Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

L’UNITUDE ABSOLUE

 

DIEU EST UNIQUE

 

Cet univers n'a qu'un seul Dieu auquel se soumettent tous ceux qui y vivent :

"En vérité, ceux qui peuplent les cieux et ceux qui vivent sur terre ne peuvent que se présenter en soumis devant le Trône du Tout-Puissant.

Il les a tous comptés, tous recensés un à un. Chacun d'eux viendra seul, vers Lui sans nul soutien au Jour de la Résurrection" (Marie, 93, 94, 95).

Si on examine de près ce que les gens ont cru devoir être des associés de Dieu, on ne trouvera rien qui puisse faire de ces associés des êtres dignes de représenter qui que ce soit.

Les premiers hommes ont idolâtré des rochers. Est-il concevable que des pierres -que toute la Terre même !- puissent être considérées comme une divinité  ?

Ils ont adoré des animaux comme l'ont fait et continuent de le faire les Hindous de nos jours pour les vaches. Existe-t-il une vache -si grasse soit-elle- qui puisse occuper le poste de la divinité ? Et qu'est-ce qu'on pourrait bien servir à manger aux gens si on divinisait ces animaux ?

Par de telles pratiques, les païens et les mécréants sont tombés si bas !

Certaines personnes se sont pris pour Dieu. Tel fut le cas du Pharaon ou de celui-là :

"A qui Dieu avait donné la royauté et qui, infatué de son pouvoir, se mit à disputer de Dieu avec Abraham. "Mon Dieu, fit Abraham, est Celui qui fit vivre et mourir". "C'est moi qui détiens un tel pouvoir, fit le tyran" (La Vache - 208).

La stupidité de cet homme l'a poussé à croire que le pouvoir absolu, dont il jouissait et dont il usait pour décapiter qui bon lui semblait parmi ses citoyens, pouvait lui permettre de briguer la divinité...

Cette sorte d'aspiration morbide ne prend fin que lorsque celui qui la nourrit se fait couper la tête par des insurgés, qui la jettent aux immondices...

Certains groupes de juifs et de chrétiens n'ont pas su comprendre leurs Prophètes et les ont élevés au rang des Dieux. Leurs messagers ne sont pourtant rien d'autre que des serviteurs éclairés. Juifs et chrétiens se sont donc fourvoyés et ont ainsi dénaturé la réalité.

Ce serait de la folie que de croire que certains individus, quel que puisse être par ailleurs leur rang, sont capables de créer un astre parmi ces astres qui sont disséminés dans le ciel.

Cet exemple n'est-il pas exagéré ? Aucun être humain n'a pu créer une mouche ou moins qu'une mouche... Comment donc pourrait-on considérer comme Dieu quelqu'un qui ne peut rien créer ?

Le pire est que, si un microbe parmi les milliers que contient le corps d'une mouche venait à détruire la santé de quelqu'un, aucun de ces hommes qui prétendent être des Dieux ne peut secourir le malade. D'où leur vient donc cette prétention à la divinité ?

JÉSUS, FILS DE MARIE

La fortune qu'a connu l'histoire qui fait de Jésus un Dieu, ou un associé de Dieu, est unique dans le monde et prend plus ou moins d'importance selon le point de vue rationnel ou passionnel où l'on se place.

Tantôt, la doctrine chrétienne considère que ce monde est géré par un Dieu unique en plusieurs personnes consubstantielles et coéternelles : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L'esprit humain n'arrive pas à concevoir cette trinité.

Tantôt, elle considère que la gestion de l'univers se fait par une sorte de société par actions constituée par Dieu, Jésus, Marie et le Saint-Esprit.

Ce n'est là qu'une déviation périlleuse et égarement total.

"Ceux qui ont affirmé: "Dieu ne fait qu'un avec le Messie, fils de Marie" sont de vrais impies" (La Table Servie, 72).

"Tout aussi impie est cette autre affirmation : Dieu est la troisième personne d'une Trinité ? Il ne peut y avoir qu'un Dieu Unique..." (La Table Servie, 73).

Jésus est un être humain qui mange, boit et évacue des excréments. Comment donc peut-on lui dénier son humanité ou lui attribuer des pouvoirs divins ?

"Qu'est-ce donc que Jésus, fils de Marie, sinon un Prophète comme tant d'autres qui l'ont précédé ? Sa mère était une sainte femme, tous deux se nourrissaient de mets, en mortels !" (La Table Servie, 75).

C'est un humble serviteur qui obéit Dieu et qui, dans ses retranchements, médite en toute humilité, cette décision d'une importance capitale :

"Dis : "Il ne tiendrait qu'à Dieu, s'il le voulait, de réduire à néant le Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère, et tous ceux qui peuplent la terre" (La Table Servie, 17).

Jésus, lui-même, reconnaît qu'il n'est qu'un pauvre serviteur de Dieu, tout comme sa mère d'ailleurs. Tous deux contestent, en effet, ce que certains esprits immodérés leur imputent :

"Vint un jour où le Seigneur dit à Jésus : "Est-ce toi, fils de Marie, qui a dit aux hommes de te prendre, toi et ta mère pour divinités, en dehors de Dieu ?". Jésus répondit : Que Ton nom soit glorifié, Seigneur ! Comment pourrais-je en vérité le proclamer, n'en ayant nullement le droit !" (La Table Servie, 116).

"Qu'ai-je pu dire aux hommes, sinon ce que Toi-même m'as ordonné, à savoir : "Adorez Dieu, Mon Maître et le Vôtre" (La Table Servie, 117).

Il est évident qu'on ne peut faire de Jésus un Dieu, créateur et donateur, responsable de la vie et de la mort de ses créatures, gérant les biens terrestres et les affaires célestes... car, dans sa vie, il n'a été qu'un simple être humain et, dans sa tombe, il n'est qu'un ama d'ossements.

Les adorateurs de Jésus le savent fort bien d'ailleurs.

C'est pourquoi, ils recourent à des subterfuges pour le doter d'un pouvoir autre que celui d'un être humain. Dans la chrétienté, il y a un lien de parenté entre Dieu -qu'il soit Glorifié- et Jésus considéré comme un héritier. Cette "filiation" purement paternelle fait croire -ce qui est totalement absurde et illogique- que Jésus est, non pas l'enfant d'un couple, mais d'une mère uniquement.

En vérité, les liens qui unissent Dieu à toutes Ses créatures sans exception sont ceux du Seul Principe de toute manifestation, du Créateur de cet univers, lequel univers n'a aucune prise ni sur la mort, ni sur la vie, ni sur le bien, ni sur le mal, ni sur la résurrection. Les choses et les êtres sont redevables à Dieu de leur existence et tous, qu'ils le veuillent ou non, exaltent la Grandeur de Sa Personne.

C'est Dieu -qu'il soit exalté- qui a décidé de la diversité de Ses créatures. C'est ainsi qu'il a créé le ciel et la terre, la faune et la flore, la poussière et l'or, les djinns et les êtres humains. Il se situe donc au-dessus de Sa création, symbole de Sa nature parfaite et de Sa sagesse infinie.

Il arrive que des êtres humains et des Anges soient gratifiés d'un certain don par l'Absolu qui les désignent comme Ses Messagers. Cela fait partie des liens devant exister entre le Créateur et Ses créatures.

Ce n'est pas parce qu'un architecte décide que certaines briques constituent le bâti des colonnes invisibles dans une construction, et que d'autres soient découvertes dans leur élan vers le ciel, que ces dernières croiront qu'elles sont devenues des architectes...

