Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

2.1.5 Anencéphalie et transplantation d’organes

2.1.6 Utilisation des embryons avortés, des oeufs fécondés in vitro et du tissu foetal à des fins d'expérimentation et de transplantation d'organes

Dr MOHAMED ALI AL-BAR
Royaume d'Arabie Saoudite

Introduction

La réalisation des expériences et des recherches sur les embryons humains ne date pas d'hier ; elle remonte en effet à des époques très lointaines. Galien et Hyppocrate (médecins grecs) procédaient à des examens sur les embryons avortés...Au XV ème siècle, Léonard de Vinci, (médecin, savant, musicien, artiste, astronome et mathématicien italien) réalisait des études sur certains embryons.

Ces études avaient pour but d'approfondir la connaissance de l'anatomie de l'embryon, sa constitution et les étapes successives de son développement. Les résultats importants et de plus en plus précis qui ont été ainsi obtenus ont permis aux scientifiques de mieux comprendre l'embryogenèse. On a pu également avoir des renseignements précieux sur l'origine des différentes anomalies observées par les pédiatres à la naissance ou plus tard. Les mécanismes de la formation embryonnaire et des cause des l'arrêt du processus embryogénique ont pu ainsi être élucidés.

A l'heure actuelle, le tissu foetal est utilisé dans plusieurs domaines scientifiques. Ainsi, l'on étudie actuellement, en cancérologie, les antigènes oncofoetaux dans bon nombre d'organes embryonnaires, tels que le cerveau, le pancréas et le thymus. En virologie, des organes embryonnaires comme le foie, les poumons et les reins ont été utilisés dans le but d'isoler certains virus et fabriquer les vaccins antiviraux appropriés. En endocrinologie, on recourt à des glandes foetales, en particulier la glande surrénale, pour réparer des carences hormonales. Dans le domaine de la biochimie génétique, le foie, le poumon, le cerveau et le chorion embryonnaires ont servi à l'étude de certaines enzymes et à l'identification des défauts congénitaux de métabolisme. En hématologie, des organes foetaux tels le foie, la rate et la moelle osseuse ont fourni un matériau utile pour l'étude des processus d'hématopoïèse. La biologie, toutes branches confondues, se sert des embryons pour déterminer les groupes sanguins, étudier la formation des organes génitaux et des glandes reproductrices, mais aussi pour l'examen cytologique, la préparation de l'ARN messager et l'analyse des caractéristiques du tissu chorionique. Dans le domaine de l'immunologie, les recherches se sont intéressées à des aspects aussi variés que la préparation des anticorps, des antigènes et des anticorps monoclonaux(1).

Il existe actuellement des banques de tissus foetaux destinés à des fins expérimentales. Des tentatives ont été faites au cours de ces vingt cinq dernières années en vue de l'utilisation du tissu foetal dans le traitement de certaines maladies chroniques, inaugurant ainsi une nouvelle ère en matière de transplantations du tissu foetal et des greffes d'organes en général.

Les scientifiques ont réussi, depuis déjà  un certain temps, à  extraire du chorion l'hormone gonadotrophine chorionique (HCG). Ils utilisent également la membrane amniotique et les membranes entourant l'embryon dans le traitement des brûlures ainsi que d'autres maladies.

Pour mieux comprendre la question de l'utilisation des embryons, il convient tout d'abord d'aborder le problème de l'avortement.

Avortement ou interruption volontaire de grossesse

Il existe deux types d'avortement :

1- Avortement spontané

C'est l'expulsion de l'embryon qui survient naturellement et sans l'intervention d'un tiers. Elle peut être imputable à plusieurs raisons : erreur chromosomique induisant une anomalie de l'oeuf fécondé, malformation congénitale de l'appareil reproducteur de la femme, maladies générales comme le diabète insipide, des maladies vénériennes et rénales, déficience de la progestérone chez la mère, entre autres.

L'avortement spontané survient normalement à une étape précoce de la grossesse et représente, selon certains chercheurs, 78% des cas d'avortement précoce (3).

Par ailleurs, pas moins de 20% des cas d'avortement surviennent spontanément. Il existe plusieurs types d'avortement spontané, classés suivant le stade embryonnaire pendant lequel ils se produisent : avortement imminent, avortement inévitable, avortement invisible, avortement répété, etc.

2 -Avortement provoqué

Désigné dans le passé comme "avortement criminel' et puni comme tel par la loi, il est désormais légalisé par la plupart des pays occidentaux et socialistes. D'où son appellation actuelle d'avortement électif (ou volontaire). L'on recense aujourd'hui pas moins de 50 millions de cas d'avortement provoqué (criminel), répartis à parts égales entre les pays en développement et les pays socialistes ou à économie libérale. Au Japon, par exemple, deux millions de femmes pratiquent annuellement une interruption volontaire de grossesse (I.V.G.); en Union Soviétique, le nombre des I.V.G. varie entre deux et trois millions, contre 1,6 millions aux USA ; un million en Espagne et au Portugal ; un million et demi dans les autres pays d'Europe occidentale.

