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Discussions
Président de séance : Dr Abdallah
Basslamah
Rapporteur : Dr Nazih Hammad
* Dr Mohammad
Naim Yassine
Le débat à suivre portera sur la responsabilité du malade du
Sida, sur l'avortement...mais j'espère qu'on n'oubliera pas
le vrai coupable, celui qui est à l'origine de cette
terrible infection. A mon avis, le Sida est le produit d'un
choix civilisationnel donné. Mais il est à craindre que le
mal nous atteigne à plus ou à moins brève échéance, que nous
tombions sous l'emprise de cette civilisation qui s'ingénie
à fabriquer en abondance les moyens d'assouvir les plus bas
instincts au mépris de la vertu et de la morale ; il s'en
est suivi une anarchie totale rendant difficile la
reconnaissance des limites entre les plaisirs licites et
ceux qui ne le sont pas.
Dieu a doté l'homme d'organes et de fonctions divers :
ainsi, le cerveau est l'appareil de l'intellection, les
poumons, celui de la respiration etc. Pour les jouissances
des sens, Il a créé ce que nos oulémas anciens appelaient
gharâëz (instincts, inclinations). Or, c'est sur ces
derniers qu'on focalise toute l'attention ces derniers temps
au détriment d'autres facultés, voire au détriment du corps
lui-même. L'intérêt porte surtout sur les trois désirs
évoqués par Al-Ghazâli: le désir sexuel, le désir de
nourriture et le désir d'orgueil et de supériorité. Mais à
l'origine de tous les appétits, il y a le goût de l'argent,
la vénalité. Je n'ai pas besoin de m'étendre davantage
là-dessus. Vous voyez tous les excès en tous genres qui
marquent le monde où nous vivons. Si bien que l'on peut dire
que cette recherche frénétique des plaisirs sensuels est le
vrai responsable de la maladie qui nous préoccupe ici et non
pas le virus dont tout le monde est d'accord pour dire qu'il
était initialement inoffensif.
Il faudrait donc chercher le vrai coupable et le condamner
au lieu de s'en prendre au malade qui peut n'être que la
victime d'une civilisation et d'une propagande
irresponsable.
S'agissant de la responsabilité du malade du Sida, il me
semble qu'il faut distinguer deux choses : l'infection
résultant des conduites irrégulières et la contamination
d'un conjoint au cours d'un rapport sexuel légitime. Dans le
premier cas, on a affaire à un crime. Or, les crimes sont
punis par des sanctions diverses. Ainsi le sidéen qui aura
délibérément disséminé l'infection au sein d'une population
donnée sans autre but que de nuire à la santé des gens
méritera la peine de mort, au même titre qu'un distributeur
de la drogue ou autre corrupteur sur la terre. Il importe
donc de ne pas confondre les personnes atteintes
accidentellement et les sidéens qui propagent perfidement
l'épidémie autour d'eux.
Pour les malades innocents, on devra veiller au respect de
leurs droits en leur apportant soins et assistance comme le
veut la Tradition du Prophète. Merci.
* Président,
Dr Abdallah Basslamah
Merci, Dr Yassine ; avant de poursuivre le débat, je
voudrais demander aux intervenants d'être brefs pour
permettre à un grand nombre de personnes ici présentes de
participer.
* Dr
Abdelfattah
Je demande à la présidence d'accorder le temps nécessaire
aux docteurs de la loi pour apporter leurs contributions au
débat, car c'est à cette seule condition que nous pourrons
aboutir aux bonnes décisions.
* Président,
Dr Abdallah Basslamah
Dr Rajai El-Joundi vous avez la parole...
* Rajai
El-Joundi
Je voudrais juste rappeler la demande que j'ai déjà faite, à
savoir qu'il faut s'en tenir dans les questions comme dans
les remarques au sujet de cette séance ; nous passerons
ensuite aux autres volets du problème. Merci.
* Houjjat
Al-Islâm Mohammad Hâdi El-Youssefi
Les docteurs de la Loi chi'îtes (Ja'farîtes, Imamites) sont
unanimes pour dire que, selon la doctrine communément admise
chez Âhl al-Bayt (les descendants de la famille de Ali), la
peine légale de l'homosexualité masculine est la mise à
mort du coupable, soit en le décapitant, soit en le lançant
du haut d'un lieu élevé, soit en faisant tomber sur lui un
mur, soit enfin en le jetant dans un trou où il sera brûlé
vif. Voilà donc pour les quatre formes de mise à mort
d'après la doctrine chi'îte la mieux établie. Le choix de
l'une d'entre elles est laissé à l'appréciation de l'Imam.
Mais ce dernier peut ne choisir à l'époque actuelle que la
formule la plus simple.
Il existe cependant une tradition remontant à l'Imam Ja'far
Al-Sâdiq d'après laquelle Ibn Qassem a déduit que
l'application de la peine de mort en cas d'homosexualité est
soumise à la condition de ihsân (être marié et de condition
vertueuse). Merci.
