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8. Les conditions d’exécution, de suivi et d’évaluation :
8.1. Conditions d’exécution et de suivi :
Le présent manuel vise moins à imposer un cadre rigide et
contraignant à la pratique pédagogique qu’à proposer des
lignes directrices dont on peut s’inspirer dans ce domaine.
En effet, il traite les notions et les questions proposées,
selon une approche flexible laissant aux concepteurs de
programmes et aux enseignants toute latitude d’adapter ses
contenus aux spécificités du système éducatif et à la
pratique pédagogique, sans perdre de vue les principes
islamiques immuables, les buts de la Chari’a, ses
prescriptions, ses pratiques et ses normes, qui doivent
constituer la source d’inspiration et le point de départ de
notre analyse concernant la santé génésique, l’éducation
sanitaire des adolescents et la perspective de genre.
8.1.1. Conditions d’exécution :
8.1.1.1. Fondements de l’approche éducative concernant
l’introduction des notions dans la pratique d’enseignement/
apprentissage(14) :
Les spécificités du programme d’éducation islamique et de sa
méthode d’enseignement requièrent une approche pédagogique
fondée sur la recherche d’éléments introductifs et de
liaisons permettant de relier le contenu de la matière
d’éducation islamique et les questions de santé génésique,
de genre et d’autonomisation de la femme. Il s’agit aussi,
dans le même esprit, de mettre en évidence la dimension
islamique par rapport aux notions étudiées, de déterminer la
position de l’Islam à leur sujet et d'indiquer les
prescriptions qui s’y rapportent dans le Saint Coran ou dans
les nobles Traditions du Prophète.
A cette fin, il conviendra de s’inspirer des indications
suivantes :
- adopter une approche souple consistant à intégrer les
notions que l’on veut étudier et à s’efforcer de mettre en
exergue les dimensions et les valeurs islamiques s’y
rapportant, en évitant toute extrapolation ou développement
abusif susceptibles de nuire à la cohérence du contenu de la
matière d’éducation islamique, le but de cette démarche
étant de faciliter le processus pédagogique, d’aider l’élève
à comprendre le cours, et à faire aisément le lien entre les
notions nouvellement introduites et le contenu de la
matière.
- adopter une démarche progressive dans la présentation et
le traitement des notions, suivant une évolution ascendante
en spirale, passant horizontalement d’un sujet à un autre,
et verticalement d’un niveau d’enseignement à un autre, de
façon à aider l’apprenant à cerner profondément les divers
aspects des notions étudiées ;
- créer des points de convergence et de complémentarité
entre, d’une part, les notions sanitaires, les questions
sexospécifiques, l’autonomisation de la femme et, d’autre
part, les contenus de l’éducation islamique, et ce, de façon
à développer une perception globale et cohérente des notions
dans le cadre de la vision islamique ;
- veiller autant que possible à diversifier les questions et
les contenus de manière à répondre aux préoccupations de la
catégorie d’élèves visée, à les aider à développer leurs
connaissances et leur savoir-faire et à élargir leurs champs
de connaissance ;
- adopter des stratégies d’enseignement/apprentissage axées
sur la participation et l’auto-apprentissage, de sorte que
l’apprenant devienne l’acteur véritable du processus
d’apprentissage et l’enseignant un simple animateur et
médiateur ;
- mettre en évidence les dimensions islamiques des questions
étudiées et en expliquer la portée et les significations, à
la lumière des enseignements de l’Islam, sans se borner à
une analyse réductrice des notions ; il faudrait plutôt
relier ces notions à la réalité vécue et à l’environnement
immédiat des apprenants, sans perdre de vue les aspects
sociaux, sanitaires et environnementaux ainsi que leur
incidence sur la qualité de la vie des individus et de la
société.
