Terrorisme: Dimensions, Menaces et Contres-mesuresActes de la ConférenceTunis: 15-17 Novembre 2007 |
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Allocution de Maître Ousmane Ngom, Ministre d’Etat, Minstre de l’Intérieur, Représentant personnel du Président Abdoulaye Wade, Chef de l’Etat du Sénégal
Mesdames, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Membres du Corps Diplomatique, Excellence, Mesdames et Messieurs les Experts, Nous sommes particulièrement honorés de participer à cette importante Conférence en qualité de Représentant Personnel de Son Excellence Maître Abdoulaye WADE, Président de la République de Sénégal et Président du COMIAC de l'Organisation de la Conférence Islamique. Je voudrais donc avant tout transmettre à Son Excellence Zine Abidine Ben Ali les salutations fraternelles et les remerciements de son Frère et Ami le Président Abdoulaye WADE qui a été très touché par l'aimable invitation qu'il lui a adressée. Il lui adresse également ses chaleureuses félicitations pour cette heureuse initiative qu'il a prise de convier la Communauté Internationale, sous l'égide des Nations Unies, à une réflexion globale sur une question qui est incontestablement un des défis majeurs du 21ème siècle. Il s'agit bien entendu, de la lutte contre le terrorisme international qui est l'une des menaces les plus graves contre la Paix et la Sécurité du monde. Le Sénégal et la Tunisie sont deux pays qui, ont, depuis longtemps, déjà pris conscience de la dimension mondiale, et multidimensionnelle du terrorisme et de la nécessité d'apporter une riposte globale à toutes ses manifestations. C'est dire que notre pays regrette le terrorisme sous toutes ses formes et qu'elles qu'en soient les motivations. Il s'est très tôt engagé dans la lutte contre ce fléau tant en participant activement aux efforts déployés par la Communauté Internationale qu'en prenant également au plan national d'importantes dispositions pour une lutte efficace et coordonnée contre ce fléau. Il est donc heureux que ce soit la Tunisie, qui a fait de cette approche globale et concertée, un des axes forts de sa Diplomatie sous la vision éclairée du Président Ben Ali, nous accueille pour qu'un signal fort soit, une fois encore, lancée à la communauté internationale sur la nécessité d'aller le plus rapidement possible pour ce Code de conduite International dans la lutte contre le terrorisme que nous appelons de tous nos vœux. D'ores et déjà, je voudrais affirmer avec force l'engagement total et l'adhésion pleine et entière du Sénégal à une telle Approche qui correspond à une conviction profonde des plus Hautes Autorités de notre pays. Faut-il le rappeler l'engagement du Sénégal dans la coalition Internationale contre le terrorisme s'est d'abord illustré par la convocation à Dakar les 16 et 17 octobre 2001 d'un Sommet Africain contre le terrorisme au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 qu'il avait fermement condamné. A l'occasion du sommet de Dakar a été adoptée «Déclaration de Dakar» qui servira par la suite de base au Protocole additionnel à la Convention d'Alger concernant la lutte contre les actes terroristes et leur financement ainsi la compétence universelle des juridictions Sénégalaise en matière de lutte contre le terrorisme. Depuis lors le Sénégal a ratifié les 12 (douze) Conventions Internationales relatives à la lutte contre le terrorisme et a mis en place, au plan national, tout un arsenal juridique et des mesures d'ordre structurel et opérationnel pour prévenir les actes terroristes et le combattre sous toutes ses manifestations. • Au niveau des dispositions légales et réglementaires des modifications importantes ont été apportées au code Pénal et au code de procédure pénale pour réprimer durement le financement, l'apologie et les actes liés au terrorisme avec des peines de 10 à 20 ans et pouvant aller jusqu'à la perpétuité. Les juges et les enquêteurs disposent aussi de prérogatives qui dérogent au droit commun pour une plus grande efficacité dans la lutte. • Au niveau structurel et opérationnel, outre la mise en place depuis 2001 d'une Commission Nationale pluridisciplinaire de lutte contre le terrorisme, une Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) a été créée en Août 2004, une Cellule de Lutte Anti-Terroriste rattachée au Ministère de l'Intérieur et plusieurs autres mesures tendant au renforcement de la prévention et de la protection de tous les points sensibles. • Bien entendu de telles mesures sécuritaires ont certainement été prises dans nombres d'Etats africains. Elles sont certes nécessaires mais sont loin d'être suffisantes d'autant plus que nombre d'interrogations demeurent tout au niveau de continent Africain qu'au plan international. Elles ont trait notamment • Aux divergences sur la définition univoque du terrorisme que certains veulent limiter uniquement aux « actes terroristes » tandis que d'autres ont une acception plus large. • Certains aussi veulent assimiler le terrorisme à une religion, une culture ou une civilisation ce qui est tout à fait inacceptable. • D'autres prennent prétexte de la lutte contre le terrorisme pour porter atteinte aux droits et libertés fondamentaux ou affaiblir l'Etat de droit, ce qui ne peut, au contraire, que renforcer et encourager les terroristes potentiels. En fin, la conviction est de plus en plus partagée que la lutte anti-terroriste, qu'elle que soit l'approche choisie, ne peut plus faire l'économie d'intégrer les facteurs politiques, économiques et socio culturels. Toute stratégie globale de lutte contre le terrorisme devra au même moment engager le combat contre le sous-développement, la pauvreté, la misère, la malnutrition et tous les facteurs dont se nourissent l'ignorance, l'obscurantisme et la révolte. Il me semble que c'est l'objet de nos Présentes Assises. C'est aussi avec bonheur que nous constatons que la dimension culturelle est au cœur de la présente rencontre avec l'implication de l'ISESCO et du COMIAC car le dialogue des civilisations et des cultures fait reculer l'ignorance et l'intolérance vis-à-vis de l'autre et demeure, en définitive, le meilleur antidote à la confrontation et à la violence. Le Sénégal s'inscrit dans cette dynamique parce qu'il se veut un creuset de la tolérance. Pour avoir été pendant 20 (vingt) ans dirigé par un Président chrétien alors que sa population est musulmane à 95% est l'illustration même de ce que peut être un dialogue des civilisations et une cohabitation apaisée entre les religions dans un monde de Paix et de Concorde. C'est pourquoi, c'est un grand plaisir et une grande fierté que nous accueillons l'année prochaine deux événements majeurs : le 11ème Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) et le Sommet Mondial sur le Dialogue Islamo chrétien. Nous sommes persuadés que la tenue de ces Rencontres comme les Recommandations pertinentes qui vont sanctionner nos présentes assises contribueront fortement à faire reculer les frontières du terrorisme international. Je vous remercie de votre bien aimable attention.
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Publications de l'Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture-ISESCO- 1429H/2008 |
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