Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

Rapport du Directeur général

de l’ISESCO sur la vision de l’ISESCO

sur le dialogue des civilisations

 

présenté

 

au colloque international

sur le dialogue des civilisations

dans un monde en mutation

 

 

 

 

Rabat, Royaume du Maroc

18-20 Rabii II 1422H/10-12 juillet 2001

 

 

Avant-propos :

L'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture a tôt fait de s'intéresser aux problématiques liées au dialogue des civilisations. De par ses attributions, elle a joué un rôle majeur dans l'émergence d'une définition intégrée et équilibrée du concept considéré dans ses trois dimensions:

- Le dialogue des civilisations

- Le dialogue des cultures

- Le dialogue des religions

Le concept du “dialogue” n'était apparu que récemment dans la littérature politique et culturelle contemporaine. De fait, le terme “dialogue” ne figure dans aucune des références suivantes : le lexique du droit international, la Charte des Nations Unies,  la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, le Pacte international des droits économiques et sociaux, le Pacte international des droits civils et politiques, les Principes de la coopération culturelle internationale.

Absent du lexique juridique, le dialogue devient donc un vocable à résonance politique, idéologique, culturelle et civilisationnelle.

Le dialogue dans notre patrimoine culturel constitue un système de valeurs de la civilisation islamique, et représente une position intellectuelle, un état d'âme spirituel et une marque distinctive de la personnalité équilibrée de l'individu musulman.

Pour l'ISESCO, le dialogue suppose trois préalables :

- Le respect mutuel

- L'équité et la justice

- La proscription du fanatisme et de la haine

Le dialogue : ses objectifs et ses tendances :

Dans l'optique de l'ISESCO qui l'investit d'une portée civilisationnelle et contribue à son ancrage, le dialogue, tourné vers les finalités humaines et digne de retenir l'intérêt du Monde islamique, doit satisfaire aux conditions suivantes :

1- Subordonner les objectifs du dialogue aux intérêts suprêmes de la oumma islamique. Il s'agit donc d'éviter toute discordance entre les finalités fixées au dialogue des civilisations auquel prend part l'entité islamique d’une part et les questions fondamentales qui cristallisent la volonté de la oumma islamique, exprimée à travers les résolutions de l'Organisation de la Conférence islamique, tant au niveau du sommet qu'à celui des ministres,  d’autre part.

2- Centrer le dialogue sur les questions des droits de la personne humaine, de manière à le soustraire à ses thèmes traditionnels, tant intellectuels que spirituels,  qui ne représentent aucun intérêt pour aucune des parties prenantes au dialogue. Il s'agit en l'occurrence d'éclairer sous son vrai jour la conception que la doctrine religieuse donne des droits de la personne humaine et de lutter contre la tyrannie, l'oppression et la dépravation sous toutes leurs formes. A cet égard, il faut s'attacher à publier, au terme de chaque session de dialogue, des communiqués conjoints qui définissent clairement la position des  communautés de la foi par rapport aux violations des droits de la personne humaine, où qu'elles soient perpétrées et par rapport aux dérapages absolutistes des tyrans de ce monde. Ces agissements seront considérés à l'aune des systèmes de valeurs morales qui sont le partage de toutes les religions, en faisant abstraction de toute réflexion politique ou juridique privilégiant exclusivement les systèmes de pensée positifs et les intérêts des puissants de ce monde.

3- Assurer la coordination entre les différentes composantes de la Oumma pour tout ce qui touche au dialogue des civilisations et des cultures. L'intérêt de cette démarche est d'inciter la partie prenante à ce type de dialogue, officielle ou non, à aviser toutes les autres parties, ou du moins les plus importantes, les plus prestigieuses et les plus dynamiques d'entre elles dans le Monde islamique et qui se signalent par d'éminentes contributions dans les domaines de la science, de la pensée et de la culture, des détails relatifs au dialogue, notamment les questions proposées au débat, les objectifs, la partie initiatrice, etc. De cette manière, les parties qui le souhaitent et qui en ont les moyens pourront y prendre part.

