de
grands esprits et des maîtres à penser, tirent la leçon de
ces versets !
Que ceux à qui
Dieu a octroyé intelligence, force de caractère et
détermination comprennent !
Hélas ! Ce sont
ceux-là qui se sont laissé bercer par leurs illusions et se
sont complus dans leurs bassesses et leurs échecs.
Heureusement que
sont restés debout ceux qui voient très loin et dont la
volonté est inébranlable.
Que ceux qui ont
fait de "la prédestination et du libre arbitre" une brèche
dans l'édifice de la religion islamique pour lui porter
préjudice comprennent !
"Malheur à tout
imposteur au cœur endurci" (Les Agenouillés, 7).
LE DESTIN COMME
ÉCHAPPATOIRE
Il arrive
souvent que l'homme s'excuse d'avoir commis des péchés en
tentant de les minimiser ou de les justifier.
Il arrive aussi
qu'il répare une erreur anodine par un péché grave en
recourant au mensonge, par exemple, ou à la polémique,
source de démagogie et de charlatanisme.
On peut demander
à un individu d'accomplir un acte quelconque qu'il refusera
d'exécuter, comme on peut également le dissuader de
commettre un acte qu'il finira malgré tout par accomplir,
tenté qu'il est de se laisser entraîner par ses instincts.
Si on
l'interroge sur la signification de ses actes, il ne dira
jamais les raisons véritables qui le poussent à faire du mal
et à éviter de faire du bien : Tout au plus, il se
contentera de dire, avec arrogance :
"Que puis-je
faire ? C'est plus fort que moi... Je suis excusé".
Et, en cela, il
imitera le comportement de ces hérétiques qui adoraient les
statues et que le Prophète combattit :
"Si Dieu l'avait
voulu, affirment-ils, nous n’aurions pas adoré ces divinités
!". Ils n'en savent rien, au juste. Ce ne sont que des
suppositions arbitraires".
"Ont-ils jamais
reçu, avant celle-ci, une Ecriture dont ils puissent se
prévaloir ?" (Les Ornements, 20-21).
Le fait que
l'homme tente d'ignorer ce que Dieu Lui a octroyé comme
énergie et intelligence, ce dont Il l'a doté comme
prédisposition à la noblesse et à l'humilité, comme esprit
d'initiative pour agir librement et sans contrainte, faire
du bien ou au contraire répandre le mal autour de lui, ne
l'autorise en rien à ne pas assumer pleinement ses
responsabilités, même s'il s'obstine à déclarer qu'il n'est
pas libre dans ses actes.
Il m'est arrivé
personnellement de discuter avec certains de ceux qui ne
cessent d'accuser le destin d'être la cause de tous leurs
malheurs. Après les avoir écoutés longuement, j'ai trouvé
que leurs allégations sont basées sur des interprétations
erronées du texte coranique.
Ce sont là des
erreurs et des croyances fausses qui, malheureusement, se
sont répandues dans toutes les couches de la société.
Le Prophète, que
la Paix et le Salut de Dieu soient sur Lui, a interdit aux
hommes pieux, connus pour leur attachement à la religion et
pour leur "jihad" , de s'adonner au repos au nom de ce
soi-disant destin.
Ali Ibn Abi
Talib rapporte : "J'étais en compagnie de Fatima quand le
Prophète me rendit visite la nuit. Quand il nous vit, il
s'exclama :
"Quoi ! Vous ne
priez pas ?"
"0, Messager de
Dieu, lui répondis-je, notre vie est entre les mains de Dieu
! S'Il désire nous changer ou nous ressusciter Il le fera".
Sans me
répondre, le Prophète, tout consterné, prit congé de nous.
Je l'ai entendu dire, par la suite, alors qu'il s'éloignait,
frappant ses cuisses de sa main :
"Mais de tous
les êtres, le plus disputeur est l'être humain" (La Caverne,
54).
Ce propos d'Abou
Al Hassan a étonné le Prophète, que la Paix et le Salut de
Dieu soient sur Lui, et bien qu'il soit compréhensible chez
l'homme connu pour ses propensions à la polémique, il était
inattendu d'un homme comme Ali dont l'attachement à la
religion n'est ignoré de personne.
Cela est, sans
doute, le résultat de la lassitude qui gagne l'homme, à la
tombée de la nuit, lui faisant dire des propos qu'on
n'attend guère de lui.
Certains
évoquent l'histoire d'Adam et de Moïse comme preuve qu'on
peut imputer ce qui nous arrive au destin. Abou Houraïra
rapporte ce dire du Prophète :
"Moïse eut une
discussion avec Adam et déclara : "0 Adam ! Tu es notre père
et tu nous as fait sortir du Paradis ! "Adam lui rétorqua:
"0 Moïse ! Dieu
s'est adressé directement à toi et, de Ses propres mains,
t'a rédigé la Torah. Comment se fait-il alors que tu me
reproches un fait qui devait fatalement m'arriver et qui
était prévu quarante ans avant ma naissance". Le Prophète
conclut : "Adam eut raison de Moïse et le convainquit".
