Le rôle des juristes arabes dans la protection
des sanctuaires en Palestine
Pr Chawki Tabib(*)
Il m’est agréable de vous exprimer, d’emblée, ma fierté
d’être de nouveau parmi les nôtres sur la noble terre de
Jordanie, et de dire mes remerciements aux initiateurs
de cette rencontre pour l’accueil chaleureux et la bonne
organisation.
Aussi permettez moi de m’incliner avec déférence et
recueillement à la mémoire des martyrs de notre peuple
en Palestine spoliée et en Irak éploré, et implorer le
Tout-Puissant d’entourer de Son immense miséricorde
leurs âmes, ainsi que celle du défunt dirigeant, le
président Yasser Arafat, qui vient de nous quitter, il y
a quelque jours. Je salue également la résistance
héroïque en Palestine et en Irak, en glorifiant
hautement sa ténacité légendaire et honorable devant les
machines de guerre américaine et israélienne qui, par
leurs crimes, ont transgressé toutes les limites et
toutes les formes. Cette résistance qui se déroule
devant les regards d’une opinion publique
internationale, malheureusement indifférente et
obnubilée par le flux constant des informations
quotidiennes faisant état de la mort de victimes et de
martyrs. Quant à la situation de nos sanctuaires arabes
islamiques et chrétiens dans les territoires occupés, et
aux actes de vandalisme et de violation systématiques
qu’ils subissent de la part des autorités israéliennes,
on n’en entend presque jamais parler.
C’est en partant de cette réalité amère que transparaît
clairement la pertinence de l’organisation de cette
Conférence sur la protection des sanctuaires en
Palestine, qui constitue un jalon essentiel sur la voie
de notre soutien en tant qu’Arabes, gouvernements et
société civile, à notre cause centrale : la Palestine.
Il est devenu peut-être un truisme que d’affirmer que le
conflit arabo-israélien est une bataille
civilisationnelle de longue haleine menée sur plusieurs
fronts, dont le front militaire et politique, ainsi que
le niveau juridique et médiatique. Si nous avons perdu
de nombreux rounds sur le plan militaire et politique,
il n’en demeure pas moins que, sur les plans médiatique
et juridique, nous sommes en passe de remporter
d’importantes victoires en raison des changements
positifs qui s’opèrent au niveau de la vision que porte
l’opinion publique internationale, en général, et
occidentale, en particulier, sur la question
palestinienne, grâce aux efforts déployés par les
organisations des sociétés arabes et occidentales. A la
faveur de ce dynamisme, nous constatons la mobilisation
de milliers d’adeptes de la paix et du droit, de par le
monde, qui appellent à l’impératif de mettre à nu les
crimes sionistes et à la nécessité de protéger le peuple
palestinien contre leurs auteurs. Aussi, les places des
grandes villes et capitales occidentales ont-elles été
prises d’assaut par des foules imposantes de
manifestants, dont les nombres dépassent toutes les
prévisions. Au fait, ceci n’aurait pu se produire, n’eût
été le rôle distingué que jouent ces organisations avec
l’appui des mass-médias dans une période où l’image fait
office d’arme fatale.
Sur un second plan, l’élargissement du domaine
d’intervention du droit pénal international, à la faveur
des importantes modifications apportées par certains
pays à leurs législations nationales leur permettant
d’intenter des procès aux criminels de guerre, quels
quelle soit leur nationalité, la date de leurs crimes ou
la qualité de leurs immunités, a largement ouvert la
porte devant nous, en tant qu’Arabes, pour engager des
poursuites judiciaires contre les criminels de guerre
sionistes. Ceux-là même qui ont perpétré contre les
Palestiniens, en particulier, et dans d’autres pays
arabes, depuis 1948, les crimes les plus abominables,
qui vont du génocide, à la déportation, en passant par
la torture et la destruction des établissements civils
et des sanctuaires religieux et autres.