D'après l'Encyclpaedia Britannica (4),  50% de grossesses en France et au Japon sont interrompues volontairement, soit de façon légale, soit clandestinement. En Allemagne occidentale, aux Pays-Bas et au Danemark, le taux d'avortement provoqué est de 25%. Les partisans de la contraception (5) affirment que "l'utilisation des moyens de contraception va de pair avec l'avortement, les deux pratiques  se développant corrélativement. En Corée du Sud, l'avortement et les moyens contraceptifs contribuent à la limitation des naissances, à raison de 33% et 67% respectivement."

L'auteur du livre The Piu estime que 40 millions d'embryons sont tués par année au moyen de l'avortement provoqué, dont la moitié au moins de manière illicite. Le bilan de ces avortements est lourd : deux cent mille femmes y laissent leur vie tandis que des milliers d'autres s'en trouvent atteintes par des maladies diverses, dont la stérilité définitive"(6).

Ce qui précède montre que le nombre d'embryons objets d'avortement spontané ou criminel compte par millions, dépassant probablement les cent millions d'embryons par an.

Exploitation des embryons pour les transplantations d'organes

L'exploitation de ces embryons, condamnés à être jetés, incinérés ou inhumés (chose rare), semble, en apparence du moins, une entreprise humaine fructueuse. Dès les années 1960, les cellules de la moelle osseuse ont été utilisées pour le traitement de certaines maladies rares provoquées par un déficit immunitaire.

C'est au début des années 80, et plus exactement le 30 mars 1982, que des chirurgiens de l'hôpital Karolinska, Stockholm, Suède,(7) ont procédé au prélèvement des cellules surrénales d'embryons pour leur transplantation sur des malades atteints de la maladie de Parkinson. Des cellules surrénales foetales ont été ainsi greffées sur le cerveau d'un malade parkinsonien, puis sur le noyau caudal. Une amélioration sensible s'en est suivie au cours de la première semaine. Mais  le malade est vite retourné  à son état initial.

Une année plus tard (5 mai 1983), les chirurgiens de ce même hôpital ont procédé à  une autre intervention sur un deuxième malade âgé de 46 ans. Le lendemain de l'opération, l'état de santé du malade s'était amélioré de façon stupéfiante. Cette amélioration ne s'est pas cependant poursuivie au même rythme ultérieurement, bien que, six mois après, le malade se sente mieux qu'avant l'opération.

Depuis, ce type d'opérations a connu une extension rapide en Suède, au Mexique ainsi que dans certains centres des États Unis. Bien qu'elles en soient encore au stade expérimental, ces interventions ont déjà obtenu un succès remarquable, permettant ainsi d'ouvrir de nouveaux horizons pour le traitement d'autres maladies du système nerveux telle que la sénilité précoce plus connue sous le nom de la maladie d'Alzheimer, ou des maladies de la démence présénile, telle que la chorée de Huntington.

Lois et règlements en matière de l'utilisation des embryons pour les recherches médicales

Avec l'expansion que connaît actuellement l'exploitation des embryons dans le domaine de la recherche et le taux sans cesse croissant d'avortements provoqués, des commissions médicales et juridiques ont été mises en place en vue d'examiner les problèmes posés par ces pratiques et formuler des avis à ce sujet ; cela, afin de prévenir tout abus en la matière et d'éviter des grossesses sur commande, destinées uniquement à fournir les foetus requis pour les besoins de la recherche ou des transplantations d'organes. Dans son numéro d'avril 1988, la revue de recherche médicale, Clinical Research, (8) a publié un compte-rendu des recherches entreprises dans ce domaine ainsi qu'une liste des rapports émanant de différents comités d'éthique :

1- Rapport de la Commission Peel, Royaume Uni, 1972.

2- Rapport de l'Agence nationale, USA, 25 juillet 1975.

3- Rapport du Conseil consultatif  américain de l'éthique médicale sur l'embryoscopie, 23 février 1979.

4- Rapport de la Commission d'éthique des recherches médicales en Australie sur l'utilisation des embryons pour la recherche et les transplantations d'organes, octobre 1983.

5- Rapport du Comité national d'éthique français, 22 mai 1984.

6- Rapport du Conseil européen lors de la Réunion parlementaire, Recommandation 1046 du 24 septembre 1986.

Des dizaines d'articles et de travaux de recherche ont été consacrés à cette question vitale, ainsi que deux importants ouvrages, en anglais, The Ethics of Foetal Research, de Paul Ramsy (1975)(9) et The Foetus as Transplant Donor (l'embryon comme donneur d'organes), de Peter McCullagh (1978)(10). Dr Walters, pour sa part, a répertorié plus d'une cinquantaine d'études scientifiques sur l'usage des embryons à des fins de recherches et de transplantations d'organes, parues entre 1973 et 1987.

