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2.3.2
De l'utilisation des embryons avortés ou surnuméraires
Dr ABDESSALAM ABBADI
Membre de l'Académie du Fiqh,
Royaume d'Arabie Saoudite
Préliminaires
Louange à Dieu, Maître des
Mondes ; que la paix et les bénédictions soient sur le
Prophète Mohammad, envoyé comme une miséricorde pour les
hommes ; sur sa famille, ses Compagnons et tous ceux qui ont
suivi sa Religion jusqu'à la fin des temps.
1- L'examen des questions
posées par les pratiques médicales récentes selon une
approche islamique originale mérite l'attention et les
encouragements ; car, il permet de dégager le point de vue
de la Charia en la matière et de soumettre la recherche
scientifique à des normes éthiques qui la préservent de
toute forme de déviance préjudiciable à la vie humaine. De
fait, les prodigieuses avancées de la science durant ces
dernières décennies, ont donné lieu à bien de dérapages tant
en matière de la recherche et des expérimentations que dans
le domaine thérapeutique. La vie de l'homme s'en trouve
exposée aux plus grands dangers. Il importe donc que des
voix s'élèvent pour donner l'alerte et que des rencontres,
des études et des réglementations s'attachent à orienter la
marche du progrès médical sur la voie inspirée des
commandements de Dieu Très-Haut, et des normes d'éthique
conçues pour le bonheur et pour le bien de l'homme, dans ce
monde et dans la vie future.
L'Islam incite à la
méditation sur l'univers, la vie et l'homme et exalte toute
recherche scientifique bénéfique ; il tient, dans le même
temps, à préserver et à sauvegarder l'homme de toute
atteinte contre son intégrité physique, son droit à la vie
et sa dignité. L'islam entend également prévenir les risques
de rattacher à un homme une progéniture qui n'est pas la
sienne et protéger la famille et la société contre tout ce
qui pourrait leur porter préjudice.
Le présent exposé abordera
les questions relatives à l'utilisation des embryons à des
fins de recherche, d'expérimentations, de thérapeutique et
de transplantations. En réalité, il existe un paradoxe
flagrant entre, d'une part, le progrès formidable et inouï
de la recherche médicale, et, d'autre part, les formes
multiples de déviances constatées par rapport aux préceptes
de l'Islam, aux commandements des autres religions, aux
normes éthiques et aux règles de droit en général. Cela se
traduit par des atteintes graves à l'intégrité des embryons,
dont on prélève les organes à des fins de transplantations,
sans aucune considération des valeurs et des principes de
l'éthique. Dans ce sens, aucun dispositif de contrôle
suffisamment efficace n'a été prévu pour prévenir les abus
et les dérives. On en vient ainsi à cultiver les embryons in
vitro dans le but d'utiliser et de commercialiser
illégalement leurs organes.
Aussi bien, les congrès,
colloques et autres rencontres consacrés à l'examen de ces
questions, devront-ils se fixer comme tâche de formuler des
recommandations précises et pratiques à même de préserver la
vie humaine contre toute forme d'abus et de manipulation ;
on pourrait pour cela prendre des mesures scientifiques,
législatives et sociales ou encore élaborer des accords
internationaux et opérer dans le cadre d'institutions et
d'organisations existant à l'échelle locale, régionale et
internationale.
2- Le plan de l'exposé :
Celui-ci s'articule autour de deux types d'opérations
effectuées sur deux sortes d'embryons.
Les interventions en question
sont :
- L'utilisation des embryons
à des fins de transplantations et thérapeutiques
- L'utilisation des embryons
à des fins de recherche et d'expérimentations scientifiques
;
Ces pratiques portent sur les
deux sortes d'embryons que voici :
- Embryons avortés après une
période de vie utérine ;
- Embryons surnuméraires
issus d'une FIVETE.
Dans ce qui suit, nous
dégagerons les règles légales correspondant à chacun des cas
sus-indiqués.
Utilisation des embryons
avortés
1- Le terme arabe "janîne"(embryon)
désigne l'être qu'une femme enceinte porte en son sein ; et
"ijhâd"(avortement), c'est l'expulsion ou le rejet, hors de
l'utérus maternel, d'un embryon malformé ou prématuré ; ou
encore : l'expulsion de l'embryon fixé dans l'utérus
maternel soit avant ou après l'organogenèse1.
L'Académie de la Langue Arabe
(du Caire) a distingué dans son dictionnaire Al-Mu'jam
al-wasît, entre "ijhâd" et "isqât", le premier correspondant
à l'expulsion de l'embryon avant le quatrième mois de
gestation et le second, à son rejet entre le 4ème et le 7ème
mois de grossesse. Au delà de cette période, la sortie de
l'embryon hors du corps de la mère est dit "wilâdat"(accouchement).
L'embryogenèse passe par
trois étapes principales.
a- Stade d'avant la formation
des organes (pré-organogénique) ;
b- Stade de la mise en place
des organes qui se subdivise, du point de vue de la Chari’a,
en deux phases :
- phase d'avant le souffle de
l'âme ;
- phase d'après le souffle de
l'âme ;
c- Stade final du
développement embryonnaire.
