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LA PERFECTION SUBLIME
LA PUISSANCE
L'univers, dans
toutes ses composantes, est mû par la puissance divine et
rien au monde ne peut prétendre à une force immanente.
C'est grâce à la
Puissance divine que les graines semées éclosent et
grandissent lentement, que les vagues déferlent sur les
rochers des rivages dans un perpétuel va-et-vient, que les
avions s'envolent dans les cieux, que les trains chargés de
marchandises, roulent à toute vitesse...
C'est également
grâce à la Puissance divine que les êtres humains éprouvent
des sentiments d'amour, de haine, de bonheur et d'angoisse,
qu'ils vaquent à leurs occupations ou se reposent.
Que tu en sois
conscient ou pas, les battements de ton cœur dans ta cage
thoracique, la circulation du sang dans tes veines,
l'existence de la sensibilité dans tes nerfs, le
renouvellement de l'énergie dans tes cellules, la sécrétion
de diverses substances dans tes glandes, tout cela
s'accomplit grâce à la Puissance divine.
Ne pense surtout
pas qu'il puisse y avoir ici-bas une chose dont la force
serait intrinsèque.
Comme c'est la
Puissance divine qui a créé le monde à partir du néant, elle
a su de même le peupler de tous les mystères et le marquer
de son empreinte, ce qui prouve son Existence.
Certains
naturalistes impies expliquent les mystères de la vie,
preuves de la Puissance divine, par des forces propres à
différents éléments de la nature, ou par ce qu'ils appellent
tout simplement "l'inconnu".
Ce n'est là que
verbiage, ignorance et égarement.
La lumière qui
provient de la propagation de l'électricité dans les câbles,
l'énergie produite par la puissance de la vapeur dans les
conduites, l'acier qui plane dans les cieux par la force des
réacteurs, tout cela n'est pas dû à une force quelconque qui
se suffirait à elle-même, et qui serait totalement
indépendante de la puissance de l'Être Sublime.
Pourquoi nous
demande-t-on de croire que ce sont les éléments de la terre
qui, par leur propre force, donnent vie aux plantes ? Si
cela était vrai, qui empêcherait donc la terre de se
considérer comme une divinité ?
Si tous les
éléments de la nature disposaient de cette puissance
immanente, dans quel pétrin serions-nous alors par la faute
de cette hypothèse absurde ?
Pour atteindre
la vérité, n'est-il pas plus simple pour nous de contempler
le monde dans toute son étendue et de méditer sur les
espaces infinis qui l'entourent ? N'est-il pas plus simple,
pour nous, de croire que l'univers est une création de la
Puissance suprême et que tous les changements qui y
interviennent sont dictés par le Seigneur ?
Il est
regrettable de constater que toutes les sciences de la
nature se limitent à la recherche pure sur la matière et sur
l'élucidation des liens qu'entretiennent entre eux ses
différents éléments constitutifs. Quand les savants arrivent
à certains résultats concluants dans ce domaine, ils ne
cherchent pas à aller plus loin. Ils accumulent ainsi
beaucoup d'informations et de renseignements précieux sur
les créatures de toutes sortes, mais laissent totalement de
côté leur Créateur et aucune allusion à Lui n’est faite dans
ces études qui sont souvent d'une complexité étonnante.
C'est là, à n'en
point douter, une trahison à la science. L'étude de ce monde
mystérieux enracine chez celui qui l'entreprend la foi en
Dieu et le pousse à solliciter ardemment la Faveur et la
Grâce divines.
Les chercheurs
entrevoient la Puissance divine dans toutes les études
qu'ils entreprennent sur les différents phénomènes de la
nature, mais ils La désignent par une terminologie
amphigourique. Les observations faites restent épidermiques
et l'on se contente d'enregistrer seulement les résultats
superficiels.
La majorité des
biologistes et des naturalistes ne font guère l'effort de
réfléchir sur la grandeur du Très-Haut. Leurs recherches
restent de ce fait incomplètes et inachevées.