Il n'y a rien
dans ce dire du Prophète qui puisse donner raison à ceux qui
se réfugient, constamment, dans le destin pour justifier
leurs actes malsains. Pour le Prophète Moïse, Adam doit
endosser la responsabilité de tous les malheurs du genre
humain, parce qu'il a osé manger le fruit interdit de
l'arbre de la science, du bien et du mal.
Adam s'est bien
défendu, du reste.
La vie humaine
n'est pas la conséquence, naturelle ou logique, du péché
commis par Adam, car celui-ci aurait très bien pu être puni
autrement, par un blâme ou une privation momentanée, ou
quelque chose d'autre...
Que ce monde-ci,
plein d'heurs et de malheurs, fût fondé sur ce péché est du
ressort de Dieu, mais cela n'a jamais effleuré l'esprit
d'Adam. Celui-ci n'en est aucunement responsable, d'où sa
protestation auprès de Moïse.
Le dire, ci-haut
mentionné n'a rien à voir avec la responsabilité effective
qui incombe à Adam, quant à son péché pour lequel,
d'ailleurs, il a demandé grâce à Dieu.
L'existence de
ce monde n'est pas dû au péché d'Adam. Ce n'est pas Adam,
non plus, qui est à l'origine de l'éparpillement des hommes
à travers les continents, où ils doivent travailler et
peiner pour vivre.
Moïse, qui
croyait le contraire reçut les réprimandes d'Adam qui lui
expliqua que l'existence des hommes sur terre relève de la
volonté divine, et que personne n'a le droit de l'incriminer
et de lui imputer -lui, le premier père- les malheurs de
l'humanité.
Dans une autre
version, on rapporte :
"Moïse dit : "0
Seigneur ! Montre-nous Adam qui nous a tous fait sortir du
Paradis ! " Dieu fit suite à cette demande et présenta Adam
à Moïse.
"Moïse dit
alors, s'adressant à Adam : "Est-ce que c'est Toi, notre
Père Adam ?"
Adam acquiesça.
Moïse : "Est-ce
Toi à qui Dieu insuffla la vie et à qui il a fait apprendre
tous Ses Noms. Est-ce pour Toi que Dieu a demandé aux Anges
de prier ?"
Adam : "Oui,
c'est bien pour moi."
Moïse :
"Qu'est-ce qui t'a poussé à sortir et à nous faire sortir du
Paradis."
Adam :" Qui
es-tu, toi ?"
Moïse : "Je suis
Moïse"
Adam : "C'est
Toi que Dieu a choisi comme Prophète ? C'est Toi le Messager
d'Israël à qui Dieu a adressé directement la Parole,
derrière le voile et sans l'aide d'aucun intermédiaire."
Moïse : "En
effet.."
Adam : "Ne
trouves-tu pas donc que tout ce dont tu m'incrimines a été
consigné dans le Livre bien avant ma naissance ?"
Moïse : "Non !
Pas du tout"
Adam : "Pourquoi
me reproches-tu un fait que Dieu a prévu avant même que je
ne vienne au monde ?"
Le Prophète
conclut : "Et Adam eut raison de Moïse. Il arriva à le
convaincre"
Adam savait
pertinemment qu'il avait commis un péché, quand il a goûté
au fruit interdit. Il l'avait reconnu humblement d'ailleurs,
et avait sollicité le pardon de Dieu, ce qu'il obtint
effectivement.
Qu'il ait été
accusé d'être le responsable des maux de l'humanité, c'est
ce qu'il a réfuté catégoriquement. Il a raison, en outre, de
croire que ce qui se passe dans ce monde relève du Pouvoir
divin. Et comme on l'a vu, Moïse en a été convaincu. Ce
serait ridicule que nous tombions, nous, dans ce piège et
que nous invoquions l'histoire d'Adam pour justifier nos
actions fautives.
L'image, que les
fatalistes donnent du monde, est celle de l'anarchie totale
et de la confusion la plus déconcertante. Ils ne font aucune
distinction entre un pieux et un mécréant, puisque, selon
eux, l'homme n'est pas libre dans ses actions et qu'il est
condamné à agir selon le bon vouloir du Créateur. De ce
fait, il n'est pas étonnant de constater que certains
soufistes mettent sur le même pied d'égalité Adam et Satan,
Moïse et Pharaon, car, selon eux, tout le monde est obligé
d'agir suivant ce qui lui a été prescrit d'avance. La vie
n'est qu'une pièce théâtrale, où les acteurs jouent les
rôles qui leur ont été assignés et déclament les paroles
qu'on leur a demandé d'apprendre par cœur.
