Le rôle de la
société civile palestinienne
dans la protection
des sanctuaires
Pr Adnan Ibrahim
Hassan Sabah(*)
Introduction
Il est de coutume
que la plupart des personnes croient que les sanctuaires
ont une seule et unique fonction, en l’occurrence son
rôle dans le rapprochement de Dieu. D’aucuns estiment de
ce fait que ces lieux saints n’ont pas besoin d’être
protégés par les humains puisque Dieu y veille, selon le
célèbre adage. Ils évoquent constamment cette réalité,
lorsqu’ils sont tenus de répondre à tout appel les
incitant à remplir leur rôle dans les initiatives visant
à la protection des sanctuaires. Ils sont en train, de
par cette position, de se désengager de leurs devoirs,
voire de les ignorer entièrement. En effet, l’auteur de
l’adage précité n’était pas croyant, et ses sentiments
envers son cheptel de camélidés étaient plus forts que
son rapport avec Al Haram. D’autre part, il est à
relever le cantonnement des lieux du culte dans leurs
aspects sacrés et moraux, sans établir de liens avec la
vie quotidienne des croyants ou des adhérents d’une même
religion.
Aussi la première
tâche qui incombe à votre conférence consiste-t-elle à
doter la philosophie du mouvement populaire de la
protection des sanctuaires en Palestine d’un aspect
réaliste et pragmatique. Cette philosophie se doit de
conjuguer la spiritualité et la sacralité du lieu à son
importance cruciale dans le développement durable et
dans le progrès civilisationnel, et de transmuer les
simplistes conceptions, ancrées chez le commun des gens
vis-à-vis de ces espaces, en une philosophie des
spiritualités de la civilisation arabe en Palestine
aussi riche et variée soit-elle.
Les dépositaires de
tous les sanctuaires
Il nous appartient,
pour concrétiser cet objectif, d’approfondir la
conviction chez la communauté palestinienne, musulmans,
chrétiens et juifs anti-sionistes et opposants au
mouvement sioniste, qu’ils sont les dépositaires et les
gardiens permanents de tous le sanctuaires et que Dieu
nous a chargé, de la défense de Ses sanctuaires, de Ses
livres saints et de Ses messagers. Les musulmans
assument la grande part de la responsabilité quant à la
réactivation de ces conceptions, l’islam étant une
religion de clémence qui reconnaît toutes les religions
révélées et tous les Prophètes et messagers. L’islam est
de ce fait une religion de tolérance et de clémence qui
unifie toutes les religions célestes, rejette le racisme
et le chauvinisme. Même en réponse au mythe sioniste qui
avance que les juifs ont été chassés de cette terre,
laissant derrière eux leurs sanctuaires (qui sont nos
sanctuaires), nous avons gardé et préservé ces lieux
saints, au fil des âges, partant de notre foi en Dieu le
Très Haut, en Ses livres et Ses messagers. A cette fin,
nous devons prendre le relais et assumer l’honorable
mission illustrée par le comportement exemplaire d’Amir
Al Mounimine (commandeur des croyants) Omar Ibn Al
Khattab, agréé de Dieu le Très Haut, lorsqu’il a refusé
d’accomplir la prière dans l’Eglise de la Résurrection,
et choisi de la faire dans une terre déserte qui a
accueilli par la suite la Mosquée d’Omar dans la ville
sainte. Même à l’époque contemporaine, les juifs avaient
le droit d’accéder au Mont Scopus, en dépit des actes
agressifs qu’ils ont perpétrés contre notre peuple et
nos terres, jusqu’ils aient occupé la ville sainte toute
entière en 1967. Depuis cette date, ils n’ont eu de
cesse de priver les musulmans et les chrétiens d’accéder
aux lieux de culte situés à Al Qods.
Les ennemis de Dieu
le Très Haut
Ils sont les
ennemis de Dieu, de la foi et des autres religions.
Depuis qu’ils ont mis les pieds en Palestine, ils n’ont
ménagé aucun effort pour rayer toute empreinte arabe sur
cette terre. La destruction et la fermeture de
sanctuaires islamiques et chrétiens à Al Qods en 1948,
et leur usage à des fins contraires à la morale et à la
religion, la démolition et la judaïsation d’anciennes
habitations, voire des quartiers tout entiers, et
l’interdiction à la population locale de restaurer leur
habitations menaçant de tomber en ruine pour que les
juifs construisent des édifices à l’occidental, sont
autant d’actes qui ont pour dessein d’altérer le cachet
identitaire de la Palestine et lui conférer une
empreinte sioniste occidentale. D’aucuns connaissent
l’ampleur du racisme dirigé contre les groupes de juifs
orientaux (Sépharades), par leurs compatriotes de souche
occidentale. Les sionistes n’ont eu de cesse de porter
préjudice aux autres religions, voire même aux messagers
de Dieu censés appartenir à la dynastie d’Israël. En
lisant la Torah, nous pouvons prendre conscience de la
grave atteinte portée à ces Prophètes, accusés de
corruption, de trahison et de débauche. Tous ces faits
doivent constituer une arme et des preuves irréfutables
pour faire face à la propagande sioniste à travers le
monde, en défendant les croyants où qu’ils soient. Ceci
est à même de réaliser une mobilisation populaire de
tous les croyants du monde, sans prosélytisme. Ceci
implique également un appel aux simples juifs qui
consiste à mettre à nu la politique sioniste hostile aux
croyants. Il serait judicieux, à cette fin, de tenir une
conférence des croyants sur terre qui aura pour mission
de dégager une vision unifiée sur ces sanctuaires,
d’établir une base pratique pour isoler les mouvements
sionistes et démasquer leurs stratégies abjectes contre
les sanctuaires islamiques et chrétiens. Ces actes
doivent présentés à la communauté internationale en tant
que pratiques contraires aux droits de l’homme et
violations flagrantes des conventions internationales,
des valeurs civilisées des sociétés modernes. Dans ce
contexte, il serait important d’appeler l’Organisation
des Nations unies et ses institutions et agences à jouer
leur rôle dans la défense des principes fondamentaux qui
ont présidé à leur création.