Dieu est
Puissant, Imperturbable, Invulnérable. Rien ne peut Lui
nuire et personne ne peut l'atteindre
"Rien ne saurait
dans les cieux ou sur la terre, faire échec à la puissance
de Dieu. Car Dieu est Omniscient ; Il a pouvoir sur toute
chose" (Les Anges, 44).
La Puissance
divine ne souffre d'aucun défaut. Son influence que nous
constatons partout prouve qu'Elle ne connaît ni bornes, ni
limites. Cela veut dire qu'Elle ne pourrait aucunement
déroger à sa propre logique.
Le docteur Zaki
Moubarak a eu un comportement bas et mesquin -peut-être
était-il soûl- quand il a écrit dans "Al Balàgh" (Le
Message) : "Dieu ne peut pas me congédier de son Royaume. Il
ne peut concilier les contraires".
Comme quoi les
variantes de la folie sont innombrables.
LA VOLONTÉ
Dans ce qu'Il
crée et ce qu'Il entreprend dans ce monde, Dieu façonne les
êtres de la manière qui Lui plait, leur confère les aspects
qu'Il désire, les fait naître au moment qu'Il juge propice.
Nul ne Lui impose ces actions.
La diversité des
choses que tu constates sur terre et dans le ciel, et
l'originalité que tu notes dans les êtres sont la
manifestation de la Volonté divine, dans toutes ses
propensions.
Ce qui existe, à
notre époque, aurait pu -par la volonté de Dieu et Son droit
le plus absolu- exister dans les temps passés.
Ce qui est astre
lumineux aurait pu n'être qu'un rocher glacial.
La diversité
constatée dans les volumes et les corps des choses, la
variété des paysages géographiques de par le monde sont dues
au bon vouloir de Dieu.
Si Dieu avait
voulu créer le monde où nous vivons sous une autre forme,
avec d'autres lois, d’autres mécanismes, d'autres êtres
vivants et d'autres éléments, il l'aurait fait.
Comme tu peux le
remarquer, la Volonté divine fait que, d'une même matière,
surgit, sans aucune difficulté, une variété infinie
d'éléments.
Prenons par
exemple le cas des champs qui se trouvent à proximité les
uns des autres, il y a entre eux des différences notoires
dans leurs cultures sur le plan qualitatif et quantitatif.
Les graines,
apparemment semblables, donnent naissance à des plantes dont
les fruits se différencient quant au goût, la couleur et le
poids. De même, les gènes se différencient par le type
d'homme et d'animal qu'ils engendrent, et qui peuvent être
pervers, nobles, intelligents ou stupides
"Il est sur la
terre une variété de terrains qui se touchent : vignobles,
champs de céréales, jardins co-plantés de palmiers aux fûts
en touffes ou espacés. Bien que la même eau les arrose, nous
faisons venir certains fruits meilleurs et plus savoureux.
N’y a-t-il pas là des signes pour qui sait en méditer les
sens ?" (Le Tonnerre, 4).
Pour mettre en
évidence la grandeur de la Volonté divine, les penseurs
anciens s'appuyaient sur l'exemple des abeilles, des vers et
des insectes qui, tout en se nourrissant tous de plantes,
les transforment, selon le cas en miel, en soie et en
excréments.
Quand la Volonté
divine décide une chose, il est impossible que celle-ci ne
puisse se réaliser.
"Car toujours ce
que ton Maître a décrété sera accompli" (Houd, 107).
"Il n'est pour
Lui, quand Il veut une chose, que de lui dire "Soit" et elle
est" (Yà-Sîn, 82).
La Volonté
divine est manifeste sur terre comme au ciel, où Elle
s'exerce librement. Rien ne s'oppose à Elle ni ne La
contrarie.
"Ton Maître crée
ce qu'Il veut et choisit ce qu'Il veut. Il ne saurait y
avoir de choix pour eux" (Le Récit, 68).
