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Quatrième axe :

Les mécanismes de réactivation

des lois locales et des conventions

internationales pour assurer

la protection des sanctuaires

islamiques et chrétiens en Palestine

 

Cinquième séance de travail

Président de la séance : Son Excellence

Dr Izzat Jaradat

Le Secrétaire général de la Conférence générale islamique de Bayt Al Maqdis

 

Intervenants :

1. Pr Ziyad Al-Khasawneh

2. Dr Mohamed Taj Eddine Al Houssaini

3. Pr Chawki Tabib

 

 

Le rôle des avocats arabes dans l’application

des textes juridiques garantissant

la protection des sanctuaires islamiques

et chrétiens en Palestine

Pr Ziyad Al-Khasawneh(*)

 

 

Excellences et Honorable assistance,

Assalamou Alaïkom warahmatou Allah.

La décision du syndicat des avocats en Jordanie de maintenir un bureau à Al Qods ne fut point une action séparée de l’objectif central, qui consiste en la protection de la ville sainte. Le syndicat a pris cette décision avec, dans son esprit, une vision prospective d’anticipation sur les plans sionistes visant la judaïsation de la ville.

Si les interventions postérieures ont visé essentiellement l’affirmation du caractère légal de l’existence du bureau, le syndicat lui-même a appuyé sa décision par un autre acte, en vertu de laquelle il s’interdit tout rapport avec les tribunaux de l’entité sioniste et fournit, en parallèle, un soutien financier et logistique supplémentaire aux avocats.

Dans les faits, les avocats de la Cisjordanie et de la ville d’Al Qods, en particulier, jouissent de tous leurs droits dans le syndicat-mère en Jordanie. Et c’est cette mesure qui a précisément consacré les échanges et le contact, et conféré aux avocats d’Al Qods un statut exceptionnel dans la lutte contre les plans et les desseins de la judaïsation.

Au niveau de l’Union des avocats arabes, aucun communiqué n’a omis, depuis l’occupation de la Palestine et de sa capitale Al Qods, de souligner l’identité arabe de la ville sainte.

Honorable assistance,

Les syndicats professionnels en Jordanie maintiennent leurs sièges dans la ville d’Al Qods. Et depuis sa création, il y a plus de cinquante ans, le syndicat des avocats jordaniens s’est doté de deux sections, l’une à Amman, l’autre à Al Qods.

Malgré la décision de "la rupture des liens administratifs et légaux" en 1987, le syndicat des avocats, représenté par la totalité de ses membres, a considéré et considère toujours la décision comme anti-constitutionnelle. Et c’est ce qui a permis à cette organisation d’être en contact permanent avec son bureau dans la ville sainte.

En tant que membre fondateur de l’Union des avocats arabes, le syndicat des avocats jordaniens a historiquement veillé à mettre en relief la place, à la fois intégrale et complémentaire, de la préservation de la cause palestinienne et de sa clé de voûte Al Qods, d’une part, et de la sauvegarde des sanctuaires chrétiens, de l’autre.

A ce propos, et vu la place singulière de la ville d’Al Qods occupée, légions sont les résolutions et décisions de l’Union des avocats arabes qui ont souligné le statut de la ville sainte et son cachet arabe. Nombreuses également sont les colloques spécialisés, organisés en marge des congrès de l’Union et de ses secrétariats permanents réunis régulièrement, deux fois par an, dans les différentes capitales arabes, qui ont examiné les menaces et périls auxquels la ville sainte est soumise. Reste que dans les faits, le droit international n’a pas clairement explicité de règles précises pour la protection des lieux de culte, dans le cadre de la convention de Genève (de 1949) qui a considéré ces endroits comme étant des biens culturels devant être protégés.

Et si l’on devrait parler clairement et franchement de la campagne internationale ayant suivi le vandalisme des statues de Bouddha en Afghanistan, on serait amené à dire que les agressions perpétrées par les forces de l’occupation à l’encontre des sanctuaires en Palestine, n’ont pas fait l’objet d’un intérêt similaire. Cet état de fait devrait en lui-même nous inciter à initier activement des actions et des campagnes de sensibilisation dans les différentes sphères, pour attirer l’attention sur les opérations de judaïsation d’Al Qods et d’abolition de ses sites historiques perpétrées, de façon quasi-quotidienne, par l’occupation.

Nous sommes, chers frères, à la croisée des chemins, dont la négociation constitue une véritable épreuve. Car, ni la nation arabe, ni la oumma islamique ne sont suffisamment outillées en plans et en mécanismes d’action leur permettant de relever les défis, alors que l’Organisation de la Conférence islamique paraît plus qu’impuissante à prendre une quelconque mesure pratique pouvant traduire dans les faits ses résolutions relatives à la ville d’Al Qods.

Nous constatons au quotidien des opérations de judaïsation perpétrées d’arrache-pied dans la ville sainte visant, par tous les procédés et les moyens, les institutions islamiques et chrétiennes, tant et si bien qu’à force d’être assaillie par les plans concoctés par l’entité sioniste, la destruction éventuelle de la Mosquée Al Aqsa ne semble plus faire l’objet d’une information ou d’un événement.

Du haut de cette tribune, j’exhorte notre Conférene à inclure dans ses résolutions ou dans sa déclaration finale un appel à l’Union des avocats arabes pour assumer ses responsabilités juridiques, à travers la constitution d’un groupe de travail chargé d’élaborer des textes appelant les régimes des pays arabes et islamiques à préserver les fondements de l’action politique officielle de la nation arabe et de la oumma islamique, qui consistent à parachever la libération de l’ensemble des territoires palestiniens occupés et à mettre Al Qods à la tête des priorités.

