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L’UNITUDE ABSOLUE
DIEU EST
UNIQUE
Cet univers n'a
qu'un seul Dieu auquel se soumettent tous ceux qui y vivent
:
"En vérité, ceux
qui peuplent les cieux et ceux qui vivent sur terre ne
peuvent que se présenter en soumis devant le Trône du
Tout-Puissant.
Il les a tous
comptés, tous recensés un à un. Chacun d'eux viendra seul,
vers Lui sans nul soutien au Jour de la Résurrection"
(Marie, 93, 94, 95).
Si on examine de
près ce que les gens ont cru devoir être des associés de
Dieu, on ne trouvera rien qui puisse faire de ces associés
des êtres dignes de représenter qui que ce soit.
Les premiers
hommes ont idolâtré des rochers. Est-il concevable que des
pierres -que toute la Terre même !- puissent être
considérées comme une divinité ?
Ils ont adoré
des animaux comme l'ont fait et continuent de le faire les
Hindous de nos jours pour les vaches. Existe-t-il une vache
-si grasse soit-elle- qui puisse occuper le poste de la
divinité ? Et qu'est-ce qu'on pourrait bien servir à manger
aux gens si on divinisait ces animaux ?
Par de telles
pratiques, les païens et les mécréants sont tombés si bas !
Certaines
personnes se sont pris pour Dieu. Tel fut le cas du Pharaon
ou de celui-là :
"A qui Dieu
avait donné la royauté et qui, infatué de son pouvoir, se
mit à disputer de Dieu avec Abraham. "Mon Dieu, fit Abraham,
est Celui qui fit vivre et mourir". "C'est moi qui détiens
un tel pouvoir, fit le tyran" (La Vache - 208).
La stupidité de
cet homme l'a poussé à croire que le pouvoir absolu, dont il
jouissait et dont il usait pour décapiter qui bon lui
semblait parmi ses citoyens, pouvait lui permettre de
briguer la divinité...
Cette sorte
d'aspiration morbide ne prend fin que lorsque celui qui la
nourrit se fait couper la tête par des insurgés, qui la
jettent aux immondices...
Certains groupes
de juifs et de chrétiens n'ont pas su comprendre leurs
Prophètes et les ont élevés au rang des Dieux. Leurs
messagers ne sont pourtant rien d'autre que des serviteurs
éclairés. Juifs et chrétiens se sont donc fourvoyés et ont
ainsi dénaturé la réalité.
Ce serait de la
folie que de croire que certains individus, quel que puisse
être par ailleurs leur rang, sont capables de créer un astre
parmi ces astres qui sont disséminés dans le ciel.
Cet exemple
n'est-il pas exagéré ? Aucun être humain n'a pu créer une
mouche ou moins qu'une mouche... Comment donc pourrait-on
considérer comme Dieu quelqu'un qui ne peut rien créer ?
Le pire est que,
si un microbe parmi les milliers que contient le corps d'une
mouche venait à détruire la santé de quelqu'un, aucun de ces
hommes qui prétendent être des Dieux ne peut secourir le
malade. D'où leur vient donc cette prétention à la divinité
?
JÉSUS, FILS DE
MARIE
La fortune qu'a
connu l'histoire qui fait de Jésus un Dieu, ou un associé de
Dieu, est unique dans le monde et prend plus ou moins
d'importance selon le point de vue rationnel ou passionnel
où l'on se place.
Tantôt, la
doctrine chrétienne considère que ce monde est géré par un
Dieu unique en plusieurs personnes consubstantielles et
coéternelles : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. L'esprit
humain n'arrive pas à concevoir cette trinité.
Tantôt, elle
considère que la gestion de l'univers se fait par une sorte
de société par actions constituée par Dieu, Jésus, Marie et
le Saint-Esprit.
Ce n'est là
qu'une déviation périlleuse et égarement total.
"Ceux qui ont
affirmé: "Dieu ne fait qu'un avec le Messie, fils de Marie"
sont de vrais impies" (La Table Servie, 72).
"Tout aussi
impie est cette autre affirmation : Dieu est la troisième
personne d'une Trinité ? Il ne peut y avoir qu'un Dieu
Unique..." (La Table Servie, 73).
Jésus est un
être humain qui mange, boit et évacue des excréments.
Comment donc peut-on lui dénier son humanité ou lui
attribuer des pouvoirs divins ?
"Qu'est-ce donc
que Jésus, fils de Marie, sinon un Prophète comme tant
d'autres qui l'ont précédé ? Sa mère était une sainte femme,
tous deux se nourrissaient de mets, en mortels !" (La Table
Servie, 75).
C'est un humble
serviteur qui obéit Dieu et qui, dans ses retranchements,
médite en toute humilité, cette décision d'une importance
capitale :
"Dis : "Il ne
tiendrait qu'à Dieu, s'il le voulait, de réduire à néant le
Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère, et tous ceux qui
peuplent la terre" (La Table Servie, 17).
Jésus, lui-même,
reconnaît qu'il n'est qu'un pauvre serviteur de Dieu, tout
comme sa mère d'ailleurs. Tous deux contestent, en effet, ce
que certains esprits immodérés leur imputent :
"Vint un jour où
le Seigneur dit à Jésus : "Est-ce toi, fils de Marie, qui a
dit aux hommes de te prendre, toi et ta mère pour divinités,
en dehors de Dieu ?". Jésus répondit : Que Ton nom soit
glorifié, Seigneur ! Comment pourrais-je en vérité le
proclamer, n'en ayant nullement le droit !" (La Table
Servie, 116).
"Qu'ai-je pu
dire aux hommes, sinon ce que Toi-même m'as ordonné, à
savoir : "Adorez Dieu, Mon Maître et le Vôtre" (La Table
Servie, 117).
Il est évident
qu'on ne peut faire de Jésus un Dieu, créateur et donateur,
responsable de la vie et de la mort de ses créatures, gérant
les biens terrestres et les affaires célestes... car, dans
sa vie, il n'a été qu'un simple être humain et, dans sa
tombe, il n'est qu'un ama d'ossements.
Les adorateurs
de Jésus le savent fort bien d'ailleurs.
C'est pourquoi,
ils recourent à des subterfuges pour le doter d'un pouvoir
autre que celui d'un être humain. Dans la chrétienté, il y a
un lien de parenté entre Dieu -qu'il soit Glorifié- et Jésus
considéré comme un héritier. Cette "filiation" purement
paternelle fait croire -ce qui est totalement absurde et
illogique- que Jésus est, non pas l'enfant d'un couple, mais
d'une mère uniquement.
En vérité, les
liens qui unissent Dieu à toutes Ses créatures sans
exception sont ceux du Seul Principe de toute manifestation,
du Créateur de cet univers, lequel univers n'a aucune prise
ni sur la mort, ni sur la vie, ni sur le bien, ni sur le
mal, ni sur la résurrection. Les choses et les êtres sont
redevables à Dieu de leur existence et tous, qu'ils le
veuillent ou non, exaltent la Grandeur de Sa Personne.
C'est Dieu
-qu'il soit exalté- qui a décidé de la diversité de Ses
créatures. C'est ainsi qu'il a créé le ciel et la terre, la
faune et la flore, la poussière et l'or, les djinns et les
êtres humains. Il se situe donc au-dessus de Sa création,
symbole de Sa nature parfaite et de Sa sagesse infinie.
Il arrive que
des êtres humains et des Anges soient gratifiés d'un certain
don par l'Absolu qui les désignent comme Ses Messagers. Cela
fait partie des liens devant exister entre le Créateur et
Ses créatures.
Ce n'est pas
parce qu'un architecte décide que certaines briques
constituent le bâti des colonnes invisibles dans une
construction, et que d'autres soient découvertes dans leur
élan vers le ciel, que ces dernières croiront qu'elles sont
devenues des architectes...
