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1.3.3 Greffe des cellules cérébrales et nerveuses au regard de la Charia 

Dr MOHAMMAD NAIM YASSINE
Chef de Département du droit comparé et de la politique légale (as-siyasat chariyyat)
Faculté de la Charia
Université de Kowëit

Sans doute, pour formuler la solution légale qu'appellent les greffes de cellules cérébrales et nerveuses, convient-il au préalable de trancher une question principale et autres points secondaires.

La question principale, c'est de connaître la source première des activités conscientes de l'individu telle que la réflexion, la sensibilité, l'affectivité, mais aussi les traits caractéristiques qui distinguent les hommes les uns des autres.  Si cette source se situe dans le cerveau, alors prélever les cellules cérébrales comporte le risque de voir certains des traits spécifiques du donneur transférés sur le receveur ; si au contraire les états de conscience évoqués trouvent leur origine ailleurs que dans le cerveau, la question peut se discuter et le champ d'interprétations est grand ouvert. Qu'en pensent donc les savants ?

Ceux de l'Islam sont d'avis que tout acte volontaire exécuté par l'individu, voire toutes les activités de l'humanité, sont en réalité l'oeuvre de l'esprit (rouh), réalisée par lui à travers le corps qu'il commande. Ce dernier, avec tous ses organes, y compris le cerveau, n'est donc qu'un instrument, un exécutant aux ordres de l'esprit. Tous les Oulémas de l'Islam qui ont étudié l'esprit et ses effets, sont d'accord là-dessus, d'Ibn Taymiyya au Cheikh Makhlouf, en passant par Ibn Al-Qayem et Al-Ghazali ; aucune de ses sommités n'a contesté cette thèse ; au contraire elles ont essayé d'en démontrer le bien-fondé en s'appuyant sur une foule de preuves à la fois scripturaires et rationnelles. Mais il n'est pas dans mon intention ici de reprendre les arguments de ces savants que j'avais déjà abordés en partie dans mon étude intitulée "de la définition de l'embryon et des possibilités de son utilisation à des fins de transplantations et de recherche expérimentale" ; je vous en parlerai demain , si Dieu le veut.

En revanche, les matérialistes, négateurs de l'esprit, soutiennent que la source de la vie évoluée qui est le propre de l'homme, se trouve dans le cerveau ; c'est cet organe qui "sécréterait" tous les comportements spécifiques de l'individu (perception, pensée, sentiments...) tout comme le foie et le rein sécrètent, l'un, la bile et l'autre, l'urine.

Ils avancent pour preuves que les activités humaines essentielles se trouvent atrophiées si le cerveau en vient à être lésé, que les organes et autres appareils de l'organisme cessent de fonctionner normalement dès qu'ils sont déconnectés du cerveau, que ce dernier est le seul organe qui commande toutes les actions et les réactions émanant de l'individu.

Or, comme ils ne s'intéressent qu'aux faits matériels observables, ces savants se sont limités dans leur étude du cerveau à la recherche des sièges des activités humaines conscientes ; ils ne se soucient nullement de savoir si la nature et la physiologie de cet organe est proportionnelle aux activités qu'ils lui attribuent.

Pour ma part, je crois en tant que Musulman à la véracité des textes fondateurs de la Charia et à la pertinence des interprétations communément admises par les Oulémas de l'Islam ; je soutiens par conséquent que c'est l'esprit qui constitue la source de la vie humaine évoluée et de toutes les manifestations de l'être. Même si je n'étais pas Musulman -qu'à Dieu ne plût - ma raison m'aurait inspiré cette vision islamique des choses.

Or, l'on sait que la vie de l'embryon n'attend pas pour commencer la mise en place du cerveau considéré comme le siège de la pensée et de la volonté ; même les savants matérialistes reconnaissent ce fait, ce qui ne les empêche pas évidemment de faire dépendre la vie consciente du cerveau, bien que ce dernier, selon les données de l'embryologie, ne se forme pas dès les premiers instants de la conception ; il ne commence en effet à se construire que plusieurs semaines après la fécondation pour atteindre son plein développement à la 12e semaine de grossesse.

Le cerveau est constitué des mêmes substances que les autres organes. Il est animé du même souffle de la vie. L'origine de l'embryon n'est-elle pas une seule cellule mère qui se divise en deux cellules filles, lesquelles se divisent à leur tour et ainsi de suite ; de cet amas de cellules primitives vont émerger tous les organes, au terme d'un long  processus biologique complexe.

