Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

L’IMMORTALITÉ

 

LA VIE TERRESTRE

 

Combien d'époques nous ont précédés avant notre arrivée en ce bas-monde ?

Combien de générations vont se succéder après notre fin ?

Quelle est la proportion de notre vie limitée ici-bas, par rapport à la durée de temps qui l'a précédée et celle qui la suivra ? Elle est vraiment très insignifiante. Et pourtant, la vie dans ce bas-monde se constitue à partir de la somme de cette infime proportion de temps qui est octroyée, à chacun de nous, à des époques différentes.

C'est donc de cette apparition précédée du néant, et suivie d'une disparition, que la terre se peuple.

Sur le long parcours de l'existence, des générations d'hommes défilent continuellement jusqu'à ce qu'ils meurent, atteints par la lassitude et la vieillesse. Elles cèdent, ainsi, la place à d'autres générations qui reprennent la marche, jouent le même scénario que les précédentes, et trépassent à leur tour.

Ainsi donc chaque génération, qui vieillit et meurt, est mise dans un suaire pour l'ultime demeure. Elle est remplacée par une génération plus dynamique, qui finira par avoir le même sort que la précédente et ainsi de suite...

La vie est une interminable procession. C'est un labeur continu et perpétuel, accompli par des hommes qui se succèdent indéfiniment à travers les époques.

L'étonnant est que ce travail ininterrompu occupe tellement les gens, qu'ils ne se considèrent point comme étant simplement les maillons de cette longue chaîne relâchée, qui se perd dans la nuit des temps et qui a des ramifications dans l'avenir.

Etant proie à la prétention et à la fatuité, l'individu pense qu'il est éternel et que son séjour ici-bas n'est point éphémère. Quand la mort se présente à lui, il s'en étonne comme s'il s'agit-là d'un phénomène insolite, mais l'étonnement s'effondre devant la certitude. Et c'est ainsi que l'homme quitte la vie.

Il est souhaitable que l'homme sache -alors qu'il est en pleine possession de ses capacités mentales et que sa santé ne souffre d'aucune tare- la véritable nature de ce bas-monde, afin qu'il n'échafaude pas des projets grandioses sur des fondations peu solides.

Quelle interprétation donner à tout cela ?

Serait-ce là tout le lot de l'être humain dans son existence ? C'est sûr que non.

Si la vie d'ici-bas est à ce point éphémère et sans grande importance, celle de l'Au-delà, qui lui succède, est le grand espoir et la chance tant attendue.

Si notre existence dans ce monde devait définitivement prendre fin avec notre mort, le suicide serait alors bon pour toute l'humanité.

Il faut donc admettre que c'est dans l'Au-delà que réside la véritable vie, et s'y préparer devrait être l'occupation des gens raisonnables pendant leur courte existence ici-bas.

"Egarée est la nation qui croit l'homme éphémère.

Celui-ci, éternel, ne fait que changer de demeure,

De celle du devoir, il s'en va soit au Paradis, soit à l’Enfer".

(poésie).

L'homme intelligent est celui qui sait répartir son temps entre ses devoirs d'ici-bas et ceux de l'Au-delà. Il ne perd jamais de vue que la vie sur terre n'est qu'un séjour passager, et que celle de l'Au-delà est éternelle, ce qui l'incite à agir en conséquence.

LA VIE DANS L'AU-DELA

Nul n'ignore que la mort est inévitable. C'est le destin inéluctable à tout être vivant.

Beaucoup de gens, cependant, ont de la mort une idée ambiguë et se font d'elle une image fausse et d'une laideur repoussante.

Pour eux, elle est le terme de la vie et le commencement d'un état d'inconscience totale.

Après sa mort, l'être humain serait pareil à une charogne enterrée ou à la viande d'animal qui, une fois consommée, n'a plus d'existence. Pour ces gens donc, tout prend définitivement fin avec la mort.

Il n'y a pas plus grave aberration que cette croyance, car la mort n'est pas anéantissement. Il se pourrait qu'elle soit un long sommeil, à l'instar de notre sommeil à nous, celui que nous connaissons dans notre vie, qui est en fait une mort momentanée.

Le Coran considère la mort et le sommeil comme étant deux états de même nature. Phénomènes propres à toutes les âmes vivantes, ils n'ont pas beaucoup d'impact sur elles.

"Dieu accueille les âmes au moment de leur trépas, et celles qui ne meurent pas encore, au moment du sommeil. Il retient près de Lui celles dont la mort est décrétée et renvoient les autres jusqu'au terme fixé". (Les Groupes, 42).

Si l'âme quitte momentanément le corps, cela n'atteint en rien l'essence et la quintessence de l'homme. Le corps est semblable à un tissu dont se sert l'homme pour se vêtir, et qu'il enlève une fois qu'il n'en a plus besoin. C'est dire que le rapport entre l'âme et le corps est purement arbitraire et n'a rien d'organique.

La mort ne doit être considérée que comme un déplacement d'un endroit vers un autre, où l'être humain reste pleinement conscient des vérités qui l'entourent. Loin de faiblir, sa sensibilité et sa conscience des choses ne font que s'accroître et se clarifier davantage.

Si nous comprenons bien cette vérité, nous ne penserons plus à la mort et nous n'aurons plus aucune appréhension à son égard. Ses signes avant-coureurs n'auront aucun effet de surprise sur nous.

LE JUGEMENT DERNIER

Sitôt que l'être humain quitte ce monde, son jugement commence et il connaît alors sa rétribution ou son châtiment. Le Saint Coran relate une partie de cette phase de la vie des gens dans l'Au-delà. A propos des mécréants du peuple de Pharaon, Dieu dit :

"Matin et soir, ils seront conduits devant l'enfer, et au Jour du Jugement Dernier il sera ordonné : "Que l'on traîne et Pharaon et les siens au plus atroce supplice !" (Le Croyant, 46).

Le Saint Coran décrit la félicité des martyrs et la joie qu'ils éprouvent, dans l'attente de voir se joindre à eux d'autres martyrs parmi leurs proches, afin de partager avec eux leur bonheur :

"Ne crois surtout pas que ceux qui sont tombés dans le sentier de Dieu soient morts. Ils sont bien en vie auprès du Seigneur, recevant de Lui leur subsistance.

Heureux de tant de bienfaits reçus de Dieu et ravis de savoir que ceux qui, parmi leurs compagnons, ne les ont pas encore rejoints, seront à jamais exempts de frayeur et de chagrin." (La Famille d’Imran, 169-170).

Les signes annonciateurs du Mal ou du Bien apparaissent au tout dernier moment de la vie de l'homme, quand il s'apprête à abandonner les vestiges de cette demeure ici-bas, et qu'il commence à apercevoir l'orée de l'Au-delà.

Il est rapporté dans la Tradition du Prophète que pour consoler le croyant au moment de son agonie, Dieu a révélé le verset suivant :

"Ceux qui disent : "Notre Maître, c'est Dieu", puis se comportent avec droiture, verront affluer les Anges du ciel qui leur diront : "Ne craignez rien, ni ne vous affligez ! Recevez plutôt une heureuse annonce, celle du jardin qui vous est promis". (Du Livre aux versets distincts, 30),

C'est à ce moment ultime et critique de la vie des mécréants, méchants et incrédules, qu'apparaissent les signes annonciateurs du châtiment terrible qui les attend :

"Ah ! S'il t'était donné de voir ces imposteurs dans les affres de l'agonie, lorsque les Anges de la mort, les bras tendus vers eux, les presseront de rendre l'âme : "Aujourd'hui, leur diront-ils, un supplice ignominieux vous attend pour avoir soutenu au sujet de Dieu tout le contraire de la vérité et vous être détournés avec hauteur de Ses Signes évidents". (Les Troupeaux, 93)

"Puisses-tu voir les Anges mettre fin aux jours des infidèles, les frappant par devant et par derrière et leur criant à la face : Subissez le supplice infernal, celui du feu éternel  !

