7. Définition des notions clés dans le manuel
7.1. Notion d’éducation islamique :
Dieu a doté l’homme, en le créant, d’un ensemble de
sensations, de potentialités et d’aptitudes de réflexion
et d’action. Ces facultés ne sauraient être abandonnées
aux caprices individuels, car Dieu a créé l’homme dans
un but précis : "Je n’ai créé les djinns et les hommes
que pour qu’ils m’adorent" (Coran, sourate Adh-dhariyât
(LI), verset 56). Il est donc nécessaire de canaliser
les énergies de l’homme de manière à être en parfaite
harmonie avec la finalité assignée à sa création. Dans
ce contexte, "l’éducation islamique" procède d’un
système homogène d’orientations qui dictent la voie à
suivre. Ces orientations se ramènent aux points
essentiels suivants :
- la foi en Dieu : celle-ci donne lieu à une vigilance
morale intérieure qui procède d’une spiritualité reliant
la terre et le ciel et soumettant les actes de l’homme à
la philosophie de la sanction (récompense ou châtiment),
ce dont les lois positives sont incapables, dès lors
qu’elles comptent sur la "surveillance extérieure" et la
recherche des preuves ;
- l’équilibre et l’harmonie établis entre les dimensions
intellectuelle, matérielle, psychologique et spirituelle
: "au milieu des biens que Dieu t’a accordés, recherche
la demeure dernière. Ne néglige pas ta part de la vie de
ce monde. Sois bon comme Dieu est bon pour toi. Ne
recherche pas la corruption sur la terre. Dieu n’aime
pas ceux qui sèment la corruption", (sourate Al-Qasas
(XXVIII), verset 77) ;
- relier l’éducation au principe de "lieutenance sur la
terre": "Dieu a promis à ceux d’entre vous qui croient
et qui accomplissent des œuvres bonnes d’en faire ses
lieutenants sur terre, comme il le fit pour ceux qui
vécurent avant eux" (sourate An-Nour (XXIV), verset 55).
Compte tenu de ce qui précède, on peut définir
"l’éducation islamique" comme étant "l'orientation des
capacités créatrices de l’homme vers l’adoration
exclusive de Dieu Très-Haut et le rejet de toute
idolâtrie vouée aux objets matériels qui constituent,
dans la perspective de l’éducation islamique, des moyens
et non pas une fin"(3).
Telle est la conception large de l’éducation islamique
envisagée au point de vue théorique. En revanche, dans
la pratique, "la matière scolaire d’éducation islamique
se borne à l’apprentissage par cœur, et l'assimilation
de quelques passages du Coran, du hadith, de la sîra
(biographie du Prophète), auxquels s’ajoute un abrégé
des œuvres de certains hauts personnages et autres
données du même genre. Or, tout cela ne satisfait pas à
la définition de l’éducation islamique en tant que
système global et complet. De fait, l’éducation
islamique se caractérise du point de vue de ses
fondements et de ses objectifs, par des traits
spécifiques et des règles conçues selon sa vision
globale du monde, de l’homme et de la vie. Sur le plan
de la formation proprement dite de l’individu,
l’éducation islamique entend réaliser, de manière
équilibrée, le plein développement de toutes les
dimensions intellectuelles, physiques et spirituelles de
l’individu, aussi bien dans sa vie matérielle que
morale. Elle couvre également tous les domaines de
connaissances qui l’intéressent, des sciences
religieuses aux sciences de l’univers, le tout envisagé
selon une approche cohérente et claire qui se nourrit
aux sources de la foi"(4).
Les programmes scolaires d’éducation islamique doivent
donc refléter cette vision globale et cohérente en
mettant l’accent sur les aspects affectifs,
comportementaux et cognitifs, au lieu de s’étendre
exclusivement sur les connaissances religieuses
théoriques, comme c’est le cas actuellement dans les
curricula consacrés à cette matière dans la plupart des
pays arabo-islamiques.
Le concept de "programme d’éducation islamique" désigne
un ouvrage pédagogique plus large, plus exhaustif que le
manuel, dans la mesure où il présente les notions et les
orientations précitées sous une forme didactique
cohérente et comporte des objectifs, des compétences,
des contenus, des activités
d’enseignement/apprentissage, des techniques d’animation
et des modes d’évaluation.