Quelle stupidité
plus grande que celle qui incite certaines personnes à
s'associer à Dieu, simplement parce qu'Il les a gratifiées
de certains égards !
Comment peut-on
imaginer que L'Instauré puisse être le Père de ces corps
poussiéreux ? Et qu'est-ce que Jésus par rapport à l'univers
infini ?
"Ils disent :
"Le Tout-Miséricordieux s'est donné des enfants". Gloire à
Dieu et à Lui ne plaise ! Ce ne sont que des serviteurs
privilégiés.
"Ils ne prennent
d'eux-memes aucune initiative et se conforment strictement à
Ses ordres" (Les Prophètes, 26 et 27).
La question de
la divinité est au-dessus de toute ratiocination menée par
des sots à propos de l'enfantement, de la filiation et de la
procréation.
"Si Dieu avait
voulu se donner un fils, il aurait choisi tel être qu'il
aurait voulu parmi Ses créatures. Gloire à Lui, Il est
l'Unique, le Dominateur" (Les Groupes, 4).
Si Jésus avait
pu avoir accès à la divinité pour le simple fait qu'il doive
sa naissance à sa mère uniquement, Adam et les Anges les
plus proches de l'Être auraient été plus dignes que Lui à
aspirer à la divinité. Ceux-ci font partie du royaume des
âmes, alors que Jésus est constitué de la terre boueuse.
PUR SOPHISME
J'ai lu dans les
Mémoires du Docteur Chapelle un paragraphe d'un citoyen
chrétien qui le signa d'un pseudonyme musulman et où il
essaya de concilier les points de vue de l'islam, et du
christianisme sur "Jésus fils de Marie" !
L'auteur part de
l'idée que les deux religions renferment des vérités
ambiguës sur cette question.
Si dans le
Christianisme l'équivoque est monnaie courante quant à la
relation de Jésus avec le Maître de l'Univers, combien y
a-t-il dans la religion islamique de préceptes ambigus ?
Répondons du tac au tac... sans tenir compte du fait que la
Trinité constitue en elle-même une problématique en
contradiction flagrante avec l'Unité divine.
L'auteur écrit .
"La majorité des penseurs musulmans ne connaît par très bien
la foi des Chrétiens en un Dieu Unique et Immortel. Les
penseurs chrétiens, de leur côté, méconnaissent, pour la
plupart, la religion musulmane. A propos des difficultés à
comprendre certains aspects de la philosophie de leur foi,
les chrétiens déclarent qu'il y a dans la religion des
choses qui dépassent l'entendement humain. Ils en font
d'ailleurs un sujet d'orgueil. Or, l'expression "dépasser
l'entendement" signifie dans l'esprit du musulman
"illogique", ce qui est faux. L'idée, en vérité, est que le
cerveau humain est incapable de saisir certains faits
religieux. Ceci, d'ailleurs, était admis des musulmans de
par le passé et des faits similaires leur étaient connus.
"Le fait est que
certains des penseurs musulmans d'aujourd'hui se sont mis à
proclamer à tous les carrefours que l'islam permet à la
raison humaine de comprendre tout l'enseignement religieux
et qu'il est la seule religion rationnelle à pouvoir le
faire.
"Nous ne savons
pas personnellement comment l'esprit humain peut saisir le
sens du monde suprasensible avec ses rivières de lait et de
miel, comment il peut imaginer le monde des âmes et des
Anges.
"Nous ne savons
pas non plus comment ces penseurs "avertis" interprètent la
vision mosaïque du Buisson ardent :
"Lorsqu'il y
fut, il s'entendit soudain appeler: " 0 Moïse, Je suis ton
Seigneur. Déchausse-toi : tu es dans la vallée de Touwa" (Taha,
11, 12).
"Qui peut
prétendre comprendre le secret de cet appel perçu par Moïse
et qui le pétrifia ?
"Qui peut
comprendre la vérité profonde du souffle de l'Esprit divin
qui imprégna Marie et dont l'histoire est relatée dans le
Saint Coran ?".
"Et aussi Marie,
fille d’Imran, qui sut conserver sa chasteté. Un souffle de
Notre esprit divin vint l'imprégner" (I'Interdiction, 12).
"Les Musulmans
et les Chrétiens croient en l'Unicité de Dieu, pensent que
Jésus est l'Esprit de Dieu et que Marie la Vierge a donné
naissance à son Enfant, Parole de Dieu, sans qu'elle ait de
contact sexuel avec aucun homme.
"Je conjure mes
frères musulmans de me faire comprendre ce qu'ils trouvent
là de singulier avant de polémiquer contre les Chrétiens sur
les notions du Père, du Fils et du Saint Esprit, et avant de
suspecter la justesse de la spiritualité chrétienne qui
démontre que ces trois signifiants n'ont au fond qu'un seul
signifié qui s'est manifesté sous trois aspects.
N'avons-nous pas, après tout, dans le Buisson ardent de
Moïse un exemple éloquent de la difficulté à comprendre
certains faits religieux ".
Cette assertion
n'est pas exempte de démagogie. Nous avons bien démontré,
dans le chapitre précédent, la différence qu'il y a entre la
difficulté qu'on a de comprendre certaines choses et le fait
de les nier complètement.
Dans le monde
suprasensible et le monde matériel, il y a beaucoup de
réalités spirituelles qui nous échappent, mais cela ne
signifie pas pour autant qu'elles n'existent pas, comme il y
a également des choses dont on peut affirmer la fausseté et
l'impossibilité, et il n'est pas du tout recevable qu'on
puisse faire passer un fait ambigu pour un fait impossible.
Dire que trois
font un, c'est admettre la possibilité de rencontre des
contraires... La Trinité n'est pas un fait ambigu, mais un
fait naturellement impossible.
EXPOSÉ RÉALISTE
ET CONTROVERSE THÉORIQUE
Quand on
interroge l'histoire et ses événements, on ne trouve aucun
appel à la déification d'un homme qui ait pu être l'objet
d'un intérêt quelconque.
Ceux qui se sont
trouvés dans cette situation sont, soit des innocents comme
certains Messagers et certains Anges, soit des créatures
inanimées comme les pierres et dépourvues de raison comme
les vaches, soit enfin des gouvernants arrogants et ignobles
comme les pharaons d'Égypte...
Beaucoup de
savants se sont évertués à démontrer dans des recherches
très fines qu'il ne peut exister d'autres dieux avec l'Être
Suprême bien que cela soit l'évidence même. Dans notre monde
matériel, nous n'avons jamais trouvé ces dieux-là et nous
n'avons jamais été mis en contact avec ceux du monde
invisible.
Tous les
Messagers, sans exception, ont affirmé qu'ils sont les
Envoyés du Maître de l'univers.
"Il n'y eut pas
un Envoyé avant toi à qui il ne fût révélé : "Il n'y a pas
d'autre dieu que Moi. Que l'on M'adore" (Les Prophètes, 25).
Qui donc a pu
acculer ces dieux, au mutisme ? Pourquoi, ne se sont-ils pas
révoltés contre cette "oppression" incarnée dans l'unicité
de Dieu.
Il faut avouer
sincèrement que la Souveraineté n'appartient qu'à Dieu, et
que les autres dieux fictifs ne sont que des hallucinations
d'esprits malades et des signifiants sans aucun signifié.
"Il n'est rien
dans les cieux et sur terre qui n'appartienne à Dieu.
Qu'invoquent alors ceux qui prétendent suivre d'autres
divinités, les associant à Dieu : Ils ne suivent que pures
inventions de leurs esprits et ne font que proférer des
mensonges !" (Jonas, 66).
Les arguments
que les savants ont fait valoir pour réfuter la pluralité
divine ne sont, en fait, qu'un ensemble de vérités banales
et inutiles car Dieu ne supporte aucune comparaison et est
au-dessus de toute fabulation.
S'il y a un
autre dieu que Dieu l'Unique, quelle est sa position exacte
? Comment se considère-t-il par rapport à son semblable ?