Cet appel revêt une acuité singulière au regard des périls qui menacent le devenir de la ville sainte, comme en témoigne le conflit actuellement en cours au sujet des concessions sur Al Qods et le droit de retour. A cette occasion, nous ne saurions omettre d’évoquer la mémoire du défunt dirigeant Yasser Arafat qui a refusé, toute sa vie durant, de consentir des concessions à leur sujet. J’estime, par ailleurs, qu’il serait nécessaire que la conférence adopte une résolution, stipulant que tout renoncement à Al Qods et au droit de retour est un crime historique à l’égard des droits de la nation arabe et de la oumma islamique.

A titre de rappel, je soumets ci-joint à ma communication un éventail de déclarations des dirigeants, rabbins et leaders politiques de l’entité sioniste sur leurs plans et leur détermination à judaïser la ville d’Al Qods, qu’ils considèrent comme une partie indissociable de leurs croyances religieuses et politiques.

Je crois que les textes juridiques susceptibles de consacrer l’identité arabe d’Al Qods ne s’éloignent pas beaucoup des textes historiques. La ville sainte est actuellement régie par la loi de la force et non pas par la force de la loi et, c’est bel et bien, l’avenir de la Palestine et de la ville qui constituera à jamais la quintessence du conflit en Palestine.

 

Annexe

Parmi les déclarations de leurs dirigeants,

rabbins et leaders politiques à ce propos

 

Il y a 26 ans, le biologiste américain, James Jannings, établi actuellement à Chicago, auteur de plusieurs études biologiques en Jordanie, en Egypte et en Palestine, disait : "Plusieurs sionistes préfèrent aller vers  le plan pas par pas. S’ils ne font pas exploser la Mosquée, ils souhaiteraient qu’on les prennent pour des modérés. Certains dirigeants d’Israël prennent la mesure du climat politique pour construire le Temple aux côtés de la Mosquée. S’ils y parviennent, ils pourraient, ensuite, procéder à la démolition de la Mosquée. C’est le jeu de la force politique".

1. Il y a longtemps, le dirigeant juif sioniste, Théodore Herzl, disait : "Si nous parvenions un jour à prendre Al Qods et que je serais toujours en vie et en mesure de faire quoi que ce soit, j’en abolirais tout ce qui n’est pas sacré chez les juifs et brûlerais tous les monuments surannés qu’elle recèle".

2. Le dirigeant israélien Ben Gourion disait : "Sans sa supériorité spirituelle, notre peuple n’était pas en mesure de subsister, pendant deux mille ans, dans la diaspora. Sans Al Qods, Israël n’a pas de sens pas plus que sans le Temple, Al Qods n’a pas de sens, non plus". Après l’occupation d’Al Qods par les juifs, en 1967, David Ben Gourion disait : "Mon peuple qui se tient sur le seuil du troisième Temple, ne pourrait faire montre d’autant de patience que ses ancêtres".

3. L’ancien Premier ministre israélien, Menahem Begin, disait : "Je souhaiterais voir le Temple reconstruit dans les plus brefs délais et durant la vie de cette même génération". Lors d’une cérémonie en hommage à la mémoire de l’un de ses soldats nommé Ykotaïl Adam, tué dans la guerre du Liban, en 1982, Menahem Begin disait à l’adresse du mort : "Tu es parti au Liban à la recherche du bois de cèdre pour la reconstruction du Temple".

4. Le ministre israélien des cultes, en 1967, Dr Zerkh Verhavtek, déclarait devant une Conférence consacrée à la reconstruction du Temple en présence de centaines de rabbins du monde entier : "Nul doute que l’objectif ultime pour nous consiste en la reconstruction du Temple. Mais, il n’est pas encore temps de le faire et lorsque viendra ce temps, il faut qu’un séisme se produise pour démolir la Mosquée Al Aqsa et permettre la reconstruction du Temple sur ses décombres".

5. Les Juifs, qui commémoraient, le 9 août 1969, l’anniversaire de la destruction du Temple, avaient organisé une cérémonie grandiose, près de Bab Al Buraq, au cours de laquelle le grand rabbin d’Israël disait : "Nous ne pouvons que continuer le deuil et observer le jeûne en signe de désolation pour la démolition du Temple et la poursuite de la présence de la Mosquée des musulmans en lieu et place de notre Temple. Notre joie ne saurait être complète qu’avec l’abolition de cette Mosquée et l’édification du Temple sur ses décombres".

6. L’ancien Premier ministre d’Israël, Yitzhak Rabin, écrivait dans ses mémoires en décrivant le moment de l’entrée dans Al Qods, en 1967: "Notre patience était courte. Nous ne devions pas rater l’occasion historique. Au fur et à mesure que nous nous approchions du Mur des Lamentations, l’enthousiasme et la frénésie montaient d’un cran… Le Mur des Lamentations qui caractérise et distingue Israël. J’ai toujours rêvé d’être un partenaire, non seulement dans la création de l’Etat d’Israël, mais dans le retour à Jérusalem et la restitution du Mur des Lamentations à l’autorité juive. Maintenant que ce rêve est réalisé, je suis étonné : comment se fait-il que ce soit à ma portée? Je sens que je ne pourrais jamais, toute ma vie durant, parvenir à une gloire pareille".

7. Le journal américain juif Washington Jewish Week a rapporté dans son édition d’octobre 1998 que l’ancien ministre israélien de la Défense, Moshé Dayan, avait dit à l’ancien Premier ministre israélienne, Golda Mayer, lors de la deuxième journée de la guerre d’octobre 1973 : "Peut-être avons-nous la nostalgie du troisième Temple".

