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La responsabilité pénale des malades du Sida
Dr Wahbé Zehili
Faculté de la Charia - Université de Damas,
Syrie
Tournant le dos aux valeurs morales sublimes et aux
Commandements divins éclairants, le monde moderne se lance
éperdument dans la quête des biens matériels et de la
recherche des plaisirs. Ce faisant, il se précipite vers sa
propre destruction, s'exposant à une multitude de problèmes
et de crises inextricables. Ainsi, en Occident on assiste à
une course frénétique à la jouissance, à la surconsommation,
au luxe et à l'opulence ; dans les pays sub-sahariens, en
revanche, les conditions de vie ne cessent de se dégrader,
avec pour conséquence la progression de l'ignorance. Mais
ces deux situations extrêmes et contradictoires ont pour
point commun de favoriser l'apparition d'une multitude de
maladies dévastatrices que la médecine, avec tout son
appareillage technologique sophistiqué, s'est révélée
incapable de guérir ou d'endiguer. Parmi ces fléaux, il y a
le cancer et les maladies vénériennes sévères.
Le milieu islamique attaché à la vertu et à la rectitude
morale est resté d'abord, dans une large mesure, épargné par
l'épidémie du Sida. Ensuite, des cas d'infection ont été
signalés, venus pour la plupart de l'étranger. Car, cette
maladie n'est pas de chez nous. Elle a été découverte en
effet en Amérique et en Afrique.
Or, bien que l'épidémie du Sida se soit disséminée presque
partout dans le monde, (des cas d'infection ont été
rapportés dans 168 pays) et que des conférences
internationales soient consacrées à cette maladie, le monde
n'a pas encore pris une attitude décisive et courageuse à
cet égard. L'Organisation Mondiale de la Santé a fait état
d'un grand nombre de cas de Sida en 1986, survenus en
Afrique, aux U.S.A et en Europe (plus particulièrement en
France, en Grande-Bretagne et en Allemagne). Selon les
dernières statistiques de l'OMS, publiées lors de la
neuvième conférence internationale sur le Sida, tenue à
Berlin, le nombre de personnes atteintes par le VIH s'élève
à 14 millions, dont un million d'enfants et plus de 6
millions de jeunes de 15 à 24 ans. Ce nombre aura doublé
d'ici l'an 2000. Au début de l'année 1993, il y aura environ
un million et demi d'adultes et plus d'un demi million
d'enfants atteints par la maladie. Selon les estimations de
l'OMS, le VIH touche près de 5 millions de femmes dans le
monde.
A propos de cette épidémie, tout le monde est d'accord sur
les points suivants :
1- le Sida est une maladie extrêmement dangereuse qui se
propage rapidement ;
2- Il entraîne inéluctablement la mort, aucun remède
efficace n'ayant été trouvé à ce jour ;
3- Il détruit fatalement le système immunitaire de
l'organisme humain ;
4- Il démolit totalement et irrémédiablement la santé des
enfants atteints en moins de 2 ans et celle des adultes en 7
à 10 ans, avec les conséquences désastreuses qui en
découlent pour la famille et la société dans son ensemble ;
5- Il fait peser une menace sérieuse sur l'avenir économique
et social des pays touchés.
Malgré cela, la plupart des auteurs qui ont écrit sur le
Sida n'ont pas pensé à la nécessité des sanctions comme
mesures préventives contre la maladie. Au lieu de cela, ces
auteurs, sacrifiant à la tendance humaniste dominante,
semblent tenir le discours suivant : il faut éviter toute
attitude discriminatoire, tout traitement inhumain vis-à-vis
des malades du Sida qui méritent au contraire qu'on leur
prodigue les conseils et l'assistance nécessaires.
Cette attitude se trouve exprimée dans l'exposé introductif
sur le Sida du Dr Haytham El-Khayat, directeur adjoint de
l'OMS pour la région Est de la Méditerranée. Dr El-Khayat
écrit en effet : "le malade du Sida doit en principe être
traité comme n'importe quel autre malade , il doit
bénéficier des soins, de la compassion, du soutien moral et
matériel, de la protection de son intimité. Pour le reste,
Dieu est le seul juge. Il ne convient pas non plus d'avoir
une attitude méprisante et injurieuse envers le malade. On
lit à ce propos dans le Coran : "O vous croyants...ne vous
calomniez pas les uns les autres"(XLIX, 11). Dans le même
sens, le Prophète dit : "quoi de plus mauvais pour un
musulman que de mépriser un autre musulman"....