A bien y
regarder, beaucoup de gens croient à ces sornettes. Certains
d'entre eux le déclarent expressément, d'autres ne le
dévoilent pas à cause de leur timidité et de leur pudeur,
bien qu'ils y croient profondément.
La cause de la
chute de l'empire musulman est due à cet égarement qui s'est
propagé parmi les croyants. Le mal s'est alors vite répandu,
et les gens ne se sont plus vus dans l'obligation de
s'acquitter de leurs devoirs.
Or, le fondement
de toute réforme suppose qu'on revienne à la compréhension
véritable des notions de "prédestination" et de "libre
arbitre" , compréhension qui incitait jadis les gens au
sacrifice, les poussait à faire du bien et à éviter le mal,
conformément aux prescriptions divines.
Quant aux
versets et aux dires du Prophète qui semblent apparemment
ôter à l'homme toute liberté dans les actions qu'il
entreprend, ils ont été mal interprétés par des gens à
l'esprit borné, qui y ont vu ce qu'ils ont voulu voir, alors
que la vérité profonde de ces textes est tout autre.
"Pour les
mécréants, il leur sera égal d'être avertis ou non par toi :
ils n'en seront pas moins infidèles" (L a Vache, 6).
Les avertir ou
ne pas les avertir est pareil, non pas parce que leur nature
est faite de telle manière qu'elle refuse la vérité, non pas
parce que ces gens sont malgré eux des mécréants, mais c'est
tout simplement parce qu'ils ont choisi, de leur propre gré,
d'emprunter la voie contraire aux prescriptions divines. Le
Coran ne fait qu'inviter le Messager de Dieu à se détourner
de ces gens, auprès de qui il a tant lutté pour les amener à
suivre le droit chemin, mais en vain.
Le verset
suivant :
"Prophète, tu ne
dirigeras point vers Dieu qui tu aimerais sauver. Dieu
dirigera qui Il veut. Il connaît le mieux ceux qui sont dans
le droit chemin" (Le Récit, 56)
est venu à point
nommé pour soulager le Prophète à la suite de la mort de son
oncle Abou Taleb qui refusait de se convertir à l'islam. Le
Prophète a tout tenté pour l'amener à croire en Dieu et à
délaisser le paganisme, mais ce fut peine perdue.
Quant à cet
autre verset :
"Nous destinons
ainsi de toute éternité, à l'enfer, un nombre immense de
génies et d'humains. Ils sont bien doués d'esprit, mais n'en
usent pas" (Al ‘Araf, 179).
Il signifie que
les sots mécréants, par leur sottise et leur laisser-aller,
se portent candidats eux-mêmes à l'enfer.
Cela a été
exprimé dans une langue au style inégalable, qui fait grand
cas de la rhétorique.
Le maître, par
exemple, s'adressant à ses élèves en classe leur dit, en
menaçant surtout les cancres : "l'échec ne choisit ses
victimes que parmi les sots qui ne font aucun cas de leurs
cours et oublient leurs examens" . Ce propos n'est pas cité
pour signifier qu'il devrait y exister, nécessairement et
obligatoirement, des échecs.
L'individu qui
accomplit un acte volontaire est considéré comme étant
l'instigateur de cet acte, alors que Dieu en est le
Créateur. Le cultivateur est concerné par la culture, et
Dieu également. Le premier sème les grains de blé, on l'a
déjà dit plus haut, et Dieu le fait germer.
Si on attribue
soit à l'homme, soit à Dieu, la responsabilité d'un acte,
cela ne veut pas dire que lorsqu'on parle de l'acte de
l'homme par exemple, le Créateur reste, Lui, inexistant.
Si cette règle
nous est toujours présente à l'esprit, elle nous permettra
de comprendre, sans aucune peine, beaucoup de versets. Il
arrive, cependant, qu'un acte soit le fait de Dieu, mais par
courtoisie on ne le Lui impute pas.
Notons, dans le
verset suivant, que le sujet de l'action n'est pas nommé :
"Aussi, ne
savons-nous guère si quelque mauvais coup est monté contre
ceux qui vivent sur terre ou si leur Maître entend les
diriger dans la bonne voie" (Les Génies, 10)
Notons,
également, comment Abraham a attribué sa maladie à sa propre
responsabilité, et son approvisionnement en eau et en
nourriture à son Dieu :
"C'est Lui qui
me nourrit et me donne à boire" "Et quand je souffre d'un
mal, Lui, seul peut m'en guérir" (Les Poètes, 79-80)
On lit dans le
Coran, à propos de la conservation du trésor :
"Le Seigneur,
dans sa sollicitude, a décrété que parvenus à l'âge
d'hommes, ils puissent eux-mêmes retrouver leur bien" (La
Caverne, 82).