L'attention dans ces recherches s'est focalisée sur l'utilisation des embryons viables et des foetus abortifs qui meurent ou qui sont détruits après leur expulsion de l'utérus.

On peut difficilement imaginer, en dehors du corps médical, que les avortements provoqués au deuxième et au troisième trimestres de grossesse entraînent la destruction d'embryons vivants ou viables (11). En effet, à compter du sixième mois de gestation (24 semaines)  l'embryon peut survivre grâce aux appareils modernes de réanimation. D'après les scientifiques, ces appareils sont appelés à se perfectionner encore davantage et vont donc permettre de sauver des embryons plus petits par leur âge et leur poids. On arrivera ainsi, peut-être dans un avenir proche, à maintenir en vie des embryons de vingt semaines environ. L'avortement au cours du 2ème et 3ème trimestres de grossesse se fait par hystérectomie et par l'usage des hormones simulatrices de l'accouchement : les prostaglandines et l'ocytocine.

Il s'agit, en fait, dans ce cas là, d'un accouchement prématuré. Ce type d'avortement, certes relativement rare, est légalisé tant par des pays socialistes que capitalistes où l'avortement peut être pratiqué jusqu'à la 28ème semaine, en Grande Bretagne et dans les pays socialistes, et à la 24ème semaine aux USA.

Or, parvenu à ces stades de son développement, l'embryon est déjà vivant et viable après accouchement. Le détruire revient, dès lors, à commettre un infanticide avec préméditation. En vérité, les lois autorisant l'avortement tardif sont source de beaucoup de confusion. Aussi des comités ad hoc sont-ils mis sur pied en vue de réviser et ou d'amender ces lois. Au Canada, par exemple, l'avortement tardif ne peut plus se faire au delà de la vingtième semaine de grossesse. D'autres pays ont suivi l'exemple canadien, tels les Etats Unis, où de fortes pressions sont exercées pour ramener à 24  semaines la période maximale de l'avortement légal. Or, même en fixant la limite à 20 semaines, le problème n'est pas pour autant résolu, car, à ce stade, l'embryon expulsé de l'utérus est déjà animé de la vie, quant bien même il la perd ensuite.

Le problème, en fait, ne réside pas autant dans les besoins de la recherche ou de l'utilisation du tissu foetal que dans les lois qui légalisent l'avortement. La liberté d'avorter en fonction de la demande ou pour des causes sociales soulève des interrogations poignantes, car si la mère est  à l'origine de la mort de son propre embryon, peut-elle prétendre au droit d'en faire don  à des fins de recherches médicales. Si la réponse est négative, à qui revient donc ce droit ?

L'Islam n'autorise pas l'avortement au-delà du 120ème jour de gestation, pour quelque motif que ce soit (sauf en cas de danger de mort pour la mère, auquel cas la grossesse est interrompue; il s'agit donc là plutôt d'un accouchement prématuré qui, le plus souvent, n'entraîne pas la mort de l'embryon). De tels problèmes n'ont donc pas lieu de se poser dans une société islamique, appliquant les enseignements et les lois islamiques.

Nos honorables docteurs de la loi, par ailleurs, s'opposent à l'avortement, même avant le stade du 120ème jour, sauf pour des motifs médicaux impérieux. Certains d'entre eux l'interdisent à compter du 40ème jour de grossesse, d'autres, enfin, le condamnent de façon absolue, sauf s'il y va de la vie de la mère.

Ces restrictions imposées à l'avortement ( interdiction sauf pour des raisons strictement médicales au-delà du 120ème jour de conception ...) permettent d'écarter maints problèmes relatifs à  l'utilisation des embryons.

En revanche, dans le cas d'avortement spontané, la mère est autorisée à faire donc de l'embryon abortif à des fins de recherches médicales, à condition que cela se fasse de son plein gré et sans contrainte. Les fausses couches surviennent généralement au cours du premier trimestre de grossesse.

A l'évidence, les chercheurs et autres utilisateurs du tissu foetal à des fins de transplantation d'organes souhaiteraient disposer de ce tissu vivant. D'où leur souci de recourir à des embryons vivants ou fraîchement morts. Car, après la mort, les organes ne tardent pas à se dégrader, devenant ainsi impropres à la transplantation. Ainsi, pour éviter ces inconvénients, on procède à une interruption de grossesse au moyen de la technique de l'aspiration sous vide, par induction d'accouchement ou par hystérectomie. La Commission de l'éthique médicale d'Australie a mis l'accent, dans son rapport, sur le caractère illicite de prélèvement de tissus embryonnaires aux fins de transplantations ou de recherches tant que l'embryon est encore vivant.

Or, comme la mort de l'embryon ne signifie pas nécessairement celle de ces tissus, ceci permet aux médecins et aux scientifiques d'entreprendre leurs recherches dans l'intervalle séparant la mort de l'embryon et de celle de ses tissus.

