Le rôle de la
Jordanie dans la protection
des sanctuaires
islamiques à Al Qods
L’ingénieur Raef
Youssef Najm(*)
Introduction
La Société des
Nations (SDN) a reconnu l’émirat de l’est de Jordanie en
date du 16/9/1922 et la Grande Bretagne a placé le pays
sous mandat, en mai 1923, dans le cadre du système de
mandat de la SDN. L’émirat a été confié au prince
Abdellah Ibn Chérif Hussein Ben Ali qui va être couronné
Roi du pays le 25/5/1946.
Ces événements ont
coïncidé avec l’élection du Conseil islamique supérieur
en Palestine, en 1922, sous la présidence de Haj Amine
Husseini que la oumma islamique avait élu en Palestine.
La première action entreprise par ce Conseil fut la
restauration de la Mosquée Al Aqsa et son entretien
contre les menaces cumulées au fil du temps, en
l’absence de fondements architecturaux solides durant
les opérations antérieures de restauration. La mosquée
était défigurée, les chapiteaux et les fondations
fissurées, les bornes de bois délabrées à cause de la
gangrène, et une grande partie de mosaïques et de
fenêtres en plâtre coloré s’était affaissée.
Vu que ces
restaurations nécessitaient des sommes faramineuses, le
Conseil islamique supérieur avait envoyé des délégations
au Hijaz, en Egypte, en Inde, en Irak, dans le Golfe
arabe et en Turquie, et écrit à nombre de rois et de
princes musulmans qu’il pressentait enclins à faire le
bien. Il est naturel que les Anglais, ennemis du Conseil
islamique supérieur en Palestine, s’opposent
farouchement à ces délégations tant et si bien qu’ils
influencèrent les Rajahs de l’Inde par l’entremise de
leurs Conseillers là-bas, et que la contribution de
l’Inde ne dépassa guère les 23 mille livres. Les ennemis
du Conseil islamique supérieur avaient même écrit aux
princes et aux dirigeants des pays arabes et musulmans,
les mettant en garde contre la contribution, arguant que
"les gens du Conseil islamique utilisaient ces dons pour
assassiner leurs opposants politiques et non pas pour la
restauration de la Mosquée Al Aqsa".
Partant de là, les
recettes collectées se présentaient comme suit (en
livres égyptiennes) :

Le tableau fait
ressortir que la plus grande contribution fut celle de
Chérif Hussein Ben Ali, qui à elle seule dépasse les
contributions de l’Inde toute entière, sachant que
l’Inde à l’époque comprenait le Pakistan et le
Bangladesh, qui allaient obtenir leurs indépendances par
la suite. Ceci démontre l’intérêt que Chérif Hussein Ben
Ali accordait à la Mosquée Al Aqsa. Les travaux de
restauration faisaient l’objet d’une coordination entre
Haj Amine Husseini et le prince Abdellah Ben Hussein, à
travers des missives échangées entre les deux parties
(quelques une de ces lettres se trouvent dans les
archives du Comité de restauration de la Mosquée Al Aqsa
et du Dôme du Rocher).
De Chérif Hussein
Ben Ali, ce rôle est revenu à son fils le roi Abdellah,
puis au défunt roi Hussein Ben Talal pour se poursuivre,
ces années actuelles, sous le règne du jeune roi
Abdellah II Ben Hussein. C’est dire que le rôle des
Hachémites dans la sauvegarde de la Mosquée Al Aqsa, la
protection de ses sanctuaires, leur restauration et leur
entretien remonte à une longue période, de plus de huit
décennies, et se poursuit encore malgré les conditions
politiques difficiles et compliquées à Al Qods et en
Palestine.
Quant aux
sanctuaires chrétiens, les Hachémites ont accordé,
durant la période de leur règne sur la Cisjordanie
(1952/1967), la liberté absolue aux différentes
confessions d’entretenir et de restaurer leurs églises
et leurs monastères. C’est ainsi que l’église de la
Résurrection a été complètement restaurée sous le règne
Hachémite avant l’occupation israélienne, en 1967.
L’opération a concerné les murs et la coupole. Les clés
de l’église de la Résurrection sont encore aux mains des
familles musulmanes Nassibeh et Joudeh. Quant aux
prières accomplies sur le Chemin de Croix, de la Porte
du Lion (Saint Etienne), jusqu’à l’église de la
Résurrection, en passant par les 14 stations de la
Croix, elles sont précédées et maintenues par des
bedeaux musulmans.
Les institutions
jordaniennes oeuvrant pour Al Qods
1. Le ministère des
Waqfs et des Affaires et Sanctuaires islamiques
Ce ministère veille
sur les affaires des sanctuaires islamiques à Al Qods,
depuis l’intégration de la Cisjordanie au pays, en 1952
jusqu’à nos jours. La rupture des liens légaux et
administratifs avec la Cisjordanie, en 1988, n’a
nullement affecté cet état de fait, ce ministère et les
tribunaux légaux relevant du département Kadi Kudat
(Cour suprême) ayant été exceptés de cette décision.
Ce ministère se
charge de la direction de la Mosquée Al Aqsa et de son
entretien. Il a créé à Al Qods une section des biens
pieux (waqfs) et un département des monuments islamiques
de la documentation et de l’entretien des sites
islamiques menacés, suivant les moyens financiers
disponibles. Ledit département est parvenu à entretenir
un nombre considérable de monuments sous l’égide du
Centre de documentation, d’entretien et de restauration
des monuments d’Al Qods, créé par la Ligue arabe à
Amman, en 1982, avant de geler ses activités, en 1991.
Durant cette période, il a été procédé à la
réhabilitation des monuments suivants:
L’école Kilania,
l’école Mizharia, Turkan Khatun, Ribat Kurde, l’école
Louelouiya, Ribat Bayram Jawish, l’école Saâdia, l’école
Jalkia, Coupole de Salomon, école Tachtamarya, Zaouïa Al
Maghariba, l’école Achrafiya, Khan Sultan, l’école
Ghadiriya et l’école Jawhariya.
2. Département Kadi
Kudat
Cette section à
Amman supervise les tribunaux légaux à Al Qods, et une
coordination complète existe entre les deux parties au
sujet de toutes les questions relatives au statut
personnel.
3. La Commission de
restauration de la Mosquée Al Aqsa et du Dôme du Rocher
Cette Commission a
été créée en vertu d’une loi jordanienne (n°-32) par la
bienveillance présence de Kadi Kudat, en 1954, puisque,
à l’époque, il n’y avait de ministère de waqfs. Après
amendement de cette loi, en 1991, la présidence de la
Commission est revenue au ministre des Waqfs et des
Affaires des Sanctuaires islamiques. La commission est
composée de dix membres représentant les différentes
parties concernées par les affaires d’Al Qods.
La Commission
dispose d’une instance technique qui opère à Al Qods sur
le site de la Mosquée Al Aqsa, composée d’architectes,
de techniciens et d’administrateurs. Cette instance se
charge de superviser les travaux de restauration des
divers monuments religieux et historiques dans
l’enceinte de la Mosquée Al Aqsa, à l’intérieur des
remparts historiques, dans un rayon d’action de 500
mètres de longueur et 288 mètres de largeur, soit une
superficie de 144 donames.
Les principaux
projets réalisés par cette Commission concernent :
a) Restauration de
la Mosquée Al Aqsa après son incendie le 21/8/1969.
L’opération a valu à la Commission le Prix international
Agha Khan pour l’architecture islamique, et elle a fait
don de la valeur de ce Prix au Fonds de restauration.
b) Réhabilitation
et dorage du Dôme du Rocher. Après avoir achevé cette
opération, en 1994, elle s’attelle actuellement à
réhabiliter le marbre intérieur et la faïence des
assises de la voûte extérieure du Dôme.
c) Restructuration
du minbar de Salaheddine, dont les travaux s’achèveront
en 2005.
d) Réhabilitation
des minarets, des voûtes, des remparts et des esplanades
en pierres.
Elle a également
élaboré les schémas d’infrastructure de base de tout le
site, dont les réseaux d’eau et d’électricité, ainsi que
de la téléphonie, de l’acoustique et de l’irrigation en
attendant le moment propice pour leur mise en œuvre.
4. La Commission royale des affaires d’Al Qods
Suite à
l’occupation israélienne d’Al Qods, en 1967, cette
commission a été créée sur instruction royale pour
veiller sur les affaires d’Al Qods, et faire valoir la
cause de la ville sainte dans les forums internationaux
et auprès de l’opinion publique mondiale. La Commission
publie un bulletin mensuel d’information politique pour
dévoiler les pratiques israéliennes arbitraires. Elle a
constitué plusieurs sous-commissions médiatique,
juridique, historique, religieuses, économique, sociale
et d’architecture pour examiner les conditions des
habitants d’Al Qods et les moyens de les améliorer.
La Commission suit
avec grand intérêt ce qui se passe au sein de
l’Organisation des Nations Unies, notamment au Conseil
de Sécurité, et de l’UNESCO. Elle coordonne avec les
délégations qui prennent part à ces forums. En 1994, Sa
Majesté le Roi avait ordonné la recomposition élargie de
cette Commission, en y associant des personnalités
arabes et musulmanes de renommée internationale.
