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La Charia et la conservation de la vie
et de la personne
Son Eminence Mohammad Sayed Tantawi
Mufti d'Egypte
L'un des traits magnifiques de la Charia est qu'elle
s'attache à préserver l'homme dans toutes ses dimensions
matérielles et immatérielles. Elle vise ainsi à la
conservation de la foi -celle conforme à la nature
primordiale de l'homme -, à la sauvegarde de l'intégrité
physique et de la raison, ce joyau des bienfaits divins, à
la protection des biens (l'agrément de la vie ici-bas) et au
respect de la dignité et de l'identité de la personne.
La Charia a préservé la foi en la fondant sur l'adoration
sincère et profonde du Dieu Unique, Maître de toute chose,
et sur la conviction, étayée sur des preuves à la fois
rationnelles et scripturaires, que l'Islam est la Religion
vraie. C'est ce qui ressort du verset coranique suivant :
"Le culte de celui qui recherche une religion en dehors de
l'Islam (=soumission absolue à Dieu) n'est pas accepté ; cet
homme sera, dans la vie future, au nombre de ceux qui ont
tout perdu" (III, 10).
L'homme animé d'une foi profonde, dévoué corps et âme à
Dieu, et observant scrupuleusement les prescriptions
divines éprouvera un bonheur ineffable. On lit dans le Coran
: "Nous ressuscitons, pour une vie excellente, tout croyant,
homme ou femme, qui fait le bien. Nous leur donnerons leur
récompense en fonction de leurs meilleures actions" (XVI,
97).
La Charia garantit la protection de la personne humaine en
instaurant, par exemple, des peines punissant, dans ce
bas-monde comme dans l'au-delà, toute atteinte à celle-ci,
en vertu de la parole divine : "celui qui tue volontairement
un croyant aura la Géhenne pour rétribution ; il y demeurera
immortel. Dieu exerce son courroux contre lui ; Il le maudit
; Il lui prépare un terrible châtiment" (IV, 93).
Voilà pour le châtiment réservé au coupable dans la vie
future. Quant à la peine infligée ici-bas, elle consiste en
l'application du talion s'il est établi que le meurtre est
intentionnel ; car, comme dit le Coran, "il y a pour vous
une vie dans le talion" ( II, 179).
Pour la Charia, le talion s'applique en cas de meurtre
volontaire, quels que soient le sexe de la victime, son âge,
son état de santé mental, son rang social, son niveau
d'instruction etc.
Même le meurtre commis par erreur n'est pas impuni, eu égard
à la dignité de la vie humaine. Les sanctions prévues dans
ce cas ont en effet pour but de prévenir contre les effets
néfastes de la négligence et de la légèreté, d'inciter à
l'imprudence la plus extrême dans l'usage de moyens
potentiellement dangereux et, enfin, d'apporter une
consolation à la famille de la victime. Le saint Coran
énonce à ce sujet : "il n'appartient pas à un croyant de
tuer un autre croyant -mais une erreur peut se produire-
celui qui tue un croyant par erreur affranchira un esclave
croyant et remettra le prix du sang à la famille du défunt;
à moins que celle-ci ne le donne en aumône. Si le croyant
qui a été tué appartient à un groupe ennemi, le meurtrier
affranchira un esclave croyant ; s'il appartient à un groupe
auquel un pacte vous lie, le meurtrier remettra le prix du
sang à la famille du défunt et il affranchira un esclave
croyant. Celui qui n'en a pas les moyens, jeûnera deux mois
de suite, en signe de repentir imposé par Dieu -Dieu est
celui qui sait. Il est juste" (IV, 92).
Le souci de la Charia de préserver la vie humaine est tel
qu'il a instauré une règle d'or stipulant que "le sang ne
peut être versé impunément en Islam".