Le rapport du Comité National d'Éthique français a examiné, quant  à lui, la question relative à l'emploi des embryons précoces (avant la vingtième semaine) et les embryons plus âgés (au-delà de la vingtième semaine) aux fins de recherches, de transplantation et de culture des tissus ; le rapport se dit favorable à l'utilisation des embryons précoces ; pour les  foetus ayant atteint un âge plus avancé, il considère qu'ils ne doivent faire l'objet d'exploitation qu'après la mort, dont le constat est établi d'après l'arrêt des fonctions cardiaque et respiratoire.

La décision du Conseil européen de 1986 abonde dans le même sens que celle formulée par le Comité d'éthique français en 1984.

Dans ces circonstances, l'anencéphalie ne pourra servir de diagnostic, la mort étant déterminée par l'arrêt du coeur et de la respiration.

En outre, les diverses commissions ont convenues de classer les  embryons en trois catégories :

1. Embryons non-viables : Ce sont les embryons de moins de vingt semaines, pouvant être utilisés, même vivants, à des fins de recherche, de transplantations d'organes ou de tissu, sous réserve du consentement du couple parental.

2. Embryons viables : Ce sont les embryons qui ont atteint ou dépassé la 20ème semaine de gestation, et dont le poids varie entre 400 et 500 grammes. Il s'agit d'embryons susceptibles de vivre de façon indépendante en dehors de l'utérus.

Ces embryons, ou leurs tissus, ne peuvent être utilisés qu'après leur mort, naturelle évidemment. Dès lors, ils doivent bénéficier auparavant de tous les moyens de réanimation disponibles. Or, tout se passe ici comme si le but est de se débarrasser de l'embryon, au lieu de viser à sauver la vie d'un être né prématurément. Cela pose donc un redoutable problème. D'autant que les commissions spécialisées ont autorisé l'utilisation de ces embryons après leur mort naturelle.

Il convient de rappeler dans ce contexte que l'accord du couple parental, ou de la mère au moins (le père étant le plus souvent introuvable) doit être exigé.

3. Embryons sortis vivants de l'utérus mais incapables de vivre extra-utéro de façon indépendante : Ces embryons, dont l'âge varie entre vingt et vingt quatre semaines, posent un problème délicat aux juristes. A cet égard, la Commission australienne, ainsi que d'autres commissions d'éthique, ont décidé d'autoriser l'utilisation d'embryons dont le poids ne dépasse pas 300 grammes, ceux qui sont d'un poids supérieur ne pouvant être exploités qu'une fois leur mort confirmée par le constat de l'arrêt cardiaque et respiratoire (alors que les tissus et les cellules sont encore vivants).

En vertu de cette disposition, il est donc possible d'utiliser le tissu vivant d'un embryon mort  à des fins de transplantations d'organes et de recherches.

Rappelons à ce sujet qu'après la mort de l'embryon, ces tissus ne peuvent se maintenir en vie que pendant une très courte durée : de quelques minutes pour les cellules nerveuses à 12 heures à peu près pour des organes comme  la peau et les os. Ce problème ne se pose pas pour les pays islamiques, pour les raisons suivantes :

a- Les recherches portant sur les embryons se limitent actuellement  aux cas classiques des embryons morts.

b- L'absence de projets de recherches avancées en matière de transplantation des tissus.

c- Les lois des pays islamiques n'autorisent l'avortement que pour des motifs médicaux. La grossesse est généralement interrompue aux débuts du développement embryonnaire.

Certains pays, comme la Tunisie et le Yémen du Sud, autorisent l'avortement pour des raisons sociales. D'autres, telle la Turquie, hésitent entre la légalisation de l'avortement et sa prohibition. Mais en tout état de cause, le problème soulevé n'affecte pas ces pays, vu l'absence de recherches avancées.

Ce bref exposé a permis de faire un tour d'horizon des problèmes posés par l'utilisation des embryons pour la recherche et les transplantations d'organes. Il reste cependant deux sujets essentiels en matière de recherches embryologiques et qui ont des implications dans le monde islamique d'aujourd'hui.

Il s'agit, premièrement, des bébés-éprouvettes et des embryons congelés, et deuxièmement, de l'embryon anencéphale.  C'est ces deux sujets que nous allons brièvement aborder dans ce qui suit.

Embryons congelés

Depuis peu, les pays arabes ont vu se multiplier des centres de procréation artificielle (F.I.V.E.T.E). Cette expansion est due à diverses raisons, parmi lesquelles : les bénéfices matériels considérables rapportés par cette technique ; la publicité faite autour de cette question surtout par les médias ; le taux important de personnes stériles déçues par les autres thérapies et voyant dans la FIVETE le remède miracle à leur infertilité.

Actuellement, il existe trois centres de procréation in vitro à Djedda à finalité purement commerciale, deux centres à  Amman, et je ne sais combien au Caire et dans les autres capitales et villes arabes.