7.2. Notion d’éducation en matière de population
Les notions de base qu’il convient d’intégrer dans le
manuel d’éducation islamique sont définies dans le cadre
général de la matière scolaire consacrée à "l’éducation
en matière de population". Les Etats arabes et
islamiques, qui ont adopté le concept d’éducation en
matière de population pour renforcer leurs programmes
démographiques, ont défini la portée de cette éducation
et lui ont assigné une finalité et des objectifs, tenant
compte, d’une part, des priorités de leurs plans et
stratégies de développement et de leurs politiques
démographiques et éducatives, et d’autre part, de leurs
spécificités culturelles et leurs valeurs religieuses.
En se fondant sur les dénominateurs communs retenus,
l’ISESCO en est venue à proposer la définition suivante
: "l’éducation en matière de population à l’école est
une matière qui offre une réponse éducative aux
questions de population, de santé, de genre et
d’environnement, à la lumière des buts et des principes
de la Chari’a. Cette matière multidisciplinaire vise à
inculquer aux apprenants des connaissances, des
habiletés, des orientations et des valeurs authentiques
propres à les aider à comprendre les lois de la nature,
à découvrir les secrets de la sociologie humaine, ainsi
que les répercussions de ces lois sur les réalités
démographiques sous leurs multiples manifestations, le
but ultime étant de développer chez ces apprenants des
dispositions positives leur permettant d'assumer
pleinement leur rôle dans ce monde que Dieu leur a
confié en dépôt, en oeuvrant à l’amélioration de la
qualité de la vie individuelle et collective et la
réalisation du bien-être de leur communauté, de leur
patrie, de leur nation et de toutes les générations
présentes et futures dans le monde en général".
Cette définition semble faire la synthèse de celles
adoptées dans les pays arabes ayant un programme
d’éducation en matière de population au niveau de
l’enseignement formel, comme c’est le cas en Jordanie,
en Tunisie, en Egypte, au Maroc, au Soudan, en Syrie et
au Yémen. L’éducation en matière de population répond à
des motivations et des objectifs dictés par les besoins
de développement et les problèmes pressants de chaque
pays(5).
Les conférences sur la population et le développement
ainsi que les plans d’application adoptés par les
différents pays à travers les conférences nationales et
régionales, ont donné naissance à de nouvelles questions
telles que :
- la santé génésique et les droits en matière de
reproduction;
- les droits de l’homme et le développement ;
- la question de genre et l’autonomisation de la femme ;
- les problèmes des jeunes et des personnes âgées ;
- la pauvreté ;
- l’environnement et le développement durable.
Ces questions peuvent être couvertes par les matières
scolaires, y compris l’éducation islamique.
7.3. Notion de genre du point de vue islamique
Dieu a créé l’homme, à l’instar des autres êtres
vivants, en un mâle et en une femelle en vertu de la
parole divine : "Nous avons créé un couple de chaque
chose. Peut-être réfléchirez-vous ?", (sourate
Adh-dhariyât (LI), verset 49). Chaque mâle et chaque
femelle, selon son environnement propre, acquièrent une
multitude de caractéristiques sociales, culturelles,
religieuses et économiques qui varient selon les époques
et les lieux. "En dehors des caractères sexuels
secondaires, le sens de la masculinité et de la
féminité, autrement dit, de la qualité d’homme et de
femme, doit être appréhendé sous l’angle sexospécifique
ou de genre". Nous entendons par là les spécificités
civilisationnelles, culturelles et sociales qui
caractérisent les deux sexes. Produit d’un processus
historique complexe, ces caractéristiques sont variables
selon les époques et les lieux, contrairement aux
caractères biologiques qui, eux, sont invariables"(6).
Elles se manifestent dans les caractères sexuels
primaires et secondaires (7).
De ce qui précède, il ressort que le terme "genre"
renvoie aux:
- rôles distinctifs de la femme et de l’homme dans la
société et aux composantes culturelles et sociales qui
les sous-tendent dans une société donnée ;
- relations entre l’homme et la femme dans cette société
à un moment et dans un milieu donnés, en ce qui concerne
la répartition des rôles sociaux qui reviennent à chacun
d’eux, l’accès aux ressources et leur contrôle éventuel,
et la satisfaction de leurs besoins respectifs pour
pouvoir assumer les rôles confiés à chacun d’eux (8).