Si le dialogue des civilisations est canalisé dans cette voie, il débouchera sans nul doute sur des résultats positifs qui concordent dans une large mesure avec les intérêts suprêmes de la Oumma islamique et abondent dans le sens des actions dédiées à la défense de ces intérêts. Les résultats de ce dialogue seront un facteur de consolidation et d'enrichissement des relations internationales et leur mise en application contribuera à instaurer la sécurité, la paix et la stabilité dans le monde et à promouvoir les valeurs de la foi en Allah et de la coexistence entre tous les hommes.

Les activités de dialogue exécutées par l'ISESCO ou auxquelles elle a participé :

L'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture a réalisé un certain nombre d'activités dans le cadre de ses Plans et de ses programmes de coopération passés avec les organismes arabes, islamiques et internationaux. Il s'agit de l'organisation de conférences, de réunions et de colloques, de l'élaboration de stratégies centrées sur le dialogue inter-islamique, de la dynamisation du rôle des musulmans dans le façonnement du paysage culturel universel et de la conception d'ouvrages de valeur en matière de dialogue. L’ISESCO a aussi participé aux conférences et colloques spécialisés organisés par d’autres parties. 

I- Les conférences, les colloques et les réunions :

Les plus importantes d'entre elles qu’elle a organisées ou auxquelles elle a participé sont :

- La huitième Conférence générale du Conseil supérieur des Affaires islamiques: le Caire (Egypte): 24-27 juillet 1996. Le Directeur général y a participé avec une communication intitulée “l'Islam et l'Avenir du Dialogue civilisationnel”. Celle-ci a été publiée dans un ouvrage comportant les trois versions arabe, anglaise et française.

- La réunion internationale sur le dialogue des religions et des civilisations : le Caire (Egypte) : 8-10 novembre 1998. Cette manifestation a eu lieu sous l'égide du Conseil supérieur de l'Appel et du Secours.

- La réunion du comité de coordination chargé du dialogue islamo-chrétien: Amman (Jordanie): 22-23 avril 1998.

- La dixième conférence générale du Conseil supérieur des Affaires islamiques: le Caire (Egypte) : 2-5 juillet 1998. Le Directeur général a participé à cette manifestation avec une communication intitulée “l'islam et la coexistence des religions à l'orée du vingt et unième siècle”. Celle-ci a été publiée dans un ouvrage comprenant les trois versions arabe, anglaise et française.

- La réunion du groupe chargé de la préparation des deux documents mondiaux sur le dialogue des civilisations: Jeddah (Royaume d'Arabie Saoudite) : 5-7 février 2000. Elle s'est tenue au siège du Secrétariat général de l'Organisation de la Conférence islamique).

- Un colloque international sur le dialogue et la coexistence des civilisations et des cultures, Berlin (Allemagne) : 5 juillet 2000. Organisé dans le cadre de la coopération entre l'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture, la Ligue du Monde islamique et la Fondation Al-Imam Al-Khoei.

- Un colloque international sur les contributions des civilisations humaines à la promotion des droits de  la personne humaine, Rabat : 25-27 novembre 2000. Organisé par Amnesty international.

- Un colloque international sur le dialogue des civilisations dans un monde en mutation : Rabat, 10-12 juillet 2001

- Un colloque international sur le dialogue des civilisations et la coexistence des peuples : Tunis, 12-13 novembre 2001, organisé par l'ISESCO.

II- Les stratégies spécifiques et les publications académiques :

Dans ce cadre, l'Organisation a conduit la préparation de trois Stratégies centrées sur le dialogue inter-islamique et les moyens de rapprochement des madhahib islamiques, le rôle des musulmans dans le redressement de l'image de l'islam en Occident, la mise à profit de l'expertise des  savants musulmans établis à l'étranger en vue de la dynamisation du rôle de ces derniers dans la résorption de l'écart culturel et scientifique entre les civilisations.

