Ce nom
illustre désigne l'Être sacré en Qui nous croyons et
pour Qui nous travaillons. Nous savons que c'est grâce à
Lui que nous vivons et c'est à Lui que nous
retournerons.
Notre
respect, notre considération et notre hommage pour Lui
-quelle que soit leur intensité- demeureront toujours en
deça de ce que nous devons à sa Grandeur.
Si les
hommes avaient oublié Dieu, cela ne L'aurait en rien
diminué. Son Pouvoir serait resté le même. Sa Lumière
aurait continué à briller de ses mille feux. Il est
-qu'Il soit loué- si riche par Son pouvoir et Sa
puissance, si grand par Son existence et Ses attributs,
si puissant par Sa souveraineté et Son omnipotence qu'Il
reste immuable.
Si, les gens
de notre époque ne pensent qu'aux plaisirs, s'ils ont
complètement oublié Dieu et l'Au-delà, eux seuls
subiront les préjudices de ces actes irréfléchis et Dieu
n'en est point responsable.
"Tel d'entre
les hommes discute de Dieu, alors qu'il n'a nulle
science. Il ne fait que suivre tout démon rebelle.
"Voué à
perdre quiconque le prend pour maître pour le conduire
au supplice infernal " (Sourate : Le Pèlerinage -
Versets 3 et 4).
EXISTENCE
DIVINE
L'existence
de Dieu est une de ces évidences que l'homme saisit
spontanément et, d'une manière tout à fait innée. Elle
ne fait partie ni des sciences complexes, ni de ces
vérités dures que l'esprit a du mal à saisir.
"Peut-on
douter de Dieu, Créateur des Cieux et de la Terre ?"
(Sourate : Abraham - Verset n°10).
La mission
des Prophètes a été de rectifier l'attitude des gens
vis-à-vis de la divinité. Même si l'homme a connu Dieu
tout naturellement, il a commis l'erreur de ne pas bien
le comprendre comme il a commis l'erreur de lui donner
des associés :
"Voici un
message significatif aux humains. Qu'ils y puisent un
salutaire avertissement ! Qu'ils sachent que Dieu est Un
! Que les hommes sensés y réfléchissent". (Abraham, 52).
"Sache qu'il
n'est d'autre dieu que Dieu ! Implore de Lui le Pardon
de tes péchés" (Mohammad, 19).
Le milieu
corrompu est un grave danger pour l'individu. Il le
dénature et fait naître chez lui tellement de vices
qu'il se plait à enlaidir le beau et à apprécier le
laid.
C'est là où
réside le secret du désintérêt manifesté par certaines
personnes à l'égard de la foi, et leur propension à
l'hérésie et au polythéisme, malgré l'incompatibilité de
tout cela avec la logique de l'esprit et les impératifs
de la pensée.
"J'ai fait
de Mes serviteurs de vrais croyants, mais les démons les
ont détournés de la religion et leur ont interdit ce que
je leur ai permis".
La
civilisation occidentale, qui règne sur le monde
aujourd'hui, est connue pour son scepticisme à l'égard
de l'existence de Dieu, pour le mépris qu'elle affiche
généralement envers les religions, considérées par elle
comme des remèdes palliatifs.
Nul doute
que le monde vit actuellement une crise spirituelle dont
l'origine est l'abandon des valeurs suprêmes de la
religion telles que la vérité, l'équité, la tolérance et
la fraternité.
L'humanité
trouvera son salut dans le retour à ces valeurs sacrées.
Elle y arrivera spontanément comme le nouveau-né qui se
fraie naturellement son chemin le jour de
l'accouchement, et comme l'oisillon qui sort
automatiquement de son œuf.
Si le monde
revient à l'état de nature, il revient en fait à
l'islam, car celui-ci est la religion de la spontanéité,
de la pureté...
Il n'est pas
sans intérêt d'apporter ici des arguments qui pourraient
permettre aux esprits naïfs de voir plus clair dans tout
ce qui les entoure.
1 - L'homme
n'est pas le créateur de sa propre vie, ni de celle de
ses enfants. Il n'a créé ni le monde dans lequel il vit,
ni le ciel qui l'abrite.
Même les
humains qui ont prétendu être des dieux ne se sont
jamais permis d'avancer qu'ils étaient les créateurs de
quoi que ce soit.
Aucun être
humain n'a pu prétendre qu'il pouvait créer quelque
chose à partir du néant.
Il est
impensable qu'une chose puisse se créer d'elle-même. Il
n'y a donc pas de place ici - bas pour la génération
spontanée. Reste alors un seul responsable à la création
: c'est Dieu.
Le Saint
Coran le dit si bien d'ailleurs :
"Ont-ils été
créés par un hasard fortuit ? Ou bien sont-ils leurs
propres créateurs ?
"Auraient-ils créé les cieux et la terre ? Que non !
Mais ils n'en sont nullement convaincus" (Le Mont, 35 et
36).
Le Coran
attire l'attention des premiers Arabes sur les aspects
de la création dans la société primitive où ils vivent :
"Que les
mécréants voient donc comme les chameaux furent créés,
comme le ciel fut édifié, comme les monts furent
dressés, comme la terre fut aplanie" (L’Épreuve
Universelle, 17, 18, 19 et 20).
Ce premier
argument est celui de la Création.
2 - Si
quelqu'un entre dans une maison et y trouve une salle à
manger, une chambre à coucher, des toilettes, un salon,
etc., il ne peut, en aucune manière, prétendre que cette
organisation s'est faite d'elle-même, mais qu'elle est à
coup sûr l'œuvre de quelqu'un qui agit en bon
connaisseur et dont l'action est pleine de sagesse et de
clairvoyance.
Celui qui
médite sur l'univers et ses espaces infinis, sur la
matière et ses caractéristiques sait pertinemment que
tout cela est régi par des lois précises dont beaucoup
d'entre elles ont été expliquées par les sciences de la
nature, la chimie, la médecine, ce qui a rendu d'énormes
services aux êtres humains.
Tout ce que
l'homme a pu accumuler comme connaissances sur les
secrets de l'Univers est assez éloquent pour qu'il n'y
ait plus de doute que ce monde est l'œuvre d'un
Créateur.
Le système
sophistiqué, qui sous-tend l'organisation de l'atome,
est le même que celui qui gouverne les mouvements des
astres dans les espaces infinis du cosmos :
"Béni soit
Celui qui a mis des constellations dans le ciel et y a
placé un flambeau et une lune qui éclairent !
"C'est Lui
qui veille à l'alternance de la nuit et du jour, dont il
fait un signe pour qui veut se souvenir de Lui ou Lui
être reconnaissant" (La Distinction, 61 et 62).
C'est Dieu
qui vous soumet la mer afin que les vaisseaux, sur Son
ordre, fendent les flots, vous permettant un trafic
lucratif pour quêter Ses faveurs dont vous saurez,
peut-être, Lui être reconnaissants.
"Tout ce qui
est dans les cieux, tout ce qui est sur terre vous est
assujetti par Dieu, de Qui tout procède. Quel signe pour
qui sait y réfléchir !" (Les Agenouillés, 12 et 13).
Il existe
dans le Saint Coran beaucoup de versets qui appuient cet
argument appelé "argument de la Providence".
3 - As-tu
déjà réfléchi à ces astres disséminés dans les espaces
infinis du ciel ? As-tu constaté que leur trajectoire
est toujours la même ? As-tu remarqué qu'ils n'ont
jamais dévié, ni à droite, ni à gauche ? Leur mouvement
ne change jamais : point de vitesse, point de
ralentissement... N'est-il pas extraordinaire qu'ils
soient toujours là, au rendez-vous ?
Dans un
stade, le ballon lancé en l'air par les footballeurs
finit toujours par atterrir sur le gazon...
Par contre,
ces gros ballons célestes, ceux qui sont animés ou sans
vie, lumineux ou ternes, tous, sans exception, sont
suspendus éternellement au ciel. Ils sont en perpétuel
mouvement, chacun dans son petit coin qu'il ne quitte
jamais.
Il arrive
que les piétons et les chauffeurs s'entrechoquent alors
qu'ils ont des yeux et une intelligence, mais ces astres
qui foisonnent dans les espaces infinis de l'univers
n'entrent pour ainsi dire jamais en collision :
"Et le
soleil aussi voguant vers un lieu fixe qui lui est
propre : c'est la détermination du Tout-Puissant, de l'Omnicient.
"A la lune
nous assignons des phases successives jusqu'à ce qu'elle
devienne semblable à la palme désséchée.
"Le soleil
ne saurait rejoindre la lune, ni la nuit devancer le
jour. Chaque astre doit voguer sur une orbite qui lui
est propre" (Yâ-Sîn, 38, 39 et 40).
Qui donc
domine le mécanisme de ces astres et leur indique leur
bonne trajectoire ? Qui a pu maîtriser ces corps
célestes immenses et les a autorisés à voguer dans les
espaces avec la puissance qui est la leur ?
Dans leurs
hauteurs, ces planètes n'ont que la puissance pour
piliers et ne sont capables de voguer dans les cieux que
par les ailes dont le Tout-Puissant les a dotées.
"Dieu
maintient en équilibre les Cieux et la Terre, les
empêchant de s'effondrer. Mais si jamais ils
s'écroulaient, qui donc saurait les retenir après Lui ?
Dieu est toute indulgence, toute miséricorde" (Les
Anges, 41).
Les astres
symbolisent des lois qui clament indéfiniment le nom de
Dieu. Hélas ! les sourds ne pourront jamais entendre, ni
comprendre !
On appelle
cet argument : "l'argument du Mouvement".
4 - Nul
doute que l'existence de chacun d'entre nous a un début
qui est connu, mais avant notre naissance, nous étions
insignifiants :
"Quel temps
ne s'est-il point écoulé avant que l'homme ait vraiment
existé ?" (L’Homme, 1).
Les éléments
composant le monde où nous vivons ont, eux aussi, un
début qui est connu. Les géologues leur déterminent des
âges précis que précède le degré zéro.