Que ce soit l'expiation de vos œuvres ! Dieu n'est pas un tyran pour ses sujets". (Le Butin, 50-51).

Ceux qui auront désobéi parmi les croyants recevront leur part de châtiments et de supplices, pour avoir négligé leurs devoirs et commis des interdits.

On rapporte que le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur lui- en passant près d'une tombe où furent enterrés deux morts, eut ces paroles :

"Ils sont punis, mais pour des fautes vénielles. Le premier négligeait ses ablutions. Le second semait la zizanie parmi les gens". (hadith).

Les preuves sont nombreuses qui soutiennent que le châtiment et la rétribution ont lieu dès l'enterrement. Il y a, préalablement au Paradis et à l'Enfer, des signes de bon ou de mauvais augure.

Un hadith dit ceci :

"Quand l'un de vous meurt, on lui montre la place qu'il occupera. S'il est des élus du Paradis, il ira au Paradis. S'il est des damnés de l’Enfer, il ira à l’Enfer. Il lui est dit : "Ceci est ta place jusqu'au Jour du Jugement Dernier".

En vérité, la mort n'est qu'une étape parmi celles que connaît l'être humain durant son existence, à savoir l'enfance, la puberté, l'adolescence, la jeunesse, l'âge adulte, la vieillesse... Il reste, cependant, que cette étape se caractérise par une sensibilité plus accrue de l'âme, ainsi qu'une capacité plus profonde à percevoir les choses.

Si ceux qui s'apprêtent à se suicider étaient en mesure d'imaginer le sort qui leur est destiné, ils réfléchiraient longuement avant de commettre leur forfait.

Par leur ignoble tentative, ils aspirent à se soustraire aux sentiments d'angoisse qui les étreignent et à éviter leur désarroi, pour se trouver -c'est d'ailleurs ce qu'ils pensent- dans un univers exempt de sensibilité et de souffrance. Ils ignorent, d'une façon alarmante, que dans le monde auquel ils accèdent, la sensibilité s'accroît davantage et les problèmes se multiplient à l'infini.

Par ailleurs, bon nombre d'individus se font de la mort une idée erronée, marquée par l'impiété et le sacrilège. La tombe, pour eux, n'est qu'un endroit lugubre et macabre que hantent des larves immondes.

Certes, nous ne nions pas l'existence de ce triste spectacle, mais nous nous refusons à croire que la vie s'arrête là, car il est inconcevable qu'avec la mort disparaissent les sentiments de Bien, à l'origine de tant de brillantes civilisations, et ceux du Mal qui ont causé tant de discordes et de calamités entre les hommes.

Dans ses profondeurs mystérieuses et inaccessibles, le cimetière fait place à des plaines immenses parsemées de fleurs de toutes sortes, et exhalant des parfums vivifiants destinés aux croyants. Il renferme, également, dans ses entrailles inaccessibles des abîmes lugubres, où sont amoncelés les âmes perverses qui endurent les pires supplices, pour avoir désobéi à Dieu et opprimé Ses créatures.

Le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- se plaisait à décrire, avec force détails, les vérités relatives à ce monde invisible, à telle enseigne que ses auditeurs croyaient le voir réellement. Son vœu était d'ancrer dans les esprits cette certitude que la mort, imminente et inéluctable, est une étape qui suit la vie ici-bas, à l'instar de l'âge adulte qui se succède à l'enfance et à la jeunesse.

Un arrêt subit de notre cœur, qui bat sans arrêt depuis notre naissance, renvoie l'individu au sein de ce monde réel.

Voici, relatée par le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- une description détaillée des événements qui servent de prélude à la vie future :

"Le croyant, peu enclin aux plaisirs de la vie et fort attiré par la félicité sereine de l’Au-delà, est abordé par des Anges célestes au visage tellement rayonnant qu'ils ressemblent au soleil. Ils se tiennent non loin de lui, tenant dans leurs mains un linceul et de la substance balsamique, qu'ils ont apportés avec eux du Paradis. C'est alors que se présente l’Ange de la Mort (que Dieu l'agrée). Il s'asseoit auprès de la dépouille mortelle du croyant et lui dit : "0 âme bienveillante, que Dieu t'ait en Sa Sainte Miséricorde ! Sors de ce corps". L’âme s'en échappe comme une goutte d'eau d'un arrosoir. Sitôt dans la main de l'Ange de la Mort, les Anges célestes la lui prennent, la mettent dans le linceul embaumé qui, à l'occasion, exhale la plus belle odeur qui existe sur terre.

Ils s'en vont alors vers les cieux. Les Anges qu'ils rencontrent sur leurs chemins leur demandent ; "Quelle est cette âme bienveillante ?" Et les Anges de répondre : "C'est Monsieur un tel...". Ils le désignent par les meilleurs noms qu'il avait sur terre. Quand ils arrivent à l'orée du ciel le plus bas, ils supplient Dieu de le leur ouvrir. Dieu entend leur appel et c'est ainsi que, de ciel en ciel, l'âme est prise en charge par de nouveaux Anges qui la conduisent jusqu'au septième ciel. Dieu ordonne alors : "Soulevez son âme au plus haut degré et ramenez son corps sur terre".

A ce moment-là, deux Anges s'approcheront de lui et lui poseront des questions :

- Qui est ton Dieu ?

- Mon Dieu est Allah.

- Quelle est ta religion ?

- Ma religion est l'islam.

- Qui est cet homme, Messager de Dieu, envoyé parmi vous?

- C'est le Messager d'Allah, le Prophète Mohammed...

- Qu'est-ce qu'il t'a appris ?

- A lire le Livre Sacré et à y croire fortement.

Une voix se fit alors entendre dans le Firmament : "Ce fidèle dit vrai. Revêtez-le des ornements du Paradis et ouvrez-lui une porte pour qu'il y entre". Dans sa tombe, le croyant vit s'ouvrir devant lui le Paradis avec ses belles odeurs.

Un homme au visage angélique, bien habillé et bien parfumé, vient le voir et lui dit :

- Sois heureux. Aujourd'hui est le jour que tu espérais tant sur terre.

- Qui es-tu ? Ton beau visage apporte la bénédiction.

- Je suis le Bien que tu faisais sur terre.

- 0 Dieu ! Que le Jour du Jugement Dernier arrive le plus tôt possible pour que je retrouve ma famille et mon Bien  !!

Le mécréant qui renonce à Dieu et se livre aux plaisirs terrestres est abordé par des Anges au visage sombre, tenant dans leurs mains une bure. Ils prennent place près de lui. C'est alors que l’Ange de la mort fait son apparition, s'approche du cadavre et lui dit : "0 âme exécrable ! Sors de ce corps putride ! Dieu t'a maudit". Elle se désagrège aussitôt dans sa dépouille. L'Ange de la mort s'en empare brutalement, mais les Anges la lui prennent sur le champ pour l’envelopper, avec son odeur nauséabonde, dans la bure et la remontent au ciel. A ceux parmi les Anges qu'ils rencontient et qui leur demandent : "C'est quoi ce vent mauvais ?", ils répondent en désignant cette âme par les noms les plus ignobles qu'elle avait sur terre. Une fois à l'orée du ciel le plus bas, les Anges demandent pour cette âme la Bénédiction de Dieu, mais en vain.