Composée de 22 membres au lieu de 9, sa présidence,
assurée auparavant par un ancien Premier ministre, a été
confiée au prince Al Hassan Ibn Talal.
Quant aux
institutions populaires jordaniennes oeuvrant pour Al
Qods, elles sont nombreuses. Les plus importantes sont :
1. Le Congrès
islamique général de Bayt Al Maqdis, basé à Amman et
constitué pour la première fois à Al Qods, en 1966. A
vocation médiatique et culturelle, il a édité plusieurs
livres et publications sur Al Qods et organisé nombre
d’expositions sur la ville sainte. Il organise aussi des
conférences nationales et internationales ainsi que des
colloques culturels et de sensibilisation.
2. Plusieurs
associations, dont l’Association de la protection d’Al
Qods, la Journée d’Al Qods, Forum Bayt Al Maqdis et
l’Association de bienfaisance Al Qods.
3. La Fondation de
la coopération qui entreprend ses actions à l’intérieur
de la vieille ville d’Al Qods dans le domaine de la
documentation et de l’entretien des monuments de la
ville sainte.
La coopération
entre le royaume jordanien Hachémite et l’UNESCO au
sujet d’Al Qods
Le Comité du
patrimoine mondial
Après l’occupation
de l’Est d’Al Qods par les forces israéliennes, en début
juin 1967, et suite aux actes de destruction et de
confiscation des monuments historiques islamiques
attenants à la Mosquée Al Aqsa, l’ONU a adopté la
résolution n°: 2253, en date du 14/7/1967, qui stipule
que les Nations unies sont très intéressées par les
modifications portées à Al Qods, après l’occupation et
les tentatives d’Israël de modifier les monuments d’Al
Qods. Partant de ce fait, Elles appellent le
gouvernement israélien à :
1. Suspendre toutes
les modifications mises en œuvre par le gouvernement
d’Israël,
2. S’abstenir de
mettre en œuvre toute modification à Al Qods.
L’ONU a réitéré
cette décision à maintes reprises, mais Israël l’a
ignorée et refusée son application, comme il a toujours
fait avec les résolutions qui ne lui plaisent pas, en
l’absence d’une force le contraignant à les mettre en
œuvre. Ce fut ainsi le cas avec l’appel international
lancé par l’Assemblée générale de l’UNESCO à l’adresse
d’Israël en 1968, l’exhortant à préserver le patrimoine
culturel d’Al Qods et à s’abstenir d’entreprendre toute
opération de fouilles archéologiques.
Lors de la 17e
session de l’Assemblée générale de l’UNESCO, tenue le
17/11/1972 à Paris, les Etats réunis ont adopté une
convention de 38 articles pour la protection du
patrimoine mondial culturel et naturel. Au terme de
cette convention, les Etats s’engagent à n’entreprendre
aucune mesure de nature à porter atteinte, de manière
directe ou indirecte, au patrimoine culturel et naturel
et à conjuguer les efforts communs qui complètent
utilement l’action des Etats concernés sans se
substituer à eux. C’est pour cette fin que le Comité du
patrimoine mondial a été institué.
La résolution de
1981 :
En se basant sur
ladite convention, le royaume hachémite a soumis à
l’UNESCO, le 16/12/1980, un dossier complet,
photographies à l’appui, sur la vieille ville d’Al Qods
en arabe, anglais et français. Ledit dossier a été
élaboré par un Comité composé de l’ingénieur Raef Najm,
membre de la Commission royale des Affaires d’Al Qods,
Dr Ibrahim Chabouh, délégué de l’ALECSO à la Ligue
arabe, et Dr Azeddine Bach Chaouch, Directeur de
l’Institut national des Monuments de Tunis.
Après le débat
houleux qui a eu lieu lors de la séance du Comité du
patrimoine mondial, auquel a pris part l’ambassadeur de
Jordanie à l’époque, Tahar Al Misri, en plus des membres
de la commission tripartite, le Comité du patrimoine
mondial a adopté, avec l’approbation des deux tiers, une
résolution au terme de laquelle elle soutient la
présentation par le royaume hachémite du dossier d’Al
Qods.
Lors des
discussions, la délégation jordanienne s’est appuyé sur
l’article 11 de la Convention sur la protection du
patrimoine mondial, notamment le droit de chaque Etat à
soumettre une liste de son patrimoine culturel et
naturel au Comité du patrimoine mondial, sans pour
autant que l’introduction d’un bien situé sur une terre
faisant l’objet de revendication de plusieurs Etats
n’affecte les droits des parties belligérantes.
Dans la session du
11 mai 1981, la commission du patrimoine mondial a
adopté une résolution inscrivant Al Qods sur la liste du
patrimoine mondial. Les Etats-Unis avaient voté contre
la résolution alors que certains pays européens
s’étaient abstenus.
La résolution de
1982 :
En 1982, le royaume
jordanien Hachémite a présenté un autre dossier élaboré
dans les trois langues par le même Comité précédent,
assorti d’une demande d’inscription d’Al Qods sur "la
liste du patrimoine mondial en péril." Cette résolution
a été effectivement adoptée par l’Assemblée générale de
l’UNESCO, avec l’approbation des deux tiers de la
commission du patrimoine mondial. C’est ainsi qu’en
vertu des dispositions de sa Charte, l’UNESCO était
amenée à fournir l’assistance technique et matérielle au
gouvernement jordanien pour la sauvegarde du patrimoine
d’Al Qods. Néanmoins, ceci n’a aboutit au versement que
d’un montant de 160 mille dollars sur plusieurs tranches
annuelles et n’a eu qu’un impact modique sur la
contribution à l’entretien de certains monuments
historiques d’Al Qods.
La résolution de
1983 :
En date du
4/11/1983, le royaume hachémite a présenté avec 19
autres pays arabes et islamiques un projet de
résolution, qui a été approuvé par l’Assemblée générale
de l’UNESCO sous le numéro 22M/9 stipulant que :
1. Etant donné que
les autorités israéliennes continuent de mener des
fouilles et de poursuivre les travaux et les opérations
de construction qui portent atteinte au cachet
historique et culturel de la ville sainte,
2. Et que ces
fouilles archéologiques et les constructions continues,
depuis 1967, portent à la ville sainte d’Al Qods des
dégâts irréparables,
3. Et que la
Mosquée Al Aqsa subit de façon persistance et permanente
des dangers énormes et intenses en raison des fouilles
et des actes d’agressions armées que des groupes
fanatiques mènent à son encontre,
4. Et que la
construction de colonies juives autour de la ville d’Al
Qods et l’établissement à son intérieur de petites
communautés religieuses juives visent à judaïser la
ville d’Al Qods,
L’Assemblée
générale de l’UNESCO condamne vigoureusement
l’obstination d’Israël à se soumettre aux résolutions de
l’Assemblée générale et du Comité exécutif et sa
politique de judaïsation et d’annexion de la ville d’Al
Qods et appelle les Etats membres de l’UNESCO à prendre
toutes les mesures nécessaires en fonction des moyens
adéquats pour mettre un terme à cette situation.
L’Assemblée
générale remercie également le Comité du patrimoine
mondial pour sa décision d’inscrire la ville d’Al Qods
sur la liste du patrimoine mondial en péril et l’appelle
à poursuivre ses efforts pour la protection et la
sauvegarde des biens culturels que recèle cette ville.
L’Assemblée
générale remercie aussi le Directeur général de l’UNESCO
pour les efforts qu’il déploie pour assurer le suivi de
la mise en œuvre des résolutions de l’assemblée générale
et du Comité exécutif et l’appelle à tenir le Comité
exécutif informé de tous les développements que connaît
cette situation.
La Jordanie a été
représentée, lors de cette session, par une délégation
composée de :
- L’ingénieur Raef
Najm (président).
- M. Ahmed Taouil,
Conseiller culturel à l’Ambassade de Jordanie à Paris
(membre).
- M. Salim Badr, de
l’Ambassade de Jordanie à Paris (membre).
La résolution a été
approuvée par 64 pays sur les 93 présents à la réunion,
tandis que 14 pays, dont les Etats Unis, Israël et
l’Angleterre, ont voté contre, alors que 15 pays se sont
abstenus.
Nomination d’un
représentant personnel du Directeur général de l’UNESCO
pour le suivi de la question d’Al Qods:
Suite à la
résolution de l’UNESCO de 1983, le Directeur général de
l’UNESCO, M. Ahmadou Mokhtar M’Bow, a désigné le Belge,
M. Lemaire, professeur à l’Université de Louvain, en
tant que représentant personnel. Ce professeur était
chargé de se rendre deux fois par an à Al Qods et de
soumettre au Directeur général un rapport sur ses
visites assorti de recommandations.
La première réunion
entre M. Lemaire et l’ingénieur Raef Najm a eu lieu, le
9/11/1983 à Paris, au cours de laquelle ils ont convenu
les principes suivants :
1. Il faut procéder
à la restauration du patrimoine islamique et chrétien
d’Al Qods.