Puis, avec la décision de la création du Tribunal pénal
international (TPI), en vertu de la convention de Rome
de 1989, instituant des tribunaux pénaux internationaux
pour la poursuite des criminels de guerre au Rwanda, au
Burundi et en Yougoslavie, il est désormais clair et, de
façon définitive pour les criminels, que l’ère de
l’impunité est révolue.
C’est ainsi que des avocats de Belgique, de
Grande-Bretagne et de nombreux pays arabes ont déposé
des plaintes contre un groupe de criminels de guerre
sionistes avec, à leur tête, le boucher de Sabra et
Shatila, Sharon, et son ministre de la guerre, Mofaz. Le
résultat en est que le premier s’est abstenu d’entrer en
Belgique et le second a été contraint de quitter
subrepticement la Grande-Bretagne.
Sans entrer dans les détails de ces dossiers sur les
plans juridiques ou pratiques et, au-delà de leurs
portées et de leurs conséquences, il est à souligner que
ce furent là des victoires importantes à mettre à
l’actif de la justesse de notre cause aux niveaux
juridique et médiatique, qu’il nous incombe de bien
exploiter sur le front politique, de soutenir et de
consacrer.
Et c’est aussi là que réside l’autre mérite de
l’organisation de cette Conférence en ce qu’il constitue
une opportunité de rencontre et de prise de contact
entre des représentants de parties gouvernementales et
des responsables d’organisations juridiques et
humanitaires arabes, qui oeuvrent de concert pour le
soutien de la résistance de notre peuple en Palestine.
En ce sens, la Conférence offre un espace de
coordination entre toutes les parties et un cadre de
synergie pour toutes les initiatives concernées par la
protection de nos sanctuaires islamiques et chrétiens
dans les territoires occupés.
C’est à l’aune de toutes ces données et de la nouvelle
conjoncture, que prend tout son poids la responsabilité
des juristes arabes, et que se mesure le rôle qu’ils
doivent assumer pour contribuer, de par leur position
privilégiée, aux efforts visant la protection des
sanctuaires arabes en Palestine.
Pour démontrer l’importance du rôle qu’ils peuvent jouer
de par leur statut sur la scène internationale, citons :
- Leur affiliation en tant que groupes à de nombreuses
fédérations et organisations de juristes (avocats,
magistrats, etc.,) ;
- Leur affiliation en tant qu’individus ou en tant
qu’organismes à plusieurs organisations nationales,
internationales et régionales pour la défense des droits
humains ;
- L’ascendant dont ils disposent en tant
qu’organisations ou en tant qu’individus et leur
influence sur l’opinion publique et les mass-médias
nationaux, régionaux et internationaux.
S’agissant de la thématique de notre congrès
précisément, leur position est doublement importante du
fait que les organisations auxquelles ils sont affiliés
regroupent en majorité des membres qui sont des adeptes
des religions chrétienne et musulmane, forts intéressés
par le devenir des sanctuaires chrétiens et islamiques
en Palestine.
Sollicité par les organisateurs de préparer une
communication sur notre apport, en tant que juristes
arabes, aux efforts visant la protection de nos
sanctuaires en Palestine, la nature du thème impose un
plan d’exposé qui se déclinera sur deux volets.
Le premier expose une série de questions techniques,
portant essentiellement sur la définition du cadre
juridique des territoires palestiniens et des
sanctuaires qu’ils recèlent, vus sous le prisme du droit
international, qui constitue la référence juridique la
plus importante dans notre discours et notre stratégie
nous permettant, en tant que juristes, de dévoiler les
pratiques israéliennes et d’en protéger nos sanctuaires.
Le second abordera, en détails, une série de
propositions pratiques et de recommandations que
j’exposerai devant notre congrès pour l’analyse et le
débat.
Premier volet : statut juridique des territoires
palestiniens et de leurs sanctuaires
Apparemment, les organisateurs de cette Conférence ont
pris note de l’importance de l’aspect juridique dans
l’approche de cette thématique et lui ont consacré un
volet spécial que mes collègues Taj eddine Al Houssaini
et Izzat Jaradat se sont chargés de disséquer dans leurs
exposés.