Quelle stupidité plus grande que celle qui incite certaines personnes à s'associer à Dieu, simplement parce qu'Il les a gratifiées de certains égards !

Comment peut-on imaginer que L'Instauré puisse être le Père de ces corps poussiéreux ? Et qu'est-ce que Jésus par rapport à l'univers infini ?

"Ils disent : "Le Tout-Miséricordieux s'est donné des enfants". Gloire à Dieu et à Lui ne plaise ! Ce ne sont que des serviteurs privilégiés.

"Ils ne prennent d'eux-memes aucune initiative et se conforment strictement à Ses ordres" (Les Prophètes, 26 et 27).

La question de la divinité est au-dessus de toute ratiocination menée par des sots à propos de l'enfantement, de la filiation et de la procréation.

"Si Dieu avait voulu se donner un fils, il aurait choisi tel être qu'il aurait voulu parmi Ses créatures. Gloire à Lui, Il est l'Unique, le Dominateur" (Les Groupes, 4).

Si Jésus avait pu avoir accès à la divinité pour le simple fait qu'il doive sa naissance à sa mère uniquement, Adam et les Anges les plus proches de l'Être auraient été plus dignes que Lui à aspirer à la divinité. Ceux-ci font partie du royaume des âmes, alors que Jésus est constitué de la terre boueuse.

PUR SOPHISME

J'ai lu dans les Mémoires du Docteur Chapelle un paragraphe d'un citoyen chrétien qui le signa d'un pseudonyme musulman et où il essaya de concilier les points de vue de l'islam, et du christianisme sur "Jésus fils de Marie" !

L'auteur part de l'idée que les deux religions renferment des vérités ambiguës sur cette question.

Si dans le Christianisme l'équivoque est monnaie courante quant à la relation de Jésus avec le Maître de l'Univers, combien y a-t-il dans la religion islamique de préceptes ambigus ? Répondons du tac au tac... sans tenir compte du fait que la Trinité constitue en elle-même une problématique en contradiction flagrante avec l'Unité divine.

L'auteur écrit . "La majorité des penseurs musulmans ne connaît par très bien la foi des Chrétiens en un Dieu Unique et Immortel. Les penseurs chrétiens, de leur côté, méconnaissent, pour la plupart, la religion musulmane. A propos des difficultés à comprendre certains aspects de la philosophie de leur foi, les chrétiens déclarent qu'il y a dans la religion des choses qui dépassent l'entendement humain. Ils en font d'ailleurs un sujet d'orgueil. Or, l'expression "dépasser l'entendement" signifie dans l'esprit du musulman "illogique", ce qui est faux. L'idée, en vérité, est que le cerveau humain est incapable de saisir certains faits religieux. Ceci, d'ailleurs, était admis des musulmans de par le passé et des faits similaires leur étaient connus.

"Le fait est que certains des penseurs musulmans d'aujourd'hui se sont mis à proclamer à tous les carrefours que l'islam permet à la raison humaine de comprendre tout l'enseignement religieux et qu'il est la seule religion rationnelle à pouvoir le faire.

"Nous ne savons pas personnellement comment l'esprit humain peut saisir le sens du monde suprasensible avec ses rivières de lait et de miel, comment il peut imaginer le monde des âmes et des Anges.

"Nous ne savons pas non plus comment ces penseurs "avertis" interprètent la vision mosaïque du Buisson ardent :

"Lorsqu'il y fut, il s'entendit soudain appeler: " 0 Moïse, Je suis ton Seigneur. Déchausse-toi : tu es dans la vallée de Touwa" (Taha, 11, 12).

"Qui peut prétendre comprendre le secret de cet appel perçu par Moïse et qui le pétrifia ?

"Qui peut comprendre la vérité profonde du souffle de l'Esprit divin qui imprégna Marie et dont l'histoire est relatée dans le Saint Coran ?".

"Et aussi Marie, fille d’Imran, qui sut conserver sa chasteté. Un souffle de Notre esprit divin vint l'imprégner" (I'Interdiction, 12).

"Les Musulmans et les Chrétiens croient en l'Unicité de Dieu, pensent que Jésus est l'Esprit de Dieu et que Marie la Vierge a donné naissance à son Enfant, Parole de Dieu, sans qu'elle ait de contact sexuel avec aucun homme.

"Je conjure mes frères musulmans de me faire comprendre ce qu'ils trouvent là de singulier avant de polémiquer contre les Chrétiens sur les notions du Père, du Fils et du Saint Esprit, et avant de suspecter la justesse de la spiritualité chrétienne qui démontre que ces trois signifiants n'ont au fond qu'un seul signifié qui s'est manifesté sous trois aspects. N'avons-nous pas, après tout, dans le Buisson ardent de Moïse un exemple éloquent de la difficulté à comprendre certains faits religieux ".

Cette assertion n'est pas exempte de démagogie. Nous avons bien démontré, dans le chapitre précédent, la différence qu'il y a entre la difficulté qu'on a de comprendre certaines choses et le fait de les nier complètement.

Dans le monde suprasensible et le monde matériel, il y a beaucoup de réalités spirituelles qui nous échappent, mais cela ne signifie pas pour autant qu'elles n'existent pas, comme il y a également des choses dont on peut affirmer la fausseté et l'impossibilité, et il n'est pas du tout recevable qu'on puisse faire passer un fait ambigu pour un fait impossible.

Dire que trois font un, c'est admettre la possibilité de rencontre des contraires... La Trinité n'est pas un fait ambigu, mais un fait naturellement impossible.

EXPOSÉ RÉALISTE ET CONTROVERSE THÉORIQUE

Quand on interroge l'histoire et ses événements, on ne trouve aucun appel à la déification d'un homme qui ait pu être l'objet d'un intérêt quelconque.

Ceux qui se sont trouvés dans cette situation sont, soit des innocents comme certains Messagers et certains Anges, soit des créatures inanimées comme les pierres et dépourvues de raison comme les vaches, soit enfin des gouvernants arrogants et ignobles comme les pharaons d'Égypte...

Beaucoup de savants se sont évertués à démontrer dans des recherches très fines qu'il ne peut exister d'autres dieux avec l'Être Suprême bien que cela soit l'évidence même. Dans notre monde matériel, nous n'avons jamais trouvé ces dieux-là et nous n'avons jamais été mis en contact avec ceux du monde invisible.

Tous les Messagers, sans exception, ont affirmé qu'ils sont les Envoyés du Maître de l'univers.

"Il n'y eut pas un Envoyé avant toi à qui il ne fût révélé : "Il n'y a pas d'autre dieu que Moi. Que l'on M'adore" (Les Prophètes, 25).

Qui donc a pu acculer ces dieux, au mutisme ? Pourquoi, ne se sont-ils pas révoltés contre cette "oppression" incarnée dans l'unicité de Dieu.

Il faut avouer sincèrement que la Souveraineté n'appartient qu'à Dieu, et que les autres dieux fictifs ne sont que des hallucinations d'esprits malades et des signifiants sans aucun signifié.

"Il n'est rien dans les cieux et sur terre qui n'appartienne à Dieu. Qu'invoquent alors ceux qui prétendent suivre d'autres divinités, les associant à Dieu : Ils ne suivent que pures inventions de leurs esprits et ne font que proférer des mensonges !" (Jonas, 66).

Les arguments que les savants ont fait valoir pour réfuter la pluralité divine ne sont, en fait, qu'un ensemble de vérités banales et inutiles car Dieu ne supporte aucune comparaison et est au-dessus de toute fabulation.

S'il y a un autre dieu que Dieu l'Unique, quelle est sa position exacte ? Comment se considère-t-il par rapport à son semblable ?