8. L’ancien Premier ministre israélien et ancien président du parti Travailliste, Ehud Barak, avait déclaré à la télévision israélienne, dans la soirée du 29/12/2000, qu’il n’entendait pas "signer un quelconque document stipulant le transfert aux Palestiniens de la souveraineté sur Al Haram al Qudsi que je considère comme étant le cœur de notre identité". Devant les principaux rabbins, Yisraël Maer Low et Eliahu Bakchi Duron, il avait déclaré qu’il n’entendait "céder la souveraineté sur Al Haram à aucune partie étrangère". En date du 26/7/2000, la radio israélienne a rapporté dans son journal d’information que le Premier ministre, Ehud Barak, a affirmé au Président palestinien Yasser Arafat lors du sommet de Camp David II, que "le Temple de Salomon se trouve sous Al Haram Al Qudsi et c’est pour cette raison qu’Israël ne cédera pas sa souveraineté sur lui aux Palestiniens". Le 29/9/2000, le journal israélien Jerusalem Post rapporte une série de déclarations d’Ehud Barak sur la question d’Al Qods, assurant entre autres qu’"aucun Premier ministre israélien ne peut signer un document ou un accord stipulant le transfert de la souveraineté sur le Mont du Temple aux Palestiniens, ni à n’importe quelle autre instance islamique". Le journal Yediot Aharonot a rapporté, dans son édition du 10/8/1999, la déclaration d’un ministre de haut niveau dans le gouvernement de Barak, soutenant que "nous avons mis du retard pour étendre notre autorité sur le Mont du Temple et le Mont du Temple n’est pas avec nous". (Par le Mont du Temple, il veut dire la Mosquée Al Aqsa". Dans son édition du 11/8/1999, le journal Al Ittihad rapporte la déclaration de Ehud Barak, selon laquelle "l’ouverture de la porte par l’instance des waqfs dans le Mont du Temple est un acte illégal et une initiative unilatérale, qui ne passera pas aisément. Je suis content du bon comportement de la police". La police israélienne avait interdit à la section des waqfs d’entreprendre cette opération. Le ministre des sciences dans le gouvernement de Barak, Moshé Build, avait affirmé lors d’une Conférence organisée le 17/9/1998 en présence de milliers de Juifs : "Je vous appelle à continuer de diffuser les valeurs du Temple et les valeurs du patrimoine et de la culture juive auprès de la jeunesse israélienne, durant toutes les étapes de l’enseignement. Le Temple est le cœur du peuple juif, il est son âme".

Nota Bene: Un négociateur palestinien avait déclaré à la presse, sous couvert de l’anonymat, à l’issue des dernières négociations de Tabah (négociations de 2000), que le gouvernement de Barak affirme que nulle solution ne sera possible à la question du Haram Al Qudsi sans la construction du Temple sur ses esplanades. Dans ce contexte, Cheikh Raid Salah a souligné : "Je rappellerai une phrase que j’ai entendu d’un grand responsable palestinien que lui a rapportée un des négociateurs palestiniens, citant un des ministres influents dans le gouvernement de Barak : "Ne vous attendez pas à une solution définitive de la question d’Al Qods, à moins que vous permettiez la construction du Temple sur les esplanades d’Al Aqsa".

9. L’ancien ministre israélien de la justice, Yossi Bilin, qui avait appelé, lors d’une Conférence à laquelle ont pris part certains Palestiniens, à l’arrêt de la violence et à la recherche d’une formule de coexistence, a insisté, dans un entretien au journal londonien Al Hayat, édition du 19/8/2000, à appeler Al Haram Al Qudsi par le Mont du Temple qu’il a considéré comme étant l’endroit le plus sacré pour les Juifs, voire plus sacré encore que le Mur des Lamentations, d’où l’impératif de trouver une issue non contraignante à ce problème.

10. Le président de la municipalité d’Al Qods, Ehud Olmert, qui  refuse d’identifier le Haram comme un site islamique, a affirmé, selon le journal israélien Haaretz que "le Haram n’est pas un site islamique. Seule une de ses parties est liée à l’islam. Il est, d’abord et avant tout, un site juif comme en témoigne son appellation : Mont du Temple, Bayt Al Maqdis, Al Maqdis juif".

11. Quant à l’ancien Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, il a offert au président de l’Eglise grecque, l’archevêque Maximos Slom, en date du 29/12/1996, un présent sous forme de maquette en argent représentant l’ancienne Al Qods d’où la Mosquée Al Aqsa est complètement absente, étant remplacée par un modèle miniaturisé du Temple. Dans son édition du 7/3/1997, le journal londonien Al Hayat a rapporté que le président Hosni Moubarak a confronté Benyamin Netanyahou, lors de sa visite au Caire le 5/3/1997, avec une série de dessins et de plans architecturaux du troisième Temple, élaborés discrètement par Israël. Le journal a rapporté, citant des sources égyptiennes informées, que "Netanyahou n’a pas nié, devant le président Moubarak, l’existence de plans de reconstitution du Temple de Salomon en lieu et place des Mosquées Al Aqsa et du Dôme du Rocher, lorsqu’il fut confronté aux plans architecturaux du Temple". Le bureau de Netanyahou avait également déclaré que les prières des juifs dans la Mosquée Al Aqsa étaient autorisées et qu’elles ne furent à aucun moment interdites. Cette dernière déclaration a coïncidé avec la décision de la construction de la nouvelle colonie à Djebel Abou Ghneim et la poursuite des fouilles sous la Mosquée Al Aqsa, qui ont été entamées, dès le début de l’occupation, en 1967. Au fait, les Juifs, qui avaient tout préparé pour la construction du Temple sous l’ère de Netanyahou, avaient ouvert des bureaux pour la collecte des dons et réussi à ramasser le double des montants financiers nécessaires à l’opération de sa construction. Le surplus des contributions a été affecté à la construction des colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le juif égyptien, Youssef Baroukh, a fait don d’un chandelier fabriqué en or pur pour être placé à l’entrée du Temple, dont la construction est prévue à base de pierres taillées amenées du désert du Néguev.