Des usurpateurs qui
déforment l’histoire
Ils volent tout,
des recettes de cuisine aux costumes et pierres des
maisons qu’ils pillent pour construire leurs
institutions et leurs lieux de culte, en vue de donner
la preuve sur leur passage par ces terres.
Les Palestiniens
connaissent très bien les vendeurs de pierres anciennes
israéliens qui pillent ces pierres utilisées dans la
construction d’établissements, voire de maisons
présentés aux visiteurs et aux générations montantes et
futures en tant qu’anciennes habitations qui attestent
de leur existence séculaire sur cette terre. Ils ont
pillé même le nom et l’appartenance. Ils ont usurpé,
sans vergogne, l’appartenance au sémitisme, sans que les
Arabes ne bougent le petit doigt. L’antisémitisme est
devenu désormais une forme de racisme exercé contre les
Juifs. Les sionistes peuvent même renier aux Arabes
sémites leur appartenance à la race sémite. Ils ont par
la suite volé et violé nos sanctuaires, le mouvement
sioniste disposant de groupes spécialisés et très bien
entraînés pour rechercher tout objet en relation avec le
mouvement, allant même jusqu’à le voler et l’amener à
Israël. Le rôle accompli par les bandits sionistes en
Palestine constitue la preuve irréfutable sur ces faits.
Ils sont là en train de battre un record par leur
capacité extraordinaire à falsifier publiquement
l’histoire, à l’ère de la mondialisation, de
l’information et de la communication.
L’incapacité et la
dispersion des autres
Les succès réalisés
par le mouvement sioniste, dans sa guerre contre l’islam
et le christianisme en Palestine, et même dans son
combat contre des adhérents du culte juif, dont le
groupe Natori Carta, sont en grande partie dus à la
position faible des autres et à l’isolement
internationale que nous avons choisi. Nous nous
contentons d’un dialogue naïf avec nous-mêmes, de nos
propres convictions, de jérémiades et de lamentations
sur les réalisations du mouvement sioniste raciste,
accumulant défaites, échecs et dégâts sur tous les
fronts. Cette situation est imputable à notre incapacité
à atteindre l’opinion publique internationale,
particulièrement les croyants quelle que soit leur
religion, et d’autre côté à l’anarchie et au cafouillage
marquant notre action, individuelle, dispersée et
improvisée, à tous les niveaux, politique, social,
économique et religieux, outre la tare de la non
spécialisation. Nous agissons quelque fois mal parce que
nous entreprenons des initiatives qui sortent de la
sphère de nos compétences, expériences et connaissances.
Force est de constater que la lutte contre tout acte
destructeur perpétré par le mouvement sioniste à
l’encontre des sanctuaires en Palestine et de leur
charge spirituelle de grande envergure, demeure sans
effet tant qu’elle ne prendra pas une forme unifiée, et
tant que nos activités ne constitueront pas une partie
intégrante d’un même programme unifié et fédérateur, sur
la base de l’expérience, du savoir et du langage du
temps. Ceci engage les différentes composantes de la
société palestinienne à s’armer d’un programme
scientifique caractérisé par la clarté des objectifs et
des mécanismes, flexible et acceptable par l’opinion
publique internationale.
Le rôle officiel
Les gouvernements
des Etats arabes, islamiques et du monde entier et les
grandes institutions religieuses tels le Vatican, Al
Azhar Asharif et les communautés religieuses dans la
région assument leur responsabilité dans l’état de
l’organisation de l’action islamo-chrétienne entreprise
à l’échelle internationale pour la défense des
sanctuaires en Palestine. A cette fin, l’Organisation de
la Conférence islamique, la Ligue des Etats arabes,
l’Union des Parlements arabes (UPA), les unions
professionnelles, l’Organisation des Capitales et Villes
islamiques, l’Organisation des villes arabes et autres
institutions et organisations internationales assument
la grande part dans cette responsabilité, en raison de
l’absence de la question de la protection des
sanctuaires en Palestine dans leur activités pratiques,
de même qu’elles ne mettent pas à profit leur adhésion à
l’ONU et à d’autres organisations régionales et
internationales et les relations bilatérales entre les
gouvernements du monde et leurs institutions
officielles. Force est de constater, à ce propos, que la
majorité des conférences et colloques se tiennent pour
quelque jours seulement, en présence d’un nombre limité
de personnes qui élaborent des décisions foncièrement
théoriques. Jamais de telles conférences n’ont été
sanctionnées par un programme pratique qui pourrait être
mis en œuvre dans le cadre d’un plan clair et réussi,
aussi minime soit-il.
Un programme qui
n’unifie pas les rôles
Un haut responsable
d’un pays arabe m’a confié un jour qu’il s’est entretenu
avec le dirigeant de son pays, juste après les
boucheries perpétrées à Jenine en 2002, et qu’il a
trouvé ce dirigeant, allié pourtant de l’Occident, dans
un état de colère noire. Il lui dit alors : "faites
quelque chose ; qu’est ce que vous attendez ; faites
quelque chose pour démasquer les Etats-Unis et Israël et
les isoler. Vous, responsables des organisations
internationales, vous pouvez faire beaucoup de choses
pour ça, plus que nous. Nous ici, nous ne pouvons rien
faire. Faites ça vous-mêmes!". Les propos de ce
dirigeant résument la véritable situation. Les chefs
d’Etat et gouvernements ont leurs propres calculs sur le
plan international et régional, des engagements, des
dettes et des relations à ménager, et sont tenus de
réfléchir à deux fois à chaque activité entreprise et
aux recommandations et décisions émises lors de leurs
conférences, alors que pour les institutions et les
organisations non gouvernementales, ceci ne doit pas en
principe constituer une pierre d’achoppement.