Une idée
courante voulait que la matière fût indestructible.
Certains ont pris appui sur cette indestructibilté pour
avancer que le monde est très ancien et c'est ainsi que,
de cette prétendue ancienneté, beaucoup de légendes sont
nées.
L'éclatement
de l'atome est venu invalider les thèses sur
l'indestructibilité de la planète. De toute façon, nous
n'étions nullement prêts à croire ces thèses comme étant
des vérités immuables, et il n'était pas vraiment
indispensable que le secret de la destruction du monde
fût mis entre les mains des savants.
Que les gens
n'aboutissent pas dans leurs recherches à ce qui
pourrait détruire la matière de l'univers ne veut, en
aucun cas, dire que cette matière est indestructible.
Pourquoi
cela ne serait-il pas tout simplement une mesure de
précaution prise par Dieu afin d'éviter à ce monde une
fin apocalyptique ?
Nous
affirmons avec force que notre existence est l'œuvre de
Dieu. Notre pensée et nos sentiments nous incitent
constamment à le croire fermement.
Il est
impensable que le néant puisse évoluer pour donner
naissance à une existence qui se développerait
d'elle-même, d'une manière automatique.
Quand un
accident se produit et qu'on en ignore l'auteur, on dit
que c'est l'œuvre d'un inconnu, mais on ne prétend
jamais qu'un accident n'a pas de responsable. Comment
veut-on donc que des gens, raisonnables ne voient pas de
rapport entre l’univers et Dieu qui l'a créé ?
Nous
n'étions rien avant notre naissance et pourtant nous
existons.
Qui donc
nous a donnés la vie ?
"Réponds :
"Mais c'est Dieu !". Puis laisse-les se complaire en
leurs vaines disputes" (Les Troupeaux, 91).
L'EXISTENCE
DE L'UNIVERS EST-ELLE FORTUITE ?
Notre vie
ici-bas et sa continuité reposent sur un nombre
extraordinaire de lois précises, que l'entendement
humain refuse de croire qu'elles sont dues au hasard.
Ainsi il y
va, par exemple, de la position de la terre vis-à-vis du
soleil. Si la distance qui les sépare diminue, la terre
se rapprochera du soleil et la faune et la flore seront
complètement brûlées.
Si par
contre, cette distance augmente, la terre gèlera et il
n'y aura ni agriculture, ni élevage. Penses-tu donc que
la position de la terre qui lui permet de recevoir du
soleil une chaleur convenable est le résultat du hasard
?
Et le flux
et le reflux, ces phénomènes liés à la lune ?
N'était-il
pas possible que la lune s'approche davantage de la
terre pour permettre aux vagues des océans d'ensevelir
définitivement le globe ?
Qui a
déterminé la position exacte de la lune afin qu'elle
puisse être source de lumière et non pas cause de
destruction ?
Nous vivons
sur la terre grâce à l'oxygène que nous respirons, et
nous nous débarrassons du gaz carbonique, qui se forme
dans notre organisme par la consommation d'aliments.
La logique
aurait voulu que les êtres vivants -et ils sont très
nombreux- épuisent le stock d'oxygène qu'il y a autour
de la terre, car ils ne font que le respirer
indéfiniment.
Or, il se
trouve que les plantes vertes absorbent le gaz
carbonique et fournissent en contrepartie de l'oxygène.
Grâce à cette mystérieuse opération, l'atmosphère garde
son équilibre qui permet à la faune et à la flore de
vivre.
Penses-tu
que cette harmonie naturelle est fortuite ?
Il m'arrive
parfois de contempler une fleur multicolore que je
cueille par hasard, parmi des centaines d'autres plantes
qui poussent dans un jardin.
Je me
demande alors : "Avec quel pinceau ces fleurs ont été
harmonisées ? C'est un mélange merveilleux et attrayant
de couleurs qui paraissent, ici légères, là hachurées,
par ici rayées, par là tachetées".
Je regarde
alors la terre poussiéreuse d'où ces couleurs ont
émergé.
Ce n'est
certainement pas elle qui les a créées et qui a agencé
leurs teintes avec tant de goût et d'harmonie.
Est-ce donc
l'action du hasard ? Et quel hasard ?
Ce serait
stupide de croire que les choses et les êtres de ce
monde sont dus à des circonstances purement fortuites.
L'exemple de
la fleur est banal, par rapport à celui de l'histoire de
la vie dans ses infimes détails.
La
constitution de la vie dans une toute minuscule cellule
exige un système des plus sophistiqués, et il est
totalement aberrant de croire l'anarchie capable de
créer tout un mécanisme moléculaire dans le corps d'un
insignifiant ver de terre, en plus du système nerveux et
du système digestif.
Que te
reste-t-il donc à dire de l'être humain ?
L'homme
n'est-il pas fantastique dans sa constitution,
merveilleux dans son existence ? Qu'as-tu à dire aussi
de la création de cet univers aux espaces infinis ?
Si je vois
un vêtement bien fait, pourquoi me demandera-t-on
d'imaginer du fil s'introduisant de lui-même dans le
chas d'une aiguille qui s'infiltre d'elle-même dans le
tissu pour en faire, grâce à une gymnastique habile de
la main, des manches, des ourlets, des pans, etc.
Essayer
d'expliquer les choses par le hasard ou la coïncidence
est une sorte de charlatanisme scientifique que récusent
les esprits avertis.
Supposons
qu'on trouve, dans un bureau et auprès d'une machine à
écrire, une feuille de papier sur laquelle est inscrit
le prénom "Omar". Qu'est-ce que cela pourrait bien
signifier ?
De deux
choses l'une : ou bien -et c'est ce qui est le plus
plausible- un dactylographe a écrit ce prénom sur la
feuille, ou bien les graphèmes qui le constituent se
sont rassemblées d'eux-mêmes, par hasard formant le
vocable "Omar".
D'un point
de vue purement scientifique, la deuxième hypothèse
implique ceci :
Que la
première lettre du prénom "d'Omar" a une probabilité
d'apparition fortuite sur la feuille de l'ordre de 1 à
28, ce dernier nombre représentant l'ensemble des
graphèmes de l'alphabet arabe.
L'apparition
de "0" et de "m", dans les mêmes conditions est de
l'ordre de 1 à 28 x 28. Si on y ajoute la lettre "a", on
aura 1 x 28 x 28 x 28, c'est-à-dire une probabilité de l
jusqu'à 21952...
Comment donc
peut-on ne pas croire à l'hypothèse la plus rationnelle,
la première, et lui préférer la deuxième dont la chance
d'apparition est de l'ordre de 1 sur 22.000 ?
Il est plus
probable d'admettre que le hasard puisse esquisser sur
une feuille le prénom "Omar", que d'imaginer que ce même
hasard puisse intervenir dans la création d'une seule
goutte d'eau dans les océans immenses, ou d'un seul
grain de sable dans les immensités désertiques.
La science
désavoue les prétentions de l'athéisme et réfute toutes
les lois illogiques.
LE THÈME DE
LA FOI CHEZ LES PHILOSOPHES ET LES SAVANTS
La
connaissance du Tout-Puissant est intuitive chez
l'individu, et le nom de Dieu existe dans toutes les
langues du monde. La diversité des ethnies et la
pluralité des idiomes n'ont pas empêché les gens de
réfléchir à cette Vérité unique.
Toutefois,
la connaissance de Dieu n'a connu sa véritable dimension
et n' a atteint sa plénitude que lorsqu'elle a su puiser
dans les sources limpides de la Révélation, et que les
gens ont reçu de la bouche même des Prophètes les
enseignements sacrés de la religion. C'est à ce
moment-là qu'elle a été démythifiée et dépassionnée.
A noter,
ici, que beaucoup de gens qui n'ont pas été mis en
contact avec les premières religions connues, ou ceux
qui n'ont pas été mis au courant des véritables
enseignements du Saint Coran, ont abouti spontanément
dans leur vie à la réflexion sur la divinité, et ont
lâché la bride à leurs passions pour la recherche dans
ce domaine.
La
philosophie théologique pullule d'idées sur la divinité
et les spécialistes en astronomie ont, de leur côté,
parlé de Dieu dans la limite des résultats, auxquels ils
ont pu aboutir dans leurs recherches entreprises sur la
nature, ses secrets et ses lois.
Dans la
philosophie ancienne, les noms de "Créateur", "Logos",
"Cause des causes", entre autres appellations, désignent
"Dieu".
Les savants
modernes comme nous le verrons, adoptent des positions
ambiguës vis-à-vis de la divinité. La frontière entre le
vrai et le faux dans leurs points de vue reste floue. La
raison en est que l'esprit humain, dans son activité,
n'est pas toujours éclairé par la Bénédiction divine.
L'existence
de Dieu est, certes, admise, mais on trébuche énormément
dans la compréhension des détails qui lui sont
inhérents.
Ce qui est
important à souligner ici est que l'intelligence, la
recherche désintéressée, l'objectif dépourvu de toute
ambition sordide amènent, à coup sûr, à la croyance en
Dieu, en sa Grandeur et en son Omnipotence.
Il n'y a
rien de plus stupide et de plus aberrant que d'entendre
des individus impudents, prétendre que la foi naît
seulement dans les esprits les plus sclérosés, ou que
l'érudition et la maîtrise des sciences entraînent
l'émiettement de la foi et l'affaiblissement des
rapports avec Dieu.
Un
philosophe du l8e siècle a écrit :
"Au fur et à
mesure que les sciences se développent, les preuves de
l'existence d'une force créatrice absolue, se font de
plus en plus nombreuses et sûres".
Par leurs
innombrables découvertes et leur esprit d'initiative,
les savants ne font qu'entreprendre les préparatifs
nécessaires à la création d'un sanctuaire des sciences
en l'honneur du Créateur.
Écoutons ce
que Platon nous a rapportés des idées de Socrate :
"Le monde où
nous vivons n'a rien laissé au hasard. Chaque élément
qui le compose -si minime soit-il- a un objectif bien
particulier, lequel vise un autre objectif plus grand
que le précédent et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on
arrive au dernier Objectif, Unique et Définitif".