12. Le nouveau président d’Israël, Moshé Ketsav : Dans un éditorial intitulé "Al Qods dans la presse arabe", le Centre des études contemporaines a écrit que "le nouveau président d’Israël, Moshé Ketzav, a prêté serment pour l’allégeance à l’Etat d’Israël et la protection de ses sanctuaires. Il a effectué une visite de prière au mur Al Buraq et souligné le caractère éternel d’Al Qods comme capitale des Juifs, relevant qu’il entamera ses fonctions immédiatement après la fin des journées de deuil sur la destruction du Temple".

13. Le gouvernement d’Ariel Sharon et la construction du Temple : Tout observateur des événements est en mesure de détecter les tendances d’une nouvelle orientation du gouvernement de Sharon, à l’égard de la Mosquée Al Aqsa, appuyée par un soutien clair, pour la première fois, en plus du camp de la droite, de la part du camp du centre, du centre-gauche et de la gauche sioniste de l’Etat hébreu. Les représentants de la droite et des partis religieux, qui constituent la majorité des ministres du cabinet de Sharon, rivalisent entre eux en appelant Sharon à prendre des mesures audacieuses permettant aux juifs de visiter la Mosquée Al Aqsa et d’y accomplir la prière, en prétendant que cet endroit constitue le lieu le plus sacré pour les Juifs, car érigé sur les décombres du deuxième Temple.

Le gouvernement de Sharon a adopté l’opération "la nouvelle Genèse", à la veille de la première rencontre, à la mi-mai 2001, du nouvel envoyé spécial américain au Proche-Orient, William Burns, séparément avec le président Palestinien, Yasser Arafat, et le Premier ministre israélien, Ariel Sharon. A la veille de ladite rencontre destinée à l’examen des résolutions de la Commission Mitchell, des sources israéliennes avaient indiqué que le plan de construction d’une synagogue dans les esplanades de la Mosquée Al Aqsa était entré dans sa phase pratique d’exécution et qu’il allait être adopté, la semaine d’après, à travers le Comité d’organisation de la bannière dans la ville d’Al Qods occupée. Lancée sous le nom de Kodi Hou (Clé de Brecht) ou opération de "la nouvelle Genèse", l’opération fut décriée par les oulémas musulmans en Palestine comme une mesure grave qui risque de faire embraser la région tout entière.

Le journal Yediot Aharonot avait rapporté que le plan israélien allait être soumis, dans les jours qui suivirent, pour adoption au Comité d’organisation de la bannière. Il a ajouté que l’élaboration du plan de construction était confié au dénommé Jadoune, architecte chargé de l’administration de ce qu’il est convenu d’appeler le quartier juif dans la vieille Al Qods. Le projet fut baptisé "Clé de Brecht", c’est-à-dire l’opération ou le plan de la Genèse. Ce plan présenté à Sharon indique que le groupe des adeptes du Temple, par la voix du Pr. Helel Fays, du rabbin Yisraël Ariel et du président de l’Institut du Temple, a appelé à la présentation du plan assorti d’une série de propositions de mise en oeuvre, selon la volonté du grand rabbinat d’Israël de voir les musulmans permettre aux Juifs d’accomplir leurs prières dans la Mosquée Al Aqsa et de construire la synagogue juive.

Le même Premier ministre israélien, Ariel Sharon, examinait, le 7 avril 2001, avec certains de ses ministres, dont Uzi Landou et Eliahu Suissa, l’idée de la construction du Temple prétendu à la place de la Mosquée Al Aqsa. La radio israélienne rapportait, la veille, sur son site Internet que Sharon allait tenir une discussion spéciale, avec la participation des deux ministres de son gouvernement Uzi Landou et Eliahu Suissa, axées sur la question du Mont du Temple, qui renvoie à Al Haram Al Qudsi, selon l’appellation israélienne. Les mêmes sources ont indiqué que le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Uzi Landou (du Likoud), demandera, lors de cette discussion, la prise de mesures rigoureuses pour interdire les opérations de restauration des bâtiments dans l’enceinte sacrée, et la recherche de procédés susceptibles de permettre aux juifs d’accéder à l’intérieur du Haram Al Qudsi. La même source indique que le ministre chargé des Affaires d’Al Qods dans le gouvernement israélien, Eliahou Suissa (droite extrémiste) allait présenter un plan spécial destiné à assurer l’infiltration des juifs à l’intérieur de l’enceinte sacrée. Lors de sa visite en Turquie, Sharon avait déclaré, au cours d’une conférence de presse conjointe organisée, le mercredi 8/8/2001, avec son homologue turc, Bulent Ecevit, qu’"Al Qods est une entité indivisible et elle est la capitale éternelle d’Israël et dans son centre se trouve le Mont du Temple, l’endroit le plus sacré du peuple juif".

Lors de la conférence de presse qu’il avait délibérément convoqué, le mercredi 27 septembre 2001, il déclarait : "Ceci (en allusion à l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa) est le plus important des endroits sacrés des juifs. Nous n’avons ni Mecque, ni Médine, ni Vatican. Nous n’avons que le seul Temple de Salomon et nous ne permettrons à personne de décider pour nous quand, ni comment nous y entrerons".