A cela, Abdelhalim Jokhdar ajoute ce qui suit :
- assurer l’égalité de chances entre l’homme et la femme
afin qu’ils puissent mettre en valeur leurs
potentialités respectives et acquérir de nouvelles
habiletés à même de les aider à remplir des rôles
nouveaux pour le bien de la société.
La notion de genre repose sur trois éléments principaux,
à savoir :
a) discerner les différences caractérisant les relations
sexospécifiques et analyser celles-ci ;
b) identifier les causes et les manifestations des
discordances sexospécifiques et s’efforcer de trouver
les moyens d’y remédier ;
c) rééquilibrer et développer les relations entre les
deux sexes, de manière à assurer la justice et l’égalité
sexospécifique, non seulement entre l’homme et la femme,
mais entre les différents membres du corps social (par
égalité on entend l’égalité des chances permettant la
participation des femmes et des hommes aux efforts de
développement ainsi que le partage des bienfaits de ce
développement) (9).
Les conférences de Beijing et du Caire sur la population
et le développement ont confirmé ces dimensions
relatives au genre. La Déclaration des femmes arabes
participant au forum des organisations non
gouvernementales a exigé le respect des religions
révélées, comme condition d’application des
recommandations issues de la Conférence de Beijing.
Concernant la dimension religieuse de la question, le
Coran évoque les origines de la création des deux sexes
dans le verset suivant : "Ô vous les hommes ! Craignez
votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, puis, de
celui-ci il a créé son épouse et il a fait naître de ce
couple un grand nombre d’hommes et de femmes", (sourate
An-nissâ (IV), verset 1). Le Livre sacré a également
défini la relation entre les deux sexes dans ce qui suit
: "Parmi Ses signes : il a créé pour vous, tirés de
vous, des épouses afin que vous vous reposiez auprès
d’elles, et il a établi l’amour et la bonté entre vous.
Il y a vraiment là des signes pour un peuple qui
réfléchit", (sourate Ar-Rûm (XXX), verset 21).
L’Islam reconnaît en outre l’autonomie sociale,
économique et culturelle de chacun des deux sexes et
proclame que, pour chacun d’eux, la récompense et la
punition, du point de vue religieux, seront en fonction
de ses actions. De même, l’Islam a déterminé les rôles
complémentaires de l’homme et de la femme dans
l’édification sociale, en mettant en garde contre les
tensions qui peuvent surgir dans ce sens, tout en
proposant les moyens de les surmonter. On lit à cet
égard dans le Coran : "Nous ressusciterons, pour une vie
excellente, tout croyant, homme ou femme, qui fait le
bien. Nous leur donnerons leur récompense en fonction de
leur meilleures actions", (sourate An-Nahl (XVI), verset
97). Dans un autre verset on lit : "Les croyants et les
croyantes sont amis les uns des autres, ils ordonnent ce
qui est convenable, ils désapprouvent ce qui est
blâmable", (sourate At-tawba (IX), verset 71).
Ainsi, si le premier verset de la sourate IV met en
évidence l’égalité de l’homme et de la femme dans leur
qualité d’être humain, d’autres versets soulignent que
la diversité des créatures constitue une manifestation
de la toute-puissance divine, mais aussi la base de la
complémentarité des rôles dans la vie humaine. Et le
fait que Dieu Très-Haut a doté chacun des deux sexes de
caractères qui lui sont propres n’implique aucune
discrimination devant les droits humains. Il s’agit
plutôt de préparer l’homme et la femme à assumer chacun
sa part dans la construction et le progrès de la
société.
Ainsi se trouve consacré le rôle de la femme au sein de
la famille et de la société. L’Islam lui garantit ainsi
ses droits fondamentaux, de même qu’il préserve sa
dignité humaine et proclame son égalité avec l’homme,
sous réserve des restrictions dues aux conditions et aux
circonstances propres à chacun d’eux. Ce traitement
égalitaire se manifeste dans ce qui suit :
1. L’unité du discours religieux : les obligations
religieuses en matière de dogme, de pratiques
cultuelles, de transactions ou de morale, concernent
tous les humains sans distinction de sexe ; il en est de
même des sanctions prévues tant en ce qui concerne
l’observance que l’omission de ces obligations.