2. Il ne faut
démolir ou détruire aucune construction religieuse pour
la reconstruction d’un patrimoine antique effacé.
3. L’UNESCO ne peut
pas contraindre Israël par la coercition à respecter les
résolutions de l’UNESCO. Ne disposant pas de force pour
ce faire, tout ce qu’elle est en mesure d’entreprendre
consiste à prendre des résolutions.
4. S’il était
possible de convaincre les Etats Unis des résolutions de
l’UNESCO contre lesquelles ils ont voté, ceci pourrait
permettre d’exercer une pression sur Israël pour la mise
en œuvre de ces résolutions.
La deuxième réunion
avec M. Lemaire a eu lieu à Amman, fin novembre 1983,
sous la présidence de Son Altesse le prince Al Hassan.
D’autres rencontres de coordination eurent lieu, par la
suite, dont la dernière remonte au 21/7/1993 à Paris, en
présence de M. Frederico Mayor, Directeur général de
l’UNESCO, l’ingénieur Raef Najm, délégué du gouvernement
jordanien, M. Lemaire, représentant personnel du
Directeur général de l’UNESCO, et Dr Antoine Debabna,
Conseiller culturel de l’Ambassade de Jordanie à Paris.
Lors de cette
réunion, il a été convenu que la section des waqfs à Al
Qods et la commission de réhabilitation sont les seules
parties responsables de l’entretien, de la
réhabilitation et de la restauration des monuments de la
Mosquée Al Aqsa.
Position du
Directeur général de l’UNESCO, M. Ahmadou Mokhtar M’Bow
:
M. Ahmadou Mokhtar
M’Bow a appuyé, depuis ses tous premiers débuts à
l’UNESCO, la position du royaume hachémite. Dans une
allocution devant la conférence du Congrès islamique sur
Al Qods, tenue en décembre 1980, il avait affirmé que la
protection d’Al Qods est une obligation internationale
et a appelé à la réalisation de cet objectif. Il avait
aussi rappelé que la Charte de l’UNESCO stipule la
protection et la sauvegarde du patrimoine mondial
composé de livres, d’œuvres d’art et de monuments
d’intérêt historique et scientifique. Il a aussi affirmé
que tout Etat membre de l’UNESCO, qui occupe le
territoire d’un autre pays, devrait s’abstenir de mener
des fouilles archéologiques dans les territoires
occupés. Il a également rappelé l’appel international
lancé par l’Assemblée générale de l’UNESCO, en 1968, à
l’adresse d’Israël pour préserver le patrimoine culturel
d’Al Qods et s’abstenir de mener toute opération de
fouilles.
La première réunion
entre M. Ahmadou Mokhtar M’Bow et l’ingénieur Raef Najm
a eu lieu, le 11/11/1983 à Paris, au cours de laquelle
M. M’Bow a souligné:
1. La nécessité de
mettre en place un plan général au sujet de la
restauration des monuments islamiques et chrétiens d’Al
Qods devant englober les aspects techniques et
financiers, ainsi que les modalités d’application,
2. La constitution
d’une commission de planification et de financement,
composée de certains dirigeants arabes sous la
présidence de Sa Majesté le Roi Hussein,
3. La mise en œuvre
du plan de restauration sous l’égide de la section des
waqfs islamiques d’Al Qods dans le cadre de la
continuité de la situation en vigueur, depuis 1967, et
le développement de l’action de la commission de
restauration technique jordanienne en place à Al Qods.
4. La nécessité
d’examiner la question de la restauration avec Sa
Sainteté le Pape à Rome pour obtenir son soutien moral.
En raison des
positions positives de M. Ahmadou Mokhtar M’Bow à
l’égard d’Al Qods et de sa coopération avec le royaume
hachémite et de son gouvernement, il a été combattu par
les Etats Unis d’Amérique qui, après avoir suspendu leur
adhésion à l’UNESCO, ont affaibli le budget général de
cette organisation culturelle internationale, et se sont
assurés de sa non-reconduction à la présidence de
l’UNESCO. C’est ainsi que M. Frederico Mayor (de
nationalité espagnole) a remplacé M. Ahmadou Mokhtar
M’Bow à la tête de l’UNESCO.
Position du
Directeur général de l’UNESCO, M. Frederico Mayor :
Au départ,
l’attitude de M. Mayor a été empreinte d’hésitation
quant au soutien de la position du royaume hachémite au
sujet d’Al Qods et de la restauration et de l’entretien
de ses sanctuaires. Il a tenté de réduire la
responsabilité du royaume hachémite en favorisant
l’intervention d’autres pays arabes dans la restauration
du Dôme du Rocher. A ce propos, il a adressé au royaume
hachémite des messages officiels, dont le dernier
remonte à 1993. Les réponses à ces missives ont
particulièrement mis l’accent sur les données ci-après :
1. Le royaume
hachémite a assumé ses responsabilités en matière de
gestion, de surveillance, d’entretien et de restauration
des sanctuaires islamiques d’Al Qods et de Cisjordanie,
dès 1952, suite à la déclaration du peuple palestinien
de l’annexion de la Cisjordanie au royaume hachémite et
la promulgation de cette décision par le parlement
jordanien. L’Organisation des Nations Unies a reconnu
comme tel le royaume jordanien Hachémite avec ses deux
rives (Transjordanie et Cisjordanie) et c’est sur cette
base qu’elle a traitée avec le royaume. C’est pourquoi
l’exercice de cette responsabilité devrait continuer
sans l’intervention d’un quelconque pays. En même temps,
le royaume hachémite accueille toute contribution
financière ou technique de l’extérieur pourvu qu’elle
passe par les canaux jordaniens concernés par la
restauration.
2. La
responsabilité des Hachémites sur les sanctuaires
islamiques à Al Qods a commencé depuis le règne de feu
Chérif Hussein Ben Ali pour se poursuivre sous le règne
du martyr feu SM. le Roi Abdellah Ben Hussein et se
perpétuer sous le règne de SM. le Roi Hussein Ben Talal.
3. L’occupation
israélienne de 1967 n’a rien modifié à la responsabilité
hachémite sur les sanctuaires islamiques. Plusieurs
résolutions de l’Organisation des Nations unies et de
l’UNESCO ont condamné les pratiques d’Israël à
l’encontre de ces sanctuaires, que ce soit au sujet des
fouilles, de l’incendie de la Mosquée Al Aqsa en date du
21/8/1969 ou des agressions armées à l’encontre des
fidèles. Ces résolutions ont appelé Israël à ne pas
modifier le statut de ces sanctuaires antérieur à
l’occupation de 1967.
4. L’UNESCO a
inscrit Al Qods sur la liste du patrimoine mondial en
péril et adopté ses résolutions à ce propos durant les
années 1981, 1982 et 1983, considérant le royaume
hachémite comme responsable de superviser ce patrimoine.
L’UNESCO a fait don d’un montant de 160 mille dollars au
gouvernement jordanien Hachémite pour l’entretien de
certains monuments menacés ou en péril.
5. Le royaume
hachémite a mis en place "la Commission de restauration
de la Mosquée Al Aqsa et du Dôme du Rocher", en 1954, en
vertu d’une loi jordanienne. Depuis sa constitution
jusqu’à nos jours, cette Commission a élaboré toutes les
étapes de restauration, sous l’occupation israélienne
d’Al Qods, sans recourir à n’importe quelle partie
israélienne durant toutes les étapes de l’entretien, de
la réhabilitation et de la restauration. Le Ministère
des Waqfs et des Affaires des Sanctuaires islamiques, la
Section des Waqfs islamiques à Al Qods et le département
des monuments islamiques qui en relève, ont procédé à la
documentation, à l’entretien et à la restauration de
nombre de monuments historiques, selon les meilleures
normes techniques internationales de restauration en
vigueur, et en coordination avec les techniciens experts
de l’UNESCO.
6. L’intervention
de tout autre Etat dans les opérations d’entretien, de
réhabilitation et de restauration des sanctuaires
islamiques à Al Qods devra nécessairement passer par
l’agrément et l’intervention des autorités de
l’occupation israélienne, comme la municipalité
israélienne d’Al Qods ou le ministère israélien des
cultes. Et c’est précisément ce que le royaume hachémite
a de tout temps évité durant toute la période de
l’occupation israélienne. Dans cet ordre d’idées, le
royaume hachémite a sollicité le soutien du Directeur
général de l’UNESCO pour sa position qui, émanant de
l’intérêt de la famille hachémite pour la première des
qiblas et du troisième lieu saint de l’islam, se fonde
sur la légalité internationale qui considère la partie
Est d’Al Qods comme un territoire occupé. Il l’a
également appelé à tenir compte du statut en vigueur,
depuis 1952, des dépenses consenties et des efforts
déployés par la famille hachémite et le gouvernement de
Sa Majesté le Roi Hussein.
Par la suite, est
intervenue la visite de Sa Majesté le Roi Hussein de
Jordanie à Paris, durant laquelle le Souverain Hachémite
a eu une réunion avec le Directeur général de l’UNESCO,
M. Frederico Mayor, au cours de laquelle a été
particulièrement soulignée la position du royaume
hachémite et son attachement à Al Qods et à ses
sanctuaires.