Le 21 janvier 2002, Sharon déclarait qu’il allait autoriser aux juifs et aux chrétiens d’accéder à la Mosquée Al Aqsa de la même manière que le font les musulmans, ajoutant que cet endroit n’est pas la Mosquée Al Aqsa, mais plutôt le Mont du Temple et que les juifs et les chrétiens devraient être autorisés à y accomplir leurs rituels religieux, selon son expression. Ces propos ont été tenus par Sharon lors de sa rencontre avec ses Conseillers particuliers qu’il avait informés, selon le rapport du journal sioniste Haaretz, qu’il allait "initier une mesure lui permettant de prendre une décision en vertu de laquelle les non-musulmans seraient autorisés à accéder au Mont du Temple dans les plus brefs délais".

Selon la radio sioniste, le service des renseignements sionistes, Shin Beth, allait recommander prochainement à la présidence du gouvernement de prendre cette décision.

Le Premier ministre israélien, le criminel Sharon, avait déclaré, en fin février 2003, que la bataille pour Al Qods a commencé, en faisant allusion à l’extension de l’autorité sioniste sur la Mosquée Al Aqsa. Et c’est précisément ce qu’a signalé le commandant de la police sioniste dans la ville d’Al Qods en affirmant, lors d’un point de presse, jeudi soir dernier, que la Mosquée Al Aqsa allait être ouverte devant les Juifs, à la veille de l’éventuelle agression américaine sur l’Irak.

Le ministre des Infrastructures israéliennes, Avigdor Libermann, est quant à lui allé jusqu’à demander aux musulmans de présenter leurs remerciements à Israël qui leur permet d’accomplir la prière dans la Mosquée Al Aqsa. Dans des déclarations en hébreu à la radio israélienne, en date du 3/7/2001, Libermann a souligné que "les musulmans devraient mieux comprendre les règles du jeu. Cet endroit (Al Aqsa) est pour les Juifs et nous les autorisons à accomplir la prière dans un lieu qu’ils n’ont pas droit de fouler". Et Libermann de donner libre cours à sa théorisation raciale en affirmant que "l’Etat d’Israël est le pays du peuple juif. Il a été créé pour que les juifs du monde entier puissent accomplir leurs prières, en toute liberté, dans leurs lieux sacrés, et le plus important de ces lieux est bel et bien celui-ci". Pour sa part, le ministre de la Sécurité intérieure, Uzi Landau, a affirmé, à l’issue d’une réunion de l’état-major de la police, qu’"Israël ne pourrait interdire indéfiniment aux juifs d’accéder à la Mosquée Al Aqsa et d’y accomplir leurs prières, en raison du fait que c’est un droit naturel qui leur revient". De son côté, le terroriste Jadoune Ezra, vice-ministre de la sécurité intérieure, a affirmé que la décision d’autoriser l’accès des non-musulmans aux esplanades de l’enceinte sacrée est devenu une question imminente, faisant état de la prise d’une série de mesures dans ce sens.

Benyamin Ben Eliezer, ministre israélien de la Guerre, et un des dirigeants du Parti Travailliste, a soutenu que "le gouvernement d’Israël se doit de gérer avec sagesse et perspicacité tout ce qui a trait à la Mosquée Al Aqsa, mais il se doit également d’œuvrer, en même temps, à ce que les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans se rendent à l’évidence que la situation actuelle de la Mosquée ne pourrait continuer indéfiniment". Et Ben Eliezer de poursuivre dans des déclarations à la télévision israélienne, en date du 25/7/2001, que les Juifs "font l’objet d’une ségrégation raciale" manifeste au sujet de tout ce qui se rapporte à la prière dans la Mosquée Al Aqsa ! Selon lui, le règlement de la question de la prière des juifs devait en principe être une question close, depuis 1967 déjà. Dans la foulée de l’opération des négociations de Camp David II où fut évoquée la thèse de planter le drapeau palestinien sur les édifices islamiques, un célèbre rabbin juif disait, il y a quelques jours, à ses étudiants : "En cette circonstance, nous ne pleurons pas uniquement la destruction du Temple survenue, il y a deux mille ans, mais nous pleurons également sa destruction, aujourd’hui même", en faisant allusion à l’anniversaire de la destruction du Temple, durant ces jours-là.

14. La Gauche israélienne et le Temple prétendu : Les leaders de la gauche en Israël, ceux-là même qui se présentent aux Arabes comme des hérauts de paix, mettent en doute le droit des musulmans sur la Mosquée Al Aqsa. Le poète et écrivain A.B. Yashoue, président de l’Union des écrivains israéliens et un des théoriciens de la gauche en Israël et un des pionniers du Mouvement "Paix maintenant", avait procédé à la création d’une ligue regroupant des intellectuels, des hommes de lettres, des journalistes, des généraux retraités, des artistes et des académiciens juifs pour appeler le gouvernement à arrêter les actions entreprises par la section des biens pieux (waqfs) islamiques à l’intérieur de la Mosquée Al Aqsa, considérant que ces actions menacent les monuments juifs que recèlerait cet endroit. Pareille initiative ne fait évidemment qu’appuyer les allégations des juifs sur l’existence dans cet endroit des ruines du Temple détruit. Ce qui attire l’attention dans cette initiative, est que la plupart de ceux qui ont répondu à l’appel de A.B Yashoue sont parmi les intellectuels de la gauche, dont le célèbre poète Haïm Goury. Mieux encore, la ligue a demandé à Sharon de faire tout son possible pour arrêter toutes les actions qu’elle a qualifiées de "vandalisme", menées à l’intérieur de la ligne verte par le mouvement islamique sous la direction de Cheikh Raid Salah et la section des biens pieux islamiques dans la ville. Elle a également fait état d’une unanimité sioniste pour le soutien de la préservation du cachet juif des monuments que contiendrait cet endroit et ce, à travers l’interdiction aux musulmans d’entreprendre une quelconque action de nature à en affecter négativement le cachet juif. Ceci étant, légions sont les historiens juifs qui ont mis en doute l’existence du Temple dans cet endroit.

