Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

2.3.2 De l'utilisation des embryons avortés ou surnuméraires

Dr ABDESSALAM ABBADI
Membre de l'Académie du Fiqh,
Royaume d'Arabie Saoudite

Préliminaires

Louange à Dieu, Maître des Mondes ; que la paix et les bénédictions soient sur le Prophète Mohammad, envoyé comme une miséricorde pour les hommes ; sur sa famille, ses Compagnons et tous ceux qui ont suivi sa Religion jusqu'à la fin des temps.

1- L'examen des questions posées par les pratiques médicales récentes selon une approche islamique originale mérite l'attention et les encouragements ; car, il permet de dégager le point de vue de la Charia en la matière et de soumettre la recherche scientifique à des normes éthiques qui la préservent de toute forme de déviance préjudiciable à la vie humaine. De fait, les prodigieuses avancées de la science durant ces dernières décennies, ont donné lieu à bien de dérapages tant en matière de la recherche et des expérimentations que dans le domaine thérapeutique. La vie de l'homme s'en trouve exposée aux plus grands dangers. Il importe donc que des voix s'élèvent pour donner l'alerte et que des rencontres, des études et des réglementations s'attachent à orienter la marche du progrès médical sur la voie inspirée des commandements de Dieu Très-Haut, et des normes d'éthique conçues pour le bonheur et pour le bien de l'homme, dans ce monde et dans la vie future.

L'Islam incite à la méditation sur l'univers, la vie et l'homme et exalte toute recherche scientifique bénéfique ; il tient, dans le même temps, à préserver et à sauvegarder l'homme de toute atteinte contre son intégrité physique, son droit à la vie et sa dignité. L'islam entend également prévenir les risques de rattacher à un homme une progéniture qui n'est pas la sienne et protéger la famille et la société contre tout ce qui pourrait leur porter préjudice.

Le présent exposé abordera les questions relatives à l'utilisation des embryons à des fins de recherche, d'expérimentations, de thérapeutique et de transplantations. En réalité, il existe un paradoxe flagrant entre, d'une part, le progrès formidable et inouï de la recherche médicale, et, d'autre part, les formes multiples de déviances constatées par rapport aux préceptes de l'Islam, aux commandements des autres religions, aux normes éthiques et aux règles de droit en général. Cela se traduit par des atteintes graves à l'intégrité des embryons, dont on prélève les organes à des fins de transplantations, sans aucune considération des valeurs et des principes de l'éthique. Dans ce sens, aucun dispositif de contrôle suffisamment efficace n'a été prévu pour prévenir les abus et les dérives. On en vient ainsi à cultiver les embryons in vitro dans le but d'utiliser et de commercialiser illégalement leurs organes.

Aussi bien, les congrès, colloques et autres rencontres consacrés à l'examen de ces questions, devront-ils se fixer comme tâche de formuler des recommandations précises et pratiques à même de préserver la vie humaine contre toute forme d'abus et de manipulation ; on pourrait pour cela prendre des mesures scientifiques, législatives et sociales ou encore élaborer des accords internationaux et opérer dans le cadre d'institutions et d'organisations existant à l'échelle locale, régionale et internationale.

2- Le plan de l'exposé : Celui-ci s'articule autour de deux types d'opérations effectuées sur deux sortes d'embryons.

Les interventions en question sont :

- L'utilisation des embryons à des fins de transplantations et thérapeutiques

- L'utilisation des embryons à des fins de recherche et d'expérimentations scientifiques ;

Ces pratiques portent sur les deux sortes d'embryons que voici :

- Embryons avortés après une période de vie utérine ;

- Embryons surnuméraires issus d'une FIVETE.

Dans ce qui suit, nous dégagerons les règles légales correspondant à chacun des cas sus-indiqués.

Utilisation des embryons avortés

1- Le terme arabe "janîne"(embryon) désigne l'être qu'une femme enceinte porte en son sein ; et "ijhâd"(avortement), c'est l'expulsion ou le rejet, hors de l'utérus maternel, d'un embryon malformé ou prématuré ; ou encore : l'expulsion de l'embryon fixé dans l'utérus maternel soit avant ou après l'organogenèse1.

L'Académie de la Langue Arabe (du Caire) a distingué dans son dictionnaire Al-Mu'jam al-wasît, entre "ijhâd" et "isqât", le premier correspondant à l'expulsion de l'embryon avant le quatrième mois de gestation et le second, à son rejet entre le 4ème et le 7ème mois de grossesse. Au delà de cette période, la sortie de l'embryon hors du corps de la mère est dit "wilâdat"(accouchement).

L'embryogenèse passe par trois étapes principales.

a- Stade d'avant la formation des organes (pré-organogénique) ;

b- Stade de la mise en place des organes qui se subdivise, du point de vue de la Chari’a, en deux phases :

- phase d'avant le souffle de l'âme ;

- phase d'après le souffle de l'âme ;

c- Stade final du développement embryonnaire.