A ce point de son hadith, le Prophète récite ce verset :

"Ceux qui ont traité Nos signes de mensonges et leur ont, par morgue, tourné le dos, ne verront pas s'ouvrir devant eux les portes du Ciel ni ne pourront entrer au Paradis. Pas plus qu'un chameau ne passera par le chas d'une aiguille". (AI Araf, 40).

Dieu ordonne : "Que son sort soit des plus exécrables et qu'il demeure dans les tréfonds de ce bas-monde". L'âme du mécréant est alors abandonnée et rejetée.

"Joindre des associés à Dieu, c'est comme si, précipité du haut du ciel, on se trouvait disputé par des oiseaux de proie, ou entraîné par l'ouragan vers un lieu perdu". (Le Pèlerinage, 31).

Quand l'âme regagne de nouveau le cadavre, deux Anges prennent place à côté de lui et lui demandent :

Quel est ton Dieu ? Quelle est ta religion ? Oh ! Oh ! Je n'en sais rien.

- Connais-tu l'homme qui a été envoyé comme Messager de Dieu sur terre ?

-          Oh ! Oh ! Je n'en sais rien.

Une voix se fait entendre dans le ciel. "C'est un menteur. Revêtez-le des bures de l’Enfer et ouvrez-lui une porte pour qu'il y accède". C'est alors que la chaleur torride de l’Enfer l'envahit. Sa tombe se rétrécit. Un homme, au visage laid, habillé en haillons et puant de saleté, se présente et lui dit :

- C'est cela ton triste sort. Aujourd'hui est le jour que tu espérais...

- Qui es-tu ? Ton malheureux visage est porteur de malédiction.

- Je suis le Mal que tu faisais sur terre.

- 0 Dieu Faites que le Jour du Jugement Dernier n'ait pas lieu

Dans une autre version :

Le mort est abordé par un inconnu mal habillé, d'une laideur extrême et exhalant une odeur puante qui dit :

Tu dois être heureux du mépris et de la souffrance sans fin que Dieu te réserve.

- Dieu te maudisse ! Qui es-tu, vilaine personne ?

- Je suis le Mal que tu faisais sur terre. Tu étais avare dans l'obéissance à Dieu, généreux dans le péché. Dieu te récompense en mal maintenant. C'est ce que tu mérites.

C'est alors qu'un aveugle sourd-muet, muni d’une barre de fer capable de transformer une montagne en amas de terre se présente au mort. L'aveugle lui donne un coup et le pulvérise en monceaux de terre. Dieu rend au mort sa première forme. L'aveugle le frappe de nouveau et le mort hurle de douleur. Une porte de l’Enfer lui est enfin ouverte et le supplice éternel commence". (fin du hadith)

Nous ignorons tout de l'essence du jugement qui s'accomplit dans les tombeaux. Nous ignorons, également, la part de souffrance qui est réservée aux corps et aux âmes. Certes, nous croyons profondément en ce jugement, mais notre entendement, nécessairement déficient, ne nous permet pas d'avoir des réponses claires et précises sur la manière dont il s'accomplit surtout après la décomposition de la dépouille mortelle.

Le sort de la matière ainsi que celui de l'âme demeure étrange. La vie, par ses secrets qui nous sont constamment dévoilés, nous incite à croire ce que la révélation divine nous a transmis sur le jugement des morts. En comprendre les détails est une chose qui est réservée à l'avenir, et que nous nous refusons de prédire.

L’AGE DE L'INDIVIDU ET DE L'UNIVERS

Lorsque l'individu quitte le monde des vivants, il voyage quelque part, dans l'Au-delà, laissant après lui les hommes endurer et espérer.

Jusqu'à quand ces hommes continueront-ils à accomplir leur mission et leur devoir dans cette vie, où s'accumulent les expériences épuisantes qui peuvent conduire au Paradis ou à l'Enfer ?

Quand Dieu déclarera-t-Il la fin de ce monde qui nous a fait hériter de ses joies et de ses peines, ce monde où les générations sont en conflit permanent, à la recherche momentanée du Bien, mais continue du Mal ? Quand ce monde sera-t-il réduit au néant ?

Ce qui émerge des textes religieux, c'est que la vie a une fin prédéterminée et certaine. Lors de cette fin, le ciel se fendra, la terre s'effritera, la mer envahira le globe. Cultures et progénitures périront, et la page de l'histoire de l'humanité relatant des faits horribles sera définitivement tournée.

De même qu'il existe habituellement chez l'être humain des symptômes, comme la maladie ou la vieillesse, lui indiquant que sa fin approche, il est des signes dont l'apparition annonce la fin de l'univers et de l'humanité.

Je crois fermement que le facteur essentiel de l'existence et de la continuité de la vie réside dans la présence d'hommes, quel que soit leur nombre, croyant en Dieu et accomplissant leurs devoirs religieux pieusement et avec conviction. Si jamais ces hommes qui professent la foi n'existent plus, si la communauté humaine s'avère incapable de les remplacer, cela signifie que la vie terrestre a fait faillite, qu'elle est condamnée à disparaître et que sa fin est imminente, certaine et évidente.

Les signes de l'heure fatale sont cités explicitement par le Coran et la Sunna.

Ainsi les Prophètes ont-ils déployé d'énormes efforts pour lutter contre l'idôlatrie, et pour guider les gens vers la voie sacrée de Dieu. Beaucoup de gens ont répondu à leur appel, se sont convertis et continuent à le faire.

Lorsque ces Prophètes seront reniés, leur religion et révélation démenties par différentes civilisations, lorsque la dépravation, la corruption et les interdits seront permis, les sanctuaires désertés et Dieu oublié, on peut dire alors que le Jugement Dernier est arrivé et tout l'univers sera détruit.

Certes, l'humanité pourrait progresser admirablement dans le domaine des sciences et mettre tout au service de l'homme pour lui assurer bien-être et confort, mais ce progrès matériel et technologique porte en soi les germes d'une dégénérescence morale, d'où le règne de la tyrannie, du crime, de la débauche et de la déification.

"La terre s'en trouve toute parée et embellie. Les hommes s'en croient les maîtres. Mais Nos ordres ont passé là, de jour ou de nuit, et tout s'est trouvé anéanti, comme si jamais culture n'avait prospéré en ces lieux. Ainsi se trouvent exposés Nos Signes à qui savent en méditer le sens". (Jonas, 24).

Voici quelques hadiths du Prophète prévoyant la fin du monde au moment d'une dépravation totale, qui ne connaît point de fin. L'univers entier se livre à ses instincts et on ne lui prévoit ni chasteté, ni élévation.

Anass rapporte ces paroles du Prophète Mohammed -que le Salut et la Paix de Dieu soient sur lui- :

"Le Jour de la Résurrection n'aura pas lieu pour celui qui dit : "Seigneur ! Seigneur !".