Si les choses se passent comme décrit ci-dessus, il s'ensuivra que les fonctions de tous les organes du corps devront être identiques du moment que ces organes sont tous issus de la première cellule oeuf et des cellules filles qui en sont dérivées ; et indépendamment de leurs spécialisations, ces organes auront tous des fonctions involontaires, inconscientes, vu leur origine commune, laquelle est, selon la thèse matérialiste, dépourvue de la volonté et de la conscience. Car, il est impossible, d'après les lois de la vie et des êtres, qu'une conscience naisse de façon spontanée d'une "inconscience" et qu'une pensée surgisse du néant. Pour passer de l'une à l'autre, il faudra l'intervention d'une force extérieure qui soit la source première de volonté, de vie et de conscience. Cette source ne peut être que Dieu -Exalté soit son Nom- car c'est Lui qui donne le premier souffle de la vie, Lui le Créateur direct et exclusif de toute chose.

Elle est donc insoutenable, cette hypothèse défendue par certains savants matérialistes selon laquelle la volonté, la pensée, la sensibilité et autres manifestations de la conscience seraient le résultat de réactions physico-chimiques qui se déroulent dans le cerveau ; une telle hypothèse est contredite à la fois par le bon sens et par la réalité. Car une réaction ne peut être que l'effet d'une volonté agissante, d'un agent qui en est la cause. Cette cause est soit extérieure, soit intérieure. Si elle est extérieure, cela suppose que les activités volontaires de l'individu, sa pensée, ses différents états d'âme seraient tous des conséquences nécessaires et inévitables d'une décision imposée de l'extérieur. Le cerveau humain ne serait alors -ni plus ni moins-  qu'un lieu de réactions sur lesquelles il n'aurait aucune prise. De même, toutes les inventions, toutes les découvertes scientifiques dans le monde ne seraient que le produit des facteurs extérieurs ; les hommes auxquels on les attribue n'y seraient pour rien et le mérite ne devrait pas leur en revenir.

Cette manière de voir est sans doute contraire au bon sens ; car elle prive l'homme de toute volonté et de toute responsabilité vis-à-vis de ces actes. C'est une conception qui, en rattachant toutes les activités humaines à des facteurs extérieurs, offre de la vie et de ses manifestions une vision anarchique. Mais cette conception n'est pas seulement bizarre et incompréhensible ; elle est aussi incompatible avec les lois de la nature. Car comment peut-on admettre qu'un facteur étranger au cerveau intervienne directement dans les réactions physico-chimiques qui se déroulent à l'intérieur de cet organe ? A-t-on jamais constaté des réactions physico-chimiques du corps humain dont le déclencheur soit une cause immatérielle? Pourquoi les savants matérialistes n'ont-ils pas, ne serait-ce qu'une fois, réalisé une expérience pour essayer, à l'aide d'agents non matériels, de faire réagir des substances contenues dans un tube à essai ?

Voilà donc les questions qui se posent si l'on retient, pour expliquer les réactions qui interviennent dans le cerveau, l'hypothèse de facteurs extérieurs.

Et si le déclencheur de réactions est à l'intérieur du cerveau humain, il faudra alors savoir l'identifier avec précision :  s'agit-il de la simple interconnexion entre neurones et nerfs? de flux sanguin qui irrigue le cerveau ? ou d'autre chose ?

Une chose est certaine, c'est qu'il est difficile d'expliquer comment les prétendues "réactions chimiques" produisent des résultats qui changent d'un individu à un autre ; bien plus, ils varient chez le même individu, selon les moments et les circonstances.

Les contenus des cerveaux sont identiques chez tout le monde et à tous les moments de la vie ; de même, les fonctions matérielles de ces cerveaux sont les mêmes partout, pourquoi donc les réactions qui s'y produisent n'ont-elles pas les mêmes effets ? Pourquoi les sensations, les sentiments, les idées, les inventions, les aptitudes mentales varient-ils d'un individu à l'autre ? Pourquoi un même individu peut-il changer de sentiments et d'idées en l'espace d'une heure et adopte en fonction des circonstances, des attitudes complètement différentes ? Pourquoi les mêmes éléments, les mêmes processus chimiques donnent-ils des résultats contrastés ? N'est-ce pas là la preuve qu'il existe une autre source que le cerveau et ses présumées réactions ?

Le cerveau, répétons-le, est constitué chez tous les humains des mêmes éléments matériels observables, les différences de poids et de dimensions étant à cet égard insignifiantes et n'affectant en rien le fonctionnement de cet organe.

Et pourtant, même si son cerveau ne change pas dans sa composition selon les conditions, le temps et l'espace, un individu peut avoir une foultitude d'activités conscientes, d'idées, de sentiments, d'imaginations etc.

Prenez un nombre donné de personnes rassemblées dans une même salle ; donnez-leur un même motif de réflexion (en leur demandant par exemple de répondre à une question simple ou d'écrire sur un sujet quelconque), que constateriez-vous? Que malgré l'identité du motif et la ressemblance physiologique de leurs cerveaux, ces personnes donneront des réponses extrêmement variées et mêmes contradictoires. Or, on aurait pu s'attendre à ce que le même stimulus et les mêmes ingrédients  donnent les mêmes résultats.