Si sa position
est inférieure, il n'a donc rien d'un Dieu. Si par contre,
elle est supérieure, il est dans ce cas le plus digne à être
Dieu, car le plus méritant.
Si tous les deux
se considèrent comme Dieu, quelles en sont alors leurs
prérogatives respectives ? Comment peuvent-ils exécuter
leurs ordres dans tout ce qui a trait à la vie et à la mort,
au bonheur et au malheur des gens ?
"Non, Dieu ne
s'est pas donné d'enfant, et il n'est point d'autre divinité
avec Lui; car alors chacun des dieux s'emparerait de sa
création, et d'aucuns en supplanteraient d'autres. Dieu,
unique dans Sa Grandeur, est bien au-dessus de pareilles
fabulations" (Les Croyants, 91).
"S'il y avait
d'autres divinités que Dieu dans les cieux et sur la terre,
tout serait livré au chaos, Gloire à Dieu, Maître du Trône,
au-dessus de leurs fictions abusives" ! (Les Prophètes, 22).
Or, le système
de l'univers n'a pas eu à subir un quelconque changement ni
au ciel, ni sur terre et ses lois sont toujours régies par
Dieu, l'Un, l’Absolu :
"Votre Dieu est
un Dieu unique. Il n'y a pas d'autre divinité que Lui. Dieu
de Bonté, de Miséricorde" (La Vache, 163).
INTANGIBILITÉ DE
L'UNITÉ DIVINE
Après avoir
interrogé l'histoire et exposé les idées de ceux qui se sont
attribués faussement la divinité, nous affirmons qu'il n'y a
de Dieu qu'Allah et que rien au monde ne vaut l'humilité
qu'on doit à l'Unique, le Dominateur.
Les hommes,
cependant, malgré l'intuition qu'ils ont de l'existence de
cette Vérité unique, ont trouvé un malin plaisir à amalgamer
le faux et le vrai, à profaner l'évidente unicité divine et
à violer, sinon à extirper les racines de sa chasteté.
Ils
reconnaissent, malgré eux, que Dieu est le Créateur et le
Bienfaiteur. Je ne pense pas, personnellement, que les
chrétiens qui associent Jésus à Dieu, puissent prétendre que
cet homme, qui a vécu ici-bas, a pu créer une partie du ciel
ou de la terre, a pourvu à la subsistance d'un peuple, a
doté les champs et les vergers de céréales et de fruits. Non
! Dieu est seul le Maître de l'univers.
Malgré cette
reconnaissance, ils associent Dieu, dans leurs moments de
recueillement, à d'autres divinités qu'ils adorent et
adulent...
Qui sont-elles
ces divinités ? Et pourquoi les créatures humaines
font-elles appel à elles ?
Les mécréants
s'évertuent à justifier leurs égarements en prétendant
qu'ils n'exagèrent rien dans leur comportement et que ceux
qu'ils adorent en dehors de Dieu ne sont, en vérité, que des
tremplins vers Son Auguste Personne, des intermédiaires de
bons offices parmi les hommes et les femmes. Ils ont
toujours dit qu'ils ne peuvent attribuer aux rochers et aux
êtres humains la création des biens de ce monde, et qu'ils
ne nient point l'action divine, dans la gestion de son
univers.
"A Dieu seul est
dû un culte exclusif. Ceux qui, en dehors de Lui, se font
d'autres maîtres, alléguant : "Nous les servons seulement
afin d'être par leur voie plus rapprochés de Dieu" (Les
Groupes, 3).
Recourir aux
intermédiaires pour atteindre Dieu est un jeu insensé.
Le Créateur n'a
ni filles, ni fils. Entre Lui et Ses serviteurs, il n'y a
point d'intermédiaires, point de courtiers, point de
médiateurs. Chaque être humain a le devoir et le droit de
s'adresser à Lui directement. Si quelqu'un commet un péché,
il doit invoquer le pardon de Dieu en s'excusant auprès de
Lui, et n'a pas à se confesser à un intermédiaire.
Le Principe
Unique a explicité ces vérités dans le Logos par le biais de
Ses Messagers.
Si l'Originateur
avait eu un fils ou un associé -mais Il est au-dessus de ces
mensonges- l'adoration de ces êtres exceptionnels ne nous
aurait aucunement porté préjudice :
"Dis : "Si le
Miséricordieux avait un fils, je serais le premier à le
vénérer" ! (Les Ornements, 81).
Mais tout cela
est pure démagogie. Comment serions-nous capables de nous y
empêtrer
Le fait d'avoir
calomnié Dieu en l'associant à d'autres divinités a entraîné
les hommes dans les labyrinthes de l'égarement. Ils ont de
ce fait oublié leur Créateur et se sont mis au culte des
idoles, des Prophètes et des saints intermédiaires.
"Lorsque
l'unicité de Dieu est affirmée, ceux qui ne croient point en
l’Au-delà en ont le cœur serré. Mais entendant nommer leurs
idoles, les voici tout allégresse" (Les Groupes, 45).
Les Associateurs
se sont ainsi accaparés la part du lion dans toutes sortes
de pratiques qu'on a leur consacrées : dans la vénération et
la prière, dans l'amour qu'on leur porte, dans
l'enthousiasme qu'on leur montre. A Dieu, il ne lui est
réservé que la portion congrue.
"Sur les
récoltes et leurs troupeaux qu'Il a fait croître, les païens
réservent une part au Seigneur : "Ceci revient à Dieu,
affirment- ils et ceci aux divinités associées". Mais sur la
part de leurs idoles, rien n'est jamais distribué au profit
de Dieu, alors que la part, du Seigneur est souvent
consacrée aux faux dieux. Quelle erreur grossière est la
leur" (Les Troupeaux, 136).
"Les hommes, les
démons et Moi-même sommes étonnés des informations qui nous
parviennent : Je crée et on adore d'autres divinités. Je
distribue les bienfaits et on remercie autrui" (La Tradition
divine).
Ces souillures
sont devenues tellement courantes dans la foi des gens
qu'elles ont failli gâcher leur vie et leur devenir. Le
monde ne va-t-il pas à la dérive lui qui ne fait plus cas
des bienfaits du monothéisme ?
Il est
attristant de voir des générations d'hommes en proie à la
machine infernale du paganisme délirant à travers le monde.
Il est tout
aussi affligeant de constater la déchéance morale faire ses
ravages dans la chrétienté polythéiste :
"La plupart
d'entre eux ne croient en Dieu qu'en Lui associant leurs
idoles" (Joseph, 106).
L'extension du
polythéisme dans le monde est la phase transitoire menant à
la négation du principe de la divinité, partant à
l’athéisme.
FAUX DIEUX ET
ESCLAVES : UNE APPROCHE COMPARATIVE
Dieu a voulu
informer les polythéistes impudents de la valeur de leurs
piètres divinités. Celles-ci ont été rangées dans deux
catégories distinctes :
- Les divinités
immatérielles : les esclaves ont, dans ce cas, beaucoup plus
de pouvoir, puisqu'ils disposent de la faculté de raisonner
contrairement à ces idoles inertes et sans âmes.
"Ont-ils des
pieds pour marcher ? Ont-ils des mains pour appréhender ?
Usent-ils d'yeux pour voir, d'oreilles pour entendre ? (Al-
A’Raf, 195).
Ces statues
n'ont rien de tout cela.
- Les
pseudos-dieux. Ce sont des êtres humains qui pensent et qui
réfléchissent comme le commun des mortels. Quel avantage
tirent-ils de leur situation de faux-dieux ?
Quelle divinité
est-ce la leur puisque sur le plan de la force physique et
celui de leur situation en tant qu'êtres humains, ils sont
semblables aux esclaves ?
"Ceux que vous
invoquez en dehors de Dieu, ne sont que d'humbles créatures
comme vous. Priez-les et faites qu'ils vous exaucent, si
vous croyez en leur pouvoir !" (Al-A’Raf, 194).