D'où vient
donc ce système qui est parfaitement complet ? D'où
proviennent la grandeur et la puissance qui l'entourent
de tous les côtés ? Il est impensable que cela puisse
être le fruit du hasard. Si on peut dire : "ceci est dû
à une coïncidence, il nous est pareillement possible de
prétendre que les sculptures de Polyclète par exemple
ont été créées d'elles-mêmes".
Quand on se
rend compte que les éléments constitutifs des êtres
vivants sont si nombreux que l'esprit humain est
incapable de les dénombrer, il devient illogique qu'on
en impute l'existence au hasard. Il y a donc sûrement
une Intelligence Supérieure qui n'est autre que le
Créateur Unique.
La nature
est le lieu où se manifeste éloquemment la cohésion,
expression de l'unicité de Dieu, le Savant,
l'Omniprésent, l'Omnipotent, Celui que les sens ne
peuvent saisir. Dieu est comme le soleil. Il atteint
tous les regards, mais aucun œil humain ne peut le
regarder en face. (Histoire du mysticisme de Mohammed
Ali Ayni Bek).
Dans le
dessein de couper court à toutes sortes d'incertitudes
que propageaient les renégats de tous bords, Pierre
Simon Laplace a commenté la mécanique céleste et a tenté
de démontrer sa force mystérieuse :
"La
Puissance divine a déterminé le volume et la densité des
corps célestes du système solaire, a indiqué avec
précision leur champ de gravitation et a organisé leurs
mouvements selon des lois judicieuses mais d'une rare
simplicité.
Elle a
déterminé également avec beaucoup de précision la
gravitation des planètes autour du soleil et celle des
satellites autour des planètes de telle manière que ce
système fonctionne sans faille et continuera à
fonctionner tant que Dieu le voudra".
Ce système
qui repose sur des lois mathématiques très sophistiquées
que le cerveau humain est incapable de comprendre, et
qui garantit au système solaire un fonctionnement sans
aucune défectuosité, ne peut être dû au hasard que dans
une proportion de 1 sur 4 trillions, selon Laplace.
Imaginez-vous ce nombre de 4 trillions(1)? Pour le
compter, il faudra 50.000 années à raison de 150 nombres
par minute, sans interruption.
Herbert
Spencer disait :
"Nous sommes
acculés à reconnaître que la nature intime de l'univers
est un phénomène propre à une force absolue inaccessible
à notre entendement. Les religions ont été les premières
à admettre cette vérité et à l'enseigner, mais celle-ci
a été truffée, lors de sa diffusion, d'un tas de
mensonges".
Et dire que
Spencer n'a jamais été un croyant...
La vérité
rallie les esprits sains, et ce qui facilite davantage
ce ralliement c'est le savoir. Plus celui-ci est
profond, plus on s'approche de la vérité. On a vu des
savants, après que certains d'entre eux aient été
victimes du matérialisme dialectique à la fin du 19e
siècle, revenir au droit chemin. Presque tous affirment
aujourd'hui, à l'unanimité, que les lois sur lesquelles
se base l'univers, et qui régissent la vie, ont pour
soubassement une philosophie d'une telle sagesse qu'il
est impossible pour un esprit sain et averti de croire
que cette vie est le résultat du pur hasard.
Le grand
savant anglais, Lord Kelvin, tourne en dérision ceux qui
croient que la vie ici bas est dû au hasard, et s'étonne
de ce que certains savants feignent d'ignorer, dans
cette extraordinaire organisation de l'univers, tout ce
qu'il y a comme preuves irréfutables à l'existence et à
l'unicité de Dieu. Voici ce qu'il écrit à ce propos :
"Il est
impossible à l'homme d'imaginer que la création du monde
et sa pérennité se sont produites sans l'intervention
d'une force surnaturelle. Je crois fermement que
certains savants, dans leurs recherches scientifiques
sur l'animal, ont totalement fait abstraction de ce
qu'il y a comme arguments massue dans ce monde. Nous
avons, autour de nous, des preuves irrécusables sur
l'existence divine, des preuves qui nous démontrent, par
le biais de la nature, que toutes les choses (vivantes)
sont gouvernées par un Créateur unique et éternel".
Citons
également Einstein :
"Le secret
profond du sentiment religieux est de savoir que Celui
dont il est impossible de connaître à fond l'existence,
existe réellement. Il se manifeste dans toute la
splendeur de la Beauté et dans la meilleure expression
de la Sagesse".
Je ne peux
vraiment pas imaginer un savant qui ne sache pas que les
véritables principes de l'existence soient basés sur une
Sagesse, dont la raison peut en saisir la portée et la
signification. La science sans foi est perte de l'âme et
la foi sans science est pur aveuglement.
Y a-t-il
meilleure affinité que celle qui lie les grands savants
à l'enseignement du Coran ?
"Ne
craignent Dieu parmi Ses serviteurs que les savants"
(Saint Coran).
Malgré leur
croyance en Dieu, certains individus ont sur la foi des
idées erronées.
Camille
Flammarion écrit dans son livre "Dieu dans la nature" :
"Si nous
passons du monde matériel au monde spirituel, Dieu nous
apparaît comme un Esprit Eternel présent dans la réalité
de chaque chose.
"Ce n'est
point un Souverain qui règne du haut des cieux. C'est un
système discret régissant tout ce qui existe.
"Son lieu
d'habitation n'est point un paradis plein d'Anges et de
Saints. Il est partout dans l'espace infini. Il est
Omniprésent, Eternel, Absolu, Intemporel... Il n'a
jamais engendré et n'a pas été engendré.
"Ce que
j'avance ici n'a aucun rapport avec les croyances
métaphysiques difficiles à admettre, mais est le
résultat indiscutable déduit de lois scientifiques sûres
comme la théorie de la relativité par exemple.
"Le système
général qui règne dans la nature, les empreintes de la
Sagesse qu'on trouve dans chaque chose et qui se
répandent comme la lueur de l'aube et la lumière du
crépuscule dans l'atmosphère, l'unicité qui se manifeste
dans la loi éternelle de l'évolution, tout cela est la
preuve que la Puissance Divine est le vrai Système, le
Moteur invisible qui fait fonctionner l'univers, la
Source de toutes les lois naturelles quelles qu'elles
soient".
L'auteur de
cette citation est un philosophe qui réprouve le
judaïsme et le christianisme et ne connaît point
l'islam. Il admet, cependant, comme beaucoup d'autres
savants, l'existence d'un Dieu unique grâce à sa longue
expérience scientifique.
De la
conception de ce savant sur la divinité, on entrevoit la
philosophie monothéiste qui a connu beaucoup d'inepties
bien que certains anciens philosophes hindous l'aient
enrichie de leur réflexion. Le mysticisme musulman en a
été profondément influencé, ce qui l'a quelque peu
éloigné des véritables enseignements de l'islam.
Si les idées
des penseurs qu'on vient de citer avaient été empreintes
des préceptes de la révélation divine, elles auraient
été en harmonie avec ce que le Coran rapporte au sujet
des attributs de Dieu, de sa Grandeur et de sa Majesté.
Il n'empêche
que, même s'ils n'ont pas très bien saisi la divinité
dans sa totalité, ils ont néanmoins ressenti son
existence, qu'ils ont admise et qu'ils n'ont point niée.
S'ils
avaient été mis en contact du Coran et de la Tradition
du Prophète, c'est-à-dire du véritable islam, ils
auraient pu être des croyants intègres et exemplaires.
Malgré la
profusion de preuves qui militent en faveur de
l'existence divine, le monde où nous vivons n'est pas
exempt d'athées et de blasphémateurs.
Nous avons
recueilli certains propos d'athées où nous n'avons
remarqué que négation gratuite et opiniâtreté
maladroite.
Écoutons
Young, le doyen des savants matérialistes :
"Il est
possible d'attribuer l'existence des astres célestes,
leur propagation et leur mouvement à des principes très
simples. Il n'y a donc aucune raison de croire en une
force créatrice surnaturelle.
"L'homme est
pure matière et il ne dispose d'aucune spiritualité.
"Le foie et
les reins sécrètent leur matière sans que nous nous en
rendions compte ; mais le fonctionnement de notre
cerveau ne peut se faire en dehors de notre volonté et
de notre raisonnement. Le cerveau "sécrète" en quelque
sorte une énergie et non point de la matière (!)".
Comme on le
voit, Young dénie l'existence de l'âme. Le cerveau pour
lui n'est que pure matière.
Dans le même
sillage, Broussais corrobore cette explication
matérialiste de l'âme et de l'esprit et déclare :
"L'intelligence et la sensibilité sont des produits du
système nerveux. De même, la transformation d'aliments
en sang irriguant les veines est l'œuvre des systèmes
digestif et respiratoire".
On a pu lire
dans une revue spécialisée que "la pensée est une
composition, qui ressemble à de l'acide formique et que
la réflexion s'apparente au phosphore" !
Ainsi, la
vertu, l'amitié, le courage ne sont, en fait, que des
"courants électriques qui parcourent les organes
humains".
C'est là
l'image que donnent les athées à l'humanité et ce sont
les arguments qu'ils fournissent pour nier l'existence
de l'Être Suprême, et rejeter toute croyance en
l'Au-delà.
Nous avons
employé ici le terme "arguments" d'une manière abusive
et impropre, car les folles divagations des athées ne
peuvent être, en aucun cas, une indication à une
véritable compréhension.
Et depuis
quand le doute, la supposition et l'illusion étaient-ils
des arguments convaincants ?
Il est
illogique de penser que le néant puisse engendrer de
l'existence. Ainsi, si on dit que la création de ce
monde a besoin d'une cause et que les êtres vivants ne
peuvent exister sans Créateur, les athées répondent :
cela peut se faire spontanément et sans qu'on ait besoin
de quoi que ce soit.