Parmi ces stratégies et publications, citons :

- La Stratégie de rapprochement des madhahib islamiques.

- La Stratégie de mise à profit du savoir-faire des cerveaux expatriés.

- La Stratégie de l'action culturelle islamique en Occident et ses mécanismes d'exécution.

Les publications de l'ISESCO en matière de dialogue :

- Le dialogue et l'interaction des civilisations vus  dans  l'optique de l'islam (Dr Abdulaziz Othman Altwaijri). Publié dans les langues arabe, anglaise et française.

- L'islam et la coexistence entre les religions (Dr Abdulaziz Othman Altwaijri). Publié dans les trois langues.

- Les perspectives du dialogue enre les musulmans et l’Occident (Dr Abdulaziz Othman Altwaijri). Publié dans les trois langues.

- Le dialogue vu dans l’optique de l’islam (Dr Abbas Jirari).

- De l'éthique de l'islam (Actes d'un colloque tenu par l'Organisation islamique en Tunisie).

- L'islam entre vérité et allégations (Dr Hamed Taher et autres).

- La notion de coexistence en islam (Dr Abbas Jirari).

- Des ouvrages dédiés à la correction de l'image de l'islam dans l'encyclopédie islamique parue dans la maison d'édition Breil à Leiden :

a- Le Saint Coran

b- La sira (biographie) du prophète.

c- La foi islamique

III- La planification prospective :

A la lumière de sa Charte qui incite à la consolidation du dialogue constructif avec les autres cultures afin de réaliser la coexistence civilisationnelle garante du respect de l'identité culturelle de tous les peuples et eu égard au Plan à Moyen terme pour les années 2001-2009, qui accorde un intérêt particulier aux programmes du dialogue et de la communication entre la culture islamique et les autres cultures, l'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture a inscrit dans son Plan d'action pour les années 2001-2003 un champ d'action intitulé “la culture islamique active et interactive”, et éclairant sa vision des principes du dialogue, de ses mécanismes et de ses objectifs.

Ce champ a insisté sur le fait que jamais la culture islamique ne s'était départie de cette vocation singulière qui la porte à s'ouvrir spontanément sur les autres cultures par le don généreux de soi et l'assimilation des apports extérieurs. Ses échanges féconds avec les civilisations environnantes s'opéraient toujours sans que cela ne compromette de quelque manière que ce soit ses valeurs intrinsèques. Pourtant, cette culture a bel et bien connu des moments de crise et de faiblesse, dont l'ampleur variait selon le contexte historique et géographique qui les a vus naître. Aux prises avec des défis de taille, elle a dû notamment vivre l'amère expérience du colonialisme qui cherchait par tous les moyens à ôter sa fraîcheur à la culture islamique et à pervertir l'essence de son identité.  Mais à la faveur des mouvements de libération et de réforme qui ont vu le jour pour soustraire les sociétés islamiques à l'emprise des campagnes d'occidentalisation et d'obscurantisme, le Monde islamique reconquit petit à petit son rôle civilisationnel d’avant-garde. Dès lors, toute sa vitalité était revenue à la culture islamique qui bannit l’option de l’affrontement au bénéfice de l'idéal de la coopération, de la coexistence et du dialogue. Le fait est que l'islam adresse son message au genre humain entier en vertu de la parole divine; " Nous  t'avons envoyé à toute l'humanité ".  (Sabaa, verset 28)