2- L'avortement peut être
spontané ou provoqué. Il est spontané, si l'expulsion de
l'embryon hors de l'utérus est due à son incapacité de se
développer et de subsister ou à d'autres causes purement
naturelles. Dieu Très-Haut dit à cet égard : "Nous déposons
dans les matrices ce que nous voulons jusqu'à un terme fixé
; puis Nous vous en faisons sortir petits enfants..."(XXII,
5).
Ce verset montre clairement
que les embryons formés dans l'utérus ne sont pas tous
destinés à y poursuive leur développement jusqu'à terme.
L'avortement provoqué, comme son nom l'indique, s'explique
par des facteurs extérieurs et peut être le résultat d'une
erreur, d'une intervention délibérée, ou d'un acte
franchement criminel, visant à tirer profit du foetus, à
attenter à sa vie ou à celle de sa mère.
3- S'agissant de
l'utilisation des foetus avortés, la solution légale varie
en fonction du type d'avortement et du stade du
développement de l'embryon avorté.
Ainsi, le foetus avorté avant
la mise en place des organes (takhalluq) ne peut pas servir
à des fins de transplantations ; il peut cependant être
utile dans le domaine thérapeutique et pour des
expérimentations scientifiques. En revanche, pour l'embryon
"formé" (mukhallaq) ou qui a atteint son plein
développement, les trois possibilités d'utilisation sont
envisagées (transplantation, thérapeutique et
expérimentation).
Si l'avortement a été
provoqué sciemment en vue de tirer profit de l'embryon selon
les trois possibilités d'utilisation mentionnées plus haut,
il est déclaré illicite et, par conséquent, les motivations
alléguées seront nulles et non avenues. Ceci pour prévenir
le préjudice qui aurait pu être porté à l'embryon et
préserver la vie de celui-ci. Et si l'avortement a été
provoqué, par erreur ou délibérément, dans le seul but
d'attenter au foetus ou à sa mère sans aucune intention de
tirer profit de celui-ci (3), il faudra alors considérer le
stade de l'évolution embryonnaire : Si le foetus avorté est
vivant, il ne devra faire l'objet d'aucune atteinte à son
intégrité et à sa vie sous quelque prétexte que ce soit ;
car une telle atteinte sera considérée comme un meurtre ou
comme une tentative de meurtre, ce qui est unanimement
prohibé.
Si au contraire le foetus
avorté est arrivé à son plein développement mais se trouve
mort à sa sortie de l'utérus ; ou s'il n'a pas encore
accompli son évolution normale (qu'il soit "mukhallaq",formé
proportionnément ou informe) et qu'on a tout fait pour le
sauver mais que le diagnostic médical assuré l'a déclaré non
viable, alors il est possible de l'utiliser à des fins
thérapeutiques dans la mesure où il n'a pas déjà reçu le
souffle de l'esprit et sous réserve des conditions légales
relatives au don d'organes humains au profit d'une tierce
personne ; ces conditions sont, par exemple : l'accord
obligatoire du tuteur, caractère gracieux et non lucratif du
don, la nécessité impérieuse de sauver la vie du receveur ou
l'une des fonctions vitales de son organisme, intangibilité
légale de la personne du bénéficiaire, absence de tout
risque de mélange de filiation (qui pèse sur certains types
de transplantations)...
Par ailleurs, ces foetus
peuvent être utilisés à des fins d'expérimentations
scientifiques dans les limites des cas d'impérieuses
nécessités et en considération d'intérêts certains qui
excluent toute mutilation ou atteinte à leur dignité
humaine. Ainsi, dans le souci de préserver la dignité
humaine des foetus et de hâter leur inhumation comme le veut
la Charia, il est illicite de se livrer sur eux à des
expériences purement de luxe ou n'ayant pas de but précis.
Après le stade de
l'insufflation de l'esprit, il faut absolument s'assurer
avant tout de la mort de l'embryon, afin d'éviter de tuer
une âme intentionnellement.
Utilisation des embryons
surnuméraires issus d'une FIVETE
1- Il s'agit en l'espèce
d'embryons en surnombre provenant d'une fécondation
artificielle réalisée hors du sein maternel ; cette
opération, comme cela a été expliqué par les médecins
spécialistes, se déroule comme suit : on ponctionne le
follicule ovarien et on aspire quelques ovules (4 à 8) qui
sont ensuite mis en contact avec les spermatozoïdes. Trois
parmi ces oeufs fécondés seront replacés dans l'utérus après
un premier stade de segmentation, les autres seront
conservés et congelés en vue d'une implantation ultérieure
au cas où la première opération n'aura pas réussi. Mais le
plus souvent, ces oeufs surnuméraires restent en congélation
ou sont détruits.
L'utilisation des embryons
surnuméraires à des fins autres que le replacement dans le
sein maternel soulève des problèmes d'ordre médical, légal,
juridique et social.
2- A ce sujet, il convient de
se prononcer sur les questions suivantes :
- La mise en culture des
embryons surnuméraires ;
- L'évolution de ces embryons
hors de l'utérus maternel ;
- Leur utilisation pour la
recherche scientifique ;
- Leur utilisation dans un
but thérapeutique.