De son côté, Hoddifa rapporte ces propos du Prophète -que la Paix et le Salut de Dieu soient sur lui- : "La fin du monde n'a lieu que lorsque le plus vil et le plus abject des hommes est dans un état de bonheur illimité".

Un des signes de la fin du monde, et de l'abandon des principes religieux, est le retour à l'idôlatrie là où est née la vraie religion. "Le monde connaîtra sa fin quand il y aura de l'agitation autour de Di Al Khilsa", qui n'est rien d'autre qu'une statue adorée par les Arabes de la période antéislamique.

"Quand les mœurs se dégradent, que les gens cherchent à tout prix les plaisirs de la vie, vendent leur dignité et leur honneur pour satisfaire leurs instincts, c'est que la fin du monde approche. L'homme s'adonne à la prière le matin, et le soir à la débauche, et s'il est croyant le soir, il ne l'est plus le lendemain. Pour un rien, les gens sont capables de sacrifier leur religion. Les guerres se multiplient et s'intensifient, en raison de la bassesse des gens et de la corruption dont ils sont la proie. La fin du monde ne se produit que lorsque l'anarchie fait rage ! On demanda la signification du mot "anarchie". Le Prophète répondit : "La guerre, la guerre !!". Il n'y a alors plus rien à espérer de cette vie qui -quelle que soit sa longue durée- est courte et passe vite".

"La fin du monde a lieu quand la notion de temps n'existe plus, que l'année sera confondue avec le mois, que le mois se réduira en une semaine, la semaine en une heure, et l'heure en une étincelle de feu. L'heure dure ce que dure le temps d'allumer une allumette".

Les Hadiths sont nombreux qui prouvent que les actions malsaines des gens sont les signes annonciateurs de la fin du monde.

Cependant, il ne faut pas se laisser envahir par le pessimisme, à l'instar de certains malades imaginaires qui ne cessent de répéter, à chaque événement catastrophique, que l'heure du Jugement Dernier a sonné. Certes, cette heure finira bien par arriver un jour, mais il est inadmissible d'avoir de tels comportements, chaque fois qu'on est confronté à un quelconque drame. La terre a constitué, depuis bien longtemps, le lieu favori de la corruption et de la terreur. La lutte entre le Bien et le Mal n'a jamais cessé et existe depuis la nuit des temps. Si le Bien semble reculer parfois, cela ne signifie pas pour autant que Dieu désire anéantir cet univers en effervescence.

Par ce qui précède, nous voulons tout simplement dire que l'humanité invitée à vivre sur cette terre pourrait être amenée -après avoir édifié sa civilisation sur l'adoration de Dieu- à commettre certaines inepties que Dieu pardonnera. Toutefois, s'il n'y a plus aucun espoir à ce que les gens se comportent sagement, si, de génération en génération, ils s'adonnent à la débauche et au libertinage, se livrent à l'anarchie et à la guerre, l'heure sonnera à coup sûr, et les hommes seront rassemblés pour être jugés devant Dieu.

"Nous faisons en vérité de tout ce qui est sur terre une parure pour elle, destinée à tenter les humains. Ainsi, nous les éprouvons et reconnaissons les meilleurs à leurs œuvres.

Puis tout ce décor sera réduit en poussière". (La Caverne, 7 - 8).

DE QUELQUES SIGNES ANNONCIATEURS DE LA FIN DES TEMPS

Parmi les événements qui devront se produire avant la fin du monde, nous n'en citerons ici que quelques uns afin, de nous éviter de trop nous attarder là-dessus.

Il y aura d'abord la résurrection de Jésus Christ et son retour parmi les humains. Sans doute fût-il choisi parmi les autres Prophètes, parce que le mythe qui accompagne sa personne s'est propagé de par le monde, et a permis à des nations puissantes de se constituer. Que Jésus nie donc tous les mensonges tissés autour de sa divinité, et qu'il démontre qu'il n'est qu'un humble serviteur de Dieu. Sa résurrection à la fin des temps sera la preuve que ce monde-ci forme une unité dont toutes les parties s'harmonisent parfaitement, même si cette résurrection intervient après un long égarement.

Parmi les autres signes, l'apparition de l'Antéchrist, un imposteur borgne doué, parait-il, dans les sciences de la nature. Il se pourrait qu'il éblouisse les gens par son génie et par quelques unes de ses admirables inventions. Il est d'origine juive et proclamera sa divinité. Il fera parler de lui jusqu'à ce qu'il soit finalement tué. La Sunna nous a conseillé de ne pas faire cas de ses sornettes.

Le soleil se lèvera de l'endroit où il se couche d'habitude. L'organisation précise du monde et du système sphérique sera bouleversée par l'ordre divin. Les étoiles s'effriteront, les montagnes marcheront et les fauves se rassembleront.

Une Bête monstrueuse surgira de la terre et c'est là un signe, à mon sens, du reproche divin adressé aux humains qui n'ont point cru en Dieu, et qui ont fait acte d'apostasie malgré leur intelligence et leur pouvoir de réflexion. Il n'est donc pas mauvais qu'une race de mulets ou d'ânes frappe de ses sabots le front des plus forts, de ceux qui détiennent les rênes du pouvoir, pour leur dire : "N'avez-vous aucune idée de l'heure où vous rejoindrez Dieu ? Qu'en est-il advenu de votre intelligence et de votre raisonnement ? Comment pourriez- vous être à ce point athées ?

"Un jour viendra pour les mortels où ils devront subir Nos arrêts immuables. Nous ferons alors surgir pour eux de terre une Bête monstrueuse qui leur dira tout net qu'ils n'ont jamais cru vraiment en Nos signes". (Les Fourmis, 82)

RÉSURRECTION ET RÉCOMPENSE

Nous quitterons un jour ce bas-monde qui ne survivra plus après nous... Qu'y aura-t-il alors ?

Nous voulons tout d'abord dire, ou affirmer, ce que nous avons déjà évoqué plus haut. Dieu, Souverain de l'Univers, est Glorieux et Parfait. Sa Perfection Suprême est loin d'être comprise par les humains à qui Il a daigné accorder la vie pour les éprouver. Seuls ceux qui combattent dans le sentier de Dieu seront récompensés de la vie éternelle auprès du Grand Seigneur.

Dieu, le Grand, n'aime pas voir à Ses côtés les escrocs.

Dieu, l'Omniscient, déteste la compagnie des ignares.

Dieu est Bonté et n'aime que ce qui est bon. Il est pur et recherche partout la chasteté. Les gens de bas étage qui se sont attachés aux plaisirs de la terre, et qui n'ont vécu que pour assouvir leurs instincts abjects, n'atteindront, jamais la grâce divine.

"Ceux qui ont traité Nos signes de mensonges et leur ont, par morgue, tourné le dos, ne verront pas s'ouvrir devant eux les portes du Ciel ni ne pourront entrer au Paradis". (Al Aràf, 40).

Il est bon que l'homme sache que sa vie, limitée dans sa durée, ne lui est en fait offerte que pour se vouer à l'enseignement de Dieu. Autrement, il ne sera destiné à aucun bonheur et il ne récoltera aucun privilège. Le Paradis, que Dieu réserve uniquement aux croyants, ne sera point fréquenté par les gens ignobles et mesquins, et il ne saurait être en aucune manière la demeure de ceux dont la vertu a déserté le cœur, comme ce Satan qui afficha un air méprisant et hautain. Dieu s'adresse à Satan en ces termes :

"Descends d'ici. Tu es mal venu de t'enorgueillir en ces lieux. Sors-en sur le champ, être abject que tu es !". (Al Arâf, 13).