A la lumière de la Stratégie culturelle du Monde islamique qui affirme qu'à l'heure de la diversité culturelle et de l'interdépendance, jamais plus aucune culture ne pourra vivre en autarcie, quand bien même elle le voudrait, et que le Monde islamique doit faire valoir le consensus fait autour des dogmes plutôt que de se cramponner aux  divergences de doctrine qui sont autant de freins à la coopération et à l'action commune; en accord avec l'esprit de la Stratégie qui souligne la disposition de l'islam à la coexistence pacifique avec les autres cultures et religions, une valeur qui a  d'ailleurs permis à la culture islamique de s'enrichir au contact de différents modèles culturels et d'être à son tour un objet d'engouement pour de nombreux autres, ce champ vient se greffer sur l'action destinée à promouvoir le dialogue culturel entre les musulmans vivant aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du Monde islamique, avec pour visée ultime la conception  d’une stratégie pour le rapprochement des madhahibs islamiques en faveur des minorités et des communautés islamiques, dans le cadre de la Stratégie de l'action culturelle islamique en Occident, qui a été élaborée par l'Organisation islamique, ainsi que l'impulsion du dialogue entre la culture islamique et les autres cultures, que l'Organisation a déjà initié à travers la réalisation et la diffusion via Internet  de monographies conçues dans ses langues de travail.

Parmi les axes relatifs au dialogue des civilisations, que chapeaute ce champ d'action, citons celui ayant trait à l'interaction des cultures, les voies de communication entre la culture islamique et les autres cultures et les moyens de riposte aux défis culturels auxquels se trouve confronté le Monde islamique. Le deuxième axe se focalise sur les domaines d'échange culturel entre les musulmans, l'éclairage des aspects de la création intellectuelle au sein de la Oumma et la dynamisation du rôle des minorités musulmanes établies à l'étranger et des cerveaux immigrés dans le redressement de l'image de l'islam et le transfert des résultats du progrès scientifique et technologique vers le Monde islamique.

Axe I : L'interaction des cultures :

La partie relative au dialogue entre la culture islamique et les autres cultures est un programme continu dans les plans d'action de l'ISESCO. C'est ainsi que les efforts de l'Organisation ont porté sur les études  et les publications relatives aux corrections des erreurs sur l'islam et les musulmans dans les ouvrages des orientalistes, sur le dialogue entre les cultures du point du vue islamique et sur l'orientalisme, ainsi que sur les tables rondes organisées en Europe pour sensibiliser les décideurs occidentaux aux valeurs de l'islam.

L'islam étant la religion qui prône le dialogue et la cohabitation pacifique entre les peuples, le Tout Puissant a dit dans le Saint Coran : “Appelle les hommes dans le chemin de ton Seigneur, par la sagesse et une belle exhortation, discute avec eux de la meilleure manière. Oui ton Seigneur connaît parfaitement celui qui s'égare hors de son chemin, comme il connaît ceux qui sont bien dirigés” (Les Abeilles, verset 124). “Dieu ne vous interdit pas d'être bons et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre foi et qui ne vous ont pas expulsés de vos maisons; Dieu aime ceux qui sont équitables” (L'Épreuve, verset 7).

Cet axe sera l’occasion de reconduire l’action visant à promouvoir la culture du dialogue chez les enfants et les jeunes et à intégrer les défis de la culture contemporaine parmi les centres d’intérêt de la culture islamique à qui il s’agit de faire jouer un rôle majeur dans l’annulation des effets pervers de la mondialisation. Il est question également de promouvoir les ressources humaines intervenant dans le secteur des études stratégiques en matière de culture.

1- Le dialogue entre la culture islamique et les autres cultures:

Les précédents plans ont consacré, dans le cadre de la coopération, plusieurs rencontres, notamment en juillet 2000 à Berlin, Allemagne, et diverses publications. Il s'agira dans le plan d'action 2001-2003, d'organiser et de développer le dialogue entre la culture islamique et les autres cultures, en insistant sur la complémentarité et la solidarité de destin face aux défis communs de la mondialisation. Les réunions qui se tiendront à cet effet donneront l'occasion pour les représentants de la Oumma d'illustrer les apports de l'Islam comme civilisation de tolérance, de paix et de coexistence pacifique. Ce programme requiert davantage la coopération des institutions du système des Nations Unies et de l'OCI, ainsi que des organisations internationales non gouvernementales oeuvrant dans le domaine de la culture. Afin de préparer les générations nouvelles au dialogue des cultures, les capacités des ressources humaines seront renforcées dans ce domaine, en coopération avec l'UNESCO et les institutions du système de l'OCI.