Cependant : Le
problème des gouvernements qui attendent des dons, des
aides et des prêts des grandes puissances, du Fonds
monétaire international (FMI) atteint, avec mon énorme
regret, les organisations de la société civile et les
ONG qui peuvent être classées comme suit :
Les premières
dépendent des dons d’organisations et d’Etats
occidentaux qui leur imposent des programmes déterminés,
en échange de ces dons, et elles ne s’aventurent pas à
contrarier ces parties pour ne pas perdre le financement
nécessaire. Il est de coutume que ces organisations
soient laïques et ne croient pas, en l’occurrence, à
l’importance des sanctuaires, estiment qu’elles n’ont
pas de rôle à jouer dans ce domaine et que cette tâche
incombe aux associations et organisations religieuses.
Les deuxièmes
assurent leur autofinancement et sont en général des
associations caritatives et religieuses, tels les
Comités des fonds de zakat, les formations
professionnelles et syndicales. Elles considèrent
l’activité caritative et sociale et les prestations
accordées à leurs adhérents comme leur vocation
principale, estimant ainsi secondaires l’élaboration de
programmes et la prospection des moyens à même de
contribuer à la protection des sanctuaires.
Les deux types
d’organisation vivent une véritable tragédie qui les
gène inéluctablement à accomplir le rôle escompté. En
effet, les organisations de la société civile ne sont
que des sociétés comprenant des membres dont le nombre
s’amenuise et n’augmente jamais, jusqu’à ce que la
compétition touche leur organe de direction. Dans ce
contexte, il est impossible pour une organisation, dont
le nombre ne dépasse pas celui de son organe
d’administration, d’accomplir un acte concret, car elle
est faible, impuissante et ne désire aucunement se
montrer au grand jour. Le leadership est plus important,
dans ce cas, que n’importe quelle cause primordiale que
nous devons traiter de façon pragmatique et réaliste.
Un Fonds islamique
unifié pour la zakat
Il s’agit d’un
projet ambitieux de grande envergure, plausible et
réalisable que de créer un Fonds islamique unifié de la
Zakat. Je suis sûr que ce Fonds pourra, durant quelques
années seulement, avoir une influence considérable. Il
permettra, j’en suis convaincu, aux organisations non
gouvernementales de se passer des dons occidentaux
octroyés sous conditions, et de donner davantage de
liberté d’agir aux composantes de la société civile,
particulièrement en Palestine. Il est important que vous
sachiez que la grande majorité des ONG dépendent
entièrement de dons occidentaux et n’ont pas intérêt à
lutter contre les plans sionistes.
Une nouvelle vision
du rôle d’Al Qods
Il est serait
judicieux de présenter une nouvelle vision qui soit
davantage pragmatique et réaliste, concernant le rôle
des sanctuaires dans la vie, de même, il faut doter les
composantes de la société civile de cette nouvelle
approche qui doit contenir les idées suivantes :
1. La plupart des
sanctuaires en Palestine sont des lieux de culte sacrés
dont l’atteinte constitue un acte hostile aux religions
révélées et contraire à leurs enseignements.
2. Les sanctuaires
en Palestine ont toujours été source de spiritualité
pour des centaines de millions d’humains.
3. Les sanctuaires
sont une source de rayonnement culturel et des
indicateurs de l’histoire politique et sociale, du mode
de vie des êtres humains et une expression de la mission
de l’homme sur cette Terre ; de même qu’ils sont une
preuve irréfutable sur le caractère mensongère des
versions sionistes de l’histoire de cette terre.
4. Les sanctuaires
représentent des écoles d’architecture, d’ingénierie,
d’arts picturaux, de sculpture et de gravure, outre leur
rôle dans l’histoire de la civilisation humaine.
5. Les sanctuaires
sont un moyen de développement durable pour la Palestine
et ses habitants. L’historien Nacer Khusraw qui a visité
Al Qods en 1047 après JC avait dit : "la population de
la Mésopotamie accomplissait le pèlerinage à Bayt Al
Maqdis. Le nombre des pèlerins au cours du mois Dhou al
Hijja de cette année dépassait les 20 mille". Même, à
une époque très proche, les pèlerins originaires de la
Mésopotamie et du Nord de l’Afrique, ainsi que les
musulmans d’Europe venaient à Bayt al Maqdis pour les
rites d’Al Ihram, avant de se rendre à la Mecque.
6. Les sanctuaires
ont permis un brassage et une interaction des
civilisations, tant ils étaient ouverts à tous les
croyants des quatre coins du monde. Cette situation a
changé après la mainmise des sionistes.
7. L’existence de
ces sanctuaires sur nos territoires est une source de
grande fierté ; ceci nous engage à veiller et à les
préserver, au service des religions révélées de la terre
sainte.
De quelle société
civile nous parlons ?
Nous ne pouvons
évoquer la société civile palestinienne en des termes
généraux. Il est de l’ordre de l’impossible pour des
milliers de personnes séparées de faire quoi que ce
soit. Pour aboutir à n’importe quelle réalisation,
l’organisation s’avère nécessaire. La société civile,
réunie dans des associations, organisations, syndicats,
unions et centres de recherche, d’information et des
droits de l’homme, est celle que nous visons. La société
civile doit se baser sur le volontariat fructueux et
établir des programmes clairs et déterminés. Une telle
société doit également avoir la liberté de prendre les
décisions ; chose qui ne peut être possible que grâce à
l’autofinancement, afin que ces organisations et
institutions puissent mettre au point leurs programmes,
sur la base des intérêts religieux et nationaux
suprêmes, loin de toute considération indépendante de
leur volonté.
Par où allons nous
commencer ?
