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Lettre adressée par le Centre de génétique
au Secrétariat de l’IOMS
concernant les données génétiques du Sida
Cher Dr Ahmed
Rajai Al Joundi
Secrétaire général adjoint de l'Organisation Islamique des
Sciences médicales
Assalamou alaïkoum wa rahmatou Allah wa barakatoh
Je tiens tout d'abord à vous remercier pour votre lettre n°
156 du 22/11/1993 et à remercier le directeur de
l'Organisation pour sa lettre d'invitation au colloque
consacré aux questions médicales vues du point de vue du
droit islamique qui se tiendra au Koweït du 6 au 8 décembre
sous le titre : "Les problèmes sociaux engendrés par Le
Sida : point de vue islamique".
J'essaierais de répondre aux questions posées se rapportant
aux aspects génétiques, mon domaine de spécialité, en
mettant en évidence les trois vérités scientifiques
suivantes :
1- Les données dont nous disposons actuellement montrent que
le VIH n'a aucune influence sur les chromosomes ou les gènes
déterminant les caractères de l'individu ; le VIH provoque
une déficience immunitaire mais ne constitue pas une maladie
héréditaire .
2- Les études dans ce domaine montrent que pour ce qui est
de la transmission de la mère au fœtus, le pourcentage est
de 10% seulement. Dans la plupart des cas, l'infection se
produit lors de l'accouchement à cause des sécrétions
génitales hautement contaminantes (30% des cas). Il y a donc
environ 60% de chances pour que le VIH ne se transmette pas
au fœtus. Par ailleurs, les études publiées sur ce sujet ne
font état d'aucune malformation congénitale du fœtus qui
serait due à l'infiltration du VIH dans les différents
tissus lors de leur formation, contrairement au virus de la
rougeole qui est à l'origine de déficiences congénitales
multiples (surdité, perte de l'acuité visuelle, arriération
mentale et parfois malformation du cœur).
3- Concernant l'allaitement d'un bébé sain par une mère
séropositive, le VIH n'est présent dans le lait maternel
qu'en très faible quantité. Toutefois, selon des études
scientifiques, la pression forte exercée sur les muqueuses
buccales du bébé durant l'allaitement comporte un risque de
contamination si les mamelons maternels présentent des
gerçures saignantes. Mais cela n'arrive que rarement et
quand bien même cela se produirait, le lait tarit
complètement dans de nombreux cas à cause de la peur qui
s'empare des mères séropositives, ce qui les contraint à
recourir aux laits de substitution pour nourrir leurs bébés.
En outre, permettre à la mère d'élever son bébé a des vertus
scientifiquement attestées. Cela joue un rôle beaucoup plus
important dans l'épanouissement psychologique naturel du
bébé pour qu'on y renonce à cause d'un risque d'infection
somme toute minime.
Puisse Dieu bénir nos efforts !
Dr Sadika Ali Al Awadi
Directrice du Centre des maladies génétiques
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