En date du
18/4/1994, l’UNESCO a pris part à la grandiose
célébration organisée à l’occasion de l’achèvement des
travaux de restauration de la Mosquée Al Aqsa et du Dôme
du Rocher, en la personne du représentant personnel du
Directeur général de l’UNESCO, M. Lemaire.
Il convient de
signaler que les bonnes relations entre le royaume
hachémite et l’UNESCO ont concerné différents domaines
culturel et patrimonial, comme en témoigne la
collaboration de l’UNESCO avec le ministère de
l’Education et de l’Enseignement, le ministère de la
Culture et la Section générale du patrimoine.
Les tentatives des
autorités israéliennes de rayer la ville d’Al Qods de la
liste du patrimoine mondial en péril
Lors de la 28e
réunion annuelle, tenue en Chine en juillet 2004, à
laquelle la Jordanie avait pris part avec la
participation du Directeur adjoint du département
jordanien du patrimoine, les autorités israéliennes
avaient présenté une demande sollicitant de rayer Al
Qods de la liste du patrimoine mondial en péril, et une
autre requête pour l’inscription du Néguev sur la liste
du patrimoine mondial.
Le groupe arabe
participant à la réunion annuelle a tenu une réunion au
cours de laquelle il a présenté un texte de sept
articles en anglais et en français (conformément au
règlement du comité du patrimoine mondial). Dans ce
texte, le groupe arabe a sollicité le maintien de
l’inscription d’Al Qods sur la liste du patrimoine
mondial, en raison de la persistance des mêmes
conditions et des difficultés constantes devant les
opérations de restauration. Il a exhorté les autorités
concernées à faciliter les opérations de réhabilitation
et de restauration au sein de la vieille ville et à
lever les objections sur l’entrée des ouvriers et des
matériaux de restauration sur les sites. Il a aussi
encouragé le Directeur général de l’UNESCO à prendre
l’initiative de mettre en œuvre la résolution de
l’Assemblée générale de l’UNESCO numéro 32 C/Res 39
(octobre 2003), relative à l’élaboration d’un plan
d’action et de propositions sur la sauvegarde du
patrimoine d’Al Qods.
Suite à la
présentation de ce texte lors de la réunion tenue, le
2/7/2004, il a été approuvé à l’unanimité. Mais lors de
la présentation de la proposition israélienne au sujet
du Néguev, cette proposition a été rejetée en raison de
la coordination et de l’unanimité des représentants des
Etats arabes au sein du comité du patrimoine mondial.
C’est ainsi que l’inscription de la vielle ville d’Al
Qods sur la liste du patrimoine mondial en péril a été
maintenue.
La vieille ville
d’Al Qods : une école d’architecture islamique
Il est un fait que
chacune des anciennes capitales islamiques est frappée
du sceau de l’architecture d’un âge islamique déterminé.
La ville de Damas, par exemple, porte l’empreinte de
l’architecture omeyyade, Bagdad est marquée par
l’architecture abbasside, le Caire est caractérisé par
le style architectural des Fatimides et la ville
d’Istanbul est imprégnée de l’architecture ottomane. La
ville d’Al Qods, elle, porte l’empreinte de tous ces
styles architecturaux. Les dirigeants musulmans ont tous
tenu à apporter un plus aux monuments historiques d’Al
Qods, quoiqu’elle n’eût jamais été une capitale
islamique. Son importance, elle la tient du fait qu’elle
a été le lieu du Voyage nocturne et de l’Ascension du
Prophète Sidna Mohammed (Paix et bénédiction sur Lui),
et qu’elle abrite la Mosquée d’Al Aqsa.
Pour les chrétiens,
la ville tire son importance du fait qu’elle abrite
l’église de la Résurrection, fondée par la Sainte Hélène
en 335 de l’ère chrétienne, dans le même endroit où
Jésus Christ a monté au Ciel.
L’ancienne ville
d’Al Qods regroupe plus de deux cents sites islamiques
et soixante sites chrétiens. La Jordanie a joué un rôle
particulier dans la restauration de certains de ces
monuments religieux et historiques, durant le 20e
siècle, et continue d’assumer cette mission au début du
21e siècle.
Ci-après, des
survols de certains sites réhabilités ou restaurés par
les institutions jordaniennes :
Restauration de la
Mosquée Al Aqsa après son incendie :
Les Israéliens ont
préparé l’incendie de la Mosquée Al Aqsa, le 21/8/1968,
et ont confié cette mission au dénommé Denise Michael
Rohan, un juif d’origine australienne. Mais les gardiens
de la mosquée Al Aqsa ont découvert le crime bien avant
son exécution, et Denis Michael Rohan a été écroué.
Suite à un procès formel, il a été extradé vers
l’Australie, avant de revenir, une deuxième fois, à la
charge et de perpétrer son crime abominable, le
21/8/1969. Le simple fait d’avoir été autorisé par les
autorités israéliennes à retourner à Al Qods constitue
une conspiration dans l’exécution du crime.
Il est un fait
connu que les Juifs s’intéressent beaucoup aux dates qui
marquent des anniversaires déterminés de leur histoire.
La date du 21 août renvoie à un fait très important de
l’histoire juive, qui remonte à la destruction du
Temple. Et c’est précisément pourquoi ils ont tenu à ce
que cette date coïncide avec celle de l’incendie de la
Mosquée Al Aqsa.
L’incendie a été
déclaré dans la matinée du 21/8/1969 après que les
fidèles eurent accompli la prière d’Al Fajr dans la
Mosquée Al Aqsa, et que les lieux furent abandonnés. Le
feu a pris dans trois endroits :
Le premier dans la
Mosquée d’Omar, dans la partie sud-est de la Mosquée Al Aqsa, et qui renvoie à la première mosquée édifiée par
Omar Ibn Al Khattab, après avoir reçu les clés d’Al Qods
des mains du Patriarche des Byzantins, Safronius
Dimashk. La mosquée fut détruite par les séismes avant
le règne du Calife Abdelmalek Ibn Marwane, qui édifia à
sa place une nouvelle mosquée dont la construction a été
achevée en 692 de l’ère chrétienne.
Le deuxième dans le
minbar de Salaheddine Al Ayyoubi et le mihrab, dans
l’objectif d’incendier l’emblème de la victoire du chef
Salaheddine Al Ayyoubi, après avoir libéré Al Qods de
l’emprise des Croisés, en 1187.
Le troisième dans
la fenêtre supérieure située dans la partie sud-ouest de
la Mosquée Al Aqsa. Placée à 10 mètres de hauteur, il
est difficile d’y accéder de l’intérieur sans
l’utilisation d’une grande échelle, chose qui n’était
pas à la disposition de Denis Rohan. C’est pourquoi
ladite fenêtre a été brûlée de l’extérieur et non pas de
l’intérieur. Et c’est ce qui indique que d’autres
personnes ont du assister Rohan de l’extérieur, dans la
partie sud placée sous le contrôle des Israéliens, qui
avaient démoli le quartier et la porte Al Maghariba.
Les Israéliens
croyaient que les trois endroits allaient prendre feu et
embraser entièrement la façade sud de la mosquée, et
s’étendre vers le nord pour ravager la mosquée dans sa
totalité. Mais, ils n’étaient pas très chanceux dans la
mesure où le feu qui avait pris à l’extérieur dans la
fenêtre supérieure s’était éteint de lui-même sans
l’intervention de personne, simplement en raison de
l’absence de tout facteur favorisant la propagation du
feu entre la fenêtre et la partie médiane du mur sud de
la mosquée, du fait que les matériaux de la fenêtre et
de la partie du mur sud sont tous en pierres. C’est la
raison pour laquelle le feu n’a pris que dans la façade
sud et la partie Est de la mosquée, avant de se propager
vers le nord, embrasant une surface d’environ 1500
mètres carrés sur une superficie globale de 4400 mètres
carrés, soit près du tiers de la mosquée.
Le même jour de
l’incendie de la mosquée Al Aqsa, les Israéliens de la
municipalité Al Qods ont coupé l’eau sur la Mosquée Al
Aqsa pour priver les citoyens de son usage dans
l’extinction du feu. Les sapeurs pompiers israéliens de
la municipalité d’Al Qods sont arrivés tard, bien après
que les habitants d’Al Qods eurent éteints toutes les
flammes. D’ailleurs, ils n’ont rien fait, sinon se
pavaner devant les caméras pour être filmés par les
agences de la télévision et de la presse mondiale pour
leur faire croire qu’ils ont accompli leur devoir. Des
sapeurs pompiers arabes venus d’Al Khalil (Hébron) et de
Ramallah ont aidé à circonscrire l’incendie.
Les opérations
d’extinction de l’incendie ont été filmées où sont
montrés des jeunes palestiniens portant à la main des
barriques d’eau à partir des puits situés dans les
esplanades de la Mosquée Al Aqsa, tirant les carpettes
en flammes vers les espaces extérieurs ou ramassant les
pièces épargnées de l’incendie qui a embrasé le minbar
de Salaheddine. Ces pièces sont actuellement conservées
dans le musée islamique de la Mosquée Al Aqsa.