Pour les besoins de l'insémination artificielle, les médecins font usage de substances médicamenteuses simulatrices d'ovulation, et ce, afin d'obtenir plusieurs ovocytes.

Dr Abdullah Bassalamah a souligné, dans son exposé présenté  à la 6ème session de l'Académie du Fiqh, le profit qui peut être tiré des embryons avortés et excédentaires dans le domaine des expérimentations scientifiques et des transplantations d'organes. C'est ainsi, a-t-il rappelé, qu'il a été possible de ponctionner jusqu'à 50 ovules sur une seule femme, et qu'un centre de procréation artificielle dispose d'un surplus de 1208 foetus provenant de 432 fécondations in vitro et conservés par voie de congélation.

Ces embryons, aux stade de 4-8 cellules, sont congelés à l'azote liquide. ILs peuvent être réimplantés dans l'utérus pour s'y développer. Selon la Commission Warnock, il est possible de laisser croître (in vitro) et d'utiliser les embryons jusqu'au quatorzième jour de conception, date à partir de laquelle apparaît la ligne primitive, marquant le début de la formation du système nerveux ; cette autorisation est cependant soumise au consentement du couple parental (12) (13).

La Commission d'éthique médicale des USA a également approuvé l'utilisation des foetus fécondés in vitro jusqu'au quatorzième jour de leur croissance(14).

Le débat reste cependant ouvert pour ce qui est de l'âge embryonnaire au-delà duquel il ne peut plus y avoir d'utilisation à des fins de recherches ou de transplantations. Certains médecins et autres scientifiques essaient de prolonger la durée pendant laquelle l'embryon est légalement exploitable bien au-delà de la date limite de 24ème jour de conception. L'attitude juridique à cet égard n'est pas encore suffisamment claire.

Bon nombre de médecins et de scientifiques font prévaloir les bénéfices qui peuvent être tirés des tissus embryonnaires, en matière, par exemple, du dépistage de diverses maladies génétiques. De plus, les embryons offrent une réserve précieuse d'organes utilisables à des fins de transplantation, en raison des potentialités de développement qui caractérisent les tissus embryonnaires et les rendent plus utiles encore que les organes prélevés sur les cadavres ou les donneurs adultes.

Dr Edwards Steptoe (le premier à réussir une naissance après fécondation in vitro) estime que si les lois dans les pays occidentaux et ailleurs autorisent l'I.V.G., et partant, la destruction des embryons vivants âgés, pour certains, de quelques mois, elles doivent en faire de même pour les expérimentations scientifiques sur les mêmes embryons conservés par voie de congélation, et ce, pour le grand bien de l'humanité (15).

Outre les intérêts considérables qu'ils représentent pour la recherche ou les transplantations d'organes (greffes de cellules nerveuses embryonnaires dans le cas de la maladie de Parkinson, des cellules pancréatiques pour le traitement de certains types de diabète), les embryons surnuméraires ouvrent également de grandes perspectives dans d'autres domaines comme celui du traitement de la stérilité ; car, ils peuvent être donnés au profit des femmes stériles ou utilisés dans la pratique dite de "mère porteuse" (location de l'utérus).

Ces méthodes procréatives ont déjà été étudiées par nos éminents experts de l'Académie du Fiqh lors des deuxième et troisième sessions de cette instance juridique islamique et ont fait l'objet d'une interdiction formelle, du fait qu'elles introduisent un élément étranger au couple dans l'acte procréatif. Les docteurs de la loi qui se sont exprimés alors sur cette question, ont souligné la nécessité pour les  médecins pratiquant la F.I.V.E.T.E dans les pays islamiques, de ne pas féconder plus de deux ou trois ovules qui seront ensuite replacés dans  l'utérus ; de la sorte se trouve écartée toute possibilité d'exploitation d'un surplus d'ovules ou d'embryons.

Embryon anencéphale

Il s'agit d'embryons nés prématurément et qui ne possèdent qu'une partie de leur cerveau,  à savoir le tronc cérébral. Or c'est dans cette partie du cerveau que résident les centres de réveil, de respiration et de commande des fonctions vitales de la vie. Ces bébés prématurés possèdent donc à la naissance, la plupart du temps, des capacités respiratoires et cardiaques normales.

Mais leur handicap majeur, c'est l'absence des parties supérieures du cerveau qui se traduit par la perte totale des facultés de perception et même de sensibilité à la douleur. Dans la plupart de ces cas, la mort survient quelques jours après la naissance, quoique des cas ayant survécu quatre semaines aient été signalés. D'après un rapport, il y aurait même des enfants anencéphales qui auraient vécu jusqu'à sept mois, voire un an et demi(16). Mais les observations médicales communément admises indiquent que l'âge limite d'un anencéphale ne dépasse guère quelques jours.

D'après les statistiques, un bébé sur deux mille naît avec cette monstruosité qui touche plus particulièrement les enfants des pays à forte densité démographique.