Parce que notre père Adam a désobéi à Dieu et parce que sa volonté de faire du bien a faibli, il fut chassé en compagnie de son épouse du Paradis. Dieu leur fit savoir, ainsi qu'à leur progéniture, que pour y accéder il faut être vertueux. Ceux qui ont pris les suppôts de Satan pour leur patron plutôt que Dieu, ne connaîtront point le Paradis, car ils n'auront pas cherché à se purifier de leurs souillures avant leur mort.

Le Prophète -que le Salut et la Paix de Dieu soient sur lui- a dit :

"Quand les Croyants auront été préservés du Feu, ils seront retenus à un Pont reliant le Paradis au Feu. Là, ils obtiendront réparation des injustices commises entre eux en ce bas monde, jusqu'à ce qu'ils soient purifiés et redressés. On leur permettra, alors, d'entrer en Paradis".

Voyez-vous ? L'épuration et l'assainissement sont bien indispensables pour quiconque aspire au Paradis.

Celui qui dévie du droit chemin, et manque de maturité spirituelle, ira en Enfer pour expier ses péchés.

 Espèrent-ils chacun de son côté être ainsi admis, à si bon compte, au Jardin de félicité ? Quelle prétention est la leur! Oublient-ils donc de quoi nous les avons créés ? (Les Degrés, 38 et 39).

L'homme tient son origine d'éléments troubles, denses et avilissants, de vase infecte et de sperme. Sa vie est de courte durée. Il doit faire ses preuves pour figurer parmi les élus et ce, en refoulant ses instincts, en dominant sa nature immonde afin de s'élever et de se purifier. Quand les Anges viendront l'emmener à l'Au-delà, il sera pareil à ceux qui sont cités par Dieu dans le Coran :

"Ceux que les Anges recevront à leur dernier souffle, en état de pureté. Ils leur diront : "La Paix soit sur vous. Entrez au Paradis en prix de vos œuvres". (L'Abeille, 32).

Il y a, sur terre, des gens qui gardent dans leurs actions l'odeur nauséabonde des éléments dont ils sont issus. Leurs mœurs sont empreintes de souillures et de saletés terrestres. Préférant la vie éphémère à l'éternité, ces gens n'auront jamais accès au Paradis malgré leur espoir et leurs prétentions.

L'islam entretient des relations très étroites entre les bonnes actions accomplies, ici-bas, et le bonheur qui en découle au Paradis. Pareilles relations existent entre les œuvres perverses et ce qu'elles entraînent comme affreux tourments à l'Enfer.

Certains mécréants tenteront, par divers moyens et de faux arguments, de mettre en doute l'existence de ces relations, et iront même jusqu'à traiter les Arrêts divins d'impostures. Malheur à eux ! Dieu ne fera pas prospérer les coupables et chacun sera récompensé selon ses bonnes, ou mauvaises actions.

"Dieu fait toujours échouer les œuvres perverses.

Il confirme toujours la vérité en Ses Augustes Arrêts, dussent en souffrir les méchants". (Jonas, 81, 82).

Quand les rebelles seront réunis le Jour du Jugement Dernier, et que chaque groupe essaiera de décharger la responsabilité de ses péchés, sur l'autre pour échapper à la colère divine, alors à ce moment-là, les cloches de la vérité résonneront à leurs oreilles :

"Seigneur s'écrira son mauvais génie, ce n'est pas moi qui l'ai suborné il était déjà fort loin dans l'erreur.

Dieu dira à l'un et à l'autre : "A quoi vous sert à présent de vous disputer. Je vous ai déjà suffisamment avertis".

Mes Arrêts une fois pris ne sont jamais modifiés, et je n'opprime nullement les mortels". (Qàf, 27, 28).

La promesse de Dieu s'accomplira sans faute pour le bienfaiteur qui verra toutes ses bonnes actions -fussent-elles les plus insignifiantes- recevoir la récompense qu'elles méritent.

"Certes, à ceux qui auront cru et fait le bien seront affectés les Jardins du délice.

Où ils demeureront éternellement, ainsi s'accomplira pour eux là promesse de Dieu. Il est le Tout-Puissant, à la sagesse infinie". (Loqmàn, 8, 9).

Nous aimerions attirer l'attention sur une catégorie de pseudo-savants, qui prétendent connaître les textes sacrés, et qui s'évertuent à déformer les lois divines,  en séparant les bonnes actions de la récompense qui leur est réservée dans l'Au-delà. C'est ainsi qu'ils minimisent la positivité de toute bonne action, et dédramatisent la négativité de toute mauvaise conduite.

Le prétexte auquel ils recourent pour justifier leur vil comportement est que le châtiment relève du bon vouloir du Seigneur et qu'il n'a aucun lien avec les actions des humains.

Ainsi, selon eux, les scélérats pourraient bénéficier de la grâce divine quelles que soient leurs déviations. Leur poète dit dans ce sens :

"S'il m'arrive de menacer quelqu'un ou de promettre quelque chose

Je suis en mesure de renoncer à mes menaces et d'honorer mes engagements".

Ces faux savants prétendent également que les croyants pourraient être jetés dans les braises de l'Enfer. Dieu, après tout, n'a de comptes à rendre à personne et Ses décrets sont indiscutables.

Or, ces assertions sont en contradiction avec les enseignements des textes sacrés. Elles visent -comme on l'a démontré plus haut- à dévaloriser les bonnes actions, à encourager la propagation du péché et à ne plus avoir aucun espoir d'être rétribué pour une bonne action.

Cette philosophie, vile et abjecte, a joué un rôle néfaste de sorte qu'elle a pu corrompre la "Oumma" et a contribué à la dégradation des mœurs de la société, à la dévalorisation et à la dépréciation de la religion et ses préceptes.

Dieu le Tout-Puissant dément tout cela d'une manière claire :

"Ceux qui commettent des iniquités s'imaginent-ils être

traités, en leur vie et après leur mort, pareillement à ceux qui

croient et font le bien. Comme ils jugent mal à ce propos !" (Les Agenouillées, 21).

"Traiterons-Nous ceux qui croient et font le bien comme

ceux qui répandent le mal sur terre ? Ferons-Nous même destin

aux croyants fervents et aux scélérats sans foi ? C'est une Ecriture

bénie qui t'est révélée. Que les versets en soient longuement

médités ! Que les hommes de sens s'y arrêtent pour réfléchir ! (Çad, 28, 29).

Les sages savent pertinemment que ne seront jamais égaux les traîtres et les croyants, et que si la miséricorde divine est possible, cela ne signifie aucunement que les lois soient frappées de nullité ou qu'elles soient défaillantes.

A PROPOS DE L'INTERCESSION DE L'IMAM DES PROPHÈTES

Les musulmans ignorants font courir beaucoup de bruits, sur l'intercession du Prophète en faveur de certains rebelles. Ils s'y attachent tellement qu'on croirait que les lois de la rétribution sont abolies, et que les feux de la Géhenne sont en passe de se métamorphoser en vent bienfaisant et en clémence pour les incroyants. C'est ainsi qu'ils délaissent leurs devoirs religieux, commettent les plus graves péchés et, malgré tout, prétendent que tout va pour le mieux dans la Oumma de Mohammed.

Cette voie est périlleuse et répréhensible.