Il n'est pas
dans la nature de l'homme de s'incliner devant des divinités
qui lui sont inférieures ou qui n'arrivent pas à égaler son
intelligence, surtout quand il fait appel à elles et qu'il
ne reçoit aucune réponse.
"Les priez-vous
? Ils n'entendront pas vos prières. Et s'ils les
entendaient, ils ne vous exauceraient pas. Le jour de la
Résurrection, ils vous renieront. Nul ne saurait si bien
vous informer que Celui qui sait toute chose" (Les Anges,
14)
Il est par
conséquent totalement absurde que l'esprit humain s'attache
à de tels mensonges.
Le Saint Coran
foisonne de passages paraboliques qui incitent à la
vigilance et attirent l'attention sur la nécessité pour
l'homme de veiller à la sauvegarde de sa dignité en évitant
de s'engouffrer honteusement dans l'abîme du polythéisme,
dont le principe est d'obéir à des êtres semblables ou
inférieurs à nous. C'est dans un style d'une beauté
incomparable que le Texte sacré s'adresse aux sentiments
humains, et cherche à mettre en garde les hommes contre les
souillures et les impuretés d'une poussière de divinités :
"Quelle valeur
pourrait avoir une poussière de divinités face à Dieu
l'Unique, le Tout-Puissant ?" (Joseph, 39).
"Dieu vous
propose en parabole un homme réduit à l'esclavage : il se
trouve à la merci de plusieurs maîtres associés, se
disputant sans cesse ses services, tandis qu'un autre
esclave, son semblable, n'est soumis qu'à un maître unique.
Leurs deux sorts seraient-ils identiques ? Dieu soit loué !
Trop peu d'hommes sont à même d'en décider" (Les Groupes,
29).
Le principe de
l'Unicité divine est, en vérité, l'essence même de l'islam,
le fondement et le pivot de la foi et des rites musulmans.
Il se propage dans les préceptes islamiques comme la sève
dans les plantes ou les nerfs dans l'organisme.
Les textes
coraniques en ont fait leur cheval de bataille, à telle
enseigne qu'il est considéré comme étant le principe le plus
prisé qu'aucune religion n'a réussi à ancrer dans les cœurs
des croyants, comme l'a fait la religion islamique. Il fut,
parmi les premiers mots d'ordre de l'islam, toujours au
devant de la scène et n'a jamais été relégué au second plan.
"Dieu a interdit
à jamais Son Royaume Eternel à quiconque Lui donne un
associé ! Il sera à jamais voué à l'Enfer ; car point de
secours n'auront les injustes" (La Table Servie, 72).
Dieu - Seul -
est Maître de l'univers et Il en dispose comme bon Lui
semble. Il est le Bienfaiteur, le Magnanime, le Généreux,
Celui qui donne et prive, aide à la victoire et inflige
l'échec.
Personne n'a à
contester Sa sagesse. Ni les Anges, ni les Prophètes n'ont
le droit de contrecarrer Sa volonté, car celle-ci est le
guide et l'arbitre.
Ni les amis de
Dieu, ni Ses ennemis n'ont à imposer leurs caprices et leurs
désirs à la Volonté Suprême.
"C'est pourquoi
le respect de l'unicité divine exige que nous nous confions
à Dieu l'Unique dans nos heurs et malheurs".
"N'est-il pas
une sûre protection en Dieu pour quiconque le sert ?" (Les
Groupes, 36).
"Dis-leur ! :
"Considérez ces faux dieux que vous invoquez en dehors de
Lui. Seraient-ils capables de m'en délivrer si Dieu
m'infligeait un mal ? Pareillement, s'Il décrétait de
M'accorder un bienfait, pourraiept-ils empêcher une telle
faveur ?". Dis "Dieu me suffira pour Maître. En Lui Seul se
confient ceux qui cherchent un véritable soutien !" (Les
Groupes, 38)
Le croyant tend
de tout son être vers une seule divinité. C'est elle qui lui
permet de garder l'espoir dans les moments difficiles et
c'est à elle qu'il se confesse et confie ses secrets.
L'intimité du
croyant avec l'Être Suprême est sublime et c'est sur sa base
qu'il détermine ses rapports avec les gens.
Le croyant est
animé de toutes sortes de sentiments : la sérénité et
l'angoisse, la désapprobation et le consentement, l'amour et
la haine, le penchant pour la solitude et la vie mondaine.
Il arrive que
ces sentiments s'avivent dans le cœur du croyant. Ils sont
alors apaisés par les principes moraux dont il est imbu. La
gratitude qu'i1 ressent vis-à-vis de Dieu est ici un élément
d'équilibre déterminant.
Le Sceau des
Prophètes invitait les fidèles, dans ses prières nocturnes à
se laisser imprégner par les nobles sentiments vis-à-vis de
Dieu l'Unique.
"0 Dieu, je me
soumets à Vous et c'est en Vous que je crois. Je m'en remets
à Vous. Vous êtes l'arbitre dans tous les conflits.
Pardonnez-moi les actes que je commets, les paroles que je
divulgue et celles que je garde en secret. Vous êtes le
Donateur et il n 'y a de Dieu que Vous".
Cette humilité
émanant du cœur est la plus haute expression de l'Unité
divine. Grâce à elle, la vie palpite de bonheur. Quand elle
vient à faire défaut chez l'être humain, il flétrit, piétine
et ne sait plus sur quel pied danser.
Nous vivons
ici-bas beaucoup d'expériences qui dévoilent nos
possibilités et nos ressources exactement comme le font les
laboratoires de chimie dont les expériences décèlent les
propriétés de différents gaz et fluides.
C'est
exclusivement à la lumière de ces expériences que nous
devons à l'Organisateur la possibilité de distinguer la
véritable foi de l'hérésie, la sincérité de l'hypocrisie, le
bon du mauvais.
"Nous vous
éprouvons en matière de tentation, par le Bien et par le
Mal, puis à Nous, vous ferez retour" (Les Prophètes, 35).
Si jamais il
t'arrive de voir un individu aimer quelque autre divinité
plus qu'il n'aime Dieu, avoir peur de ses semblables plus
que de son Maître, s'attacher aux gens plus qu'au Souverain
de l'univers, chercher la grâce des gens plus que celle de
l'Au-delà, se lamenter aux gens d'abord et leur communiquer
sa joie avant de s'adresser à Dieu, sache que cet individu
est un impie.
Certains savants
introduisent une hiérarchisation dans l'hérésie et
considèrent que ce qui est le plus grave c'est d'associer à
Dieu une autre divinité. Ils considèrent certains actes
hérétiques comme des déviations sans grande importance.
A bien y
réfléchir, ils ont tort d'agir de la sorte.
Le polythéisme
est comme une source boueuse susceptible de se transformer
en torrent provoquant le déluge. Quand un cœur en est
atteint, il perd la foi véritable. C'est alors que les
déviations dites sans importance se métamorphosent pour
donner naissance au polythéisme considéré par l'Islam comme
le péché capital.
Les petites
choses sont souvent celles qui font frémir les puissants.
Si l'islam est
parti en guerre contre les divinités païennes de la
Péninsule arabique, c'est surtout pour leur ôter
l'attraction miraculeuse qu'elles exerçaient sur leurs
adorateurs, et non pas pour les détruire en tant que telles.
Tout ce qui
empêche les gens d'adorer le Très-Haut, comme ces fausses
divinités, n'est, en fait, qu'idoles anodines.
Tous ceux qui
ont de l'estime pour quelque chose qui n'est pas Dieu n'ont,
en fait, aucune dignité. Ils ressemblent aux anciens
polythéistes, font partie d'eux et seront jugés comme eux le
Jour de la Résurrection.