Lorsque une personne a été trouvée morte dans un endroit
quelconque sans que l'on connaisse l'assassin, il est
procédé à la qasâma : celle-ci consiste à ce que le juge
fasse prêter serment à cinquante personnes parmi les
habitants du lieu du crime désignés par les ayants cause de
la victime ; chacune desdites personnes jurera qu'elle n'est
pas l'auteur du meurtre et qu'elle ne connaît pas l'assassin
; ce "serment cinquantenaire" fait, le talion ne peut plus
être exercé contre les accusés, qui seront toutefois
condamnés à supporter solidairement le prix du sang dû à la
famille du défunt.
La noble Sunna du Prophète, qui explique de façon plus
détaillée les prescriptions générales contenues dans le
Coran, confirme l'attachement profond de l'Islam à préserver
l'homme dans sa globalité. Les Traditions suivantes en
fournissent une belle illustration : "Le musulman, sa vie,
ses biens et son honneur sont inviolables" ; "l'homme est
une création de Dieu ; Maudit soit celui qui la détruit !" ;
" qu'un homme d'entre vous ne pointe pas son arme vers son
frère, car il se peut que Satan décoche avec la main (de
l'archer) ; alors celui-ci sera voué à l'enfer" ; "quiconque
dirige une lame de fer vers son frère, fût-ce son frère
germain, les anges le maudissent jusqu'à ce qu'il la
retire".
La Charia entoure également de sa protection la raison qui
constitue le don divin le plus précieux et le plus sublime.
C'est elle en effet qui distingue l'homme des autres
créatures et qui lui vaut d'être choisi comme "Lieutenant de
Dieu sur terre".
L'homme intelligent féconde les terres les plus stériles ;
inversement, l'esprit aride n'engendre que la disette. Un
hadith dit à ce propos : "la meilleure chose qu'un homme
puisse posséder est un esprit éclairé qui lui indique la
bonne voie et l'éloigne du chemin de la perdition". Voilà
pourquoi la Charia prohibe tout ce qui est de nature à
altérer ou à nuire à la santé physique ou mentale de
l'individu, telles les substances enivrantes et narcotiques.
C'est dans le même cadre que s'inscrit également la
multitude de versets exhortant les fidèles à développer
leurs facultés intellectuelles par l'apprentissage des
sciences utiles, de la réflexion saine, par la sagesse et
l'expérience, par la recherche de la connaissance tant
religieuse que temporelle auprès des experts qualifiés.
Le verset suivant est une stigmatisation on ne peut plus
éloquente de l'ignorance: "Les pires bêtes au regard de Dieu
sont les sourds et les muets qui ne comprennent rien !" (VIII,
23).
Le passage suivant est au contraire un vibrant hommage à la
raison : "Ceux qui savent et les ignorants sont-ils égaux ?
les hommes doués d'intelligence sont les seuls qui
réfléchissent" (XXXIX, 9). Dans cet autre verset, le Saint
Livre exalte les facultés intellectuelles de réflexion et
de méditation : "Ne vont-ils méditer le Coran ? ou bien les
coeurs de certains d'entre eux sont-ils verrouillés ?".
Des expressions comme "ne réfléchissent-ils pas", "ne
raisonnent-ils pas" reviennent sans cesse dans le Coran, où
elles ponctuent la fin de maints versets. Nous ne saurions
espérer réaliser aujourd'hui un progrès quelconque dans les
domaines agricole, industriel, économique, sanitaire ou
autre sans le plein essor de la raison, lui-même nourri par
l'obéissance aux commandements divins.
Tout développement passe donc par l'épanouissement des
facultés intellectuelles, une bonne intelligence des
affaires de ce monde et des préceptes de la religion et une
mise en pratique sincère et avisée de la connaissance ainsi
acquise. Car le vrai progrès est celui qui vient de
l'intérieur, qui est inspiré par une intelligence éclairée
et éclairante.