2- L'avortement peut être spontané ou provoqué. Il est spontané, si l'expulsion de l'embryon hors de l'utérus est due à son incapacité de se développer et de subsister ou à d'autres causes purement naturelles. Dieu Très-Haut dit à cet égard : "Nous déposons dans les matrices ce que nous voulons jusqu'à un terme fixé ; puis Nous vous en faisons sortir petits enfants..."(XXII, 5).

Ce verset montre clairement que les embryons formés dans l'utérus ne sont pas tous destinés à y poursuive leur développement jusqu'à terme. L'avortement provoqué, comme son nom l'indique, s'explique par des facteurs extérieurs et peut être le résultat d'une erreur, d'une intervention délibérée, ou d'un acte franchement criminel, visant à tirer profit du foetus, à attenter à sa vie ou à celle de sa mère.

3- S'agissant de l'utilisation des foetus avortés, la solution légale varie en fonction du type d'avortement et du stade du développement de l'embryon avorté.

Ainsi, le foetus avorté avant la mise en place des organes (takhalluq) ne peut pas servir à des fins de transplantations ; il peut cependant être utile dans le domaine thérapeutique et pour des expérimentations scientifiques. En revanche, pour l'embryon "formé" (mukhallaq) ou qui a atteint son plein développement, les trois possibilités d'utilisation sont envisagées (transplantation, thérapeutique et expérimentation).

Si l'avortement a été provoqué sciemment en vue de tirer profit de l'embryon selon les trois possibilités d'utilisation mentionnées plus haut, il est déclaré illicite et, par conséquent, les motivations alléguées seront nulles et non avenues. Ceci pour prévenir le préjudice qui aurait pu être porté à l'embryon et préserver la vie de celui-ci. Et si l'avortement a été provoqué, par erreur ou délibérément, dans le seul but d'attenter au foetus ou à sa mère sans aucune intention de tirer profit de celui-ci (3), il faudra alors considérer le stade de l'évolution embryonnaire : Si le foetus avorté est vivant, il ne devra faire l'objet d'aucune atteinte à son intégrité et à sa vie sous quelque prétexte que ce soit ; car une telle atteinte sera considérée comme un meurtre ou comme une tentative de meurtre, ce qui est unanimement prohibé.

Si au contraire le foetus avorté est arrivé à son plein développement mais se trouve mort à sa sortie de l'utérus ; ou s'il n'a pas encore accompli son évolution normale (qu'il soit "mukhallaq",formé proportionnément ou informe) et qu'on a tout fait pour le sauver mais que le diagnostic médical assuré l'a déclaré non viable, alors il est possible de l'utiliser à des fins thérapeutiques dans la mesure où il n'a pas déjà reçu le souffle de l'esprit et sous réserve des conditions légales relatives au don d'organes humains au profit d'une tierce personne ; ces conditions sont, par exemple : l'accord obligatoire du tuteur, caractère gracieux et non lucratif du don, la nécessité impérieuse de sauver la vie du receveur ou l'une des fonctions vitales de son organisme, intangibilité légale de la personne du bénéficiaire, absence de tout risque de mélange de filiation (qui pèse sur certains types de transplantations)...

Par ailleurs, ces foetus peuvent être utilisés à des fins d'expérimentations scientifiques dans les limites des cas d'impérieuses nécessités et en considération d'intérêts certains qui excluent toute mutilation ou atteinte à leur dignité humaine. Ainsi, dans le souci de préserver la dignité humaine des foetus et de hâter leur inhumation comme le veut la Charia, il est illicite de se livrer sur eux à des expériences purement de luxe ou n'ayant pas de but précis.

Après le stade de l'insufflation de l'esprit, il faut absolument s'assurer avant tout de la mort de l'embryon, afin d'éviter de tuer une âme intentionnellement.

 

Utilisation des embryons surnuméraires issus d'une FIVETE

1- Il s'agit en l'espèce d'embryons en surnombre provenant d'une fécondation artificielle réalisée hors du sein maternel ; cette opération, comme cela a été expliqué par les médecins spécialistes, se déroule comme suit : on ponctionne le follicule ovarien et on aspire quelques  ovules (4 à 8) qui sont ensuite mis en contact avec les spermatozoïdes. Trois parmi ces oeufs fécondés seront replacés dans l'utérus après un premier stade de segmentation, les autres seront conservés et congelés en vue d'une implantation ultérieure au cas où la première opération n'aura pas réussi. Mais le plus souvent, ces oeufs surnuméraires restent en congélation ou sont détruits.

L'utilisation des embryons surnuméraires à des fins autres que le replacement dans le sein maternel soulève des problèmes d'ordre médical, légal, juridique et social.

2- A ce sujet, il convient de se prononcer sur les questions suivantes :

- La mise en culture des embryons surnuméraires ;

- L'évolution de ces embryons hors de l'utérus maternel ;

- Leur utilisation pour la recherche scientifique ;

- Leur utilisation dans un but thérapeutique.