Rien d'étonnant
à tout cela : si le vin a été interdit, ce n'est pas pour ce
qu'il est, mais pour son effet enivrant. De ce fait, toute
liqueur enivrante est interdite. La foi en Dieu doit être
totale ou ne doit pas être.
AMPHIBOLOGIE
DU PRINCIPE DE L’UNITE CHEZ LA MAJORITÉ DES GENS
Il est du devoir
de l'Oumma d'être l'exemple à suivre dans l'adoration de
Dieu et la soumission totale à Ses principes.
Hélas ! Nous
remarquons chez les masses musulmanes beaucoup de pratiques
qui témoignent de la dégradation de leur pensée, de leur
désorientation morale et du manque de clarté de leurs
objectifs.
Nous voudrions
dire sans ambages que la moindre faille, qui se manifeste
dans l'édifice de l'unicité divine est la preuve que la
confusion mentale commence à s'installer chez l'élite
pensante de la religion orthodoxe. L’islam est
fondamentalement basé sur le principe de l'Unité divine.
Celle-ci est, en effet, la Vérité unique et l'Objectif
ultime.
Nous ne sommes
pas de ceux qui accusent gratuitement les gens de paganisme
et attentent injustement à leurs droits. Mais nous nous
trouvons face à des comportements qui exigent que nous nous
y arrêtions longuement. Nous devons conseiller les gens,
leur rappeler les enseignements du Coran et de la Sunna,
chaque fois que des déviations apparaissent.
Dans le dessein
de combattre le communisme en Égypte, le gouvernement
anglais s'est penché sur la situation religieuse des
habitants de ce pays. Ce qui l'a beaucoup réconforté sur la
foi des Égyptiens (!), c'est le fait que trois millions de
musulmans se sont rendus en pèlerinage au tombeau d'Ahmed El
Badaoui à Tantah, pendant une seule année.
Ces pèlerins ne
me sont pas inconnus. Plusieurs fois, j'ai été appelé
officiellement à prêcher parmi eux. J'ai toujours remarqué
qu'ils n'avaient pas besoin de sermons, mais qu'ils
méritaient d'être flagellés pour leurs comportements
indignes. La plupart d'entre eux d'ailleurs ne connaît
absolument rien des préceptes et des lois de l’Islam.
Si on les
invitait à un véritable devoir religieux, ils s'enfuieràient,
dégoûtés, même si leur empressement à croire les légendes
dépasse celui des papillons fascinés par le feu.
Il suffit de
s'informer sur leur état : ils sont venus en pèlerinage au
tombeau de ce saint pour formuler des vœux et accomplir des
prières. Vœux et prières destinés à qui ? D'abord et avant
tout au saint. Si on leur fait un quelconque reproche, ils
rectifient : "Nous nous adressons à Dieu à travers le saint
Al Badaoui".
Les plus
turbulents et les plus bavards parmi ces naïfs tiennent ces
propos : "Nous connaissons parfaitement Dieu. Nous savons
que les saints sont Ses serviteurs et nous nous rapprochons
de Lui par leur biais, car ils sont plus chastes que nous et
leur position spirituelle meilleure que la nôtre".
Ce discours est
irrecevable en islam, même s'il est supposé convenir aux
conditions matérielles et morales de ces gens.
Dieu ne nous a
pas autorisés à nous adresser à Lui par le biais
d'intermédiaires qui vont se substituer à nous quand il
s'agit d'expier nos péchés et de demander la Bénédiction
divine.
"Auraient-ils
des divinités qui aient institué pour eux une religion que
Dieu n'a point sanctionnée" (La Délibération, 21).
C'est un fait
bien connu en islam que l'imploration de Dieu se fait
directement sans intermédiaire aucun. C'est un truisme que
de le répéter ici.
"Toi Seul
adorons, de Toi Seul implorons le secours !" (Ouverture, 5).
"Adressez-vous
directement à Dieu et demandez-Lui aide et soutien".
N'est-il pas
ridicule de demander secours à des gens qui en ont eux-mêmes
besoin ? N'est-il pas saugrenu de solliciter l'aide de ceux
qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour bénéficier
d'un privilège ou pour se débarrasser d'un mal ?
"Ceux que tant
d'impies invoquent comme divinités cherchent eux-mêmes à
l'envie à se rapprocher du Seigneur, espérant en Sa grâce et
redoutant Sa colère. Les rigueurs du Seigneur sont
éminemment redoutables" (Le Voyage Nocturne, 57).
Avec le temps,
les musulmans se sont écartés du droit chemin et ont oublié
la Vérité.
Il est tout à
fait dans l'ordre des choses d'excuser un individu pour une
maladresse ou un acte banal. Ce serait, par contre, une
grande catastrophe s'il venait à oublier son existence et à
négliger complètement sa foi en Dieu.
C'est cette
négligence de la foi que le Saint Coran dénonce, nous
semble-t-il, dans le verset suivant :
"Un jour, les
mécréants seront rassemblés devant Dieu avec ceux qu'ils
auront injustement adorés. Dieu s'adressant à ceux-ci, leur
dira: "Est-ce vous qui avez égaré Mes serviteurs, ou bien se
sont-ils d'eux-mêmes dévoyés ?
"Gloire à Toi !
répondront-ils alors, comment pouvions-nous prétendre à être
adorés quand Toi Seul est digne de l'être ? Mais n'as- tu
pas fait jouir, par trop longtemps, ces hommes et leurs
pères, au point qu'ayant oublié Tes enseignements, ils ne
sont plus qu'un peuple perdu" (La Distinction, 17, 18).
En effet, les
mécréants ont oublié les enseignements du Coran et l'unicité
totale de Dieu, fondement du Livre Saint.
Il ne sert à
rien, pour défendre ces ignares, de dire qu'ils connaissent
Dieu et qu'ils voient en Lui, seulement en Lui, le
Dispensateur de tous les privilèges. Cette connaissance
n'est utile et n'est recevable que dans la mesure où elle
est accompagnée de prières destinées uniquement au Seigneur.
Il faut rappeler ici que les paiens des temps anciens
connaissaient eux aussi Dieu.
"Dis : "Qui
donc, pour vous faire subsister, vous procure les dons du
ciel et de la terre ? Qui peut disposer à son gré de l'ouïe
et de la vue des hommes ? Qui fait surgir le vivant du mort
et fait sortir le mort du vivant ? Qui préside à l'ordre du
Monde ? Ils répondront : "C'est Dieu !" (Jonas, -3 1).
Bien qu'ils
répondent que c'est Dieu qui est le Maître de l'Univers, ils
ne sont pas considérés pour autant comme des fidèles. La foi
-quand elle est sincère- suppose unicité divine et
monothéisme.
Le Coran est
explicite là-dessus :
"Dis-leur : "Eh
quoi ne sauriez-vous Le craindre". Tel est le Seigneur,
votre Maître qui est Vérité ! Qu’y a-t-il hors de la Vérité,
sinon l’erreur ? Y serez-vous à ce point indifférents ?
Ainsi se
réalisera l'arrêt de ton Seigneur contre ceux qui auront
rejeté Ses enseignements : plus jamais ils ne croiront"
(Jonas, 31- 33).
Beaucoup de
gens, chez nous, se dirigent vers les tombes de certains
morts qu'ils considèrent comme des Saints et à qui ils
demandent soutien et aide. Or, le pire des péchés qu'on
puisse commettre en islam est de considérer des hommes
ordinaires comme les intermédiaires entre les croyants et
Dieu.
Ce sont là des
actes que nous ne pouvons guère agréer en tant que croyants,
même si l'attachement aux Saints et l'aversion manifestée à
l'égard des mécréants font partie des rites de la religion
islamique.
Les
manifestations de l'amour et de la haine sont connues.
Ou bien on se
lie d'amitié avec les gens ou bien on les délaisse. Ou bien,
quand il s'agit de morts, on jette l'anathème sur eux ou
bien on demande à Dieu de les grâcier.
