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Prise en charge sanitaire et sociale des
malades
du Sida dans la perspective de la Charia
Dr Abdesslam Sobhi Hamid
Professeur assistant à la faculté de la
Charia, Université du Koweït
Louange à Dieu, que la paix et les bénédictions soient sur
le Prophète Mohammad, sa famille et ses Compagnons.
Dieu a dit dans le Saint Coran :
* "Dans un bon pays les plantes poussent à profusion ; dans
un mauvais pays, elles ne sortent que clairsemées" (VII,
58), "ne choisissez pas ce qui est vil pour le donner en
aumône" (II, 267) ; "Dis : Ce qui est mauvais n'est pas
semblable à ce qui est excellant même si l'abondance du mal
te surprend " (V, 100) ; "Qu'il entasse les mauvais les uns
sur les autres, puis qu'il les amoncelle tous ensemble"
(VIII, 37) ; "Les femmes mauvaises aux hommes mauvais, les
mauvais aux mauvaises” (XXIV, 26) ; "Une parole mauvaise est
semblable à un arbre mauvais : déraciné de la surface de la
terre" (XIV, 26) ; "Il leur ordonne ce qui est convenable ;
il leur interdit ce qui est blâmable" (VII, 157) ; "Nous
avons donné à Loth la sagesse et la science. Nous l'avons
sauvé de la Cité qui se livrait aux turpitudes. Ces gens-là
étaient mauvais et pervers" (XXI, 74).
* "Oui, Dieu ordonne l'équité, la bienséance" "Il interdit
la turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous
exhorte. Peut-être réfléchissez-vous" (XVI, 90) ; "Ne suivez
pas les traces du Démon ; celui-ci ordonne la turpitude et
les actions blâmables à quiconque suit ses traces" (XXIV,
21) ; "La prière éloigne l'homme de la turpitude et des
actions blâmables. L'invocation du nom de Dieu est ce qu'il
y a de plus grand" (XXIX, 45) ; "Pour ceux qui, après avoir
accompli une mauvaise action ou s'être fait tort à
eux-mêmes, se souviennent de Dieu et lui demandent pardon
pour leurs péchés" (III, 135) ; "Appelez quatre témoins que
vous choisissez contre celles qui ont commis une action
infâme"(IV, 15) ; "Ce serait vraiment un acte abominable et
haïssable, un chemin détestable" (IV, 22) ; "Quand ceux-ci
commettent un acte abominable, ils disent: nous avons trouvé
que nos pères en faisaient autant. Dieu nous l'a ordonné.
Dis : Dieu ne vous ordonne pas l'abomination. Direz-vous sur
Dieu ce que vous ne savez pas ?" (VII, 28) ; "Vous
livrez-vous à cette abomination que nul, parmi les mondes,
n'a commise avant vous ?" (VII, 80) ; "Souvenez-vous de
Loth. Il dit à son peuple : Vous livrez-vous à la turpitude,
alors que vous voyez clair ?" (XXVII, 54) ; "Eloignez-vous
des péchés abominables, apparents ou cachés" (VI, 151) ;
"Dis : Mon Seigneur a seulement interdit : les turpitudes
apparentes ou cachées" (VII, 33) ; "Ceux qui évitent les
péchés les plus graves et les turpitudes... " (XLII, 37).
* "C'est Lui qui me guérit" (XXVI, 80) ; "Elle ajoute une
souillure à la souillure de ceux dont les cœurs sont malades
et ils meurent incrédules" (IX, 125) ; "Pas de faute à
reprocher au malade" (XXIV, 61)
* Le prophète dit "Le péché le plus grave auprès de Dieu,
après l'associationnisme, est la fornication.". Il dit
également : "Dieu maudit ceux qui pratiquent l'abomination
du peuple de Loth (=la sodomie)"(1).
Introduction
L'Islam a accordé une place privilégiée à l'être humain
qu'il soit malade ou bien portant, vivant ou mort. Il a
établi des règles et des normes assurant le salut de l'homme
dans ce monde comme dans la vie future. Ces règles mettent
en garde contre tout ce qui est mauvais et préjudiciable,
contre toutes les turpitudes conduisant l'individu vers sa
propre destruction. Elles visent ainsi à protéger l'espèce
humaine et les moyens de sa subsistance et à garantir le
respect et la préservation de la dignité de la personne et
son bien-être.
C'est dans cet esprit que sont interdites la bête morte, la
viande du porc et de tout animal non égorgé rituellement, de
même que toute substance enivrante et narcotique, alors que
le respect des règles de l'hygiène est vivement recommandé.