- accorder une importance accrue aux aptitudes affectives,
c’est-à-dire au volet concernant les attitudes, les
comportements et les valeurs, en prenant soin de cultiver et
de développer ces aptitudes de façon qu’elles deviennent
pour l’apprenant une ligne de conduite et une pratique vécue
au quotidien et nourrie de l’esprit de l’Islam, de ses
nobles enseignements et de ses valeurs civilisationnelles ;
- revoir les contenus, c’est-à-dire les composantes
thématiques des programmes et des cours d’éducation
islamique, non seulement dans la perspective de les
renforcer et de les enrichir par les nouvelles notions
proposées dans la matrice des notions précitée, mais aussi
pour les repenser sérieusement et en faire ressortir les
dimensions profondes de manière à contribuer au
développement d’un discours pédagogique fondé sur les buts
de la Chari’a et reflétant les préoccupations de notre
temps. Ce travail exige sans doute une refonte de la matière
scolaire en question et une formation des conseillers
pédagogiques et des enseignants sous forme d’ateliers
thématiques consacrés à la conception du programme
d’éducation islamique à la lumière des priorités, des
progrès de la connaissance (questions d’actualité) et des
approches pédagogiques modernes (introduction relative à
l’enseignement basé sur les aptitudes et les stratégies
d’enseignement et d'auto-apprentissage).
8.1.1.2. Méthodes et outils :
L’intégration dans la matière scolaire d’éducation islamique
des questions d’actualité et des nouveautés en matière de
connaissance exige la révision des méthodes et des outils
pédagogiques utilisés dans l’enseignement de cette matière,
dans la mesure où ils privilégient le cours magistral, la
répétition machinale et l’apprentissage par cœur. Cette
méthode convient surtout pour les leçons de droit islamique
prévues au programme de cette matière.
La dynamisation des méthodes pédagogiques et leur
affranchissement de l'état d'inertie requièrent, en premier
lieu, d’adopter une démarche dynamique à caractère pratique
et appliqué qui soit plus proche de la réalité de
l’apprenant. Cette démarche repose sur :
a) le dialogue horizontal et vertical : adopter le dialogue
dans sa forme horizontale et verticale comme moyen de créer
l’interaction en classe, d’instaurer un climat favorable à
l’apprentissage entre l’enseignant et les élèves, et entre
les apprenants les uns avec les autres, de favoriser la
réflexion critique, de stimuler la curiosité intellectuelle
et d’inciter à la recherche permanente de la conception
islamique dans ses sources rationnelles et scripturaires.
Cette méthode aide l’apprenant à acquérir les habiletés de
dialogue et de communication et à maîtriser la méthodologie
de propagation du discours islamique, et des valeurs
religieuses dont il est porteur, tant au sein de la famille
que dans le milieu social et culturel local ;
b) rattacher les activités d’apprentissage aux réalités
quotidiennes et à l’environnement des apprenants ;
c) relier les activités d’apprentissage et le vécu quotidien
des apprenants, pris individuellement et collectivement.
Ainsi, dans l’enseignement des notions sanitaires et
sociales, le professeur, au lieu de se focaliser sur une
analyse purement théorique, doit s’efforcer d’amener les
apprenants à traduire, dans leur vécu quotidien et dans leur
mode de conduite, les connaissances acquises à travers
l’étude des textes. Cet objectif ne saurait être atteint que
si l’enseignant veille dans sa pratique pédagogique à relier
les données présentées dans le cours d’éducation islamique
aux besoins et aux préoccupations de l’apprenant, ainsi
qu’aux faits dominants dans son environnement local, en
exploitant tous ces éléments en classe à l’aide d’exemples,
de textes, d’illustrations et autres matériels pédagogiques
;
d) autonomie d’apprentissage (auto-apprentissage) : former
les apprenants à l’auto-apprentissage de façon que le cours
devienne le point de départ de l’apprentissage, mais non pas
la seule source d’enseignement. Ainsi, le processus éducatif
commence en classe mais ne s’y arrête pas. C’est en effet à
partir du contact direct et de la pratique quotidienne que
l’on acquiert nos connaissances sur les réalités concrètes
et les phénomènes de société, lesquelles ne peuvent de ce
fait être appréhendées et analysées que par le recours aux
multiples formes d’apprentissage, dont les cours en classe
ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres. L’emploi de cette
approche exige, d’une part, que l’enseignant soit
familiarisé avec les différentes formes d’apprentissage
scolaires et extrascolaires, et, d’autre part, que les
apprenants soient formés aux habilités leur permettant
d’appliquer ces modes didactiques à travers la lecture
individuelle ou collective, l’utilisation des moyens
informatiques et audiovisuels ou l’apprentissage par le
biais d’activités collectives ou autres procédés qui seront
abordés dans la partie consacrée aux moyens et activités ;
e) Inculquer à l’apprenant la "pudeur positive" : apprendre
à l’élève la "pudeur positive" (pas de fausse pudeur en fait
de religion), lorsqu’il s’agit de traiter les questions se
rapportant à la santé génésique, à la perspective de genre,
à l’autonomisation de la femme et aux aspects sociaux
négatifs ; éviter le sentiment de gêne qui empêche l’élève
de prendre connaissance des enseignements islamiques
éclairés ayant trait aux questions étudiées. Faute
d’orientation religieuse, l’élève peut développer une
tendance négative de repli sur soi et souffrir d’une perte
de repères avec, pour conséquence négative, la possibilité
d’adopter des comportements irresponsables et contraires à
la morale et aux valeurs islamiques.