L'attitude ainsi préconisée est, à mon sens, valable si le
malade du Sida a été infecté accidentellement, suite à une
transfusion du sang contaminé lors d'une opération
chirurgicale, par exemple. En revanche, la plupart des
sidéens ont été infectés par leur propre faute et méritent
de ce fait des sanctions répressives sévères.
La conscience de la nécessité de telles sanctions a poussé
un anglais à faire la chasse aux sidéens et à tuer 5 d'entre
eux dans leurs domiciles, espérant ainsi conjurer le mal
inhérent à cette maladie et à d'autres affections
similaires. La police a dû ensuite intervenir, selon la
presse, pour rechercher le tueur.
Au lieu de ces comportements anarchiques, mieux vaut que
tous les Etats prennent des sanctions à la fois répressives
et préventives pour tenter d'éradiquer ou de contenir
l'épidémie du Sida. Pour cela, il faudra supprimer les
racines du mal, éliminer ceux qui, par leurs conduites, en
sont la cause directe. En revanche, les victimes qui se
trouvent atteintes par la faute des autres, doivent être
traitées avec compassion et respect.
Les
causes de la maladie
La transmission du virus du Sida se fait par trois voies
bien identifiées :
1- Rapports sexuels illégitimes (homo et hétérosexuels) : le
taux d'infection par cette voie est de 90% ;
2- Le sang et les produits sanguins contaminés : l'infection
par voie sanguine se produit suite à la transfusion de sang
à des fins thérapeutiques ou à l'usage de seringues,
d'aiguilles ou autres instruments d'incision mal stérilisés
;
3- L'injection de drogues (cocaïne, héroïne etc) par voie
intraveineuse : le nombre de personnes infectées par cette
voie est en augmentation constante.
Il existe d'autres modes de transmission secondaires, parmi
lesquels on peut citer l'infection du foetus par la mère
lors de l'accouchement à cause des sécrétions vaginales
contaminantes (le risque de contamination par ces sécrétions
est de 30%). Le risque d'infection du foetus dans l'utérus
maternel est très faible, ne dépassant guère 10%. Les
statistiques montrent qu'environ 30 % d'enfants nés de mères
séroposititives sont infectés par le VIH.
La contamination par le lait maternel, au moment de
l'allaitement ou pendant la garde du bébé, n'a été rapportée
que dans des cas extrêmement rares.
Le conjoint séropositif peut infecter sa partenaire s'il
n'utilise pas le préservatif du début à la fin de l'acte
sexuel. Les sécrétions lacrymales ou salivaires d'un malade
contiennent également une certaine dose de virus et peuvent
contaminer une personne saine si elles arrivent à toucher
une partie de son corps présentant une lésion ou une
écorchure.
Les
mesures préventives contre le Sida
Pour endiguer cette maladie, des mesures de prévention
doivent être prises au niveau individuel, national et
international. Sur le plan international, il convient de
conclure des accords inter-étatiques portant sur la
prévention et la mise en garde contre la maladie et contre
le don de sang contaminé, en favorisant l'échange de
statistiques précises concernant le nombre de séropositifs
et les foyers de dissémination de l'épidémie, et en
préconisant d'autres mesures exigeant par exemple que les
immigrants soient munis de certificats médicaux (attestant
leur séronégativité) avant leur entrée dans le pays de leur
destination et que les personnes atteintes ou suspectes de
l'être soient isolées jusqu'à ce que la preuve de leur
séronégativité soit faite.
L'Etat, les organismes publics, les organes de
l'information, les établissements de la Santé et de
l'Enseignement et autres sont appelés à mener des campagnes
intensives de sensibilisation contre cette maladie. Ils
doivent également combattre la drogue sous toutes ses formes
en prônant des sanctions sévères contre ses consommateurs.