Toutes ces prescriptions recommandant la pureté et
condamnant la souillure sous toutes ses formes rentrent dans
le cadre de la dévotion, de ta'abbud. Dieu a mis en garde
contre tout ce qui est nuisible, comme en témoigne le verset
coranique suivant : "Telles sont les lois de Dieu. Ne les
transgressez pas", (terminant le passage sur les interdits
alimentaires). Cependant, il arrive que certains peuples
osent transgresser ces lois comme ce fut le cas pour le
peuple de Loth dont l'histoire est citée dans le saint
Coran.
La violation des commandements divins a eu pour sanction
l'apparition d'épidémies et autres fléaux dévastateurs qui
furent autant de signes envoyés par Dieu à ses créatures
pour les éprouver. Mais Dieu dans sa sagesse infinie est
également celui qui accorde sa miséricorde et sa grâce à
l'homme en lui permettant de trouver un remède à toute
maladie.
Dans un hadith où il fait allusion au châtiment divin, le
Prophète prévient : "Chaque fois que la débauche se répand
parmi un peuple, elle attire sur lui la peste et autres
fléaux que n'avaient pas connus les nations antérieures".
Mais il annonce également, dans une autre Tradition, "qu'il
y a un remède à tout mal".
L'assistance sanitaire et sociale à fournir aux malades du
Sida
I- L'assistance sanitaire du point de vue de la Charia
La signification légale de ce concept ne diffère guère de
son acception médicale. Il renvoie aux efforts déployés en
vue d'assurer les soins de santé aux malades, d'une part, et
de protéger les personnes saines contre les maladies,
d'autre part.
Dans l'optique de la Charia, l'atteinte par la maladie est
considérée comme une circonstance atténuante vis-à-vis des
peines légales. Le malade se voit donc le plus souvent
accorder un délai de grâce, en attendant sa guérison. La
maladie ne saurait cependant servir de faux alibi pour
échapper à la sanction.
II- Le Prophète dit selon un
hadith rapporté par Ahmad et Mouslim : "A chaque maladie,
il y a un remède ; il suffit de trouver le remède qui
convienne au mal dont on souffre." Dans une Tradition
rapportée par Ibn Mas'oud : "Dieu ne donne pas de maladie,
sans avoir donné en même temps son remède" (2).
Ces Hadiths montrent que toute maladie a ses causes, ce qui
ne veut pas dire qu'il ne faille pas s'en remettre à la
volonté de Dieu, créateur de la maladie et de son remède, ni
qu'il ne faille pas se soigner. L'expression "par la volonté
de Dieu", qu'on retrouve dans le hadith rapporté par Jabir,
montre la nécessité de concilier la confiance absolue en
Dieu et la recherche de remède, à condition de ne pas
utiliser à cette fin des choses religieusement illicites.
"Le remède existe, certains le savent, d'autres l'ignorent",
dit le Prophète(3). C'est un appel on ne peut plus clair à
la recherche des moyens thérapeutiques.
Le respect des prescriptions divines permet, avec la volonté
de Dieu, de guérir comme d'éviter la maladie : "contre toute
maladie, il y a un remède", assure le Prophète(4).
C'est dans le cadre de l'assistance aux malades que
s'inscrivent les mesures religieuses recommandant de leur
rendre visite et de les entourer des soins attentifs. Le
Prophète cite, parmi les cinq obligations du musulman envers
son frère, le devoir de "lui rendre visite s'il tombe
malade"(5) .
III- Avant d'aborder la prise
en charge sanitaire, psychologique et sociale des malades du
Sida, les règles les régissant, et ses effets sur les
personnes concernées, il convient de rappeler quelques
données relatives au Sida pour pouvoir ensuite se prononcer
sur cette maladie du point de vue islamique.
Rappel de certaines données sur le Sida
1- Le Sida ou syndrome d’immunodéficience acquise est,
(comme son nom l'indique), un ensemble de symptômes
cliniques provoqués par le virus de l'immunodéficience
humaine, le VIH, qui détruit le système immunitaire des
personnes atteintes(6).
Selon un autre auteur : " le Sida est un ensemble de
maladies (sic!) qui affecte la personne, suite à une ou
plusieurs infections "(7).
2- Les informations disponibles à ce jour sur cette maladie
mortelle demeurent insuffisantes. Ce qui est sûr, c'est
qu'elle est déclenchée suite à l'infection au VIH qui se
transmet par le sang et qui, une fois introduit dans
l'organisme, s'attaque au système immunitaire qu'il finit
par détruire(8).