Bien qu'ils ne s'intègrent pas directement dans la problématique examinée ici, les points un et deux n'en demeurent pas moins importants pour notre propos. Pour établir en effet la légalité de l'utilisation des embryons surnuméraires, on devra partir du principe que leur mise en culture est licite ou qu'elle réponde à des besoins utilitaires impérieux ; de même, il faudra admettre la licéité du développement extra-corporel de ces embryons pour pouvoir se prononcer en faveur de leur utilisation à différents stades de leurs évolutions, notamment après la mise en place des organes.

3- Lors de la deuxième session de l'Académie du Fiqh consacrée aux bébés-éprouvettes, tenue à Djedda en 1407 H/1986, j'avais souligné la nécessité d'examiner le problème des embryons surnuméraires. Mon propos n'est pas ici de reprendre ce qui avait été dit au cours des débats sur ce sujet. Je voudrais tout simplement insister sur un point auquel on n'avait pas donné toute l'importance qu'il mérite : pour augmenter les chances de succès d'une FIVETE, on procède à la fécondation extracorporelle de plusieurs ovules ; il en résulte  plusieurs embryons qui seront ensuite congelés. Or, on ne s'est pas trop arrêté au problème, crucial, du commencement de la vie. A ce sujet, nombreux sont les avis juridiques qui, statuant sur l'avortement, persistent à considérer que la vie commence dès le premier instant de la fusion des deux gamètes, mâle et femelle. Que se passera-t-il alors si le premier oeuf (fécondé in vitro) implanté dans l'utérus donne lieu à la grossesse ? Quel sort réserver aux oeufs surnuméraires : les détruire ou les utiliser pour la recherche expérimentale ?

Faudrait-il imposer une nouvelle restriction en matière de procréation extracorporelle (FIVETE) ? On pourrait par exemple recommander que l'opération se pratique de façon progressive :  on met en contact les gamètes mâle et femelle et si l'intervention échoue, on recommence jusqu'à obtenir une fécondation réussie. Cela permettra d'éviter de se trouver avec plusieurs embryons surnuméraires condamnés à être supprimés. Il faut tenir compte également, à cet égard, du fait que l'avortement, avec sa cohorte de risques incalculables, est devenu de nos jours une pratique fort préoccupante.

Si donc on autorise la destruction des embryons surnuméraires issus d'une FIVETE, ne pourrait-on pas en faire autant avec les embryons avortés aux premiers stades de grossesse ? Beaucoup d'Oulémas émettent des réserves à cet égard. Mais la décision relative aux bébés-éprouvettes, issue de la troisième session (de l'Académie du Fiqh) ne fait aucune mention des embryons congelés. J'ai d'ailleurs rappelé, lors de la quatrième session de cette même instance, la nécessité de revoir la décision autorisant la fécondation in vitro et transfert d'embryon (FIVETE) ou, du moins, de la soumettre à certaines conditions (outre les restrictions déjà imposées) : il faut éviter de féconder in vitro un grand nombre d'ovules, car cela donnera lieu à des embryons surnuméraires qui, s'ils ne sont pas utilisés à des fins de transplantions, seront tout bonnement détruits ; or, autoriser un tel acte revient à tolérer un meurtre.

Il convient donc de limiter le nombre d'ovules au minimum nécessaire au succès de la fécondation(5). Ces restrictions, je les avais déjà formulées lors de la deuxième session à propos des bébés-éprouvettes. Mais elles n'ont pas été prises en considération par la session suivante. Pourtant, le respect dû à la vie humaine nécessite la prise de dispositions médicales empêchant la constitution d'embryons en surnombre.

4- D'après les médecins(6), les oeufs fécondés surnuméraires, sont, dans l'état actuel du progrès scientifique, de trois sortes :

i- Oeufs au stade de 8 à 16 cellules : celles-ci sont encore totipotentes, c'est-à-dire que chacune d'elle est capable de participer à tous les tissus de l'organisme et de se comporter comme un oeuf fécondé capable de se développer à terme ;

ii- Oeufs au stade de 32 cellules : ce stade représente le moment du développement embryonnaire où les cellules commencent à se différencier et à se préparer à assurer les fonctions qui leur seront assignées dans l'organisme ;

iii- Oeufs au stade de deux semaines après la fécondation :  ce stade se caractérise par la mise en place de l'ébauche du système nerveux ; l'embryon est déjà sensible à certaines sensations (de douleur par exemple).

On laisse rarement les oeufs fécondés évoluer jusqu'à ce stade. Ainsi, la Commission Warnock (The British Commitee of inquiry into human fertilization and embrylogy), composée de médecins, de théologiens et de juristes, a suggéré que l'oeuf fécondé in vitro ne doit pas être laissé se développer au delà du 14ème jour après l'insémination, car c'est  après ce stade qu'apparaissent la ligne primitive et l'ébauche du système nerveux, lequel marque le début de la vie humaine proprement dite(7).

Les pré-embryons précités, étant à des stades très précoces de leur évolution, ne peuvent donc pas servir à des fins de transplantation ; ils peuvent cependant fournir des cellules utiles pour le traitement de certaines maladies.