Dans le même sens, les éducateurs et les prédicateurs ont le
devoir de sensibiliser les jeunes générations aux dangers du
Sida en les mettant en garde contre les mauvaises
fréquentations et les pratiques sexuelles illégitimes telles
que la fornication, l'homosexualité et autres.
Il convient en outre de lutter contre l'usage de seringues
et autres aiguilles mal stérilisées, en exigeant par
ailleurs que les dons de sang soient soumis à des tests de
dépistage avant leur utilisation à des fins de transfusion.
Dans la même optique, on devra interdire aux femmes
contaminées accidentellement d'avoir des enfants, en leur
fournissant, ainsi qu'aux autres malades atteints de cette
façon, les soins et l'assistance nécessaires.
Sur le plan individuel, chacun doit être informé des risques
et des modes de transmission du Sida, des affections liées à
cette maladie et des mesures préventives à observer en
évitant tout comportement à risque, toute pratique sexuelle
irrégulière. Car, combien de jeunes fiancés, amoureux l'un
de l'autre depuis belle lurette, ont-ils vu leur amour brisé
et leurs vies détruites à cause de cette terrible épidémie.
La prévention reste un facteur crucial dans la lutte contre
le Sida, surtout que cette maladie, désespérément incurable,
continue à se propager et à sévir dans toutes les parties du
monde. Seuls les pays arabes et islamiques restent
globalement épargnés, puisqu'on n'y dénombre que quelques
cas isolés, venus de l'étranger.
Les moyens de prévention : ce sont ceux définis par l'OMS en
coopération avec différents gouvernements. Ils visent à
empêcher la transmission du VIH par les pratiques sexuelles
illégitimes, à lutter contre la drogue, et plus
particulièrement contre la toxicomanie par voie
intraveineuse, à garantir la stérilisation des matériels
d'injection, à éviter la transmission de la mère à l'enfant
et, enfin, à prendre en charge les malades atteints
accidentellement et leurs familles.
Les
peines répressives et préventives
Il faut agir rapidement dans ce sens en appliquant des
peines légales qui s'imposent. Personnellement, je suis pour
l'autorisation du divorce si l'un des conjoints est porteur
du VIH. A ce sujet, je voudrais rappeler que les
jurisconsultes hanbalites soutiennent que la femme peut
demander la dissolution de l'union conjugale si son mari
pratique sur elle la sodomie. D'autres écoles juridiques
sont du même avis, compte tenu des effets pervers et
préjudiciables de cette pratique contre-nature.
L'Islam est une religion qui prône la vertu, la chasteté, la
rectitude morale. Un hadith du Prophète énonce : "Ne vous
faites pas du tort à vous-mêmes ni à autrui". De cette
Tradition prophétique, les jurisconsultes musulmans ont tiré
plusieurs règles juridiques : "tout acte dommageable est à
écarter (ou à réparer)"; "le préjudice est à éviter dans la
mesure du possible" ; "le préjudice le plus grave peut être
repoussé par un préjudice plus léger" ; "entre deux maux, on
choisi le moindre" ; "on supporte un préjudice particulier
pour éviter un préjudice général" ; "mieux vaut éviter un
inconvénient que de rechercher un avantage" etc.
Le Coran met en garde contre les péchés apparents ou cachés
: "Eloignez-vous des péchés abominables, apparents ou
cachés" (VI, 151). Le Livre sacré a stigmatisé avec
véhémence, par la bouche de leur prophète, la conduite du
peuple de Loth : "souvenez-vous de Loth. Il dit à son
peuple, vous livrez-vous à cette abomination que nul, parmi
les mondes, n'a commise avant vous ? vous vous approchez des
hommes de préférence aux femmes pour assouvir vos désirs.
Vous êtes, en vérité, un peuple pervers".
La seule réponse de son peuple fut de dire : "chassez-les de
votre cité ; ce sont des gens qui affectent la pureté". Nous
l'avons sauvé lui et sa famille, à l'exception de sa femme :
elle se trouvait parmi ceux qui étaient restés en arrière.
Nous avons fait pleuvoir sur eux une pluie. Vois quelle a
été la fin des criminels" (VII, 84-85).
