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CHAPITRE II
SATELLITES DES
RESSOURCES TERRESTRES
L'observation de la
terre par satellite résulte de plusieurs efforts qui se sont
développés depuis la fin du 19ème siècle avec le lancement
des fusées. Ce n'est qu'en 1960 que la première série de
satellites météorologiques ont commencé avec TIROS.
Plusieurs autres satellites ont été ensuite mis en orbite, à
des fins notamment météorologiques.
En 1967, la NASA, avec
la coopération de l'U.S. Département de l'Intérieur a pris
l'initiative de développer des satellites d'observation des
ressources de la terre. Ceci a aboutit au lancement du
satellite ERTS-1 le 23 juillet 1972 qui a été ensuite
rebaptisé LANDSAT 1,2,3. A partir des années 70, plusieurs
autres satellites ont été lancés pour diverses applications
(NOAA, GOES, SAR, etc.). Le 2 février 1986 le gouvernement
français a lancé le premier satellite de la série SPOT. Nous
nous limiterons à la description des caractéristiques de
LANDSAT et SPOT qui sont les satellites les plus connus et
aussi les plus utilisés.
2.1 Caractéristiques de
LANDSAT
La série Landsat
comporte déjà 5 satellites :
Landsat 1, lancé le 23
juillet 1972, retiré le 6 janvier 1978.
Landsat 2, lancé le 5
novembre 1975, retiré le 27 juillet 1983.
Landsat 3, lancé le 5
mars 1978, retiré le 7 septembre 1983.
Landsat 4, lancé le 16
juillet 1982.
Landsat 5, lancé le 1er
mars 1984.
2.1.1 Caractéristiques
orbitales
Les landsats 1, 2 et 3
(tableau 1) tournaient autour de la terre à une altitude
nominale de 900 km (880 - 940), une fois toutes les 103 min
(14 rotations /jour), avec un angle d'inclinaison de 9° dans
la direction Nord sud. Chaque orbite résultait dans un
balayage de 185 km par rapport à l'Equateur, où la distance
entre 2 orbites consécutives était de 2760 km. Les orbites
se déplaçaient progressivement vers l'Ouest, provoquant un
recouvrement de la terre en l8 jours (LILLESAND / KIEFER
,1987).
2.1.2 Capteurs à bord
des Landsats 1, 2 et 3
Les landsats 1-3
étaient lancés avec 2 capteurs identiques : un système
“Return Beam Vidicon” ( RBV) à 3 bandes et un système MSS
“Multispectral Scanner System” à 4 bandes. Le RBV consistait
en 3 caméras, type télévision, orientées de façon à
enregistrer une surface de 185 x 185 km2 simultanément dans
le vert (0.475 - 0.575 mm), le rouge (0.58 - 0.68 mm) et le
proche infra-rouge (0.69-0.83 (m), avec une résolution
nominale de 80 m .
Deux changements
importants étaient introduits dans le RBV monté à bord du
Landsat-3 : une seule bande spectrale 0.505-0.75 mm, avec
une résolution spatiale de 30 m. Cette résolution a été
obtenue en doublant la distance focale des caméras. Pour
remédier à la réduction de surface, causée par la distance
focale, on a employé deux caméras côte à côte. Les 2 caméras
étaient alignées de façon à enregistrer 2 carrés adjacents
de 98 km, avec 13 km de recouvrement latéral. Ceci a résulté
dans une scène de 183 x 89 km2. Deux paires de scènes du RBV
coïncideraient avec une scène de MSS. Vu les problèmes
techniques associés avec les images RBV, l'utilisation des
images MSS a largement dominé celle des RBV.
La scène MSS couvrait
une superficie de 185 x l85 km2 dans 4 bandes simultanément
(4,5,6,7) : 0.5-0.6 mm, 0.6-0.7 mm, 0.7-0.8 mm et 0.8-1.1
mm. En fait, les mêmes bandes 4,5,6,7 ont été reproduites
sur les Landsats 4 et 5 comme bandes 1,2,3,4.
La configuration du
système d'opération du MSS est définie comme suit :
La forme carrée de
“Instantaneous Field Of View” (IFOV) du scanneur résulte
dans une résolution de 79 x 79 m2. La conversion du signal à
la forme digitale est faite sur un intervalle de 0 à 63,
puis échelonnée de 0 à 127 pour les bandes 4,5,6.
Une scène MSS couvre
une surface de 185 x 185 km2 avec 10% de recouvrement
longitudinale entre 2 scènes successives. Chaque scène est
formée d'environ 2340 lignes de balayage avec 3240 pixels
par ligne, soit environ 7581600 pixels par scène et par
bande.
2.1.3 Interprétation
des images MSS
Bien que la résolution
du MSS soit de 80 m, les objets ayant moins de 80 m de côté
(routes, ponts, etc.) peuvent être identifiés par la
différence de contraste entre ces objets et leur voisinage.
Chaque bande a une sensibilité spécifique pour des objets
particuliers. Par exemple, MSS1 et MSS2 sont meilleures pour
l'identification des objets culturels tels que les zones
urbaines, routes, graviers, carrières. MSS2 est plus
performante grâce à sa meilleure pénétration de
l'atmosphère. MSS1 a une meilleure pénétration dans l'eau
profonde.
MSS3 et MSS4 sont plus
appropriées pour la délimitation des zones d'eau. Comme
l'eau absorbe l'infra-rouge, elle va apparaître sombre sur
une image infra-rouge. Les zones humides ont aussi une
réflectance faible dans l'infra-rouge, ainsi que l'asphalte
et dans les sols nus humides. L'utilisation des MSS2 et MSS4
est plus courante dans les applications géologiques.