*
Dr Ahmad Imam
J'ai deux remarques à adresser au Cheikh Wahbé Zehili ; la
première, c'est que les médias ne parlent pas de
l'abstinence à propos du Sida ; mais chez nous en Egypte,
le Ministère de la Santé ne cesse de recommander la chasteté
comme moyen de prévention de cette maladie à travers des
messages publicitaires passés quotidiennement à la
télévision. C'est une démarche conforme à la sagesse de
l'Islam.
La deuxième remarque concerne le secret médical. Cheikh
Wahbé affirme que le malade du Sida encourt la peine de mort
en Islam. Mais en tant que médecin, dois-je déclarer les
patients dont je sais qu'ils sont porteurs du VIH, sachant
que cette maladie peut être contractée autrement que par une
pratique sexuelle illégitime ? Par ailleurs, si le patient
sait qu'il sera dénoncé par le médecin, il ne lui dira plus
la vérité sur son affection, ce qui ne permettra pas de
faire un diagnostic rigoureux ni, par conséquent,
d'envisager les traitements nécessaires. Autant dire que le
malade sera livré à lui-même et continuera à disséminer le
virus.
Les causes de l'infection au VIH sont diverses. Mais si
j'apprends que le malade a eu des rapports homosexuels,
dois-je prévenir les autorités ? Une telle attitude ne
constituera-t-elle pas une violation du secret médical
auquel tout médecin est tenu ? Ne risquera-t-elle pas de
dissuader les patients de se soigner et donc de favoriser la
propagation de la maladie ? Voilà les questions que je
voudrais soumettre à votre méditation.
* Ahmad
El-Qadi
Les peines légales sont prévues pour sanctionner les péchés
quels qu'ils soient, (de la pratique de l'usure à l'atteinte
à la liberté d'autrui), mais pas une maladie. Ainsi, on ne
punira pas une personne parce qu'elle est porteuse du virus
du Sida, mais parce qu'elle a commis une faute condamnable.
Notre Honorable Cheikh El-Mays a évoqué une autre sanction :
la destruction du foetus dont on est médicalement sûr qu'il
est irrémédiablement atteint. Cette opinion serait valable
si on était légalement fondé à tuer les malades dont on
n'espère plus la guérison. Or, on n'a pas le droit de mettre
un terme à la vie de ces malades. Ainsi donc, même si les
deux conjoints demandent expressément de se débarrasser du
foetus infecté, on devra beaucoup réfléchir avant de prendre
une décision.
*
Dr Mohammad Said Ramadane
Je voudrais préciser que les peines légales ne sanctionnent
que les crimes ; or, non seulement la maladie n'est pas un
crime, mais elle constitue en elle-même un châtiment divin
ou une épreuve pour celui qui la subit. Nos jurisconsultes
soutiennent que si l'application de la peine de flagellation
contre un fornicateur entraîne une affection, celle-ci doit
être traitée.
En présentant le Sida comme un crime, on risque de voir des
gens traquer les sidéens pour les tuer ou les dénoncer.
Cette chasse aux sorcières pourra donner lieu à des
dérapages que la Charia condamne sans appel. La prudence
doit donc être de mise, d'autant plus que les malades du
Sida ne sont pas tous des débauchés.
Et puis, la dissolution du mariage n'est pas une punition,
c'est une manière de régler un problème potentiellement
dangereux. Merci.
* Président,
Dr Abdallah Basslamah
Je prie les participants à ce débat de bien vouloir se
présenter avant de faire leur intervention.
* Dr Omar
Soulyamane El-Ashqar
Mon intervention portera sur un certain nombre de points.
Tout d'abord, pour que la peine préconisée par Dr Zehili
contre les sidéens puisse être appliquée, il faut d'abord,
comme dans le cas de consommation du vin ou de la drogue,
que la faute soit établie par les moyens de preuve prévus
par la Charia, c-à-d, l'aveu de l'accusé ou les témoignages
de quatre témoins. Peut-on appliquer la peine légale contre
quelqu'un uniquement parce qu'il a attrapé le Sida ? En
vérité, cela ne me semble pas très réaliste. Il faut d'abord
commencer par appliquer la Charia dans les pays islamiques ;
car c'est seulement alors que les moyens de contrôle seront
mis en place pour lutter contre la corruption des moeurs et
l'incitation à la débauche sous toutes les formes. Ainsi
pourrons-nous mettre nos pays en sécurité. Tant qu'on ne
parvient pas à rétablir la Charia donc, -au demeurant, le
rétablissement de celle-ci ne dépend pas des oulémas que
nous sommes, mais des pouvoirs politiques et exécutifs- il
serait inutile de dire aux médecins qu'il faut déclarer les
cas de Sida, chercher à établir la culpabilité des sidéens.
D'ailleurs, il peut y avoir un grand nombre de personnes
atteintes dans un même centre hospitalier, les médecins
peuvent avoir de la compassion pour tous ces malades, comme
le devoir le leur commande.