Le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- est le premier à se défendre contre la voie suivie par ces imposteurs. Il prend d'ailleurs soin de les avertir qu'ils seront sévèrement punis.

La vérité, décrétée par le Coran, est que la récompense est réelle et aura bien lieu. Elle concerne toutes les actions -si infimes soient-elles- de tous les êtres humains sans exception.

"Tel qui aura fait le poids d'un atome de bien le verra. Tel qui aura fait le poids d'un atome de mal le verra de même". (Le Séisme, 7, 8).

Dire que le code de la rétribution n'est pas applicable aux disciples d'un Prophète est une absurdité, que le Saint Coran a réfutée à plusieurs endroits et à maintes occasions.

Nous ne rejetons pas, cependant, ce qui a été attesté dans la Tradition à propos de l'intercession des Prophètes, mais nous tenons absolument à placer celle-ci dans son contexte véritable, afin qu'elle ne soit pas interprétée de façon tendancieuse.

Bokhari et Mouslim rapportent ce dire du Prophète :

"Chaque Prophète est porteur d'une mission que les gens finissent par adopter. La mienne est une intercession pour mon peuple auprès de Dieu. En bénéficieront -si le Tout-Puissant le veut- ceux qui, jusqu'à leur mort, n'auront associé personne à Dieu".

Ce hadith signifie-t-il que l'intercession souhaitée par le Prophète est suffisante, pour que les péchés et les iniquités des monothéistes soient absous sans qu'ils aient à être jugés ?

Le Prophète lui-même rejette ces allégations.

Al Bokhari rapporte un hadith qui relate les affres du Jour du Jugement Dernier, et qui décrit les conditions des incroyants en Enfer. Le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- a dit :

"Dieu ouvrira la voie au milieu de l’Enfer et je serai le premier à passer avec mon peuple. Ce jour-là, seuls les Prophètes auront le droit à la parole pour dire : "Dieu ! Paix ! Paix !". En Enfer, il y a des pinces comme des épines de Saâdane. Vous les connaissez, ces épines ? Ils répondent : "oui". Il dit : "seul Dieu connaît la force de ces épines. Et seul Dieu décide de la miséricorde à offrir aux gens de l’Enfer. Aussi ordonnera-t-il aux Anges de faire sortir ceux qui l'adoraient. Les Anges les reconnaîtront par les traces de la prosternation que le feu ne doit pas détruire. Ils quitteront l’Enfer. Dieu insufflera dans leur corps la vie et ils ressusciteront".

Ce Hadith démontre qu'il existe, parmi les Musulmans qui croient en Dieu, des croyants qui iront en Enfer. Leurs visages seront défigurés par les flammes, et on ne les reconnaîtra que par les traces de la prosternation sur leurs fronts.

Seule la miséricorde divine les sauvera du supplice du feu, leur donnera de nouveau la vie afin qu'ils deviennent des sujets justes et bons.

L'intercession n'est donc pas, comme le pensent les pécheurs, une bouée de sauvetage à laquelle ils auront recours. Quelle que soit son importance, elle n'est pas à exploiter en vue de persévérer dans le péché. Les pécheurs perdront leur temps à trop y croire.

Le Seigneur a montré que l'intercession ne sera d'aucun secours pour les infidèles qui accumulent péché sur péché.

"Redoutez le jour où plus une âme ne pourra en secourir une autre, ni se racheter elle-même, où nul intercesseur ne sera agréé, ni aucun recours ne prévaudra contre les Arrêts de Dieu". (La Vache, 123).

"Nulle âme n'assumera les péchés d'une autre, en plus des siens. Si une âme, par trop accablée, implore qu'on l'aide, son faix n'en sera point allégé pour autant, fût-ce par un proche parent". (Les Anges, 18).

Les âmes chargées de faix -même si elles appartiennent à ceux qui observent fidèlement leurs prières- seront jugées. Cela a été dit d'ailleurs à propos du Hadith ci-haut cité où le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur lui- décrit la traversée du chemin frayé en Enfer.

Il est évident que l'intercession dont parle le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- ne concerne qu'une catégorie de fidèles, dont la part des bonnes actions est plus ou moins égale à celle des péchés. Leur position se trouve à mi-chemin entre, d'une part, la malédiction et, d'autre part, la bénédiction.

Dans notre vie quotidienne, c'est avec beaucoup de compassion que nous considérons les élèves qui approchent de la moyenne requise pour la réussite dans un examen, et nous éprouvons le besoin de procéder, à leur égard, au repêchage. Ceux qui, par contre, accusent un retard flagrant dans leurs études et restent en deça de la moyenne jugée nécessaire pour l'admission, sont déclarés inaptes.

L'intercession qu'on attribue au Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- aurait sans doute lieu en faveur de ceux parmi les fidèles dont la situation religieuse n'est pas tellement catastrophique, à l'instar de la situation de ces écoliers qui se rapprochent de la moyenne de réussite.

Il est possible, quand on parle de l'intercession, qu'on veuille rehausser la valeur du Prophète auprès de Dieu.

Cette situation rappelle certains événements particuliers de notre vie sociale -l'intronisation d'un roi ou son anniversaire par exemple- où on élargit certains prisonniers ayant purgé presque la totalité de leur peine et ce, afin d'attirer leur attention sur l'occasion qui leur donnera accès à la liberté et au pardon.

Cette liberté recouvrée, par amnistie générale, n'atteint pas l'essence du châtiment. Elle ne doit pas non plus laisser croire que l'instauration des lois, la construction des tribunaux et la désignation des juges sont des opérations inutiles. Hélas ! C'est ce genre d'interprétations erronées que veulent donner certains musulmans aux hadiths, sur l'intercession de leur Prophète. Certes, ces hadiths indiquent bien que Dieu peut répondre à l'appel de son Prophète, lui demandant le pardon pour toutes ces masses d'humains qui, embourbées dans leurs péchés, supplient tous les Prophètes de les aider à obtenir la grâce divine, mais aucun Prophète, quel que soit son rang, n'est en mesure d'imposer une opinion à Dieu, ou de lui dicter un arrêt quelconque.

"Il n'y aura d'intervention efficace auprès de Lui qu’autant qu'elle aura déjà reçu Son agrément. Ceux qui espèrent en bénéficier devront attendre, transis, la décision souveraine. Leur frayeur passée, ils demanderont : "Qu'a-t-il dit Votre Maître ? - "La vétité même", leur sera-t-il répondu. N'est-il pas le Sublime, le Très-Grand ?". (Les Sabà, 23).

"Ce sera le jour où l'espiit et les Anges se tiendront rangés en sa présence. Et nul ne parlera excepté celui à qui le Tout-Clément l'aura permis, et qui parlera selon la vérité". (L'Annonce, 38).

Ce jour-là, toute parole nécessitera une autorisation préalable et doit être proférée correctement et avec courtoisie. Tout reviendra à Dieu, l'unique Juge.

Si certains commettent de vils péchés tablant sur une quelconque intercession chimérique, qu'ils se rappellent la parole de Dieu adressée aux élus de l’enfer

"En quoi avez-vous mérité l’Enfer ? Leur demanderont-ils. Et les réprouvés gémiront : "Nous étions loin de pratiquer la prière

Moins encore assistions-nous les pauvres, nous disputions de choses vaines avec ceux qui en discutaient,

Nous tenions pour fable le Jour du Jugement, jusqu'au jour où pour nous se fit la certitude". (Celui qui se couvre d'un manteau, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48).