Bien qu'ils ne s'intègrent
pas directement dans la problématique examinée ici, les
points un et deux n'en demeurent pas moins importants pour
notre propos. Pour établir en effet la légalité de
l'utilisation des embryons surnuméraires, on devra partir du
principe que leur mise en culture est licite ou qu'elle
réponde à des besoins utilitaires impérieux ; de même, il
faudra admettre la licéité du développement extra-corporel
de ces embryons pour pouvoir se prononcer en faveur de leur
utilisation à différents stades de leurs évolutions,
notamment après la mise en place des organes.
3- Lors de la deuxième
session de l'Académie du Fiqh consacrée aux
bébés-éprouvettes, tenue à Djedda en 1407 H/1986, j'avais
souligné la nécessité d'examiner le problème des embryons
surnuméraires. Mon propos n'est pas ici de reprendre ce qui
avait été dit au cours des débats sur ce sujet. Je voudrais
tout simplement insister sur un point auquel on n'avait pas
donné toute l'importance qu'il mérite : pour augmenter les
chances de succès d'une FIVETE, on procède à la fécondation
extracorporelle de plusieurs ovules ; il en résulte
plusieurs embryons qui seront ensuite congelés. Or, on ne
s'est pas trop arrêté au problème, crucial, du commencement
de la vie. A ce sujet, nombreux sont les avis juridiques
qui, statuant sur l'avortement, persistent à considérer que
la vie commence dès le premier instant de la fusion des deux
gamètes, mâle et femelle. Que se passera-t-il alors si le
premier oeuf (fécondé in vitro) implanté dans l'utérus donne
lieu à la grossesse ? Quel sort réserver aux oeufs
surnuméraires : les détruire ou les utiliser pour la
recherche expérimentale ?
Faudrait-il imposer une
nouvelle restriction en matière de procréation
extracorporelle (FIVETE) ? On pourrait par exemple
recommander que l'opération se pratique de façon progressive
: on met en contact les gamètes mâle et femelle et si
l'intervention échoue, on recommence jusqu'à obtenir une
fécondation réussie. Cela permettra d'éviter de se trouver
avec plusieurs embryons surnuméraires condamnés à être
supprimés. Il faut tenir compte également, à cet égard, du
fait que l'avortement, avec sa cohorte de risques
incalculables, est devenu de nos jours une pratique fort
préoccupante.
Si donc on autorise la
destruction des embryons surnuméraires issus d'une FIVETE,
ne pourrait-on pas en faire autant avec les embryons avortés
aux premiers stades de grossesse ? Beaucoup d'Oulémas
émettent des réserves à cet égard. Mais la décision relative
aux bébés-éprouvettes, issue de la troisième session (de
l'Académie du Fiqh) ne fait aucune mention des embryons
congelés. J'ai d'ailleurs rappelé, lors de la quatrième
session de cette même instance, la nécessité de revoir la
décision autorisant la fécondation in vitro et transfert
d'embryon (FIVETE) ou, du moins, de la soumettre à certaines
conditions (outre les restrictions déjà imposées) : il faut
éviter de féconder in vitro un grand nombre d'ovules, car
cela donnera lieu à des embryons surnuméraires qui, s'ils ne
sont pas utilisés à des fins de transplantions, seront tout
bonnement détruits ; or, autoriser un tel acte revient à
tolérer un meurtre.
Il convient donc de limiter
le nombre d'ovules au minimum nécessaire au succès de la
fécondation(5). Ces restrictions, je les avais déjà
formulées lors de la deuxième session à propos des
bébés-éprouvettes. Mais elles n'ont pas été prises en
considération par la session suivante. Pourtant, le respect
dû à la vie humaine nécessite la prise de dispositions
médicales empêchant la constitution d'embryons en surnombre.
4- D'après les médecins(6),
les oeufs fécondés surnuméraires, sont, dans l'état actuel
du progrès scientifique, de trois sortes :
i- Oeufs au stade de 8 à 16
cellules : celles-ci sont encore totipotentes, c'est-à-dire
que chacune d'elle est capable de participer à tous les
tissus de l'organisme et de se comporter comme un oeuf
fécondé capable de se développer à terme ;
ii- Oeufs au stade de 32
cellules : ce stade représente le moment du développement
embryonnaire où les cellules commencent à se différencier et
à se préparer à assurer les fonctions qui leur seront
assignées dans l'organisme ;
iii- Oeufs au stade de deux
semaines après la fécondation : ce stade se caractérise par
la mise en place de l'ébauche du système nerveux ; l'embryon
est déjà sensible à certaines sensations (de douleur par
exemple).
On laisse rarement les oeufs
fécondés évoluer jusqu'à ce stade. Ainsi, la Commission
Warnock (The British Commitee of inquiry into human
fertilization and embrylogy), composée de médecins, de
théologiens et de juristes, a suggéré que l'oeuf fécondé in
vitro ne doit pas être laissé se développer au delà du 14ème
jour après l'insémination, car c'est après ce stade
qu'apparaissent la ligne primitive et l'ébauche du système
nerveux, lequel marque le début de la vie humaine proprement
dite(7).
Les pré-embryons précités,
étant à des stades très précoces de leur évolution, ne
peuvent donc pas servir à des fins de transplantation ; ils
peuvent cependant fournir des cellules utiles pour le
traitement de certaines maladies.