La volonté
pourrait aspirer à la réalisation d'un objectif par des
moyens détournés, contraires à ceux qui sont indiqués
normalement. Ainsi, si tu t'apprêtes, par exemple, à prendre
congé de quelqu'un, celui-ci a la possibilité de t'en
empêcher s'il veut te garder encore auprès de lui, mais
comme il ne le fait pas, son comportement est explicite : il
veut que tu partes.
Al Moutanabbi
exprime la même idée à propos de Sayf Addawla, avec qui il a
eu des démêlés, et qu'il fut obligé de quitter, laissant
l'Émir dans un piteux état. Pour justifier son action et
faire endosser à son maître la responsabilité de ce qui
s'est passé, le poète laissa échapper ces mots :
"Si tu décides
de quitter des gens qui ont la possibilité de t'en
dissuader, mais qui ne te retiennent pas, c'est qu'en vérité
ce sont eux qui prennent congé de toi". (Poésie)
Ceux qui
s'écartent du droit chemin peuvent être abandonnés à leur
triste sort parce que Dieu les a privés de Sa grâce, mais
s'Il le veut, Dieu peut leur apporter aide et secours et les
sauver de l'égarement.
C'est à cela
sans doute que font allusion les versets suivants :
"Que ne te
t'affligent point ceux qui se ruent vers l'incroyance. Ils
ne sauraient en rien nuire à Dieu. Dieu les exclura à jamais
de Son Royaume : un supplice affreux leur est réservé" (La
Famille d’Imran, 176).
"Si un long
sursis est accordé par Nous aux mécréants, ce n'est pas pour
leur bien -et ils ont tort d'en juger ainsi- mais c'est
plutôt afin qu'ils commettent plus d'impiétés encore : un
châtiment ignominieux les attend" (La Famille d’Imran, 178).
LA SAGESSE
Que le Très-Haut
fasse ce que bon Lui semble, quand Il le désire et de la
manière qui Lui plaît, Lui dont la Puissance est illimitée,
ne signifie aucunement que tout ce qui a trait à la
création, à l'abondance, à la privation, aux privilèges, aux
titres honorifiques, à la misère, à l'honneur et au
déshonneur, à l'échec et à la victoire, soit dû à
l'improvisation hâtive ou aux sautes d'humeur ou s'accomplit
fortuitement.
Non, l'univers
tout entier obéit à un faisceau de causes et effets, de lois
stables et éternelles qui se complètent et qui ne souffrent
d'aucune défaillance. Ces lois ne pourraient subir aucun
changement même, si les êtres humains décidaient de les
transgresser.
Le fœtus ne
devient véritablement être humain que par la puissance et la
volonté divines, mais cet accomplissement ne peut se
produire que dans des conditions particulières, et en
traversant des phases sans lesquelles le fœtus n'a aucune
chance de s'épanouir.
Quand on dit que
Dieu fait triompher qui Il veut et fait subir l'échec à qui
Il le destine, cela ne veut pas dire que, du jour au
lendemain, Il établit un État et en détruit un autre, car la
naissance et la chute d'un empire, d'une civilisation, sont
toujours précédées par de longues années de gestation.
Les esprits
mesquins et bornés pensent que le pouvoir de Dieu est un
pouvoir aveugle, arbitraire et tyrannique.
Ils confondent
ainsi, sans aucun doute, la souveraineté divine avec ce
qu'ils ont l'habitude de constater chez leurs princes, qui
se comportent comme des aliénés et agissent sans réfléchir.
Dieu est
au-dessus de ce que peuvent Lui imputer ces ignares.
Les effets et
les causes sont les clefs qui permettent aux humains
d'atteindre le Bien ou d'éviter le Mal.
Tout dans
l'Univers obéit à des lois divines.