Si sa position est inférieure, il n'a donc rien d'un Dieu. Si par contre, elle est supérieure, il est dans ce cas le plus digne à être Dieu, car le plus méritant.

Si tous les deux se considèrent comme Dieu, quelles en sont alors leurs prérogatives respectives ? Comment peuvent-ils exécuter leurs ordres dans tout ce qui a trait à la vie et à la mort, au bonheur et au malheur des gens ?

"Non, Dieu ne s'est pas donné d'enfant, et il n'est point d'autre divinité avec Lui; car alors chacun des dieux s'emparerait de sa création, et d'aucuns en supplanteraient d'autres. Dieu, unique dans Sa Grandeur, est bien au-dessus de pareilles fabulations" (Les Croyants, 91).

"S'il y avait d'autres divinités que Dieu dans les cieux et sur la terre, tout serait livré au chaos, Gloire à Dieu, Maître du Trône, au-dessus de leurs fictions abusives" ! (Les Prophètes, 22).

Or, le système de l'univers n'a pas eu à subir un quelconque changement ni au ciel, ni sur terre et ses lois sont toujours régies par Dieu, l'Un, l’Absolu :

"Votre Dieu est un Dieu unique. Il n'y a pas d'autre divinité que Lui. Dieu de Bonté, de Miséricorde" (La Vache, 163).

INTANGIBILITÉ DE L'UNITÉ DIVINE

Après avoir interrogé l'histoire et exposé les idées de ceux qui se sont attribués faussement la divinité, nous affirmons qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et que rien au monde ne vaut l'humilité qu'on doit à l'Unique, le Dominateur.

Les hommes, cependant, malgré l'intuition qu'ils ont de l'existence de cette Vérité unique, ont trouvé un malin plaisir à amalgamer le faux et le vrai, à profaner l'évidente unicité divine et à violer, sinon à extirper les racines de sa chasteté.

Ils reconnaissent, malgré eux, que Dieu est le Créateur et le Bienfaiteur. Je ne pense pas, personnellement, que les chrétiens qui associent Jésus à Dieu, puissent prétendre que cet homme, qui a vécu ici-bas, a pu créer une partie du ciel ou de la terre, a pourvu à la subsistance d'un peuple, a doté les champs et les vergers de céréales et de fruits. Non ! Dieu est seul le Maître de l'univers.

Malgré cette reconnaissance, ils associent Dieu, dans leurs moments de recueillement, à d'autres divinités qu'ils adorent et adulent...

Qui sont-elles ces divinités ? Et pourquoi les créatures humaines font-elles appel à elles ?

Les mécréants s'évertuent à justifier leurs égarements en prétendant qu'ils n'exagèrent rien dans leur comportement et que ceux qu'ils adorent en dehors de Dieu ne sont, en vérité, que des tremplins vers Son Auguste Personne, des intermédiaires de bons offices parmi les hommes et les femmes. Ils ont toujours dit qu'ils ne peuvent attribuer aux rochers et aux êtres humains la création des biens de ce monde, et qu'ils ne nient point l'action divine, dans la gestion de son univers.

"A Dieu seul est dû un culte exclusif. Ceux qui, en dehors de Lui, se font d'autres maîtres, alléguant : "Nous les servons seulement afin d'être par leur voie plus rapprochés de Dieu" (Les Groupes, 3).

Recourir aux intermédiaires pour atteindre Dieu est un jeu insensé.

Le Créateur n'a ni filles, ni fils. Entre Lui et Ses serviteurs, il n'y a point d'intermédiaires, point de courtiers, point de médiateurs. Chaque être humain a le devoir et le droit de s'adresser à Lui directement. Si quelqu'un commet un péché, il doit invoquer le pardon de Dieu en s'excusant auprès de Lui, et n'a pas à se confesser à un intermédiaire.

Le Principe Unique a explicité ces vérités dans le Logos par le biais de Ses Messagers.

Si l'Originateur avait eu un fils ou un associé -mais Il est au-dessus de ces mensonges- l'adoration de ces êtres exceptionnels ne nous aurait aucunement porté préjudice :

"Dis : "Si le Miséricordieux avait un fils, je serais le premier à le vénérer" ! (Les Ornements, 81).

Mais tout cela est pure démagogie. Comment serions-nous capables de nous y empêtrer

Le fait d'avoir calomnié Dieu en l'associant à d'autres divinités a entraîné les hommes dans les labyrinthes de l'égarement. Ils ont de ce fait oublié leur Créateur et se sont mis au culte des idoles, des Prophètes et des saints intermédiaires.

"Lorsque l'unicité de Dieu est affirmée, ceux qui ne croient point en l’Au-delà en ont le cœur serré. Mais entendant nommer leurs idoles, les voici tout allégresse" (Les Groupes, 45).

Les Associateurs se sont ainsi accaparés la part du lion dans toutes sortes de pratiques qu'on a leur consacrées : dans la vénération et la prière, dans l'amour qu'on leur porte, dans l'enthousiasme qu'on leur montre. A Dieu, il ne lui est réservé que la portion congrue.

"Sur les récoltes et leurs troupeaux qu'Il a fait croître, les païens réservent une part au Seigneur : "Ceci revient à Dieu, affirment- ils et ceci aux divinités associées". Mais sur la part de leurs idoles, rien n'est jamais distribué au profit de Dieu, alors que la part, du Seigneur est souvent consacrée aux faux dieux. Quelle erreur grossière est la leur" (Les Troupeaux, 136).

"Les hommes, les démons et Moi-même sommes étonnés des informations qui nous parviennent : Je crée et on adore d'autres divinités. Je distribue les bienfaits et on remercie autrui" (La Tradition divine).

Ces souillures sont devenues tellement courantes dans la foi des gens qu'elles ont failli gâcher leur vie et leur devenir. Le monde ne va-t-il pas à la dérive lui qui ne fait plus cas des bienfaits du monothéisme ?

Il est attristant de voir des générations d'hommes en proie à la machine infernale du paganisme délirant à travers le monde.

Il est tout aussi affligeant de constater la déchéance morale faire ses ravages dans la chrétienté polythéiste :

"La plupart d'entre eux ne croient en Dieu qu'en Lui associant leurs idoles" (Joseph, 106).

L'extension du polythéisme dans le monde est la phase transitoire menant à la négation du principe de la divinité, partant à l’athéisme.

FAUX DIEUX ET ESCLAVES : UNE APPROCHE COMPARATIVE

Dieu a voulu informer les polythéistes impudents de la valeur de leurs piètres divinités. Celles-ci ont été rangées dans deux catégories distinctes :

- Les divinités immatérielles : les esclaves ont, dans ce cas, beaucoup plus de pouvoir, puisqu'ils disposent de la faculté de raisonner contrairement à ces idoles inertes et sans âmes.

"Ont-ils des pieds pour marcher ? Ont-ils des mains pour appréhender ? Usent-ils d'yeux pour voir, d'oreilles pour entendre ? (Al- A’Raf, 195).

Ces statues n'ont rien de tout cela.

- Les pseudos-dieux. Ce sont des êtres humains qui pensent et qui réfléchissent comme le commun des mortels. Quel avantage tirent-ils de leur situation de faux-dieux ?

Quelle divinité est-ce la leur puisque sur le plan de la force physique et celui de leur situation en tant qu'êtres humains, ils sont semblables aux esclaves ?

"Ceux que vous invoquez en dehors de Dieu, ne sont que d'humbles créatures comme vous. Priez-les et faites qu'ils vous exaucent, si vous croyez en leur pouvoir !" (Al-A’Raf, 194).