La "pudeur positive" par rapport à la santé génésique, à la
perspective de genre et aux aspects sociaux négatifs, peut
être renforcée grâce à la coopération entre l’établissement
scolaire et les institutions éducatives dans la société à
travers les deux points suivants :
- fournir les informations nécessaires en rapport avec la
santé génésique de manière adaptée, ciblée et rigoureuse,
sans gêne ni sensibilité excessive ; pour ce faire, on peut
exploiter les sujets en rapport avec le thème à étudier
comme, par exemple, l’histoire de la vie ; la sagesse
sous-tendant la création des sexes mâle et femelle, ce qui
témoigne de la grandeur du Créateur ; le rappel des
prescriptions de la Chari’a relatives à la puberté et à
certaines de ses manifestations, telles que les pollutions
nocturnes (ihtilâm) et la menstruation ; lorsqu'on traite
des ablutions rituelles et de la purification par lavage
(tahârat) ; la mention des maladies sexuellement
transmissibles, l’homosexualité, leurs effets sur la santé
physique et psychologique de l’individu et de la société,
leurs conséquences dans ce monde et dans la vie future,
ainsi que les moyens préventifs prévus par la Chari’a (à
travers notamment des leçons de morale et des rapports
sociaux).
- Inculquer aux apprenants les règles de bienséances
islamiques régissant la mixité à l’occasion, par exemple, de
la participation aux activités pédagogiques et aux
discussions qui doivent être encadrées de façon à éliminer
les barrières psychologiques entre les deux sexes et à
instaurer le respect mutuel sur la base de la piété et de la
vertu comme critères de mérite en Islam et comme fondement
des rapports humains. On peut ainsi rappeler les
enseignements islamiques relatifs à :
- l’interdiction des rencontres en tête-à-tête (entre
personnes non mariées) (khulwa),
- l’incitation au bien,
- recommandation de la tenue vestimentaire légale.
Il va sans dire que la réalisation de cet objectif demande
que les établissements éducatifs fassent un effort
considérable pour repenser la culture des rapports entre les
sexes selon cette approche, qui vise à atteindre un plus
haut degré de dignité humaine et à stimuler l’esprit créatif
de l’individu, contrairement aux tendances éducatives
libertaires, qui conduisent à considérer la femme comme un
objet sexuel.
Les professeurs d’éducation islamique ont une grande part de
responsabilité dans la restructuration des rapports
homme-femme à la lumière des enseignements de l’Islam. Pour
cela, ils doivent aborder les questions intéressant les deux
sexes dans une approche largement inspirée des sages
prescriptions du Coran et de la Sunna, en citant à l’appui
de leur argumentation une foule d’exemples tirés de ces deux
sources de droit islamique.
f) La diversité et la complémentarité des méthodes
d’enseignement : la diversité et la complémentarité des
méthodes et des activités pédagogiques offre aux apprenants
des possibilités plus grandes de participation et
d’interaction avec le contenu du cours. Ainsi, pour
faciliter l’assimilation des notions étudiées, faire face
aux écarts individuels en terme d’apprentissage et assurer à
tous les apprenants la chance de s’instruire, l’enseignant
ne devra pas se contenter des méthodes spécifiques à
l’enseignement de l’éducation islamique et aux aspects
pédagogiques s’y rapportant. Au contraire, il est appelé à
diversifier les moyens et les méthodes pédagogiques et à
utiliser les techniques d’animation qu’il estime peu ou pas
du tout exploitées dans les cours d’éducation, alors
qu’elles peuvent être d’une grande utilité dans
l’enseignement des concepts et des prescriptions de la
Chari’a.