Quant au meneur de
la bande qui y a mis le feu, Denis Michael Rohan, il a
été considéré comme "aliéné mental" par les autorités
israéliennes, qui l’ont exilé vers l’Australie, son pays
d’origine, sans encourir de procès ou de sanction
quelconque. Les autres membres de la bande qui ont
assisté Rohan de l’extérieur et l’ont sauvé de
l’incendie comme de la colère des habitants d’Al Qods,
sont restés inconnus échappant, par la même, à toute
forme de sanction.
Cet incendie a été,
donc, un acte prémédité et intentionnel, commis
délibérément par les Israéliens, qui l’ont
officiellement concocté durant deux années consécutives
(1968 et 1969), et dont l’exécution a été l’œuvre de
plus d’une seule personne.
Voici, par
ailleurs, les principales parties incendiées dans
l’édifice de la Mosquée Al Aqsa :
1. Le minbar de
Salaheddine, une pièce précieuse faite de petits
morceaux en bois emboîtés les uns dans les autres sans
clous, sans manillons ou autre matière collante. Il
symbolise la victoire du dirigeant Salaheddine et son
entrée triomphale à Al Qods, et en l’incendiant, les
Israéliens entendaient mettre ce symbole à feu. Ce
minbar a été confectionné par Noureddine Zenki qui
l’avait conservé dans un endroit appelé Al Halouiyeh, à
Alep en Syrie, avant que Salaheddine ne l’amène à Al
Qods, en 1187.
2. La mosquée
d’Omar, dont le plafond était en pisé et en terrassement
en bois. Il symbolise l’anniversaire de la conquête d’Al
Qods et de l’entrée triomphale dans la ville sainte de
Omar Ibn Al Khattab (que Dieu le bénisse).
3. Maqam Al Arbaïne
attenant à la Mosquée d’Omar.
4. Mihrab de
Zaccaria attenant à Maqam Al Arbaïne.
5. Trois des sept
arcades allant du sud au nord, ainsi que les poutres,
les voûtes et les ornements, en plus d’une partie du
plafond qui s’est affaissée à cause de l’incendie.
6. Deux poutres
principales et la grande arcade en bois les reliant sous
la coupole de la Mosquée.
7. La coupole
intérieure en bois, son ornement en plâtre coloré et
doré et toutes ses calligraphies et enluminures en
motifs floraux et géométriques.
8. Le mihrab en
marbre coloré.
9. La moitié du mur
sud et tout son revêtement en marbre coloré.
10. Quarante-huit
fenêtres en bois, en plâtre et en vitres colorées
uniques par leur modèle et le style de la ciselure
inclinée sur le plâtre pour empêcher l’infiltration
directe des rayons du soleil à l’intérieur de la
mosquée.
11. Toute la
carpette persane.
12. Début de la
sourate de "Le voyage nocturne" incrustée sur la
mosaïque dorée au-dessus du mihrab sur 23 mètres de
longueur à l’est.
13. Les
terrassements en bois ornés et portant des luminaires
suspendus entre les bornes des poutres.
Nettoyage des
traces de l’incendie et restauration de la Mosquée Al
Aqsa :
La première action
menée par la commission de restauration de la Mosquée Al
Aqsa et du Dôme du Rocher fut de photographier ce crime
abominable, et de conserver les preuves matérielles de
l’incendie, dont la photographie de la fenêtre ouest
supérieure, calcinée de l’extérieur seulement, pour
prouver que la déclaration du gouvernement israélien
assurant que l’incendie de la Mosquée Al Aqsa par Denis
Michael Rohan était un acte individuel, était en fait
une déclaration mensongère. Parmi ces photos figure une
autre montrant des citoyens d’Al Qods en train
d’éteindre avec leurs mains les flammes, en utilisant
des barriques et autres récipients, en plus d’autres
photographies montrant les débris du minbar enflammé de
Salaheddine, de la coupole intérieure en bois et des
différentes parties de la bâtisse de la Mosquée.
La deuxième action
fut de cureter et de nettoyer complètement les traces de
l’incendie et de mener des recherches historiques,
patrimoniales et architecturales préalables à toute
opération de restauration. C’est pour cette fin que la
commission de restauration a été reconstituée et
renforcée par une équipe technique, qui a entamé son
action au début de 1970 par l’élaboration des plans. Il
a été décidé de mener les opérations de restauration en
passant directement par l’instance de la Commission de
restauration, afin d’assurer la qualité et la finition
des travaux et de préserver l’authenticité des
fondations patrimoniales, historiques et culturelles. La
commission de restauration a veillé à mener son action
en coordination avec l’UNESCO et l’ONG ICCROM basée à
Rome, spécialisée dans la restauration du patrimoine,
ainsi qu’avec d’autres techniciens belges. Elle a
également bénéficié de l’expertise des spécialistes
étrangers qui ont contribué aux études patrimoniales et
techniques, ce qui a valu à la Commission le Prix Agha
Khan pour l’architecture islamique, après l’achèvement
des travaux. Le montant de ce Prix a été déposé dans le
budget de la Commission de restauration.
L’instance
technique de restauration a mené sous l’estrade de la
Mosquée Al Aqsa des fouilles, d’une profondeur de neuf
mètres environ jusqu’à la couche rocheuse. Les
Israéliens ont constaté que ces fouilles n’ont déterré
aucune trace du Temple prétendu, sinon ils auraient
éxercé des pressions sur la Commission de restauration.
La partie incendiée et démolie a été reconstruite en
utilisant le béton armé au niveau des fondations, des
poutres et du plafond. Les fouilles ont permis de mettre
à jour un tunnel menant du centre du rempart sud à
l’intérieur de la Mosquée Al Aqsa. Ce tunnel a été
creusé discrètement par les Israéliens, bien avant
l’incendie de la Mosquée Al Aqsa, à partir de la partie
occupée par l’armée israélienne, dans l’objectif de
rechercher des traces du Temple.
Dans le jargon
juridique, on dit que le voleur laisse toujours une
trace infime le confondant. Dans ce cas d’espèces,
l’indice ne fut autre que des traces de bougies
fraîchement tombées sur la plate-forme du tunnel creusé,
ce qui indique que les Israéliens s’étaient infiltrés à
l’intérieur dudit tunnel peu avant l’incendie de la
Mosquée Al Aqsa. L’excavation a été bouchée par le béton
armé et les opérations de restauration ont été entamées
par :
1. Le modelage des
fondations des nouveaux frontons et des nouvelles
poutres, et la reconstruction en béton armé de
l’ensemble des poutres, des terrassements et des
plafonds.
2. Le modelage d’un
nouveau plancher en béton armé à la place du plancher
endommagé.
3. La
reconstruction des arcades en pierres blanches et rouges
et des murs en pierres supportant le plafond.
4. La
reconstruction de la Mosquée d’Omar, du mihrab de
Zaccaria et du Maqam Al Arbaïn, en reconstituant les
originalités patrimoniales et historiques des édifices
au niveau des façades et des arcades.
5. La
reconstitution des poutres en marbre coloré à la place
de celles endommagées.
6. Fabrication et
reconstitution de quarante-huit fenêtres en bois, en
plâtre et en verre galiléen coloré et ciselure du plâtre
suivant le même style ancien sur un angle de 60 degrés,
pour empêcher l’infiltration directe des rayons à
l’intérieur.
7. La
reconstitution de deux poutres en marbre et d’une grande
arcade en pierre les reliant sous la coupole.
8. Le revêtement
des murs intérieurs en marbre coloré et orné en motifs
architecturaux.
9. La
reconstitution d’une nouvelle mosaïque dorée au-dessus
du mihrab sur une longueur de vingt-trois mètres
reproduisant le début de la sourate "Le voyage
nocturne", après la préparation de plans minutieux
reproduisant les dimensions réelles colorées des versets
sur les bouts de faïence.
10. La réforme et
l’ornement de la coupole intérieure en bois avec
l’assistance de deux experts de l’UNESCO, dans le cadre
d’un contrat conclu avec eux à cet effet. L’ornement en
plâtre, épargné par l’incendie, a été collé au bois de
la coupole à travers l’injection d’une matière adhésive
entre le plâtre et le bois. Du papier doré de 21 carats
a été appliqué sur les ornements en plâtre. Après
l’ornementation du tiers de la coupole avec l’assistance
des deux experts, les deux tiers restants ont été
exécutés par des ouvriers originaires d’Al Qods qui
travaillaient avec ces experts.
11. La mise en
place des rallonges électriques complets et des systèmes
d’alarme, d’extinction des incendies et de paratonnerre.
12. La mise en
place d’une coupole en plomb à la place de l’ancienne
coupole en aluminium, et le revêtement du plafond fait
en câbles et en gros cordages par des plaques de plomb
ottoman ancien, fabriquées localement.
13. La mise en
place d’un plancher en pierre de la Mosquée sur ou au
dessus du plancher en béton armé.