Il n'est pas dans la nature de l'homme de s'incliner devant des divinités qui lui sont inférieures ou qui n'arrivent pas à égaler son intelligence, surtout quand il fait appel à elles et qu'il ne reçoit aucune réponse.

"Les priez-vous ? Ils n'entendront pas vos prières. Et s'ils les entendaient, ils ne vous exauceraient pas. Le jour de la Résurrection, ils vous renieront. Nul ne saurait si bien vous informer que Celui qui sait toute chose" (Les Anges, 14)

Il est par conséquent totalement absurde que l'esprit humain s'attache à de tels mensonges.

Le Saint Coran foisonne de passages paraboliques qui incitent à la vigilance et attirent l'attention sur la nécessité pour l'homme de veiller à la sauvegarde de sa dignité en évitant de s'engouffrer honteusement dans l'abîme du polythéisme, dont le principe est d'obéir à des êtres semblables ou inférieurs à nous. C'est dans un style d'une beauté incomparable que le Texte sacré s'adresse aux sentiments humains, et cherche à mettre en garde les hommes contre les souillures et les impuretés d'une poussière de divinités :

"Quelle valeur pourrait avoir une poussière de divinités face à Dieu l'Unique, le Tout-Puissant ?" (Joseph, 39).

"Dieu vous propose en parabole un homme réduit à l'esclavage : il se trouve à la merci de plusieurs maîtres associés, se disputant sans cesse ses services, tandis qu'un autre esclave, son semblable, n'est soumis qu'à un maître unique. Leurs deux sorts seraient-ils identiques ? Dieu soit loué ! Trop peu d'hommes sont à même d'en décider" (Les Groupes, 29).

Le principe de l'Unicité divine est, en vérité, l'essence même de l'islam, le fondement et le pivot de la foi et des rites musulmans. Il se propage dans les préceptes islamiques comme la sève dans les plantes ou les nerfs dans l'organisme.

Les textes coraniques en ont fait leur cheval de bataille, à telle enseigne qu'il est considéré comme étant le principe le plus prisé qu'aucune religion n'a réussi à ancrer dans les cœurs des croyants, comme l'a fait la religion islamique. Il fut, parmi les premiers mots d'ordre de l'islam, toujours au devant de la scène et n'a jamais été relégué au second plan.

"Dieu a interdit à jamais Son Royaume Eternel à quiconque Lui donne un associé ! Il sera à jamais voué à l'Enfer ; car point de secours n'auront les injustes" (La Table Servie, 72).

Dieu - Seul - est Maître de l'univers et Il en dispose comme bon Lui semble. Il est le Bienfaiteur, le Magnanime, le Généreux, Celui qui donne et prive, aide à la victoire et inflige l'échec.

Personne n'a à contester Sa sagesse. Ni les Anges, ni les Prophètes n'ont le droit de contrecarrer Sa volonté, car celle-ci est le guide et l'arbitre.

Ni les amis de Dieu, ni Ses ennemis n'ont à imposer leurs caprices et leurs désirs à la Volonté Suprême.

"C'est pourquoi le respect de l'unicité divine exige que nous nous confions à Dieu l'Unique dans nos heurs et malheurs".

"N'est-il pas une sûre protection en Dieu pour quiconque le sert ?" (Les Groupes, 36).

"Dis-leur ! : "Considérez ces faux dieux que vous invoquez en dehors de Lui. Seraient-ils capables de m'en délivrer si Dieu m'infligeait un mal ? Pareillement, s'Il décrétait de M'accorder un bienfait, pourraiept-ils empêcher une telle faveur ?". Dis "Dieu me suffira pour Maître. En Lui Seul se confient ceux qui cherchent un véritable soutien !" (Les Groupes, 38)

Le croyant tend de tout son être vers une seule divinité. C'est elle qui lui permet de garder l'espoir dans les moments difficiles et c'est à elle qu'il se confesse et confie ses secrets.

L'intimité du croyant avec l'Être Suprême est sublime et c'est sur sa base qu'il détermine ses rapports avec les gens.

Le croyant est animé de toutes sortes de sentiments : la sérénité et l'angoisse, la désapprobation et le consentement, l'amour et la haine, le penchant pour la solitude et la vie mondaine.

Il arrive que ces sentiments s'avivent dans le cœur du croyant. Ils sont alors apaisés par les principes moraux dont il est imbu. La gratitude qu'i1 ressent vis-à-vis de Dieu est ici un élément d'équilibre déterminant.

Le Sceau des Prophètes invitait les fidèles, dans ses prières nocturnes à se laisser imprégner par les nobles sentiments vis-à-vis de Dieu l'Unique.

"0 Dieu, je me soumets à Vous et c'est en Vous que je crois. Je m'en remets à Vous. Vous êtes l'arbitre dans tous les conflits. Pardonnez-moi les actes que je commets, les paroles que je divulgue et celles que je garde en secret. Vous êtes le Donateur et il n 'y a de Dieu que Vous".

Cette humilité émanant du cœur est la plus haute expression de l'Unité divine. Grâce à elle, la vie palpite de bonheur. Quand elle vient à faire défaut chez l'être humain, il flétrit, piétine et ne sait plus sur quel pied danser.

Nous vivons ici-bas beaucoup d'expériences qui dévoilent nos possibilités et nos ressources exactement comme le font les laboratoires de chimie dont les expériences décèlent les propriétés de différents gaz et fluides.

C'est exclusivement à la lumière de ces expériences que nous devons à l'Organisateur la possibilité de distinguer la véritable foi de l'hérésie, la sincérité de l'hypocrisie, le bon du mauvais.

"Nous vous éprouvons en matière de tentation, par le Bien et par le Mal, puis à Nous, vous ferez retour" (Les Prophètes, 35).

Si jamais il t'arrive de voir un individu aimer quelque autre divinité plus qu'il n'aime Dieu, avoir peur de ses semblables plus que de son Maître, s'attacher aux gens plus qu'au Souverain de l'univers, chercher la grâce des gens plus que celle de l'Au-delà, se lamenter aux gens d'abord et leur communiquer sa joie avant de s'adresser à Dieu, sache que cet individu est un impie.

Certains savants introduisent une hiérarchisation dans l'hérésie et considèrent que ce qui est le plus grave c'est d'associer à Dieu une autre divinité. Ils considèrent certains actes hérétiques comme des déviations sans grande importance.

A bien y réfléchir, ils ont tort d'agir de la sorte.

Le polythéisme est comme une source boueuse susceptible de se transformer en torrent provoquant le déluge. Quand un cœur en est atteint, il perd la foi véritable. C'est alors que les déviations dites sans importance se métamorphosent pour donner naissance au polythéisme considéré par l'Islam comme le péché capital.

Les petites choses sont souvent celles qui font frémir les puissants.

Si l'islam est parti en guerre contre les divinités païennes de la Péninsule arabique, c'est surtout pour leur ôter l'attraction miraculeuse qu'elles exerçaient sur leurs adorateurs, et non pas pour les détruire en tant que telles.

Tout ce qui empêche les gens d'adorer le Très-Haut, comme ces fausses divinités, n'est, en fait, qu'idoles anodines.

Tous ceux qui ont de l'estime pour quelque chose qui n'est pas Dieu n'ont, en fait, aucune dignité. Ils ressemblent aux anciens polythéistes, font partie d'eux et seront jugés comme eux le Jour de la Résurrection.