Embryon ou enfant anencéphale

Cette anomalie grave est rare, puisqu'elle ne concerne qu'un cas sur mille ou deux mille naissances. Mais dans les pays surpeuplés, les statistiques sont plus importantes. En Egypte,  par exemple, où environ un million d'enfants naissent chaque année, on estime à mille ou à deux mille le nombre annuel d'anencéphales.

Illustration 1: Bébé né avec la moitié du cerveau et du crâne ; la voûte crânienne manque également ; l'enfant ne possède que le cervelet et la medulla oblongata qui lui permet de respirer. Mais ses jours sont comptés.

[C'est Lui qui vous a modelé dans les matrices comme Il a voulu] (Coran).

Illustration 2: Cet enfant, qui a survécu à  peine quelques jours, est né avec une tête incomplète, sans cerveau, mais  avec la medulla oblongata, assurant les fonctions végétatives vitales.

En absence de cerveau, c'est le tronc cérébral qui, chez les enfants anencéphales assurent, pour un temps, les activités respiratoires, cardiaques et circulaires.

Or, comme des milliers de personnes attendent une transplantation de rein, de foie ou de coeur, que la demande d'organes excède largement l'offre (le nombre d'organes provenant de cadavres ou de donneurs vivants étant très limité), certains médecins ont envisagé l'exploitation des organes des enfants anencéphales qui sont, du reste, non viables.

Les médecins se heurtent cependant au problème épineux que constitue la mise à mort d'un être humain vivant, acte condamné tant sur le plan juridique que moral. Dès lors qu'il possède ses fonctions vitales, comme il a été souligné plus haut, un bébé anencéphale peut-il faire l'objet d'une destruction ? Ne risque-t-on pas ainsi de commettre un meurtre ?

Ces interrogations préoccupent au plus haut point médecins, docteurs de la loi, juristes et théologiens. Certains médecins ont tenté de réaménager le concept de la mort du cerveau, en la ramenant à la mort des hémisphères cérébraux. Mais ce nouveau concept fait abstraction du tronc cérébral, ce qui est incompatible avec la définition de la mort communément admise et qui se fonde sur la destruction totale du cerveau, et non pas seulement de sa partie supérieure.

On voit ainsi apparaître des tentatives visant à appliquer des critères différents pour établir la mort cérébrale des anencéphales, sous prétexte qu'il s'agit là de cas spéciaux. Mais cette discrimination a suscité de vives controverses, car elle entraîne sur un terrain glissant. Il existe, en effet, d'autres cas de pathologies où la partie supérieure du cerveau est endommagé, plongeant le malade dans un état végétatif chronique, le privant irrémédiablement de ses facultés de conscience et de perception, alors que ses fonctions cardiaque et respiratoire sont assurées normalement, sans aucune aide extérieure.

Les hôpitaux accueillent un nombre sans cesse croissant de cas pareils qui constituent un lourd fardeau pour les économies des Etats, mais aussi pour les familles qui doivent supporter les frais des soins médicaux pendant de longues années (jusqu'à 30 ans d'après certaines sources informées), avec la cohorte de problèmes et de souffrances qui s'ensuivent. Aux USA, par exemple, ces cas pathologiques coûtent à l'Etat environ un milliard de dollars chaque année.

Plusieurs conférences se sont penchées sur ces questions, dont la dernière en date a été la Conférence mondiale, tenue du 20-25 août 1989, à Ottawa, (Canada), en vue de débattre des problèmes éthiques découlant des tentatives de transplantations d'organes, y compris ceux provenant de foetus et d'enfants anencéphales.

J'ai participé moi-même à cette conférence par une communication scientifique. Mais comme prévu, les participants n'ont pu aboutir  à une décision tranchée sur cette question délicate. Cependant, la plupart d'entre eux considéraient l'enfant anencéphale comme un être humain vivant, ayant, de ce fait, droit au respect de son intégrité physique et ne devant faire l'objet d'aucun prélèvement d'organes avant la confirmation définitive de son décès et sous réserve du consentement des parents.

Or, le diagnostic de la mort du cerveau peut être rendu difficile par certaines anomalies congénitales, au niveau de l'oreille ou de l'oeil. Néanmoins, le critère de l'arrêt de la respiration demeure privilégié pour confirmer le décès. Dès que l'enfant cesse de respirer, les médecins recourent aussitôt à la respiration artificielle en vue de prélèvement d'organes requis.

L'injection d'une solution réfrigérante spéciale dans l'artère rénale permet de préserver les reins tout en leur apportant les éléments nutritifs nécessaires.

D'aucuns pourraient croire qu'il s'agit là de questions purement théoriques intéressant à la limite les USA et l'Europe, mais qui restent pour nous hors de portée. En vérité, il n'en est rien. La preuve, c'est que quatre greffes rénales de ce genre ont été pratiquées à Djeddah, à l'Hôpital Al-Chatei, sous la direction du Dr. Nabil Nedham Eddine, l'un des chirurgiens spécialistes dans ce domaine au Royaume d'Arabie Saoudite. Les résultats de cette opération ont été publiés dans la revue Transplantation Proceedings, 1989, 21 (1): 1934-1935.