Je n’aborderai, donc, pas les détails de ce volet
puisqu’ils l’ont fait, et je me contenterai seulement de
rappeler que les territoires palestiniens occupés, suite
à la guerre de 1967, sont considérés, dans l’optique du
droit international, comme étant des territoires placés
sous l’occupation tels que décrits dans les décisions du
Conseil de Sécurité et les résolutions de l’Assemblée
générale des Nations unies y afférentes. Ceci d’une
part, et d’autre part, la situation de tension
permanente que connaissent ces régions à cause de la
politique de la machine de guerre israélienne et des
opérations de la résistance en font des zones de
conflits armés ou des zones en temps de guerre. A ce
titre, elles sont soumises à la convention de Genève de
1949 et de ses annexes, qui définissent les rapports
avec les peuples et les territoires placés sous
occupation étrangère.
Quant aux sanctuaires islamiques et chrétiens, il est
d’une importance capitale de souligner qu’ils revêtent
un caractère juridique, et sont conventionnellement
désignés sous l’appellation de monuments ou de lieux de
culte. Ils sont également entourés d’une considération
et d’une grande protection juridique garantie par les
conventions de Genève et les conventions de La Haye de
1906.
A ce propos, j’aimerai particulièrement souligner qu’il
importe pour nous d'harmoniser le discours juridique que
nous adoptons dans nos démarches, et de le fonder sur
des références claires et précises, afin de lui épargner
la confusion et le rendre difficile à réfuter.
Pour ce faire, notre discours et nos références
devraient se baser sur :
- Les règles de la Charte des Nations unies,
- Les principes du droit international politique, pénal
et humanitaire,
- Les résolutions internationales y afférentes,
- Les principes de la Déclaration universelle des droits
de l’Homme,
- Les valeurs religieuses et morales et l’esprit des
civilisations et des cultures.
Ceci devrait aller de pair avec l’impératif de mettre
l’accent sur les crimes perpétrés à l’encontre de nos
sanctuaires, à travers une qualification juridique qui,
basée sur une terminologie claire et utilisée par
l’ensemble des juristes du monde, s’inspire du droit
international ; à savoir :
- Les crimes sionistes et israéliens commis à l’encontre
des sanctuaires en Palestine,
- Pillage et trafic des monuments,
- Destruction et vandalisme des monuments,
- Falsification et contrefaçon des pièces historiques,
- Les crimes des forces de l’occupation à l’encontre des
monuments en Palestine (non-protection, destruction des
sites historiques et trafic illicite).
Deuxième volet : propositions et recommandations
* La première qui, à mon sens, vient en tête des
priorités, consiste à mettre en place un cadre juridique
regroupant les responsables des organisations juridiques
arabes, des personnalités à l’expertise juridique
avérée, des acteurs de la société civile et des
responsables chargés de la protection des sanctuaires en
Palestine, afin de concourir ensemble à l’élaboration
d’un plan d’action sur le front juridique.
* La nécessité d’agir dans le sens d’amener les
organisations juridiques internationales à condamner la
décision des autorités sionistes, relative à l’annexion
d’Al Qods en la considérant comme capitale d’Israël.
* L’appel de la communauté internationale à contraindre
Israël à mettre en œuvre les résolutions du Conseil de
Sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies,
qui stipulent l’évacuation des forces israélienne d’Al
Qods et considèrent toutes les décisions sionistes à son
propos nulles et non avenues conformément à la
convention de Genève.
* La poursuite des efforts entamés, en mars 2003, par
l’ISESCO et l’Organisation arabe des jeunes avocats
visant la création d’un observatoire international pour
la documentation des crimes sionistes et israéliens.