L'Islam entend également défendre contre toute atteinte les
biens d'autrui, qu'il soit musulman ou pas, en instituant
des sanctions sévères à l'encontre de l'agresseur :
"Tranchez les mains du voleur et de la voleuse ; ce sera une
rétribution pour ce qu'ils ont commis et un châtiment de
Dieu- Dieu est puissant et juste" (V, 38).
La punition du brigandage (hirâbat) est plus sévère encore :
ainsi, les brigands arrêtés et reconnus coupables de vol et
de meurtre seront condamnés soit à la mise à mort, soit à la
crucifixion, soit aux deux peines à la fois. Le Coran
déclare en la matière : "Telle sera la rétribution de ceux
qui font la guerre contre Dieu et son Prophète et de ceux
qui exercent la violence sur la terre : ils seront tués ou
crucifiés, ou bien leur main droite et leur pied gauche
seront coupés, ou bien ils seront expulsés du pays. Tel sera
leur sort : la honte en ce monde et le terrible châtiment
dans la vie future ; sauf pour ceux qui se sont repentis
avant d'être tombés sous votre domination " (V,33-34).
L'usurpateur par la violence (ghasb) et celui qui empiète
injustement sur le terrain d'autrui sont voués à la
malédiction divine, comme il ressort de cette Tradition :
"quiconque s'empare illégalement de la moindre parcelle de
terre, Dieu lui enserrera le cou avec sept terres le jour du
jugement dernier".
Dans un autre hadith, il est dit :"celui qui s'attribue
indûment une part sur le bien d'un musulman, trouvera Dieu
en colère contre lui (au jour du jugement dernier)".
Dans ce même esprit, l'Islam autorise l'homme à défendre ses
biens par tous les moyens légitimes, et s'il en vient à y
perdre la vie, il sera considéré comme un martyr alors que
son agresseur sera voué à la damnation. On en veut pour
preuve le hadith suivant : "un homme est venu trouver le
Prophète et lui dit : "Ô messager de Dieu ! que dois-je
faire si quelqu'un est venu prendre mon bien ?", "Ne le lui
donne pas", répondit le Prophète , "et s'il voulait le
prendre par la force?", reprit l'homme, "défends-toi"
rétorqua le Prophète"; "et si il me tue ?", "alors, fit le
Prophète, tu mourras en martyr" ; "mais qu'advient-il si je
le tue? " s'interrogea l'homme à nouveau ; "alors l'enfer
sera sa demeure !", conclut l'envoyé de Dieu.
Ce souci de sauvegarder les biens de l'homme se manifeste
également dans le fait que ce dernier peut conserver sa vie
durant tout ce qu'il a gagné honnêtement pour le transmettre
après sa mort à ses héritiers ; il peut de même disposer
librement de ses biens par voie de vente, de location, de
nantissement ou tout autre forme de transaction légitime
contractée par consentement mutuel. On lit à ce propos dans
le Coran : "Ô vous qui croyez ! ne mangez pas indûment vos
biens entre vous , sauf quand il s'agit d'un négoce par
consentement mutuel. Ne vous entre-tuez pas. Dieu est
Miséricordieux envers vous. Nous jetterons bientôt dans le
feu celui qui agit méchamment et d'une façon injuste : voilà
qui est facile pour Dieu" (IV, 29-30).
Pour garantir la sauvegarde de l'honneur et le respect de la
dignité humaine, l'Islam a institué le mariage et a défini
de façon très stricte les conditions de sa réalisation, en
le fondant sur la fidélité, l'amour et l'affection mutuels,
et en le considérant comme la seule voie saine pour la
reproduction et la perpétuation de l'espèce humaine. Dans le
même temps, la Charia a interdit toute relation sexuelle non
conforme aux règles de la morale islamique. Aussi a-t-elle
prohibé formellement la fornication en réservant aux
fornicateurs un sévère châtiment. Toute conduite
susceptible de conduire au péché de la chair est par là même
condamnée : mixité des deux sexes, tête-à-tête suspects,
regards indécents...