Bien plus, on constate que la même personne peut avoir à propos d'un sujet donné des avis différents en fonction des circonstances ; pourtant, elle se sert toujours du même cerveau, composé des mêmes cellules, pourquoi donc à partir d'une unité (celle du cerveau) on obtient  une variété de réactions ?

Cette variété et cette diversité de réponses données par le cerveau selon les individus, et chez le même individu selon les circonstances, comment peut-on l'expliquer autrement qu'en admettant que cet organe n'agit pas de lui-même mais sous l'impulsion d'un être sublime, source de volonté, qui inspire au cerveau ces différentes réactions et qui est lui-même différent d'un individu à un autre. Ce sera la seule explication possible. Le cerveau n'est qu'un instrument par rapport à cet "être" qui est le véritable promoteur des activités intellectuelles et conscientes de l'homme ; cet être doué de vie, de volonté et d'intelligence, c'est l'âme ou l'esprit selon la Charia.

Reconnaître l'existence de l'esprit n'est pas en contradiction avec la conception selon laquelle les activités volontaires et les facultés intellectuelles dépendent du cerveau et ne peuvent se manifester en son absence (pour autant que cette conception soit unanimement admise par les spécialistes) ; cette reconnaissance ne fait qu'introduire un nouvel élément, à savoir que le cerveau a été mis par Dieu au service de l'esprit ; autrement dit, que l'esprit agit par le truchement du cerveau qui lui sert ainsi de centre de collecte, de stockage, de réception et de perception et de transmission d'informations ; c'est à travers cet organe placé sous son contrôle que l'esprit gouverne tout le corps ; ce qui explique que la destruction du cerveau entraîne la rupture du contact entre l'esprit et le reste de l'organisme qui ne reçoit plus alors les ordres émanant de son centre de commande. Voilà pourquoi la présence de l'esprit dans le corps et son action sur celui-ci est tributaire de la présence et du bon fonctionnement du cerveau. Ce dernier est donc une condition à la continuation d'une vie humaine consciente ; il n'en est pas la cause. Sans le cerveau, la vie s'arrête, sa source (l'esprit) étant alors séparée du corps ; mais sa présence n'implique pas théoriquement l'existence de la vie. La science a pu jusqu'ici vérifier la première constatation, mais elle n'a pas pu mettre en évidence la dernière. Ce qui ne veut dire que celle-ci soit sans fondement ; au contraire elle est tout a fait défendable du point de vue rationnel, comme nous l'avons montré précédemment. Nous avons en effet fait remarquer que le cerveau, vu sa nature et sa constitution, ne peut pas être en lui-même l'origine des états de conscience et des aptitudes mentales propres à l'homme ; que cette origine est à chercher ailleurs, précisément dans cette source vivante, consciente et agissante par elle-même qu'est l'esprit. Cette conclusion logique, qui n'est pas mise en cause par l'existence constatée d'interdépendances entre le cerveau et les activités conscientes et intellectuelles, s'impose comme une évidence, même si la science n'a pas pu la vérifier expérimentalement, dans l'état actuel de ses recherches réductrices et superficielles.

Le lien entre vie organique inconsciente et vie de l'esprit, le caractère inséparable de ces deux vies dans ce bas monde, ne signifie pas que la première soit à l'origine de la seconde. Tant s'en faut. La vérité, c'est que la vie organique n'existe pas par et pour elle-même ; sa raison d'être est de servir de "réceptacle" à la vie consciente et mentale animée par le souffle de l'esprit.

Il est inconcevable que Dieu crée un corps avec tous ses organes sans lui insuffler la vie consciente, la vie de l'esprit ; ce serait contraire au but de la création, qui est de peupler la terre selon le plan assigné par Dieu à sa créature.

La raison n'exclut pas que la vie consciente, l'esprit, se sépare du corps à la mort de celui-ci, comme l'affirment les Ecritures saintes. Pourtant, cette même raison est incapable de percevoir la source de cette vie consciente lorsqu'elle se détache de son "habitacle" après la mort ; elle ne peut pas non plus la déceler dans un corps sain et soumis à son contrôle.La bonne santé du corps, sa réceptivité aux ordres de l'esprit, dépend du bon fonctionnement du cerveau. Ce dernier est le trait d'union entre l'âme et le corps.

De là, je conclus, -en tant que Musulman et à partir de mes convictions exprimées précédemment-, que c'est l'esprit et non pas le cerveau qui est le siège des facultés propres à l'homme comme la volonté, la pensée et la sensibilité.