Que Dieu agisse
comme il Lui plaît ne signifie nullement qu'il bénit le
mécréant ou qu'il châtie le croyant. Cela ne signifie pas
qu'il Lui est permis d'opprimer les gens et de leur nuire.
Prétendre cela,
c'est faire preuve d'une ignorance déconcertante, car
imputer l'oppression à Dieu c'est démentir ce qu'il prône
dans Son Livre vénéré.
La justice est
évidemment un attribut divin. Elle fait partie intégrante de
la Perfection de Dieu qui ne peut en aucun cas opprimer.
Elle ne se justifie pas par le fait que si Dieu opprimait,
Il subirait un châtiment. Cela est inimaginable et
impossible. Comment cela aurait-il pu être d'ailleurs
convenable alors que Dieu est la seule Divinité pour tous
les serviteurs qui Lui obéissent ?
Certains
esprits, parmi les masses musulmanes, pensent que les lois
naturelles sont nulles, que la Justice suprême pourrait être
défaillante. D'où une nonchalance des plus stupides dans les
responsabilités. Nous y reviendrons à propos de la Fatalité
et de la Volonté divine.
LA VIE
Nous assistons à
une hiérarchisation des choses et des êtres dans la vie,
quant à leur noblesse et à leur vilenie.
Ainsi la matière
est à un degré moindre que la flore, qui se trouve elle-même
à un degré inférieur à la faune. La vie humaine, quant à
elle, est supérieure à tout.
Dire que Dieu
est Vie signifie qu'Il a atteint le paroxysme dans Sa
grandeur et dans Sa création. Dieu existe et sait qu'Il
existe. C'est Lui qui, à bon escient, procure la vie. Il est
donc Vivant.
Certains
philosophes qui prétendent que le Monde a un Créateur qu'ils
dénomment "Cause des Causes" ou "Principe de l'Existence",
donnent une image floue et ambiguë de l'Être Suprême, à
telle enseigne qu'on a l'impression que l'émanation des
créatures de l'Être divin ressemble à de pures réactions
chimiques, ce qui est complètement erroné.
Les signes de
l'Existence divine émanent du Corps suprême de telle manière
que tout ce qui est connu comme vies sur terre, apparaît par
rapport à Elle insignifiant.
Lâche la bride à
ton imagination et réfléchis à tout ce que produisent les
mains habiles de l'homme, à tout ce que créent les cerveaux
intelligents comme idées, à tout ce qui éclôt comme
sentiments dans les cœurs sensibles.
Fais en sorte
que ton imagination embrasse toutes ces actions, ces idées
et tous ces sentiments qui animent les hommes dans toutes
les contrées du monde, depuis l'Orient jusqu'en Occident, et
qu'elle s'arrête sur tout ce qui s'est passé depuis les
temps immémoriaux, tout ce qui se produit aujourd'hui, et
tout ce qui arrivera demain jusqu'au jour où Dieu héritera
le monde : toute cette vie pleine de force, d'énergie et de
vitalité est insignifiante, si on la compare à la Vie divine
qui est incommensurable. Toute la vie ici-bas n'est qu'une
ombre, faible et pâle, de l'œuvre du Vivant qui ne meurt
jamais, du Vivant qui, par Son souffle, ressuscite les morts
et redonne vie aux choses inertes.
"Dieu est Celui
qui fend le grain et fait éclater le noyau ! Il fait sortir
le vivant du mort et surgir le mort du vivant. Tel est bien
Dieu ! Comment pourrait-on le méconnaître ? (Les troupeaux,
95).
"Dieu ! Il n'y a
de Dieu que Lui ! Dieu vivant, Animateur de l'Univers" (La
Vache, 255).
LA SCIENCE
Dieu est
Omniscience. Son savoir n'a point de bornes et s'étend à
tout : au présent, au passé et à l'avenir. Qu'il s'agisse de
choses ésotériques ou exotériques, visibles ou invisibles
d'ici-bas ou de l'Au-delà, rien ne lui échappe et rien ne
peut lui échapper.