L'interprétation des
images MSS peut être très améliorée en utilisant des images
multi- temporelles (exemple : forêt mieux détectée en
présence de la neige ; la neige recouvre les surfaces nues
faisant apparaître les arbres plus sombres). La combinaison
des bandes est aussi très utile.
2.1.4 Landsats 4 et 5
Les landsats 4 et 5
tournent autour de la terre de la même façon que les
landsats 1-3, mais à une altitude de 705 km au lieu de 900
km. Cette diminution en altitude permet une meilleure
résolution spatiale. Les orbites ont une inclinaison de
98.2° par rapport à l'Equateur. Le satellite traverse l'Equateur
à 9:45 (temps solaire local). Chaque rotation dure environ
99 minutes, soit 14,5 rotations par jour. Due à la rotation
de la terre, la distance entre 2 orbites consécutives est de
2752 km à l'Equateur. La répétitivité de chaque orbite se
fait après 16 jours.
2.1.5 Capteurs des
landsats 4 et 5
Les landsats 4 et 5 ont
été construits avec 2 types de capteurs : le MSS et le
“Thematic Mapper” (TM). La transmission directe des données
à des stations terrestres se fait grâce à des antennes de
bande X et de bande S montées à bord du satellite. Le
capteur MSS est le même que dans les landsats 1 à 3.
Le TM a été construit
avec de grandes améliorations spectrales, radiométrique et
géométrique relativement à MSS. L'amélioration spectrale
consiste en l’acquisition de données dans 7 bandes au lieu
de 4, avec une nouvelle bande dans le visible (bleu) et 2
dans l'infra-rouge. Radiométriquement, le TM permet la
conversion A-D sur un intervalle de 0 à 255 (8 bits) niveaux
d'ombres, au lieu de 0 à 63, ce qui permet de déceler des
petits changements dans l’amplitude radiométrique à
l'intérieur d'une bande et entre les différentes bandes.
Géométriquement, les données TM sont enregistrées en
utilisant une résolution de 30 m (sauf pour le thermique 120
m).
Le TM enregistre les
données dans 7 bandes du spectre. Ces bandes sont mieux
réglées que celles du MSS pour la distinction de la
végétation pour plusieurs raisons: TM2 (vert), TM3 (rouge)
et TM4 (IR) sont spectralement plus étroites que leurs
correspondantes du MSS. Aussi, TM4 est centrée dans la
région de la plus forte sensibilité à la vitalité (vigueur)
de la végétation. La sensibilité au manque d'eau dans les
plantes “plant water stress” et la détection du stress sont
obtenues par TM5 et TM7, assistés de TM1.
2.1.6 Utilisation des
images TM
Les images TM sont
utilisées dans des applications beaucoup plus variées que
celles du MSS. Les MSS sont généralement mieux utilisées
dans l'analyse des régions larges comme la cartographie
géologique ; cependant, pour une cartographie plus détaillée
de l'occupation des sols, les TM sont beaucoup plus précises
grâce à leur résolution spatiale, spectrale et radiométrique,
mais aussi au nombre de bandes plus élevé.
2.2 Caractéristiques de
SPOT
2.2.1 Orbite du SPOT
Comme LANDSAT, SPOT est
un satellite héliosynchrone (tableau 1). Le temps solaire
de passage à l'Equateur est 10:30 a.m., avec un peu de
retard pendant le passage au Nord et un peu d'avance au sud.
Le satellite tourne à une altitude de 832 km,avec une
inclinaison de 98.7° par rapport à l'Equateur.
Bien que la répétitivité des orbites ne se produise qu'après
26 jours, SPOT est doté d'un miroir orientable qui peut être
programmé selon les besoins du client.

Grâce
à ce miroir, l'accessibilité en tout point de la terre est
possible en 5 jours au maximum.
2.2.2 Capteurs à bord
du SPOT
Le satellite SPOT
emploie 2 capteurs identiques“High Resolution Visible” (HRV).
Chaque capteur opère dans l'un des 2 modes:
* Le PANCHROMATIQUE (P)
(blanc et noir), qui fonctionne dans la région du spectre
0.51-0.73 mm, avec une résolution de 10 m.
* Le MULTISPECTRAL (X)
qui fonctionne dans la région du spectre de 0.5-0.59 mm
0.61-0.68 mm et 0.79-0.89 mm , avec une résolution de 20 m.
Le HRV utilise le mode
de "PUSH BROOM" avec une barrette de détecteurs à réseau de
transfert de charge “linear array of CCD”. Ce mode a un
avantage très important sur les détecteurs à miroir pivotant
: il élimine les erreurs géométriques introduites par la
vitesse de rotation des miroirs.
Chaque HRV contient 4
sous-réseaux de CCD avec 6000 éléments chacun pour le
panchromatique et 3000 pour le multispectrale. Chaque HRV
résulte dans un balayage de 60 km de largeur sur la ligne du
nadir.
Le miroir orientable
peut être commandé de la terre pour prendre des images de
part et d'autre du nadir jusqu'à 27° (45 intervalles de 0.6°
chacun). Ceci permet à chaque HRV d'enregistrer des zones à
475 km de part et d'autre du nadir. A cette distance, la
largeur du balayage est 80 km au lieu de 60.
2.2.3 Utilisation des
images SPOT
L'utilisation des
données SPOT dans diverses applications est facilitée par
l’excellente résolution spatiale, la précision géométrique
des images et la vision stéréoscopique.
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