Comment se
comportent les Musulmans aujourd'hui ? Que sont devenus
l'amour et la haine chez eux ?
Certains
Musulmans n'hésitent pas à se lier d'amitié avec des gens
aux mœurs dépravées, ne rendent plus visite à leurs parents
qui vivent seuls. On les voit ensuite se précipiter vers les
tombeaux des Saints pour solliciter de menus services qui
satisferont leurs besoins d'ici-bas et de l'Au-delà. En tout
cas, si le Musulman rend visite à ces Saints, ce n'est pas
pour demander à Dieu de les avoir en sa sainte Miséricorde.
C'est là une aberration on ne peut plus grande.
La construction
des sanctuaires et des temples sur les tombeaux des Saints
est une vieille tradition, comme l'a mentionné le Coran.
A propos de
l'histoire des "habitants de la Caverne", Dieu dit ceci :
"Les uns étaient
pour la construction d'un simple mausolée sur l'endroit où
ils reposaient : "Dieu Seul, disaient-ils, pourrait élucider
leur mystère !". L'avis prévalut enfin qu'on y élèverait un
sanctuaire" (La Caverne, 21).
Il semble que la
construction des mausolées servant de lieu d'adoration sur
les tombeaux n'était pas prohibée dans la période
antéislamique, car cela n'avait pas une grande
signification.
Toutefois, les
gens se sont ridiculisés, car ils se sont laissés aller à
l'adoration des statues qu'ils ont élevées en l'honneur des
grands de ce monde ou, comme ils l'ont prétendu, ils en ont
fait un tremplin pour se rapprocher de Dieu.
Ils ont aussi
vénéré les sanctuaires qu'ils ont construits sur les
tombeaux des Saints et les ont considérés comme des
divinités à part entière.
L'islam, dès son
avènement, livra contre le paganisme une guerre sans merci
et détruisit impitoyablement toutes les idoles.
Le Prophète -que
la Paix et le Salut de Dieu soient sur Lui- chargea Ali Ibn
Abi Talib de détruire les idoles et de raser tous les
tombeaux. Cénotaphes et statues élevées étaient pour le
Prophète le signe de l'égarement. Il ridiculisa leurs
adorateurs et déconseilla vivement les gens de les imiter
"Que Dieu
maudisse les Juifs et les Chrétiens ! Ils ont fait des lieux
de sépulture de leurs Prophètes, des sanctuaires. N'élevez
pas de mosquées sur les tombeaux. C'est un acte que je vous
déconseille vivement".
Quand il était
sur son lit de mort, il se dévoilait constamment pour mettre
en garde contre le culte des tombeaux. Il priait Dieu :
"0 Seigneur !
Usez de Votre Sagesse pour que mon tombeau ne soit pas une
idole vénérée par les gens".
Bien que de
nombreuses preuves existent en islam contre cet interdit,
les musulmans ont rivalisé entre eux dans l’édification de
mausolées sur les tombeaux des Saints et sont allés même
jusqu'à les construire dans des lieux vides ou sur les
ossements d'animaux.
Ces sanctuaires
sont devenus avec le temps des lieux de pèlerinage que les
gens visitent en quête de paix, de salut et de guérison.
Je ne veux pas
provoquer de scandale en prônant la démolition de ces lieux
de culte.
Le Prophète -que
la Paix. et le Salut de Dieu soient sur Lui- s'est interdit
de détruire la Kaâba et de la reconstruire selon le
testament d'Abraham parce que le spectre du paganisme
hantait encore les esprits.
Ce qu'il
faudrait entreprendre aujourd'hui, c'est une campagne de
sensibilisation aux vérités profondes de l'islam afin que
les masses musulmanes se détournent de ces sanctuaires et
des cadavres qu'ils renferment. Cette campagne devrait se
faire dans la sérénité la plus complète et avec le maximum
de tact.
Les prédicateurs
doivent user de tout leur talent dans leurs sermons. Leur
rôle est considérable, et c'est à eux qu'incombe la mission
de purifier la foi avec doigté et dextérité.
La signification
du terme "supplication" demeure ambiguë chez certaines
personnes - il faudra alors leur expliquer que la
supplication en islam s'exprime par la foi véritable en Dieu
et par les bonnes actions. Le Prophète - que la Paix et le
Salut de Dieu soient sur Lui - disait :
"0 Seigneur ! Je
m’adresse à Vous parce qu'il n'y a guère d'autre Divinité
que Vous. Vous êtes L’Unique, L'Absolu qui n'a point
engendré, qui n'a pas été engendré et que Nul n'est à même
d'égaler".
Par cette
supplication s'exprime la foi en l'Être.
La supplication
peut prendre d'autres formes. Elle peut être
l'accomplissement d'une bonne action comme dans l'histoire
des trois hommes qui se sont retirés dans la Caverne. Elle
peut être également prière pour le bien-être d'autrui.
Le musulman est
tenu, de toutes les manières, à prier pour le salut de ses
frères musulmans.
Le fait à
souligner reste cependant que, ni le Livre Sacré, ni la
Tradition du Prophète, ne fassent mention de la nécessité
d'une quelconque vénération d'êtres humains, morts ou
vivants. Cette pratique très répandue en terre d'islam, est
comprise fallacieusement comme faisant partie de la
religion, alors qu'il n'en est rien.
A PROPOS DU MONOTHEISME
J'ai reçu d'un
étudiant une belle lettre au style châtié et bien structuré
où il m'exposait les arguments des partisans de
l'intercession. Voici les points saillants de sa lettre :
1. Beaucoup de
gens sont désobéissants. Or, Dieu n'écoute que ceux qui le
craignent. S'il arrive qu'un individu ayant commis beaucoup
de péchés dans sa vie, s'adresse directement à Dieu pour
implorer Sa grâce, il ne sera pas écouté et ses vœux ne
seront point exaucés. Dans ces conditions, il est tout à
fait normal que cet individu cherche à atteindre Dieu par
l'intermédiaire d'un Saint.
2. Il est
inadmissible de considérer l'acte de cet individu comme une
forme de polythéisme, car son intention est bonne, et c'est
à partir d'elle qu'on doit le juger. Ceux qui recourent à
l'intercession n'ont pas l'intention d'associer à Dieu
quelque autre divinité. D'ailleurs, ils le refusent
eux-mêmes.
3. Les
Compagnons du Prophète, les jurisconsultes et les imams
s'adressaient à Dieu par le biais de Ses Messagers et de Ses
amis. Ainsi fit Omar avec Abbas, oncle du Prophète - que la
Bénédiction et la Paix de Dieu soient sur Lui.
4. Il y a dans
le Coran des versets qui prouvent que l'intercession n'est
pas réprouvée :
"Si, après
s'être fait tort à eux-mêmes, ils étaient venus à toi,
implorant le pardon de Dieu, et que le Prophète l'eut
demandé pour eux, sans doute eussent-ils trouvé Dieu toute
Indulgence et prêt à les absoudre" (Les Femmes, 64).
L'auteur cite le
verset "Leur père était un homme de bien" (La Caverne, 82)
et se demande s'il n'est pas exact que la bénédiction des
morts se répercute sur les vivants.
J'ai également
reçu une lettre d’un lauréat de l’Université Al Azhar, dont
la teneur est la suivante : Un grand érudit avance
qu'invoquer Dieu par l'entremise des Saints est un devoir
sacré. Le Saint a une influence très grande et il n'y a
aucun inconvénient à faire appel à ses offices, car l'on
sait pertinemment que c'est Dieu qui commande tout. Les
versets que nous avons cités pour réfuter cette pratique,
prétend cet érudit, ont été révélés au sujet des seuls "associateurs"
de Dieu. Il cite aussi l'exemple de cet aveugle qui, après
avoir invoqué Dieu par l'intermédiaire du Prophète sur le
conseil de celui-ci, s'est vu recouvrer la vue, etc.