Je crois qu’il est
judicieux d’élaborer un mécanisme d’action nécessaire,
d’une part, à la promotion du rôle de la société civile
palestinienne dans la protection des sanctuaires et,
d’autre part, à la dynamisation de ce rôle. A mon avis,
ceci doit se baser sur ce qui suit :
1. Appeler les
composantes de la société civile palestinienne à
s’ouvrir à l’ensemble des Palestiniens et à proposer des
programmes efficaces.
2. Démocratiser les
structures de ces organisations, toutes tendances
confondues, en vue de leur dynamisation et leur
enrichissement en potentialités quantitatives et
qualitatives, susceptibles d’être de quelque apport à la
réalisation de leurs programmes.
3. La nécessité de
placer la mission de protéger les sanctuaires et de
lutter contre les visées sionistes à ce sujet à la tête
des objectifs de ces programmes, aussi bien religieux,
spirituels que pragmatiques, et ne pas s’arrêter
uniquement à l’aspect religieux. En effet, les
syndicats, les unions professionnelles, les unions des
métiers et des commerces doivent être conscientes que la
libération des sanctuaires des mains des sionistes, est
un objectif religieux, humain et national, mais aussi le
prélude à une Palestine riche, à la faveur notamment du
tourisme religieux.
4. Créer un Fonds
islamique qui assurera le financement des activités de
l’ensemble des institutions de la société civile. Le
financement doit obéir à un certain nombre de conditions
dont :
a) Le nombre des
membres de l’institution précitée doit être raisonnable,
pour s’assurer que cette dernière impliquera le plus
grand nombre de personnes dans ses activités.
b) La partie
concernée doit s’engager à organiser des élections de
façon périodique et continue, afin de garantir un
système d’alternance réussi.
c) Les institutions
doivent posséder des budgets programmés sur plusieurs
années et approuvés par un audit et révisés avant les
réunions de l’organe central.
d) Assurer un
système de contrôle financier autonome en contact direct
avec la direction du Fonds. Il s’agit d’un organe qui a
le droit de procéder au contrôle financier et de
s’assurer des dépenses prévues par le programme financé.
5. Tenir un congrès
constitutif pour réunir les composantes de la société
civile palestinienne autour d’une mission commune, en
l’occurrence la protection des sanctuaires.
Des tâches urgentes
et nécessaires
Les organisations,
les associations, les centres, les unions et les forces
de la société civile doivent se mobiliser, tout d’abord,
par une action soutenue, en prélude à une campagne
permanente qui aura pour objectifs de protéger les
sanctuaires. Ceci peut être résumé dans ce qui suit :
1. Inviter le
ministère palestinien de l’Education et de
l’Enseignement à valoriser la question d’Al Qods, faire
connaître, outre la facette spirituelle, les aspects
politiques, économiques, sociaux et culturels y
afférents, prévoir des visites obligatoires aux
sanctuaires pour les étudiants et proposer à ces
derniers, quel que soit leur spécialité, comme thème de
dissertations les sanctuaires dans ses différents
aspects.
2. Rechercher les
mécanismes qui confortent les liens entre les
composantes de la société civile et les sanctuaires.
3. Engager une
campagne continue de sensibilisation des différents
secteurs sociaux, notamment de la jeunesse, à l’ampleur
de la tâche qui nous incombe dans la protection des
sanctuaires.
4. Appeler les
citoyens à s’attacher à toutes les composantes du
patrimoine matériel, y compris les pierres des vieilles
maisons, et initier une campagne de sensibilisation
visant les investisseurs et les entreprises immobilières
pour utiliser ces pierres dans la construction de
maisons, d’immeubles, voire même d’établissements
publics.
5. Inciter les
municipalités et les autorités locales à interdire
l’usage de nouvelles pierres dans les travaux de
reconstruction ou restauration dans les régions et sites
historiques, telles Al Qods, Naplouse, Bethléem et
autres, pour préserver le cachet historique de ces
villes.
6. Créer un site
web performant qui s’intéresse aux questions des
sanctuaires, démasque les actes sionistes à l’égard de
ces lieux sacrés. A noter que la partie sioniste possède
des pages web importantes.
7. Produire des
documentaires et des spots publicitaires qui appellent
les croyants où qu’ils soient à se mobiliser pour la
protection des sanctuaires en Palestine, face à
l’occupation sioniste et à œuvrer à diffuser ces films
et spots sur les chaînes satellitaires à travers le
monde et dans les différentes langues, l’objectif étant
d’atteindre non seulement le public arabe et islamique
mais également chrétien, juif et de différentes
confessions. Le monde entier se souviendra de la
position des musulmans et chrétiens concernant la
destruction des statues bouddhistes.
8. Assurer un
contact permanent et efficient entre les composantes de
la société civile et l’ensemble des organisations et
institutions de la société civile internationale, sur la
base du partenariat et non de dons. En d’autres termes,
les organisations palestiniennes doivent contribuer
financièrement à des activités de partenariat et cesser
de tendre la main à l’Occident et à ses organisations.
Un discours
d’information moderne
Nul ne peut ignorer
l’importance de l’opinion publique internationale dans
la réalisation de nobles objectifs. Pour atteindre
l’opinion publique mondiale et gagner son soutien, il
convient de s’armer d’un discours médiatique non raciste
et non chauviniste. Le monde n’est obligé d’accepter
votre discours médiatique, aussi convaincu que vous êtes
de ce discours. De ce fait, notre discours doit être
caractérisé par ce qui suit :
1. Etre humaniste,
international et en général dans l’intérêt de tous, loin
de tout aspect ou indicateur de chauvinisme ou de
complexe de supériorité.
2. L’appel à la
protection de tous les sanctuaires doit être adressé aux
adhérents de toutes les confessions sans aucune
exception.
3. Communiquer avec
les communautés du monde à travers leur langue,
l’atteindre avec ses propres moyens, car le discours en
arabe ne saurait être compris par les non arabophones.