Peut-on en déduire qu'il est licite de faire don des cellules nerveuses ? Ce serait une conclusion hâtive. Mais, à la réflexion, on s'apercevra que les choses sont beaucoup plus compliquées qu'il n'y paraît. D'abord, on devra connaître l'importance exacte du cerveau par rapport à l'esprit, savoir comment ce dernier utilise le cerveau pour remplir ses tâches.

J'avais déjà montré dans une étude antérieure sur la notion de la mort du point de vue de l'Islam que les activités de l'esprit se manifestent, dans une large mesure, à travers le cerveau par l'intermédiaire duquel elles régissent le reste du corps ; qu'une destruction irrémédiable de l'organe de la pensée rompt les liens de communication existant entre l'esprit et le corps, entraînant alors leur séparation et par conséquent la mort de l'individu.

La question devra donc être posée de savoir comment le cerveau agit au service de l'esprit. Celui-ci utilise-t-il le cerveau comme lieu de stockage de ses informations, de ses souvenirs, de ses sentiments, ses convictions, ses certitudes et ses doutes ? Ou au contraire s'en sert-il uniquement comme "poste de commande", sans rien y enregistrer, conservant en lui-même ses propres données ?

Si l'on retient la première hypothèse, alors d'autres questions subsidiaires surgissent : au cas où le cerveau, ou l'une des ses parties, s'est déconnecté de l'esprit, va-t-il garder les informations recueillies de l'esprit, ou au contraire ce dernier récupère-t-il toutes ses données avant sa séparation d'avec le cerveau ?

Toutes ces hypothèses restent ouvertes. Mais la science ne peut en vérifier aucune de façon expérimentale. Cela étant, nous pouvons tenir pour probable qu'une partie du cerveau soustraite au contrôle de l'esprit, s'en va avec les données dont elle tient  de ce dernier. Le choix de cette hypothèse s'impose au chercheur musulman soucieux de dégager la qualification légale applicable aux transplantations des cellules cérébrales ; par prudence, il conclura donc à l'illicéité de ces pratiques, tenant compte du risque qu'il y a à voir certains traits de la personnalité du donneur transférés au receveur.

Vous me diriez : quel est l'intérêt de tous ces longs développements pour en arriver enfin à la conclusion que c'est l'esprit -et non pas le cerveau- qui constitue le siège de la personnalité ?

A cela, il y a au moins deux raisons :

Primo, lorsque l'une des hypothèses discutées plus haut aura été confirmée par la science, alors il nous faudra reprendre l'effort d'interprétation (idjtihad) pour dégager les solutions légales qui s'imposent, à la lumière des nouvelles données scientifiques à notre disposition.

Secundo, et c'est le plus important, cette manière de voir nous amène à considérer que le cerveau de l'embryon qui n'a pas encore reçu le souffle de l'âme ne possède aucun des caractères définissant l'identité profonde de l'homme ; il ne devient proprement humain et individualisé qu'une fois que l'esprit lui est insufflé. Dès lors, il pourra être envisageable de considérer comme tolérable l'utilisation, dans des limites à préciser, des cellules cérébrales embryonnaires, lesquelles n'ont pas encore été animées de la vie de l'esprit.

Pour conclure, nous dirons qu'il n'est pas permis, dans l'état actuel des choses, d'utiliser des cellules provenant d'un cerveau encore sous la dépendance de l'esprit ou qui a déjà servi celui-ci. En revanche, il est licite de recourir aux cellules prélevées sur un cerveau embryonnaire n'ayant pas encore été au contact avec l'esprit, sous réserve des restrictions, des précautions et des conditions définies dans des recherches antérieures.

- Président, Cheikh Qaradawi

Nous remercions le Docteur Mohammad Naim Yassine de son exposé (que Dieu l'en récompense) même s'il n'a pas respecté le temps qui lui est imparti et a débordé aussi le cadre du sujet. Je crois que c'est l'heure de la prière d'Al-maghrib (coucher du soleil). Mais avant de clôturer, je voudrais rappeler que la séance prochaine sera réservée aux débats. J'ai constaté par ailleurs que les intervenants abordent des questions déjà tranchées lors des précédentes sessions, comme celles relatives à l'embryon, à l'avortement, au commencement et à la fin de la vie, à la mort du tronc cérébral...or, toutes ces questions ont déjà fait l'objet de décisions légales lors d'un colloque précédent ; il n'est donc pas question d'en débattre à nouveau, d'autant plus qu'elles étaient longuement étudiées auparavant, comme le savent les collègues ici présents qui ont participé à nos dernières assises ; et puis, les décisions formulées à ce sujet ont été le fruit d'une mûre réflexion et d'un long et profond débat ; malgré cela, j'ai l'impression qu'on voudra revenir en arrière en soumettant à l'examen des questions sur lesquelles on a déjà statué.

Je souhaite que l'on tienne compte des ses remarques lors des discussions à venir.

 

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