Rien d'étonnant à tout cela : si le vin a été interdit, ce n'est pas pour ce qu'il est, mais pour son effet enivrant. De ce fait, toute liqueur enivrante est interdite. La foi en Dieu doit être totale ou ne doit pas être.

AMPHIBOLOGIE DU PRINCIPE DE L’UNITE CHEZ LA MAJORITÉ DES GENS

Il est du devoir de l'Oumma d'être l'exemple à suivre dans l'adoration de Dieu et la soumission totale à Ses principes.

Hélas ! Nous remarquons chez les masses musulmanes beaucoup de pratiques qui témoignent de la dégradation de leur pensée, de leur désorientation morale et du manque de clarté de leurs objectifs.

Nous voudrions dire sans ambages que la moindre faille, qui se manifeste dans l'édifice de l'unicité divine est la preuve que la confusion mentale commence à s'installer chez l'élite pensante de la religion orthodoxe. L’islam est fondamentalement basé sur le principe de l'Unité divine. Celle-ci est, en effet, la Vérité unique et l'Objectif ultime.

Nous ne sommes pas de ceux qui accusent gratuitement les gens de paganisme et attentent injustement à leurs droits. Mais nous nous trouvons face à des comportements qui exigent que nous nous y arrêtions longuement. Nous devons conseiller les gens, leur rappeler les enseignements du Coran et de la Sunna, chaque fois que des déviations apparaissent.

Dans le dessein de combattre le communisme en Égypte, le gouvernement anglais s'est penché sur la situation religieuse des habitants de ce pays. Ce qui l'a beaucoup réconforté sur la foi des Égyptiens (!), c'est le fait que trois millions de musulmans se sont rendus en pèlerinage au tombeau d'Ahmed El Badaoui à Tantah, pendant une seule année.

Ces pèlerins ne me sont pas inconnus. Plusieurs fois, j'ai été appelé officiellement à prêcher parmi eux. J'ai toujours remarqué qu'ils n'avaient pas besoin de sermons, mais qu'ils méritaient d'être flagellés pour leurs comportements indignes. La plupart d'entre eux d'ailleurs ne connaît absolument rien des préceptes et des lois de l’Islam.

Si on les invitait à un véritable devoir religieux, ils s'enfuieràient, dégoûtés, même si leur empressement à croire les légendes dépasse celui des papillons fascinés par le feu.

Il suffit de s'informer sur leur état : ils sont venus en pèlerinage au tombeau de ce saint pour formuler des vœux et accomplir des prières. Vœux et prières destinés à qui ? D'abord et avant tout au saint. Si on leur fait un quelconque reproche, ils rectifient : "Nous nous adressons à Dieu à travers le saint Al Badaoui".

Les plus turbulents et les plus bavards parmi ces naïfs tiennent ces propos : "Nous connaissons parfaitement Dieu. Nous savons que les saints sont Ses serviteurs et nous nous rapprochons de Lui par leur biais, car ils sont plus chastes que nous et leur position spirituelle meilleure que la nôtre".

Ce discours est irrecevable en islam, même s'il est supposé convenir aux conditions matérielles et morales de ces gens.

Dieu ne nous a pas autorisés à nous adresser à Lui par le biais d'intermédiaires qui vont se substituer à nous quand il s'agit d'expier nos péchés et de demander la Bénédiction divine.

"Auraient-ils des divinités qui aient institué pour eux une religion que Dieu n'a point sanctionnée" (La Délibération, 21).

C'est un fait bien connu en islam que l'imploration de Dieu se fait directement sans intermédiaire aucun. C'est un truisme que de le répéter ici.

"Toi Seul adorons, de Toi Seul implorons le secours !" (Ouverture, 5).

"Adressez-vous directement à Dieu et demandez-Lui aide et soutien".

N'est-il pas ridicule de demander secours à des gens qui en ont eux-mêmes besoin ? N'est-il pas saugrenu de solliciter l'aide de ceux qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour bénéficier d'un privilège ou pour se débarrasser d'un mal ?

"Ceux que tant d'impies invoquent comme divinités cherchent eux-mêmes à l'envie à se rapprocher du Seigneur, espérant en Sa grâce et redoutant Sa colère. Les rigueurs du Seigneur sont éminemment redoutables" (Le Voyage Nocturne, 57).

Avec le temps, les musulmans se sont écartés du droit chemin et ont oublié la Vérité.

Il est tout à fait dans l'ordre des choses d'excuser un individu pour une maladresse ou un acte banal. Ce serait, par contre, une grande catastrophe s'il venait à oublier son existence et à négliger complètement sa foi en Dieu.

C'est cette négligence de la foi que le Saint Coran dénonce, nous semble-t-il, dans le verset suivant :

"Un jour, les mécréants seront rassemblés devant Dieu avec ceux qu'ils auront injustement adorés. Dieu s'adressant à ceux-ci, leur dira: "Est-ce vous qui avez égaré Mes serviteurs, ou bien se sont-ils d'eux-mêmes dévoyés ?

"Gloire à Toi ! répondront-ils alors, comment pouvions-nous prétendre à être adorés quand Toi Seul est digne de l'être ? Mais n'as- tu pas fait jouir, par trop longtemps, ces hommes et leurs pères, au point qu'ayant oublié Tes enseignements, ils ne sont plus qu'un peuple perdu" (La Distinction, 17, 18).

En effet, les mécréants ont oublié les enseignements du Coran et l'unicité totale de Dieu, fondement du Livre Saint.

Il ne sert à rien, pour défendre ces ignares, de dire qu'ils connaissent Dieu et qu'ils voient en Lui, seulement en Lui, le Dispensateur de tous les privilèges. Cette connaissance n'est utile et n'est recevable que dans la mesure où elle est accompagnée de prières destinées uniquement au Seigneur. Il faut rappeler ici que les paiens des temps anciens connaissaient eux aussi Dieu.

"Dis : "Qui donc, pour vous faire subsister, vous procure les dons du ciel et de la terre ? Qui peut disposer à son gré de l'ouïe et de la vue des hommes ? Qui fait surgir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant ? Qui préside à l'ordre du Monde ? Ils répondront : "C'est Dieu !" (Jonas, -3 1).

Bien qu'ils répondent que c'est Dieu qui est le Maître de l'Univers, ils ne sont pas considérés pour autant comme des fidèles. La foi -quand elle est sincère- suppose unicité divine et monothéisme.

Le Coran est explicite là-dessus :

"Dis-leur : "Eh quoi ne sauriez-vous Le craindre". Tel est le Seigneur, votre Maître qui est Vérité ! Qu’y a-t-il hors de la Vérité, sinon l’erreur ? Y serez-vous à ce point indifférents ?

Ainsi se réalisera l'arrêt de ton Seigneur contre ceux qui auront rejeté Ses enseignements : plus jamais ils ne croiront" (Jonas, 31- 33).

Beaucoup de gens, chez nous, se dirigent vers les tombes de certains morts qu'ils considèrent comme des Saints et à qui ils demandent soutien et aide. Or, le pire des péchés qu'on puisse commettre en islam est de considérer des hommes ordinaires comme les intermédiaires entre les croyants et Dieu.

Ce sont là des actes que nous ne pouvons guère agréer en tant que croyants, même si l'attachement aux Saints et l'aversion manifestée à l'égard des mécréants font partie des rites de la religion islamique.

Les manifestations de l'amour et de la haine sont connues.

Ou bien on se lie d'amitié avec les gens ou bien on les délaisse. Ou bien, quand il s'agit de morts, on jette l'anathème sur eux ou bien on demande à Dieu de les grâcier.