2. L’homme et la femme sont incités à s’instruire, à
rechercher et à diffuser la science, à réfléchir et à
méditer sur l’univers ; le Prophète a exhorté à prendre
soin de la femme et à l’instruire.
3. L’autonomie économique est garantie à l’homme et à
la femme, ainsi que le droit de conclure toutes sortes
de transactions commerciales, le droit de posséder de
biens mobiliers et immobiliers, de même que le droit à
l’héritage (dont la femme était privée avant l’Islam) ;
4. Le travail comme moyen de gagner sa vie et de
réaliser son bien-être : si le type de travail exercé
par l’homme dépend de ses aptitudes et de ses
qualifications, l’emploi confié à la femme doit
pareillement tenir compte des conditions et de la
situation de celle-ci ;
5. L’homme et la femme ont tous les deux des
responsabilités au sein de la famille, l’homme ayant en
l’occurrence des obligations plus accrues du fait de la
"qiwâmat" (responsabilité d’entretien) ;
6. La prise en compte de l’origine humaine commune des
deux sexes : tous deux ont donc droit au respect de leur
dignité humaine ;
7. La participation à la vie politique, chacun selon
son aptitude à assumer la responsabilité qui lui incombe
;
8. L’exercice de hautes responsabilités dans les
limites des aptitudes et des qualifications de chacun
d’eux ;
9. L’Islam n’impose pas à la femme un travail
déterminé, à moins que ce ne soit dicté par sa nature ;
10. Les parents doivent traiter leurs enfants sans
discrimination entre les garçons et les filles.
De cette présentation cohérente se dégage la conception
islamique de la question de genre. Cette conception se
fonde sur l’unité de l’origine, les particularités des
êtres ainsi que la diversité et la complémentarité des
tâches et des responsabilités afin que l’homme et la
femme, en vertu de l’équité et de la justice divine
absolue, participent ensemble à la réalisation du
principe de "lieutenance de Dieu sur la terre"
(istikhlâf).
7.4. Notion de santé génésique
Dieu a gratifié l’homme de bienfaits tant visibles que
cachés, dont l’un des plus précieux est la santé. Le
Prophète a dit, en substance, à cet égard que" la santé
est l’un des bienfaits au sujet duquel peu de gens se
montrent reconnaissants". Les lois divines concernant
les bienfaits dispensés aux humains sont immuables :
"…Il en est ainsi, parce que Dieu ne modifie pas un
bienfait dont il a gratifié un peuple avant que ce
peuple ne change ce qui est en lui", (sourate Al-Anfâl
(VIII), verset 53).
Ainsi, si l’homme sait mettre en valeur le bienfait de
la santé, en préservant et en entretenant celle-ci,
alors il aura trouvé le moyen le plus sûr de vivre sain
et heureux, à l’abri des maladies et autres maux du même
genre. Mais pour cela, il doit observer une ligne de
conduite et un mode de vie permettant de préserver et
d’améliorer sans cesse son état de santé, sans oublier
qu’à cet égard mieux vaut prévenir que guérir(10).
Cet aperçu général de la protection sanitaire dans la
perspective islamique montre toute l’attention
qu’accorde l’Islam à la bonne santé physique et
psychologique de l’homme comme corollaire de la santé de
la société. Dans ce contexte, la santé génésique peut
être considérée comme le lien solide entre la santé
individuelle et la santé collective. Les orientations
islamiques dans ce domaine visent à former des
générations fortes, où chaque membre contribue à la
consolidation du bien-être de tous. Le Prophète a dit à
cet égard : "Le croyant fort est meilleur et plus digne
d’être aimé auprès de Dieu que le croyant faible, même
si tous deux sont bons", (hadith cité par Muslim). Cela
implique la nécessité de la préservation de la santé
génésique et l’adoption de comportements sains. En
effet, l’Islam accorde la plus haute importance à la
reproduction humaine "qui figure parmi les buts
principaux de la Chari’a, juste après la préservation de
la vie, de la raison et de la foi, et qui précède la
conservation des biens".