L'être humain
arrive à comprendre quelque peu son présent. Il lui arrive
également de se rappeler les événements saillants de son
passé, mais mis à part ces quelques faits, il reste aveugle
à tout le reste. Ce qu'il retient de sa longue histoire
demeure insignifiant. Quant à Dieu, Il est capable -tout
seul- de dénombrer toutes nos actions, heure après heure, et
d'enregistrer tous les événements, grands et petits, qui se
produisent de par le monde.
"Qu'est-il
advenu, dit Pharaon, des générations écoulées ?"
"Dieu en détient
la science, répondit Moïse, gravée sur un Livre éternel. Mon
maître ne saurait errer ni commettre d'oubli" (Taha, 51 -
52).
La Science
divine éclaire tout, fait apparaître le secret des choses
dont Elle dévoile le début et la fin, et dont Elle explicite
l'essence et les propriétés. Tout Lui est proche et égal.
Tout est à Sa portée, peu importe le temps et l'espace.
"C'est de Dieu
que relève la connaissance de l'Heure. Il n'est pas un fruit
qui émerge de son enveloppe, pas une femelle qui ne conçoive
ou ne mette bas qu'il ne le sache" (Du Livre aux versets
distincts, 47)
La Science
divine est omniprésente. Elle domine tous les êtres -vivants
et inanimés- d'une manière tout à fait absolue. Ainsi, Dieu
est-il au courant de tout : du nombre de grains de sable
dans les déserts, du nombre de gouttes d'eau dans les
océans, du nombre de fruits sur les branches, du nombre de
graines dans les épis, du nombre des cheveux et des poils
sur la tête et le corps des hommes.
Tout ce qui peut
affecter ces choses, tout ce dont elles ont besoin en
énergie toujours renouvelée, il n'y a que Dieu qui puisse le
comprendre, l'assimiler et l'exécuter. Quant à nous, ce que
nous pouvons y saisir est anodin par rapport à la
connaissance divine.
"Que vous
cachiez ou divulguiez vos propos, Dieu connaît si bien le
fond de vos coeurs.
"Quoi !
Ignorerait-Il ceux que Lui-même a créés, Lui le Subtil, le
si bien informé ?" (La Royauté, 13. 14)
La science est
un attribut de l'Être sacré.
Certes, Dieu
octroie à certaines créatures quelques bribes de Son savoir
illimité. Celles-ci arrivent à comprendre les mécanismes de
certains faits dans ce bas-monde, mais cela reste très
minime par rapport à l'immensité de la Science divine :
"Il détient les
clefs de l'Inconnu, Lui seul peut en percer le mystère. Il
connaît ce que recèle la terre en son sein, l'Océan dans ses
abîmes. Nulle feuille ne choit sans qu'Il le sache. Il n'est
point de germe dans les entrailles du soi, ni de brindille
verte ou desséchée qui ne soient dénombrés dans un livre
explicite" (Les troupeaux, 59).
L'OUIE ET LA VUE
On attribue à
Aïcha, que Dieu soit satisfait d'elle, ces paroles :
"Grâce soit
rendue à Dieu dont l'ouïe perçoit tous les sons".
Quand "Khaoula",
la contestataire, est venue voir le Prophète (que la Paix et
le Salut de Dieu soient sur lui), pour discuter avec lui,
Dieu a révélé ce verset :
"Dieu a entendu
les propos de celle qui discutait avec toi au sujet de son
époux, tandis que sa plainte s'élevait vers Dieu. Dieu
entendait votre dialogue, car Il entend tout, voit tout" (La
Discussion, 1).
En effet, aucune
discussion entre les hommes n'échappe à Dieu le
Miséricordieux.