Si la
circulation au Caire exige, par exemple, un dispositif
de sécurité pour maintenir un certain ordre sur les
routes, pourquoi devra-t-on alors s'étonner sitôt qu'on
parle d'une force organisatrice chargée du bon
fonctionnement des planètes dans l'univers.
Ne doit-on
pas considérer comme du verbiage le fait d'avancer que
c'est le hasard et rien que le hasard qui sous-tend
toute cette organisation.
Et puis, que
penser de ces stupidités qui veulent que les vertus, les
vilenies et les vices soient des vibrations électriques
émanant du corps humain ? Il n' y a point d'existence de
l'esprit prétendent les athées ! ...
A cela,
Camille Flammarion répond ironiquement
"Que
signifie "sécréter la force" ? Et pourquoi alors le
cerveau ne sécréterait-il pas des kilomètres ou des
lieues ?".
Le maréchal
Ahmad Izzat Pacha disait :
"S'il est
vrai qu'il n'y a ni âme, ni esprit qui réfléchissent,
qui donc sent l'activité du cerveau ? Mais quel est
celui donc qui ne la sent guère ? Et que veut dire le
terme "nous" employé par ce sujet parlant" (allusion à
Young).
Il semble
que le philosophe Young admet à contre cœur le "moi
qu'il nie" (c'est-àdire qu'il reconnaît sans le savoir
que l'âme existe).
Les athées
disent : "L'énergie fait partie de la matière". Où se
trouve donc la matière de l'énergie que produit le
cerveau ?
En vérité,
l'athéisme, qui sévit parmi les groupes de pédants et de
snobs, ne se fonde nullement sur un savoir ou sur un
raisonnement sain.
CERTITUDE DE
L'EXISTENCE DIVINE
Une revue
bien connue aux Etats-Unis a interviewé un grand nombre
de savants (astronomes, biologistes, atomistes ... ) qui
ont tous affirmé qu'ils disposent de preuves
irréfutables qu'un Être Suprême existe bel et bien. Cest
Lui qui organise l'univers et l'entoure de Sa
Bénédiction et de Son Savoir illimité.
De ses
nombreux travaux dans les laboratoires, le Dr Ryan a pu
arriver à cette affirmation que le corps humain renferme
une âme ou un autre corps invisible.
Un autre
savant a avancé les propos suivants : "Je n'ai aucun
doute que c'est l'Être Suprême, appelé "Dieu" par les
religions révélées qui contrôle l'énergie nucléaire et
tous les autres phénomènes mystérieux de l'existence".
Le texte
précédent que l'Agence Reuter a diffusé dans le monde
entier a été publié par le journal "L'Égyptien". A sa
lecture, j'ai été très heureux de constater -comme tant
d'autres lecteurs- que de grands chercheurs et
d'éminents savants ont pressenti -je ne dis pas qu'ils
ont connu- les effets de la Vérité Suprême. Leur foi a
commencé à se consolider sur la base de leur expérience
scientifique et de leur intuition psychologique.
Sais-tu ce
que veut dire être athée ? C'est démontrer sa sottise et
agir sans discernement. C'est juger les choses à tort et
à travers, sans qu'il y ait dans ces jugements ni
logique, ni pensée saine et réfléchie.
Le Saint
Coran qui a été révélé aux gens pour les guider dans le
droit chemin n'a rien exigé d'eux sauf d'ouvrir les yeux
et de réfléchir sur les espaces infinis, l'immensité de
la terre et les particularités-des choses :
"Dis : "Que
l'on s'arrête à contempler ce qu'enferment les cieux et
la terre" (Jonas, 101).
"Que ne
s'arrêtent-ils pour contempler l'immensité des cieux, et
de la terre, et embrasser d'un regard tout ce que Dieu a
créé ?" (AI-ARàf, 185).
"Que n'y
ont-ils réfléchi en eux-mêmes ? Dieu n'a créé les cieux,
la terre et l'espace intermédiaire qu'en œuvre de vérité
et pour un terme fixé". (Les Byzantins, 8).
Si l'homme
réfléchit mûrement sur les mystères de la vie et la
grandeur de l'univers, il comprendra très vite cette
vérité si bien exprimée dans les versets suivants :
"Dieu est le
Créateur de toute chose ; Il en est le Protecteur
suprême.
"Il détient
les clefs des cieux et de la terre. Ceux qui récusent
les signes de Dieu auront signé leur propre ruine.
"Dis :
"Allez-vous m'ordonner, insensés, d'adorer un autre que
Dieu ?" (Les Groupes, 61, 62, 63, 64).
Beaucoup de
jeunes écervelés ont été contaminés par le virus de
l'athéisme dans nos pays. Peu instruits, ils se
cramponnent à des croyances illusoires et, quand ils
discutent de la religion, de la révélation et de la
divinité, ils le font avec beaucoup d'esprit de
suffisance et de prétention. Cela n'est pas sans
rappeler le verset où Dieu dit :
"D'aucuns
disputent de Dieu, étant eux-mêmes dénués de toute
science certaine, privés de toute lumière et n'ayant
point d'Écriture pour les éclairer,
"Affichant
une attitude hautaine pour égarer les hommes loin de la
voie de Dieu" (Le Pèlerinage 8, 9).
A ces jeunes
qui croient que la science mène à l'athéisme, nous
exposons ci-après les conclusions de leurs maîtres à
penser sur l'origine de la vie.
CAUSES DE L’ATHÉISME
L'Imam
Ghazali écrit dans son livre "La Revivification des
sciences religieuses" :
"Tu dois
savoir que Dieu est la plus éclatante des Vérités. Sa
connaissance aurait dû avoir la priorité sur tout, de
même qu'elle aurait pu être à la portée de toutes les
intelligences. Hélas ! Il n'en est pas ainsi et il
faudra donc en démontrer la raison.
"Nos
explications à nous sont comme suit : Dieu est la plus
éclatante des Vérités et nous le démontrerons par un
exemple. Quand nous voyons, par exemple, un individu qui
écrit ou qui coud, cela constitue pour nous la preuve
éclatante qu'il existe.
"Sa vie, son
savoir et son penchant pour la couture se révèlent à
nous plus que ses traits caractériels qu'ils soient
latents ou patents.
"Nous
ignorons complètement ses désirs, ses colères, ses
habitudes, son état de santé... Nous ne connaissons que
très peu certains de ses traits extérieurs et nous avons
des doutes quant à la mesure de sa taille, la couleur de
sa peau, etc...
"Cependant,
sa vie, ses capacités, sa volonté, son savoir, le fait
qu'il soit un animal, tout cela est bien évident pour
nous, mais l'on ne peut vraiment sentir son existence,
connaître ses capacités et sa volonté que grâce à sa
couture et à son activité. Cette activité reste
d'ailleurs l'unique preuve de son existence.
"Que peut-on
donc dire de Dieu dont les preuves de Son existence sont
innombrables ?
"Que peut-on
dire de Ses Attributs dont la Noblesse et la Grandeur
sont exprimées en tout et partout ?
"L'existence
du Tout-Puissant, Sa Grandeur, Sa Science, et Ses
Attributs sont attestés par tout ce que nous croyons et
nous comprenons par nos sens.
"Tout ce que
nous voyons dit la Majesté de Dieu : les rochers, les
plantes, les animaux, les arbres, le ciel, la terre, les
astres, la mer, le feu, etc.
"La première
preuve de Son Existence est d'abord nous-mêmes : nos
corps, nos traits, nos caractères, nos sautes d'humeur,
nos habitudes que nous soyons endormis ou à l'état de
veille.
"Le plus
évident en nous qui prouve l'existence de l'Etre c'est
d'abord notre esprit, nos sensations dues à nos cinq
sens et notre raisonnement dû à notre cerveau.
"A
l'explication de notre entendement, il y a une seule
Preuve, un seul Guide, une seule Intelligence : Dieu.
Tout ce qui existe dans l'univers le prouve éloquemment
et atteste grandement Sa Science et Sa Sagesse.
"Si
l'existence de celui qui écrit (dans l'exemple cité plus
haut) nous est claire et évidente, rien que par la
preuve qu'apportent les mouvements de sa main, comment
donc ne serait-il pas évident et présent Celui qui, par
Son Omniscience et Sa Majesté, façonne tout et est
partout présent
"Chaque
molécule en nous, nous autres êtres humains, clame que
Son existence n'est pas fortuite, qu'elle n'est pas
maîtresse de Sa propre vie et qu'elle a besoin d'un
Créateur.
"Comme
preuve de ce que nous avançons, la constitution de nos
membres, l'articulation de notre chair et de nos os, la
formation de nos nerfs et de toutes les parties de notre
corps, celles qu'on voit et celles qui nous sont
voilées.
"Nous savons
que notre organisme ne s'est pas constitué tout seul,
comme nous savons que la main de celui qui écrit ne
bouge pas d'elle-même.
"Mais, comme
il n'existe aucune chose présente ou absente qui ne
puisse être saisie, sentie ou comprise sans que Dieu en
soit témoin, les hommes se sont trouvés dans la
confusion la plus totale et ont été incapables de Le
comprendre".
Al Ghazali
explique l'incapacité de l'homme à saisir l'existence
divine, dans les termes suivants
"Notre
cerveau est incapable de comprendre la Divinité pour
deux raisons : d'abord son mystère et le secret dont
elle s'entoure, ensuite son excessive clarté.
"Prenons
l'exemple de la chauve-souris dont l'activité est
nocturne et non diurne. Cet oiseau ne voit pas pendant
le jour à cause de la clarté du soleil. Sa vue est très
faible et le premier rayon du soleil le condamne à la
cécité. Il n'est capable de voir que lorsque la lumière,
se confondant avec l'obscurité, disparaît complètement.
"Nous
ressemblons aux chauves-souris. Nos cerveaux sont
déficients et sont incapables de saisir Dieu qui est
Lumière intense, Lumière d'une rare beauté qui illumine
tous les coins et recoins de l'univers.