Parmi ces méthodes, on peut citer à titre d’exemple :
- Méthode expositive,
- méthode de dialogue
- méthode heuristique
- méthode de résolution des problèmes
- méthode d’explication des valeurs
- technique de jeux de rôles (simulation)
- méthode d'études de cas
- technique de travail en petits groupes.
8.1.1.3. Moyens didactiques :
Les moyens didactiques doivent être diversifiés, étroitement
liés aux notions à étudier et faciles à utiliser. Ils
doivent ainsi permettre de transmettre le contenu du cours
avec la plus grande efficacité possible. Il est recommandé
d’y inclure, en premier lieu, le Saint Coran, les nobles
Traditions du Prophète, les buts et principes de la Chari’a,
comme indiqué dans l’annexe figurant à la fin de ce manuel.
A noter que le livre scolaire et tous les ouvrages de
référence islamiques sont des outils précieux pour faciliter
le processus d’enseignement/apprentissage. Dans la mesure où
les salles adaptées et les technologies pédagogiques
modernes sont disponibles, l'on pourrait recourir à des
moyens multimédias, tels que :
• moyens audio : cassettes sonores
• transparents
• diapositives combinant l’image et le son
• documentaires historiques et scientifiques traitant de
sujets intéressants, tels les stades de développement
embryonnaire, les disputes conjugales, la désagrégation de
la famille, les effets nocifs de l’alcoolisme et de la
toxicomanie…
• vidéocassettes et enregistrements d’émissions télévisées
(colloques et émissions religieuses) ;
• cédéroms éducatifs (pour l’audition du Saint Coran, les
nobles Traditions du Prophète, l’analyse des textes du
patrimoine islamique) ;
• sites Internet comme, par exemple, les banques de données
où l’enseignant peut rechercher les informations sur l’Islam
nécessaires à la préparation de son cours d’éducation
islamique ; l’apprenant peut également tirer profit de ces
ressources documentaires pour enrichir son bagage cognitif
et élargir son champ d’intérêt. Il importe à cet égard de
souligner le rôle capital que joue désormais Internet dans
le façonnement de la culture des jeunes, en particulier en
ce qui concerne leur comportement sexuel. En effet, les
résultats des recherches relatives à l’impact des médias sur
le comportement des adolescents ont révélé que les sites à
caractère érotique destinés à exciter les désirs sexuels des
jeunes, sont en progression rapide, comparés aux sites à
vocation culturelle, scientifique et sanitaire. Face à ce
danger croissant, l’enseignant doit redoubler d’effort pour
répondre aux besoins des jeunes en matière de culture et de
conseils sexuels, en veillant à leur fournir les
informations religieuses correctes qui leur serviront de
rempart contre la délinquance, les vices, la débauche, la
prostitution et la toxicomanie. Il doit aussi leur rappeler
le véritable rôle de l’homme dans la vie, le but de la
création des deux sexes, mâle et femelle, les moyens
légitimes de dépenser l’énergie sexuelle et les règles
légales à suivre pour préserver la santé et l’intégrité
physique, y compris l’appareil génital.
Il sera très utile d’accorder l'attention aux activités
d’apprentissage en combinant les activités proposées en
classe et les activités extrascolaires. Une telle démarche
présente un double avantage : d’une part, elle contribue à
enraciner dans l’esprit de l’apprenant les notions et les
valeurs islamiques étudiées et offre à celui-ci la
possibilité de mettre en pratique, dans son environnement
local, les connaissances et les habilités acquises à
l’école. Et, d’autre part, elle permet à l’apprenant de
transmettre le discours religieux et les valeurs
spirituelles à ses camarades, aux membres de sa famille et à
son entourage immédiat. A cet effet, l’enseignant doit
montrer l’exemple à suivre, tant dans sa pratique
professionnelle et ses rapports avec les élèves en classe,
que dans sa manière de se comporter dans la vie de tous les
jours.