Comment se comportent les Musulmans aujourd'hui ? Que sont devenus l'amour et la haine chez eux ?

Certains Musulmans n'hésitent pas à se lier d'amitié avec des gens aux mœurs dépravées, ne rendent plus visite à leurs parents qui vivent seuls. On les voit ensuite se précipiter vers les tombeaux des Saints pour solliciter de menus services qui satisferont leurs besoins d'ici-bas et de l'Au-delà. En tout cas, si le Musulman rend visite à ces Saints, ce n'est pas pour demander à Dieu de les avoir en sa sainte Miséricorde. C'est là une aberration on ne peut plus grande.

La construction des sanctuaires et des temples sur les tombeaux des Saints est une vieille tradition, comme l'a mentionné le Coran.

A propos de l'histoire des "habitants de la Caverne", Dieu dit ceci :

"Les uns étaient pour la construction d'un simple mausolée sur l'endroit où ils reposaient : "Dieu Seul, disaient-ils, pourrait élucider leur mystère !". L'avis prévalut enfin qu'on y élèverait un sanctuaire" (La Caverne, 21).

Il semble que la construction des mausolées servant de lieu d'adoration sur les tombeaux n'était pas prohibée dans la période antéislamique, car cela n'avait pas une grande signification.

Toutefois, les gens se sont ridiculisés, car ils se sont laissés aller à l'adoration des statues qu'ils ont élevées en l'honneur des grands de ce monde ou, comme ils l'ont prétendu, ils en ont fait un tremplin pour se rapprocher de Dieu.

Ils ont aussi vénéré les sanctuaires qu'ils ont construits sur les tombeaux des Saints et les ont considérés comme des divinités à part entière.

L'islam, dès son avènement, livra contre le paganisme une guerre sans merci et détruisit impitoyablement toutes les idoles.

Le Prophète -que la Paix et le Salut de Dieu soient sur Lui- chargea Ali Ibn Abi Talib de détruire les idoles et de raser tous les tombeaux. Cénotaphes et statues élevées étaient pour le Prophète le signe de l'égarement. Il ridiculisa leurs adorateurs et déconseilla vivement les gens de les imiter

"Que Dieu maudisse les Juifs et les Chrétiens ! Ils ont fait des lieux de sépulture de leurs Prophètes, des sanctuaires. N'élevez pas de mosquées sur les tombeaux. C'est un acte que je vous déconseille vivement".

Quand il était sur son lit de mort, il se dévoilait constamment pour mettre en garde contre le culte des tombeaux. Il priait Dieu :

"0 Seigneur ! Usez de Votre Sagesse pour que mon tombeau ne soit pas une idole vénérée par les gens".

Bien que de nombreuses preuves existent en islam contre cet interdit, les musulmans ont rivalisé entre eux dans l’édification de mausolées sur les tombeaux des Saints et sont allés même jusqu'à les construire dans des lieux vides ou sur les ossements d'animaux.

Ces sanctuaires sont devenus avec le temps des lieux de pèlerinage que les gens visitent en quête de paix, de salut et de guérison.

Je ne veux pas provoquer de scandale en prônant la démolition de ces lieux de culte.

Le Prophète -que la Paix. et le Salut de Dieu soient sur Lui- s'est interdit de détruire la Kaâba et de la reconstruire selon le testament d'Abraham parce que le spectre du paganisme hantait encore les esprits.

Ce qu'il faudrait entreprendre aujourd'hui, c'est une campagne de sensibilisation aux vérités profondes de l'islam afin que les masses musulmanes se détournent de ces sanctuaires et des cadavres qu'ils renferment. Cette campagne devrait se faire dans la sérénité la plus complète et avec le maximum de tact.

Les prédicateurs doivent user de tout leur talent dans leurs sermons. Leur rôle est considérable, et c'est à eux qu'incombe la mission de purifier la foi avec doigté et dextérité.

La signification du terme "supplication" demeure ambiguë chez certaines personnes - il faudra alors leur expliquer que la supplication en islam s'exprime par la foi véritable en Dieu et par les bonnes actions. Le Prophète - que la Paix et le Salut de Dieu soient sur Lui - disait :

"0 Seigneur ! Je m’adresse à Vous parce qu'il n'y a guère d'autre Divinité que Vous. Vous êtes L’Unique, L'Absolu qui n'a point engendré, qui n'a pas été engendré et que Nul n'est à même d'égaler".

Par cette supplication s'exprime la foi en l'Être.

La supplication peut prendre d'autres formes. Elle peut être l'accomplissement d'une bonne action comme dans l'histoire des trois hommes qui se sont retirés dans la Caverne. Elle peut être également prière pour le bien-être d'autrui.

Le musulman est tenu, de toutes les manières, à prier pour le salut de ses frères musulmans.

Le fait à souligner reste cependant que, ni le Livre Sacré, ni la Tradition du Prophète, ne fassent mention de la nécessité d'une quelconque vénération d'êtres humains, morts ou vivants. Cette pratique très répandue en terre d'islam, est comprise fallacieusement comme faisant partie de la religion, alors qu'il n'en est rien.

A PROPOS DU MONOTHEISME

J'ai reçu d'un étudiant une belle lettre au style châtié et bien structuré où il m'exposait les arguments des partisans de l'intercession. Voici les points saillants de sa lettre :

1. Beaucoup de gens sont désobéissants. Or, Dieu n'écoute que ceux qui le craignent. S'il arrive qu'un individu ayant commis beaucoup de péchés dans sa vie, s'adresse directement à Dieu pour implorer Sa grâce, il ne sera pas écouté et ses vœux ne seront point exaucés. Dans ces conditions, il est tout à fait normal que cet individu cherche à atteindre Dieu par l'intermédiaire d'un Saint.

2. Il est inadmissible de considérer l'acte de cet individu comme une forme de polythéisme, car son intention est bonne, et c'est à partir d'elle qu'on doit le juger. Ceux qui recourent à l'intercession n'ont pas l'intention d'associer à Dieu quelque autre divinité. D'ailleurs, ils le refusent eux-mêmes.

3. Les Compagnons du Prophète, les jurisconsultes et les imams s'adressaient à Dieu par le biais de Ses Messagers et de Ses amis. Ainsi fit Omar avec Abbas, oncle du Prophète - que la Bénédiction et la Paix de Dieu soient sur Lui.

4. Il y a dans le Coran des versets qui prouvent que l'intercession n'est pas réprouvée :

"Si, après s'être fait tort à eux-mêmes, ils étaient venus à toi, implorant le pardon de Dieu, et que le Prophète l'eut demandé pour eux, sans doute eussent-ils trouvé Dieu toute Indulgence et prêt à les absoudre" (Les Femmes, 64).

L'auteur cite le verset "Leur père était un homme de bien" (La Caverne, 82) et se demande s'il n'est pas exact que la bénédiction des morts se répercute sur les vivants.

J'ai également reçu une lettre d’un lauréat de l’Université Al Azhar, dont la teneur est la suivante : Un grand érudit avance qu'invoquer Dieu par l'entremise des Saints est un devoir sacré. Le Saint a une influence très grande et il n'y a aucun inconvénient à faire appel à ses offices, car l'on sait pertinemment que c'est Dieu qui commande tout. Les versets que nous avons cités pour réfuter cette pratique, prétend cet érudit, ont été révélés au sujet des seuls "associateurs" de Dieu. Il cite aussi l'exemple de cet aveugle qui, après avoir invoqué Dieu par l'intermédiaire du Prophète sur le conseil de celui-ci, s'est vu recouvrer la vue, etc.