Il arrive
souvent que les croyants s'ôtent, par modestie, tout
privilège et attribuent à Dieu seul la réussite et la
victoire :
"Gloire soit
rendue à Dieu ! C'est Lui qui, nous guidant vers Lui, nous
fit accéder en ce haut lieu ; n'était Sa lumière qui nous
guidait, y serions-nous jamais parvenus ?
Nous voyons tout
se réaliser tel que l'ont annoncé les Messagers de notre
Maître" (Al Araf, 43).
Toutefois, Dieu
leur est reconnaissant. Il ne cesse pas de rappeler leurs
bonnes actions
"Un appel
retentira à leur adresse : "Voici le Paradis : vous en
héritez en prix de vos œuvres !" (Al A’raf, 43)
Beaucoup de
propos du Prophète, que la Paix et le Salut de Dieu soient
sur Lui, abordent la question du déterminisme et
l'explicitent, afin d'éviter qu'on y fasse appel à tout bout
de champ. Ali rapporte :
"Alors que nous
étions dans un enterrement, du côté d'Al Gharkad, voici que
s'amena Le Prophète. Il s'assit et nous fîmes table ronde
autour de lui. Il baissa alors la tête et se mit à manier
une canne qu'il avait entre les mains. Puis il nous dit :
"Chacun d'entre
vous a une place, qui au Paradis, qui en Enfer..."
"- 0 ! Messager
de Dieu ! lui avons-nous dit, devons-nous abandonner tout
travail et nous contenter de ce que nous réserve le destin?"
"- Travaillez,
nous conseilla t-il, chacun sera récompensé selon la nature
des actes qu'il aura accomplis, et chacun est libre de se
comporter comme il le désire. Ceux qui agiront bien sur
terre iront au Paradis. Quant à ceux qui agiront mal, ils
seront durement châtiés ."
A la suite de
quoi, le Prophète récita ces versets :
"Celui qui est
charitable et pieux,
Ayant foi en la
belle promesse du Seigneur,
Celui-là, Nous
lui montrerons la voie la plus aisée vers la félicité.
Pour celui qui
est avare, entiché de ses biens,
N'ayant pas foi
en la belle promesse,
Il sera
acheminé, par étapes, vers un sinistre destin. (La Nuit,
5-6-7-9-10).
Il n'y a point
d'ambiguïté pour l'esprit averti dans le dire ci-haut cité.
Que Dieu soit au
courant de ce que feront les gens dans la vie, et de ce
qu'il adviendra d'eux dans l'Au-delà, cela ne fait point de
doute, mais croire qu'ils vont agir selon des procédures qui
leur ont été tracées d'avance est complètement faux. Le fait
de savoir d'avance ce qui va se produire ne signifie
nullement que tel ou tel acte va être imposé.
Les humains
s'assignent leurs propres objectifs dans la vie. Ce sont
eux, de propos délibéré, qui choisissent leurs propres
actes, et Dieu ne fait qu'exaucer leurs désirs.
Ainsi, celui qui
cultive une pommeraie verra Dieu lui offrir des pommes
appétissantes. Quant à celui qui sème l'ivraie, il ne
récoltera que ce qu'il a semé.
Le verset que le
Prophète, à lui Bénédiction et Salut, a cité, le prouve
éloquemment.
Celui donc qui
s'attache aux bonnes actions (générosité, foi, croyance
...) verra Dieu l'aider et le guider vers le droit chemin
tandis que celui qui persiste à rester prisonnier de ses
mauvaises actions (avarice, libertinage, mensonge ...), Dieu
ne l'aidera point, le maintiendra dans son égarement et
l'abandonnera à son triste sort.
Voici maintenant
un autre dire du Prophète que les ignares citent souvent,
espérant ainsi saper la religion de Dieu. Or celle-ci-est,
contrairement à ce qu'ils pensent, invulnérable et est
au-dessus de tout soupçon.
On rapporte que
le Prophète a dit :
"Par Allah, en
dehors de Qui il n'est pas d'autre Divinité, certes, chacun
de vous aurait beau œuvrer comme l'ont fait ceux destinés au
Paradis, en sorte qu'il s'en approcherait à la distance
d'une coudée, alors ce qui a été écrit pour lui prévaudrait,
et donc il accomplirait (quand même) les actions des damnés,
et il entrerait en Enfer. Et, certes, chacun de vous aurait
beau œuvrer comme les damnés, au point de s'approchcf de
l'Enfer à la distance d'une coudée, alors ce qui a été écrit
pour lui prévaudrait, en sorte qu'il accomplirait les
actions des élus et qu'il entrerait (quand même) au
Paradis."
Ce propos du
Prophète nous décrit deux types d'individus dont les
actions, au début de leur existence, sont diamétralement
opposées à celles de la fin de leur vie.
