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Préambule :
L'étude
comparée des civilisations est une nouvelle discipline des
sciences humaines qui fait la synthèse de la sociologie, de
l'histoire, de la philosophie et des différents champs de la
littérature. Elle emboîte le pas à l'étude comparée des
religions, discipline relativement récente en Occident mais
très connue dans la culture arabo-musulmane. En témoignent
les nombreux livres sur les religions, les dogmes et les
sectes religieuses, ouvrages de très grande valeur, que nous
ont légués les Arabes Anciens.
Dans sa
Muqaddima (Les prolégomènes), Ibn Khaldun a posé les
fondements nécessaires à l'étude de la civilisation humaine.
Son approche s'est ensuite développée en sociologie puis en
philosophie de l'histoire. Ibn Khaldun qui a vécu au
huitième siècle de l'Hégire a, dans un premier temps, émis
les principes généraux de l'étude comparée des civilisations
et établi les règles de base qui la distinguent des autres
disciplines des sciences humaines.
L'intérêt
accordé à cette discipline est pourtant tout récent. Pour
preuve, l'Université égyptienne qui a été fondée en 1908
(devenue Université Fouad Ier puis Université du Caire) et
qui est donnée en exemple pour les disciplines modernes
qu'elle enseigne, n'a jamais connu de programme académique
qui s'intéresse à l'étude comparée des civilisations. La
création du département des langues orientales au sein de
l'Université du Caire par le Dr Abdellwahhab Azzam au début
des années quarante peut toutefois être considérée comme le
premier signe d'intérêt pour ce genre de spécialité
académique car l'étude comparée des civilisations est
étroitement liée à l'étude des langues orientales,
composantes fondamentales de la grande civilisation
islamique.
En tant
que discipline des sciences humaines modernes, l'étude
comparée des civilisations est plus apte à analyser les
transformations sociales, culturelles et intellectuelles qui
surviennent à un moment précis ou sur une période plus ou
moins longue de l'histoire dans des sociétés ayant les mêmes
tendances et faisant l'objet des mêmes interactions. Car
qu'est-ce que la civilisation si ce n'est le fruit de
l'évolution du génie humain à travers l'histoire.
Quoi
qu'il en soit, toutes les civilisations qu'a connues le
monde ont pour dénominateur commun un raffinement et un
génie qui les distinguent nettement des sociétés primitives.
Et si ces dernières sont quantitativement très importantes,
il reste qu'elles sont loin d'atteindre la qualité des
civilisations humaines, peu nombreuses qu'elles fussent(1).
Par
conséquent, l'unité de la civilisation, thèse défendue par
Arnold Toynbee, selon laquelle seule la civilisation
occidentale existe(2)
se révèle être une lourde erreur, voire la manifestation
d'une espèce de racisme civilisationnel pour le nommer
ainsi.
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