Les gouvernements savent -tout le monde sait- que notre rôle
est de dire aux responsables et à tous les citoyens qu'il
faut appliquer la Charia, car c'est dans l'intérêt de tous,
tant dans ce monde que dans la vie future. La Charia est la
voie du salut, le rempart contre les péchés mortels, contre
l'effondrement de l'ordre social.
L'on sait, par ailleurs, -et c'est le deuxième point de mon
intervention- que le sionisme international œuvre
perfidement pour la dissémination du Sida surtout dans les
pays arabes et islamiques ; des cas sont rapportés en effet
-j'en connais moi-même quelques-uns- qui démontrent qu'il y
a des infections provoquées intentionnellement, pas
seulement par voie sexuelle, mais aussi par inoculation du
virus aux personnes saines. Cela s'est produit notamment
dans les pays limitrophes de la Palestine.
Le troisième point concerne l'homosexualité qui, faut-il le
souligner, constitue une pratique légale dans les pays
occidentaux où les gays peuvent afficher publiquement leurs
préférences sexuelles et s'adonner à leurs plaisirs malsains
en toute impunité. Mais le plus grave, c'est de voir
certains pays arabes et islamiques tolérer la débauche sous
diverses formes. Les sociétés islamiques semblent ainsi
avoir perdu leur immunité et se laissent envahir par ce
fléau venu d'ailleurs. Face à ce mal terrible, la Charia
restera le seul remède. Merci.
* Dr Youssef
Qaradawi
J'ai constaté que certains de nos confrères se sont montrés
très durs à l'égard des malades du Sida. Je pense pour ma
part que cette sévérité contraste avec la vraie vocation de
l'Islam, qui est de recommander la bonté envers les gens,
fussent-ils des pécheurs. Ainsi, Dr Saoud suggère
d'interdire le pèlerinage aux sidéens. Or, si un homme a
péché et qu'il veut se faire pardonner sa faute, se purifier
dans les Lieux saints, peut-on l'en empêcher ? Et pourquoi
le faire alors qu'on sait que le Sida ne se transmet pas par
les contacts usuels de la vie de tous les jours ?
D'ailleurs, le pèlerin malade du Sida n'est pas obligé
d'effectuer le rasage rituel (à Minan) ; il suffit qu'il se
fasse couper un peu les cheveux.
Dr Wahbé Zehili s'est montré plus sévère encore, rejetant
toute compassion, tout sentiment humain à l'égard des
malades, comme si ce sentiment nous est venu de l'Occident,
alors qu'il est en fait inhérent à notre religion. "Nous ne
t'avons envoyé que comme miséricorde pour le monde", dit le
Coran.
Ainsi, au lieu de dénoncer ceux qui commettent des péchés,
il nous est recommandé au contraire de ne pas dévoiler leurs
secrets, en vertu de la parole du Prophète : "tout membre de
ma communauté est pardonné, sauf ceux qui affichent au grand
jour leurs turpitudes". Celui qui a péché n'est donc pas
obligé d'avouer publiquement sa faute, tant que Dieu ne la
fasse pas apparaître. Et si l'intérêt médical recommande que
le malade se confie à son médecin, que cela reste entre eux
; pourquoi vouloir en effet montrer par quelle voie le
malade a été atteint, puisqu'il est possible que l'infection
soit accidentelle.
On s'est également montré intransigeant au sujet de la peine
de mort contre les homosexuels, les Lotiyîne (sodomites), un
mot dérivé du nom du prophète Loth, alors que ce dernier n'a
rien à voir avec les homosexuels ; il est venu au contraire
pour combattre cette pratique, purifier et moraliser la
société, avertir l'humanité future contre ses dangers.
Dr Wahbé a affirmé que "la sanction légale de la sodomie
chez les nations antérieures à l'Islam était la mise à mort
des coupables et la démolition de leurs maisons"; or, le
châtiment infligé aux gens de Sodome n'était pas une
sanction légale ; c'est une malédiction divine. Et si Dieu
décide de sévir contre les malades du Sida, ce sera Sa
volonté. Mais nous, il ne nous appartient pas de violer les
secrets des gens. Mon souhait le plus ardent est donc que la
noble Charia soit appliquée ; car elle est le garant de
notre protection et de notre sécurité.
Cheikh El-Mays a évoqué le droit du mari à répudier la femme
(atteinte du Sida) ou à l'isoler dans une chambre à part.
Mais une femme mariée n'a-t-elle pas droit à la cohabitation
conjugale ?
Cheikh Tantawi a fondé sa fatwa sur les préjudices éventuels
sur la progéniture. Or, les médecins, qui sont des
autorités en la matière, affirment que le risque pour
l'enfant est minime et si risque il y a, c'est pour l'autre
conjoint. Supposons qu'un époux ait produit un certificat
attestant sa séronégativité, il ne sera pas tenu des
dommages affectant la progéniture ou l'autre partenaire, en
vertu de cette Tradition rapportée par Abou Hourayra : "Dieu
n'a pas créé de maladie sans avoir créé en même temps son
remède".