Ce phénomène
n'est pas rare. Il arrive qu'un inconscient, après avoir
passé une grande partie de sa vie dans la débauche et
l'irréligiosité, se rende compte de son égarement et
revienne à Dieu dans ses derniers jours. Il arrive également
qu'un bienfaiteur, resté tout le temps à l'écart de la vie,
en soit attiré dans ses tous derniers jours, ce qui entraîne
sa dégradation.
Si quelqu'un
avait la possibilité de pénétrer les secrets du monde
invisible, il resterait stupéfait et atterré à la
comparaison du début et de la fin de la vie de ces gens.
Ce qui est
essentiel à souligner ici, c'est que le destin n'a aucun
impact sur la destinée contradictoire de la vie de ces deux
types d'individus. En d'autres termes, chacun est
responsable de ce qui lui arrive.
Dans le dire du
Prophète ci-haut cité, l'expression "Ce qui a été écrit pour
lui prévaudrait" n'est qu'une clause de style hyperbolique
qui désigne tout simplement "la précision extrême de la
science divine".
Il arrive que tu
t'attendes chez quelqu'un à ce qu'il fasse une action
particulière. Quand il l'accomplit, tu uses de deux
expressions équivalentes. Tu dis par exemple : "Il ne m'a
pas déçu" ou "J'ai vu juste". Tu peux continuer ainsi à
apprécier ta propre intelligence et ta clairvoyance, tu
diras alors : "Il ne pouvait pas faire autre chose que ce
que j'ai prévu" ou "Mon jugement est toujours juste".
Il y a ainsi
dans la langue beaucoup d'expressions équivalentes, quant au
contenu, différentes quant à la forme.
Dans la
comparaison, les Arabes ont dit des phrases du genre : "Le
matin est si radieux qu'il ressemble au visage du Calife
quand il octroie une récompense"
Dieu dit :
"Fils d’Adam !
Ne vous laissez pas suborner par Satan"
"Suborner" ici
signifie "séduire".
Quelles que
soient les expressions et les tournures de phrase, leur
signification vraie et juste n'échappe pas à l'individu
averti. Il ne nous est donc pas permis d'incriminer le
destin, et de lui faire endosser la responsabilité de nos
actions que nous accomplissons en toute liberté et en toute
lucidité.
UNE RÉPONSE
IRONIQUE
Quelqu'un m'a
posé la question suivante : "L'homme est-il libre dans ses
actions ou bien les subit-il seulement ?" Très gêné par
cette question, j'ai décidé de lui répondre en prenant un
chemin détourné : "Il y a, dis-je, deux types d'individus :
Les Occidentaux et les Orientaux. Les premiers sont
entièrement libres, les seconds sont des esclaves" L'homme
resta bouche-bée et prit l'air de ces paresseux et bavards
qui pullulent dans notre société.
"Vous vous
moquez de moi ? dit l'homme stupéfait. Je vous demande si
l'homme a une volonté libre et des capacités d'agir propres
à lui qui le poussent à accomplir ou à éviter tel ou tel
acte ou si, au contraire, il n'a pas ce choix".
Je lui ai dit
alors :
"Mais je vous ai
répondu ! En Occident l'homme est libre et en Orient, il est
esclave. Alors que là-bas, il dispose de sa volonté, de sa
puissance et de son esprit d'initiative, ici il n'a
absolument rien."
Un plaisantin
rigola et dit :
- "C'est là une
réponse politique"
- "Elle est
également religieuse", répondis-je.
Les gens, en
Occident, ont pris réellement conscience de la force de leur
intelligence, ce qui leur a permis de percer les secrets des
merveilles de la nature. Ils ont senti qu'ils avaient une
volonté de fer et l'ont exploitée, si bien qu'ils ont pris
en main la destinée de tous les peuples. Ils ont cru en leur
force et de ce fait, ils ont été dans tous les coins et
recoins du globe, et ont pu faire des inventions
extraordinaires.
Quant à nous,
nous sommes encore au stade où nous nous demandons encore
-comme le fait cet homme- si nous sommes libres ou si nos
actions sont commandées par une force surnaturelle.
Nous sommes au
stade où beaucoup de gens se posent encore ces questions :
"Sommes-nous
véritablement capables de réfléchir par nous-mêmes ?"
"Avons-nous une
volonté qui permet de prendre des décisions ?"
"Avons-nous une
force qui nous permet d'agir ?"
Ce n'est que
lorsque nous leur répondrons par l'affirmative qu'ils
commenceront à réfléchir, à prendre des initiatives et à
travailler.
Pour l'instant,
ces gens sont tous de simples automates. Ils ne sont point
libres comme le sont les Occidentaux. Quelle grande
différence entre les gens de l'Occident et ceux de l'Orient
!!