On lit dans le Coran : "Frappez la débauchée et le débauché
de cent coups de fouet chacun. N'usez d'aucune indulgence
envers eux afin de respecter la Religion de Dieu, si vous
croyez en Dieu et au jour dernier -un groupe de croyants
sera témoin de leur châtiment- Le débauché n'épousera qu'une
débauchée ou une polythéiste ; la débauchée n'épousera qu'un
débauché ou un polythéiste ; cela est interdit aux croyants"
(XXIV, 302).
La Charia interdit dans le même esprit l'adoption, c-à-d, le
fait de rattacher un enfant à des parents autres que ses
parents légitimes, ceci pour prévenir des filiations
illégitimes avec le déshonneur qui s'ensuit. Pour annuler
l'adoption qui était une coutume très répandue dans l'Arabie
païenne, le Coran a choisi un exemple réel emprunté à la vie
du Prophète lui-même : c'est celui de Zayd Ibn Hâritha qu'on
appelait fils de Mohammad, parce que ce dernier l'entourait
de sa protection et de ses soins. On lit à ce sujet dans le
Coran : "(Dieu) n'a pas fait ...que vos enfants adoptifs
soient comme vos propres enfants...appelez ces enfants
adoptifs du nom de leurs pères : ce sera plus juste auprès
de Dieu, mais si vous ne connaissez pas leurs pères, ils
sont vos frères en religion et ils sont des vôtres" (XXXIII,
4,5).
Ainsi, tout en encourageant la bienfaisance envers les
orphelins et les indigents, la Charia interdit
catégoriquement l'adoption (tabannî), c-à-d, le fait de se
prétendre père d'un enfant qui n'est pas le sien, en voulant
lui accorder tous les droits successoraux et autres dus à un
enfant légitime.
De fait, l'adoption sous cette forme donne lieu à plusieurs
péchés : mensonges, parentés douteuses et illégitimes,
brouillage des relations familiales, déliquescence du sens
moral, haine et ressentiments contre l'enfant adoptif...
Pour toutes ces raisons, la Charia condamne sans appel
l'adoption, comme il ressort des deux Traditions
prophétiques suivantes rapportées par Boukhari et Mouslim :
"quiconque prétend être le fils d'un homme qui n'est pas son
vrai père, ou le protégé d'une famille autre que celle de
ses vrais patrons, sera voué à la malédiction de Dieu, des
anges et des hommes tous entiers" ; "tout homme qui se
rattache sciemment à un père autre que le sien, tout en
étant conscient de ce mensonge, se rendra coupable d'une
impiété".
Ainsi donc, le corps humain, œuvre magnifique de Dieu, est
tenu pour inviolable. Aussi, toute atteinte à l'intégrité de
ce corps, par agression, négligence ou suicide, est-elle
condamnée, par les religions d'abord, par les lois ensuite.
Le saint Coran rappelle à cet égard le caractère noble de la
constitution physique de l'homme : "...Oui! nous avons créé
l'homme dans la forme la plus parfaite"(XCV, 1) ; "Ô hommes
! comment donc as-tu été trompé au sujet de ton noble
Seigneur, qui t'a créé puis t'a modelé et constitué
harmonieusement, car Il t'a composé dans la forme qu'Il a
voulue" (LXXXII, 7).
Dans le même sens, le Coran considère la force physique, la
pondération, la noblesse de caractère, la grande
connaissance et la foi sincère comme les conditions
d'éligibilité pour des plus hautes charges dans la société :
"Leur prophète leur dit : "Dieu vous a envoyé Saül comme
roi" ; ils dirent : "comment aurait-il de l'autorité sur
nous ? Nous avons plus droit que lui à la royauté et il n'a
même pas l'avantage de la richesse". Il dit :"Dieu l'a
choisi de préférence à vous tous et Il lui a octroyé une
supériorité sur vous grâce à la science et à la stature dont
il est doué" (II, 247).