5- La question se pose à présent de savoir dans quelle mesure ces embryons peuvent être utilisés pour des besoins thérapeutiques ou pour la recherche expérimentale. La réponse à cette question dépend de deux autres points subsidiaires :

i- la qualification légale pour ce qui est de la fécondation et de la mise en culture d'ovocytes en surnombre : si l'on considère cette pratique prohibée alors il doit en être de même de l'utilisation des embryons qui en seront issus ; mais si on autorise la fécondation d'oeufs pour les besoins exclusifs de la procréation in vitro, sera-t-il permis de les utiliser à d'autres fins ?  Cette question est liée au deuxième point suivant:

ii- Ces embryons jouissent du respect de leur intégrité en tant qu'individus humains potentiels ? Est-il permis de les détruire, de les laisser dépérir ? Est-il légalement admissible de les utiliser aux stades pré-implantatoires ou faudra-t-il attendre qu'ils soient transférés dans l'utérus et qu'ils s'y développent jusqu'au moment jugé opportun ?

6- Nos docteurs de loi ne se sont pas prononcés à propos de la destruction et de la mise à mort des oeufs fécondés considérés ici, car il s'agit là d'un problème récent. Ils ont toutefois abordé un cas similaire, à savoir les embryons conçus dans l'utérus maternel et qui en sont aux premiers stades de leur formation. Trois avis différents ont été formulés à ce sujet :

- Qu'elle soit provoquée par un coup ou tout autre moyen, l'expulsion provoquée d'un embryon au stade de la "mudgha"(chair comme mâchée), de la "'alaqat"(adhérence, quelque chose qui s'accroche) ou à un autre stade, est passible, d'une indemnité (ghurrat) (8) évaluée au dixième du prix du sang (diyat).

- L'avortement qui se produit avant l'individualisation de l'embryon n'entraîne aucune sanction ;

- L'avortement provoqué avant l'insufflation de l'âme (c-à-d, avant le 120ème jour de gestation) n'entraîne aucun effet légal.

La première opinion est celle de la majorité des Malikites ; la seconde est partagée par les Shafi'ites, les Hanbalites et la majorité des Hanafites ; la troisième, enfin, est attribuée à Ibn Rushd (parmi les Malikites) et à certains Hanafites (9). Dans ce qui suit, nous citerons quelques textes exposant chacune des ces opinions.

a- Ibn Qudâma écrit, dans le Moughnî : "La mère qui expulse hors de son utérus quelque chose qui n'a pas encore la forme d'un être humain ne risque rien, car on ne peut pas savoir avec certitude s'il s'agit d'un embryon ; mais si elle expulse une “moudgha” (masse flasque comme la chair mâchée) et que des sages-femmes d’honorabilité incontestable (thiqa) attestent que ladite masse présente une forme humaine discernable, alors elle est condamnée au paiement d’une indemnité.

 

Quant à l'avortement d'un embryon qui présente les premiers indices caractéristiques d'un être humain et qui aurait pu se développer à terme si on l'avait laissé faire, deux opinions se sont exprimées : la première considère qu'un tel acte ne produit aucun effet légal puisque l'embryon avorté n'a pas encore acquis sa pleine forme humaine; il est de ce fait assimilé à la 'alaqa" (adhérence) dont l'expulsion n'entraîne aucune sanction. De surcroît, partant du principe de la présomption d'innocence, on ne peut condamner la mère sur de simples soupçons.

La deuxième opinion soutient au contraire que l'expulsion d'un embryon qui commence à se former et à s'individualiser est passible d'une "ghurra" ; cette solution ne vaut pas pour la "nutfat"(goutte de sperme pénétrant l'ovule) et la 'alaqa (lit adhérence, quelque chose qui s'accroche)(10).

b- Al-Qurtoubi a exposé, dans le passage ci-après, les avis, un et deux, sus-mentionnés :

" La nutfa (liquide spermatique du père introduit dans l'utérus) ne représente rien qui puisse être identifié avec certitude et n'entraîne aucun effet légal si elle est expulsée de l'utérus avant qu'elle ne s'y est agglutinée (ijtama'at) ; à ce stade elle n'a pas encore changé de nature. Ce qui n'est pas le cas lorsque la nutfa se fixe et s'agglutine dans l'utérus, donnant lieu à la "alaqa" (adhérence) qui marque le premier stade de formation embryonnaire. Il s'ensuit que l'expulsion d'un oeuf au stade de "alaqa", de la "moudgha" (masse de chair comme mâchée) et au delà, constitue une interruption de grossesse qui met fin à la "idda"(retraite légale de la femme répudiée ou veuve). C'est l'opinion de Malik (que Dieu soit satisfait de lui) et de ses adeptes. Pour sa part, Ashafi'î soutient que l'expulsion de la "alaqa" ne compte pas. Ce qui est à considérer, c'est l'ébauche de la forme humaine (de l'embryon) ; si celui-ci se présente comme une masse informe, deux solutions sont avancées, s'appuyant sur des preuves scripturaires et sur l'interprétation déductive. On retient l'opinion selon laquelle l'expulsion de l'oeuf à ce stade met un terme à la "idda" (retraite légale)(11).