* Cheikh
Mohktar Soulami
Je reviens sur le problème de l'isolement du malade du
Sida. Je pense que nous ne disposons pas d'éléments
suffisants pour pouvoir discuter et approfondir tous les
aspects de la question. S'agira-t-il d'exclure les sidéens
de la société, alors qu'il est médicalement admis que la
fréquentation non sexuelle et qui ne comporte pas de contact
avec le sang contaminé, n'a aucun effet préjudiciable ?
Certains points demandent donc des explications plus
détaillées : que doit être, par exemple, le rapport du
malade à la société ? quels sont les risques éventuels de
contamination et comment les prévenir ?
Le deuxième point de mon intervention concerne la vie
conjugale avec un mari atteint de Sida : les époux
doivent-ils faire chambre à part si la femme accepte de
plein gré de rester aux côtés de son mari malade ? a-t-elle
ce droit ou pas ?
D'autre part, -et c'est ma troisième question- peut-on
isoler un enfant malade de ses camarades à l'école ? quels
seraient les effets psychologiques d'une telle mise à
l'écart ?
J'en arrive au point concernant la responsabilité pénale des
malades du Sida. Je souhaite que ce point ne figure pas dans
les Actes de ce colloque, car il n'a y a pas lieu de parler
de responsabilité pénale à propos du Sida. Celle-ci n'est
engagée en effet qu'en cas d'atteinte à une vie humaine,
(par exemple en cas d'un acte sexuel contaminant commis par
une personne mariée ou pas). Les délits donnant lieu à
responsabilité pénale sont bien définis dans le droit
islamique ; le Sida n'en fait pas partie. J'espère donc que
l'on ne retiendra pas le terme de "responsabilité pénale"
comme titre de cette séance, car nos travaux seront publiés
et mis à la disposition du monde entier et certains vont en
tirer argument pour dire que l'Islam considère le Sida comme
un crime!
*
Dr Mohammad Haddad
Dans le cas du Sida, comme dans d'autres maladies, il est
important de connaître les malades pour pouvoir les traiter.
Ainsi donc, je crains que la criminalisation et la
répression du Sida n'incitent les sidéens à cacher leur
maladie, ce qui ne pourrait que favoriser la propagation de
celle-ci. C'est là un point essentiel à méditer. Cheikh
Qaradawi a rappelé le principe islamique selon lequel "la
prévention de préjudices est préalable à la recherche
d'avantages". Si la prise de dispositions pénales dans ce
sens peut augmenter les risques encourus par l'entourage des
malades, en poussant ces derniers à taire leur maladie,
est-on légalement fondé d'appliquer des mesures d'isolement
? J'espère qu'on apportera les éclaircissements nécessaires
dans ce sens et adoptera des recommandations sages. Merci.
* Cheikh
Mohammad Souheib Shami
Je voudrais commencer mon propos par cette formule célèbre :
"soit compatissant envers les malades et implore Dieu de
t'accorder la bonne santé". Dans les sociétés humaines, il y
a des gens bien-portant et d'autres qui souffrent d'un mal
visible ou invisible. Le Sida, d'après les exposés de nos
collègues médecins, est une infection pour laquelle on n'a
pas encore trouvé de remède. Mais il n'est pas impossible
que celui-ci soit trouvé un jour. En attendant, notre
rencontre d'aujourd'hui doit se pencher sur les moyens de
prévention. Ces derniers peuvent se traduire par deux sortes
de dispositions: les premières auront pour but d'éviter la
contamination des personnes saines à travers l'exhortation
des jeunes à la chasteté, l'encouragement au mariage et
l'assouplissement de ses formalités ; les secondes auront un
caractère répressif et viseront à lutter contre la débauche
sous ses multiples manifestations, tout en encourageant les
associations islamiques à sensibiliser aux valeurs morales
et à apporter leur soutien moral et matériel aux jeunes pour
les aider à mieux se protéger.
Il faudra par ailleurs mettre un terme à toute forme
d'érotisme et d'incitation à la débauche dans les médias.
Je voudrais insister enfin sur le fait que le malade du Sida
est une personne qui jouit de sa pleine capacité légale, qui
a les mêmes droits et obligations que n'importe quelle autre
personne. Les sociétés islamiques doivent comprendre que la
transmission du Sida est due (généralement) à des
comportements bien déterminés, qui en soi sont prohibés et,
par conséquent, punissables par la Charia. Il convient donc
d'attirer l'attention de la jeunesse islamique sur les
dangers de ces conduites à risque en les incitant à la vertu
et à l'abstinence. Enfin, je souscris volontiers à l'avis de
mes confrères, Cheikh Saîd El-Bouti et Cheikh Qaradawi,
selon lequel le malade du Sida a davantage besoin
d'assistance que de punition. La sanction du Ciel lui
suffira !
