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Vision prospective du dialogue des civilisations:
L'appel
au dialogue des civilisations a émané du Monde islamique
lorsque le président iranien Mohamed Khatami, alors
président de l'Organisation de la Conférence islamique, a
proposé aux Nations Unies l'idée d'une année du dialogue
entre les civilisations. Faisant suite à cette proposition,
l'Assemblée générale des nations Unies a décidé de consacrer
l'année 2000 «année du dialogue des civilisations». Dans ce
contexte, l'Organisation islamique pour l'Education, les
Sciences et la Culture a joué un rôle important dans la mise
en œuvre d'un nombre important d'activités autour du
dialogue des civilisations où elle représentait le Monde
islamique en vertu de la résolution de la Conférence des
Ministres des Affaires étrangères(24).
A cet
égard, l'ISESCO s'est depuis longtemps intéressée aux
questions du dialogue des civilisations. De par sa mission
et sa spécialité, l'Organisation islamique a joué un rôle de
premier plan dans l'élaboration d'un nouveau concept,
global, équilibré et cohérent s'organisant autour des trois
axes suivants :
- Le
dialogue des civilisations
- Le
dialogue des cultures
- Le
dialogue des religions
L'Organisation
islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture a
abordé le dialogue dans le sens où il constitue un nouveau
concept dans l'histoire des idées politiques. En effet, le
terme «dialogue» ne figure pas dans la littérature du droit
international ; il n'y a aucune trace de ce terme ni dans la
Charte des Nations Unies ni dans la Déclaration universelle
des droits de l'Homme, ni dans le Traité international
relatif aux Droits économiques et sociaux ni dans le Traité
international relatif aux droits civiques et politiques, ni
dans la Déclaration des Principes de Coopération culturelle
internationale.
Partant
de ce constat, on peut dire que le dialogue est un principe
politique, idéologique, culturel et civilisationnel et non
un principe juridique. Par ailleurs, le dialogue revêt dans
notre contexte culturel et civilisationnel un sens profond
des valeurs et des principes de la culture et de la
civilisation islamiques. Valeur islamique, le dialogue est
une prise de position intellectuelle et spirituelle et l'une
des plus importantes composantes de la personnalité
islamique.
Selon la
vision de l'ISESCO, le dialogue repose sur des bases fermes
qui se résument dans les trois principes suivants :
- le
respect mutuel
- l'équité et la justice
- La proscription des extrémismes et de la haine.
Partant
du point de vue de l'ISESCO concernant le dialogue, et
s'appuyant sur la conception civilisationnelle à laquelle
elle a contribué, le dialogue qui est censé réaliser les
objectifs humains en général et susciter l'intérêt du Monde
islamique en particulier doit appliquer les consignes
suivantes :
Premièrement : lier les objectifs du dialogue des
civilisations et des cultures, aux intérêts suprêmes de la
Oumma islamique de manière à ce qu'ils ne s'opposent ni se
contredisent avec les grandes questions qui font l'unanimité
au sein du Monde islamique et qui sont exprimées à travers
les résolutions prises par l'Organisation de la Conférence
islamique, aussi bien au niveau du sommet que des
conférences des ministres.
Deuxièmement : axer le dialogue sur le côté humain et éviter
qu'il soit exclusivement consacré aux questions
intellectuelles et religieuses. Dans ce sens, il est
nécessaire de concevoir les droits de l'homme de point de
vue de la foi pure, lutter contre toutes les formes
d'injustice, d'agression, de persécution et de corruption.
Pour ce faire, il est utile d'émettre suite à chaque session
de dialogue des déclarations communes déterminant la
position des gens de la foi vis-à-vis des actes qui bafouent
les droits de l'homme et de condamner les différents
dépassements et exactions perpétrés à travers le monde au
nom des valeurs religieuses communes et non seulement du
point de vue politico-juridique et en fonction des intérêts
des nations puissantes.
Troisièmement : coordonner l'action commune du Monde
islamique en matière de dialogue des civilisations et des
cultures. Ainsi, les parties gouvernementales ou non-
gouvernementales qui s'engagent dans le dialogue doivent
tenir au courant les plus importantes instances islamiques
actives dans le domaine de l'action islamique scientifique,
intellectuelle et culturelle. Ils doivent en effet leur
communiquer la nature des sujets débattus, la date de la
tenue de la session de dialogue, les objectifs fixés, la
partie organisatrice pour ainsi permettre aux institutions
intéressées d'y prendre part.
Si les
instances responsables arrivent à organiser le dialogue dans
ce sens, on aboutira certainement à des résultats positifs
qui serviront les intérêts suprêmes de la Oumma et donneront
l'appui nécessaire aux différents efforts fournis à
plusieurs niveaux afin de défendre les intérêts islamiques.
Ainsi conçu, le dialogue sera également de nature à
développer les relations internationales, à contribuer à
l'instauration de la paix et de la sécurité dans le monde et
à promouvoir les valeurs de la foi et les principes de
tolérance et de cohabitation humaine(25).
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