Cette instance serait appelée, entre autres, à assurer
le suivi des crimes de guerre israéliens et
l’observation des développements, qui se produisent dans
les territoires occupés, à cause des agressions
israéliennes, à accomplir les travaux de documentation
complete et précise des crimes sionistes israéliens
perpétrés contre le peuple palestinien et ses
sanctuaires, à organiser au profit des spécialistes des
domaines juridique et médiatique des stages et des
sessions de formation sur les techniques de
documentation de ces crimes et à assurer, à cet effet,
la coordination avec les organisations, les institutions
et les associations juridiques internationales et
régionales concernées. Rappelons que ce projet ambitieux
a été approuvé et soutenu par la réunion des ministres
de la Culture et de l’Information des pays arabes et
islamiques.
* Constitution d’une Commission de recherche conjointe
regroupant les juristes et les spécialistes arabes du
patrimoine chargée d’entreprendre l’étude et la
documentation de la ville d’Al Qods, d’assurer le suivi
de toutes les nouveautés publiées à son propos dans le
monde arabe, ou ailleurs, et de répondre en les réfutant
aux allégations et aux mensonges.
* L’appel de la Ligue des Etats arabes et de
l’Organisation de la Conférence islamique exhortant
l’UNESCO à mettre en œuvre sa résolution adoptée, en
1982, sur l’inscription d’Al Qods dans la liste du
patrimoine mondial en péril. Cette résolution a été
adoptée sur une demande du gouvernement de la Jordanie
et avec le soutien du Conseil de Sécurité.
* L’organisation de stages et de sessions de formation
spécialisées. Ces sessions constituent une réponse
objective au besoin pressant d’outiller les avocats, les
hommes des médias et les juristes arabes et
palestiniens, en particulier, d’un savoir-faire leur
permettant de pister et de documenter les crimes de
guerre perpétrées par les forces de l’occupation
israélienne à l’encontre des civils et des sanctuaires.
L’objectif étant de créer un réseau organisé chargé de
la collecte et du répertoire des infractions
israéliennes passibles de poursuites pénales, en tenant
compte des normes juridiques internationales en la
matière.
L’objectif général de l’organisation de ces sessions
consiste à doter les avocats et les hommes des médias de
techniques leur permettant de suivi, de documenter et de
classer les transgressions israéliennes des sanctuaires.
La réalisation de cet objectif général est possible à
travers la mise en œuvre d’une série de sous-objectifs,
qui consistent en :
- L’explication générale du droit humanitaire
international (crimes de guerre, crime contre l’humanité
et crimes de génocide),
- La définition du Tribunal pénal international
(création, compétences et mécanismes de travail),
- L’étude des cas des crimes de guerre à l’encontre des
sanctuaires en Palestine (menaces contre la Mosquée Al
Aqsa et dangers du mur de séparation),
- Le renforcement des compétences en matière
d’observation et de documentation des violations du
droit international humanitaire,
- La formation aux techniques de collecte des preuves et
d’interviews des victimes et des témoins des violations.
Les crimes devant faire l’objet d’études lors de ces
sessions de formation concerneraient :
- Le pilonnage des quartiers d’habitations et la
destruction des biens publics et privés,
- Les opérations de rasage, de destruction et de
démolition des terrains, des habitations et des biens,
- La colonisation et les pratiques des colons.
A ceci, s’ajoute l’impératif de constituer une base de
données détaillées sur tous les monuments et les
sanctuaires existant en Palestine, ainsi que ceux ayant
fait l’objet de pillage par le passé, afin de faciliter
les opérations de leur restitution et d’éviter leur
trafic.
Il importe aussi d’envoyer en Palestine des missions
conjointes composées de juristes et de spécialistes du
patrimoine, arabes et étrangers, pour effectuer des
visites sur les sites des monuments historiques et des
sanctuaires afin de mieux les appréhender et d’élaborer
des rapports sur la situation actuelle de chaque site.
* Lancement d’une campagne de sensibilisation et de
communication arabe et internationale destinée à montrer
la gravité du mur de la ségrégation raciale que les
autorités de l’occupation sioniste continuent d’ériger
sur les monuments palestiniens, dont le nombre avoisine
618 sites civilisationnels.
* Nécessité de coordonner les efforts et de souligner la
mise en œuvre des conventions de La Haye et de Genève
relatives à la protection des propriétés patrimoniales,
en cas de conflit armé, afin de prendre les mesures
juridiques permettant leur sauvegarde.