c- Ibn Arabî, après avoir évoqué certains effets légaux découlant de l'expulsion de l'embryon, conclut : "ces effets n'auront pas lieu si l'embryon n'est pas encore formé" (12). Ailleurs, il ajoute : "tant qu'il (l'embryon) n'a pas pris une forme discernable, il est considéré légalement comme inexistant"(13). Il entend par là que son expulsion à ce stade n'entraîne pas les effets légaux prévus en cas d'avortement d'un embryon formé : la prière des morts, assignation d'un nom, lavage rituel, mise en linceul etc.

d- Ibn Rushd dans son ouvrage Bidâyat al-mujtahid privilégie la troisième opinion ; il écrit : "Il y a divergence d'opinions au sujet de l'embryon dont l'expulsion entraîne une compensation pécuniaire (ghurrat)). Ainsi, pour Malik, celle-ci s'applique qu'il s'agisse d'une "alaqa" (adhérence), d'une "moudgha"(masse de chair comme mâchée) ou d'une toute autre chose qui indique la constitution d'un embryon humain. Shafi'î, en revanche, considère que l'acte n'est punissable que lorsque l'embryon acquiert une forme humaine discernable et, de préférence, animée de l'esprit. Autrement dit, la "ghurra" devient obligatoirement payable s'il a été établi avec certitude que l'embryon est déjà animé de la vie"(14).

e- Dans sa Hachiyat (glose), Ibn 'Abidîne, résume les opinions d'un certain nombre de jurisconsultes sur la question : "la "ghurrat" ne s'applique pas avant l'apparition de certaines formes caractéristiques de l'embryon ; l'avortement provoqué avant ce stade n'entraîne aucune sanction"(15).

7- Voici quelques Hadiths du Prophète qui évoquent les premiers stades de développement embryonnaire (avant les formations discernables de l'embryon et l'insufflation de l'esprit) :

a- D'après Hudayfa Ibn Usayd Al-Ghifârî, le Prophète (à lui bénédictions et salut) a dit : "Lorsque la goutte de sperme (nutfa) passe 42 nuits (dans le sein de la femme), Dieu lui envoie un Ange qui la façonne et forme son ouïe, sa vue, sa peau, sa chair et ses os ; après quoi il demande : "Seigneur ! sera-t-il mâle ou femme ?". Dieu en décide comme Il lui veut et l'Ange inscrit..."(16).

b-  Abdallah Ibn Mas'oud rapporte que le Prophète (à lui bénédictions et salut) a dit : " (la semence) dont vous êtes issus, se constitue dans la matrice maternelle où elle demeure quarante jours avant de devenir une "alaqa"(adhérence) ; elle reste dans cet état pendant une durée équivalente puis se transforme en "moudgha" (masse de chair comme mâchée) ; après quoi, Dieu envoie vers elle l'Ange qui lui insuffle l'esprit et qui reçoit l'ordre d'inscrire quatre choses : d'où il (l'être conçu) tirera sa subsistance, ce que seront ses actions, le terme de sa vie et son destin"(17).

D'après Ibn Rajab, le hadith précité est considéré unanimement comme authentique et a reçu l'agrément de la Oumma islamique (18) et l'auteur d'ajouter: "ce hadith montre que sa formation (l'embryon) dure 120 jours et passe par trois étapes de 40 jours chacune : le stade de la "nutfa" (goutte de sperme) ; de la "alaqa" (adhérence) ; puis de la "moudgha". Au 120ème jour, l'Ange lui insuffle l'esprit"(19).

8- Par ailleurs, nombreux versets coraniques ont évoqué les étapes de formation embryonnaire ; en voici quelques-uns:

a- "Nous avons crée l'homme d'argile fine (sulâlat min tîne), puis nous en avons fait une goutte de sperme contenue dans un réceptacle solide ; puis, de cette goutte nous avons fait "quelque chose qui s'accroche"(alaqat), puis de cette masse nous avons crée des os ; nous avons revêtu les os de chair, produisant ainsi une autre création. Béni soit Dieu, le meilleur des Créateurs !"(XXIII, versets 12-14).

b- "Nous avons crée l'homme, pour l'éprouver, d'une goutte de sperme et de mélanges (amsâj)...(LXXVI, verset 2). Le mot "amsâj" désigne, selon nombre de commentateurs, le mélange de l'élément mâle et de l'élément femelle (23).

c- "Que l'homme périsse ! Quel impie! De quoi Dieu l'a-t-il crée ? D'une goutte de sperme. Il l'a créé et il a fixé son destin..."(LXXX, 17).

d- " O vous les hommes ! Si vous êtes dans le doute au sujet de la résurrection, sachez qu'en vérité, c'est nous qui vous avons créé de la poussière, puis d'une goutte de  sperme, puis d'une 'alaqat (lit. quelque chose qui s'accroche), puis d'une masse flasque (de chair), formée ou non. - Nous vous l'expliquons ainsi- Nous déposons dans les matrices ce que nous voulons jusqu'à un terme fixé ; puis nous vous en faisons sortir petits enfants pour que vous atteigniez plus tard votre maturité"(XXII, 5) ;

e- "...Il vous a créé dans les entrailles de vos mères : création après création dans trois ténèbres..."(XXXIX, verset : 6) ;

f- "N'a-t-il pas été une goutte de sperme répandue, puis une "alaqa"(adhérence)? Dieu l'a créé et formé harmonieusement..." (LXXV, verset : 37-38) ;

g- "Il a créé l'homme de "quelque chose qui s'accroche"(alaq) (XCVI, verset : 2) ;

h- "Dieu vous a créé de terre, puis d'une goutte de sperme..."(XXXV, verset 11).