Le taux de réussite dans ces opérations a été de 50% . Mais il est appelé à s'améliorer à mesure que de nouvelles expériences seront acquises.

Dr. Nabil Nedham Eddine estime que l'utilisation d'enfants anencéphales, dont le décès aura  été confirmé d'après les critères précités, permettra à l'Egypte de disposer d'environ mille reins susceptibles d'être transplantés sur des patients souffrant d'insuffisance rénale.

La transplantation des reins d'enfants anencéphales n'est pas une opération compliquée ; les chirurgiens expérimentés la réalisent en effet avec une facilité raisonnable. Ces derniers ont constaté que les greffes rénales "prennent" rapidement, une fois transplantées sur l'organisme receveur.

Reste cependant une difficulté de taille dans ce domaine : comment établir avec certitude le diagnostic de la mort du donneur ? car hormis le constat de l'arrêt de la respiration, tous les autres examens pour déterminer la mort sont difficilement praticables. D'après les nombreuses et longues discussions que j'ai eues avec des chirurgiens opérant dans ce domaine, il semble qu'on ait tendance à conclure hâtivement à la mort du sujet pour procéder  au prélèvement d'organes en temps opportun.

D'où la nécessité de faire confirmer le constat du décès par une équipe médicale autre que celle chargée de la transplantation.

Le médecin ne doit jamais perdre de vue qu'il a affaire à un être, malformé certes, mais qui n'en jouit pas moins du respect dû à la personne humaine. On ne doit donc en aucune façon porter atteinte à son intégrité ou précipiter sa mort.

Domaines d'utilisation des embryons

1- Recherches thérapeutiques sur l'embryon : Elles portent sur des embryons in utero dont il s'agit de traiter certaines maladies et de préserver la vie. Ce type de recherches doit non seulement être autorisé, mais également recommandé eu égard aux intérêts thérapeutiques majeurs qu'elles comportent.

2- Recherches portant sur l'embryogenèse, l'anatomie et la physiologie embryonnaires : Le but de ces recherches, qui ne peuvent être pratiquées que sur des embryons morts, est d'explorer le corps humain et d'appréhender ses multiples fonctions.

3- Recherches sur les tissus embryonnaires entreprises dans les disciplines scientifiques aussi variées que la virologie, l'immunologie, l'endocrinologie, la biologie moléculaire, la génétique, etc.

Ces recherches sont réalisées sur des embryons morts, mais dont certains tissus demeurent en vie. Ces tissus peuvent être mis en culture et se développer de façon continue, et dans ce cas, l'accord des parents est indispensable.

4- Recherches visant à extraire des substances médicamenteuses à partir des organes embryonnaires comme le placenta, l'amnios et la membrane chorionique, pour être utilisées  contre les brûlures et autres affections. Ces recherches ne soulèvent aucune objection puisqu'elles emploient des embryons avortés naturellement ou pour des causes médicales. Ce qui fait problème en revanche, ce sont les avortements pratiqués sans motif médical valable.

5- Recherches portant sur l'utilisation des organes et des tissus embryonnaires à des fins de transplantation :

Les scientifiques ont pu, en effet, greffer des cellules de Langerhans du pancréas pour le traitement de la maladie du diabète insipide (au stade avancé), des cellules de la moelle osseuse pour soigner certaines déficiences immunitaires d'origine génétique et non-génétique, des cellules de la glande surrénale et des cellules du ganglia basal pour le traitement de la maladie de Parkinson. Plusieurs greffes de cellules nerveuses ont été également réalisées dans le but de soigner certaines pathologies sévères telles que la maladie d'Alzheimer (qui provoque une sénilité précoce à la cinquantaine), et la maladie de Huntington (maladie héréditaire, sans remède jusqu'à ce jour, qui attaque certaines personnes à  l'âge de 40 ans et progresse de façon irréversible jusqu'à provoquer la mort du patient au bout de quelques années).

Ces recherches soulèvent des interrogations, car elles requièrent des tissus vivants, les tissus morts étant totalement inutiles. Ces tissus peuvent être prélevés sur l'embryon dans les cas suivants :

1. Si l'avortement est obtenu par aspiration  sous vide;

2. S'il est provoqué par l'usage des prostaglandines et l'ocytocine.

3. S'il est obtenu par hystérectomie.

Dans ces conditions, l'embryon peut être vivant et viable (à 24 semaines et au-delà), et doit, par conséquent, être maintenu en vie par tous les moyens de réanimation disponibles, ce qui est contraire à l'objectif même de l'avortement. Il s'agit là, de fait, d'un paradoxe juridique et éthique qui se pose pour les pays occidentaux. Là bas, tout le monde convient de l'inviolabilité de l'embryon tant qu'il demeure en vie, mais les avis restent très partagés sur la question suivante : faut-il sauver l'embryon ou le laisser mourir?.