15. L’avocat Guershon Salomon, dirigeant de l’organisation des fidèles du Temple, affirme que "personne ne peut imaginer la vie des juifs sans le Temple. Il faut construire le Temple. Personne, même les Arabes, ne pourraient nous en empêcher, car c’est la volonté de Dieu et de l’histoire". Lui, il considère que les rituels accomplis par les Juifs devant le Mur des Lamentations comme une alternative mesquine, dans la mesure où ils  se contentent d’insérer des bouts de papiers dans ses murs.

16. Le rabbinat principal d’Israël interdit toute négociation sur le Haram Al Qudsi et planche sur l’examen d’une série de propositions pour l’établissement en son sein d’une synagogue juive. Le Conseil principal des rabbins d’Israël a décidé que le simple fait que le gouvernement israélien accepte d’engager des négociations sur l’enceinte sacrée constitue un péché. Faisant état d’une interdiction légale absolue sur toute cession de l’enceinte aux étrangers dans le cadre d’une quelconque autre souveraineté ou propriété, directe ou indirecte, il soutient que la souveraineté appartient au peuple d’Israël et que le simple fait de soumettre la question au débat est considéré comme un péché. Voire, le simple fait de s’interroger sur le droit de propriété juive du Mont du Temple constitue un blasphème à l’égard de Dieu. Un membre du Conseil principal des rabbins, Shaïr Yetchov Cohen, cité par le journal Maarif, dans son édition du 15/1/2001, a qualifié de "propos très dangereux pour quiconque commettrait ce péché. Ce sont-là des péchés qui ne peuvent faire l’objet d’un rachat ou de demande de pardon, même pas au Jour du Pardon". Le journal hébreu Maarif a publié dans son édition, du 21/1/2001 une information avec un titre en manchette disant "Il faut construire une synagogue dans la Mosquée Al Aqsa". La teneur de cette information consiste en fait que le rabbin des juifs de Haïfa, Shaïr Yetchov Cohen, a appelé à l’établissement d’une synagogue dans la Mosquée Al Aqsa, et ce, après que le service des renseignements sionistes Shin Beth, ait recommandé l’autorisation aux juifs d’accéder à l’enceinte sacrée. Le journal Maarif  a rapporté dans son édition de lundi, citant le rabbin Cohen qui effectue actuellement une visite en Pologne, qu’ "il est possible, nécessaire même d’établir une synagogue juive dans l’enceinte sacrée à condition que l’accès y soit régi par des règles religieuses", tout en faisant observer qu’il "existe à l’intérieur de l’enceinte sacrée des zones autorisées et que tous les juifs sont en droit d’y accéder", selon son expression.

17. Le rabbin Zalman Melimed, président des rabbins dans les colonies, a affirmé lors d’un congrès des rabbins à Al Qods que "l’existence d’Israël est sans valeur sans l’enceinte sacrée. Se trompe quiconque croirait que nous prions pour la sérénité et la quiétude du Mur des Lamentations et non pas pour celles de l’enceinte sacrée".

18. Le rabbin Abraham Shabira, qui fut il y a quelques années le grand rabbin ashkénaze de l’entité sioniste et qui fait actuellement figure de référence principale de consultation juridique pour les adeptes du mouvement religieux sioniste, auquel appartiennent les colons juifs, avait déclaré en public en présence de nombreux ministres du cabinet de Barak : "Ils doivent savoir qu’ils ne pourraient rester dans cet endroit jusqu’à l’éternité. Cet endroit est le plus sacré des lieux pour nous. Nul ne pourrait songer à faire la paix avec l’Etat qui représente le peuple juif et insister en même temps à rester dans l’endroit naturel du Temple". Shabira a également crié de vive voix, lors de la cérémonie de la pose de la première pierre pour la construction d’une école religieuse à Al Qods Est, en affirmant qu’"il n’existe pas quelque chose appelée la Mosquée Al Aqsa, c’est un fatras de mensonges que les Arabes ont inventé et ont fini par y croire. Malheureusement, certains d’entre nous y ont cru". Et le même Shabira d’ajouter qu’"il n’y a pas lieu, ici, d’espace pour la supercherie. Le Mont du Temple (la Mosquée Al Aqsa) poursuit les juifs et le peuple juif partout dans les lieux de sa diaspora, et il ne serait pas à même pour l’Etat qui représente le peuple juif de montrer une quelconque concession sur cet endroit". Exprimant l’objectif des juifs et leur référentiel religieux au sujet de la Mosquée Al Aqsa, Shabira explique que "tout accord de compromis quel qu’il soit devrait nous garantir, à nous les maîtres légitimes de la terre, le droit d’accomplir nos rituels religieux dans la Mosquée Al Aqsa. Et ce n’est pas tout, mais nous allons persévérer pour l’établissement d’édifices religieux juifs à l’intérieur de l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa". Dans l’avalanche des applaudissements de la majorité de l’assistance, le rabbin Shabira a poursuivi son discours enflammé et enthousiaste en disant : "Ils craignent la réaction des Arabes et des musulmans si jamais les juifs seraient assurés d’accomplir leurs rituels religieux dans l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa. Nous, nous leur disons que les Arabes et les musulmans peuvent aller en enfer. Et s’ils ne leur plait pas que nous accomplissions nos rituels religieux, qu’ils aillent en Arabie saoudite, là-bas ils auront ce qu’ils voudront de sanctuaires et de lieux religieux".