Ces préliminaires ayant été nécessaires, nous allons à présent narrer le hadith de la plus grande intercession avec la conviction, que le lecteur saura l'apprécier à sa juste valeur.

D'après Anas, le Prophète -sur Lui la Bénédiction de Dieu- a dit :

"Le Jour du Jugement Dernier, le Seigneur réunira les hommes qui seront intéressés par cet événement (dans une autre version : qui seront inspirés ce jour-là). Ils diront : "Si nous avions imploré Dieu, nous aurions été sauvés de la Géhenne". Ils se dirigeront vers Adam et lui diront : "Toi, Adam, tu es le père de l'humanité, Dieu t'a créé de Ses propres mains, t'a introduit dans les jardins d’Eden, a ordonné à ses Anges de se prosterner devant toi, et il t’a enseigné les noms de toutes les choses. Intercède pour nous, auprès du Seigneur, afin qu'il nous délivre de notre situation présente. -Je ne suis pas répondra-t-il, ce qu'il vous faut". Il racontera la faute qu'il a commise et s'excusera en disant : "Allez trouver Noé, il est le premier Messager que Dieu a envoyé aux gens de la terre". Ils iront trouver Noé qui leur dira : "Je ne suis pas ce qu'il vous faut". Il leur rappellera qu'il a demandé au Seigneur des choses dont il ne pouvait avoir connaissance et qu'il aurait honte (d'intercéder pour eux). "Allez, leur dira-t-il, trouver "l’Ami du Clément, Ibrahim. Ils se rendront auprès de Lui. Ibrahim leur dira : "Adressez-vous à Moïse, cet adorateur à qui Dieu a adressé la parole et à qui il a donné le Pantateuque". Ils iront trouver Moïse qui leur dira : "Je ne suis pas ce qu'il vous faut". Et il leur rappellera qu’il a tué un homme qui n'était pas coupable, et qu'il a honte du Seigneur, puis il les engagera à s'adresser à Jésus, l'adorateur de Dieu et son Envoyé, le Verbe de Dieu et l'Esprit de Dieu. Mais Jésus leur répondra : "Je ne suis pas ce qu'il vous faut, allez trouver Mohammed : que Dieu répande sur lui Ses bénédictions et lui accorde le Salut ! Il est le serviteur à qui Dieu a pardonné toutes ses fautes passées et futures". Ils viendront alors me trouver ; j'irai vers le Seigneur lui demander audience. Il me l'accordera, et quand je le verrai, je tomberai à genoux et y resterai le temps qui lui plaira ; puis on me dira : "Lève la tête, demande, tu obtiendras ; parles et tu seras écouté, intercède et ton intercession sera exaucée". Alors, je lèverai la tête, je louerai le Seigneur suivant la formule qu'il m'enseignera ; puis j'intercéderai. L’Éternel m'indiquera un groupe que je ferai entrer dans le Paradis. Cela fait, je retournerai auprès du Seigneur et, lorsque je L'aurai vu dans les mêmes conditions (que la première fois), j'intercéderai de nouveau. Ainsi Dieu trace-t-il aux repentants une voie d'accès au Paradis. Au bout de la troisième ou quatrième fois, je dirai au Tout-Puissant : "0 Seigneur, ne restent en Enfer que ceux que le Coran ne peut gracier, c'est-à-dire ceux qui y sont condamnés à perpétuité".

Les fidèles doivent donc être sûrs que le jugement divin ne néglige aucun bien ou mal, fût-ce du poids d'un atome. Cette précision exclut tout comportement anarchique. Le Coran a dénoncé les Juifs, dont la majorité a cru que le Paradis lui était réservé, ainsi qu'à sa descendance. Aussi, s'est-elle passionnément abandonnée aux vils plaisirs de la vie terrestre, tout en étant certaine que Dieu lui pardonnera ses péchés.

"Une autre génération leur succéda, qui reçut les Écritures en héritage. Ses enfants firent argent de tout, disant à chaque coup : "Cela nous sera pardonné" sans pour autant s'abstenir de récidiver. Or, n'avaient-ils pas pris, de par leur alliance avec Dieu, l'engagement de ne rien lui faire dire qui ne soit de Lui ? N'ont-ils pas étudié l’Écriture tout à loisir ? L'Ultime demeure est d'un plus haut prix pour ceux qui craignent le Seigneur. Ne pourriez-vous y réfléchir ?" (Al Aràf, 169).

Ces préjugés consistant en la dissociation des actes et de leur rétribution se sont, hélas, tellement ancrés dans l'esprit d'un grand nombre d'individus qui ont complètement dévié du droit chemin. N'ayant pas de goût et étant dépourvus d'instruction, ces intrus ont permis à l'athéisme de s'établir sur terre et ont contribué, par leur mauvaise conduite, à discréditer purement et simplement la religion et ses représentants. Ce qui est plus grave encore c'est que les musulmans se laissent entraîner dans le sillage de ces ignares, alors que le Coran s'adressant à eux leur dit :

"Vos espoirs insensés, et ceux des gens des Ecritures, tous aussi chimériques n'y feront rien ! Quiconque fait le mal aura à en répondre, il ne trouvera face à Dieu, ni allié, ni protecteur!" (Les Femmes, 123).

La récompense est une vérité que le Coran n'a cessé de rappeler, en multipliant les avertissements parce que la plupart des gens, préoccupés par la vie terrestre, se désintéressent complètement de ce qui les attend dans l'Au-delà, et en arrivent même à nier toute forme de Jugement ultérieur. S'ils étaient conscients, ils sauraient que leur bonheur se trouve dans la vie future, et que la vie ici-bas n'est qu'un tremplin pour y parvenir. Le sage sur terre est celui qui sème les bonnes actions, pour récolter les récompenses divines dans la demeure éternelle que Dieu réserve à ses fidèles croyants.

Les résultats de nos actions ici-bas sont d'une importance capitale.

La vie est éphémère et sera réduite à néant après notre passage, à l'exception des œuvres que nous y aurons accomplies. Si la majorité des hommes avait la foi en une vie ultérieure, elle accorderait moins de valeur à la vie ici-bas.

"Ce bas monde s'en ira dans un avenir imminent et sera remplacé immédiatement par l’Au-delà. Chacune de ses deux demeures a ses propres habitants. Soyez de ceux qui auront choisi la vie éternelle à la vie éphémère.

Ici on se consacrera aux devoirs et non aux jugements. La-bàs ce sera l'inverse".

LES NÉGATEURS DE LA RÉSURRECTION ET LA FUTILITÉ DE LEURS ALLÉGATIONS

Depuis des temps immémoriaux, le monde est envahi par une catégorie d'individus qui se croient liés aux problèmes terrestres, comme ces ânes qui ploient sous la charge des charrettes d'ordures jusqu'à épuisement, voire extinction... puis c'est le néant !

Ils disent : Les naissances se multiplient, la terre engloutit. Seule l'usure du temps a raison de nous. Ils font tout pour ébranler la foi des croyants par leurs mensonges, et en arrivent même à jurer pour faire valoir leur opinion stérile, sans pour autant y croire.

"Ils jurent leurs grands serments par Dieu, que Dieu ne ressuscitera point les morts. Bien au contraire. C'est là, la promesse vraie que Dieu se doit d'accomplir, mais la plupart des gens ne s’en doutent guère.