Le châtiment réservé à ce peuple pervers a été
l'anéantissement ayant pour effet de débarrasser l'humanité
de la plaie de la sodomie ou de l'homosexualité. On lit à ce
sujet dans le Coran : "Dès l'aube, un tourment était prêt à
se fondre sur eux. "Goûtez donc mon châtiment et mes
avertissements !" (LIV, 38-39).
Le peuple coupable périt sous les décombres de la cité
détruite : "Nous sommes envoyés à un peuple criminel (disent
les Anges) pour lancer contre eux des pierres d'argile
marquées auprès de ton Seigneur à l'intention des pervers" (
LI, 32-34).
Les
peines spéciales
Pour protéger la société contre l'épidémie du Sida, toute
personne ayant contracté le VIH par sa propre faute, doit
recevoir un châtiment exemplaire. La preuve de ladite faute
doit être établie soit par des indices probants (bayyinat),
soit sur la foi des témoignages ou de l'aveu même du
coupable.
Le malade qui aura été contaminé par le virus suite à
l'usage de la drogue recevra la peine légale (hadd)
sanctionnant la consommation du vin et d'autres substances
enivrantes, c-à-d, 80 coups de fouet, selon Ibn Taymiyat,
Ibn Al-Qayem, Ibn Hajar et Ibn Al-baytar.
Dans son livre "As-siyâsa ach-char'iyat"(politique inspirée
de la Loi religieuse), Ibn Taymiyat écrit : "la consommation
de l'herbe (hachisch) est interdite ; à celui qui en aura
pris, on infligera une peine égale à celle d'un buveur de
vin. L'herbe est en fait plus mauvaise que le vin, en ce
sens qu'elle altère l'esprit et abîme la santé mentale (mizâj),
induisant chez la personne une docilité de caractère, un air
efféminé et autres tendances fâcheuses. La consommation de
cette drogue détourne également de l'invocation de Dieu (dhikr
allah) et de la prière rituelle ; aussi rentre-t-elle dans
la catégorie des substances enivrantes interdites par Dieu
et son Prophète".
L'usager de la drogue, selon la doctrine majoritaire, mérite
une sanction correctionnelle (laissée à l'arbitre du juge) (ta'zîr).
En ce qui me concerne, je me range à l'avis des
jurisconsultes hanafites et malikites autorisant la peine
capitale comme sanction correctionnelle à titre répressif.
L'infection au VIH par voie homosexuelle doit être punie par
l'une des peines légales sanctionnant la pratique de la
sodomie :
1- Selon Malik, Shâfi'î, et Ahmad Ibn Hanbal (Maîtres
fondateurs respectivement du Malikisme, du Shafi'îsme et du
Hanbalisme) : la pratique de la sodomie, assimilable à la
fornication, est passible de la peine appliquée à celle-ci ;
Dieu, comme il est énoncé dans le saint Coran, réserve un
châtiment des plus sévères à l'auteur de cette perversion.
Les jurisconsultes Shafi'îtes sont également d'accord pour
assimiler la sanction de la sodomie à celle de la
fornication : s'il est marié, l'auteur de la sodomie sera
donc condamné à la lapidation ; sinon, il sera puni par la
flagellation et le bannissement. Cette règle légale s'appuie
sur le Hadith du Prophète rapporté par Abou Moussa
Al-Ash'arî - d'après Abou Ya'lâ- et selon lequel : "l'homme
qui a coïté avec un autre homme est, comme ce dernier,
coupable de fornication ; et la femme qui a coïté avec une
autre femme est, comme cette dernière, coupable de
fornication". Comme on a affaire en l'espèce au coït (wataê),
comparable, par raisonnement analogique (qiyâss) à la
fornication (dans les deux cas il est question d'une
pénétration interdite), les avis des jurisconsultes
divergent quant à la peine qu'il faut appliquer selon que le
coupable a déjà été marié (thayyeb) ou non (bikr).
Selon les Malikites et les Hanbalites, le sodomite est
condamnable à la lapidation, qu'il ait été déjà marié ou
pas. On en veut pour preuve que le Prophète a dit (selon une
Tradition rapportée par Ahmad, Abou Dawoud, Tirmidhî,
Al-Hakim et autres, d'après Ibn 'Abbas) : "si vous surprenez
un homme en train de pratiquer la sodomie sur un autre,
tuez-le ainsi que son partenaire".