5- La question se pose à
présent de savoir dans quelle mesure ces embryons peuvent
être utilisés pour des besoins thérapeutiques ou pour la
recherche expérimentale. La réponse à cette question dépend
de deux autres points subsidiaires :
i- la qualification légale
pour ce qui est de la fécondation et de la mise en culture
d'ovocytes en surnombre : si l'on considère cette pratique
prohibée alors il doit en être de même de l'utilisation des
embryons qui en seront issus ; mais si on autorise la
fécondation d'oeufs pour les besoins exclusifs de la
procréation in vitro, sera-t-il permis de les utiliser à
d'autres fins ? Cette question est liée au deuxième point
suivant:
ii- Ces embryons jouissent du
respect de leur intégrité en tant qu'individus humains
potentiels ? Est-il permis de les détruire, de les laisser
dépérir ? Est-il légalement admissible de les utiliser aux
stades pré-implantatoires ou faudra-t-il attendre qu'ils
soient transférés dans l'utérus et qu'ils s'y développent
jusqu'au moment jugé opportun ?
6- Nos docteurs de loi ne se
sont pas prononcés à propos de la destruction et de la mise
à mort des oeufs fécondés considérés ici, car il s'agit là
d'un problème récent. Ils ont toutefois abordé un cas
similaire, à savoir les embryons conçus dans l'utérus
maternel et qui en sont aux premiers stades de leur
formation. Trois avis différents ont été formulés à ce sujet
:
- Qu'elle soit provoquée par
un coup ou tout autre moyen, l'expulsion provoquée d'un
embryon au stade de la "mudgha"(chair comme mâchée), de la
"'alaqat"(adhérence, quelque chose qui s'accroche) ou à un
autre stade, est passible, d'une indemnité (ghurrat) (8)
évaluée au dixième du prix du sang (diyat).
- L'avortement qui se produit
avant l'individualisation de l'embryon n'entraîne aucune
sanction ;
- L'avortement provoqué avant
l'insufflation de l'âme (c-à-d, avant le 120ème jour de
gestation) n'entraîne aucun effet légal.
La première opinion est celle
de la majorité des Malikites ; la seconde est partagée par
les Shafi'ites, les Hanbalites et la majorité des Hanafites
; la troisième, enfin, est attribuée à Ibn Rushd (parmi les
Malikites) et à certains Hanafites (9). Dans ce qui suit,
nous citerons quelques textes exposant chacune des ces
opinions.
a- Ibn Qudâma écrit, dans le
Moughnî : "La mère qui expulse hors de son utérus quelque
chose qui n'a pas encore la forme d'un être humain ne risque
rien, car on ne peut pas savoir avec certitude s'il s'agit
d'un embryon ; mais si elle expulse une “moudgha” (masse
flasque comme la chair mâchée) et que des sages-femmes
d’honorabilité incontestable (thiqa) attestent que ladite
masse présente une forme humaine discernable, alors elle est
condamnée au paiement d’une indemnité.
Quant à l'avortement d'un
embryon qui présente les premiers indices caractéristiques
d'un être humain et qui aurait pu se développer à terme si
on l'avait laissé faire, deux opinions se sont exprimées :
la première considère qu'un tel acte ne produit aucun effet
légal puisque l'embryon avorté n'a pas encore acquis sa
pleine forme humaine; il est de ce fait assimilé à la 'alaqa"
(adhérence) dont l'expulsion n'entraîne aucune sanction. De
surcroît, partant du principe de la présomption d'innocence,
on ne peut condamner la mère sur de simples soupçons.
La deuxième opinion soutient
au contraire que l'expulsion d'un embryon qui commence à se
former et à s'individualiser est passible d'une "ghurra" ;
cette solution ne vaut pas pour la "nutfat"(goutte de sperme
pénétrant l'ovule) et la 'alaqa (lit adhérence, quelque
chose qui s'accroche)(10).
b- Al-Qurtoubi a exposé, dans
le passage ci-après, les avis, un et deux, sus-mentionnés :
" La nutfa (liquide
spermatique du père introduit dans l'utérus) ne représente
rien qui puisse être identifié avec certitude et n'entraîne
aucun effet légal si elle est expulsée de l'utérus avant
qu'elle ne s'y est agglutinée (ijtama'at) ; à ce stade elle
n'a pas encore changé de nature. Ce qui n'est pas le cas
lorsque la nutfa se fixe et s'agglutine dans l'utérus,
donnant lieu à la "alaqa" (adhérence) qui marque le premier
stade de formation embryonnaire. Il s'ensuit que l'expulsion
d'un oeuf au stade de "alaqa", de la "moudgha" (masse de
chair comme mâchée) et au delà, constitue une interruption
de grossesse qui met fin à la "idda"(retraite légale de la
femme répudiée ou veuve). C'est l'opinion de Malik (que Dieu
soit satisfait de lui) et de ses adeptes. Pour sa part,
Ashafi'î soutient que l'expulsion de la "alaqa" ne compte
pas. Ce qui est à considérer, c'est l'ébauche de la forme
humaine (de l'embryon) ; si celui-ci se présente comme une
masse informe, deux solutions sont avancées, s'appuyant sur
des preuves scripturaires et sur l'interprétation déductive.