"Ainsi donc
c'est à cause de sa manifestation omniprésente que Dieu
échappe aux regards.
"Il ne faut
pas alors s'étonner de ne plus voir de lumière quand il
y a trop de lumière. Ne dit-on pas que les choses se
distinguent par leur opposition, leur contraire ? Dieu
n'a pas de contraire et notre entendement est incapable
de comprendre cela.
"Quand les
choses sont différenciées, nous arrivons à les
distinguer. La difficulté naît à partir du moment où
elles réfèrent à une même notion, où elles recouvrent la
même signification.
"Prenons
l'exemple de la lumière du soleil. On aurait pu ne pas
se rendre compte de son existence si elle avait été
constamment présente sur terre, mais nous savons que
c'est là un phénomène qui apparaît à l'aube et disparaît
à la tombée du jour.
"S'il n'y
avait pas eu de coucher de soleil, on aurait cru que les
choses n'avaient d'autre configuration que celle de
leurs couleurs. Le noir aurait été uniquement noir, le
blanc uniquement blanc...
"Quant à la
lumière, elle est insaisissable en elle-même, mais quand
le soleil se couche et que l'obscurité se répand, le
contraste apparaît et, nous comprenons alors que les
choses avaient été illuminées et que cette illumination
disparaît une fois le soleil couché.
"Nous
saisissons donc l'existence de la lumière par son
absence et cela aurait été ardu pour nous s'il n'y avait
pas eu cette absence.
"Les choses
allaient nous apparaître identiques dans la lumière et
l'obscurité.
"La lumière,
on le sait, est la chose la plus tangible qui soit.
Grâce à elle, on arrive à tout distinguer. Or ce qui est
clair en soi-même, permet d'éclairer ce qui est autour
de soi.
"Nous avons
vu comment la lumière aurait pu être insaisissable, à
cause de sa manifestation, s'il n'y avait pas eu
l'obscurité.
"Dieu est
donc Manifestation. Grâce à Lui, tout est apparu à
l'existence. S'Il n'était pas éternel et s'il pouvait
changer ou s'absenter tout disparaîtrait, tout se
détruirait. Tu auras alors compris la différence entre
ces deux situations.
"Si
certaines choses émanaient de Lui et d'autres d'une
autre force quelconque, la différence serait évidente
dans les deux cas.
"Mais Sa
signification est UNE partout et Son Existence
éternelle, impossible à nier".
Il est donc
bien évident que la très forte clarté et manifestation
d'une chose engendrent son effacement. C'est ce qui
explique notre impuissance à compendre l'Être Suprême.
Voilà donc
très grossièrement résumée l'opinion de Ghazali telle
qu'elle a été exposée dans son livre ci-haut cité.
DIEU EST
ÉMANATION
Dieu n'a pas
de début et on ne peut guère imaginer une existence
avant Lui. Comme tout émane de Lui, Il est le Premier à
propos duquel on ignore tout.
Abou Ibn
Ka'b -que Dieu soit satisfait de lui- rapporte que des
mécréants ont posé au Prophète -que la Paix de Dieu soit
sur lui- la question suivante : "Quel est l'arbre
généalogique de votre Dieu ? ". Dieu révéla alors ce
verset de Coran
"Dis : " Il
est Dieu, l'Un. Dieu l’Absolu.
Il n'a pas
engendré, et n'a pas été engendré" (La Foi Pure, 1 - 2-
3).
Chaque être
qui nait est voué à la mort et tout défunt a un
héritier. Or, Dieu ne meurt pas et n'a point d'héritier.
"Nul n'est à
même de L'égaler !" (La Foi Pure, 4).
Le Prophète
leur répondit : "Il n'a pas de semblable, ni
d'équivalent et ne peut être comparé à personne".
Ces impies
considéraient la divinité avec leur intelligence
déficiente, et superposaient son existence absolue à
notre existence éphémère. C'est pourquoi, ils ont
toujours cru que Dieu a un début, un commencement.
Or, tel
n'est pas le cas. Certes, notre vie matérielle à nous, a
un début. Nous en sommes conscients et nous en avons la
pleine certitude. Nous allons même jusqu'à affirmer
qu'il ne peut pas ne pas y avoir un commencement à notre
vie.
L'existence
divine est, elle, éternelle. Elle n'a point de début.
Des idées
lancinantes sur les secrets de l'éternité divine peuvent
nous trotter dans la tête, ce qui est une propension de
l'esprit vers la compréhension de ce qui le dépasse. La
foi n'en est pas pour autant ébranlée.
Abou
Houraïra -que Dieu soit satisfait de lui- rapporte :
"Des gens ont dit au Prophète -que la Bénédiction de
Dieu soit sur lui- : "Des idées nébuleuses nous hantent
l'esprit et nous avons honte d'en parler". Il répondit :
"Que vous ayez honte d'en parler, cela est la véritable
foi".
Dans une
autre version : "Gloire à Dieu d'avoir réduit les
machinations du diable à la simple obsession", Ibn
Messaoud rapporte que des gens ont dit au Prophète :
"Des idées bizarres nous torturent l'esprit et nous
brûlent jusqu'à nous transformer en cendres. Tomber à
pic du ciel à terre nous est plus supportable que d'en
parler". Il leur répondit : "Cela est la véritable foi".
L'histoire
de l'homme, de l'univers, de la vie est d'un sérieux
incommensurable. Elle nous est complètement
inaccessible.
Il arrive
que l'homme saisisse quelques phénomènes qui touchent à
l'état présent, ou au passé récent ou à l'avenir proche
de son environnement immédiat. Ces phénomènes dont
l'homme arrive à comprendre certains mécanismes
pourraient lui être d'une certaine utilité, mais il ne
peut aller au-delà de cette compréhension, car son
intelligence est très limitée.
Si ces
capacités intellectuelles sont à ce point déficientes,
quant à la compréhension de l'environnement immédiat, à
quoi peuvent-elles prétendre quand il s'agit du monde
invisible ?
On peut,
certes, se promener paisiblement à bord d'un bateau,
mais si l'on se jette par dessus bord, on sera
certainement emporté par les eaux.
La capacité
de notre cerveau est aussi limitée que l'acuité de notre
vue. Nous sommes, en effet, incapables de lire des
caractères de l'alphabet à une certaine distance. De
même, notre cerveau ne peut saisir que ce qui se trouve
dans son environnement très réduit.
"Il ne vous
est donné, en vérité, que fort peu de sciences" (Le
Voyage Nocturne, 85).
De là notre
croyance en Dieu, Cause Première que nous ignorons
totalement et dont l'origine nous est complètement
inaccessible.
Il est tout
à fait dans l'ordre des choses que l'existence créée ait
un début et une fin. Il n'en est pas de même pour Celui
dont l'existence provient de Son Etre-même. Sa Vérité
est au-dessus de tout, n'est précédée et n'est suivie
d'aucun néant.
DIEU EST
ULTIME
Dieu est
Immortel. Il n'est pas corps périssable ou matière
décomposable. Il est l'Éternel, l'Immuable à Qui toutes
choses retourneront :
"Tout doit
périr, excepté Sa face. Il détient le Pouvoir Suprême et
à Lui vous ferez retour" (Le Récit, 88).
"Mets ta
confiance dans le Vivant, l’Immortel ! Célèbre Sa
louange, Lui seul est suffisamment informé des péchés de
Ses créatures" (La Distinction, 58).
Il est
l'Impérissable, le Généreux, capable d'immortaliser les
meilleurs de Ses serviteurs dans les paradis éternels.
Toutefois, cette grâce divine ne signifie pas que ces
élus sont dignes d'être comparés à Dieu l’Éternel,
l'Absolu.
Comme nous
l'avons déjà énoncé plus haut, l'existence de Dieu est
l'émanation indissociable de son propre Être.
Tout ce qui
n'est pas Lui est néant, à moins qu'il reçoive la
Bénédiction divine.
DE LA
NÉCESSITÉ DE LA FOI POUR LES HOMMES
Il arrive
que des architectes et des maçons construisent un grand
immeuble qui reste debout, longtemps après leur mort.
Cet immeuble
ne surgit pas du néant et ses constructeurs n'ont fait
qu'assembler des briques dans un agencement harmonieux.
Leur travail s'arrête là.
La création
de cet univers infini avec ses cieux et ses planètes est
une œuvre, quant à elle, d'une autre nature dont le
fondement est "l’instauration créatrice d'une action
absolue".
Comme
l'univers a eu besoin, pour sa création, de l'Être
Suprême, il a, à chaque moment, besoin de Lui pour sa
pérennité.
Il n'existe
pas une molécule sur terre ou dans le ciel qui émane de
sa propre existence. On ne peut donc imaginer qu'elle
puisse disparaître d'elle-même, mais seulement sur ordre
de son Créateur.
Le jour
n'existerait pas sans la lumière du soleil, et il n'y
aurait pas eu d'univers sans l'existence de Dieu.
"Dieu est la
Perfection Absolue" (L'Abeille, 60).
"Humains,
vous avez en toute chose, besoin de Dieu. Dieu est Celui
qui se suffit à Lui-même, le Digne de Louange.
"Il vous
ferait disparaître, s'Il voulait, et susciterait une
nouvelle création".
"Cela ne
serait pas difficile pour Dieu" (Les Anges, 15, 16, 17).
Tout donc
sur terre existe par la volonté de Dieu. Notre
raisonnement, nos sentiments, nos corps avec ce qu'ils
comportent comme organes, membres, veines irriguées par
le sang. Cela a toujours été ainsi depuis le début de la
création, et le sera jusqu'au Jour du Jugement Dernier.
Dieu veille sur tout ce que nous connaissons et ce que
nous ignorons. S'Il le désirait, Il exterminerait la vie
ici-bas.
La terre que
tu foules ne te sent pas et ce n’est pas elle qui
produit le blé, les fruits et les légumes. Elle qui est
insensible, inerte et inanimée, comment peut-elle
prétendre à la productivité et à la perfection ?