2- La culture islamique et les défis culturels :

Dans ce programme, une meilleure connaissance de la nature et des dimensions des défis culturels contemporains constitue un préalable, pour éviter de disperser les énergies dans la résolution de problèmes de moindre importance. Qui plus est, il s'agit de défis communs aux pays islamiques qui doivent se concerter, ensemble, pour les relever solidairement. Ainsi, la concertation sur la typologie des défis et la priorité qu'il faut leur accorder sera organisée dans le cadre de la coopération avec les institutions du système de l'OCI et de la Oumma, lors de rencontres sous-régionales dans les trois aires linguistiques. Les recommandations des travaux seront adressées aux Etats membres afin qu'ils puissent en tenir compte dans leur politique culturelle. La dimension humaine dans le domaine culturel étant de première importance, l'ISESCO tiendra des sessions de formation destinées à qualifier les ressources humaines oeuvrant dans ce domaine.

Axe II : L'échange culturel entre musulmans

Depuis l'avènement de l'islam, les musulmans n'ont pas cessé d'échanger des traits culturels, même si l'équilibre, comme dans tout échange culturel, n'était pas toujours assuré. Pour l'ISESCO, cet échange doit être organisé de façon plus équilibrée, car en matière de culture il n'y a pas de hiérarchie, surtout lorsqu'il s'agit de relations dans la même civilisation, l'Islam. Ainsi dans le précédent plan d'action, l'ISESCO a consacré des activités à l'échange culturel entre les musulmans et à l'éthique de la différence en Islam. Ils concernaient le rapprochement des madhahib islamiques -dont la stratégie de rapprochement est en élaboration-, et la revalorisation des langues des peuples islamiques par la publication de glossaires des langues africaines véhiculaires comme le fulani et le swahili. D'autres activités ont été réalisées au bénéfice des minorités islamiques en Europe. A cet égard, il faut signaler l'élaboration de la stratégie de l'action culturelle islamique, adoptée en Croatie en 1998, et le projet de la stratégie de mise à contribution des compétences émigrées.

Cependant, l'Organisation est consciente que les liens d'interdépendance et d'unité entre les musulmans, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des Etats islamiques, doivent être toujours consolidés. A ce titre, il faut veiller à promouvoir le dialogue culturel entre eux, à dynamiser les supports de l'échange culturel entre les pays musulmans et à mettre à contribution les compétences émigrées. Dans cette perspective, l'ISESCO entend mettre en application, dans le cadre de la coopération avec les institutions du système de l'OCI et de la Oumma, les programmes relatifs au "dialogue culturel entre les musulmans", à "la promotion de la culture islamique des minorités et des communautés islamiques”, à "l'activation de l'échange des produits culturels islamiques" et à "la stratégie de traitement du phénomène de la fuite des cerveaux et de mise à contribution des compétences émigrées". Ils seront réalisés en coopération avec les institutions du système de l'OCI et de la Oumma, ainsi qu'avec les centres culturels des minorités islamiques.

1- Le dialogue culturel entre musulmans:

Le dialogue culturel est une des formes les plus anciennes d'échange culturel entre musulmans. Pour mieux le promouvoir, l'ISESCO s'attellera, lors des rencontres internationales sous-régionales à évaluer les dimensions culturelles, intellectuelles et religieuses de ce dialogue. Mais pour que le dialogue demeure un instrument de compréhension mutuelle, il ne faut pas occulter la différence entre les musulmans. C’est pourquoi, les représentants des Etats membres et des minorités islamiques seront conviés à poursuivre la réflexion, entamée dans le précédent plan d'action, sur l'éthique de la différence en Islam et de son incidence dans le dialogue culturel. Dans le même ordre d'idée, l'application de la stratégie du rapprochement des madhahib sera au centre d'un colloque international. La coopération, qui revêt dans le cadre du dialogue un intérêt particulier, sera mise en œuvre avec les partenaires traditionnels du système de l'OCI et de la Oumma.

