INTRODUCTION
La surpopulation
galopante de plusieurs pays, la disparition croissante
des espèces aussi bien végétales qu’animales, la
raréfaction de la couche d’ozone, l’effet de serre et la
manifestation d’El Niño Southern Oscillation dévasteur,
ainsi que les diverses pollutions : atmosphériques,
hydriques (d’eaux de surface : oueds, lacs, réservoirs
etc., et d’eaux souterraines : nappes aquifères etc.),
des sols (salinisation et contamination par des produits
chimiques induits par les activités anthropiques
humaines), ainsi que la pollution des eaux marines
(marées noires), incitent à une prise de conscience
collective imminente de la protection de l’environnement
en vue d’assurer la survie de l’humanité.
Les révolutions
agraire et industrielle des deux dernières décennies ont
entraîné une dégradation «systématique» et multiforme de
l’environnement, liée aux activités anthropiques. En vue
de relever le défi, le pas de temps est relativement court
et demande une réorganisation, aussi bien économique,
sociale, régionale, que nationale. Plusieurs experts
internationaux ont vulgarisé la dégradation de
l’environnement, et ont affirmé que la situation pourrait
être irréversible dans les trente années à venir si des
actions précises ne sont pas lancées immédiatement pour
réduire et essayer d’arrêter la dégradation galopante sur
terre.
Dans les pays du
Maghreb, comme d’ailleurs, dans plusieurs pays islamiques,
des astreintes écologiques se posent avec virulence aux
décideurs économiques et politiques. Certes, la poussée
démographique élevée de ces pays présente un impact
croissant sur les ressources naturelles ; en effet, à
l’ornière de l’an 2020, ces contrées présenteraient, par
exemple, un bilan ressources-besoins déficitaire. En vue
d’assurer leurs besoins alimentaires par des produits
agricoles croissants, ces pays ont à défricher et à mettre
en culture de nouvelles terres fertiles, à développer le
surpâturage etc. Ces opérations favorisent l’érosion
hydrique et éolienne ; l’apparition de sols improductifs,
une extension des surfaces désertifiées etc, conditionnées
par les données géologiques, hydroclimatiques et
hydrodynamiques, favorables à la dégradation potentielle
de ces écosystèmes. Plusieurs effets négatifs peuvent en
résulter, tels que, par exemple l’envasement des barrages,
la détérioration de la qualité de l’eau (eutrophisation
des eaux de retenues de barrages observée à large échelle
dans les pays islamiques), la sédimentation des
infrastructures agricoles et portuaires, le dérèglement
des régimes fluviaux avec les impacts climatiques connus
etc.
Dans plusieurs pays
islamiques, les défrichements nécessités par l’utilisation
du bois de feu dépassent largement les possibilités de
rétablissement par reboisement et accélèrent le phénomène
d’érosion. A ce titre, une politique stricte de
reboisement est à appliquer à juste titre, et dans les
plus brefs délais suivant des plans directeurs bien
établis, et ceci région par région ; notons que
l’extension urbanistique croissante n’est pas pour
faciliter les choses.
Le présent ouvrage
analyse plusieurs actions entreprises et restant à
entreprendre dans le domaine de l’environnement au Maroc,
en Algérie et en Tunisie, à savoir, l’analyse de l’érosion
l’envasement conséquent des retenues de barrages avec son
impact sur la réduction des allocations (à partir de ces
réservoirs), d’eau potable, agricole, industrielle et
sanitaire ; la sécheresse ; la désertification, la
pollution des eaux (de surface, souterraines et marines)
et l’utilisation des eaux non conventionnelles. Une série
de recommandations en vue de contribuer à la protection de
l’environnement et d’assurer une pérennité des ressources
naturelles dans les pays du maghreb, est présentée,
secteur par secteur.