* Président,
Dr Abdallah Basslamah
Les collègues qui prennent la parole sont priés d'être brefs
pour permettre à un plus grand nombre de participants
d'intervenir dans le débat. Merci.
* Dr Mohammad
Fawzi
Dr Wahbé fait une distinction entre les personnes atteintes
accidentellement de Sida et celles contaminées par leur
propre faute. Seules ces dernières méritent selon lui d'être
sanctionnées pour le péché commis. Pour lui, cette sanction
doit être appliquée sans délai, une fois établie la faute du
suspect. Or, on sait que l'application des peines peut être
suspendue dans bien des cas.
Ma deuxième remarque est la suivante : Dr Saoud dit à la fin
de son exposé, par ailleurs remarquable, qu'il incombe aux
gouvernants de par leurs responsabilités de veiller à
l'application des mesures préventives très strictes et que
celui qui se montre négligent en la matière sera jugé impie
(fâsiq).
*
Dr Abdellatif Sinan
Dr Wahbé a mentionné les cas de personnes atteintes par le
Sida et celles infectées accidentellement, mais il n'a pas
parlé de la sanction qui doit être réservée aux malades qui
transmettent intentionnellement leur virus à autrui,
contribuant ainsi à propager la maladie de propos délibéré.
* Dr Mohammad
El-Bar
En vérité, le problème du Sida est lié aux phénomènes
d'homosexualité et de prostitution en général. Ainsi, s'il
faut mettre en œuvre des dispositions de mise en
quarantaine, d'isolement, ou de répression, ce sera bien
contre les populations à risque. On sait à cet égard que
certains pays dits touristiques font venir des cohortes de
prostituées de Russie ou d'ailleurs qu'ils installent dans
les hôtels de luxe où elles exercent pendant une certaine
période, avant de retourner chez elles après avoir ramassé
plein d'argent et laissé derrière elles un grand nombre de
malheureuses victimes. Il faut donc alerter l'opinion du
danger de la traite blanche et du tourisme sexuel qui sont
la source d'innombrables problèmes sociaux et sanitaires,
parmi lesquels le problème du Sida qui nous préoccupe
aujourd'hui.
A propos du malade du Sida, le problème qui se pose, est de
savoir comment établir légalement sa responsabilité et
dénoncer le malheureux aux autorités, sachant que le
dénonciateur s'expose en Islam à la peine de qadhf, c-à-d,
d'imputation calomnieuse de fornication, si sa déclaration
n'est pas confirmée par quatre témoins oculaires de l'acte
incriminé ou par l'aveu de l'accusé. Toutes ces
considérations doivent être prises en compte avant de
prendre une décision quelconque en la matière. Merci.
* Dr Haytham
El-Khayt
Je voudrais ajouter quelque chose au sujet de la répression
pénale du Sida. Il me semble que cette maladie ne constitue
pas une preuve de fornication. Les exemples cités par Ibn
Al-Qayem, peuvent, je le crois, nous éclairer sur ce
chapitre. Il ne convient donc pas de prononcer des
accusations de fornication sans preuves contre des personnes
atteintes du Sida. Une telle approche ne permettra pas
d'assurer un meilleur traitement aux malades. Elle ne peut
donc se justifier, sauf peut-être à l'encontre de ceux qui
pratiquent ostensiblement la débauche et qui, Dieu merci, ne
sont pas légion dans nos pays. L'histoire de la Ghamidite
rapportée par la Tradition est révélatrice à cet égard :
cette femme ayant reconnu avoir commis l'adultère, on
s'attendait à ce qu'elle soit punie immédiatement, mais non
! le Prophète dit à son représentant légal (wâlî) :
traite-la convenablement et lorsqu'elle aura accouché de son
enfant et qu'elle l'aura allaité jusqu'au moment du sevrage,
alors tu pourras me la ramener.
Il est donc bon de suivre l'exemple du Prophète et de faire
preuve d'indulgence même envers les fautifs. Ainsi, les
médecins sont appelés à se montrer bienveillants à l'égard
des malades, même si ces derniers sont de moeurs douteuses.
Car les révélations faites à un médecin n'ont pas le même
effet légal que les témoignages ou l'aveu faits devant le
juge responsable des peines légales. Le châtiment divin,
comme nombre de nos collègues l'ont souligné, est une autre
affaire. Il ne dispense pas les personnels de santé de
l'obligation d'apporter tous les soins nécessaires à leurs
patients.
Je voudrais par ailleurs apporter quelques précisions
terminologiques : le terme hajr sihhiy, mise en quarantaine,
désigne une mesure médicale appliquée non pas aux malades
mais à un groupe de personnes dont il s'agit de vérifier
l'état de santé. Ainsi, on soumettait à une quarantaine
pendant une période déterminée les pélerins venus des Lieux
saints avant de rentrer dans leur pays. Le 'azl, veut dire
l'isolement de personnes malades, dans les lieux de travail
ou dans les établissements scolaires, par exemple, pour
empêcher la diffusion d'une maladie contagieuse comme le
Sida ou l'hépatite B. S'agissant du Sida, la question de la
mise à l'écart des malades doit être traitée avec
pondération avant de faire l'objet d'une décision.