14. La Commission
de restauration a élaboré les plans techniques
d’exécution et d’ornement du minbar de Salaheddine,
après une étude approfondie assistée par ordinateur chez
un bureau de décoration spécialisé. Le minbar, qui sera
fabriqué à Amman, sera transféré à la Mosquée Al Aqsa où
il sera installé dans sa place initiale. La fabrication
du minbar a nécessité un montant de deux millions de
dinars jordanien environ.
Quant au coût du
curetage des traces de l’incendie de la Mosquée Al Aqsa,
de sa restauration et de sa réhabilitation, il a été de
l’ordre de sept millions environ, fournis par la
trésorerie générale du Royaume jordanien, en plus
d’autres contributions étrangères limitées de l’ordre de
sept cents cinquante mille dollars réunis par la
Commission mixte palestino-jordanienne, en plus des
contributions des habitants palestiniens suite à
l’incendie qui ont atteint deux cents mille dollars. La
commission de restauration a été tenue informée de
toutes ces contributions.
Restauration du
Dôme du Rocher
Cette coupole a été
restaurée à plusieurs reprises durant son histoire. Mais
la plus importante opération de réhabilitation fut celle
entreprise à la faveur du don octroyé par Sa Majesté
Hussein Ibn Talal, d’un montant de dix millions de
dinars. La Commission de restauration a été chargée
d’élaborer une série de plans spéciaux portant sur :
1. L’enlèvement des
anciennes plaques en aluminium brisé sous l’effet de la
dilatation et de la contraction en l’absence d’espace
suffisant pour la dilatation des plaques. Il a été
également procédé à la suppression de tous les gros
cordages d’aluminium qui se sont affaissés du plafond
des huit arcades.
2. La
reconstitution d’une coupole extérieure en bois couvrant
les anciennes nervures d’aluminium en utilisant la
technique de l’assemblage à languettes.
3. Reconstitution
de 184 gros cordages en bois dans l’ancien style
omeyyade.
4. La
reconstitution d’une coupole en cuivre de 0,8
millimètres d’épaisseur dorée (24 carats) avec une
épaisseur d’or de deux microns.
5. L’installation
d’un système d’alarme et d’extinction des incendies.
6. La
reconstitution d’un plafond en plaques de plomb de trois
millimètres d’épaisseur pour les huit arcades.
Un avis d’appel
d’offres international a été lancé et a été remporté par
la société britannique MAYFAN, qui a achevé les travaux,
en avril 1994. Une cérémonie a été organisée pour la
circonstance et diffusée par la chaîne CNN, à partir
d’Amman et d’Al Qods, au moment même où Sa Majesté le
roi Hussein prononçait un discours intégral.
Actuellement, en
2004, se poursuit l’entretien des faïences sur les
assises de la voûte extérieure, à travers l’injection
d’une substance adhésive entre les faïences et la
retombée de l’arc. Sur les murs intérieurs, se
poursuivent également les travaux d’entretien des dalles
de marbre, brisées sous l’effet de l’érosion du temps,
dans un style esthétique utilisant les mêmes faïences
brisées.
Sa Majesté le Roi
Hussein a pris en charge les frais de la nouvelle
carpette confectionnée en Turquie et conçue spécialement
pour le Dôme du Rocher.
Reconstitution du
minbar de Salaheddine :
L’ancien minbar
brûlé par le juif d’origine australienne, Denise Michael
Rohan, en date du 21/8/1969, a été réalisé par
Noureddine Zenki à Alep en 564 de l’Hégire (1168 de
l’ère chrétienne), spécialement pour être transféré à la
Mosquée Al Aqsa, après sa libération de l’emprise des
Croisés. Mais, il mourut bien avant, reléguant le minbar
dans un endroit appelé Al Halwiyeh jusqu’à l’avènement
de Salaheddine Al Ayoubi, qui l’a apporté à la Mosquée
Al Aqsa après la libération d’Al Qods, en 583 de
l’hégire (1187 de l’ère chrétienne), sans transporter le
mihrab avec lui.
La Commission de
restauration avait chargé, en 1974, l’artiste défunt
Jamal Badrane de reproduire les esquisses ornementales
du minbar incendié. Il est parvenu à dessiner quarante
esquisses grandeur nature en s’appuyant sur les débris
des morceaux brûlés et les anciennes photographies. En
1998, la Commission de restauration a confié au bureau
d’études jordanien Mihrab la charge de reproduire des
esquisses ornementales et architecturale grandeur nature
du minbar, en s’appuyant sur la technique assistée par
ordinateur et les plans réalisés par le professeur Jamal
Badrane. Le bureau est parvenu à achever avec une grande
précision l’élaboration de ces croquis, dont le nombre
dépasse les trois cents, après avoir découvert que
l’ancienne charpente faisait appel à la symétrie de la
règle d’or (5+1/2), qui équivaut à l’architecture du
minbar. Et c’est la même symétrie utilisée par les
architectes dans l’édification et l’ornementation du
Dôme du Rocher.
Le nouveau minbar
est actuellement en cours de reconstitution à l’institut
des arts, relevant de l’Université Ablbalkae de la ville
de Sulat. Réalisé à hauteur de 75 %, il sera fin prêt,
par la volonté de Dieu, en 2005, et sera installé dans
sa place initiale à la Mosquée Al Aqsa.
L’importance de ce
minbar n’est pas uniquement historique, mais artistique
également. C’est, en fait, un rare objet d’art sans égal
au monde, dans la mesure où ce minbar est fabriqué par
de petits morceaux en bois emboîtés les uns dans les
autres sans utiliser ni clous, ni manillons, ni matières
gluantes. Il porte des gravures ornementales ciselées
sur six niveaux et sur les deux faces des pièces en
bois. Le bois brûlé du minbar est à base de cèdre
enchâssé dans du bois d’ébène foncé. L’ornement du
minbar a été également serti d’ivoire.
Le gouvernement
syrien a fait don du nouveau bois du minbar, tandis que
le Soudan a fait don du bois d’ébène et d’ivoire. Les
artistes artisans, qui s’appliquent à reconstruire le
nouveau minbar, sont originaires de différentes
nationalités islamiques et travaillent sous la
supervision de professeurs spécialisés. Les frais de
reconstitution de ce minbar sont estimés à deux millions
de dinars jordaniens.
La Mosquée Al
Marwani :
La Mosquée (Msalla)
Al Marwani, située dans la partie sud-est de la Mosquée
Al Aqsa au-dessous du niveau de cette dernière, s’étend
sur un arasement d’une superficie d’environ 3850 mètres
carrés.
Cette bâtisse fut,
au départ, un réservoir d’eau souterrain bâti par
l’empereur romain Hadrien, au deuxième siècle de l’ère
chrétienne, avec le rempart en pierre qui entoure
actuellement la Mosquée Al Aqsa. Construite en poutres
et en ogives en pierre, elle ressemble dans son
architecture au réservoir romain Ramla. La preuve
tangible qu’elle fut construite simultanément avec le
rempart est que les murs Sud et Est de ce réservoir sont
les mêmes que celles de la muraille, qui entoure la
Mosquée Al Aqsa. Le réservoir n’est pas un édifice
annexé après la construction du rempart, mais ils furent
bâtis en même temps comme en témoignent la technique de
l’enchâssement des pierres.
Ce réservoir était
dédié à la collecte de l’eau à partir de la zone
environnante par des conduites horizontales en pierres
affluant vers des canaux verticaux arrangés sur les murs
extérieurs de la réserve. Une de ces conduites
verticales est toujours visible à l’intérieur de
l’entrée principale de la Mosquée Al Marwani. Elle se
livre au regard sous une forme semi-circulaire coupée
d’une teinturerie romaine à base de calcaire malaxé de
terre cuite et de grains de sable. La plate-forme du
réservoir est rocailleuse, mais elle a été couverte de
terre sous l’effet des sédiments au fil des ans.
Ce réservoir a été
transformé, sous le règne des Omeyyades, en lieu de
culte appelé la Mosquée Al Marwani. Il persistât ainsi
jusqu’à la période des guerres des Croisades, lorsque
les Croisées en 1099 le convertirent en étable, comme en
témoignent les anneaux des étalons dans certaines
poutres en pierre. Ils y accédaient par la porte isolée
située dans la muraille sud de la Mosquée Al Aqsa, qui
est en même temps le mur sud de la Mosquée Al Marwani.
Après la libération
d’Al Qods par le dirigeant Salaheddine Al Ayoubi en 1187
de l’ère chrétienne, cette porte a été obstruée par des
pierres et la Mosquée Al Marwani devint accessible à
partir de la porte supérieure située dans sa partie
nord, en empruntant un large perron en pierre.
Salaheddine ne se contentât pas de si peu, mais fit
apporter des limons en grandes quantités hors de la
Mosquée Al Aqsa pour couvrir de leur masse les murs sud
et nord de la Mosquée, afin d’empêcher son occupation
par les Croisés lors de leurs campagnes récurrentes.
Les choses se
maintirent ainsi jusqu’à l’occupation israélienne, en
1967, lorsque les autorités israéliennes entamèrent
leurs fouilles archéologiques au sud d’Al Aqsa sous la
direction du professeur Benjamin Mazar, président de
l’Université hébraïque à l’époque, qui était assisté par
M. Dan Béhat. Les Israéliens ont enlevé les limons
appliqués à la muraille sud sur une profondeur de vingt
mètres, mais n’ont pas ouvert la porte condamnée.