19. Le rabbin Yitzhak Lévy, président du Parti Mafdal, a souligné, à maintes reprises, que l’Etat d’Israël ne saurait nullement renoncer au droit sur la Mosquée Al Aqsa et qu’il œuvre sérieusement pour réunir toutes les conditions lui permettant d’étendre l’autorité des juifs sur la Mosquée Al Aqsa. Il a affirmé également que "les masses religieuses en Israël ne pourraient supporter voir aboutir un règlement ne permettant pas aux juifs d’accomplir leurs rituels religieux dans l’enceinte de la Mosquée Al Aqsa". Dans le même contexte, le leader du parti Mafdal (Droite) avait appelé, le 21 janvier 2002, le gouvernement sioniste à autoriser immédiatement les juifs l’accès à l’enceinte sacrée, considérant qu’"il serait insoutenable que toute personne soit autorisée à y accéder et que les Juifs ne le seraient pas".

20. Le rabbin Macover a, de son côté, affirmé : "Je ne doute pas un instant que la Mosquée à la coupole dorée édifiée sur le même site du Rocher que le Roi Salomon avait érigée en lieu de culte hébraïque dans l’histoire ancienne. Cette même Mosquée sera détruite pour la construction en son lieu et place le nouveau Temple d’Al Qods, qui sera reconstruit dans toute sa splendeur".

21. Yisraël Tsidon, un des fondateurs de l’organisation (Amona) et qui est considéré comme l’un des chefs de file de ceux qui appellent à la destruction de la Mosquée Al Aqsa sur les têtes des fidèles musulmans lors de la prière du vendredi, affirme : "en définitive, un acte de vandalisme pour la destruction de la Mosquée Al Aqsa s’avère incontournable pour en finir une bonne fois pour toute avec ce dossier".

22. Houda Atsion, un des leaders de l’organisation juive extrémiste (Hay Vicam) a affirmé, lors de l’émission Politica, diffusée par la télévision israélienne, le 18/7/2001 : "le gouvernement devrait entreprendre la destruction de la Mosquée Al Aqsa" et détruire ce qu’il a appelé "la profanation continue que les Musulmans portent à cet endroit, depuis des centaines d’années". Et Atsion, qui discourait à côté du ministre israélien des Communications, Reuven Rivlin, de poursuivre que "personne ne devrait se laisser berner, les musulmans ne pourraient pas accepter que cette situation se poursuive. Si les musulmans n’arrêtent pas la profanation des lieux, c’est à nous qu’il appartient de réagir. Et je crois que de nombreux juifs songent à le faire, au cas où le gouvernement ne prenait pas de décision courageuse et historique pour la destruction de la Mosquée Al Aqsa". Le ministre Rivlin s’est contenté de tapoter le dos d’Atsion en signe d’appréciation de ses propos, sans autre commentaire. Le même Houda Atsion a ajouté que "c’est la question de la suprématie sur le Mont (du Temple) qui déterminera la propriété du territoire au profit des fils d’Isaac ou des fils d’Ismaël".

23. Le journal israélien Maarif  a rapporté dans son édition, du vendredi 29/12/2000, une déclaration du rabbin Yisraël Ariel, du mouvement dit Institut du Temple, qui reçoit directement du gouvernement israélien le soutien matériel pour le financement des recherches relatives au sujet du Temple, dans laquelle il affirmait sans scrupule que "le gouvernement officiel d’Israël et l’armée israélienne sont appelés à œuvrer pour l’abolition des Mosquées islamiques des esplanades de l’enceinte sacrée… Les Mosquées islamiques sont des amas de pierres qu’il faudrait enlever. C’est ça l’opération, et c’est ce qui va se produire".

24. Le rabbin Ovadia Yossef, dirigeant spirituel du mouvement Shas, affirme que "l’enceinte sacrée nous appartient dans sa totalité". Le rabbin Ovadia Youssef avait déjà blasphémé à l’égard de Dieu en affirmant qu’Il a regretté la création des Arabes, qu’il a assimilés aux vipères, aux impurs et aux fourmis. Dernièrement, il a déclaré qu’avec le retour du Messie, il exterminera les Arabes et les jettera en enfer. Les juifs n’ont, dès lors, qu’à entamer la destruction de la Mosquée Al Aqsa et amorcer la construction du Temple sans crainte aucune de la réaction des Arabes et des musulmans, car le Messie se chargera d’eux, selon ses prétentions prophétiques.

25. L’ancien grand rabbin d’Israël et de l’armée, Shlomo Goren, qui fut un des premiers à avoir appelé à la reconstruction du Temple, avait, au lendemain de l’occupation de l’enceinte sacrée par les Juifs, en 1967, donné du cor en signe de célébration de la victoire et du début de l’opération de la reconstruction du Temple. Auteur d’un ouvrage sur ce sujet, il a essayé, à plusieurs reprises, d’entrer dans l’esplanade de l’enceinte sacrée pour y donner du cor. Ce rabbin avait appelé le commandant militaire d’Al Qods, en 1967, de détruire la Mosquée Al Aqsa, en mettant à profit la conjoncture de la guerre.

26. Le rabbin Mordechai Eliahu, disait que "nous avons vu de nos propres yeux des chacals marcher sur le Temple et il est dit, dans les Livres, qu’il faut tuer les étrangers qui y entrent. Ceux-là marchent dessus et le profanent. Nos Sages ont dit qu’il faut interdire aux adorateurs des astres-c’est-à-dire les non-Juifs- d’entrer dans l’enceinte sacrée. C’est pourquoi, les responsables devraient arrêter cette situation sans se soucier de ce qu’en diront les étrangers.