Le saint Coran évoque à plusieurs endroits la
reproduction humaine, les relations conjugales intimes,
les règles de bienséance consistant à demander la
permission avant de s’introduire chez quelqu’un, les
ablutions rituelles, etc. Il associe la qualité de
croyant à la préservation des parties génitales (contre
le péché de la chair), à l’adoption d’une conduite
responsable en matière de reproduction et à l’abstention
de tout commerce charnel illégitime.
On trouve également dans le Coran des indications sur
les stades de développement embryonnaire, ainsi que des
allusions aux relations conjugales intimes pendant la
nuit du ramadan, à la période menstruelle pendant
laquelle il est préconisé de ne pas toucher aux femmes
avant qu’elles ne redeviennent légalement pures.
L’Islam, qui reconnaît l’instinct sexuel et le
réglemente pour le bien de l’homme et de la société, ne
réprouve pas l’amour légitime, il le considère au
contraire comme une œuvre pour laquelle le croyant est
récompensé. Le Coran mentionne, par ailleurs, la durée
d’allaitement maternel ainsi que le sevrage. La Chari’a
contient des dispositions détaillées sur les femmes
interdites au mariage (maharim), les règles de
bienséances consistant à baisser pudiquement les
regards, tant pour les hommes que pour les femmes, où
celles qui régissent la conduite des enfants impubères
lorsqu’il s’agit par exemple de s’introduire dans
l’intimité des personnes adultes. Le Coran a rappelé
également l’histoire du peuple de Loth et leur pratique
de la sodomie, en mettant sévèrement en garde ceux qui
se livrent à cette abomination. De même, il a mentionné
quelques exemples sublimes de vertu et de chasteté dans
la sourate Al-Anbiyâ’, la sourate At-Tahrîm, la sourate
Yûsuf… autant d’indications se rapportant au sexe, aux
instincts, etc. (11).
La Chari’a
a, en outre, jeté les bases de la santé génésique de la
famille en édictant un certain nombre de règles légales
concernant le choix du partenaire et la planification
familiale par des moyens légaux, tels l’espacement des
naissances, la protection de la femme enceinte et de la
mère allaitante, le traitement des causes de la
stérilité,etc. Bien plus, il est recommandé du point de
vue de la Chari’a de diffuser ces préceptes et d’éduquer
les futurs parents aux valeurs morales et aux bonnes
pratiques, de manière à sensibiliser les jeunes
générations, notamment les couples, à ces questions et à
les inciter à adopter des conduites sages. Cette
éducation vise à orienter l’instinct sexuel vers le but
auquel il est naturellement destiné, à savoir la
reproduction, la survie et la conservation de l’espèce
humaine, appelée à assumer la charge de "la lieutenance
de Dieu" sur la terre.
Dans cette optique, la notion de santé en matière de
procréation (santé génésique) désigne : "Un état de
bien-être total, tant physique que mental et social,
pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses
fonctions et son fonctionnement, et non pas seulement
l’absence de maladies ou d’infirmités. Cette notion
recouvre également la santé sexuelle qui vise à
améliorer la qualité de la vie et les relations
interpersonnelles, et pas seulement à prodiguer des
conseils et des soins médicaux en matière de procréation
et de maladies sexuellement transmissibles"(12).
Il convient de rappeler ici que la conception islamique
de la santé, dans son acception la plus large, englobe
non seulement la santé des individus et de la société,
mais aussi celle de l’environnement, de sorte que la
bonne santé des individus va de pair avec un
environnement sain. Cela explique l’intérêt qu’accorde
l’Islam à l’hygiène publique, à la protection de
l’environnement végétal et animal, à l’utilisation
rationnelle des ressources naturelles et à la lutte
contre la pollution. Il entend ainsi assurer le
bien-être familial et social propice à la réalisation
d’un développement durable qui soit à la fois dynamique
et équilibré.
Le présent manuel se bornera à l’analyse des deux
questions suivantes dans la perspective de leur
intégration au programme d’éducation islamique :
- la santé génésique et les droits en matière de
procréation, y compris l’éducation sanitaire des
adolescents ;
- la question de genre et l’autonomisation de la femme.