Durant la période
de restauration jordanienne, la réflexion a été engagée
sur la possibilité de reconvertir cette bâtisse en un
lieu de prière. Cette réflexion a coïncidé avec l’action
du mouvement islamique en Palestine occupée, en 1948,
sous la présidence du Cheikh Raed Salah pour la
réhabilitation des mosquées. Cette mouvance avait
collecté un demi million de dinars jordaniens, acheté
les dalles en marbre pour les planchers, mobilisé les
employés et les volontaires, et coordonné avec le
Département des Waqfs islamiques à Al Qods et la
Commission de restauration. Avec l’appui des volontaires
originaires d’Al Qods, la Mosquée Al Marwani a été
réhabilitée et rouverte à la prière aux alentours de
1996.
Pour parer au
problème de l’aération naturelle, le Département des
Waqfs d’Al Qods a ouvert la porte nord de la Mosquée,
dont la largeur équivaut à deux arcades des anciennes
voûtes septentrionales, et déblayé une énorme quantité
de limons pour rouvrir la porte. Ce faisant, il est
entré en opposition frontale avec l’objection
israélienne, qui prétendait que les musulmans enlevaient
les monuments juifs pour les transporter à l’extérieur.
Les fonctionnaires des Waqfs islamiques se sont opposés
avec véhémence à cette propagande sioniste mensongère,
démontrant au monde entier que ces limons de terre n’ont
aucun rapport avec le site et ne recèlent aucun
monument. Ce fait a été, d’ailleurs, corroboré par des
archéologues israéliens qui y ont vainement cherché des
traces juives. C’est ainsi que la porte septentrionale
fut rouverte et devint un fait. C’est ainsi que la
Mosquée Al Marwani commença à accueillir les fidèles de
toutes les régions de la Palestine, qui retrouvèrent
dans ses recoins le calme, le climat doux et la quiétude
spirituelle et mentale. Cette réalisation a été
accomplie par la bonne intention, la forte détermination
et la volonté, qui a résisté à l’occupation dans ses
tentatives d’arrêter cette action.
C’est ça la réalité
de la Mosquée Al Marwani, qui n’a rien à voir avec
l’appellation erronée des " étables de Salomon" que les
gens colportent à tort, en se basant sur la version des
Sionistes et des Israéliens.
En 2002, les médias
israéliens ont activement proposé l’information selon
laquelle la Mosquée Al Marwani menaçait ruine, du fait
que son mur sud s’inclinait à l’extérieur d’environ
100/40 centimètres, en raison des poids supportés et de
la défaillance des conduites d’eau des pluies sur sa
toiture. Or, cette allégation est loin d’être véridique,
dans la mesure où la Commission de restauration avait
procédé à la réparation, par les mêmes pierres, des
dépassements constatés dans le mur sud, qui se sont
constitués par l’œuvre du temps, durant des centaines
d’années. D’ailleurs, l’épaisseur du dépassement était
de 35 centimètres et d’une surface de 90 mètres carrés.
La raison en est l’infiltration des eaux de pluie à
travers les crevasses des pierres et leurs sorties
récurrentes qui, charriant au passage certaines matières
adhésives anciennes, laissent des interstices de tailles
différentes dans la texture du mur, dont l’épaisseur est
de l’ordre de 2,40 mètres au niveau des dépassements
constatés et de cinq mètres plus bas. Ces fentes ont été
colmatées par l’application d’une nouvelle matière
adhésive.
En 2004, la presse
sioniste est revenue, une deuxième fois, à la charge
avec pour objet, cette fois-ci, le mur est, prétendant
que ce dernier a bougé à cause du dernier séisme et
qu’il menace de tomber en ruine sous la pesanteur
horizontale qu’il supporte, et le poids des fidèles à
l’intérieur de la Mosquée Al Marwani. Cette fois encore,
la Commission de restauration a démontré, rapports
techniques à l’appui, que le mur est bien stable et
n’encourt aucun risque. Néanmoins, en octobre 2004, la
commission a entamé la mise en place d’un système de
tension de tringles (tension rod system) entre les
poutres et le mur Est de la Mosquée, par précaution de
sécurité contre d’éventuels séismes. Le procédé consiste
à percer des trous dans les trois arcades de la Mosquée
et du mur Est, et y instaurer des banes de 24
millimètres de diamètres et des plaques d’acier
inoxydable de deux centimètres d’épaisseur.
L’objectif réel des
médias sionistes au sujet des murs de la Mosquée Al
Marwani, consiste, au fait, à s’assurer la fermeture
pure et simple de ce lieu de culte et l’intervention
administrative et technique dans les travaux du
département des Waqfs à Al Qods et de la Commission de
restauration. L’autre objectif à long terme consiste à
confisquer la Mosquée Al Marwani en s’y assurant un
accès à travers la porte isolée du sud, actuellement
condamnée. Preuve en est que le département des
monuments israéliens a mis en place une large
plate-forme avec un perron en marbre devant cette porte,
ainsi que sur les vestiges des monuments Omeyyades
qu’ils ont déterrés, en 1968.
Les medersas
historiques :
Il a été procédé à
la restauration de certaines medersas historiques,
situées dans la vielle ville et d’autres dans les
alentours de la Mosquée Al Aqsa. Les opérations de
restauration ont été entreprises à partir des fonds
fournis par le Centre de documentation, d’entretien et
de restauration des monuments d’Al Qods, pour un montant
de 732 mille dollars environ. Parmi ces écoles, il y a
lieu de citer :
1. La medersa
Kilania, sise dans le passage de Bab Assilsila (Porte de
la Chaîne), a été fondée en 753 de l’Hégire (1352 de
l’ère chrétienne). Les travaux de restauration, qui y
ont été entamés durant les années 1984 et 1985, ont
porté sur l’entretien de la façade principale, la
substitution des pierres délabrées, la reconstitution de
fenêtres et de grilles en acier, la réparation des
chapiteaux à l’entrée de la porte principale,
l’entretien des voûtes et la mise en place de
racordements sanitaires et électriques.
2. La medersa
Mizhariya, située près de Bab Al Hadid (la Porte de
fer), une des portes de la Mosquée Al Aqsa dans la
partie ouest. Elle a été fondée en 885 de l’Hégire (1481
de l’ère chrétienne). Les travaux de restauration ont
concerné la réparation de la façade principale, la
substitution des pierres délabrées, la réparation des
chapiteaux, l’entretien du hall sud et du mihrab de la
medersa, l’entretien de l’étage supérieur et la mise en
place de raccordements sanitaires et d’électricité.
3. La medersa
Louelouiya, située sur le passage Al Karami, a été
édifiée en 781 de l’Hégire (1380 de l’ère chrétienne).
Les travaux de restauration ont porté sur l’entretien de
la façade principale, la substitution des pierres
délabrées, l’entretien et le pavage des salles, la
reconstitution des balustrades en acier et la mise en
place de raccordements sanitaires et électriques.
4. La medersa
Jalkia, située dans la partie septentrionale de la Porte
de la Chaîne, a été fondée en 707 de l’Hégire (1308 de
l’ère chrétienne). Les travaux d’entretien ont concerné
l’entretien des salles, la substitution des pierres
délabrées, l’entretien de la toiture et la
réhabilitation de la coupole.
5. La medersa
Toshtumariah, située dans la partie sud de la porte de
la Chaîne, a été fondée en 784 de l’Hégire (1384 de
l’ère chrétienne). Les travaux de restauration y ont
porté sur l’entretien de la façade principale, la
réparation des chapiteaux et l’entretien des salles et
des halls de l’école.
6. La medersa
Achrafiya, située dans la partie ouest dans l’enceinte
de la Mosquée Al Aqsa, près du passage de la Porte de la
Chaîne, elle a été fondée en 887 de l’Hégire (1483 de
l’ère chrétienne). Les travaux de restauration y ont
porté sur l’entretien de la façade principale et des
arasements colorés de la façade, la réparation du perron
principal en pierre menant à l’étage supérieur et des
chapiteaux. En 2004, la Fondation de la coopération a
entrepris la restauration des parties intérieures de la
medersa pour les convertir, avec le siège de la
bibliothèque Al Aqsa situé au sous-sol, en Centre de
restauration des manuscrits. Il est prévu que l’UNESCO
se charge de doter ce Centre d’appareils et
d’équipements nécessaires.
7. La medersa Al
Ghadiriya, située dans la partie nord des esplanades de
la Mosquée Al Aqsa, a été fondée en 836 de l’Hégire
(1436 de l’ère chrétienne). Les travaux de restauration
y ont porté sur la réparation de la partie Est de la
façade principale de l’école et l’entretien des salles
et de la toiture.
8. La medersa Al
Jawharya, située hors de Bab Al Hadid, a été fondée en
844 de l’Hégire (1440 de l’ère chrétienne). Les travaux
de restauration y ont concerné la substitution des
pierres délabrées dans la façade principale et
l’entretien des salles.