L'homme en
Occident s'est trouvé au milieu des flots, et, sachant qu'il
a des membres, il s'en est servi pour nager -parfois à
contre-courant- jusqu'à ce qu'il ait atteint le rivage.
Quant à l'homme en Orient, une fois qu'il s'est trouvé au
milieu des vagues, il a commencé à se poser des questions :
"Suis-je
vraiment libre ou suis-je un cadavre ?".
"Suis-je libre
ou bien mes membres sont-ils paralysés ?.
Mais le courant
impétueux et dévastateur ne fit aucun cas de ces questions
insensées, et emporta l'homme oriental qu'on ne peut en
aucun cas consoler par le vers de ce poète libertin : "Il
lui lia les mains, le jeta à la mer et lui dit : ne te
mouille pas"
Travaillons donc
et ne nous demandons pas si nous sommes libres et
responsables de nos actions ou si nous ne le sommes pas.
Exploitons le talent que Dieu nous a donné, et disons-nous
bien que nous avons dans la vie des droits et des devoirs.
Cessons de
mentir à la religion et à la vie.
EN MARGE DE LA PRÉDESTINATION
1 - Sous
l'étiquette de la prédétermination, on pourrait désigner la
somme de lois qui réglementent la vie et les affaires des
hommes, et sur la base desquelles est régi l'univers et ses
différentes composantes. Dieu a créé les choses à partir
d'atomes et de cellules, qui obéissent à des lois précises
et stables, et qui effectuent leurs tâches d'une manière
impeccable et infaillible.
"Notre Maître
est Celui qui assigne à chaque être sa forme distincte et le
dirige ensuite dans sa vie propre". (Taha, 50)
Ainsi, les
principes qui permettent la connaissance des composantes de
l'eau, son volume et sa pression, quand elle vient à
s'évaporer, à geler ou à couler, sont le fait du Créateur,
et n'émanent que de sa propre Personne, Elle, qui agit avec
précision et sans hésitation aucune :
"Nous avons
créé, toute chose, en vérité, selon de justes proportions"
(La Lune, 49).
"Glorifie le nom
de ton Seigneur, le Très-Haut ! Lui qui crée et ordonne,
Prédétermine et guide" (Le Très-Haut, 1-3).
Tout ce que nous
voyons autour de nous : les fruits qui poussent et
mûrissent, les fœtus qui se développent et prennent forme
dans les utérus des femmes, l'alternance des jours et des
nuits due aux mouvements des planètes dans leurs
trajectoires, tout cela n'est que prédestination sage et
système infaillible.
"Dieu est celui
qui fend le grain et fait éclater le noyau ! Il fait sortir
le vivant du mort et surgir le mort du vivant. Tel est bien
Dieu ! Comment pourrait-on Le méconnaître ?
"C'est Lui qui
fait poindre le jour. Par Lui, la nuit est vouée au repos,
le soleil et la lune érigés en mesure du temps : ainsi l'ont
décrété Ses sages arrêts. Il est le Tout Puissant,
l'Omniscient." (Les Troupeaux, 95-96).
2 - L'équité de
la prédestination n'est pas en contradiction avec la
condescendance et la distinction. Cela veut dire que deux
individus qui accompliraient le même travail et qui, par
conséquent, mériteraient la même récompense, la recevront
certainement, avec toutefois, une faveur toute particulière
pour l'un d'entre eux qui sera gratifié par Dieu. De même,
deux personnes qui commettraient le même péché, seraient
punies de la même manière, mais Dieu pourrait grâcier l'un
des deux tout en laissant l'autre en proie à son péché.
Nous rapportons
ces faits pour que les gens sachent que Dieu n'a de rancune
pour personne, et que sa volonté est incommensurable. Que
les fidèles alors osent seulement venir à lui, leurs cœurs
pleins d'humilité et d'amour !!
"Dieu détient la
grâce suprême, Il en dispose comme Il Lui plaît. Dieu n'est-Il
pas l’Incommensurable, l'Omniscient ? Il dispense Sa
Miséricorde à qui Il veut, ce don exclusif. Il est le Maître
de la Grâce infinie." (La Famille d’Imran, 73-74).
"Dieu détient un
pouvoir illimité.
Il châtie qui Il
veut, fait miséricorde à qui Il veut ; et vers Lui vous
ferez retour.
Vous ne sauriez
vous opposer à Sa puissance, ni dans le ciel ni sur la
terre, et nul ne saurait vous protéger ni secourir contre
ses Rigueurs" (L'Araignée, 20-21-22).
Ibn Amr, que
Dieu soit satisfait de lui, rapporte ceci :
"Le Prophète,
que le Salut et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, a dit
: "La durée de votre vie, à comparer avec celle de vos
prédécesseurs ressemblerait au temps qui existe entre la
prière de l'après-midi et le coucher du soleil ! Quand les
gens du Torah reçurent leur Livre sacré, ils s'adonnèrent à
la prière jusqu'à midi. Après quoi, ils n'en pouvaient plus.
