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Troisième partie
Textes reçus par le Secrétariat de
l’IOMS mais non présentés
lors du colloque
Prise en charge sanitaire et sociale
des malades du Sida
Dr Ahmed El Hachimi
Directeur de la région sanitaire de Dubai
Il est de notre devoir d'aider toute personne frappée par la
maladie du Sida, quelles que soient la cause de sa
contamination ou la durée qui lui reste à vivre, durée que
seul Dieu a le pouvoir de déterminer.
Souvent, lorsqu'on apprend qu'un individu est atteint du
Sida, on lui impute les pratiques les plus perverses et on
lui tourne cruellement le dos. A notre époque, marquée par
le triomphe du matérialisme, des sciences et des
technologies, seuls les intérêts individuels priment. Ainsi
dès qu'une personne perd, pour une raison ou pour une autre,
son prestige ou sa fortune on s'éloigne d'elle. Or l'être
humain doit être respecté dans toutes les circonstances,
fût-il porteur du virus du sida.
Dans une Tradition rapportée par Taouban, le Prophète a dit
: "Quiconque rend visite à un frère malade en sera
récompensé auprès de Dieu". Et Abou Horayra a entendu le
Prophète dire un jour: "le Jour du Jugement dernier, Dieu
dira à l'homme pourquoi il ne lui a pas rendu visite durant
sa maladie. "Comment te rendrais -je visite alors que Tu es
le Seigneur des mondes ?" répondra l'homme. Alors Dieu lui
dira : "ne sais-tu pas qu'un tel est tombé malade et que tu
ne lui as pas rendu visite ?" . "Si vous apprenez, dit
encore le Prophète selon une autre Tradition rapportée par
Abderrahmane Ibn Aouf, qu'un pays est touché par la peste ne
vous y rendez pas et si l'épidémie atteint un pays où vous
vous trouvez, ne le fuyez pas".
Les modes de
transmission du VIH
- La transfusion du sang contaminé ou de ses dérivés ;
- Les rapports sexuels aussi bien homo qu'hétérosexuels ;
- L'usage de seringues souillées ;
- La transmission de la mère au foetus ;
- L'usage de brosse à dents appartenant à une personne
malade ou la pratique du bouche- à- bouche ;
On peut sans risque de contamination :
- Toucher les effets non souillés par le sang du malade ;
- Lui serrer la main ou le toucher ;
- Utiliser sa vaisselle ;
- Partager avec lui les toilettes ou les piscines publiques
;
- Le côtoyer dans les lieux public (écoles...) ;
- Jouer avec lui ( il faut toutefois prendre toutes les
précautions nécessaires lorsqu'il est blessé) ;
- L'opérer (veiller toutefois à la propreté des gants).
Aucune de ces pratiques ne favorisent la transmission du
virus du Sida. En effet, à l'opposé des autres maladies
contagieuses telles la malaria, la typhoïde, le choléra, la
méningite, la tuberculose, l'hépatite virale ou les autres
maladies dermatologiques, le VIH ne se transmet pas
facilement. Tout en étant extrêmement dangereux, il est l'un
des virus les plus vulnérables. Il suffit pour s'en protéger
de stériliser le matériel et le linge utilisés par les
personnes atteintes. Pour plus de sécurité, il est
recommandé de soumettre les seringues et l'appareillage
chirurgical à une stérilisation complète ou d'utiliser un
matériel à usage unique. De telles mesures sont d'une
importance extrême notamment pour les chirurgiens et les
dentistes exposés aux blessures par les instruments
tranchants ou les seringues qui traversent en un clin d'œil
les gants et la chair, entraînant ainsi la contamination .
Je recommande donc que l'on fournisse l'aide nécessaire aux
malades du Sida et qu'on les respecte, quel que soit par
ailleurs leur mode de contamination.
D'après un hadith rapporté par Ibn Charid, le Prophète a
fait dire à un lépreux venu lui prêter serment avec la
délégation de la tribu Thaqif : "Nous acceptons ton serment
d'allégeance, retourne chez-toi". Ce que je viens de dire
ne signifie nullement qu'il faut risquer sa vie et ne point
prendre les mesures préventives nécessaires. Notre
connaissance des moyens de transmission du virus du Sida
nous incite à manifester davantage de compassion à l'égard
des personnes atteintes par cette terrible maladie et
d'éviter de leur faire sentir qu'elles sont différentes.
Ainsi un étudiant contaminé suite à une transfusion sanguine
ou un enfant qui a été infecté par sa mère ou par tout autre
moyen, ne doit pas être empêché de poursuivre ses études. De
même, un ouvrier doit continuer à travailler tant qu'il est
en mesure de le faire. Nous ne devons pas non plus hésiter à
rendre visite à un séropositif ou à l'associer à toutes nos
activités... Lorsque la maladie se sera déclarée, il faudra
alors l'isoler tout en continuant à lui rendre visite mais
en prenant les précautions nécessaires.
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