4. Le discours
médiatique doit influencer le public ciblé, suivant sa
culture, son histoire et sa civilisation ; ce qui
implique une connaissance au préalable des autres, avant
d’entamer tout discours.
5. Un seul discours
pour le monde entier. Il ne convient pas de dire en
langue arabe un discours contraire à ce qui est dit en
anglais ou dans d’autres langues.
6. Mettre à profit
les supports médiatiques internationaux et les tribunes
mondiales et choisir les profils nécessaires pour chaque
activité. Il serait aberrant de donner la parole à une
personne qui ne maîtrise pas l’anglais, lors d’une
émission d’une chaîne anglophone, ou qui ignore la
nature du public auquel il s’adresse.
7. Recourir à un
langage claire et non à la langue de bois. Ceci nous
impose de s’intéresser aux documents, événements
historiques, chiffres et statistiques sures.
Conclusion
En guise de
conclusion, nous ne cesserons de réitérer la nécessité
d’adopter une attitude pragmatique et réaliste, forte de
l’unanimité de tous les acteurs autour d’un programme
unifié de l’autofinancement. Nous devons également
s’adresser au monde dans un langage moderne et sincère ;
faute de quoi, toute action individualiste isolée se
solderait inéluctablement par l’échec.
Annexe 1
Les agressions
sionistes contre
les sanctuaires en
Palestine occupée en 48
L’auteur israélien
Miron Benvensi affirme que la destruction des cimetières
islamiques n’a pas été motivée par des besoins
économiques ou par l’utilité publique, mais visait à une
purification ethnique des morts, car l’existence de ces
cimetières est une preuve sur la propriété des terres.
D’aucuns connaissent les agressions continues commises
contre les cimetières islamiques et chrétiens, notamment
la destruction, la profanation, et la suppression.
Israël avait détruit en 1948, durant et après la guerre,
400 Mosquées et lieux de culte, confisqué des dizaines
de biens immobiliers des waqf et annexé 600 mille
donames de waqfs islamiques et chrétiens, transformé
plusieurs mosques en bars, musées et casinos. Il a de
même rasé des dizaines de cimetières islamiques pour
construire à leurs places plusieurs fermes et colonies.
Après l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de
Gaza, Israël a poursuivi sa politique répressive contre
le peuple palestinien, ses terres et ses sanctuaires.
Les départements du waqf islamique a fait part de plus
de 1500 agressions contre les sanctuaires islamiques
depuis 1967. Et depuis 1994, les autorités israéliennes
ont bouclé les territoires palestiniens et empêché les
musulmans et les chrétiens de se rendre aux lieux de
culte dans la ville d’Al Qods occupée.
Les Mosquées
transformées
1. Mosquée Al
Bassa- juridiction de Akka -(Chlomy), écurie.
2. Mosquée
Zib-juridication de Akka (Akhzif), dépôt de matériel
agricole pour le parc Akhzif.
3. Mosquée Aïn
Zaytoun -juridiction Safad, écurie.
4. Mosquée Al Ahmar
-Safad, transformée en club d’artistes.
5. Mosquée Asouk
-Safad- transformé en galerie de statues et de photos.
6. Mosquée Al Kalâa
-Safad- transformée en bureaux de la municipalité Safad.
7. Mosquée Al
Khalissa -(Kariat Chemmouna), transformée en musée
municipal.
8. Mosquée Dar Al
Baydae, ouest de Nine, à côté d’une station d’essence,
transformée en bureaux.
9. Mosquée Bourj
-Akka, transformée en bureaux des oeuvres
universitaires.
10. Mosquée Aïn
Hawd, juridiction Haïfa, transformée en restaurant-bar.
11. Mosquée Al
Qasim à Quissaria, à côte de Haïfa, transformée en
cabinet d’ingénieurs.
12. Mosquée Al
Jadid à Quissaria, transformée en bar-restaurant.
13. La Mosquée Al
Hamma - plateau du Golan, fermée et utilisée comme dépôt
de vins et de produits de restauration.
14. Mosquée Saksak
-Yafa, le rez-de-chaussée est devenu une usine de
plastique, alors que le premier étage abrite un casino.
15. Mosquée Tabia,
fermée et sert d’habitation pour un chrétien.
16. Mosquée Majdal
Asqalane, transformée en musée alors qu’une autre partie
abrite un bar restaurant.
17. La Mosquée Al
Malha -Al Qods, une partie est utilisée comme habitation
par un juif alors que la terrasse de la Mosquée sert de
lieu d’animation.
18. La Mosquée Al
Kabir -Biir Sabae, en état de délabrement, mais a servi
auparavant comme musée.
19. La Mosquée
Assaghir -Biir Sabae, transformée en magasin pour un
juif.
Des Mosquées et des
lieux de culte transformés en synagogues
1. Mosquée Maqam
Yaacoub -Safad, transformée en synagogue.
2. Mosaquée Yaqouq
-juridication de Tabaria, transformé en cimetière juif
baptisé Habqouq.
3. Mausolée Sit
Soukayana à Tabaria, transformé en cimetière juif du nom
de Rahel.
4. Marabout Cheikh
Daniel -Dana à l’est de Tamara Zaabia- juridiction de
Bissan, transformé en tombeau juif du nom de Dan.
5. Mosquée Afoula,
transformé en synagogue.
6. Mosquée Kafarita
-Kafr Ata, transformée en synagogue.
7. Mausolée Cheikh
Chahada : plusieurs activistes juifs veulent le
transformer en tombeau juif du nom de Tasyoun Ben
Jadaoun). Plusieurs violations y ont été commises.
8. Marabout Samaan
-nord ouest de Qalqilia, tranformé en tombeau juif
portant le même nom.
9. Tombeau
Benyamin, ouest de Qalqilia, transformé en tombeau juif
du même nom.
10. Mausolée d’Ali
-Yazour, transformé en synagogue.
11. Maqam Abou
Hourayra à Yebna -juridiction Ramalah, transformé en
synagogue du nom du rabbin Jamlinil.