Ils reçurent alors comme récompense un seul carat."
"Ensuite ce sont
les gens de la Bible qui reçurent leur Livre sacré. Ils se
mirent à prier Dieu jusqu'à l'après-midi. Après quoi, ils
abandonnèrent et reçurent pour cela un seul carat.
"Nous reçumes
alors le Coran et nous fîmes nos prières jusqu'au coucher du
soleil. Nous reçumes alors deux carats. Les gens des deux
précédents Livres Sacrés s'écrièrent alors : "0 Seigneur !
Vous avez donné deux carats aux gens du Coran et à nous un
seul carat seulement, alors que nous avons été plus actifs
qu'eux ?".
"Dieu leur
répondit : "Est-ce que je vous ai frustré de ce qui vous
était dû ?" Ils répondirent que non.
"Dieu ajouta :
"Cela c'est une faveur de Ma part et je donne à qui Je
veux".
Il y a dans les
choses de la vie beaucoup de disparités dont la source est
la Providence. Ces disparités, avec les privilèges qui en
découlent, font partie intégrante du système de l'existence
et sont nécessaires à la vie sociale.
Il est
impossible que les gens puissent naître égaux dans leurs
besoins matériels et moraux, ou dans leurs conditions
sociales et politiques, ou leurs récompenses dans ce bas
monde, ou dans l'Au-delà.
Les missions que
la vie accomplit nécessitent des têtes, des bras et des
pieds. Le corps humain présente, lui aussi, ces différents
membres, ce qui permet à la société d'accomplir son rôle
d'une manière cohérente et complète. L'erreur, dans ce que
l'homme entreprend, se produit quand la tête se substitue au
pied et que celui-ci se substitue, à son tour, à la tête.
La nation qui
agit ainsi ressemble à ce fou qui coiffe son pied d'un
chapeau, et qui met ses chaussures sur son crâne.
Elle sont
nombreuses, ces nations, dans cet Orient décolonisé et
déséquilibré!!
Laissons de côté
ce problème pour le moment, car nous ne sommes pas à la
veille d'une réforme sociale. Par ces exemples, nous voulons
tout simplement attirer l'attention sur le fait que le
destin distribuerait les rôles aux gens et les chargerait de
travaux bien définis, comme le ferait un général avec ses
soldats au front, dont certains pourront être placés à la
tête de l'armée, d'autres occuperont les positions arrières
et seront chargés du transport des munitions, de la
correspondance ... Toutes ces différentes positions occupées
par les soldats sont indispensables pendant la guerre.
Cette inégalité
dans la répartition des tâches ne porte pas préjudice à
l'octroi équitable de la récompense, et ne signifie
nullement que les droits de certains sont bafoués ou ignorés
par le destin. Dieu réserve à chacun de nous ce qu'il mérite
comme jugement, et c'est selon les capacités et les
possibilités qui nous sont offertes qu'il sera fait cas du
degré du châtiment et de la récompense que nous méritons.
J'ai lu, un
jour, qu'une compétition aéronautique a été organisée
quelque part et, chose bizarre, le trophée ne devait pas
revenir au pilote qui franchirait le premier la ligne
d'arrivée. Il fallait se conformer à des consignes complexes
qui avaient trait aux conditions atmosphériques, à l'acuité
de la vision, à la vitesse des vents, etc... Cela laissait
entendre qu'un avion qui pouvait arriver en cinquième
position, donc devancé par quatre autres avions, avait
toutes les chances d'emporter le premier prix, et non pas le
premier comme on pouvait le croire facilement.
Cette
compétition est un exemple qui pourrait illustrer, sur un
autre plan, les grandes disproportions qui existent entre
les individus, quant à leur quotient intellectuel, leurs
capacités et leurs activités. C'est aussi un exemple qui
démontre la manière dont on évalue les gens et dont on juge
-équitablement et sans aucun parti pris- leurs efforts.
"Au jour du
Jugement, des balances d'une extrême sensibilité, seront
dressées. Nulle âme ne sera lésée, fût-ce du poids d'un
atome. Tout entrera en ligne de compte, et nos comptes
seront infaillibles " (Les Prophètes, 47).
Les êtres
humains sont dotés d’âmes qui ressembleraient à des lampes
dont la puissance d'éclairage peut être de cinquante, cent
ou deux cents watts.
Si une lampe à
cent watts n'éclaire qu'à la puissance d'une lampe de
soixante dix watts, on dira qu'elle est plus défaillante
qu'une lampe de cinquante watts qui éclaire à la puissance
de quarante watts, même si la première lampe est, aux yeux
des gens, plus puissante que la seconde.
