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Le moyen d’espacement des naissances
(Les procédés du planning familial)

‘Umm ‘Îmân : Il existe des femmes qui préfèrent espacer les naissances.. Est-il préférable de rapprocher  les naissances ou de les espacer ?

Docteur Ahmed :

Les informations sur l’espacement des naissances sont très anciennes. A travers l’histoire, toutes les sociétés connues ont essayé de maîtriser la démographie ou les spécificités des populations, comme c’est le cas de la réduction du taux du sexe féminin par rapport au sexe masculin. Certains papyrus de l’ancienne Egypte mentionnaient déjà des prescriptions médicales pour la contraception. En outre, dans plusieurs coins du monde, il existe de nombreuses découvertes archéologiques sous forme d’instruments de chirurgie ayant anciennement servi dans des opérations d’interruption de grossesse. De même que dans grand nombre d’écrits d’anciens médecins musulmans, on trouve des recettes diverses pour la contraception, l’interruption de grossesse, à côté des prescriptions relatives au traitement de toutes les maladies, allant de la simple grippe à la lèpre.

‘Umm ‘Îmân : Quels sont les procédés d’espacement des naissances ?

Docteur Ahmed :

Les méthodes d’espacement des naissances sont multiples et variées. Elles sont réparties en fonction de plusieurs critères :

- Le critère chronologique permet de distinguer les procédés traditionnels des procédés modernes.

- Le critère de modalité permet de classifier selon les procédés :

procédé hormonal, procédé comportemental et procédé mécanique.

Les méthodes comportementales sont très nombreuses. C’est le cas, par exemple, de l’abstinence sexuelle en ce sens que dans certaines communautés africaines, on croit que le sperme polluerait le lait maternel. Aussi, dans ces sociétés, la période d’abstinence se prolonge-t-elle de deux à trois ans, tout au long de la période d’allaitement.

Parmi ces méthodes, à caractère comportemental et social, il y a le fait de prolonger la période de l’allaitement au sein maternel, sachant que, dans la plupart des cas, cela permet de retarder la conception.

Il existe d’autres procédés de même caractère, dont: le coït interrompu qui consiste à retirer le pénis du vagin avant l’éjaculation, de telle sorte que celle-ci ait lieu à l’extérieur, le cuissage et la pression manuelle sur le pénis avant l’éjaculation. Certaines femmes recourent au secouement violent du corps après le coït et à la douche vaginale, en estimant que c’est le meilleur moyen d’empêcher le  sperme de rester dans le vagin. Toutefois, il est recommandé d’utiliser les méthodes modernes car elles sont plus sûres et plus efficaces que les procédés traditionnels qui sont aléatoires.

Par ailleurs, il existe des procédés et des recettes de contraception très archaïques, qui sont généralement nocives, parmi lesquels: l’introduction dans le vagin d’un cachet d’aspirine, l’absorption de certaines infusions, l’introduction de substances chimiques dans le  vagin tel que l’alun, produit astringent et caustique. D’autres procédés extrêmement nuisibles sont en usage pour provoquer la menstruation en cas de retard du cycle, lesquels procédés occasionnent plutôt l’avortement. C’est le cas de l’introduction dans l’utérus de certaines plantes telles que la  mélochie , le hénné et le coton, croyant à leur pouvoir de provoquer l’écoulement du sang menstruel, alors qu’en fait il s’agit souvent d’une  fausse couche.

‘Umm ‘Îmân : Existe-il des moyens modernes plus sûr ?

Docteur Ahmed :

En effet, il en existe plusieurs, dont :

- Contraceptifs intra-utérins (les stérilets) :

Ils sont nombreux et de tailles diverses. Généralement ils sont en matière plastique souple et de formes variables. Assortis de fil en cuivre ou en d’autres matériaux, tels que le platine ou l’argent, leur efficience est plus accentuée. Certains modèles s’accompagnent de l’hormone de progestérone à absorption très lente qui en augmente l’efficacité et en réduit les complications.

‘Umm ‘Îmân : Comment fonctionnent-ils ?