Les versets qu'on vient de citer décrivent les étapes de la formation de l'embryon et indiquent que les stades de la "nutfa" (goutte de sperme), de la "alaqa" (quelque chose qui s'accroche) et de la "moudgha" (masse flasque comme la chair mâchée) précèdent l'étape de l'apparition de la forme humaine, étape désignée par le Coran comme étant "une autre création"(khalqan âkhara) (XXIII, versets:14).

Ibn Hazm a déduit des deux Hadiths précités que la "alaqa" (quelque chose qui s'accroche) marque le début de la formation de l'embryon ; il écrit : "Il s'agit là de la masse initiale (joumla) à partir de laquelle seront formés ensuite (les organes de ) l'ouïe et de la vue, ainsi que la peau, la chair et les os. Ce qui prouve que la première étape de la formation embryonnaire, c'est bien la "alaqa"(quelque chose qui s'accroche) et non pas la "nutfa" qui est le liquide spermatique"(20).

Les Oulémas soutiennent que l'insufflation de l'esprit intervient au 120ème jour après la conception. A ce sujet, Al-Qurtoubi écrit :

"Les Oulémas sont d'accord que l'embryon est animé de l'esprit après 120 jours de grossesse" (21). On retrouve la même idée chez Nawawî: "les Oulémas, dit-il, s'accordent à reconnaître que l'insufflation de l'âme n'a pas lieu avant quatre mois de gestation"(22).

Un autre jurisconsulte, Al-Jassas, écrit :

"Dieu nous a informés (dans le Coran) qu'il nous a créés à partir de la "moudgha" (masse flasque) et de la "alaqa" (quelque chose qui s'accroche) ; de la  "nutfa" (goutte de sperme) et de la terre. Cela implique que l'enfant à naître (walad), ce n'est ni goutte de sperme, ni "alaqa", ni "moudgha", car si c'était le cas, (le Coran) n'aurait pas dit que le foetus était constitué de ces formes successives ; si chacune de ces formes correspondait elle-même à l'embryon, il serait absurde de dire qu'elles sont ce à partir de quoi celui-ci est créé. Une chose ne peut être la partie d'elle-même. Cela prouve que la "moudgha" qui ne présente pas encore une forme humaine décelable ne doit être prise pour un embryon (walad)" (23).

9- Si donc l'embryon n'acquiert pas une forme humaine discernable aux stades de la "alaqa" et de la "moudgha", quel serait alors le statut des oeufs fécondés au stade d'avant l'insufflation de l'âme ?

Deux auteurs, Ibn Al-Qayyim, dans Al-Bayâne fî aqsâm al-Qur'ân, et Ibn Hadjar Al-'Asqalânî, dans Fath al-bârî, ont avancé que les signes qui indiquent que l'embryon a bien reçu le souffle de l'esprit sont l'apparition des sensations et des mouvements volontaires. Or, ces signes ne peuvent se manifester qu'avec la formation du cerveau dont l'ébauche ne commence à se profiler qu'au 40-42 e jours de vie utérine (24).

Voici ce qu'écrit Ibn Al-Qayem : "A la question : l'embryon peut-il avoir des sensations et des mouvements avant d'avoir reçu le souffle de l'esprit ?", on répond qu'il se caractérise effectivement à ce stade par des mouvements de croissance et de nutrition semblables à ceux des végétaux. Mais ces mouvement ne sont pas le fait d'une volonté. A ces activités végétatives viennent s'ajouter, après l'insufflation de l'âme, les mouvements de volonté et de sensibilité"(25).

Dans le même ordre d’idées, Ibn Hajar écrit : "Il (l'embryon) n'a pas besoin à ce stade de sensibilité et de mouvements volontaires, car il en est de lui alors comme d'une plante. Il n'acquiert les facultés de sensibilité et de volonté qu'une fois animé de l'âme"(26).

On voit donc ainsi que les savants musulmans distinguent la vie végétative et la vie proprement humaine, la première se caractérisant par le mouvement et la croissance, et la seconde, par la sensibilité et la volonté, deux facultés liées à la présence du système nerveux.

10- Mais la question se pose de savoir si la vie végétative a le même caractère intangible et la même dignité que la vie humaine. Les Oulémas, eux, considèrent que la vie humaine a la primauté sur la vie végétative, ce qui ne signifie nullement que cette dernière n'est pas digne du respect. Loin de là.