Nombreux sont
ceux que Dieu a dotés de richesses morales et matérielles
considérables, et leur a fourni des occasions très propices
pour exercer leur ferveur, mais la piété dont ils font
preuve est insignifiante pour Dieu, même si elle apparaît
fervente pour les gens.
Nombreux
également sont ceux qui sont démunis sur tous les plans,
mais leur cœur est plein de ferveur islamique que les gens
minimisent, mais que Dieu apprécie et prise.
"Croyants ! Ne
vous criblez pas de railleries mutuelles. Ceux qui sont
raillés valent parfois mieux que leurs persifleurs. Que les
femmes non plus ne s'invectivent pas entre elles. Celles que
l'on dénigre valent peut-être mieux que leurs railleuses"
(Les Appartements, 11).
Le destin, comme
nous l'avons mentionné, a une influence considérable dans le
modelage de l'individu. Il intervient pour déterminer la
quantité d'énergie dont l'homme a besoin et l'endroit où il
doit travailler tant qu'il demeure vivant.
Les généticiens
s'ingénient à inventorier les traits héréditaires de
l'homme, ceux qui ne paraissent pas évidents et ceux qu'on
peut aisément remarquer. Ils finissent par imputer les
phénomènes comportementaux de l'homme à ses caractéristiques
biologiques et à ses dispositions naturelles.
Il est
maintenant établi, scientifiquement, qu'il y a de très
fortes corrélations entre les sécrétions des glandes et
l'équilibre, ou le déséquilibre mental.
Ainsi
pouvons-nous remarquer que ce que les glandes sexuelles
déversent comme "hormones" dans le sang, jouent un rôle
considérable dans l'intensité, forte ou faible, du combat
mené par l'individu contre ses appétits sexuels.
Les glandes
situées dans l'environnement des reins influent sur le degré
de tension de l'individu, quand il se trouve dans un état
d'anxiété et d'irritabilité. Cela est dû aux sécrétions qui
stimulent le cœur et les membres, et qui sont déversées dans
le sang par ces glandes.
Ces phénomènes
sont à l'origine des différences que les individus
présentent entre eux, quant à leurs goûts, leurs sentiments,
leurs réactions émotives vis-à-vis des problèmes de la vie,
ses attractions et ses laideurs.
Les traits
héréditaires complexes et les instincts généraux ne
présentent pas, cependant, une différence dans leur
intensité, et il est possible, comme l'avance la
psychologie, de les domestiquer de telle sorte qu'ils
puissent se conformer aux lois.
Ainsi,
l'individu se révoltera non contre la vérité, mais contre le
mensonge. Que sa révolte soit intense ou non est chose
spontanée et ne nous concerne pas, bien que nous sachions
que ce facteur entre en considération dans le réajustement
des destinées des gens. Il nous arrive, toutefois, de lui
accorder un certain crédit lors de la détermination de notre
responsabilité(l) sur les péchés commis.
La psychologie
nous apprend qu'il y a des individus qui présentent des
anomalies dans leurs comportements. Il y en a qui sont
passionnés par l'énumération des escaliers ou des carreaux
d'un chateau, ou des lampadaires des avenues.
L'écrivain
anglais "Johnson" raconte qu'il ne peut s'empêcher, chaque
fois qu'il franchit un obstacle en bois, de ne pas toucher
tous les piliers qui le constituent. S'il en oublie un seul,
il reprend son manège jusqu'à ce qu'il soit sûr d'avoir tout
touché de sa main.
Il y a aussi
parmi les gens ceux qui paniquent à la vue d'une souris,
alors qu'ils sont connus pour leur courage, ceux qui sont
kleptomanes et qui ont une prédilection pour certains vols,
alors qu'ils ne manquent de rien et qu'ils sont de
respectables nantis.
Toutes ces
choses expliquent que l'individu peut avoir un comportement
qu'il ne désire pas, et qu'il y a en lui des forces qui
agissent souterrainement. Les Anciens croyaient que c'était
là le résultat de la fatigue ou du déséquilibre mental, ou
du mystère. Les Modernes, quant à eux, pensent qu'il s'agit
là de phénomènes liés au subsconscient.
La psychologie
nous enseigne, également, qu'il arrive souvent que
l'abattement psychologique et moral nous gouverne, paralyse
notre volonté et nous met sous l'influence de ce que nous
aimons et de ce que nous détestons. Il existe, sans doute,
des situations où l'homme se voit assailli par une angoisse
intérieure, dont il ne comprend pas l'origine et qui le
déprime totalement.
C'est
peut-être ce genre de situations qui a incité Ali Ibn Abi
Talib à dire au Prophète, que la Bénédiction et le Salut de
Dieu soient sur lui, le propos susmentionné(2), lequel a été
rejeté par le Messager de Dieu, car les lois qui régissent
l'existence ne doivent pas être liées à ces moments de
faiblesse psychologique.
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