Docteur Ahmed :

Il existe de nombreuses théories concernant les modes d’action du stérilet. Les plus importantes sont les suivantes :

En tant que corps étranger, le stérilet augmente les contractions de l’utérus et des trompes de Fallope. Cela entraîne une véhiculation accélérée de l’ovule dans la trompe ou encore la précipitation de l’oeuf fécondé à l’extérieur, sans lui laisser le temps de s’intégrer au spermatozoïde ni de s’implanter dans la muqueuse de l’utérus. Le cuivre peut agir sur l’action de certains lysozymes dans la cavité utérine (les lysozymes sont des substances ayant le pouvoir de dissoudre certains germes).

Quand à la protéine de progestérone qui existe dans certains types de stérilets, elle favorise le développement de la muqueuse utérine qui devient semblable à celle de l’état de grossesse.

‘Umm ‘Îmân : Quel est le pourcentage de son efficacité ?

Docteur Ahmed :

Le taux d’efficacité du stérilet est de 98%; il est opérationnel dès le moment de son application et on peut procéder à l’acte sexuel tout de suite après son placement.

‘Umm ‘Îmân : Y a-t-il des contre-indications à son utilisation ?

Docteur Ahmed :

Les contres indications d’utilisation du stérilet sont les suivantes :

1. La grossesse ou la suspicion de conception.

2. Les inflammations de l’appareil génital.

3. Les menstruations abondantes.

4. L’existence d’abcès lymphatiques.

5. L’absence de grossesse auparavant.

6. Antécédent de grossesse extra-utérine.

‘Umm ‘Îmân : Quelle est la durée de son fonctionnement ?

Docteur Ahmed :

Sa durée d’action : elle va de deux ans et demi à dix ans, dans le cas des modèles récents tels que le stérilet en cuivre 380. Pour des stérilets comme le Lyps, la durée se prolonge à vie.

‘Umm ‘Îmân : Et quel est le moment propice pour le placer ?

Docteur Ahmed :

Le moment le plus opportun pour introduire le stérilet : c’est pendant le cycle menstruel et tout de suite après, afin d’être sûre de l’absence de conception dans l’utérus. Dans les cas d’avortement, il est introduit durant le premier cycle suivant l’avortement.

Pour la femme qui accouche récemment, le stérilet est placé quarante jours après. Dans le cas de l’accouchement par césarienne, il est préférable d’attendre trois mois. Parfois, le stérilet est introduit immédiatement après l’accouchement ou l’avortement.

‘Umm ‘Îmân : A-t-il des effets secondaires ?

Docteur Ahmed :

Oui, il en a. Mais ils sont bénins. Ainsi, par exemple, après l’introduction du stérilet, et jusqu’à ce que l’utérus s’y accommode, la femme peut ressentir des contractions dans le bas-ventre, des douleurs dans le dos ou l’écoulement d’une certaine quantité de sang. Parfois, durant les trois premiers cycles, les menstruations sont plus abondantes que d'habitude, mais elles redeviennent normales après. Dans le cas où elles ne se rétabliraient pas et quand les autres symptômes persistaient, il faudrait alors consulter un gynécologue.

‘Umm ‘Îmân : Quels sont les autres moyens de contraception ?

Docteur Ahmed :

Il y a les méthodes hormonales, telles que les pilules, les injections et les capsules.

‘Umm ‘Îmân : Que pensez-vous Docteur des pilules anticonceptionnelles ?

Docteur Ahmed :

Les pilules sont le moyen le plus sûr en matière de contraception et ce sont les plus répandues de nos jours, car, si l’on en fait un usage optimal et régulier, leur efficacité atteint les 100%. Leur mode d’action consiste en l’inhibition de l’ovulation, en ce sens qu’elles empêchent la sortie de l’ovule. Cela s’explique par leurs composantes synthétiques qui associent entre l’oestrogène et la progestérone, à des proportions déterminées qui empêchent l’ovulation. Il en existe aussi des types qui ne contiennent que la progestérone. Les pilules sont utilisées par voie orale à partir du cinquième jour de la menstruation, que l’écoulement s’arrête ou non. La femme continuera à prendre quotidiennement une pilule, pendant vingt et un jours, de manière régulière, à des horaires fixes. Lorsqu’elle termine la  série, elle s’arrête pendant sept jours. Au huitième jour, elle entame la série suivante. En principe, les pilules doivent être prises chaque jour et de manière ponctuelle et régulière. S’il arrive que la femme oublie d’en prendre, elle doit se rattraper dès qu’elle s’en rend compte et veiller à prendre la pilule suivante à  l’horaire indiqué.