Afin de leur expliquer les raisons de leurs dissensions, et afin que les mécréants se reconnaissent comme ayant été des imposteurs.

Il suffit pour qu'une chose que Nous voulons s'accomplisse que Nous lui disions "Sois" et elle est". (L'Abeille, 38, 39, 40).

Al Maâry a légué à la postérité un poème où il fait à la fois l'éloge de la vie future, et la critique de l'athéisme qui sévit ici-bas:

"L'astrologue et le médecin disent : "Il n'y aura pas de jour de résurrection".

- Soit. Si ce que vous dites est vrai, qu'est-ce que je perds alors ? Mais tant pis pour vous, si la vérité est de mon côté. Propres sont toujours mes habits pour la prière. Vos corps le sont-ils ?

Quand je prie Dieu, je me sens toujours proche de Lui, et vous êtes abandonnés dans votre solitude...

Si ce que je fais à l'égard de Dieu est inutile, pensez-vous que votre travail est utile ?

Les habits du croyant -quoique relâchés- sont meilleurs, grâce à la science divine qu'ils inspirent, que vos blouses".

Ces paroles d'AI Maâry ne décrivent qu'un aspect marginal de la question débattue ici :

La religion préserve de toute corruption des mœurs et de la tentation des plaisirs charnels. Ceci ne constitue cependant pas, un argument pertinent, mais il paraît que cela n'a été invoqué que pour mettre fin aux débats avec les immoralistes.

Il a été dit que l'un de ces négateurs est venu trouver le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui- un vieil os à la main, croyant pouvoir le persuader de l'impossibilité de la résurrection.

"Oublieux de sa propre création, il nous lance sous une forme imagée : "Qui donc fera revivre les ossements alors qu 'ils sont poussières ?"

Cette objection est une gifle adressée à cet être incrédule pour le remettre à sa juste place.

"Réponds-leur : "Celui-là les fera revivre qui les a produits la première fois. Celui qui détient la science de toute création.

Eh ! Quoi ! Celui qui a créé les cieux et la terre ne serait-Il pas capable de créer des hommes comme vous ? Oui, sans doute, n'est-Il pas le Créateur sublime, l'Omniscient". (Ya-Sin, 79 et 81).

Seul, le Créateur omnipotent est capable de ressusciter les morts.

Les preuves de la résurrection se résument, dans l'ensemble, en certaines vérités généralement admises : Celui qui a créé l'univers est capable de le ressusciter après l'avoir anéanti :

"L'homme est tenté de dire : "Une fois mort, me ferait-on sortir vivant de la terre ?"

Mais l'homme ne doit-il pas plutôt se souvenir de sa première création par Nous, lorsque Nous l'avons tiré du néant". (Marie, 66, 67).

Nous sommes témoins, à tout instant, de la procréation perpétuelle des espèces.

Les glandes sexuelles de l'homme produisent, à son insu, des milliers et des milliers de spermatozoïdes, dont un seul seulement possède tous les éléments nécessaires à la naissance d'un être humain complet.

Cette quantité énorme de spermatozoïdes, dont l'un seulement est à l'origine de la vie, est destinée à prouver que l'Être Suprême est d'une richesse infinie, quant à la mise en place des facteurs nécessaires à la vie, et que la création des êtres humains par Dieu est chose futile par rapport à son Pouvoir illimité.

" Ne voyez-vous pas ce sperme que vous éjaculez ?

La création en est-elle de vous ou de Nous ?

Nous avons arrêté que la mort vous frappe tour à tour à certains moments. Nous ne sommes guère en peine de vous remplacer par des êtres de votre espèce ou de vous faire renaître sous d'autres formes que vous ne sauriez soupçonner.

Vous avez bien passé par une première création ! Vous en souvient-il ? (L'Événement, 58, 59, 60, 61, 62).

A Bou Razin El Okaili demanda au Prophète :

"Comment Dieu ressuscite-t-il les morts et quel est le secret de cette résurrection ? "

Le Prophète -que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur lui- lui répondit :

" N’as-tu jamais aperçu sur ton chemin une vallée désertique, devenue plus tard verdoyante et pleine de vie ?".

A Bou Razin répondit par l'affirmative. Et le Prophète de lui dire :

"Tel est l'un des secrets de la création. C'est ainsi que Dieu ressuscite les morts".

En vérité, les différentes sortes de plantes qui recouvrent la terre, lui donnant son aspect riant et dynamique, constituent une preuve irréfutable de l'existence de la résurrection.

Le laboureur qui sème un seul grain, ou qui place un semis, voit sa terre se transformer -grâce à Dieu- en champs verdoyants et en potagers regorgeant de fruits succulents de toutes sortes.

Par quel secret donc la terre se transforme-t-elle en arbres, en plantes, en fruits et en fleurs ?

"Ne vois-tu pas aussi la terre éprouvée par la sécheresse ? A peine l'avons-Nous arrosée de pluie, qu'elle palpite aussitôt, se gonfle et fait pousser toute espèce de végétaux luxuriants.

Et il en est ainsi, parce que Dieu est la vérité même, qu'Il rend la vie aux morts et qu'Il a pouvoir sur toute chose.

Que l'heure du Jugement viendra, sans nul doute, que Dieu ressuscitera ceux qui se trouvent dans les sépulcres". (Le Pèlerinage, 5, 6, 7).

La matière inerte de nos repas se transforme, dans notre organisme en cellules vivantes. Pourquoi nier alors l'analogie entre un tel processus et le retour à la vie après la mort ? La résurrection est-elle autre chose que cela ? Pour qui l'homme se prend-il ?

La terre, et les êtres humains qui y vivent, ne sont qu'une infime partie de la Grandeur de cet univers aux espaces infinis. L'importance des hommes par rapport à celle du Cosmos est très minime.

"Bien peu de chose en vérité est la création des hommes en comparaison à celle des cieux et de la terre. Mais les hommes, pour la plupart, ne s'en doutent guère". (Le Croyant, 57).

Celui qui est capable de construire un château grandiose sera-t-il impuissant à rebâtir une cabane après sa démolition ?

La résurrection est une croyance indubitable. Qu'on s'y prépare alors en étant chaste et en empruntant la voie du salut.

Le Prophète, que la Bénédiction et le Salut de Dieu soient sur Lui, a dit

"Le guide spirituel (l’Imam) ne ment jamais aux siens. Je jure solennellement que même si je devais mentir à tous, je ne mentirais pas à vous ; même si je devais tromper tout le monde, je ne vous tromperais point. Je jure solennellement que vous mourrez comme vous dormez et que vous ressusciterez comme vous vous réveillez. Et vous serez récompensés pour vos bienfaits et châtiés pour vos méfaits. Ce sera soit le Paradis éternel ou l'Enfer perpétuel".

S'il t'est donné, être humain, d'assister à la naissance d'un nouveau jour après un sommeil profond, souviens-toi qu'un séjour dans la tombe n'est que provisoire, et qu'il sera inéluctablement suivi d'un réveil devant Dieu. Les malfaiteurs seront alors conduits en Enfer et les bienfaiteurs au Paradis, "dans un séjour de vérité auprès d'un Maître Tout-Puissant" (La Lune, 55).

 

(1) "Pensées d'une âme" de Mansour Fahmy.

(2) Voir passage sur "le recours au destin" ou "le destin comme échappatoire".

 

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