Ne crois surtout
pas que lorsque Dieu prête l'oreille à quelqu'un, cela
L'empêche d'entendre les autres créatures. Non ! Rien ne Le
détourne de rien et tout chuchotement, même au milieu d'un
tohu-bohu, Lui parvient aisément. Quant à la pluralité des
langues utilisées par les hommes, elle ne constitue pour Lui
aucun problème. Il connaît toutes les langues.
Grâce aux
appareils technologiques inventés par l'homme, celui-ci
peut, à partir du Machrek, capter sur-le-champ et facilement
les émissions diffusées du Maghreb.
Ce fait à lui
seul suffit pour démontrer qu'il y a tant de secrets dans ce
monde.
Oh ! combien
est-il facile, pour le Maître de l'Univers, de capter et de
localiser tout mouvement où qu'il soit ! Il n'y a d'ailleurs
rien qui puisse être proche ou loin de Dieu. Tout reste à Sa
portée, Lui, qui voit tout, qui entend tout.
Il y a des voix
que Dieu aime à entendre plus particulièrement "comme la
voix du Prophète qui psalmodie des versets coraniques".
Autant Dieu
adore entendre réciter le Coran, autant il déteste les
propos blessants :
"Dieu tient en
horreur les propos blessants, surtout émis à haute voix, à
moins que l'on ne soit victime d'une injustice.
Dieu entend
tout. Sa Science s'étend à tout" (Les Femmes, 148).
Il ne faut pas
que tu sois étonné, si on te dit que Dieu entend les
battements des cœurs de toutes les créatures sans exception,
car les cœurs ne battent que par Sa volonté ! C'est Lui qui
les a dotés de la vie et les a propulsés vers un objectif
bien précis. Comment donc se peut-il qu'Il n'entende pas ce
qu'Il a créé ?
Comme Dieu
entend tout, Il voit également tout. Son regard perçoit tout
ce qu'il y a dans les profondeurs des ténèbres. Il n'a
besoin ni de lumière pour voir ce qui est caché, ni de
microscope pour agrandir ce qui est infiniment petit.
Sache que, si tu
es dans une réunion avec d'autres personnes, Dieu vous
entend et vous observe.
"Ni les cieux ni
la terre n'ont de mystère pour lui. Il sait si bien tout
voir, tout entendre ; ils n'ont aucun maître hors de Lui et
n'associent personne à Ses arrêts" (La Caverne, 26).
Moïse et Aaron
eurent peur de la méchanceté du Pharaon auprès duquel Dieu
les envoya :
"Seigneur ! Nous
craignons qu'il ne s'emporte contre nous ou ne se livre à
quelques excès !"
"Le Seigneur
leur dit : "Ne craignez rien ! Je serai là près de vous, à
tout entendre, tout voir !" (Taha, 45 - 46).
Il est avec eux
et avec chaque être. Il voit et entend tout et ce, bien
avant le début de l'existence. Il verra et entendra tout
jusqu'au Jour du Jugement dernier et bien après.
Dieu, tout
Puissant, a placé sur nos visages des yeux qui nous
permettent de lire, d'écrire et de voir tout ce qui se passe
autour de nous. Mais quelle est la valeur de notre vision
comparée à la sienne qui est plus complète ?
Si tous les
êtres vivants qui ont le privilège de voir se mettaient les
uns à côté des autres pour regarder tous ensemble ce qui les
entoure, ils ne verraient rien d'important. Or, la vision de
Dieu embrasse instantanément toutes les choses sous les
différents angles possibles, de jour comme de nuit, ce qui
est visible et ce qui ne l'est pas :
"En quelque état
que vous soyez, quelque passage du Livre que vous lisiez,
quelque œuvre que vous puissiez entreprendre, nous en sommes
toujours les témoins à l'instant même. Il n'est pas un atome
sur terre ou dans le ciel qui puisse échapper à Dieu, point
d'être plus petit ou grand, qu'un Livre souverain n'ait
recensé" (Jonas - 61).
Être conscient
de cette vérité fait partie de la foi ou plutôt c'est le
summum de la foi.