D'ailleurs, la meilleure façon de se prémunir contre cette
maladie est d'éviter les rapports sexuels non protégés.
Je voudrais que l'on revienne plus amplement sur le problème
de la contamination délibérée de personnes saines pour
écouter les avis d'autres collègues là-dessus ; car c'est là
l'un des troisièmes points importants évoqués par le
président de cette séance, Dr Basslamah, et qui, à mon sens,
n'est pas suffisamment discuté pour qu'on puisse formuler
une opinion claire à son sujet.
* Dr Hamdati
Maalaynayn
L'apparition de l'épidémie du Sida nous rappelle cette
formule de Omar Ibn 'Abdelazîz "La jurisprudence innove dans
la mesure où les hommes commettent des délits nouveaux". Le
progrès médical et l'évolution de la Loi montrent à
l'évidence que la prévention n'a pas été efficace jusqu'ici
contre le Sida. Aussi doit-on repenser de manière radicale
les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre cette
maladie. A mon avis, la seule protection vraiment efficace
contre ce mal est l'application des prescriptions de la
Charia et la bonne éducation assurée à travers
l'enseignement à l'école et par le canal des médias. Car,
l'attitude de la médecine en la matière reste encore
fluctuante, incertaine.
Par ailleurs, je suis d'accord avec certains collègues pour
dire que l'atteinte par le Sida n'est pas en soi un motif
justifiant une sanction pénale, car elle n'est pas toujours
imputable à la faute du malade ou à une intention de nuire à
autrui. Ce qui doit être sanctionné en revanche, c'est
l'acte criminel qui consiste à transmettre sciemment le
virus à une personne saine et à propager l'infection de
façon préméditée. Sur ce chapitre, on peut se référer par
exemple aux peines légales prévues par la Charia contre
l'homicide volontaire, la complicité de meurtre, ou autres
formes d'agression. Ceux qui contribuent à propager
perfidement une épidémie aussi terrible que le Sida et à
porter ainsi préjudice à la Oumma méritent sans doute une
peine plus sévère encore que celles sanctionnant les délits
précités. Il faut donc formuler en l'espèce des avis clairs
et solidement argumentés.
La médecine qui a étudié la maladie durant les années 70
n'est pas encore parvenue à percer tous les secrets de
celle-ci. C'est dire l'ampleur de la tâche qui attend les
docteurs de la Loi ; ceux-ci sont en effet appelés à
multiplier leurs rencontres pour réfléchir aux solutions à
apporter aux problèmes liés à cette maladie et élaborer des
recommandations précises à soumettre aux pouvoirs publics et
aux instances législatives, seules autorités à même de
donner aux dites recommandations force de loi. Merci.
*
Cheikh Abdallah El-Manii
J'aimerais revenir sur la responsabilité pénale (en cas de
contamination d'autrui). Le transmetteur de la maladie peut
soit agir de façon délibérée et intentionnelle, ou bien
provoquer une infection par erreur. Celui qui contamine
intentionnellement autrui, qu'il soit lui-même porteur de la
maladie ou pas, est à mon avis assimilable au propagateur de
la drogue : il encourt par conséquent une sanction
arbitraire (ta'zîriyyat) qui peut aller jusqu'à la peine de
mort, car il met en péril la vie de beaucoup de personnes.
A ce propos, j'ai lu dans un journal qu'une prostituée
installée dans un hôtel a séduit un jeune homme et lorsque
celui-ci a cédé à ses tentations, elle lui lança:"bienvenu
au club des sidéens !". Elle lui révéla en même temps qu'il
était sa quinzième victime et qu'elle agissait ainsi par
esprit de vengeance.
S'agissant de l'infection par erreur, elle constitue certes
une faute dont la sanction est laissée à l'appréciation du
juge. Mais la punition qu'elle appelle ne peut pas être
aussi sévère que celle sanctionnant les actes criminels
délibérés.
En ce qui concerne la protection contre le Sida, nos
collègues ont évoqué dans leurs exposés l'isolement des
malades au sein de la société et plusieurs autres mesures du
même genre. Mais il reste à préciser les dispositions les
mieux opérantes dans ce sens.
Enfin, il a été maintes fois affirmé que le Sida ne résulte
pas seulement du péché de la chair et qu'il peut être
imputable à d'autres causes comme la transfusion du sang et
les injections (intraveineuses). Pourquoi dès lors mettre
tous les sidéens au banc des accusés ?
* Dr Ali
Abdelfattah
Je suis d'accord avec Cheikh Qaradawi qu'il ne faut pas
loger dans la même enseigne les malades qui ont attrapé la
maladie pour avoir péché, et ceux qui ne sont que les
innocentes victimes de l'acte d'autrui. Ces dernières
méritent effectivement notre indulgence et notre compassion.