8.2. Exigences en matière d’évaluation et de suivi :
8.2.1. Evaluation des activités d’apprentissage :
L’évaluation est à la fois une opération pédagogique et un
diagnostic. Elle vise à déceler les points forts et les
points faibles dans le contexte d’apprentissage en classe,
mais aussi à permettre à l’enseignant de prendre des
décisions appropriées et pertinentes pour stimuler les
aptitudes de l’apprenant, développer ses habiletés et ses
compétences et consolider ses acquis. L’évaluation est un
moyen et non pas une finalité en soi ; c’est une composante
essentielle de la stratégie d’apprentissage et une partie
intégrante du cours. Elle se propose pour objectifs, en se
basant sur les produits de l’apprentissage et le contrôle
des résultats, de :
- évaluer les aptitudes et les compétences éducatives
(connaissances, habiletés, attitudes, comportements et
valeurs) chez l’apprenant, non seulement pour en faire une
description quantitative et qualitative, mais aussi pour
déterminer si les objectifs d’apprentissage et les niveaux
de performance requis ont été atteints, et si les méthodes
d’enseignement et les moyens pédagogiques utilisés
permettent ou non d’atteindre les buts fixés ;
- identifier l’origine des difficultés et des obstacles qui
entravent le processus d’enseignement/apprentissage ;
- corriger les erreurs et réajuster les pratiques, les
orientations et les tendances en les adaptant aux situations
d’apprentissage, afin d’aider les apprenants à progresser
dans leurs études et de développer le rythme d’apprentissage
selon une bonne méthodologie éducative ;
- renforcer et favoriser les bonnes pratiques pédagogiques,
les attitudes positives et les tendances et valeurs
souhaitables.
Compte tenu de la nature de l’éducation en matière de
population, en tant que réponse pédagogique
multidisciplinaire intégrée dans les matières et modules qui
lui servent de vecteur, l’évaluation constitue un processus
fondamental exigeant le recours aux outils qui, en plus des
connaissances et des habiletés, s’intéressent aux aspects
affectif et social dans la mesure où ces aspects sont
fortement liés à la méthodologie et aux objectifs de la
matière d’éducation islamique. Il s’agit d’outils qui
servent à mesurer la modification des tendances et des
attitudes, de déterminer le degré d’imprégnation et de
réceptivité aux valeurs islamiques et de prévoir la tendance
comportementale que l’apprenant peut adopter à l’avenir face
aux questions relatives à la population, à la santé et au
développement.
Pour que l’évaluation réponde aux objectifs pédagogiques que
l’on cherche à atteindre, l’enseignant doit faire appel à
différents instruments de mesure simples et adaptés à la
nature des contenus étudiés, mais surtout stables, fiables
et faciles à manier. Ces outils doivent permettre de mesurer
les produits de l’apprentissage et d’observer l’évolution de
l’apprenant en ce qui concerne les expériences et les
connaissances acquises, ses réactions, ses réponses et sa
réceptivité aux questions et aux notions de portée islamique
abordées en classe ou en dehors de celle-ci. Il y a lieu de
réaffirmer ici, à l’intention des enseignants de l’éducation
islamique, que le recours à la méthode traditionnelle
d’évaluation basée sur les différents types de questions
d’examen n’est plus suffisant et on ne peut plus s’en
prévaloir pour mesurer les progrès réalisés.
Les notions que le présent manuel entend intégrer aux
programmes d’éducation islamique revêtent un caractère
pratique nécessitant de ce fait un renouvellement des
méthodes et des modes d’évaluation. Concernant les modes
d’évaluation, on peut faire appel à l’évaluation des
prérequis personnels pour se faire une idée des acquis et
des expériences préalables de l’élève et déterminer ainsi
ses centres d’intérêt en la matière. Ce type d’évaluation
permet à l’enseignant d’épargner ses efforts et son temps en
mettant l’accent sur les besoins à caractère prioritaire. On
peut également recourir à "l’évaluation par étapes" qui se
fait à différentes étapes du cours et offre aux apprenants
la possibilité de participer à la construction progressive
de leurs connaissances et notions, de forger leurs
perceptions, modifier leurs tendances, corriger ou renforcer
les valeurs. L’évaluation sommative, qui intervient à la fin
du cours, vise à déterminer le degré de réalisation des
objectifs qualitatifs escomptés, à réviser et à modifier la
stratégie d’enseignement/apprentissage ainsi que les
activités proposées à la lumière du contrôle des résultats
et des produits de l’apprentissage.