A ce propos, Al-Ghazalî écrit :

"La pratique du "azl" (retrait de la verge avant éjaculation) n'est pas assimilable à l'avortement et à l’infanticide (waëd) ; ces deux derniers actes constituent en effet des délits contre un être vivant ayant atteint son plein développement. C'est qu'il y a des degrés dans l'ordre de la vie. Le premier stade, c'est lorsque la goutte de sperme introduite dans l'utérus de la femme s'y unit avec le liquide de celle-ci et se prépare à recevoir la vie. Sa destruction est déjà une transgression. La gravité de ce délit s'accroît  à mesure que l'oeuf évolue, en passant par le stade de la "alaqa", puis de la "moudgha". L’acte devient plus grave encore lorsque l'embryon a reçu l'âme et a acquis sa forme harmonieuse. Et le comble du crime, c'est de sévir contre un foetus sorti vivant de l'utérus.

La goutte du sperme considérée ici comme le germe d'un nouvel être est celle qui pénètre dans l'utérus et non pas le simple liquide émis par l'organe génital de l'homme. Car l'enfant n'est pas conçu uniquement à partir de la semence mâle, mais des éléments venant des deux époux"(27).

11- L'inapplication dans certains cas de la sanction compensatoire (ghurra) ne doit pas être interprétée comme une autorisation d'user de l'embryon comme on veut. Si ladite sanction n'est pas appliquée aux stades précoces de l'embryogenèse, c'est que la vie humaine n'apparaît qu'ultérieurement. Mais il est interdit dans tous les cas de porter atteinte à l'embryon. La majorité des Oulémas s'accordent ainsi pour interdire l'avortement à n'importe quelle étape de son évolution, aussi bien avant qu'après l'insufflation de l'âme, sauf pour des motifs d'impérieuse nécessité.

Certains auteurs Hanafites et Shafi'ites soutiennent, en la matière, un avis différent : ils autorisent en effet la mère à expulser son embryon avant le 40ème jour de grossesse, c'est-à-dire, avant qu'il prenne une forme humaine discernable ; d'autres portent ce délai à 120 jours, soit avant la réception de l'âme. On lit à ce sujet dans la Hashiyat (glose) d'Ibn Abidîne :

"Est-il permis d'expulser un embryon conçu ? La réponse est oui, tant qu'aucune de ses parties ne soit mise en place ; or, cette mise en place n'est achevée qu'après 120 jours de gestation".

L'auteur discute ensuite cette opinion, en passant en revue les avis des Oulémas déclarant répréhensible (makrouh) l'avortement au début de la conception ; car, selon eux, le liquide fécondant, une fois pénétré dans l'utérus, constitue déjà un être en devenir. Il précise également que l'expulsion peut être autorisée, pour un motif quelconque, si l'embryon en est encore aux stades de la "alaqa" ou de la "moudgha" et tant qu'aucun de ses organes ne s'est formé.

La durée de formation d'organes est estimée à 120 jours. Cette autorisation, explique l'auteur, se justifie par le fait que l'embryon, pendant ses premiers stades de développement, n'est pas considéré comme un individu humain (âdamiy). C'est celui-ci qui, selon lui, mérite la protection (28).

Après cette revue des opinions exprimées par des jurisconsultes anciens au sujet de la destruction d'embryons aux premiers stades de leur formation, il y a lieu de préciser que les Oulémas modernes se rangent à l'avis de la majorité doctrinale interdisant l'avortement pour d'autres considérations se rapportant à la préservation de la famille et au respect de la morale. Cette attitude sévère à l'égard de la pratique abortive s'explique par le fait que celle-ci favorise de nos jours la fornication et les abus sexuels prohibés, en permettant d'en éliminer les produits. Mais cela ne s'applique pas aux oeufs fécondés surnuméraires.

En fait, il convient, à mon sens, de discuter le problème dans son principe même et de décider s'il est possible d'interdire carrément la constitution d'oeufs surnuméraires. Cela serait à mon avis préférable car, il permettra de préserver la vie humaine et d'empêcher que des médecins sans scrupules la malmènent.

Mais si, pour une raison ou pour une autre, on se trouve avec des oeufs fécondés surnuméraires, il faudra alors qu'ils suivent la voie à laquelle ils sont destinés, c'est-à-dire, qu'ils soient replacés dans l'utérus de la femme donneuse d'ovocytes, si la première implantation ne prend pas ; sinon, ils seront gardés pour être transférés au moment opportun. Mais il n'est pas question de les détruire ou  de les utiliser à d'autres fins, du moment qu'ils renferment des êtres potentiels. Ce sont en effet des êtres qui possèdent des potentialités de développement à terme, contrairement aux embryons avortés avant la réception de l'âme, et qui ont été déclarés avec certitude comme non viables.

Pour terminer, j'espère que la présente session pourra aboutir à une opinion judicieuse sur ce sujet délicat, en tirant profit des autres communications et des discussions qui leur font suite.