* L’action dans le sens de la coordination des positions
arabes au sein des organisations internationales, en
particulier de l’UNESCO afin d’amener celle-ci à mettre
en œuvre ses conventions de 1972, stipulant notamment le
droit des Etats à la restitution de leurs monuments
pillés.
* La mise en œuvre de toutes les recommandations
adoptées par l’Union générale des antiquaires arabes
relatives aux monuments historiques arabes dans les
territoires occupés en Palestine.
* L’examen de la possibilité de saisir le Tribunal pénal
international pour la protection des sanctuaires en
Palestine.
Il est à rappeler que le statut du Tribunal pénal
international a été adopté, lors du congrès diplomatique
de Rome (Italie), en juillet 1998, avec l’approbation de
la majorité des voix : 120 pour, 7 contre et 21
abstentions.
* Possibilité d’engager un interrogatoire judiciaire
A mon sens, elle est théoriquement possible et à la
portée, dans le cadre du Tribunal pénal international,
qui est entré en vigueur, en juillet 2002, une fois le
quorum de pays ayant ratifié la convention de Rome de
1989, instituant le Tribunal pénal international (60
Etats).
* Néanmoins, il convient de clarifier, ici, ce qui suit
:
- En terme de procédure, il est difficile de soumettre
les crimes israéliens antérieurs à juillet 2002 au
Tribunal pénal international qui, en vertu de l’article
11 de son statut, se déclare incompétent à se prononcer
sur des crimes commis avant l’entrée en vigueur de son
statut.
- Israël n’a pas promulgué la loi instituant ce Tribunal
et se considère, à ce titre, comme étant un Etat non
obligé de respecter les décisions du Tribunal ou
d’engager des poursuites devant cette juridiction.
Toutefois la non promulgation par Israël n’implique pas
que ses citoyens ne soient pas poursuivis et soumis à la
juridiction du Tribunal pénal international pour des
crimes graves, qui leur seraient reprochés. En revanche,
les parties sont appelées à répondre à toutes exigences
du Tribunal ayant trait à la garantie des facilités et
des prestations judiciaires et à la mise en œuvre des
procédures devant assurer l’exercice effectif des
compétences du Tribunal.
Dès lors, il est possible de poursuivre des responsables
ou des citoyens israéliens devant cette juridiction,
conformément aux dispositions de l’article 25 du statut
du Tribunal pénal international, qui met l’accent sur la
question de la compétence ratione personnae, et souligne
que la poursuite de toute personne se fait sur la base
de l’individualisation de l’acte et de la responsabilité
individuelle.
- Il convient aussi de signaler que le principe des
immunités relatives aux fonctions officielles des
responsables israéliens n’engagent nullement ce
Tribunal, conformément aux règlements régissant son
organisation, notamment l’article 27, qui stipule que
l’immunité, ainsi que toutes les dispositions juridiques
relatives à la fonction officielle du prévenu en vertu
du droit interne ou international, ne sauraient empêcher
le Tribunal d’exercer ses compétences.
- S’agissant de la procédure pour engager une poursuite
judiciaire devant cette instance, cette mission pourrait
être théoriquement entamée par le procureur général près
le Tribunal pénal international sur la base d’une
plainte, qui lui serait déposée par un Etat membre de la
Convention, comme la Jordanie par exemple, (conformément
à l’article 14), une organisation non gouvernementale
internationale ou même par des organisations régionales
arabes ou palestiniennes oeuvrant dans le domaine des
droits humains (alinéa 2 de l’article 14). Cette
hypothèse relève pour le moment plutôt du domaine
théorique, en raison de la réalité politique en place et
du déséquilibre des rapports de force, mais le simple
fait de l’évoquer démontre l’importance qu’il convient
d’accorder à cette question, en attendant des lendemains
meilleurs.
(*) Avocat/membre du Conseil de l’Ordre national des
avocats de Tunisie et président honoraire de
l’Organisation arabe des jeunes avocats