12. Mosquée du
Prophète Robin -Sud de Yafa, transformée en synagogue
baptisée "Raoubine Ben Jacob".
13. Maqam Cheikh
Gharbaoui, Ouest du village Madia, transformé en tombeau
juif du nom de Matatyahu.
Des Mosquées et
lieux de culte fermés, en état de délabrement ou
détruits :
1. La Mosquée Oum
Faraj -juridiction de Akka- (Ben Ami), détruite le
04-12-1997.
2. Mosquée Oued
Hawarith -juridiction de Tolkarem (près d’Al Khadira),
détruite par des Juifs le 03-02-2000.
3. Mosquée Cheikh
Neima -Safad, détruite alors que le minaret est en état
de délabrement.
4. Maqam Al Khadr
-Bassa- Shlomy, négligé.
5. Mosquée Zidani à
Tabaria, fermée et en état de délabrement.
6. Mosquée Al Bahr
à Tabaria, fermée et délaissée. La municipalité de
Tabaria l’a restaurée pour servir de musée, mais un juif
y a mis le feu le 06-02-2000.
7. Mosquée Hittine
-Juridiction de Tabaria, (Kafar Zitim), fermée plusieurs
fois par le département des domaines d’Israël.
8. Mosquée Amqa
-colonie Amqa, fermée et délaissée, elle menace de
tomber en ruine.
9. Maqam Cheikh
Mohamed Qwiqat -Bayt Haiimaq, délaissé.
10. Maqam Nabi
Yarchaa, (Matsoudat Yachaa) -juridiction de Safad,
délaissé.
11. Deux Mosquées à
Khan Jeb Youssef (Kibouts Amiâad), délaissées.
12. Maqam Cheikh
Ibriq -Côte de Haïfa, en état de délabrement.
13. Maqam Cheikh
ibriq -Taboun- en état de délabrement.
14. Maqam Nabi
Houchan -Houcha- nord d’ibtn -jurisdiction de Haïfa,
restauré par les musulmans.
15. Mosquée Ibten
-juridiction de Haïfa, délaissée.
16. Mosquée Ahmed
-Akka, délaissée.
17. Mosquée Samiria
-juridiction Akka, fermée par le département des
domaines d’Israël.
18. Maqam à
Manichia -Akka, habité par une famille musulmane qui
veille sur ce lieu.
19. Mosquée
Manchia, négligée.
20. La petite
Mosquée d’Haïfa, en état de délabrement, et il est
interdit aux musulmans de la restaurer ou de l’utiliser.
21. Maqam Souhaili,
Balad Chiekh, Haïfa, en état de délabrement.
22. Mosquée Loujoun
-Majidou, transformée auparavant en menuiserie, elle se
trouve actuellement dans un état de délabrement
23. Mosquée Maâloul
-juridication Nacera, une grande partie est détruite.
24. Maqam à Tira
Karmal -juridiction de Haïfa, en état de délabrement.
25. Mosquée Sarfand
-Haïfa, en état de délabrement.
26. Mosquée Ajzam,
à côte de Haïfa, fermée par le département des Domaines
d’Israël et interdit au public. Toute personne qui
enfreint cette décision court le risque d’être
emprisonnée.
27. Maqam Cheikh
Ali -Jabaâ- Côte de Haïfa, négligé.
28. Mosquée Oum
Alaq, Rouha (Rimat Hendif), négligée.
29. Mosquée Al
jadid -Quissaria, détruite.
30. Maqam Cheikh
Mohamed -Al Khadira, négligé.
31. Maqam
Jamaleddine Aqouch -sud de Biir Sekka, en état de
délabrement.
32. Mosquée
Sayidina Ali -Haram (Hertselia), restaurée par les
musulmans et continue de servir de lieu de prières.
33. Maqam Sadeq,
Majdal Sadq -Sud de Kafr Qassem- juridiction Ramalah,
négligé.
34. Maqam Nabi
Yahya -Maziriaa- juridiction Ramalah, en état de
délabrement.
35. Maqam Abi Awn
-Jaljoulia, en état de délabrement.
36. Maqam Seraqa,
ouest de Qalquilia, en état de délabrement.
37. Maqam à Al
madhadra, est de Tira Beni Saâb, en état de délabrement.
38. Mosquée Misqa,
ouest de Tira Beni Saâb, une grande partie est détruite.
39. Maqam Yazour
-juridiction Yafa, en état de délabrement.
40. Maqam Ahmed
Iqbal Asdoud -juridiction Gaza, en état de délabrement.
41. Mosquée Asdoud
-juridiction de Gaza, destruction de plusieurs de ses
parties et le reste est en état de délabrement.
42. Maqam Cheikh
Awad -Asqalan- Juridiction de Gaza, délaissé.
43. Maqam Tamim
Dari, Beyt Jibril -juridiction d’Hébron, délaissé et
incendié il y a trois ans.
44. Mosquée
Zakaria, au nord de Beyt Jibril, délaissée.
45. Mosquée Dir
Cheikh -monts d’Al Qods, délaissée.
46. Mosquée Aîn
Karem -Al Qods, délaissée et utilisée comme refuge pour
les toxicomanes et lieu de débauche.
47. Mosquée Lafta
-Al Qods, délaissée.
48. Maqam Majirmi,
Tantoura, à côte de Haïfa, délaissé.
49. Mosquée et
Maqam Falouja -juridiction de Gaza. Le maqam a été
détruit il y a un an et demie.
50. Maqam Mohamed
Akamin, Al Majdal, Tabaria, négligé.
Les violations
sionistes des cimetières
1. Ont été rasés le
cimetière Aquer, près de Ramla, le cimetière Salma et le
cimetière Abbassia près de Yafa, Asqala, Al Istiqlal, à
Haïfa. A la place des cimetières rasés ont été
construits des unités de logement, des centres
commerciaux et des zones industrielles.