On retient l'opinion selon laquelle l'expulsion de l'oeuf à
ce stade met un terme à la "idda" (retraite légale)(11).
c- Ibn Arabî, après avoir
évoqué certains effets légaux découlant de l'expulsion de
l'embryon, conclut : "ces effets n'auront pas lieu si
l'embryon n'est pas encore formé" (12). Ailleurs, il ajoute
: "tant qu'il (l'embryon) n'a pas pris une forme
discernable, il est considéré légalement comme
inexistant"(13). Il entend par là que son expulsion à ce
stade n'entraîne pas les effets légaux prévus en cas
d'avortement d'un embryon formé : la prière des morts,
assignation d'un nom, lavage rituel, mise en linceul etc.
d- Ibn Rushd dans son ouvrage
Bidâyat al-mujtahid privilégie la troisième opinion ; il
écrit : "Il y a divergence d'opinions au sujet de l'embryon
dont l'expulsion entraîne une compensation pécuniaire (ghurrat)).
Ainsi, pour Malik, celle-ci s'applique qu'il s'agisse d'une
"alaqa" (adhérence), d'une "moudgha"(masse de chair comme
mâchée) ou d'une toute autre chose qui indique la
constitution d'un embryon humain. Shafi'î, en revanche,
considère que l'acte n'est punissable que lorsque l'embryon
acquiert une forme humaine discernable et, de préférence,
animée de l'esprit. Autrement dit, la "ghurra" devient
obligatoirement payable s'il a été établi avec certitude que
l'embryon est déjà animé de la vie"(14).
e- Dans sa Hachiyat (glose),
Ibn 'Abidîne, résume les opinions d'un certain nombre de
jurisconsultes sur la question : "la "ghurrat" ne s'applique
pas avant l'apparition de certaines formes caractéristiques
de l'embryon ; l'avortement provoqué avant ce stade
n'entraîne aucune sanction"(15).
7- Voici quelques Hadiths du
Prophète qui évoquent les premiers stades de développement
embryonnaire (avant les formations discernables de l'embryon
et l'insufflation de l'esprit) :
a- D'après Hudayfa Ibn Usayd
Al-Ghifârî, le Prophète (à lui bénédictions et salut) a dit
: "Lorsque la goutte de sperme (nutfa) passe 42 nuits (dans
le sein de la femme), Dieu lui envoie un Ange qui la façonne
et forme son ouïe, sa vue, sa peau, sa chair et ses os ;
après quoi il demande : "Seigneur ! sera-t-il mâle ou femme
?". Dieu en décide comme Il lui veut et l'Ange
inscrit..."(16).
b- Abdallah Ibn Mas'oud
rapporte que le Prophète (à lui bénédictions et salut) a dit
: " (la semence) dont vous êtes issus, se constitue dans la
matrice maternelle où elle demeure quarante jours avant de
devenir une "alaqa"(adhérence) ; elle reste dans cet état
pendant une durée équivalente puis se transforme en "moudgha"
(masse de chair comme mâchée) ; après quoi, Dieu envoie vers
elle l'Ange qui lui insuffle l'esprit et qui reçoit l'ordre
d'inscrire quatre choses : d'où il (l'être conçu) tirera sa
subsistance, ce que seront ses actions, le terme de sa vie
et son destin"(17).
D'après Ibn Rajab, le hadith
précité est considéré unanimement comme authentique et a
reçu l'agrément de la Oumma islamique (18) et l'auteur
d'ajouter: "ce hadith montre que sa formation (l'embryon)
dure 120 jours et passe par trois étapes de 40 jours chacune
: le stade de la "nutfa" (goutte de sperme) ; de la "alaqa"
(adhérence) ; puis de la "moudgha". Au 120ème jour, l'Ange
lui insuffle l'esprit"(19).
8- Par ailleurs, nombreux
versets coraniques ont évoqué les étapes de formation
embryonnaire ; en voici quelques-uns:
a- "Nous avons crée l'homme
d'argile fine (sulâlat min tîne), puis nous en avons fait
une goutte de sperme contenue dans un réceptacle solide ;
puis, de cette goutte nous avons fait "quelque chose qui
s'accroche"(alaqat), puis de cette masse nous avons crée des
os ; nous avons revêtu les os de chair, produisant ainsi une
autre création. Béni soit Dieu, le meilleur des Créateurs
!"(XXIII, versets 12-14).
b- "Nous avons crée l'homme,
pour l'éprouver, d'une goutte de sperme et de mélanges (amsâj)...(LXXVI,
verset 2). Le mot "amsâj" désigne, selon nombre de
commentateurs, le mélange de l'élément mâle et de l'élément
femelle (23).
c- "Que l'homme périsse !