2- Selon Imam Abou Hanîfa, Moâyyad Billah et Al-murtadâ : le
sodomite est passible seulement d'une sanction
correctionnelle arbitraire (ta'zîr), car la sodomie
n'entraîne pas le mélange illégitime de filiations ; et le
plus souvent, cette pratique n'induit pas des litiges
pouvant conduire à la mise à mort de son auteur. Elle n'est
donc pas identifiable à la fornication.
Or, étant donné que le Sida, cette épidémie du siècle, est
contractée généralement par voie de l'homosexualité
(masculine), la personne qui se livre à cette pratique doit
être condamnée à mort, si sa faute est établie par une
preuve testimoniale ou par son propre aveu.
La peine de mort est la solution privilégiée par l'Imam
Chawkânî pour sanctionner la sodomie. Ce jurisconsulte
conteste l'opinion selon laquelle la pratique en question
mérite seulement une sanction correctionnelle. "Les preuves
scripturaires impliquant la mise à mort du sodomite et de
son partenaire revêtent un caractère général et justifient
que la sodomie soit assimilée à la fornication au sens
strict du terme, indépendamment du fait que les personnes
impliquées dans l'acte homosexuel aient déjà été mariées ou
pas. Le raisonnement visant à introduire une distinction à
cet égard en restreignant la portée de la solution légale
proposée doit être déclaré infondé ; car, comme le stipule
une règle du droit islamique célèbre, le procédé de
déduction analogique (qiyâs) ne s'applique pas aux matières
tranchées sur la base des sources fondamentales de la Loi
(le Coran et la Sunna). En somme, l'auteur de cette pratique
perverse et répugnante mérite bien un châtiment exemplaire à
même de dissuader de tout débordement sexuel. Ceux qui se
livrent donc à la sodomie, sévèrement stigmatisée par le
Coran, doivent recevoir une punition aussi sévère et
radicale que celle infligée par Dieu au peuple de Sodome. En
guise de châtiment divin, les habitants de cette cité ont
été engloutis par la terre et anéantis tous ensemble, sans
distinction entre ex-mariés et célibataires"(1).
En revanche, les personnes atteintes du Sida par suite d'une
transfusion du sang contaminé sont considérées comme
victimes d'une erreur humaine, d'une négligence ou d'une
impéritie. Elles méritent donc, comme le recommande l'OMS,
d'être traitées avec compassion et de bénéficier des soins
nécessaires. Irréprochables, elles ne doivent faire objet
d'aucune attitude méprisante, d'aucun jugement dépréciatif
et culpabilisant.
La sanction légale que j'ai proposée ne doit pas être
considérée comme excessivement sévère. En fait, compte tenu
de la gravité de l'épidémie actuelle du Sida, cette sanction
est plutôt juste et conforme au bon sens et à l'intérêt
commun. Ainsi, pour extirper le fléau, il faudra en éliminer
les causes, en incinérant, par exemple, les malades du Sida
une fois tués. N'est-ce pas d'ailleurs ce que se faisait
avec les victimes de la peste dont on brûlait les corps et
tous les effets personnels.
Il ne suffit pas d'isoler les malades du Sida pour protéger
la société contre l'épidémie. Une telle mesure ne peut que
favoriser le laisser-aller sans pouvoir éliminer
complètement le risque d'infiltration, au sein de la
société, des éléments porteurs de la maladie. Aucun pays
dans le monde n'a promulgué de lois classant le Sida parmi
les maladies épidémiques(2). Dans la Fédération de Russie,
cependant, les personnes ayant causé délibérément une
infection au VIH, se voient condamnées à des peines
d'emprisonnement et autres.
1- Chawkânî, Nayl
al-awtâr, vol. VII/118, édition Tab'at
al-'uthmâniyyat al-misriyyat.
2 - Dr Khâlis Halabi, Marad al aydz: att-a'ûn al jadîd,
(Sida, nouvelle épidémie), p.205, édition Dar al Hudâ,
Riyad.
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