‘Umm ‘Îmân : Les pilules, ont-elles des effets secondaires ?

Docteur Ahmed :

Pendant les trois premiers mois, l’administration des pilules peut s’accompagner de quelques symptômes secondaires dont : l’écoulement de sécrétions sanguines ou de gouttes de sang sporadiques, la nausée, les maux de tête, la lourdeur des seins, la prise ou la perte de poids et l’apparition de l'acné sur le visage et le corps. Toutefois, ces effets secondaires diminuent progressivement.

‘Umm ‘Îmân : Quelles en sont les contre-indications ?

Docteur Ahmed :

les contre-indications sont les suivantes :

1. Après l’âge de 35 ans, dans le cas des femmes qui fument et après la quarantaine pour les autres.

2. Les cas de diabètes.

3. Les cas de maladies de tension (hypo).

4. Les varices.

5. Antécédent clinique attestant un coagulum dans un des organes du corps.

6. Les maladies cardiaques.

7. Les maladies de foie.

8. Les maladies des reins.

9. Les tumeurs de sein.

10. Les tumeurs de l’utérus et de ses environs.

11. L’allaitement au sein.

‘Umm ‘Îmân : Quels sont les autres moyens hormonaux ?

Docteur Ahmed :

- Les injections anticonceptionnelles : Il s’agit de l’injection d’une substance progestative qui inhibe l’ovulation. Ces injections sont diversifiées en fonction de la périodicité de leur administration, mensuelle ou trimestrielle.

- Les capsules sous-cutanées (Norplant) : Il s’agit d’une série de six capsules contenant de la  progestérone, introduites  sous la peau, à l’aide d’une seringue spéciale, sous anesthésie locale au-dessus du bras, du côté du corps. Le mode d’action consiste à empêcher l’ovulation, tout en modifiant les sécrétions du col de l’utérus en le rendant ainsi imperméable à la percée des spermatozoïdes. Leur effet dure cinq ans.

Il existe d’autres moyens contraceptifs, encore en stade d’expérimentation, tels que les sérums inhibant l’ovulation, les pilules et les injections contraceptives pour hommes et qui sont à base de la “josépole”.

‘Umm ‘Îmân : Quels sont les moyens locaux de contraception ?

Docteur Ahmed :

1. Le préservatif masculin : Son taux d'efficacité atteint les 80%. Il est fabriqué en latex très fin et il en existe plusieurs variétés, couleurs et formes. Il existe aussi l’ordinaire, le granulé et celui assorti de substances spermicides.

‘Umm ‘Îmân : Quel est son mode d’emploi ?

Docteur Ahmed :

l  Le Préservatif est placé sur le pénis en état d’érection, avant l’acte sexuel, afin de retenir le sperme et l’empêcher de s’éjaculer dans le vagin de l’épouse.

l Après l’acte sexuel, il est recommandé de tenir serré le  pan du préservatif  pour empêcher l’écoulement du sperme à l’intérieur du vagin.

l L’efficience du préservatif atteint les 95% si la femme s’administre un ovule vaginal soluble et moussant, à vocation spermicide.

‘Umm ‘Îmân : A-t-il des inconvénients ? Quels sont-ils ?

Docteur Ahmed :

Son principal inconvénient est qu’il peut se déchirer pendant l’acte sexuel ou qu’il peut être perforé et laisser ainsi s’infiltrer les spermatozoïdes dans le vagin. De même qu’étant un isolant, il empêche le contact direct et diminue les sensations du spasme sexuel.

‘Umm ‘Îmân : Quels en  sont les avantages ?

Docteur Ahmed :

Parmi les principales vertus du préservatif, la protection efficace qu’il assure contre les maladies vénériennes transmissibles d’une partie à une autre, notamment la maladie mortelle de l’Aids.

Docteur Ahmed : 

Parmi d’autres contraceptifs locaux nous avons :

- Le préservatif féminin : sa forme est similaire à celle du préservatif masculin, mais il est plus grand et dispose d’un anneau interne qui en permet la fixation.

- Le diaphragme : appareil en caoutchouc fixé par un anneau en métal et existe en formes et tailles diversifiées. Son efficacité atteint les 80%.

‘Umm ‘Îmân : Quel est leur mode d’emploi ?