Quel impie! De quoi Dieu l'a-t-il crée ? D'une goutte de
sperme. Il l'a créé et il a fixé son destin..."(LXXX, 17).
d- " O vous les hommes ! Si
vous êtes dans le doute au sujet de la résurrection, sachez
qu'en vérité, c'est nous qui vous avons créé de la
poussière, puis d'une goutte de sperme, puis d'une 'alaqat
(lit. quelque chose qui s'accroche), puis d'une masse
flasque (de chair), formée ou non. - Nous vous l'expliquons
ainsi- Nous déposons dans les matrices ce que nous voulons
jusqu'à un terme fixé ; puis nous vous en faisons sortir
petits enfants pour que vous atteigniez plus tard votre
maturité"(XXII, 5) ;
e- "...Il vous a créé dans
les entrailles de vos mères : création après création dans
trois ténèbres..."(XXXIX, verset : 6) ;
f- "N'a-t-il pas été une
goutte de sperme répandue, puis une "alaqa"(adhérence)? Dieu
l'a créé et formé harmonieusement..." (LXXV, verset : 37-38)
;
g- "Il a créé l'homme de
"quelque chose qui s'accroche"(alaq) (XCVI, verset : 2) ;
h- "Dieu vous a créé de
terre, puis d'une goutte de sperme..."(XXXV, verset 11).
Les versets qu'on vient de
citer décrivent les étapes de la formation de l'embryon et
indiquent que les stades de la "nutfa" (goutte de sperme),
de la "alaqa" (quelque chose qui s'accroche) et de la "moudgha"
(masse flasque comme la chair mâchée) précèdent l'étape de
l'apparition de la forme humaine, étape désignée par le
Coran comme étant "une autre création"(khalqan âkhara)
(XXIII, versets:14).
Ibn Hazm a déduit des deux
Hadiths précités que la "alaqa" (quelque chose qui
s'accroche) marque le début de la formation de l'embryon ;
il écrit : "Il s'agit là de la masse initiale (joumla) à
partir de laquelle seront formés ensuite (les organes de )
l'ouïe et de la vue, ainsi que la peau, la chair et les os.
Ce qui prouve que la première étape de la formation
embryonnaire, c'est bien la "alaqa"(quelque chose qui
s'accroche) et non pas la "nutfa" qui est le liquide
spermatique"(20).
Les Oulémas soutiennent que
l'insufflation de l'esprit intervient au 120ème jour après
la conception. A ce sujet, Al-Qurtoubi écrit :
"Les Oulémas sont d'accord
que l'embryon est animé de l'esprit après 120 jours de
grossesse" (21). On retrouve la même idée chez Nawawî: "les
Oulémas, dit-il, s'accordent à reconnaître que
l'insufflation de l'âme n'a pas lieu avant quatre mois de
gestation"(22).
Un autre jurisconsulte,
Al-Jassas, écrit :
"Dieu nous a informés (dans
le Coran) qu'il nous a créés à partir de la "moudgha" (masse
flasque) et de la "alaqa" (quelque chose qui s'accroche) ;
de la "nutfa" (goutte de sperme) et de la terre. Cela
implique que l'enfant à naître (walad), ce n'est ni goutte
de sperme, ni "alaqa", ni "moudgha", car si c'était le cas,
(le Coran) n'aurait pas dit que le foetus était constitué de
ces formes successives ; si chacune de ces formes
correspondait elle-même à l'embryon, il serait absurde de
dire qu'elles sont ce à partir de quoi celui-ci est créé.
Une chose ne peut être la partie d'elle-même. Cela prouve
que la "moudgha" qui ne présente pas encore une forme
humaine décelable ne doit être prise pour un embryon (walad)"
(23).
9- Si donc l'embryon
n'acquiert pas une forme humaine discernable aux stades de
la "alaqa" et de la "moudgha", quel serait alors le statut
des oeufs fécondés au stade d'avant l'insufflation de l'âme
?
Deux auteurs, Ibn Al-Qayyim,
dans Al-Bayâne fî aqsâm al-Qur'ân, et Ibn Hadjar
Al-'Asqalânî, dans Fath al-bârî, ont avancé que les signes
qui indiquent que l'embryon a bien reçu le souffle de
l'esprit sont l'apparition des sensations et des mouvements
volontaires. Or, ces signes ne peuvent se manifester qu'avec
la formation du cerveau dont l'ébauche ne commence à se
profiler qu'au 40-42 e jours de vie utérine (24).
Voici ce qu'écrit Ibn
Al-Qayem : "A la question : l'embryon peut-il avoir des
sensations et des mouvements avant d'avoir reçu le souffle
de l'esprit ?", on répond qu'il se caractérise effectivement
à ce stade par des mouvements de croissance et de nutrition
semblables à ceux des végétaux. Mais ces mouvement ne sont
pas le fait d'une volonté. A ces activités végétatives
viennent s'ajouter, après l'insufflation de l'âme, les
mouvements de volonté et de sensibilité"(25).
Dans le même ordre d’idées,
Ibn Hajar écrit : "Il (l'embryon) n'a pas besoin à ce stade
de sensibilité et de mouvements volontaires, car il en est
de lui alors comme d'une plante. Il n'acquiert les facultés
de sensibilité et de volonté qu'une fois animé de
l'âme"(26).
On voit donc ainsi que les
savants musulmans distinguent la vie végétative et la vie
proprement humaine, la première se caractérisant par le
mouvement et la croissance, et la seconde, par la
sensibilité et la volonté, deux facultés liées à la présence
du système nerveux.
10- Mais la question se pose
de savoir si la vie végétative a le même caractère
intangible et la même dignité que la vie humaine. Les
Oulémas, eux, considèrent que la vie humaine a la primauté
sur la vie végétative, ce qui ne signifie nullement que
cette dernière n'est pas digne du respect. Loin de là.