Il est à signaler
que le nombre des medersas historiques dans la vieille
ville d’Al Qods atteignait cinquante cinq écoles, qui
menaient toutes leurs missions pédagogiques. Mais
aujourd’hui, toutes ces écoles sont habitées par des
ménages pauvres. Et pour préserver la présence
palestinienne dans la ville ancienne, les opérations de
restauration de ces bâtisses sont accomplies sans en
faire sortir les habitants.
Réhabilitation de
la Coupole de la Chaîne :
Cette coupole est
située à l’est du Dôme du Rocher et lui est attenante.
Elle revêt une importance historique et non pas
religieuse. De forme hexagonale ouverte, sa voûte est
revêtue en plomb et ses parties intérieures et
extérieures sont couvertes de faïences.
Cette coupole a été
restaurée plusieurs fois par le passé, la dernière
opération de réhabilitation remontant au seizième
siècle, pour rester sans restauration durant une période
de quatre cents ans. En 1980, la Commission de
restauration de la Mosquée Al Aqsa et du Dôme du Rocher
a jugé que la situation de la Coupole de la Chaîne était
en dégradation avancée. Elle a ainsi procédé à
l’arpentage et au cadastre de la bâtisse avant de
renforcer les colonnes vacillantes. Les faïences
colorées, qui étaient sur le point de tomber, ont été
relevées, nettoyées et appliquées à nouveau dans leurs
places initiales. Celles inexistantes ou abîmées ont été
remplacées par de nouvelles faïences similaires. Les
anciennes plaques de plomb délabrées de la coupole ont
été enlevées et remplacées par de nouvelles plaques
similaires fabriquées sur le site, à travers la fonte
des anciennes plaques du Dôme du Rocher et de la coupole
de la Chaîne. Après leur nettoyage, ces plaques ont été
coulées dans des moules et tirés en plaques de trois
millimètres d’épaisseur dans une matrice fabriquée
localement spécialement à cette fin. La même méthode a
été utilisée avec la coupole de la Mosquée Al Aqsa.
Réhabilitation de
la Coupole Nahouiya :
L’édifice de la
Coupole Nahouiya est situé dans la partie sud-ouest de
la bâtisse du Dôme du Rocher. Il a été érigé par le
vénérable roi Issa en 604 de l’Hégire (1207 de l’ère
chrétienne), spécialement pour l’apprentissage de la
langue arabe et de ses sciences, avec un intérêt marqué
pour la science de la grammaire. D’où le nom
d’Annahouiya (grammairienne). On y enseignait le livre
de Sibawayh, le livre de "Al Idah" de son auteur Abou
Ali Al Farissi ou encore le livre de "Islah Al Mantiq"
de son auteur Abou Sakit. L’école pouvait accueillir
jusqu’à vingt-cinq étudiants. En 608 de l’hégire, le
vénérable roi Issa y ajoutât une Coupole, d’où
l’appellation de la coupole Nahouiya. Durant le
vingtième siècle, elle a été transformée en bibliothèque
pour le Conseil légal islamique supérieur et fait
actuellement office de siège du président de l’instance
islamique suprême, afin d’être proche de la Mosquée Al
Aqsa et du Dôme du Rocher, sous le joug de l’occupation
israélienne.
Composée de deux
chambres et d’une salle, la bâtisse a été réhabilitée
auparavant par la Commission de restauration, qui a
ouvert les fenêtres condamnées de l’édifice et enlevé la
teinture récente pour faire apparaître les lancettes
intérieures et la décoration magnifique en pierre. Les
travaux de restauration ont été achevés, en 2003.
Restauration du
Musée islamique :
Le Musée islamique,
situé dans la partie sud-ouest de la Mosquée Al Aqsa,
est composé d’une ancienne bâtisse renfermant les
différentes collections islamiques qui rendent l’écho de
l’histoire de quatorze siècles de l’Hégire. Il a été
restauré en utilisant le savoir-faire et les moyens
locaux disponibles en composant, autant que faire se
peut, avec les conditions difficiles de l’occupation.
L’édifice du Musée
islamique a besoin d’efforts efficients et concentrés
pour son développement et son équipement selon les
normes mondiales les plus modernes. Et ceci implique la
participation d’experts internationaux spécialisés dans
la restauration et l’organisation des musées, et
l’élaboration de plans d’exécution à cette fin pour
faire valoir la richesse singulière des pièces qu’il
recèle devant les visiteurs. Tout retard dans
l’exécution de cette œuvre magistrale serait une
atteinte à l’état des pièces que renferme ce musée et
qui, faute d’être conservées selon les techniques
modernes en la matière, sont menacées d’usure et de
dégradation. La situation ne saurait pas, non plus, être
ajournée en attendant l’amélioration de la conjoncture
politique à Al Qods, compte tenu des plans israéliens
qui s’acheminent rapidement vers la judaïsation de la
ville sainte. Toute attente supplémentaire équivaudrait,
peut-être, à exposer les précieuses collections
islamiques à davantage d’altération et de décrépitude.
Peut-être aussi ne trouverons-nous rien dans l’avenir
qui mérite d’être exposé en l’absence d’un relevé et
d’une opération d’archivage organisée de ces
collections, sachant toutefois que de précieux objets
d’art sont abandonnés hors du Musée, dont des pièces du
minbar incendié de Salaheddine.
Restauration du
Souk Kattanine :
Composé de deux
rangées parallèles de soixante échoppes, ce souk est
couvert d’une toiture sertie de magnifiques voussures
intercalées d'une série d’orifices pour l’infiltration
de la lumière. Le marché dispose de deux portes ; la
première est située au milieu du mur ouest de la Mosquée
Al Aqsa, et la seconde donne sur le passage du cours
attenant à la Mosquée Al Aqsa. Ce marché est dans sa
globalité orthogonal au mur ouest de la Mosquée Al Aqsa.
Restauré, en 1973, par la Commission de restauration, en
collaboration avec le Département des waqfs d’Al Qods,
il a restitué la forme qu’il eut à sa fondation par le
prince Sayfeddine Tunkoz Nassiri, en 737 de l’Hégire
(1336 de l’ère chrétienne), de telle sorte que les
portes des boutiques qui, s’ouvrant de haut en bas,
servent en même temps d’estrade pour l’étalage des
marchandises. Ce souk propose aux acheteurs de précieux
objets d’art de style oriental et des confiseries, après
avoir servi jadis de marché pour la vente des étoffes de
coton.
Les travaux de
restauration ont porté sur la suppression de la teinture
sur les murs et les voûtes en pierre, le nettoyage et le
noircissement des pierres, l’entretien des réverbères
supérieurs, le pavage des planchers et la fabrication de
portes en bois. Sur les deux côtés du marché, se
trouvent deux bains (hammam Al Aïn et hammam Chifa) que
la Fondation de la coopération s’applique à restaurer.
Libération d’Al
Qods par la foi et l’action :
Si l’est une
évidence que la vie des hommes se mesure à l’aune des
années et tombe dans l’oubli avec leur mort, il en va de
même pour la vie des nations et des pays, qui demeurent
vivants aussi longtemps que subsistent leurs
civilisations et disparaissent avec l’anéantissement de
leur architecture. L’Histoire témoigne que des pays ont
du régner pendant un laps de temps avec gloire et
grandeur, mais se sont subitement éclipsés dans les
méandres de l’oubli, incapables de donner à l’humanité
ce qu’ils étaient en mesure de fournir à l’apogée de
leur règne.
Quant à Al Qods et
à ses monuments historiques et religieux, Dieu a décidé
de leur immortalité et de leur pérennité, en dépit de
l’ampleur des agressions, des adversités, des incendies
et des destructions, et en dépit de la lutte menée par
sa population contre les épreuves et les calamités. En
effet, rien d’étonnant à cela, dans la mesure où Al Qods
a été lié par un jumelage coranique avec la Sainte
Mecque, ou plutôt par un lien éternel entre la Mosquée
Al Haram et la Mosquée Al Aqsa, conformément à la parole
divine :
"Gloire et Pureté à
Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur de la
Mosquée Al Haram à la Mosquée Al Aqsa dont Nous avons
béni l’alentour, afin de lui faire voir certaines de Nos
merveilles. C’est Lui, vraiment, qui est l’Audient, le
Clairvoyant".
En effet, tout au
long de l’histoire, musulmans et chrétiens vécurent à Al
Qods comme un peuple palestinien uni, dont la vie n’a
été tourmentée que par l’invasion des Croisés et par
l’occupation coloniale sioniste, qui œuvre à judaïser
l’homme et la terre avec tous les procédés arbitraires
et criminels.
L’histoire retient
aussi qu’Al Qods ne reconnaît de constance qu’à ses
habitants. Combien d’empires ont-ils tenté de la placer
sous leur mainmise? Mais, à chaque fois, ses habitants
commencent aussitôt par reconstituer leur union d’abord
pour reprendre Al Qods et lui restituer son cachet
arabe. Dès le début de la conquête islamique, le peuple
palestinien a contribué à l’édification de la
civilisation musulmane qui s’est vite répandue,
garantissant par la même la vie et l’épanoui