2. Une autre partie
des cimetières ont été transformées en décharges tels
les cimetières Khayria, Yazour dont ont peut lire à
l’entrée "décharge publique".
3. Des cimetières
ont été rasés pour ouvrir des voies, établir des fermes,
des parcs publics.
4. Cimetière Aïn
Ghazal transformé en décharge.
5. Cimetière Aïn
Hawd transformé en parking.
Annexe 2
Les violations
sionistes des sanctuaires
chrétiens
Les sanctuaires
chrétiens ont fait l’objet, durant les 50 années
écoulées, d’agressions par les autorités israéliennes
publiques, ou commises par des extrémistes juifs. En
effet, ont été détruits et confisqués plusieurs waqf et
biens immobiliers. De même, plusieurs églises ont été
brûlées. Lors d’une conférence sur Al Qods, tenue à
Amman en 1993, Constantine Qarmach, chef spirituel des
romains orthodoxes à Al Qods a fait savoir qu’en 1922,
la Palestine comptait 196 monastères et églises et qu’en
1993, il ne restait que 48 églises et 47 monastères.
Les églises qui ont
été détruites, confisquées ou pillées
Les autorités
israéliennes ont détruit des dizaines d’églises dans
plusieurs villages et villes palestiniennes anéantis en
1948, telles l’église Al Bassa et l’Eglise Achajara. Le
23/07/1992, les Israéliens ont démoli l’Eglise de la
Sainte Piaget à Jebel Zaytoun, et détruit les
dépendances du monastère Chiaar et la chapelle qui s’y
trouve.
Les autorités
israéliennes ont confisqué plusieurs églises et terres y
relevant, telle Al Mansouria, Iqrat et les terres de
l’église détruite Al Bassa. Israël a également mis la
main sur l’Eglise orthodoxe à Haïfa, et empêche
l’accomplissement de la prière dans ce lieu pendant
trois ans. Lorsqu’elle a été récupérée par les
chrétiens, les extrémistes juifs commençaient à jeter
des ordures sur les croyants, comme a été le cas lors de
la messe solennelle organisée par le Métropolite
Assidorousse Matran à Nacerah en 1951.
Les autorités
israéliennes ont confisqué une autre église à Nacerah et
une autre à Al Qods, ainsi que des terres relevant de
l’Eglise russe sur lesquelles ont été construites
l’hôpital Hadassa à Aïn Karem. En 1948, le gouvernement
israélien a mis la main sur des biens immobiliers et des
propriétés du Conseil du culte orthodoxe à Haïfa. Après
une série de procès, il s’est avéré qu’ils faisaient
partie du domaine de l’église. Mais le gouvernement
israélien a loué ces terres à des juifs, pour des sommes
symboliques. L’administration israélienne a transformé
certains domaines appartenant à l’Eglise orthodoxe à Al
Qods en zones vertes. En 1948, ont été confisqués 1000
donames relevant d’une autre église.
De même, plusieurs
églises ont été pillées par des bandes israéliennes. En
1969, un groupe juif a volé l’icône de la Vierge Marie
et sa couronne en or de l’Eglise de la Résurrection à Al
Qods. En 1978, ont été pillés l’Evangile doré, des Croix
en cuivre et or, des icônes précieuses, des ustensiles
sacrés de la cathédrale russe à Yafa. Un autre groupe
juif avait fait irruption, en 1979, dans la cathédrale
russe à Yafa et volé plusieurs objets. En 1984, des
portes et des fenêtres de l’Eglise russe ont été
saccagées dans la ville de Tabaria.
Les cimetières
n’ont pas échappé aux agressions israéliennes. En 1948,
les Israéliens ont rasé des cimetières pour établir à
leurs places des champs, tels les cimetières de Sirine,
Maaloul, Bassa, et Al Mansoura transformée en décharge
publique.
De même, certaines
églises ont été incendiées. Un groupe juif a mis le feu
dans l’Eglise baptiste à Al Qods et sa bibliothèque, et
ce le 08/11/1982. En 1987, un groupe des partisans du
rabbin extrémiste Mounir Kahana a violé l’Eglise
anglicane à Akka, brûlant tous ses objets, dont le livre
saint, et ont écrit sur les murs "Kahana, roi des
juifs".
Le 19/05/1995, un
extrémiste juif a mis le feu dans l’Eglise Al Jouthmania
à Al Qods. Il a agressé un prêtre en l’aspergeant
d’essence, dans une tentative de le brûler vif. Le
24/05/1995, un extrémiste juif a ouvert le feu au sein
de l’Eglise Saint Antoine à Yafa.
En outre, les
extrémistes juifs ont commis des actes immoraux dans des
sanctuaires chrétiens en 1987. A titre d’exemple, les
membres d’un groupe de juifs extrémistes ont pissé dans
plusieurs endroits du monastère de la Croix à Al Qods.
Ce qui a entraîné sa fermeture pendant neuf mois aux
visiteurs juifs en signe de protestation contre ces
provocations.
Agressions contre
des religieux chrétiens
Deux moines
orthodoxes ont été tués en 1948 à Al Qods par des bandes
juives. De même a été massacré un étudiant orthodoxe
dans le monastère Qatamoun à Al Qods par des juifs. En
1979, des groupes juifs ont couvert les murs, les
façades de librairies, les monuments historiques
chrétiens d’effigies provocatrices et d’écritures tels
"vous les porcs missionnaires, retournez dans vos pays".
De même, des religieux chrétiens ont reçu des menaces et
ont subi des provocations et injures proférées par des
extrémistes juifs. En 1979, l’archimandrite Philoménus a
été tué dans le monastère orthodoxe de la ville de
Naplouse par des Juifs. En 1980, des extrémistes juifs
ont brûlé des centaines de copies du nouveau Testament,
lors d’une cérémonie publique parrainée par une
association juive appelée Yad Lakhim (main de la
fraternité).