C'était là très grossièrement exposées certaines des idées ambiguës auxquelles croient encore beaucoup de gens. Ces idées portent atteinte à la solidité du principe de l'unicité divine, et plongent les musulmans dans l'obscurantisme le plus néfaste.

C'est, pour nous, un sujet fastidieux qui ne mérite pas d'être discuté davantage, tellement il a été l'objet de polémiques byzantines. Il faudra que les gens comprennent définitivement que l'intercession est condamnable. Tranchons la question :

Dire qu'un impie n'a pas le droit de s'adresser directement au Maître de l'Univers et qu'il lui faut trouver, pour ce faire, un intermédiaire est irrecevable en islam.

Satan a invoqué son Dieu et il fut écouté !

"Seigneur, dit Satan, veuille m'accorder un répit jusqu'au jour où seront ressuscités les morts".

"Ce délai te sera accordé, dit le Seigneur. Jusqu'au jour du terme irrévocable" (Al Hijr, 36, 37, 38).

Ce fut le cas également des polythéistes :

"Mus alors par une foi sincère, ils élèvent des voies suppliantes : Si Tu nous sauves de ce péril, nous T'en rendrons grâce, Seigneur !

Or Dieu les ayant sauvés, les voici qui se montrent de nouveau arrogants sur la terre et se remettent à commettre l'injustice" (Jonas, 22, 23).

Serait-il possible que les rebelles parmi les musulmans puissent être privés d'un droit dont Satan lui-même et ses disciples ont pu bénéficier ?

Tout Musulman qui commet un péché doit implorer Dieu sur-le-champ, et ne doit en aucun cas faire intervenir qui que ce soit.

"A ceux qui, ayant commis une infamie ou s'étant fait tort à eux-mêmes, invoquent aussitôt Dieu, implorant humblement Son Pardon, car qui peut absoudre un pécheur sinon Dieu ?" (La Famille d’Imran, 135).

Si l'appel que fait un pécheur à Dieu est rejeté, comment serait-il possible qu'il puisse être entendu par le simple fait qu'il va être transmis par un intermédiaire ? Non, l'invocation à Dieu ne sera pas acceptée si elle est transmise par le biais d'un intermédiaire, même si celui-ci est le meilleur des Prophètes.

L'invocation à Dieu d'Abdellah Ibn Abi Talib transmise par le Prophète ne fut-elle pas rejetée ?

Le Musulman pratiquant doit prier Dieu et n'a, en aucun cas, à se confier à un quelconque intercesseur.

L'appel à Dieu, si on veut qu'il soit entendu, suppose dévouement, intégrité et foi de celui qui le fait. Si ces vertus venaient à Lui manquer, penseriez-vous qu'un intercesseur, vivant ou mort, puisse les Lui restituer ?

Cela n'est pas possible et il n'existe pas en islam un signe qui permet de tolérer ce genre de démarche. Mieux encore, la religion islamique n'admet pas de clergé.

- Dire également que l'acte lui-même n'a pas de valeur, mais que ce qui compte surtout c'est l'intention qui l'accompagne, est complètement faux. Certes, toute action, acceptable d'un point de vue strictement religieux, devrait d'abord avoir pour fondement de bonnes intentions. Elle devrait ensuite être exécutée selon une démarche légale. Autrement, cette action n'est pas valable.

Une action, même bonne, n'a aucune valeur si elle est accomplie en dehors des prescriptions religieuses.

Les législations positivistes de par le monde, ne se soucient guère de la bonne intention lors d'une infraction. Pour elles, nul n'est censé ignorer la loi, et ce n'est pas parce qu'un individu ignore un règlement que la loi ne sera pas appliquée. C'est là un barrage qu'elle dresse contre toute forme de fraude et de duperie.

La religion révélée, avec toutes ses prescriptions, sera-t-elle en deça des législations confectionnées par les hommes ?

Pourquoi ne serions-nous pas en droit de traiter les adorateurs des tombeaux de polythéistes ? Le Prophète n'a-t-il pas comparé l'hypocrisie au polythéisme ?

Il est du devoir des savants musulmans de condamner sévèrement ces intercessions ignobles et d'aider ceux qui les pratiquent à s'en détourner. Cela fait partie de leurs prérogatives, et ils n'ont pas à s'y soustraire.

Je ne suis pas de ceux qui cherchent par tous les moyens à accuser les gens d'impiété, mais il me semble que c'est un grand péché de regarder en spectateurs les croyances dépérir.

N'est-ce pas un crime odieux que commet un médecin quand il prive un tuberculeux de médicaments sous prétexte qu'il ne souffre de rien ? Cela est inadmissible.

C'est aussi une grande bêtise que de dire que les Compagnons du Prophète imploraient Dieu par le biais d'intermédiaires connus pour leur ascétisme.

La poésie qu'on impute à l'Imam Chafii a été forgée de toutes pièces.

Nous avons, quant à nous, avancé que l'homme peut prier pour lui-même et pour autrui. D'ailleurs, le Coran l'admet sans ambages. Voici la prière d'Ibrahim :

"Seigneur, pardonne-moi ainsi qu'à mon père et aux croyants, au Jour du Jugement Dernier !" (Abraham, 41).

Des nombreuses prières de Noé, citons celles-ci :

"Seigneur, pardonne-moi ainsi qu’à mes père et mère, à ceux qui, croyants, franchissent mon seuil, aux croyants et aux croyantes" (Noé, 28).

"Seigneur, pardonne-nous ainsi qu'à nos frères qui nous ont devancés dans la foi !" (L’Exode, 10).

Le Prophète -que la paix et le Salut de Dieu soient sur Lui- recommandait aux croyants de prier les uns pour les autres.

C'est dans ce sens qu'Omar a demandé à Abbas de prier pour les musulmans. Abbas, entouré d'une foule de croyants acquiesça et fit, selon Zoubeïr Ibn Baccar, la prière suivante :

"Seigneur ! Il n'y a de catastrophes que parce que des péchés sont commis et il faut s'en repentir. Les gens m'ont demandé de m'adresser à Vous, vu la place que j'occupe à leurs yeux, auprès du Prophète. Nous nous tournons à Vous et nous Vous demandons Vôtre grâce. Faites qu'il pleuve abondamment".

Il ne faut pas croire, cependant, que seules certaines personnes, les meilleures d'entre nous, sont capables de prier pour les autres. Ceci est une erreur, car tout le monde est habilité à le faire.

Aussi, le Prophète a-t-il demandé à Omar de prier pour lui, comme il a demandé à toute l'Oumma de prier aussi pour lui. Ne prions-nous pas tous les jours pour lui, comme Dieu nous l'a demandé ?

Quel rapport alors entre cette prière et la supplication démentielle que font les ignorants auprès des tombeaux des morts, imités en cela par les cancres, les mendiants, les handicapés et les faux intellectuels ?

Je ne sais pas quel rapport il peut bien exister entre l'intercession et le verset coranique suivant :

"Pour le mur, enfin, il appartient à deux orphelins de la ville. Un trésor leur appartenant se trouve en dessous. Leur père était un homme de bien. Le Seigneur, dans sa sollicitude, a décrété que parvenus à l'âge d'hommes, ils puissent eux-mêmes retrouver leur bien" (La Caverne, 82).

Le verset veut tout simplement dire que les actions exemplaires des parents profitent à leur procréation, de même que leurs mauvaises actions ont des répercussions désastreuses sur leurs enfants.

"Que ceux qui sont tuteurs d'orphelins se représentent eux-mêmes, pour un instant, à l'article de la mort et appréhendent de laisser des enfants en bas-âge ! Qu'ils craignent Dieu et disent des paroles pondérées!" (Les Femmes, 9).

