|

Résolution N° 13/26-c
Sur le Dialogue des Civilisations Contemporaines
La
vingt-sixième Conférence islamique des Ministres des
Affaires étrangères (session de la Paix et du
Développement), tenue à Ouagadougou (Burkina Faso) du 15 au
19 Rabiul Awwal 1420 H (28 juin - 2 juillet 1999) ;
Réaffirmant sa foi profonde dans le destin commun de
l'humanité et l'égalité totale entre les individus et les
peuples, abstraction faite de la couleur de la peau, de la
langue, de l'ethnie et de l'appartenance culturelles ;
Réitérant
sa conviction que la pluralité des cultures et des
civilisations a été et demeure un outil efficace de l'essor
et du progrès vers un lendemain meilleur pour toute
l'humanité ;
Exprimant
son respect et son appréciation pleine et entière de ces
principes supérieurs et de cette éthique élevée et générées
par toutes les civilisations en cours et leur évolution
historique, depuis les premiers âges jusqu'à l'époque
moderne ;
Exprimant
également sa ferme conviction que la conjoncture de ces
principes supérieurs et de ces valeurs ethniques constitue
une plate forme solide pour asseoir une coopération
constructive entre les peuples, et qu'à ce titre, cette
source de principes et de valeurs peut servir de Référentiel
déontologique à même de régir les comportements
internationaux du 3e millénaire ;
Exprimant
son rejet catégorique des théories douteuses qui s'évertuent
à accréditer le pseudo conflit des civilisations comme une
vérité scientifique, et mettant en garde les conséquences
désastreuses de ces idées pernicieuses pour la paix entre
les Etats, pour la sécurité des nations, pour les droits de
l'Homme et pour les valeurs de justice, de tolérance et
d'entraide entre les puissants et les faibles, les riches et
les pauvres ;
Récusant
également toutes les velléités d'hégémonie culturelle,
économique, politique ou militaire de la part d'une partie
donnée contre les autres, eu égard au grave danger que de
telles velléités font courir aux idéaux de justice, de
tolérance, de coopération et de confiance mutuelle ; et aux
réactions adverses qu'elles entraînent de la pat des peuples
qui les ressentent comme une injustice, un acte de
coercition et une atteinte à leur droit naturel à défendre
leur identité culturelle, leur arbitre et leur part
équitable au développement intégral ;
Exprimant
sa vive préoccupation devant l'incapacité de la communauté
internationale et de ses institutions à substituer la paix
et la justice aux guerres et aux injustices, alors même que
l'on assiste à une recrudescence des actes de violence
individuels et collectifs, et une implosion des problèmes
économiques, au ralentissement de la croissance, à la
dégradation continue de l'environnement, et à un
développement sans précédent du terrorisme du crime organisé
et du trafic de drogue, tout cela n'étant, en dernière
analyse, que la conséquence directe de la prédominance du
matérialisme de la politique de l'équilibre des forces, des
zones d'influence, de la domination et de l'égoïsme érigé en
doctrine, au nom du réalisme et du pragmatisme ;
Se
félicitant des résultats positifs auxquels a abouti «la
Conférence du dialogue des civilisations, tenue à Téhéran du
17 au 19 Moharram 1420 H (3 - 5 mai 1999), notamment le
document intitulé «Déclaration de Téhéran sur le dialogue
des civilisations» ;
Ayant
pris note avec la plus profonde appréciation du rapport du
Secrétariat général sur la question du «dialogue entre les
civilisations contemporaines»,
DECLARE
que le dialogue entre les civilisations contemporaines
représente l'unique voie valable qui s'offre à l'humanité
pour coopérer à l'instauration d'un nouvel ordre
international fondé sur les hautes valeurs morales communes
à toutes les civilisations.
APPRECIE
hautement la résolution de l'Assemblée générale des Nations
Unies proclamant l'année 2001 «Année du dialogue des
civilisations»;
EXHORTE
les Etats membres à collaborer étroitement avec le
Secrétariat général de l'Organisation de la Conférence
islamique en vue de mobiliser les potentialités
intellectuelles à l'intérieur et à l'extérieur du monde
islamique, et agir en coordination avec le Secrétariat
général des nations Unis et le Directeur général de
l'UNESCO, afin d'élaborer un projet de déclaration
universelle sur le dialogue entre les civilisations
contemporaines, qui consacrerait les principes et les
valeurs morales communes et servirait de référence pour les
comportements internationaux au XXIe siècle, un plan
d'action exécuter qui sera établi sur la vase de cette
déclaration. Les deux documents pour être négociés dans le
cadre de l'ONU, en prélude à leur adoption par la 56ème
Session de l'Assemblée générale, en l'an 2002, proclamé
«Année du dialogue des civilisations» par les Nations Unies.
EXPRIME à
S.E. le Président Seyyed Mohamed KHATTIMI, Président de la
République islamique d'Iran, Président du 8ème Sommet
islamique, sa profonde appréciation de son initiative de
proposer que l'OCI prenne en charge l'instauration d'un
dialogue entre les civilisations ; EXPRIME également à son
Excellence ses sincères remerciements pour avoir accepté de
placer sous son haut patronage la conférence du dialogue des
civilisations à laquelle son gouvernement a accordé
l'hospitalité, à Téhéran, du 17 au 19 Moharram 1420 H (3 - 5
mai 1999).
DECIDE
d'adopter la «Déclaration de Téhéran sur le dialogue des
civilisations», à l'issue de ladite conférence et de faire
siennes les recommandations quelle comporte ; DECIDE
également d'adopter le rapport issu de cette même conférence
et demande au Secrétariat général de l'OCI de joindre ces
deux documents aux actes de la 27ème Conférence islamique
des Ministres des Affaires étrangères.
DECIDE de
former un groupe d'experts gouvernementaux de haut niveau et
à participation libre, qui devra se réunir dans les plus
brefs délais possibles en vue d'élaborer les deux projets de
documents internationaux suscités d'établir une coopération
et une coordination étroites à ce niveau, tout en
s'obligeant au maximum de transparence, pour tout ce qui a
trait au dialogue des civilisations, dans ses relations avec
les institutions non-officielles impliquées, et en
collaborant étroitement avec les représentants permanents
des Etats membres de l'OCI auprès des Nations Unies à New
York.
DEMANDE
au Secrétaire général de l'OCI de désigner un point de
contact au sein du Secrétariat général pour assurer un suivi
intensif du dialogue entre les civilisations contemporaines.
DEMANDE
également au Secrétaire général de communiquer la présente
résolution au Secrétaire général des Nations Unies et au
Directeur général de l'UNESCO, tout en les priant de la
faire circuler entre les Etats membres de ces deux
Organisations.
DEMANDE
en outre au Secrétaire général d'en faire rapport à la 27ème
Conférence islamique des Ministres des Affaires étrangères.
|