Pourquoi être sévère à l'égard des porteurs du Sida alors
que cette maladie n'est pas aussi contagieuse que la peste,
le choléra ou même l'hépatite B ? Devrons-nous mettre en
quarantaine et déclarer intouchables toutes les personnes
atteintes de ces infections ? Une telle décision ne
risquerait-elle pas d'avoir des conséquences encore plus
néfastes sur la société, en exacerbant le sentiment de haine
et de rancune de malades socialement exclus ?
S'agissant des sanctions, je crois que le conférencier n'a
pas parlé de la punition pour la maladie elle-même, mais
pour le péché qui en est la cause : ainsi, le malade qui
avoue avoir commis le délit de fornication ou de sodomie,
sera sanctionné pour ces délits et non pas pour son
affection.
Pour la transmission volontaire de l'infection, elle ne doit
pas à mon avis être mise sur le même plan que l'homicide
intentionnel et sanctionnée comme tel ; la punition d'un tel
acte doit donc être laissée à l'appréciation du juge qui se
prononcera en fonction de la gravité des dommages causés,
mais sans aller jusqu'à proposer la peine de mort.
Il est possible également de rattacher le délit de
contamination au meurtre par erreur, mais à condition de ne
pas appliquer la peine encourue dans pareil cas avant la
mort de la personne infectée.
* Dr Issam
Aryane
Je m'inquiète à l'idée de voir fonder des décisions légales
sur des informations probablement fausses. Les connaissances
imparfaites des gens au sujet du Sida contribuent à propager
cette épidémie, à favoriser le relâchement des moeurs,
l'indifférence ou la dérision. On a vu ainsi circuler des
plaisanteries comme "bienvenu au club du Sida !". Elles
s'inscrivent à mon avis dans le sillage d'un film égyptien
qui a été fait pour montrer le caractère horrifiant de
l'infection par le Sida et mettre les gens en garde contre
la débauche qui en constitue la cause.
Or, nos docteurs de la Loi ne peuvent se fier à des données
probablement exagérées pour émettre leurs avis juridiques.
Lorsque on légifère, on le fait pour nos pays, nos peuples,
pas pour les autres nations. Or, chez nous, le facteur
principal de contamination, c'est la transfusion sanguine.
On sait que dans les prisons, il y a des gens qui pratiquent
la sodomie, pourtant il n'est pas prouvé que le Sida se
développe dans nos établissements pénitenciers. A ce propos,
j'avais demandé à un chercheur s'il n'y avait pas d'études
de terrain faites sur les prisonniers en Egypte pour évaluer
l'ampleur de l'infection au VIH parmi eux. Il n'avait pas pu
me donner une réponse affirmative.
Nous devons donc apporter des solutions légales aux
situations auxquelles nous sommes réellement confrontés au
lieu de nous intéresser aux problèmes des autres. Pour cela,
beaucoup de travail reste à faire tant dans le domaine
médical que social.
S'agissant des sanctions, leur application exige la preuve
de la faute, mais à qui incombe cette preuve ? Au malade
lui-même ? La question de l'isolement des malades est
également matière à réflexion. Car la mise à l'écart des
malades est déjà une punition. En fait, par "isolement" on
n'entend pas la mise en quarantaine des malades dans une
colonie à part, mais tout simplement la protection au moment
de la cohabitation conjugale. On sait du reste que la
maladie ne peut se transmettre que par voie sexuelle ou
sanguine. Il suffit donc de bien informer le public et de le
sensibiliser aux dangers de contamination. Merci.
* Dr Mokhtar
Soulami
Je voudrais revenir sur la notion coranique de Ifsâd,
"corruption sur la terre" ; il y a "corruption" chaque fois
que, sans raison valable, on abat un arbre, démolit ou brûle
une maison. Le Coran qualifie ce genre d'agressions de
"guerre contre Dieu". On lit à ce propos dans le Livre
sacré: "Telle sera la rétribution de ceux qui font la guerre
contre Dieu et son Prophète et de ceux qui exercent la
violence sur la terre : ils seront tués ou crucifiés, ou
bien leur main droite et leur pied gauche seront coupés, ou
bien ils seront expulsés du pays. Tel sera leur sort: la
honte en ce monde et le terrible châtiment dans la vie
future ; sauf pour ceux qui se sont repentis avant d'être
tombés sous votre domination "(V, 33-34).
Les versets précédents mentionnent différentes formes
d'agression et les sanctions qu'elles appellent. Ces
agressions comprennent toutes les tentatives visant à porter
atteinte à la société islamique ou à la vie des gens qui y
vivent, ou à altérer la Charia et à répandre la violence et
l'insécurité. Ainsi, d'après les jurisconsultes musulmans,
il y a agression (ifsâd), si par exemple une bande de
criminels entre dans une ville et s'empare d'une femme avec
l'intention de la violer. De même, toute personne qui brave
les interdits religieux se rend coupable d'une "corruption
sur la terre". Tolérer pareilles infractions constitue une
négligence lourde de conséquences.