A ce propos, Al-Ghazalî écrit
:
"La pratique du "azl"
(retrait de la verge avant éjaculation) n'est pas
assimilable à l'avortement et à l’infanticide (waëd) ; ces
deux derniers actes constituent en effet des délits contre
un être vivant ayant atteint son plein développement. C'est
qu'il y a des degrés dans l'ordre de la vie. Le premier
stade, c'est lorsque la goutte de sperme introduite dans
l'utérus de la femme s'y unit avec le liquide de celle-ci et
se prépare à recevoir la vie. Sa destruction est déjà une
transgression. La gravité de ce délit s'accroît à mesure
que l'oeuf évolue, en passant par le stade de la "alaqa",
puis de la "moudgha". L’acte devient plus grave encore
lorsque l'embryon a reçu l'âme et a acquis sa forme
harmonieuse. Et le comble du crime, c'est de sévir contre un
foetus sorti vivant de l'utérus.
La goutte du sperme
considérée ici comme le germe d'un nouvel être est celle qui
pénètre dans l'utérus et non pas le simple liquide émis par
l'organe génital de l'homme. Car l'enfant n'est pas conçu
uniquement à partir de la semence mâle, mais des éléments
venant des deux époux"(27).
11- L'inapplication dans
certains cas de la sanction compensatoire (ghurra) ne doit
pas être interprétée comme une autorisation d'user de
l'embryon comme on veut. Si ladite sanction n'est pas
appliquée aux stades précoces de l'embryogenèse, c'est que
la vie humaine n'apparaît qu'ultérieurement. Mais il est
interdit dans tous les cas de porter atteinte à l'embryon.
La majorité des Oulémas s'accordent ainsi pour interdire
l'avortement à n'importe quelle étape de son évolution,
aussi bien avant qu'après l'insufflation de l'âme, sauf pour
des motifs d'impérieuse nécessité.
Certains auteurs Hanafites et
Shafi'ites soutiennent, en la matière, un avis différent :
ils autorisent en effet la mère à expulser son embryon avant
le 40ème jour de grossesse, c'est-à-dire, avant qu'il prenne
une forme humaine discernable ; d'autres portent ce délai à
120 jours, soit avant la réception de l'âme. On lit à ce
sujet dans la Hashiyat (glose) d'Ibn Abidîne :
"Est-il permis d'expulser un
embryon conçu ? La réponse est oui, tant qu'aucune de ses
parties ne soit mise en place ; or, cette mise en place
n'est achevée qu'après 120 jours de gestation".
L'auteur discute ensuite
cette opinion, en passant en revue les avis des Oulémas
déclarant répréhensible (makrouh) l'avortement au début de
la conception ; car, selon eux, le liquide fécondant, une
fois pénétré dans l'utérus, constitue déjà un être en
devenir. Il précise également que l'expulsion peut être
autorisée, pour un motif quelconque, si l'embryon en est
encore aux stades de la "alaqa" ou de la "moudgha" et tant
qu'aucun de ses organes ne s'est formé.
La durée de formation
d'organes est estimée à 120 jours. Cette autorisation,
explique l'auteur, se justifie par le fait que l'embryon,
pendant ses premiers stades de développement, n'est pas
considéré comme un individu humain (âdamiy). C'est celui-ci
qui, selon lui, mérite la protection (28).
Après cette revue des
opinions exprimées par des jurisconsultes anciens au sujet
de la destruction d'embryons aux premiers stades de leur
formation, il y a lieu de préciser que les Oulémas modernes
se rangent à l'avis de la majorité doctrinale interdisant
l'avortement pour d'autres considérations se rapportant à la
préservation de la famille et au respect de la morale. Cette
attitude sévère à l'égard de la pratique abortive s'explique
par le fait que celle-ci favorise de nos jours la
fornication et les abus sexuels prohibés, en permettant d'en
éliminer les produits. Mais cela ne s'applique pas aux oeufs
fécondés surnuméraires.
En fait, il convient, à mon
sens, de discuter le problème dans son principe même et de
décider s'il est possible d'interdire carrément la
constitution d'oeufs surnuméraires. Cela serait à mon avis
préférable car, il permettra de préserver la vie humaine et
d'empêcher que des médecins sans scrupules la malmènent.
Mais si, pour une raison ou
pour une autre, on se trouve avec des oeufs fécondés
surnuméraires, il faudra alors qu'ils suivent la voie à
laquelle ils sont destinés, c'est-à-dire, qu'ils soient
replacés dans l'utérus de la femme donneuse d'ovocytes, si
la première implantation ne prend pas ; sinon, ils seront
gardés pour être transférés au moment opportun. Mais il
n'est pas question de les détruire ou de les utiliser à
d'autres fins, du moment qu'ils renferment des êtres
potentiels. Ce sont en effet des êtres qui possèdent des
potentialités de développement à terme, contrairement aux
embryons avortés avant la réception de l'âme, et qui ont été
déclarés avec certitude comme non viables.
Pour terminer, j'espère que
la présente session pourra aboutir à une opinion judicieuse
sur ce sujet délicat, en tirant profit des autres
communications et des discussions qui leur font suite.
