Islamic Educational, Scientific and Cultural Organization - ISESCO -

 

Allocution

de Son Excellence Dr Abdelwahab Fawzan,

Ministre de la Santé publique, représentant

Son Altesse l'Emir du Koweït

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Que la paix et la bénédiction soient sur vous !

J'ai l'insigne honneur d'inaugurer ce colloque islamique international sur "les problèmes sociaux engendrés par le Sida au regard de l'Islam" au nom de Son Altesse Cheikh Jabir El-Ahmad Jabir Al-Sabâh, Emir du Koweït, que Dieu le garde et l'assiste. J'ai par la même occasion le plaisir de vous transmettre les salutations de Son Altesse, Cheikh Jabir, et celles de son Altesse Cheikh Saad Al-Abdallah, prince héritier, président du Conseil des Ministres, ainsi que leurs voeux de succès pour vos assises.

Il m'est aussi agréable de souhaiter la bienvenue à tous les participants, venus de pays divers pour apporter leur contribution scientifique aux travaux du présent colloque. Je leur souhaite à tous un séjour agréable dans le sol béni et généreux du Koweït.

Mesdames et Messieurs,

L'humanité a été frappée par le Sida (Syndrome d'immuno-déficience acquise) qui attaque le système immunitaire et rend ainsi l'organisme vulnérable face à toutes sortes d'affections. Plus grave encore, cette maladie chronique reste incurable, et, malgré les efforts scientifiques considérables entrepris dans ce sens, aucun vaccin n'a pu être trouvé à ce jour. 

D'après les statistiques de l'OMS, la maladie du Sida touche aujourd'hui 13 millions de personnes de par le monde, à quoi s'ajoutent quotidiennement 50.000 cas supplémentaires. A moins de trouver un remède ou de prendre des mesures préventives efficaces, le nombre de malades s'élèvera, selon les estimations, à 40 millions d'ici l'an 2000. C'est dire la gravité de la situation à l'échelle mondiale. Partant de ce constat, l'OMS a lancé son slogan pour cette année : "Le Sida exige une action urgente", qui sonne comme un cri d'alarme et marque ainsi le début d'une prise de conscience mondiale quant au danger que cette maladie fait peser sur l'humanité. 

Mesdames et Messieurs,

L'on sait médicalement que le VIH se transmet par des voies aujourd'hui identifiées : transfusion  sanguine, utilisation de seringues souillées, rapports sexuels et enfin infection materno-foetale. Quant à la protection contre cette maladie, elle dépend d'abord, essentiellement, de l'initiative des individus eux-mêmes. Mais les autorités sanitaires doivent les aider dans ce sens à travers des programmes de prévention et des campagnes de sensibilisation.

Le monde accorde une importance accrue aux aspects médicaux et sociaux du Sida, comme en témoigne le nombre de conférences internationales qui se sont penchées sur la recherche d'une thérapeutique efficace ou sur la prise en charge sociale des malades. Or, l'opinion publique internationale a cru un moment, à tort, que ce fléau mondial ne suscite pas l'intérêt des savants et théologiens musulmans, et qu'il s'agit là d'un problème médical ignoré du droit islamique. Aujourd'hui, à travers ce colloque, nous entendons rappeler à tous que l'Islam offre des solutions à bien des problèmes sociaux, en instaurant, par exemple, des normes devant régir les rapports entre le malade et la société. C'est une religion globale qui embrasse tous les aspects de la vie.

Il est évident que le Sida a des dimensions à la fois sociales et médicales. Les autorités sanitaires nationales et internationales poursuivent leurs efforts de recherche, dans leurs divers domaines de compétence respectifs, en vue de mettre au point des remèdes ou des vaccins contre le VIH. Notre rencontre d'aujourd'hui se penchera sur les aspects sociaux du Sida, dans le souci de garantir aux malades leurs droits légitimes conformément aux enseignements de notre sainte religion.

Ainsi donc, pour la première fois dans le monde islamique, se tient un colloque réunissant les autorités religieuses et médicales, avec pour objectif d'examiner, à l'aune de la Charia islamique, les problèmes sociaux engendrés par le Sida. Il s'agira ainsi pour les participants de se prononcer du point de vue religieux sur les questions soumises à leur appréciation, sur la base des arguments tirés des sources de la Loi islamique et en utilisant les procédés de déduction légale reconnus par celle-ci. A ce propos on lit dans le Coran : "si vous ne connaissez pas la solution légale à propos de tel ou tel cas d'espèce, interrogez les gens auxquels le Rappel a été adressé" (XVI, 43).

Pour ce qui nous concerne, nous avons la ferme conviction que nos honorables docteurs de la loi et nos oulémas -venus de pays divers pour enrichir la présente rencontre- vont nous éclairer sur le sujet soumis à examen par leurs avis juridiques et leurs réflexions pertinentes.

Les conclusions judicieuses qui vont émaner de vos travaux serviront certainement de référence aux médecins dans l'exercice de leur profession et aux instances législatives du monde islamique dans l'élaboration de lois relatives au Sida.

Il convient d'ailleurs de rappeler que les avis éclairants formulés au sujet d'un bon nombre de pratiques médicales par nos éminents docteurs de la Loi et nos savants lors des rencontres successives organisées par  l'Organisation Islamique des Sciences Médicales depuis sa création en 1984, ont constitué autant de fondements légaux en matière de médecine et de la prise en charge des malades. Et voici qu'aujourd'hui, par la grâce de Dieu, vous reprenez votre oeuvre bénie, à la lumière de notre sainte religion.

Mesdames et Messieurs,

L'ordre du jour de la présente session contient une  série de points  ayant trait aux problèmes sociaux préoccupants liés au Sida et devant lesquels les esprits les plus lucides de notre temps demeurent perplexes. Ces derniers attendent donc beaucoup des résultats de votre colloque qui devra se prononcer sur des questions légales aussi variées que : l'isolement des malades du Sida, la contamination des personnes saines avec préméditation, l'interruption de grossesse en cas de séropositivité de la mère, la garde de l'enfant par une mère séropositive, le droit du conjoint porteur du VIH à la cohabitation conjugale, le droit de l'épouse à demander la dissolution du mariage en cas de séropositivité du mari, et autres implications sociales de cette terrible maladie.

Pour terminer, je réitère mes remerciements à nos éminents docteurs de la loi et autres personnalités savantes venues honorer par leur présence ce colloque islamique. Puisse Dieu couronner de succès leurs travaux et leur inspirer des décisions légales judicieuses afin que la présente rencontre marque un nouveau tournant dans le domaine de la médecine islamique.

Je vous adresse, enfin, les salutations bénies de l'Islam.

 

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