Cependant, il faut faire la part des choses et ne pas
généraliser la notion de Ifsâd (corruption) à tous les cas
soumis à examen. Chaque cas d'espèce doit être apprécié et
étudié soigneusement avant de recevoir une sanction
proportionnée à sa gravité. Merci
* Cheikh
Tantawi
Je voudrais apporter quelques précisions au sujet de
l'isolement des sidéens. Cette mesure doit être
impérativement adoptée s'il est prouvé que la cohabitation
du malade avec les personnes saines constitue un facteur de
contamination pour ces dernières. Dans le cas contraire, la
mise en quarantaine ne serait plus justifiée. En définitive,
la décision d'appliquer ou de ne pas appliquer cette
disposition de protection revient aux autorités médicales
compétentes.
Pour ce qui est de la sanction légale de la transmission
volontaire du Sida, il me semble approprié qu'elle soit
laissée à l'appréciation du juge. Il s'agira donc d'une
peine arbitraire, ta'zîriyyat, selon la terminologie du
droit islamique. Les peines de ce genre peuvent aller d'un
simple blâme à la peine de mort. La détermination de la
gravité de l'acte incriminé et de la sanction requise est du
ressort des autorités judiciaires, qui peuvent statuer après
consultation des experts médicaux. Merci.
* Dr Wahbé
Zehili
Tout d'abord, je signale que le titre de mon exposé est "la
responsabilité pénale des malades du Sida" et non pas de "la
maladie du Sida", tel qu'on l'a écrit par erreur dans le
programme de cette séance. En ce qui concerne la possibilité
pour le médecin de dénoncer un homosexuel (chez qui il
découvre le Sida), je me contenterais de rappeler qu'on a
affaire ici à des droits relevant de l'autorité de Dieu,
Exalté soit-Il ; il y a en effet en Islam ce qu'on appelle
le témoignage de la Hisba (censure morale) concernant des
affaires qui ne touchent pas les droits des hommes et que
l'on peut par conséquent, soit dénoncer, soit garder
secrètes. Le choix est laissé à la conscience de l'individu.
Troisième point : je ne nie pas le "caractère humaniste" de
l'Islam - l'expression est en fait non pas islamique mais
occidentale. Il est donc plus exact de parler de la
compassion et de la clémence qui procèdent effectivement de
l'essence même de la foi islamique. Mais une chose est
d'attraper la maladie par sa propre faute, ou de la
transmettre à autrui, une autre est d'être infecté par un
accident indépendant de sa volonté. Je crois que ces
distinctions ont déjà été soulignées par certains de nos
collègues. Il convient par conséquent de ne pas confondre
les différentes causes et leurs effets respectifs.
S'agissant des sanctions, j'ai mentionné dans mon exposé les
peines dites arbitraires (ta'zîriyyat), qui peuvent aller
jusqu'à la peine de mort. Merci.
* Dr Hassane
Hathout
Permettez-moi de dire que sans preuve, point de punition.
Or, la preuve ne peut être apportée par le médecin. Car la
déposition faite par celui-ci dans ce sens est non seulement
irrecevable, mais aussi préjudiciable. Je ne dis pas cela
par rapport au secret médical, mais en considération des
buts mêmes de la Charia. L'homme ou la femme qui a des
relations sexuelles suspectes peuvent se demander s'ils
n'ont pas été infectés par le Sida. Pour en avoir le cœur
net, ils doivent faire appel au médecin ; c'est la seule
occasion pour eux d'obtenir le diagnostic recherché. Or,
sans la confidentialité des médecins, personne n'oserait les
consulter ni, par conséquent, se faire soigner. Remettre en
cause ce rapport confidentiel entre le soignant et le
patient rendrait difficile le traitement ou la prévention
des maladies ainsi que la protection et la lutte contre les
négligences en matière d'hygiène et les conduites à risque.
La confiance est également nécessaire pour assurer
l'efficacité des conseils et de l'information diffusée à
l'intention du public, mais aussi, le cas échéant, pour
suivre la trace des gens à partenaires sexuels multiples.
Si donc le médecin pouvait divulguer les renseignements
recueillis auprès de ses patients et si ces informations
pouvaient donner lieu à des sanctions pénales, personne ne
pourrait plus se fier à lui. Il en résulterait bien
évidemment une propagation discrète et sournoise des
maladies, qui prendraient alors - qu'à Dieu ne plaise- une
ampleur endémique. Merci.
* Président,
Dr Abdallah Basslamah
Honorables Oulémas,
Chers collègues,
Je vous remercie tous pour vos exposés remarquables et les
discussions de haute tenue qui ont suivi et qui ont permis
d'enrichir notre débat.
Wassalâmu 'alaykoum.
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