3- Evolution de la maladie(9) :
1- Phase de la première infection : elle ne se signale par
aucun symptôme visible, mais au niveau de l'organisme, deux
processus se trouvent déclenchés :
L'organisme commence à produire les anticorps anti-VIH,
pendant la période allant de la première semaine au sixième
mois après l'infection. La présence de ces anticorps qui ne
suffisent pas pour enrayer la maladie sert toutefois pour
établir la séropositivité de l'individu.
Le sujet atteint par le VIH reste contaminant même avant
l'apparition des anticorps, ce qui témoigne de la
dangerosité extrême de cette maladie.
Une à trois semaines après la contamination, on peut
observer des symptômes comme la fièvre ou des troubles
nerveux (crise épileptique, paralysie provisoire), ce qui
indique que le système nerveux est précocement affecté par
le virus.
Durant cette période la maladie demeure latente et
asymptomatique.
2- Phase d'incubation silencieuse : très variable, elle peut
aller d'une année à cinq ans, voire plus. Durant cette
période, le sujet peut transmettre la maladie.
3- Phase symptomatique : elle se signale d'abord par des
signes précurseurs de la maladie : le grossissement
progressif des ganglions lymphatiques, fièvre, forte
transpiration nocturne, perte de poids, épisodes de
diarrhée, fatigue extrême, infections buccales... Cette
phase peut durer de quelques mois à quelques années avant
que le Sida proprement dit ne se déclare, marquant la
destruction totale du dispositif immunitaire du sujet. A
partir de ce stade, le malade n'a plus aucune chance de
survivre, assurent les médecins à l'unanimité.
4- Les médecins s'accordent pour dire qu'outre la
contamination accidentelle, l'homosexualité, la
prostitution, la drogue et autres substances enivrantes,
constituent les causes du Sida.
5- Le Sida reste contagieux pendant toutes ses phases
d'évolution. Cependant plusieurs questions concernant la
transmission du virus responsable de cette épidémie
demeurent à ce jour sans réponse.
6- Il n'est pas du tout exclu que la nourriture et la
boisson polluées puissent être facteurs de transmission de
cette maladie(10).
7- Il se peut que la médecine, malgré les efforts
considérables déployés dans ce sens, se soit trompée sur les
vraies causes de cette maladie qui sont en fait en rapport
avec la transgression des prescriptions divines(11).
Ces données sont de nature à inquiéter au plus haut point :
- Les personnes atteintes du Sida ;
- Les personnes les plus exposées aux risques de
contamination ;
- Le personnel médical responsable de la couverture
sanitaire ;
- La société entière.
L'inquiétude est d'autant plus vive que l'infection au VIH
n'est pas facilement détectable, tout au moins à ses
débuts.
La question de la protection des malades, et donc des
sidéens, revêt une grande importance en Islam puisqu'elle
est encouragée par le prophète lui-même. Dans ce contexte,
l'approche prophylactique (himiyat) et thérapeutique sont
intimement liées. Le souci de préserver la santé est mis en
évidence dans le verset coranique suivant : "si vous êtes
malades, ou si vous voyagez, ou si l'un de vous revient du
lieu caché, ou si vous avez touché des femmes et que vous ne
trouviez pas d'eau, recourez à du bon sable" (IV, 43). Le
malade se trouve ainsi dispensé d'utiliser l'eau si cela
risque d'aggraver son état. C'est dire l'importance de la
prévention en Islam sur laquelle maintes Traditions mettent
l'accent(12).
L'Islam recommande également d'apporter aux malades tout le
soutien moral et psychologique dont ils ont besoin. Ainsi,
d'après un hadith rapporté par Ibn Majah, le Prophète a dit
: "Si vous rendez visite à un malade, rassurez-le sur ses
chances de survie ; cela ne repoussera pas le terme de son
existence, mais lui mettra du baume sur l'âme".
Cela veut dire que les bonnes paroles réconfortent
moralement le malade, soulagent ses peines, lui redonnent le
courage et la force de supporter la maladie, les
souffrances, l'angoisse et la solitude qui en résultent.
Bref, la visite du malade, par ses proches et ses amis,
constitue pour ce dernier une source de consolation,
d'espérance et de réconfort moral.
En se basant sur les traditions prophétiques portant sur la
peste et la lèpre j'insiste sur l'obligation de prévenir la
contagion et de prendre les mesures préventives nécessaires
contre toute maladie infectieuse.
En effet, le Prophète dit à propos de la peste, selon un
hadith rapporté par Boukhari "C'est un malheur, un fléau
ravageur auquel il vaut mieux ne pas s'exposer"(13).