Puisse Dieu nous accorder le
succès et guider nos pas sur le droit chemin. Louange à Lui,
Seigneur des Mondes.
REFERENCES
1. Fayoumi, "Al-Misbâh
al-mounîr", vol. I, p. 139 ; Dr. Inass Abbas, "Ri'âyat at-tufûlat
fi asharî'at al-islâmiyyat", p. 107 ; "Al-mawsou'at al-fiqhiyyat",
vol. II, p. 56.
2. Il est clair que
l'avortement est interdit dans ce cas, mais la question
porte ici sur la possibilité d'utilisation des embryons.
3. Voir la revue de
L'Académie du Fiqh (Majma' al-fiqh al-islâmî), n° 2, vol. I,
pp. 367-368.
4. la revue de L'Académie du
Fiqh (Majma' al-fiqh al-islâmî), n° 4, vol. I, p. 470.
5. Voir la communication du
Docteur Baslama présentée à cette session, p. 6-8.
6. voir Dr Ali El-bar, "At-talqîh
as-sinâ'i wa atfâl al-anâbîb", étude présentée à l'Académie
du Fiqh et publiée dans la revue de cette Académie, vol. II,
pp. 174, 301.
7. Le mot "janîne", qui
désigne au sens premier, tout ce qui est caché, devra être
réservé à ce qui est contenu dans l'utérus maternel.
L'Académie de la langue arabe- "Mu'jam al-fâz al-qur'ân",
vol. I, p. 223. On lit dans le Coran : "Il vous connaissait
parfaitement, lorsque il vous a créés de la terre et lorsque
vous étiez encore des embryons dans les entrailles de vos
mères (adjinnat fî butûni ummahâtikum)"(LIII, 32. On
réservera le mot "laqîhat" à l'oeuf fécondé avant
l'implantation dans l'utérus.
8. Voir "al-mawsû'at
al-fiqhiyyat", vol. II, p. 59.
9. Qurtoubi, "At-tafsîr",
vol. XII, p. 10 ; Ibn Qudâma, "Al-moughnî", vol. VIII, p.
406 ; Al-mutî'î, "Al-madjmou' charh al-muhadab", vol. XVII,
p. 383 ; Ibn Abidîne, "Al-Hashiyyat", vol. VI, p. 59.
10. Ibn Qudâma, "Al-mughnî",
vol. VIII, p.406.
11. Qurtoubi, "At-tafsîr",
vol. XII, p. 9.
12. Voir Ibn Arab, "Ahkâm
al-qur'ân", vol. III, p. 1261 ; Al-Qurtoubi, "At-tafsîr",
vol. XII, p. 10.
13. Ibid.
14. Ibn Rushd, "Bidâyat al-mujtahid",
vol. Vol. II, p. 345.
15. Ibn Abidîne,
"Al-Hashiyyat", vol.
VI, p. 59.
16. Tradition rapportée par
Muslim et autres traditionalistes ; voir Al-Mundirî, "mukhtasar
sahîh muslim", vol. II, p. 249.
17. Hadith rapporté par
Boukhârî et Muslim et autres traditionalistes ; la version
citée est celle de Muslim, voir : voir Al-Mundirî, "mukhtasar
sahîh muslim", vol. II, p. 248 ; Ibn Hajar, "Fath al-bârî",
vol. VII, p. 114 ; Mohammad Fuwad Abdalbâqi, "Al-lu'lu wa
l-mardjân", vol. III, pp. 206-207.
18. Ibn Rajab, "jâmi' al-ulûm
wa l-hikam", p. 103.
19. Ibid, p. 105.
20. Al-Qurtoubi,
"At-tafsîr", vol.
XIX, pp. 120-121.
21. Ibn Hazm, "Al-Muhallâ",
vol. XI, p. 640.
22. Al-Qurtoubi, "At-tafsîr",
vol. XII, p. 8.
23. Voir : "charh muslim",
vol. XVI, p. 891.
24. Al-Jassâs, "Ahkâm
al-qur'ân", vol. V, p. 58.
25. Mohammad Ali El-Bar: "At-talqîh
as-sinâ'i wa atfâl al-anâbîb", Revue de l'Académie du Fiqh,
n° 2, vol. I, pp. 301-302.
26. Ibn Al-Qayem, "At-tabyân
fî aqsâm al-qur'ân", p. 255.
27. Al-Ghazâlî, "Ihyâ
'ulûm ad-dîne", vol.
II, p. 65.
28. Voir Ibn Abdîne
: "Hashiyat",vol. I, p. 429 ; Dr. Inâss Abbas Ibrahim, "Ri'âyat
at-tufûlat fî ashrî'at al-islâmiyyat", pp. 109-110.
-
Président de séance, Dr Ahmad Ghandouri
Je remercie le Dr Abdessalam
Al-Abbadi pour sa remarquable et savante communication. Pour
approfondir davantage les aspects juridiques de la question
relative à l'utilisation des embryons avortés ou
surnuméraires, comme le souhaitent les éminents docteurs de
la loi ici présents, nous avons le plaisir d'accorder au
Professeur Omar Soulaymane Al-ashqar quelques minutes pour
faire son exposé. Nous ouvrirons ensuite le débat pour
discuter les trois communications présentées.
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