Puisse Dieu nous accorder le succès et guider nos pas sur le droit chemin. Louange à Lui, Seigneur des Mondes.

REFERENCES

1. Fayoumi, "Al-Misbâh al-mounîr", vol. I, p. 139 ; Dr. Inass Abbas, "Ri'âyat at-tufûlat fi asharî'at al-islâmiyyat", p. 107 ; "Al-mawsou'at al-fiqhiyyat", vol. II, p. 56.

2. Il est clair que l'avortement est interdit  dans ce cas, mais la question porte ici sur la possibilité d'utilisation des embryons.

3. Voir la revue de L'Académie du Fiqh (Majma' al-fiqh al-islâmî), n° 2, vol. I, pp. 367-368.

4. la revue de L'Académie du Fiqh (Majma' al-fiqh al-islâmî), n° 4, vol. I, p. 470.

5. Voir la communication du Docteur Baslama présentée à cette session, p. 6-8.

6. voir Dr Ali El-bar, "At-talqîh as-sinâ'i wa atfâl al-anâbîb", étude présentée à l'Académie du Fiqh et publiée dans la revue de cette Académie, vol. II, pp. 174, 301.

7. Le mot "janîne", qui désigne au sens premier, tout ce qui est caché, devra être réservé à ce qui est contenu dans l'utérus maternel. L'Académie de la langue arabe- "Mu'jam al-fâz al-qur'ân", vol. I, p. 223. On lit dans le Coran : "Il vous connaissait parfaitement, lorsque il vous a créés de la terre et lorsque vous étiez encore des embryons dans les entrailles de vos mères (adjinnat fî butûni ummahâtikum)"(LIII, 32. On réservera le mot "laqîhat" à l'oeuf fécondé avant l'implantation dans l'utérus.  

8. Voir "al-mawsû'at al-fiqhiyyat", vol. II, p. 59.

9. Qurtoubi, "At-tafsîr", vol. XII, p. 10 ; Ibn Qudâma, "Al-moughnî", vol. VIII, p. 406 ; Al-mutî'î, "Al-madjmou' charh al-muhadab", vol. XVII, p. 383 ; Ibn Abidîne, "Al-Hashiyyat", vol. VI, p. 59.

10. Ibn Qudâma, "Al-mughnî", vol. VIII, p.406.

11. Qurtoubi, "At-tafsîr", vol. XII, p. 9.

12. Voir Ibn Arab, "Ahkâm al-qur'ân", vol. III, p. 1261 ; Al-Qurtoubi, "At-tafsîr", vol. XII, p. 10.

13. Ibid.

14. Ibn Rushd, "Bidâyat al-mujtahid", vol. Vol. II, p. 345.

15. Ibn Abidîne, "Al-Hashiyyat", vol. VI, p. 59.

16. Tradition rapportée par Muslim et autres traditionalistes ; voir Al-Mundirî, "mukhtasar sahîh muslim", vol. II, p. 249.

17. Hadith rapporté par Boukhârî et Muslim et autres traditionalistes ; la version citée est celle de Muslim, voir : voir Al-Mundirî, "mukhtasar sahîh muslim", vol. II, p. 248 ; Ibn Hajar, "Fath al-bârî", vol. VII, p. 114 ; Mohammad Fuwad Abdalbâqi, "Al-lu'lu wa l-mardjân", vol. III, pp. 206-207.

18. Ibn Rajab, "jâmi' al-ulûm wa l-hikam", p. 103.

19. Ibid, p. 105.

20. Al-Qurtoubi, "At-tafsîr", vol. XIX, pp. 120-121.

21. Ibn Hazm, "Al-Muhallâ", vol. XI, p. 640.

22. Al-Qurtoubi, "At-tafsîr", vol. XII, p. 8.

23. Voir : "charh muslim", vol. XVI, p. 891.

24. Al-Jassâs, "Ahkâm al-qur'ân", vol. V, p. 58.

25. Mohammad Ali El-Bar: "At-talqîh as-sinâ'i wa atfâl al-anâbîb", Revue de l'Académie du Fiqh, n° 2, vol. I, pp. 301-302.

26. Ibn Al-Qayem, "At-tabyân fî aqsâm al-qur'ân", p. 255.

27. Al-Ghazâlî, "Ihyâ 'ulûm ad-dîne", vol. II, p. 65.

28. Voir Ibn Abdîne : "Hashiyat",vol. I, p. 429 ; Dr. Inâss Abbas Ibrahim, "Ri'âyat at-tufûlat fî ashrî'at al-islâmiyyat", pp. 109-110.

 - Président de séance, Dr  Ahmad Ghandouri

Je remercie le Dr Abdessalam Al-Abbadi pour sa remarquable et savante communication. Pour approfondir davantage les aspects juridiques de la question relative à l'utilisation des embryons avortés ou surnuméraires, comme le souhaitent les éminents docteurs de la loi ici présents, nous avons le plaisir d'accorder au Professeur Omar Soulaymane Al-ashqar quelques minutes pour faire son exposé. Nous ouvrirons ensuite le débat pour discuter les trois communications présentées.

 

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