"La bienfaisance
consiste à adorer Dieu comme si tu Le voyais. Si tu ne Le
vois pas, Lui te voit".
L'homme est
conscient du fait que Dieu est responsable des biens de
chaque être et qu'Il est au courant de tout, sans exception.
Cela est en lui-même considéré comme étant la substantifique
moelle de la foi et la pureté du dévouement voué à Dieu.
LA PAROLE
La parole est le
moyen qui permet à toute personne d'extérioriser ses
connaissances, d'exprimer ses désirs et de prodiguer ses
conseils. C'est grâce à elle qu'on arrive à communiquer avec
nos semblables.
La parole est, à
n'en pas douter, un attribut divin. Dieu n'a-t-Il pas confié
à des millions d'Anges la mission délicate de veiller à la
vie des êtres et à leur extinction dans l'univers ? N'a-t-Il
pas chargé des milliers d'entre eux de gérer différentes
affaires dont le secret nous échappe presque complètement ?
Cette permanente
délégation des pouvoirs obéit à des ordres émanant du verbe
divin, quant à ce qui a trait à la création, aux privilèges,
aux différentes situations sociales, à la vie, à la mort, à
la certitude, à l'estime... etc.
La Science
divine est illimitée et le lexique qui sert à son expression
l'est également.
Pour vaquer à
ses banales occupations quotidiennes, l'homme a besoin d'un
glossaire. Que penser alors du lexique dont se sert le
Très-Haut qui règne sur l'Univers ?
Ne voyez-vous
pas que Son verbe est d'une puissance extraordinaire, d'une
richesse incommensurable. Le Saint Coran dit à ce propos :
"Dussent tous
les arbres de la terre se muer en plumes pour noter les
paroles de Dieu et dût l'océan, grossi de sept autres
océans, les pourvoir d'encre, les paroles de Dieu n'en
seraient pas pour autant épuisées. Dieu, en vérité, est le
Tout-Puissant, à la sagesse infinie" (Loqman - 27).
Dis : "Si
l'Océan tout entier se muait en encre pour transcrire les
paroles de mon Seigneur, toute sa substance y passerait,
sans que pour autant les paroles de Dieu soient épuisées,
dût-il s'y ajouter un océan tout pareil" (La Caverne, 109).
Les livres
révélés aux Prophètes sont la preuve de l'existence de la
"parole divine".
Dieu ne s'est-Il
pas adressé à Moïse ? Il s'adressera longuement à ses
serviteurs le Jour du Jugement dernier. Il a dépêché
l'Archange Gabriel, le chargeant de transmettre l'ultime
révélation à Mohammed, le Messager de la Mission suprême.
C'est ainsi que le Saint Coran fut la dernière parole
révélée aux serviteurs, en vue de les éclairer et de les
guider dans le droit chemin.
"Telles sont, à
jamais accomplies, les Paroles de ton Seigneur, toutes de
vérité et de Justice, et immuables elles seront, Dieu entend
tout, Sa Science est infinie". (Les Troupeaux, 115).
Quant à
l'essence véritable de la parole en tant qu'Attribut divin,
nous ne pouvons être, à son sujet, ni prolixe, ni concis,
car notre entendement n'est pas à même de la saisir.
Cependant, nous
pouvons affirmer que la parole divine n'est pas un ensemble
de termes, produit d'une gymnastique combinée des lèvres, de
la langue, des poumons, du larynx et du pharynx. Cela est le
propre de l'appareil phonateur de l'homme et ne peut en
aucun cas être attribué au Très Clément.
TOI, TOI, TU
ES LE SEIGNEUR(1)
"Quand la pensée
se plait à contempler les étoiles disséminées dans les
cieux, quand la vue est lasse des espaces infinis plongés
dans les ténèbres, quand l’âme s'extasie devant la sérénité
environnante, Tu apparais, ô Seigneur, avec Ton visage
radieux à travers les horizons. Ta voix se fait entendre
dans le silence et Ta grandeur se fait sentir dans les âmes
soumises.