Ce que tu
vois-là est l'action de Dieu, une action qui ne connaît
point de relâche, point de négligence, point de
langueur, et sans laquelle le monde perdra son équilibre
et nous périrons.
La
différence entre notre existence et celle de Dieu réside
en ce que le Tout-Puissant émane de Lui-même, alors que
nous, nous n'avons rien de nous-mêmes. Tant que la vie
nous est prêtée, nous vivons. Si elle nous est retirée,
nous trépassons sans laisser de traces.
C'est ce qui
explique que les Attributs de Dieu sont innombrables et
concourent tous à mettre en évidence Sa perfection. Nous
en citerons les suivants
RIEN NE LUI
EST COMPARABLE
La
dissimilitude de l'Être avec les autres créateurs est
bien évidente. La logique veut qu'il y ait entre le
Créateur et Ses créatures une grande distance. Aucune
comparaison n'est donc possible entre eux tant au niveau
de l'être que du paraître.
Dieu s'est
donné beaucoup de qualificatifs dont il nous est
difficile d'en saisir la signification, car il ne s'agit
pas de choses courantes. On peut même dire qu'il est
impossible d'en percer le secret.
Comment des
êtres banals peuvent-ils prétendre se mesurer à un grand
génie ?
La fourmi ne
connaît rien sur l'être humain, car son intelligence est
très limitée.
L'enfant,
dans les premières années qui suivent sa naissance, n'a
aucune notion ni de l'âge adulte, ni de la maturité qui
caractérise la pensée des hommes.
L'homme est
incapable d'élucider les mystères du monde visible.
Comment peut-il alors oser croire que le monde spirituel
est à sa portée ?
Quand on dit
que Dieu entend et voit, cela ne veut pas dire que ces
actes s'accomplissent avec des oreilles et des yeux
comme les nôtres. Si on dit qu'Il a créé les cieux, cela
ne s'est pas fait par des matériaux de construction
comme les nôtres. Et si on parle de Sa main, celle-ci
n'a absolument aucune ressemblance avec celle de
l'homme.
Dans tous
les cas, nous devons toujours avoir présent à l'esprit
le fait qu'il ne faut jamais établir de parallélisme
entre Dieu et Ses créatures.
La divinité
est au-dessus de tout ce que peuvent imaginer les
esprits las et les cerveaux défaillants.
On trouve
dans le Livre Sacré des termes tels que "le visage",
"les mains", "les yeux", "l'intronisation", etc. que
beaucoup de musulmans ont essayé de comprendre, mais en
vain. Un poète a dit dans ce sens :
"Notre
raisonnement finit toujours par se heurter à des
obstacles.
Et dans nos
réflexions nous n'aboutissons qu'à des impasses.
Ce que nous
tirons de nos recherches se limite à des opinions
glanées à droite et à gauche.
Que d'hommes
ont pu atteindre la crête des montagnes ! Celles-ci
demeurent, les hommes trépassent".
Ce n'est pas
étonnant que nos efforts restent vains dans ce domaine
qui exige des moyens dont nous ne disposons guère.
Un chimiste
pourrait fort bien connaître les propriétés d'un liquide
ou d'un gaz, quand il entreprend des expériences au
laboratoire. Mais comment peut-on, par le biais de la
recherche théorique sur les questions divines, affirmer
certaines choses et en invalider d'autres ? L'on sait
d'ailleurs que ces questions n'ont pas de réponse. Dieu
dit à propos de Son Être et de Ses attributs :
"C'est Lui
qui t'a révélé le Livre, enfermant des versets
explicites, formant l'essence même des Écritures, et
d'autres à sens équivoques. Ceux à la foi profondément
atteinte suivent ce qui est équivoque par goût du
schisme et désir d'interprétation tendancieuse. Dieu
Seul, cependant, en connaît le vrai sens. Les vrais
initiés se bornent à dire : "Nous ne pouvons qu’y
croire. Tout procède de notre Seigneur" (Al 'Imrane, 7).
De ce fait,
c'est avec gaité de cœur que nous avons agréé tout ce
que Dieu dit de Lui-même dans le Coran. Nous ne nous
sommes jamais aventuré à des interprétations
tendancieuses et nous nous sommes toujours refusé à le
personnifier et à le comparer. Ce point mérite qu'on s'y
arrête davantage :
Les langues
ont de tout temps été des produits de l'homme.
Nous,
Arabes, avons forgé le terme "oreille" pour désigner
cette cavité qui se trouve à droite et à gauche de notre
visage, et qui nous permet d'entendre les sons et de
distinguer les mots.
D'autres
peuples ont donné à ce même signifié des signifiants
différents du nôtre. L'essentiel est que ces termes ont
été forgés par les hommes pour exprimer des notions
concrètes et abstraites qu'ils connaissent parfaitement.
Que ces termes soient employés pour discuter de ce qui a
trait à la divinité, cela ne doit étonner personne,
puisque le but est de permettre la compréhension. Mais,
en aucun cas, on ne peut prétendre que ces termes
puissent exprimer parfaitement le monde invisible, eux
qui ont été forgés pour faciliter notre connaissance du
monde matériel.
Partant de
là, il nous est possible de comprendre n'importe quel
instrument linguistique qui aborde les questions
divines, mais la langue, n'importe quelle langue, reste
malgré tout un moyen bien médiocre pour toute approche
concernant des questions sérieuses dont la compréhension
parfaite dépasse notre entendement limité. Notre
intelligence est incapable de saisir Dieu et de
comprendre Ses Attributs. Nos langues sont valables pour
l'expression de notre vécu quotidien, inadéquates quand
il s'agit de percer les secrets divins.
Les
Musulmans, qu'ils soient anciens ou modernes, sont
unanimes là-dessus. Toutefois, leurs contradictions
paraissent évidentes quand il s'agit d'expliquer les
termes relatifs à l'anthropomorphisme.
Certains
d'entre eux font une lecture exotérique du Coran et
confèrent aux mots des charges sémantiques, qu'ils ne
recouvrent pas.
D'autres se
plaisent dans leur ésotérisme et se livrent à des
interprétations personnelles.
Leur but, à
tous, reste cependant unique.
Ainsi, les
adeptes de l'exotérisme expliquent le terme "œil" du
verset coranique "que cela se fasse sous Mes yeux" en
disant: "Dieu a des yeux, mais qui ne ressemblent pas
aux nôtres".
Les
partisans de l'ésotérisme, quant à eux, avancent qu'il
s'agit là de "la sollicitude", "de la protection"...
Comme on le
voit, l'anthropomorphisme est condamné, mais cette
condamnation suit des voies différentes.
Il aurait
été plus bénéfique, pour les anciens musulmans, de ne
pas s'engager dans des polémiques de ce genre ou mieux
de réfléchir profondément sur leurs points de vue
divergents.
Personnellement, nous nous rangeons du côté des Anciens
et je refuse de voir la pensée islamique se livrer à des
recherches fastidieuses sur des questions métaphysiques.
J'accepte sans discussion les versets coraniques et les
dires du Prophète qui abordent les Attributs divins.
Cette
attitude respectueuse que nous avons vis-à-vis de l'Etre
et de Ses Attributs ne veut pas dire, nécessairement,
que nous condamnons ceux qui ont eu recours à la
métaphore dans leur interprétation du Coran.
Ceux qui ont
interprété métaphoriquement le Livre Saint ont été mus
par le désir de ne pas tomber dans le ridicule qu'ont
connu les juifs et les chrétiens, dans leur approche de
la Divinité.
La Thorah
raconte qu'un combat éclata entre l’Ange et Jacob. Si le
Seigneur n'avait pas donné à son rival le surnom connu
d'Asraël, celui-ci aurait triomphé de lui.
Les propos
de l'Évangile sur Dieu évoquent l'impression d'un père
de famille qui vit avec une femme et un enfant.
La
propension à la métaphore chez nous trouve là sa raison
d'être et ceux qui s'en servent sont excusables.
Nous avons,
cependant, remarqué que le recours constant à la
métaphore a porté préjudice à la foi chez le commun des
mortels pour qui l'image de Dieu est restée floue et
ambiguë. Comment celle-ci ne le serait-elle pas quand on
ne sait si Dieu est dans les cieux ou sur la terre, s'il
a des mains, des yeux, une face ?...
L'idéal
serait d'adhérer aux préceptes du Livre Saint sans se
poser des questions sur ce qui est ardu à comprendre.
Il y a une
grande différence entre le fait de juger une chose
impossible et le fait de se déclarer incapable à la
comprendre. La rencontre des contraires pour la raison
humaine est irréalisable.
La lumière,
par exemple, ne peut pas être présente et absente en
même temps. La raison qui admet cela est incapable de
comprendre la nature de la lumière, son origine, ses
propriétés et le secret de son mouvement, mais elle ne
nie pas son existence.
Ne pas
connaître une chose ne signifie pas nécessairement
qu'elle n'existe pas.
Le
professeur Abdelkrim Al Khatib a, à ce propos, des idées
intéressantes. Nous le citons ici pour plus de clarté :
"L'Être
n'est ni ambigu, ni inconnu, ni limité, ni incarné. Il
n'a point de semblable et on ne peut ni Le voir, ni
L'imaginer. Notre imagination, quelle que soit sa
fertilité, est impuissante devant Sa complexité.
Nonobstant
cela, les Attributs divins cités dans le Coran sont
nombreux : la volonté, la science, la puissance, etc. Il
s'agit là de la Perfection absolue".
Nous
retrouvons ces attributs chez les hommes, mais alors que
chez l'Être Suprême, ils représentent la Perfection
incarnée, chez l'homme, être éphémère, ils sont portés à
leur degré le plus bas.
Beaucoup de
versets coraniques parlent de Dieu en Lui attribuant des
qualificatifs que les hommes usent dans leur vécu
quotidien. Citons le premier verset révélé :
"Lis au nom
de ton Maître, Celui qui a créé
Il a créé
l'homme d'un caillot adhésif,
Lis ! la
bonté de ton Maître est infinie
C'est Lui
qui fit de la plume un instrument du savoir,
Et enseigna
à l'homme ce qu'il ignorait" (Le Caillot de Sang, 1 -5).