C'était là très
grossièrement exposées certaines des idées ambiguës
auxquelles croient encore beaucoup de gens. Ces idées
portent atteinte à la solidité du principe de l'unicité
divine, et plongent les musulmans dans l'obscurantisme le
plus néfaste.
C'est, pour
nous, un sujet fastidieux qui ne mérite pas d'être discuté
davantage, tellement il a été l'objet de polémiques
byzantines. Il faudra que les gens comprennent
définitivement que l'intercession est condamnable. Tranchons
la question :
Dire qu'un impie
n'a pas le droit de s'adresser directement au Maître de
l'Univers et qu'il lui faut trouver, pour ce faire, un
intermédiaire est irrecevable en islam.
Satan a invoqué
son Dieu et il fut écouté !
"Seigneur, dit
Satan, veuille m'accorder un répit jusqu'au jour où seront
ressuscités les morts".
"Ce délai te
sera accordé, dit le Seigneur. Jusqu'au jour du terme
irrévocable" (Al Hijr, 36, 37, 38).
Ce fut le cas
également des polythéistes :
"Mus alors par
une foi sincère, ils élèvent des voies suppliantes : Si Tu
nous sauves de ce péril, nous T'en rendrons grâce, Seigneur
!
Or Dieu les
ayant sauvés, les voici qui se montrent de nouveau arrogants
sur la terre et se remettent à commettre l'injustice"
(Jonas, 22, 23).
Serait-il
possible que les rebelles parmi les musulmans puissent être
privés d'un droit dont Satan lui-même et ses disciples ont
pu bénéficier ?
Tout Musulman
qui commet un péché doit implorer Dieu sur-le-champ, et ne
doit en aucun cas faire intervenir qui que ce soit.
"A ceux qui,
ayant commis une infamie ou s'étant fait tort à eux-mêmes,
invoquent aussitôt Dieu, implorant humblement Son Pardon,
car qui peut absoudre un pécheur sinon Dieu ?" (La Famille
d’Imran, 135).
Si l'appel que
fait un pécheur à Dieu est rejeté, comment serait-il
possible qu'il puisse être entendu par le simple fait qu'il
va être transmis par un intermédiaire ? Non, l'invocation à
Dieu ne sera pas acceptée si elle est transmise par le biais
d'un intermédiaire, même si celui-ci est le meilleur des
Prophètes.
L'invocation à
Dieu d'Abdellah Ibn Abi Talib transmise par le Prophète ne
fut-elle pas rejetée ?
Le Musulman
pratiquant doit prier Dieu et n'a, en aucun cas, à se
confier à un quelconque intercesseur.
L'appel à Dieu,
si on veut qu'il soit entendu, suppose dévouement, intégrité
et foi de celui qui le fait. Si ces vertus venaient à Lui
manquer, penseriez-vous qu'un intercesseur, vivant ou mort,
puisse les Lui restituer ?
Cela n'est pas
possible et il n'existe pas en islam un signe qui permet de
tolérer ce genre de démarche. Mieux encore, la religion
islamique n'admet pas de clergé.
- Dire également
que l'acte lui-même n'a pas de valeur, mais que ce qui
compte surtout c'est l'intention qui l'accompagne, est
complètement faux. Certes, toute action, acceptable d'un
point de vue strictement religieux, devrait d'abord avoir
pour fondement de bonnes intentions. Elle devrait ensuite
être exécutée selon une démarche légale. Autrement, cette
action n'est pas valable.
Une action, même
bonne, n'a aucune valeur si elle est accomplie en dehors des
prescriptions religieuses.
Les législations
positivistes de par le monde, ne se soucient guère de la
bonne intention lors d'une infraction. Pour elles, nul n'est
censé ignorer la loi, et ce n'est pas parce qu'un individu
ignore un règlement que la loi ne sera pas appliquée. C'est
là un barrage qu'elle dresse contre toute forme de fraude et
de duperie.
La religion
révélée, avec toutes ses prescriptions, sera-t-elle en deça
des législations confectionnées par les hommes ?
Pourquoi ne
serions-nous pas en droit de traiter les adorateurs des
tombeaux de polythéistes ? Le Prophète n'a-t-il pas comparé
l'hypocrisie au polythéisme ?
Il est du devoir
des savants musulmans de condamner sévèrement ces
intercessions ignobles et d'aider ceux qui les pratiquent à
s'en détourner. Cela fait partie de leurs prérogatives, et
ils n'ont pas à s'y soustraire.
Je ne suis pas
de ceux qui cherchent par tous les moyens à accuser les gens
d'impiété, mais il me semble que c'est un grand péché de
regarder en spectateurs les croyances dépérir.
N'est-ce pas un
crime odieux que commet un médecin quand il prive un
tuberculeux de médicaments sous prétexte qu'il ne souffre de
rien ? Cela est inadmissible.
C'est aussi une
grande bêtise que de dire que les Compagnons du Prophète
imploraient Dieu par le biais d'intermédiaires connus pour
leur ascétisme.
La poésie qu'on
impute à l'Imam Chafii a été forgée de toutes pièces.
Nous avons,
quant à nous, avancé que l'homme peut prier pour lui-même et
pour autrui. D'ailleurs, le Coran l'admet sans ambages.
Voici la prière d'Ibrahim :
"Seigneur,
pardonne-moi ainsi qu'à mon père et aux croyants, au Jour du
Jugement Dernier !" (Abraham, 41).
Des nombreuses
prières de Noé, citons celles-ci :
"Seigneur,
pardonne-moi ainsi qu’à mes père et mère, à ceux qui,
croyants, franchissent mon seuil, aux croyants et aux
croyantes" (Noé, 28).
"Seigneur,
pardonne-nous ainsi qu'à nos frères qui nous ont devancés
dans la foi !" (L’Exode, 10).
Le Prophète -que
la paix et le Salut de Dieu soient sur Lui- recommandait aux
croyants de prier les uns pour les autres.
C'est dans ce
sens qu'Omar a demandé à Abbas de prier pour les musulmans.
Abbas, entouré d'une foule de croyants acquiesça et fit,
selon Zoubeïr Ibn Baccar, la prière suivante :
"Seigneur ! Il
n'y a de catastrophes que parce que des péchés sont commis
et il faut s'en repentir. Les gens m'ont demandé de
m'adresser à Vous, vu la place que j'occupe à leurs yeux,
auprès du Prophète. Nous nous tournons à Vous et nous Vous
demandons Vôtre grâce. Faites qu'il pleuve abondamment".
Il ne faut pas
croire, cependant, que seules certaines personnes, les
meilleures d'entre nous, sont capables de prier pour les
autres. Ceci est une erreur, car tout le monde est habilité
à le faire.
Aussi, le
Prophète a-t-il demandé à Omar de prier pour lui, comme il a
demandé à toute l'Oumma de prier aussi pour lui. Ne
prions-nous pas tous les jours pour lui, comme Dieu nous l'a
demandé ?
Quel rapport
alors entre cette prière et la supplication démentielle que
font les ignorants auprès des tombeaux des morts, imités en
cela par les cancres, les mendiants, les handicapés et les
faux intellectuels ?
Je ne sais pas
quel rapport il peut bien exister entre l'intercession et le
verset coranique suivant :
"Pour le mur,
enfin, il appartient à deux orphelins de la ville. Un trésor
leur appartenant se trouve en dessous. Leur père était un
homme de bien. Le Seigneur, dans sa sollicitude, a décrété
que parvenus à l'âge d'hommes, ils puissent eux-mêmes
retrouver leur bien" (La Caverne, 82).
Le verset veut
tout simplement dire que les actions exemplaires des parents
profitent à leur procréation, de même que leurs mauvaises
actions ont des répercussions désastreuses sur leurs
enfants.
"Que ceux qui
sont tuteurs d'orphelins se représentent eux-mêmes, pour un
instant, à l'article de la mort et appréhendent de laisser
des enfants en bas-âge ! Qu'ils craignent Dieu et disent des
paroles pondérées!" (Les Femmes, 9).