Il se pourrait qu'à la suite de la mort des saints personnages, apparaissent les manifestations de leur bonne conduite.

Nous employons le conditionnel parce que l'hérédité a des lois que seul le Très-Haut commande et dont on ignore les secrets.

Ainsi Abraham est né d'un père incroyant et le fils de Noé fut d'une irrévérence des plus choquantes. A propos de la progéniture d'Abraham et de Noé, Dieu dit :

"Parmi leur descendance, il s'en trouva des vertueux et d'autres qui furent loin de l'être" (Les Rangs, 113).

Certains parents du Prophète font aujourd'hui beaucoup de mal à l'islam et à l'arabisme. Si c'est à travers eux que les gens doivent implorer Dieu, nous disons qu'il faut les rejeter et nous ne devons croire qu'en Dieu l'Unique.

Hussein n'a pas opposé de résistance à ses ennemis alors qu'il était vivant, comment donc pourrait-il défendre les autres, alors qu'il est mort ?

Quant au verset coranique "Si, après s'être fait tort à eux-mêmes, ils étaient venus à toi, implorant le pardon de Dieu" (Les Femmes, 63), il n'autorise en aucun cas l'intercession. Cela n'y est dit ni expressément, ni elliptiquement. En tout cas, il est clair qu'on ne fait appel ici à l'intercession du Prophète que pendant son vivant et non après sa mort.

Les soufis ont, à ce sujet, des idées dont ils peuvent se mêler à bon droit. Cela les regarde et ne regarde aucunement la religion divine.

Les sources de la législation sont bien connues en islam. Elles n'ont jamais relaté l'histoire d'un saint personnage qui a fait tel ou tel rêve ou celle d'un homme possédé qui, lors de sa visite au tombeau du Prophète, s'est vu charger de tel ou tel message auprès des hommes.

Le fils d'Omar, par exemple, qui avait un attachement passionné pour le Prophète, se comportait dans la vie d'une manière tout à fait particulière. Ainsi, lors de ses voyages, il se plaisait à séjourner dans les endroits que fréquentait le Messager de Dieu, sans qu'il y ait parfois de raisons sérieuses qui nécessitaient de tels séjours. Les érudits musulmans ont considéré cela comme un comportement qui ne regardait que le fils d'Omar et qui n'avait pas à être imité ou à faire partie des obligations religieuses.

Certaines personnes débitent des sornettes à propos du Prophète. Elles prétendent l'avoir entendu répondre à leurs salutations du fond de son tombeau. Elles affirment lui avoir baisé la main ! De deux choses l'une : ou bien ces personnes sont des menteurs, auquel cas on ne doit pas tenir compte de leurs propos, ou bien ce sont des malades mentaux assaillis par des hallucinations.

Nous avons la lourde responsabilité de préserver le Livre Sacré et la Tradition de ces balivernes.

Quant à ceux parmi les érudits musulmans qui vont jusqu'à considérer l'intercession comme un devoir, et qui pensent que l'influence des morts est plus grande que celle des vivants, ils ont l'esprit complètement dérangé. Leur assertion qui veut que l'intercession n'est pas grave en soi, puisque ceux qui y ont recours croient en la puissance de Dieu, est totalement erronée. Nous avons déjà démontré que les polythéistes de la période antéislamique croyaient, eux aussi, à l'omnipotence divine et que leur recours à des intermédiaires se faisait dans le but de se rapprocher davantage de Dieu.

"Nous les servons seulement afin d'être par leur voie plus rapprochés de Dieu" (Les Groupes, 3).

Ils le regretteront le jour du Jugement Dernier pour avoir mis sur le même pied d'égalité Dieu et Ses créatures.

"Par Dieu ! Nous étions certes dans une erreur évidente,

"Lorsque nous vous mettions de pair avec le Souverain des Mondes" (Les Poètes, 97, 98).

Plusieurs dizaines de versets coraniques attestent le fait que les Anciens adoraient des intermédiaires. D'aucuns diront que cette adoration est plus grave que l'invocation que font les gens aujourd'hui et qu'entre ces deux formes de culte, il y a un grand fossé. C'est là une erreur flagrante, car l'adjuration et l'invocation sont, comme le confirment le Coran et la Tradition, des pratiques cultuelles.

"Votre Seigneur a dit : "Invoquez-Moi : je vous exaucerai ! Ceux qui, par orgueil, refuseront de Me servir, entreront tête basse en enfer" (Le Croyant, 60).

Dans la Tradition, il est dit : "L'invocation est l'âme de l'adoration".

Pourquoi donc invoquons-nous des êtres humains, quand il faut que nous nous adressions directement à Dieu ?

Quand des ignares se plaisent à adorer et à invoquer des intermédiaires, n'est-il pas de notre devoir de les en dissuader au lieu de forger de faux avis juridiques qui maquillent la vérité ?

Si l'on suppose que l'histoire de l'aveugle qui a recouvré sa vue est vraie, il faut relever le fait, bien significatif, qu'il s'est adressé à Dieu par le biais de Son Prophète. Or, les possédés dont on parle ici s'adressent à n'importe qui.

L'histoire de l'aveugle précitée n'est pas confirmée dans la Tradition, et il est très dangereux de tirer argument de choses non confirmées et non établies. Cette histoire a tout simplement valeur symbolique. On en use dans les sermons pour démontrer l'importance que Dieu accorde aux bonnes actions.

Par ailleurs, il est grave de dire que les versets coraniques ont été révélés seulement pour les gens de la période préislamique. Nous refusons catégoriquement ce genre d'assertions. Le Coran est un Livre Sacré révélé pour l'ensemble de l'humanité. Son enseignement est valable en tous lieux et en tous temps. Si donc Dieu a interdit le polythéisme chez les Arabes, cette prohibition concerne les autres peuples.

Que Dieu nous guide dans la voie de l'unicité divine, et que notre vie et notre mort soient fondées sur elle.

On rapporte que le Prophète a dit :

"Il n'y a rien de plus difficile que de vouloir discerner et percevoir le polythéisme. Cela ressemble à l'animation silencieuse des fourmis sur un rocher, par une nuit sombre. Le polythéisme atteint son degré le plus bas quand on approuve un acte injuste si minime soit-il et qu'on réprouve un tant soit peu un acte juste. Qu'est-ce que la religion sinon amour et haine ?".

Après quoi, il a récité ce verset :

"Dis leur : "Si vous aimez vraiment Dieu, suivez ma voie : Dieu vous aimera et effacera vos péchés. Il est Absoluteur et Miséricordieux" (Al Imran, 31).

En termes plus clairs, l'unicité divine authentique implique l'amour de la justice et la répulsion de toute forme d'oppression. Aimer un tyran et haïr un homme juste relèvent du pur polythéisme...

Si l'islam est sensible à ce point, et s'il veille par tous les moyens à ce que les cœurs soient exempts de toute souillure, si minime soit-elle, comment peut-on alors tolérer les actions d'un homme qui, dans ses prières et dans ses invocations, ne s'adresse pas directement à Dieu ?

La position du savant musulman dans ce genre de questions n'est pas celle d'un avocat qui défend la cause d'un criminel et qui, pour ce faire, se voit dans l'obligation d'interpréter la loi au profit de l'accusé. Le savant musulman se doit de défendre les véritables préceptes de la religion musulmane.

Si on ne doit pas châtier l'accusé pour son ignorance, on doit cependant lui apprendre la véritable religion et lui éviter d'être la proie à des démons.

 

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