Une autre tradition énonce : "fuis le lépreux comme tu
fuirais devant une bête sauvage" ; ou encore : "Si vous
apprenez que la peste sévit dans un pays, ne vous y rendez
pas et si elle survient dans un endroit alors que vous vous
y trouvez, n'en sortez pas pour échapper au mal"(14). Ou
encore : "(Il n'y a pas lieu de croire) à la contagion ('adwa),
aux présages, à la réincarnation des morts dans les corps
des oiseaux (hâmat), ni à la sacralisation du mois de Safar.
Qu'un malade ne se rende pas chez une personne
saine..."(15).
Il ressort des hadiths précédents que lorsque l'épidémie
sévit dans un pays, les habitants qui s'y trouvent atteints
ne doivent pas le quitter pour ne pas propager la maladie
ailleurs. Les maladies contagieuses sont, selon les médecins
(anciens?), au nombre de six : la lèpre, la gale, la
variole, la rougeole, la mauvaise haleine (bakhar),
l'ophtalmie (ramad). A ces maladies, on peut rattacher le
Sida.
Le hadith concernant la contagion a fait l'objet de deux
interprétations différentes.
1- La première considère que le hadith en question exclut la
contagiosité des maladies. C'est l'interprétation retenue
par Al-Hafed Ibn Hajar (commentateur de Boukhari).
2- La seconde estime que les maladies ne sont pas
contagieuses en soi, par elles-mêmes, mais par la volonté
divine qui leur a donné cettte propriété. Cette opinion a la
faveur d'Ibn Assalah qui a essayé de la concilier avec le
sens de la tradition recommandant de fuir: "le lépreux comme
on fuirait devant une bête sauvage". Bref, les causes de la
contagion sont elles-mêmes créées par Dieu et soumises à sa
souveraine volonté. D'où il ressort que le fait de s'en
remettre à Dieu en toute chose n'est pas en contradiction
avec la nécessité d'éviter ce qui est nuisible et de
rechercher des moyens d'améliorer son existence, y compris
en se soignant en cas de maladie.
Malades du Sida : problèmes sociaux et sanctions pénales
Les malades du Sida sont confrontés à d'énormes problèmes
qu'il convient de traiter d'un point de vue islamique. Parmi
ces difficultés, on peut citer :
- le travail pour gagner sa vie ;
- le manque de soutien matériel et moral ;
- la garde de l'enfant en cas de séropositivité de l'un ou
l'autre parent ;
- le divorce pour cause de séropositivité ;
- les comportements et les actes d'un malade du Sida
doivent-ils être considérés comme ceux d'un moribond ?
- la sanction des pratiques contaminantes ;
- la transfusion du sang contaminé et la dissimulation de la
maladie ;
- l'indifférence à l'égard des malades ;
- la légalisation dans certaines sociétés des pratiques
responsables de la maladie en dépit de la gravité de
celle-ci.
1-
Travailler pour gagner sa vie
La Charia recommande de prendre soin du malade et de l'aider
à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille s'il en
vient à être licencié suite à sa maladie.
2-
Manque de soutien matériel et moral
Il convient de renforcer le soutien matériel et moral
apporté aux malades du Sida en les faisant bénéficier des
mêmes soins et traitements médicaux que les personnes
atteintes du cancer. Il importe, par ailleurs, de mettre sur
pied des organes d'information, des établissements de
protection sociale et de prendre les mesures préventives et
les précautions nécessaires pour lutter contre cette
épidémie. Dans le même contexte, une assistance sanitaire
doit être procurée aux populations les plus démunies.
3-
Garde de l'enfant en cas de séropositivité des parents
La dangerosité du Sida et le risque important de
contamination de l'enfant par ses parents malades justifient
que ces derniers perdent leur droit de garde, et ce, dans
l'intérêt bien compris de cet enfant. Il convient dès lors
de créer des établissements spécifiques pour recueillir et
prendre soin des enfants de parents séropositifs en
l'absence d'un tuteur.
De même, une mère infectée par le VIH sera privée du droit
d'allaitement, car elle ne répond pas à l'une des conditions
prévues par la Charia à cet effet, à savoir l'absence de
toute maladie préjudiciable à l'enfant.
4-
Divorce pour cause de séropositivité.
La Charia prévoit la séparation entre les époux en cas de
présence chez l'un ou l'autre époux d'un vice rédhibitoire.
Cependant, en l'absence de textes coraniques ou de
traditions prophétiques explicites en la matière, les
jurisconsultes musulmans ont eu des attitudes fort
divergentes au sujet de la séparation pour cause de vice
rédhibitoire. Les vices retenus dans ce sens sont les
suivants : la lèpre, le vitiligo, la démence, les
hémorroïdes, la fistule, la cécité, la surdité et la mutité
etc.