Il se pourrait
qu'à la suite de la mort des saints personnages,
apparaissent les manifestations de leur bonne conduite.
Nous employons
le conditionnel parce que l'hérédité a des lois que seul le
Très-Haut commande et dont on ignore les secrets.
Ainsi Abraham
est né d'un père incroyant et le fils de Noé fut d'une
irrévérence des plus choquantes. A propos de la progéniture
d'Abraham et de Noé, Dieu dit :
"Parmi leur
descendance, il s'en trouva des vertueux et d'autres qui
furent loin de l'être" (Les Rangs, 113).
Certains parents
du Prophète font aujourd'hui beaucoup de mal à l'islam et à
l'arabisme. Si c'est à travers eux que les gens doivent
implorer Dieu, nous disons qu'il faut les rejeter et nous ne
devons croire qu'en Dieu l'Unique.
Hussein n'a pas
opposé de résistance à ses ennemis alors qu'il était vivant,
comment donc pourrait-il défendre les autres, alors qu'il
est mort ?
Quant au verset
coranique "Si, après s'être fait tort à eux-mêmes, ils
étaient venus à toi, implorant le pardon de Dieu" (Les
Femmes, 63), il n'autorise en aucun cas l'intercession. Cela
n'y est dit ni expressément, ni elliptiquement. En tout cas,
il est clair qu'on ne fait appel ici à l'intercession du
Prophète que pendant son vivant et non après sa mort.
Les soufis ont,
à ce sujet, des idées dont ils peuvent se mêler à bon droit.
Cela les regarde et ne regarde aucunement la religion
divine.
Les sources de
la législation sont bien connues en islam. Elles n'ont
jamais relaté l'histoire d'un saint personnage qui a fait
tel ou tel rêve ou celle d'un homme possédé qui, lors de sa
visite au tombeau du Prophète, s'est vu charger de tel ou
tel message auprès des hommes.
Le fils d'Omar,
par exemple, qui avait un attachement passionné pour le
Prophète, se comportait dans la vie d'une manière tout à
fait particulière. Ainsi, lors de ses voyages, il se
plaisait à séjourner dans les endroits que fréquentait le
Messager de Dieu, sans qu'il y ait parfois de raisons
sérieuses qui nécessitaient de tels séjours. Les érudits
musulmans ont considéré cela comme un comportement qui ne
regardait que le fils d'Omar et qui n'avait pas à être imité
ou à faire partie des obligations religieuses.
Certaines
personnes débitent des sornettes à propos du Prophète. Elles
prétendent l'avoir entendu répondre à leurs salutations du
fond de son tombeau. Elles affirment lui avoir baisé la main
! De deux choses l'une : ou bien ces personnes sont des
menteurs, auquel cas on ne doit pas tenir compte de leurs
propos, ou bien ce sont des malades mentaux assaillis par
des hallucinations.
Nous avons la
lourde responsabilité de préserver le Livre Sacré et la
Tradition de ces balivernes.
Quant à ceux
parmi les érudits musulmans qui vont jusqu'à considérer
l'intercession comme un devoir, et qui pensent que
l'influence des morts est plus grande que celle des vivants,
ils ont l'esprit complètement dérangé. Leur assertion qui
veut que l'intercession n'est pas grave en soi, puisque ceux
qui y ont recours croient en la puissance de Dieu, est
totalement erronée. Nous avons déjà démontré que les
polythéistes de la période antéislamique croyaient, eux
aussi, à l'omnipotence divine et que leur recours à des
intermédiaires se faisait dans le but de se rapprocher
davantage de Dieu.
"Nous les
servons seulement afin d'être par leur voie plus rapprochés
de Dieu" (Les Groupes, 3).
Ils le
regretteront le jour du Jugement Dernier pour avoir mis sur
le même pied d'égalité Dieu et Ses créatures.
"Par Dieu ! Nous
étions certes dans une erreur évidente,
"Lorsque nous
vous mettions de pair avec le Souverain des Mondes" (Les
Poètes, 97, 98).
Plusieurs
dizaines de versets coraniques attestent le fait que les
Anciens adoraient des intermédiaires. D'aucuns diront que
cette adoration est plus grave que l'invocation que font les
gens aujourd'hui et qu'entre ces deux formes de culte, il y
a un grand fossé. C'est là une erreur flagrante, car
l'adjuration et l'invocation sont, comme le confirment le
Coran et la Tradition, des pratiques cultuelles.
"Votre Seigneur
a dit : "Invoquez-Moi : je vous exaucerai ! Ceux qui, par
orgueil, refuseront de Me servir, entreront tête basse en
enfer" (Le Croyant, 60).
Dans la
Tradition, il est dit : "L'invocation est l'âme de
l'adoration".
Pourquoi donc
invoquons-nous des êtres humains, quand il faut que nous
nous adressions directement à Dieu ?
Quand des
ignares se plaisent à adorer et à invoquer des
intermédiaires, n'est-il pas de notre devoir de les en
dissuader au lieu de forger de faux avis juridiques qui
maquillent la vérité ?
Si l'on suppose
que l'histoire de l'aveugle qui a recouvré sa vue est vraie,
il faut relever le fait, bien significatif, qu'il s'est
adressé à Dieu par le biais de Son Prophète. Or, les
possédés dont on parle ici s'adressent à n'importe qui.
L'histoire de
l'aveugle précitée n'est pas confirmée dans la Tradition, et
il est très dangereux de tirer argument de choses non
confirmées et non établies. Cette histoire a tout simplement
valeur symbolique. On en use dans les sermons pour démontrer
l'importance que Dieu accorde aux bonnes actions.
Par ailleurs, il
est grave de dire que les versets coraniques ont été révélés
seulement pour les gens de la période préislamique. Nous
refusons catégoriquement ce genre d'assertions. Le Coran est
un Livre Sacré révélé pour l'ensemble de l'humanité. Son
enseignement est valable en tous lieux et en tous temps. Si
donc Dieu a interdit le polythéisme chez les Arabes, cette
prohibition concerne les autres peuples.
Que Dieu nous
guide dans la voie de l'unicité divine, et que notre vie et
notre mort soient fondées sur elle.
On rapporte que
le Prophète a dit :
"Il n'y a rien
de plus difficile que de vouloir discerner et percevoir le
polythéisme. Cela ressemble à l'animation silencieuse des
fourmis sur un rocher, par une nuit sombre. Le polythéisme
atteint son degré le plus bas quand on approuve un acte
injuste si minime soit-il et qu'on réprouve un tant soit peu
un acte juste. Qu'est-ce que la religion sinon amour et
haine ?".
Après quoi, il a
récité ce verset :
"Dis leur : "Si
vous aimez vraiment Dieu, suivez ma voie : Dieu vous aimera
et effacera vos péchés. Il est Absoluteur et Miséricordieux"
(Al Imran, 31).
En termes plus
clairs, l'unicité divine authentique implique l'amour de la
justice et la répulsion de toute forme d'oppression. Aimer
un tyran et haïr un homme juste relèvent du pur
polythéisme...
Si l'islam est
sensible à ce point, et s'il veille par tous les moyens à ce
que les cœurs soient exempts de toute souillure, si minime
soit-elle, comment peut-on alors tolérer les actions d'un
homme qui, dans ses prières et dans ses invocations, ne
s'adresse pas directement à Dieu ?
La position du
savant musulman dans ce genre de questions n'est pas celle
d'un avocat qui défend la cause d'un criminel et qui, pour
ce faire, se voit dans l'obligation d'interpréter la loi au
profit de l'accusé. Le savant musulman se doit de défendre
les véritables préceptes de la religion musulmane.
Si on ne doit
pas châtier l'accusé pour son ignorance, on doit cependant
lui apprendre la véritable religion et lui éviter d'être la
proie à des démons.
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