L’enseignant peut également faire appel à d’autres
instruments de mesure et d’évaluation parmi lesquels on peut
citer :
- Les tests thématiques et les tests objectifs
- Les tests de substitution.
- Les textes à trous
- Les bulletins de questions-réponses
- Les tests de complétion
- Les tests gradués
- L'échelle de Likert
8.2.2. Activités pédagogiques de soutien :
Les opérations d’évaluation qui accompagnent le cours
révèlent, le plus souvent, l’existence de difficultés et
d’obstacles qui empêchent les élèves de bien assimiler un
certain nombre de notions et de sujets. Pour surmonter ce
problème pédagogique et renforcer les habiletés des
apprenants, on peut recourir à diverses activités
complémentaires et de soutien qui permettent de combler les
lacunes observées au niveau des connaissances et des
aptitudes affectives. Elles comprennent, notamment, les
actions suivantes :
- charger les élèves de rassembler les informations sur un
sujet donné à partir de différents ouvrages de références et
de cédéroms, ou en consultant les sites Internet ; préparer
de courts exposés à présenter en classe, soit pour enrichir
les connaissances et les habiletés acquises au cours des
séances précédentes, ou pour exploiter les données
recueillies dans la préparation des cours à venir ;
- constituer des dossiers sur des thèmes spécifiques en
réunissant les documents et les images ; produire des
matériels pédagogiques de soutien tels les illustrations,
les transparents, les cassettes audio et vidéo, etc., et ce,
dans le but de s’initier à la recherche et à la
documentation et exploiter ces dossiers pour enrichir le
cours et les activités parallèles ;
- organiser des excursions et des visites guidées aux
institutions à vocation sociale et sanitaire, tels les
hôpitaux, les centres de planification familiale, les
centres de protection maternelle et infantile, les centres
d’accueil des orphelins, des enfants abandonnés, des
sans-abri et des personnes aux besoins spécifiques, des
centres d’alphabétisation et d’enseignement pour adultes,
etc. ; charger les élèves de noter les questions adressées
aux responsables de ces institutions afin de les discuter en
classe, suivant les objectifs assignés à chaque visite ;
- inciter les élèves à adhérer aux actions bénévoles,
caritatives, sociales, sanitaires et de scouts qu’organisent
les institutions publiques ou privées ou les organisations
de la société civile ;
- mettre en valeur les potentialités des élèves et leurs
talents littéraires en les encourageant à écrire des
articles sur l’éducation sociale et sanitaire et en les
aidant à publier ces articles dans la revue de
l’établissement et dans la presse locale, écrite et
audiovisuelle ;
- organiser des ateliers sur le bénévolat à l’école à
travers les campagnes de propreté et de reboisement ; tenir
des séminaires conjoints sur les secours médicaux et la
prévention des maladies sexuellement transmissibles, en
coordination avec les professeurs d’autres matières
(sciences naturelles, éducation physique, etc.) ;
- organiser des colloques et autres rencontres scientifiques
auxquelles seront invités les spécialistes des domaines
éducatif, sanitaire, social et économique, ainsi que les
parents d’élèves, dans l'objectif de débattre des questions
relatives à la femme, à la famille, à la santé génésique, au
comportement sexuel sain chez les adolescents, à la
perspective de genre, à l’autonomisation de la femme et
autres sujets de nature à accroître la prise de conscience
et à rationaliser le comportement individuel et collectif ;
- prendre l’initiative, avec l’appui des autorités
éducatives, de conclure des accords de partenariat et de
coopération entre les établissements éducatifs et les
institutions publiques ou privées s’intéressant à la
sensibilisation et à l’éducation sanitaire et sociale, étant
entendu que la mission éducative ne se limite pas au
discours porté par l’école, mais revêt une dimension sociale
qui associe tous les secteurs dans le but de réaliser un
développement équilibré conciliant les valeurs matérielles
et spirituelles.
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