Docteur Ahmed :

l A leur utilisation pour la première fois, le gynécologue en choisit la taille correspondant au vagin de la femme et initie celle-ci à la technique de leur placement.

l  Le diaphragme est placé de telle sorte que sa partie en caoutchouc couvre le col de l’utérus, empêchant ainsi les spermatozoïdes de s’infiltrer dans l’utérus.

l  Il est recommandé d’enduire l’appareil et les parois vaginales de crème spermicide pour augmenter l’efficacité de ce procédé.

l  Le diaphragme est placé un quart d’heure avant le rapport sexuel et il doit être gardé au moins huit heures après le rapport, durant lesquelles, il ne faut absolument pas procéder au lavage vaginal.

l   Le diaphragme doit être lavé, asséché, puis conservé dans une fine couche de la poudre du Talc.

Il existe aussi des tablettes moussantes dont le taux d’efficacité anticonceptionnelle atteint 60%. Cependant, quand elles sont utilisées conjointement avec le préservatif masculin, leur taux d’efficacité atteint de 95%.

‘Umm ‘Îmân : Et quel est le mode d’emploi ?

Docteur Ahmed :

Le  mode d’emploi est le suivant :

l  La tablette est placée dans le vagin, au moins dix à quinze minutes avant le rapport sexuel. Son effet dure une demi-heure; au delà, il faudra en placer une autre. Au cas de rapports répétés, il faut en rajouter une autre.

l  Dans le cas où la mousse spermicide ne se répand pas après le placement de la tablette, cela veut dire que celle-ci a perdu son efficacité. Il faudra alors utiliser d’autres tablettes non défectueuses.

l  La femme ne doit pas procéder au lavage vaginal avant l’écoulement de huit heures après le rapport sexuel.

Il existe aussi des crèmes anticonceptionnelles dont l’efficacité atteint 65%. Il s’agit de substances chimiques inhibant l’effet du spermatozoïde. Elles sont emballées dans des tubes longs dotés de seringues spéciales.

‘Umm ‘Îmân : Quel est le mode d’emploi ?

Docteur Ahmed :

l  La seringue est placée sur l’ouverture du tube et la femme presse ce dernier pour faire passer la crème dans la seringue. Une fois celui-ci rempli de la quantité voulue, il est séparé du tube et le contenu de la gelée est injecté dans le vagin, immédiatement avant le rapport sexuel.

l Si le rapport sexuel se répète, il faudra injecter la crème de nouveau, selon le procédé précédent.

l La femme ne doit pas procéder au lavage vaginal avant l’écoulement de huit heures après l’acte sexuel.

l La crème spermicide peut être utilisée avec le diaphragme et le préservatif masculin.

‘Umm ‘Îmân : Existe-t-il d’autres moyens de contraceptifs ?

Docteur Ahmed :

En effet... Il existe aussi des méthodes chirurgicales dont les suivantes :

l  La stérilisation : c’est la contraception irréversible, à la suite de laquelle la conception est impossible, sauf dans des cas très exceptionnels. Pour recouvrer la faculté de procréer, il faudra recourir à une opération chirurgicale hautement délicate ou faire appel à la solution des bébés éprouvette.

1. Les procédés de stérilisation féminine :

l  La ligature des trompes : Par le biais d’une petite chirurgie abdominale, les trompes de Fallope sont sectionnées et leurs extrémités ligaturées.

l  A l’aide d’une fibroscopie abdominale, on utilise une agrafe en plastique ou un anneau en plastique.

l  A l’aide d’une endoscopie utérine, on injecte une substance stérilisante dans les trompes de Fallope qui s’introduit dans l’utérus.

l Lors d’une césarienne appliquée à une femme âgée à accouchements répétés.

2. La stérilisation des hommes :  La vasectomie

Cette opération chirurgicale très simple consiste à sectionner les conduits véhiculant le sperme. Les deux extrémités sectionnées sont repliées sur elles-mêmes et ligaturées. On peut également  injecter dans le conduit du sperme une substance qui l'obstrue définitivement.

‘Umm ‘Îmân : Merci infiniment, Docteur Ahmed, pour ces précieuses informations édifiantes. Je vous promets de les transmettre à ma fille et à toute personne qui me poserait des questions à ce sujet.

Dr Ahmed : J’aimerais attirer l’attention sur le fait que l’islam proscrit la stérilisation.

 

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