2- La promotion de la culture islamique des minorités et des communautés islamiques :

Les précédents plans d'action de l'ISESCO ont porté une attention particulière aux minorités et aux communautés islamiques, dans le cadre de plusieurs rencontres, internationales et locales, et des soutiens à leurs institutions culturelles, notamment avec la DAWA (Libye). Ces actions seront poursuivies et soutenues, dans le cadre de la coopération avec les partenaires traditionnels de l'OCI et de la Oumma, pour un dialogue culturel plus fécond. Pour ce faire, les activités qui leur seront consacrées trouveront leur substance dans le plan d’action élaboré à partir de la stratégie de l'action culturelle islamique en Occident. Dans un premier temps, 2 réunions de coordination des activités des minorités et des communautés se tiendront avec chaque fois 15 participants. Ces sessions élaboreront des recommandations qui seront adressées à toutes les instituions culturelles des minorités et des communautés musulmanes. A cet égard, l'ISESCO collaborera avec la DAWA (Libye). Des soutiens seront également octroyés à ces institutions, afin de faciliter l'expression des minorités et des communautés musulmanes. Dans ce cadre, une attention particulière sera portée aux femmes et aux enfants qui bénéficieront d'ateliers de formation à l'art et à l'artisanat islamiques, et de colonies de vacances pour découvrir des pays musulmans. La formation concernant les femmes doit leur permettre de conserver ou d'acquérir les métiers artistiques et artisanaux qui contribuent au rayonnement de la civilisation islamique.

3- L'activation de l'échange des produits culturels islamiques :

Le programme relatif aux industries culturelles traite des échanges des produits afférents à ce secteur. Le présent programme concerne tous les produits culturels, notamment les arts plastiques et calligraphiques, l'artisanat d'art et la photographie. L'activation de l'échange dans ce domaine de la culture suppose des obstacles à lever, c'est pourquoi, une réflexion sera menée avec les experts des pays membres sur les moyens de faciliter la circulation des produits culturels. Plusieurs partenaires, telles que l'UNESCO, l'AIF et l'ALECSO, seront intéressés à ce programme.

En outre, l'accent sera mis sur la promotion de la créativité, car pour activer l'échange, il faut des produits de qualité. En conséquence, il faudra soutenir ou introduire l'enseignement de certains arts islamiques, notamment la calligraphie et l'enluminure, dans les pays membres où il est peu développé ou inexistant, en particulier dans les Etats sub-sahariens. L'échange proprement dit sera activé par l'organisation d'exposition de produits culturels par l'ISESCO, en coopération avec les pays retenus et les partenaires du système de l'OCI et de la Oumma.

4- La stratégie de traitement du phénomène de la fuite des cerveaux et de mise à contribution des compétences émigrées

La fuite des cerveaux hors de la Oumma a des fondements socio-économiques, politiques et scientifiques qui dépassent le cadre des compétences de l'ISESCO. Toutefois, l'Organisation doit de se pencher sur ce phénomène et sur la question de la mise à contribution des compétences émigrées, que le Conseil exécutif a abordés avec insistance dans ses débats et orientations lors de sa vingtième session, car ils concernent deux problèmes qui touchent au rayonnement culturel et intellectuel de la Oumma. C'est pourquoi, l'ISESCO va poursuivre l'analyse des causes du  phénomène de la fuite des cerveaux et des voies et moyens de mettre en contribution les compétences émigrées, analyse entamée lors de la réunion d’experts tenue à Potsdam (Allemagne), en juin 2000 qui a préparé le terrain pour une stratégie. Le projet de cette strategie a été examiné et adopté lors de la réunion des responsables des centres islamique en Occident, tenue à Grenade du 5 au 6 juillet 2001. Pour ce faire, des rencontres internationales seront organisées en coopération avec les institutions du système de l'OCI et de la Oumma, en vue de finaliser et de mettre au point les mécanismes de l'application de la stratégie relative au phénomène de la fuite des cerveaux et de mise à contribution des compétences émigrées.

 

 

 

 

 

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