C'est alors que
les horizons lugubres s'illuminent. Le silence se transforme
en musique douce et envoûtante qui jaillit de tous les
coins. Les âmes soumises se mettent alors à répéter :"Toi,
Toi, Tu es le Seigneur".
Le contemplateur
qui, au bord de la mer immense s'étendant devant lui, se
plait à admirer l'horizon, là où mer et ciel se confondent
dans un bleu azuré, là où le soleil du crépuscule disparaît
petit à petit comme un flambeau allumé dans cette étendue
d'eau saumâtre, là où les voiliers glissent, faisant
miroiter leurs voiles blanches aux couleurs bariolées comme
des oiseaux qui planent dans la félicité, se sentira envahir
par le sentiment d'une puissance plus grande que celle de
cette mer immense. Il comprendra alors que toute cette
beauté naturelle est protégée par la grâce du Seigneur et le
cœur battra de ces battements qui atteignent l'âme : "Toi,
Toi, Tu es le Seigneur !!".
Si un bateau
s'en va très loin, en haute mer, s'il arrive que l'ouragan
se lève, que les vents soufflent puissamment, que les gros
nuages s'amoncellent dans le ciel devenu subitement menaçant
par l'éclair et le tonnerre rendant ténébreuse l'atmosphère,
si, dans ces conditions, le bateau se trouve en proie à la
tempête et au bord du naufrage malgré les efforts des
matelots et de leur capitaine, si enfin la mort surgit de
tous côtés, c'est à ce moment-là qu'apparait, à travers ce
paysage désolant, le visage radieux du Souverain qui vient
en aide aux infortunés, apportant l'accalmie au
bouillonnement de la nature. Et le cœur et les lèvres alors
de répéter : "Toi, Toi, Tu es le Seigneur."
Si la maladie
empire chez un patient entouré des soins des médecins et de
ses amis et parents les plus proches qui l'aident à trouver
un sommeil réconfortant, si les médecins, malgré leur savoir
et leur savoir-faire, piétinent dans leur diagnostic, si les
amis ne réussissent plus à atténuer par leur présence la
douleur du malade, si le désespoir se substitue au désarroi,
c'est à ce moment-là que Dieu apparaît sur Son trône pour
déclarer : "C'en est fait"
Le médecin, le
proche et l'ami déclarent alors au milieu des mains
tremblantes, des cœurs palpitants et des âmes troublées : "A
Tes ordres, Toi... Tu es le Seigneur !!".
Si un homme
prend ses distances vis-à-vis des choses de la vie, il
constatera que la richesse est éphémère, que la gloire n'est
point éternelle, que les espérances sont fuyantes, que les
rêves sont fictifs, que les plaisirs sont trompeurs et que
les joies sont passagères. C'est alors qu'il méprisera
argent et gloire et ne se fiera point aux rêves et aux
espérances. Rien ne sera en mesure de combler le vide de
l'âme comme la prière adressée à Dieu : "Toi, Toi, Tu es le
Seigneur".
Si le regard
perçoit une fleur qui éclôt dans ses pétales, si l'œil
rencontre un autre œil plein de beauté et de sourire, si les
amateurs du beau se laissent éprendre par la clarté du jour
levant et le chant envoûtant des oiseaux, nos cœurs
s'emplissent alors de la lumière divine et nous voyons Dieu
partout : "Toi, Toi, Tu es Dieu".
Tout ce qui
par sa grandeur, sa générosité, sa puissance, son éternité,
sa pérennité, sa beauté touche l'âme a incité les hommes à
donner à Dieu de nombreuses appellations comme le Grand, le
Puissant, l'Éternel, le Beau, le Généreux, le Clément, etc
... Et les cœurs de répéter constamment : "Toi, Toi, Tu es
le Seigneur".
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