L'embryon peut, parfois, être vivant au moment de son expulsion de l'utérus, mais incapable de vivre extra-utero de façon indépendante. (étant par exemple âgé de moins de 24 semaines et ne pesant que 400 grammes). Là encore le débat se poursuit entre juristes, théologiens et médecins sur les possibilités d'utiliser pareils embryons à des fins scientifiques et de transplantations d'organes. En effet, certains d'entre eux y sont favorables, même si l'embryon est en vie, d'autres insistent, au contraire, sur la nécessité de ne le manipuler qu'une fois mort.

Mais ils s'accordent, tous, sur la possibilité d'utilisation à des fins scientifiques des embryons de moins de 20 semaines, mêmes animés de la vie, sous réserve du consentement des parents.

Est-il besoin de rappeler que les I.V.G. sont à l'origine de cette tragédie? Leur interdiction permettrait, nous l’espérons, de limiter le nombre d'embryons vivants condamnés à la destruction. Il ne restera plus alors que les foetus avortés spontanément, ou sur avis médical, et qui, de ce fait, peuvent être employés à  des fins scientifiques, de recherche et de transplantation, sous réserve de l'autorisation des parents.

Rien ne justifie l'atteinte à un embryon vivant, quelque soit par ailleurs son stade de développement, aussi longtemps qu'il manifeste des signes de vie. Il ne peut être déclaré mort qu'à  l'arrêt du coeur et de la respiration.

6- S'agissant des embryons congelés créés à des fins de fécondation in vitro, le nombre doit en être limité au strict minimum nécessaire à la réussite de la grossesse : Trois ovules peuvent être inséminés artificiellement par les spermatozoïdes du mari puis réimplantés dans l'utérus de la femme.  Toute surproduction dans ce domaine doit être condamnée.

Bref, Il faut s'assurer qu'il n'y a pas intervention d'un tiers dans l'opération de fécondation. Par tiers, nous entendons :

a) Donneur de spermatozoïdes

b) Donneuse d'ovocyte

c) Donneur d'embryons congelés

d) La mère porteuse.

7- S'agissant des enfants anencéphales, leur mort doit être établie impérativement par une équipe médicale non impliquée dans l'opération de transplantation, avant de procéder sur eux à des prélèvements  d'organes, avec, bien entendu, l'accord des parents.

REFERENCES

1. Ces exemples sont tirés d'un article de Lawley, Sylvia D intitulé "Conception and Development of Foetal Tissue Bank". J. din. Path. 1981, 34 : 240-8.

2. Medicine Digest. Janvier 1981, p. 47.

3. Encyclopédia Britannica, ed. 1982. vol. 2, p. 1069 et vol. 11, p. 851.

4. Potts, M. et Diggory P. : Manuel des pratiques contraceptives. Cambridge University Press, Cambridge. 2ème édition, 1083: 315..

5. Guide band J.: The Piu, Oxford University Press. Oxford, 3ème édition, 1987: 15.

6. Backlund, E. et al : J. Neurosurg, 1985, 62: 169-73.

7. Walters, I. Ethical Issues in Foetal Research. A Look Back and a Look Forward. Clin. Research, 1988 (Avril) 36 (3): 209-214.

8. Ramsy. The Ethics of Foetal Research, New Haven, Conn., Yale University Press, 1975.

9. McCullagh, P. The Foetus as a Transplant Donner. Scientific, Social and Ethical Perspective. New York, John Wiley and Sons. 1987.

10. La grossesse se divise sur trois trimestres.

11. Editorial, Lancet 1985 (février 2): 255-256.

11. Rapport de la Commission d'enquête sur la fertilisation et embryologie (Présidente: Lady Mary Warnock). Londres, HM 50, 1984.

12. Jones, H.W. The Ethics of in vitro Fertilization in Human Concept, in vitro. Actes des réunions de la Born Hall, 1982. London, Academy Press Editors Edwards R. et Pardy J.: 351-369.

13. Edwards, R. The case for Studying Human Embryos and their Constituent Issues; in Human Conception in Vitro. Actes de la réunion de Born Hall, 1982. Londres, Academis Press, 371-388.

14. Conférence mondiale sur l'éthique des transplantations d'organes (Ottawa-Canada), 20-25 août 1989. Communication du Dr Alan MacDonald, Université de Halifax, Canada, qui indique que sur 105 cas d'anencéphalies, 18 ont vécu entre une à quatre semaines. Dr Leslie Rothenburg, Los Angeles aux USA, a rapporté, dans sa communication, le cas d'un enfant anencéphale qui a vécu trois mois et demi, alors qu'un autre a vécu 17 mois. Il semblerait cependant que dans ces deux derniers cas les enfants conservaient des restes de cerveau en plus du tronc.

 

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