Dieu donc
crée et enseigne.
Citons
d'autres versets :
"Dieu vous
souhaite le bonheur et ne veut point vous voir dans le
malheur (La Vache, 185).
La volonté
de Dieu est puissante et tout Lui revient :
"Il sait ce
que porte en elle toute femelle. Rien ne Lui échappe, ni
le nombre de ceux qui naissent, ni celui de ceux qui
trépassent. Il sait mesurer toute chose. Il est le plus
Grand, le Supérieur" (Le Tonnerre, 8 - 9).
Dieu dans ce
verset est Le Sage et Le grand Érudit. Tout chez lui est
bien analysé. Il est le plus Grand.
"Dieu est si
plein de sollicitude pour les humains ; Il pourvoit qui
Il veut de Ses dons. N'est-Il pas le Fort, le
Tout-Puissant ?" (La Délibération, 19).
Dieu est
donc Doux et Fort.
"Dieu entend
les propos de celle qui discute avec toi au sujet de son
époux (..). Dieu entend votre dialogue. Il entend tout
et voit tout... " (La Discussion, 1).
Dieu voit et
perçoit tout.
"Rien
n'échappe à Dieu, ni au ciel, ni sur terre. C'est Lui
qui vous façonne comme Il veut dans l'utérus de vos
mères. Il n’y a pas d'autres divinités que Lui. Dieu est
Tout-Puissant. Il détient la Suprême Sagesse" (La
Famille d’Imran, 5 - 6).
Beaucoup de
versets se terminent par la mention, soit d'un seul
Attribut divin, soit -ce qui est le plus courant- de
deux Attributs. Citons quelques exemples :
"Dieu est
parfaitement informé de toute chose" (Les Femmes, 32).
"Dieu est
Omnicient" ( Les Fenunes, 126).
"Dieu est
toute miséricorde, toute compassion" (Les Femmes, 96),
"Dieu est si
Haut, si Grand" (Les Femmes, 34).
"Il est
Celui qui se suffit à Lui-même, le digne de Louange".
"Il n'y a
d'autre Dieu que Lui. Il est le Tout-Puissant, Le Sage"
(La Famille d'Imran, 18).
"Dieu est si
plein de grâce, si bien informé de tout" (Le Voyage
Nocturne, 30).
Il faut
mentionner ici que des termes tels que "main", "yeux",
"face" ne sont pas rares dans les versets coraniques :
"La main de
Dieu est au-dessus des leurs" (Le Succès, 10).
"Les Juifs
ont dit : "Les mains de Dieu sont enchaînées..." (La
Table Servie, 64).
"Construis
l'arche sous Notre sauvegarde" (Houd, 37).
Dans la
Tradition beaucoup de Hadiths suivent la même voie. Le
Prophète a dit :
"Adam est né
sous la forme du Clément".
"L’Enfer ne
cessera de dire : "En voulez-vous encore ? Quand Dieu y
mettra son pied, nous répondrons alors : "Ça suffit, ça
suffit".
"Le cœur du
croyant est entre deux doigts de la main du Clément qui
en fait ce que bon lui semble".
A la lecture
des versets ci-haut cités et des dires du Prophète, on
ne peut s'empêcher d'essayer d'imaginer ces Attributs,
et de réfléchir à Celui qui les possède.
Nous sommes
en droit de nous demander si ce qui est dit à propos de
l'Être et de Ses Attributs dans le Livre et la Tradition
est convaincant. A cette interrogation, il faut répondre
par l'affirmative.
Le concept
de la divinité est clair pour celui qui se donne le
devoir d'y croire. Il est la perfection absolue qui
permet à l'homme de pousser à l'infini son adoration de
l'Être Suprême.
"Rien n'est
comparable à Dieu. Il sait si bien tout entendre, tout
voir" (La Délibération, 11).
Les
Compagnons du Prophète -que Dieu soit satisfait d'eux-
ne se sont jamais posés des questions du genre : "Que
siginifie "la main de Dieu" ? Comment sont ses yeux ?
Comment est sa science ?".
Ils ont
compris que les réponses à ces questions ne peuvent
émaner que du cœur de l'individu qui idolâtre Dieu
considéré comme étant la Perfection absolue.
Ils ont
également compris que la raison humaine ne peut en
aucune manière comprendre la réalité des Attributs
divins, qu'il est impossible de les imaginer sous une
forme ou une autre. Comment peut-on imaginer la
Perfection absolue ?
Cependant,
Dieu devrait avoir un profil dans l'esprit des gens afin
qu'ils le connaissent davantage et qu'ils le prennent
pour arbitre dans les actions qu'ils entreprennent, Lui
qui leur a été révélé par le Coran comme Dieu unique, le
Seul à être digne de toute adoration.
D'où la
nécessité où s'est trouvée la chari'a (loi islamique) de
représenter dans l'esprit des gens l'idée de Dieu, afin
qu'Il soit une réalité en laquelle ils croient et avec
laquelle il faut constamment composer.
Comment donc
le Coran représente-t-il l'Être ?
Est-il
limité ou absolu ? Est-ce une réalité concrète ou
abstraite ?
Sur ce point
d'une importance capitale, l'islam a été d'une
exemplarité digne de la sagesse de sa mission, cette
sagesse qui ne pouvait être dictée que par le Maître de
l'Univers.
A y voir
clair, il n'y a que miracles étonnants, sagesse extrême
et organisation parfaite et cohérente.
1) La notion
de la divinité en islam n'est pas une notion matérielle.
Autrement, Dieu se serait incarné et donc pris forme. Il
serait alors devenu objet parmi les objets, se situant
dans un endroit particulier, en contact avec certains
individus et loin d'autres, ce qui lui aurait ôté toute
Sa majesté et Sa grandeur.
La chose la
plus immense que nous puissions percevoir dans le monde
est bien le soleil qui, grâce à son mystère, fut le Dieu
des Dieux à une certaine époque, mais l'esprit averti se
refuse à croire que l'Être Suprême puisse prendre place
dans un espace particulier, se montrer et disparaître...
Après avoir
contemplé la lune et les étoiles, Abraham -que la Paix
de Dieu soit sur Lui- qui les voyait disparaître s'écria
: "Je n'aime pas ce qui disparaît".
L'amour est
à prendre ici dans le sens de "l'adoration" et de "la
vénération". A la vue du soleil qui se couchait, Abraham
décida de chercher Dieu ailleurs que dans les astres.
"Quand il a
vu se lever le soleil, il s'écria : "C'est Dieu. Il est
le plus grand. Quand il l’a vu se coucher, il se tourna
vers son peuple et lui dit : Je ne partage pas votre
culte impie. Je crois en Dieu qui a créé les cieux et la
terre. Je ne suis point un mécréant" (Les Troupeaux, 78,
79).
2) La notion
de la divinité en islam n'est pas non plus une notion
abstraite, absolue et se refusant à toute description,
car si elle était ainsi, aucun esprit ne pourrait la
saisir, aucun cœur ne la chérirait et l'homme
répugnerait à s'y laisser influencer.
Dieu, en
islam, n'est ni représentation concrète, ni idée
abstraite. Il occupe une place intermédiaire entre la
matérialité, d'une part, et l'abstraction, d'autre part.
Dans le
Saint Coran, Dieu est Omniscient, Omniprésent, Sage. Il
entend et voit tout.
Il fait
vivre et fait mourir. Il est capable de tout. Il est le
Souverain qui règne sur l'Univers, entouré de Ses Anges
qui Lui obéissent et qui exécutent Ses ordres.
Ces
Attributs sont de nature à pousser l'homme à se
représenter physiquement l'Être, mais Celui-ci, souligne
le Coran, "n'a pas de semblable".
C'est alors
que toutes les représentations physiques s'estompent
dans nos esprits et fondent à l'instar des icebergs en
plein océan.
C'est cela
-grosso modo- ce qui se passe dans nos cerveaux et c'est
là la visée du Saint Coran.
Que Dieu ne
soit ni réalité abstraite, ni réalité concrète, voilà ce
qui doit nous pousser à Le rechercher pour Le prier et
invoquer Son pardon.
Quant à la
réalité profonde de l'Etre Suprême, elle nous est
totalement inaccessible.
Cependant,
comme il ne nous est pas possible de ne pas nous
empêcher d'imaginer Dieu, le Saint Coran est venu à
notre secours pour étancher notre soif de savoir, et il
l'a fait d'une manière largement suffisante. C'est ainsi
qu'il nous a présentés Dieu comme une entité non
concrète, mais disposant d'Attributs dignes du Maître de
l'univers tels que la science infuse, la puissance, la
volonté, la vue, l'ouïe... Dieu est donc Être, mais il
n'a pas de semblable.
NOTRE
CONNAISSANCE ET SES LIMITES(1)
Einstein
s'arrêta un jour en bas du perron de sa bibliothèque et
fit cette remarque : "La proportion entre ma
connaissance et mon ignorance est égale à celle qui
existe entre ce perron et ma bibliothèque". Sa remarque
aurait été percutante s'il avait dit : "La proportion de
mon ignorance est infiniment plus grande", car, en
vérité, nous ne connaissons pratiquement rien.
Nous vivons
dans un monde plein de vérités et de forces
mystérieuses. Ce que nous en savons, cependant, est
insignifiant.
Si notre
connaissance du monde sensible est à ce point
inexistante, que dire alors de celle du monde
suprasensible ?
Nous
avançons ceci : “Le monde est composé d’atomes. Un atome
est formé d’un noyau (proton, neutron) et d'électrons".
Le problème
est que notre point de vue sur l'atome change, en
moyenne, tous les quatre ans. Nous nous targuons de
transformer l'atome en bombe nucléaire, mais notre
connaissance de la réalité, de la raison d'être de
l'atome reste nulle.