En 1983, deux
religieuses russes ont été tuées à Aïn Karem, à Al Qods.
En outre, plusieurs religieux chrétiens ont été exilés,
alors que d’autres ont été arrêtés pour subir les pires
formes de provocation.
Le 19/12/1989, des
soldats israéliens ont ouvert le feu en direction de
jeunes qui fêtaient l’anniversaire du Saint Nicolas dans
l’Eglise de Bayt Jala, blessant plusieurs d’entre eux. A
la fin de l’année 1990, des membres des forces de
l’occupation ont jeté des bombes lacrymogènes dans
l’Eglise de Bayt Jala. Plusieurs croyants ont été
asphyxiés.
L’ingérence dans
les affaires internes de l’Eglise
En dépit de
l’accord international signé avec le Vatican en vertu
duquel Israël s’engage à respecter la liberté de culte
dans les églises, et à ne pas intervenir dans leurs
affaires internes, les forces d’occupation se sont
ingérées dans les affaires de l’Eglise, en imposant la
nomination d’un chef de l’Eglise ou la mise au point
d’un programme de fêtes. Depuis sa création, Israël a
œuvré à la désignation de dirigeants d’église proches de
lui. Durant les cinq dernières années, les gouvernements
israéliens successifs se sont opposés à la nomination de
chefs d’église sympathisants de la cause palestinienne
et des causes arabes. La dernière intervention en date
consistait dans le refus d’Israël de désigner Boutros
Maama Matrana, métropolite de l’Eglise grecque, et sa
pression sur les religieux chrétiens pour choisir un
autre dirigeant. Ceci a contrarié le Vatican dont
l’ambassadeur à Israël, Petro Sali, a martelé que "la
désignation de religieux chrétiens est du ressort de
l’Eglise et non du gouvernement d’Israël. Nous ne
permettrons à quiconque d’intervenir à ce sujet". Israël
vise ainsi à faire nommer des religieux qui lui sont
favorables, pour des fins politiques, particulièrement
électorales.
Les autorités
israéliennes ont imposé depuis 1967 des mesures qui
prévoient de confier la protection des églises à la
police israélienne. Ce qui a entraîné plusieurs actes de
pillage et de tentatives d’incendier ces lieux de culte.
De tels événements ne se produisaient pas auparavant.
Israël met des
entraves à la pratique des rites chrétiens
Durant les neuf
années écoulées, les autorités de l’occupation n’ont eu
de cesse d’empêcher l’accès des chrétiens à Al Qods pour
accomplir leurs rites religieux dans leurs églises en
toute liberté, et participer aux cérémonies religieuses,
particulièrement celles célébrant la naissance de Jésus.
La procession religieuse commence par Al Qods jusqu’à
Bethléem. Lors de l’anniversaire de la Vierge, célébré
chaque année, les chrétiens, deux semaines durant,
commémorent, en compagnie de plusieurs pélerins, cet
anniversaire, par des marches. Mais les mesures
israéliennes empêchent les chrétiens résidant en
Cisjordanie et dans la Bande de Gaza d’y prendre part ;
ce qui constitue une violation des plus simples droits
de l’homme à la pratique religieuse.
La position
israélienne à l’égard de la célébration du deuxième millénaire
de la naissance de Jésus
Israël tentent de
diffuser des rumeurs selon lesquelles des groupes
chrétiens baptisés "Chrétiens mécontents" auraient
l’intention de commettre des actes de sabotage, de
détruire Al Haram et d’entreprendre un suicide collectif
dans la ville d’Al Qods. Il essaye ainsi de semer la
panique dans les rangs des pèlerins chrétiens et de les
empêcher de cette façon de participer aux manifestations
marquant la célébration du 2e millénaire.
Les autorités
israéliennes œuvrent à dévier l’itinéraire du pèlerinage
historique sur le chemin emprunté par Jésus, de Nacerah
à Bethléem, en passant par le village Berquine à Jenine,
qui a connu un miracle, jusqu’à Naplouse, Ramallah et Al
Qods. Ainsi, cet itinéraire ne concernera plus les
régions de l’Autorité nationale palestinienne.
Des entreprises
israéliennes ont déjà entamé la construction d’un
complexe d’unités hôtelières baptisé Bethléem, au sud de
la ville, lieu de naissance de Jésus, dans une tentative
de détourner les touristes affluant à cette ville et de
porter préjudice à l’activité touristique de cette cité
historique.
Les guides
touristiques israéliens ne ménagent aucun effort pour
donner des informations erronées aux touristes étrangers
qui viennent visiter les monastères et les églises,
déformer la vérité et porter atteinte à la confession
chrétienne. Israël a dressé tous les écueils devant les
Arabes qui ont un fort potentiel pour ce métier.
A signaler, à ce
propos, que la politique israélienne se démène toujours
pour compromettre le tourisme religieux dans les
territoires sacrés, à travers l’oblitération des
sanctuaires islamiques et chrétiens (Mosquées, églises
et cimetières). Les tentatives de créer la tension entre
les musulmans et les chrétiens (affaire de Maqam Chihab
Eddine), l’établissement de la colonie de Harhoma sur le
Mont D’Abou Ghanim, à l’entrée de Bethléem, le
détournement de la destination des touristes et les
violations ininterrompues de la Mosquée Al Aqsa et de la
Mosquée Abraham à Hébron, convergent vers les objectifs
israéliens visant à marginaliser la présence
arabo-islamo-chrétien dans les lieux sacrés, et
conforter la présence israélienne en Palestine.
L’objectif
principal du contrôle des lieux sacrés en Palestine
consiste à s’emparer entièrement du secteur du tourisme
religieux qui constituera dans le futur une ressource de
grande envergure pour l’économie de ce pays.
(*) Le président du Centre d’information de Jenine,
Jenine, Etat de Palestine.