- Les Dhahirites estiment que la séparation pour vice
rédhibitoire ne peut avoir lieu si l'absence de tout vice
n'est pas stipulée expressément dans le contrat du mariage.
* Selon les Hanafites, si le vice affecte le mari, la femme
a le choix entre le maintien ou la rupture du lien
matrimonial. Mais le mari ne jouit pas de ce droit d'option,
si c'est la femme qui présente une infirmité, car il dispose
déjà du droit de répudiation.
* Les Hanbalites, les Chafi'ites et les Malikites accordent
le droit d'option aussi bien à l'homme qu'à la femme. Ibn
Al-Qayem soutient que la séparation entre les époux s'impose
en cas de vice incurable.
D'après les données médicales, le Sida est une maladie grave
et infectieuse qui entrave le but assigné au mariage et qui
se révèle être mortelle. Cette maladie est autrement plus
dangereuse que la lèpre ou le vitiligo. Elle devra donc à
plus forte raison autoriser la dissolution du lien conjugal
en cas d'atteinte de l'un ou l'autre conjoint.
5-
Les comportements d'un malade du Sida doivent-ils être
considérés comme ceux d'un moribond ?
La "maladie de la mort" (maladie dernière) est définie par
les Hanafites comme suit : "C'est une maladie dont l'issue
est généralement fatale ou qui empêche le malade de vaquer à
ses occupations ordinaires et le prive de toutes ses forces
au point de le contraindre à garder le lit. C'est le cas des
maladies comme la tuberculose et l'hémiplégie..." D'après
cette définition, le malade du Sida au stade terminal de
l'infection doit être considéré comme atteint d'une "maladie
de la mort", et ses actes seront regardés comme ceux d'un
mourant.
6-
La sanction des pratiques contaminantes
Cette question revêt une importance cruciale au regard de la
Charia. En effet, le Sida risque de se propager davantage si
l'on ne sanctionne pas les pratiques illégitimes qui en sont
la cause.
D'après les jurisconsultes, l'exécution des peines légales
contre un malade est reportée jusqu'à ce que celui-ci soit
guéri, à moins qu'il ne s'agisse d'une lapidation à mort.
7-
La transfusion du sang contaminé et la dissimulation de
l'infection
8-
L’indifférence à l'égard des malades du Sida
Etant donné la gravité de cette
maladie, nous estimons que la transfusion, la
commercialisation du sang contaminé ainsi que l'indifférence
à l'égard du Sida constituent des actes blâmables. Ainsi, il
faut agir d'urgence en appliquant les peines légales
appropriées contre toute personne ayant intentionnellement
contaminé une personne saine dans un but lucratif ou
simplement dans le but de nuire à autrui. Il convient dans
le même temps de conjuguer les efforts pour lutter contre ce
fléau et prémunir l'humanité contre ses ravages.
9-
L’autorisation des pratiques responsables du Sida
Malgré le risque que représente le Sida pour l'humanité,
certaines sociétés se refusent à prendre des mesures
répressives contre les pratiques illicites responsables des
maladies les plus destructrices. C'est là une attitude
scandaleuse, voire franchement criminelle. La moindre des
choses serait alors de contrôler tous les produits
pharmaceutiques et alimentaires provenant de ces pays.
* Président,
Dr Youssuf Qaradawi
Je vous remercie Dr Abdesslam Sobhi Hamid ; et à présent je
déclare ouvert le débat.
1
- Al Kabaair, Adahbi, p. 55.
2 - Nayl Al Awtar, vol. VIII/200 et Attib Anabawi,
pp. 71-85.
3 - Nayl Al Awtar, vol. VIII/201 et Attib Anabawi, pp.
71-85.
4 - Nayl Al Awtar, vol. VIII/201 et Attib Anabawi, p.
10.
5 - Rapporté par les deux Cheikhs sur Abou Houraira.
6 - Le Sida et l'immunité, p. 32.
7 - Le Sida : Maladie et remède, p. 17.
8 - Le Sida : maladie mortelle, p. 100.
9 - Le Sida, p. 5, La maladie mortelle, pp. 33-50, Le Sida,
p. 44, Vingt questions et réponses sur le Sida, pp. 17-18.
10 - Le Sida : Maladie mortelle, pp. 71-85 .
11 - Cf Le Sida : Châtiment divin.
12 - Atteb Anabaoui, pp. 71-85.
13 - Al MOUTAA, Malik, vol. XIV/405. Rapporté par Ibn Atiya
et Abou Houraira.
14 - Ibid., rapporté par Abderrahman Ibn Aouf.
15 - Rapporté par Malik dans le Mowattâ.
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