Nous
prétendons que les corps sont attirés vers la terre par
l'action de la pesanteur. Nous affirmons que la lampe
s'éclaire par l'électricité. Nous utilisons
l'électricité pour en faire de la chaleur, du froid, du
mouvement...
Qu'est-ce
donc que l'électricité ? Nous ne savons absolument rien
à son propos, sa véritable réalité. Nous savons tout
simplement l'employer, l'user à des fins pratiques.
Nous ne
savons rien non plus de la vie qui nous anime, rien de
ce qui nous entoure sauf, bien entendu, les apparences.
En d'autres
termes, ce que nous arrivons à saisir c'est le "comment"
des choses et non "leur pourquoi" et "leur raison
d'être".
Que
signifient l'amour, la beauté, la laideur, la liberté ?
Que signifient les choses abstraites ?
La vérité
profonde de tout cela nous échappe et notre cerveau ne
peut saisir, en réalité, que les signes extérieurs des
choses.
Qu'est-ce
que la religion, la peur, l'espoir, le courage, la
vertu, le vice ? Rien d'autre que des signes.
Il se peut
que nous sachions que deux additionnés à deux font
quatre, mais notre connaissance du monde reste
superficielle. Nous ne connaissons jamais véritablement
les choses.
C'est comme
si nous disposions d'une intelligence dont la nature est
de ne rien savoir sur les vérités profondes de
l'existence.
L'homme
n'est capable, dans le meilleur des cas, que de
s'adapter dans sa vie aux particularités et aux vérités
des choses.
Les
pragmatistes voient juste quand ils dénient à
l'intelligence la capacité de comprendre le fond des
choses. Pour eux, l'intelligence n'est à même de saisir
que les moyens seulement pour satisfaire certaines
finalités.
Les
chercheurs dans les domaines scientifiques ne prétendent
rien d'autre que de découvrir certaines lois (loi de la
pesanteur, lois physiques et chimiques). Ils affirment
qu'ils n'expliquent pas les vérités, mais seulement les
propriétés, les signes extérieurs de celles-ci.
Quand tu dis
: "Je suis aimé ; je suis détesté", que veux-tu
signifier par l'amour et la haine ? Cela reste un point
d'interrogation.
Il se
pourrait que la connaissance de l'art soit plus simple
que celle de la science, ou en d'autres termes, plus
simple que celle de la vérité, car l'art est une
pratique alors que la science est un raisonnement.
L'action est beaucoup plus à notre portée que ne l'est
la compréhension des vérités. Ce qui rend la vie facile,
c'est le fait qu'elle soit art. La connaissance des
vérités reste dure d'accès parce qu'elle est science.
L'on peut
savoir que, si un train est bien fabriqué, il ne
déraillera pas. L'on peut aussi éviter, dans la mesure
du possible, des accidents comme l'on peut s'attendre à
réussir dans un travail si on le fait avec précaution et
minutie. Il s'agit ici d'actions qui n'ont rien à voir
avec la science, mais qui relèvent uniquement du
savoir-faire.
Il faudra
noter, cependant, qu'on n'est jamais à l'abri de
l'erreur. Ainsi, il arrive que les trains déraillent,
percutent, accidentellement, des vaches sur leur
passage. Il arrive que des accidents se produisent alors
qu'on ne s'y attend guère. Qu'en est-il donc de la
connaissance des vérités inconnues ?
Comment
peut-on, dans ces conditions, prétendre connaître l'âme,
l'esprit et l'essence du sentiment humain ?
Quand nous
discutons de ces choses, nous le faisons avec des termes
vides de sens. Ce n'est là que du verbiage qui ne
renferme aucune vérité.
Si les
lexicographes étaient conséquents avec eux-mêmes, ils
mettraient un terme à leur travail inutile. Ils ne font
d'ailleurs que tourner dans des cercles vicieux. Leurs
définitions s'appuient sur l'exemple et ne touchent en
rien le fond des choses.
Les gens,
dans leur grande majorité, vivent de leur foi, de leurs
illusions, de leurs fantasmes et non de leur science et
de leur raisonnement. Leur cerveau est incapable de
saisir la vérité de ce qui les entoure.
Si cela est
vrai, comment l'esprit humain peut-il prétendre pouvoir
connaître Dieu ?
Cette
situation est à comparer avec celle d'humains ne
connaissant pas la Terre et qui veulent- d'couvrir la
planète Mars ou celle d'humains qui ne voient rien
devant eux et qui désirent savoir ce qu'il y a dans les
cieux.
J'apprécie
beaucoup ce qui semblerait être les propos de l'Imam Ali
-que Dieu le vénère- :
"Dieu est
au-delà des témoignages, à l'abri de tous les regards,
ne se trouvant nulle part et n'est caché par aucun
voile... Sa Grandeur et Sa Majesté sont tellement
infinies qu'elles n'ont point besoin d'être
matérialisées".
J'apprécie
également les idées d'Ibn Abi Al Hadid :
"Je jure que
ni Moïse, ni Jésus, ni Mohammed, ni l'Archange Gabriel,
pourtant si proche de Dieu, ni l'individu ordinaire, ni
la Raison abstraite ne connaissent de Dieu que son
unicité et son essence sempiternelle. Que les sages
s'effacent devant Son Être, Lui qui est vénéré par les
globes célestes ! Que sont les Aristotes, les Platon et
les Avicenne ? Rien que des papillons qui, attirés par
la lumière de la Flamme, s'en sont trop rapprochés et se
sont brûlés. Ils auraient mieux fait, pour leur salut,
de s'en éloigner".
(Poésie)
D'Ibn Ali AI
Hadid, je retiens encore ces paroles
"La raison
se lassa à te connaître, ô miracle de l'Univers ! Tu as
semé le désarroi dans les esprits. Chaque fois que j'ai
l'impression de progresser d'un pouce dans ta
compréhension, je suis rejeté en arrière à plus d'un
mile dans mon égarement qui ne trouve point d'issue".
(Poésie)
Ce que nous
avons rapporté plus haut de l'écrivain Ahmed Amin est le
cadre véritable où peut se mouvoir l'intelligence
humaine tout en étant productive.
La liberté
de pensée que l'islam a apportée n'a pas été bien
exploitée par les chercheurs qui ont exagéré dans leurs
réflexions et se sont enlisés dans des recherches sans
intérêt... Leurs égarements les ont amenés à parler du
corps de l'Être. Faut-il expliquer littéralement les
termes désignant les Attributs divins ou au contraire,
ne faut-il y voir que des métaphores ? Ou bien rejeter à
la fois l'ésotérisme et l'exotérisme ?
La polémique
les a entraînés trop loin...
Quoi
d'étonnant, puisque ces sujets sont du domaine de
l'impensable !
Si la
présente étude avait pour objet le corps humain, elle
serait dure à mener. Comment pourrait-on alors prétendre
parler du corps divin ?
Certes, les
savants musulmans qui ont abordé ces questions ont été
de bonne foi et je ne pense pas qu'il y ait eu, de la
part de l'un d'entre eux, une tentative volontaire de
dénaturer la religion et d'empêcher les gens de croire
en Dieu.
Il est vrai
que le désaccord de certains d'entre eux est arrivé à un
point tel qu'ils se sont échangés des injures et des
sarcasmes.
Notre époque
a vu naître une catégorie de penseurs dont le but est de
semer le désarroi dans les esprits. Ils ont réussi
jusqu'à un certain point à dérouter certains individus
dans la société musulmane. Inutile de dire que nous
avons besoin de conjuguer nos efforts en vue de faire
face à la civilisation matérialiste, qui menace la
religion musulmane et ses illustres défenseurs.
Quant à ceux
qui s'adonnent à l'exégèse et s'y cramponnent, il est
inadmissible que nous les traitions comme des menteurs
et des renégats comme le font les ignares.
Cela nous
suffit largement que l'Être Absolu soit toujours présent
dans notre esprit et que nous enseignons aux gens qu'Il
n'est comparable à personne.
L'OPULENCE
ABSOLUE DE DIEU
Dieu est
infiniment opulent. Sa richesse ne découle pas du fait
qu'il possède l'univers avec ses cieux, ses planètes et
ce que celles-ci renferment comme minerais rares et
chers.
Il n'est pas
riche non plus parce qu'il possède un nombre infini
d'Anges, d'êtres humains et de djinns. Non ! Non !
La richesse
divine est plus noble que cela.
Pour nous,
l'homme riche est celui qui possède une grande quantité
d'or et d'argent ou celui qui préside à la destinée de
millions de ses citoyens. Une fois qu'il aura perdu
cette richesse ou ce pouvoir politique, il n'est plus
rien puisqu'il aura vu disparaître les fondements de sa
puissance.
Il se
pourrait que l'univers dont on connaît si peu de choses
soit un indice de la richesse de l'Être Absolu, mais
Dieu est capable de tout détruire sans que cela porte
atteinte à Sa richesse incommensurable, à Sa Personne
qui n'a nullement besoin de Ses créatures. Il peut tout
anéantir sans perdre les qualifications de Sa Sainteté.
Il peut tout anéantir et garder Sa Souveraineté
majestueuse.
Le pouvoir
et la richesse ne sont rien si on les compare à l'Être
Suprême. L'adoration des gens, depuis la Création
jusqu'au Jour de la Résurrection, n'ajoute rien à la
grandeur de Dieu. De même que les babioles des
impudents, durant toute cette période, ne diminue en
rien la Puissance de l'Être. Cela est très bien illustré
dans la Tradition divine :
"0 Mes
serviteurs ! si les premiers et les derniers parmi vous
et les djinns étaient d'une foi exceptionnelle, cela
n'ajouterait rien à Ma Sainteté. 0 Mes serviteurs ! si
les premiers et les derniers parmi vous et les djinns
étaient d'une impudence éhontée, cela ne diminuerait en
rien Ma Souveraineté".
Toutes les
créatures tiennent leur vie de Dieu le Tout-Puissant.
Dieu, par contre, vit de Son propre Être et n'a besoin
de personne.