C'est aussi pour protéger le corps humain contre les ravages
de la maladie que la Charia recommande vivement de se
soigner, comme il ressort des hadiths suivants : "Dieu n'a
pas créé de mal sans remède" ; selon une autre version :
"toute maladie a un remède ; si donc on utilise le
traitement qu'il faut, le mal s'en trouve guéri, par la
volonté de Dieu". Dans le même sens, un compagnon du
Prophète, Ousâma Ibn Charik, rapporte la Tradition suivante
: "Un jour que je me suis rendu auprès du Prophète, je l'ai
trouvé au milieu d'une foule silencieuse que j'ai saluée
avant de prendre ma place. Arrivèrent alors des bédouins en
groupes dispersés et demandèrent au Prophète : "Ô messager
de Dieu ! devons-nous nous soigner ?" ; "soignez-vous,
répondit-il, car Dieu n'a pas créé de maladie sans avoir
créé en même temps son remède, hormis un seul mal : la
vieillesse".
Le souci de préserver la santé est tel en Islam qu'il est
recommandé d'isoler les personnes atteintes de maladies
infectieuses, pour éviter toute contagion. Cette précaution
trouve sa justification dans la Tradition suivante rapportée
par Boukhari et Mouslim : "En route vers la Syrie (Châm),
Omar Ibn Al-Khattab (second Calife) rencontra Abou 'Oubayda
avec d'autres compagnons qui l'informèrent que la peste
s'était déclarée dans cette ville. "Je rentre donc à Médine
dès demain matin à dos de ma monture", dit Omar. "Fuis-tu
une situation décidée par Dieu !" s'exclama Abou 'Oubayda.
Et Omar de répondre : "Ah ! si c'était quelqu'un d'autre qui
dit cela, ô Abou 'Oubayda ! oui ! je fuis un Décret divin
pour aller vers un autre ; imagine-toi que tu as des
chameaux et que tu arrives près d'une vallée dont l'un des
versants est couvert de végétation et l'autre aride ; si tu
choisis de faire paître tes bêtes dans l'un ou l'autre
versant, n'obéirais-tu pas dans les deux cas à la volonté de
Dieu ?". Sur ces entrefaites arriva Abderrahman Ibn 'Awf
(qui était absent pour des affaires personnelles) et déclara
: "là-dessus, j'ai quelque chose à vous apprendre : j'ai
entendu le Prophète dire : "si vous apprenez que la peste
frappe un pays, n'y allez plus ; et si elle se déclare dans
un pays où vous vous trouvez déjà, ne le quittez plus dans
l'espoir de fuir la maladie". Sur ce, Omar remercia Dieu et
s'en alla vers Médine sans avoir visité le pays touché par
l'épidémie.
C'est dans la Tradition précédente que les jurisconsultes
ont trouvé le fondement légal de la mise en quarantaine,
mesure destinée à empêcher la propagation des maladies
épidémiques et contagieuses.
Après l'apparition du Sida, considéré comme l'épidémie du
siècle, les autorités compétentes ont adressé à l'organe des
consultations religieuses, le Dar al-Iftâ d'Egypte, la
question suivante : est-il religieusement autorisé d'édicter
des lois exigeant des deux fiancés un certificat médical de
non infection par le Sida avant la conclusion du mariage ?
La réponse de Dar al-Iftâ a été qu'elle ne voyait pas
d'inconvénient à ce que une telle disposition soit prise ;
d'autant plus qu'il s'agit de protéger la santé des
individus et de la société dans son ensemble, ce qui est
tout à fait conforme au but de la Charia qui est de garantir
et de promouvoir la sécurité et le bien-être au sein de la
Oumma.
* Président, Dr Abdallah Basslamah
Je remercie notre Honorable Cheikh Tantawi pour son
excellent exposé.
A
présent, nous allons ouvrir le débat.
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