27. Le rabbin Youssef Elbaoum, affirme que "c’est la présence juive sur le Mont du Temple qui convaincra le monde que les Juifs sont sérieux dans la construction du Temple". Le rabbin Youssef Elbaoum ajoute que "sans avoir prié dans le Temple et y avoir accompli les rituels, nous restons encore à moitié juifs, jamais des juifs accomplis. Plusieurs de nos Livres saints contiennent de nombreux préceptes et obligations en rapport avec le Temple et sans leur application le judaïsme lui-même reste incomplet… Sans le Temple réel, les Juifs, en tant que peuple sacré, ne sauraient prétendre à la sacralité. Depuis que le Mont du Temple est sous notre autorité, nous n’avons rien entrepris pour exploiter cette opportunité. C’est l’endroit le plus sacré pour les juifs chez nous, mais nous n’y avons rien entrepris".

28. Les déclarations du rabbin du Mur d’Al Buraq (le Mur des Lamentations comme le prétendent les juifs), Y. Jatis, au journal israélien Haaretz, en 1968, assurant que "le temps de la construction du Temple est proche et n’est pas lointain… C’est Dieu qui détruira les Mosquées dans l’enceinte sacrée avec notre aide".

29. Le journal londonien The Observer, de juillet 1999 (P 56), rapporte que "ceux qui croient en la construction du Temple sont prêts à combattre les musulmans qui contrôlent la Mosquée, si c’est nécessaire, et à détruire les sanctuaires et les lieux sacrés pour édifier le troisième Temple. Certains d’entre eux réclament le démantèlement de la Mosquée pierre par pierre pour son transfert". Yehouda Tzion a soutenu qu’"il faut numéroter chaque pierre de la Mosquée pour son transfert à la Mecque, car c’est là son endroit naturel. Maintenant, c’est un édifice inapproprié à la place inappropriée". Julien Burger se demande, de son côté, "quand ce monstre sacré ira-t-il enfin avec ses flammes?".

Pour sa part, l’expert juif en archéologie, Joseph Serge, affirme que "nous allons reconstruire le troisième Temple sur les ruines de la Mosquée Al Aqsa qu’Israël pourrait émietter en utilisant les moyens modernes".

30. Le sioniste anglais Lord Melchett affirme que "le jour où sera reconstruit le Temple est très imminent et je m’appliquerai à consacrer le reste de ma vie à l’édification d’un Temple monumental à la place de la Mosquée Al Aqsa".

Un rapport dangereux a été publié sur les périls, qui menacent la Mosquée Al Aqsa au cas où l’Irak devait faire l’objet d’une agression : Les acteurs maqdissis (établis à Al Qods) mettent en garde contre les intentions du gouvernement sioniste à l’égard d’Al Qods. Le plan sioniste vise à exploiter l’invasion américaine de l’Irak pour s’accaparer de la Mosquée Al Aqsa et achever sa judaïsation. Le plan concerne l’occupation des portes d’Al Aqsa et des demeures alentour. Les institutions et les acteurs palestiniens dans la ville d’Al Qods occupée ont mis en garde contre l’intention des autorités de l’occupation sioniste d’imposer une nouvelle situation dans la Mosquée Al Aqsa à la veille de l’agression américaine éventuelle contre l’Irak. Des observateurs à l’intérieur de la ville sainte ont affirmé que tous les indicateurs et toutes les déclarations des responsables sionistes indiquent que le gouvernement sioniste s’attellera, dès les premières heures de l’agression américaine contre l’Irak, en mettant à profit la préoccupation du monde par la poursuite de cette guerre, à imposer une nouvelle situation à l’intérieur de la Mosquée Al Aqsa pour parachever sa mise sous le contrôle juif. Les mêmes observateurs ont ajouté que les mesures initiées par les autorités de l’occupation sioniste dans la ville d’Al Qods occupée, et dans les alentours de la Mosquée Al Aqsa, indiquent clairement que les autorités de l’occupation sioniste ont mis en place un de leurs plans pernicieux visant à profaner la Mosquée Al Aqsa et à imposer la présence juive à l’intérieur de l’enceinte sacrée, comme elles l’ont déjà fait avec la Mosquée d’Abraham à Hébron. Ces observateurs ont également souligné que les autorités de l’occupation sioniste ont, d’ores et déjà, mis en pratique l’exécution de leurs plans de judaïsation de la Mosquée Al Aqsa, faisant état de l’existence d’un plan dangereux que les autorités de l’occupation sont déterminées à mettre en œuvre, dès les premiers instants de l’invasion américaine de l’Irak. Ce plan sioniste s’articule autour de :

Des unités spéciales de l’armée sioniste devront, au moment du déclenchement de l’invasion américaine de l’Irak, exploiter la préoccupation du monde entier par la poursuite de cette incursion et s’accaparer des portes de la Mosquée Al Aqsa et des demeures les surplombant pour en évacuer les habitants et les transformer, par la suite, en casernes militaires pour l’armée sioniste.

Ce furent là des témoignages divers et variés des assertions, qui confirment l’existence d’une unanimité nationale, religieuse et doctrinale, officielle, gouvernementale, partisane et populaire de la société juive. Ils démontrent leur obstination et leur quête ininterrompue de la construction du Temple prétendu au moment qu’ils jugent opportun, aux dépens des sanctuaires des musulmans et en particulier de la Mosquée Al Aqsa. Mais reste la grande interrogation qui s’impose : Ces propos et témoignages sont-ils de simples vœux pieux ou des rêves et songes éveillés ? Ou alors existent-elles des initiatives et des démarches concrètes pour les mettre en œuvre et les traduire dans les faits de la réalité ?.

 


 

(*) Secrétaire général adjoint de l’Union des avocats arabes.

 

 
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