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Note

 

Le rôle de la société civile palestinienne

dans la protection des sanctuaires

Pr Adnan Ibrahim Hassan Sabah(*)

 

Introduction

Il est de coutume que la plupart des personnes croient que les sanctuaires ont une seule et unique fonction, en l’occurrence son rôle dans le rapprochement de Dieu. D’aucuns estiment de ce fait que ces lieux saints n’ont pas besoin d’être protégés par les humains puisque Dieu y veille, selon le célèbre adage. Ils évoquent constamment  cette réalité, lorsqu’ils sont tenus de répondre à tout appel les incitant à remplir leur rôle dans les initiatives visant à la protection des sanctuaires. Ils sont en train, de par cette position, de se désengager de leurs devoirs, voire de les ignorer entièrement. En effet, l’auteur de l’adage précité n’était pas croyant, et ses sentiments envers son cheptel de camélidés étaient plus forts que son rapport avec Al Haram. D’autre part, il est à relever le cantonnement des lieux du culte dans leurs aspects sacrés et moraux, sans établir de liens avec la vie quotidienne des croyants ou des adhérents d’une même religion.

Aussi la première tâche qui incombe à votre conférence consiste-t-elle à doter la philosophie du mouvement populaire de la protection des sanctuaires en Palestine d’un aspect réaliste et pragmatique. Cette philosophie se doit de conjuguer la spiritualité et la sacralité du lieu à son importance cruciale dans le développement durable et dans le progrès civilisationnel, et de transmuer les simplistes conceptions, ancrées chez le commun des gens vis-à-vis de ces espaces, en une philosophie des spiritualités de la civilisation arabe en Palestine aussi riche et variée soit-elle.

Les dépositaires de tous les sanctuaires

Il nous appartient, pour concrétiser cet objectif, d’approfondir la conviction chez la communauté palestinienne, musulmans, chrétiens et juifs anti-sionistes et opposants au mouvement sioniste, qu’ils sont les dépositaires et les gardiens permanents de tous le sanctuaires et que Dieu nous a chargé, de la défense de Ses sanctuaires, de Ses livres saints et de Ses messagers. Les musulmans assument la grande part de la responsabilité quant à la réactivation de ces conceptions, l’islam étant une religion de clémence qui reconnaît toutes les religions révélées et tous les Prophètes et messagers. L’islam est de ce fait une religion de tolérance et de clémence qui unifie toutes les religions célestes, rejette le racisme et le chauvinisme. Même en réponse au mythe sioniste qui avance que les juifs ont été chassés de cette terre, laissant derrière eux leurs sanctuaires (qui sont nos sanctuaires), nous avons gardé et préservé ces lieux saints, au fil des âges, partant de notre foi en Dieu le Très Haut, en Ses livres et Ses messagers. A cette fin, nous devons prendre le relais et assumer l’honorable mission illustrée par le comportement exemplaire d’Amir Al Mounimine (commandeur des croyants) Omar Ibn Al Khattab, agréé de Dieu le Très Haut, lorsqu’il a refusé d’accomplir la prière dans l’Eglise de la Résurrection, et choisi de la faire dans une terre déserte qui a accueilli par la suite la Mosquée d’Omar dans la ville sainte. Même à l’époque contemporaine, les juifs avaient le droit d’accéder au Mont Scopus, en dépit des actes agressifs qu’ils ont perpétrés contre notre peuple et nos terres, jusqu’ils aient occupé la ville sainte toute entière en 1967. Depuis cette date, ils n’ont eu de cesse de priver les musulmans et les chrétiens d’accéder aux lieux de culte situés à Al Qods.

Les ennemis de Dieu le Très Haut

Ils sont les ennemis de Dieu, de la foi et des autres religions. Depuis qu’ils ont mis les pieds en Palestine, ils n’ont ménagé aucun effort pour rayer toute empreinte arabe sur cette terre. La destruction et la fermeture de sanctuaires islamiques et chrétiens à Al Qods en 1948, et leur usage à des fins contraires à la morale et à la religion, la démolition et la judaïsation d’anciennes habitations, voire des quartiers tout entiers, et l’interdiction à la population locale de restaurer leur habitations menaçant de tomber en ruine pour que les juifs construisent des édifices à l’occidental, sont autant d’actes qui ont pour dessein d’altérer le cachet identitaire de la Palestine et lui conférer une empreinte sioniste occidentale. D’aucuns connaissent l’ampleur du racisme dirigé contre les groupes de juifs orientaux (Sépharades), par leurs compatriotes de souche occidentale. Les sionistes n’ont eu de cesse de porter préjudice aux autres religions, voire même aux messagers de Dieu censés appartenir à la dynastie d’Israël. En lisant la Torah, nous pouvons prendre conscience de la grave atteinte portée à ces Prophètes, accusés de corruption, de trahison et de débauche. Tous ces faits doivent constituer une arme et des preuves irréfutables pour faire face à la propagande sioniste à travers le monde, en défendant les croyants où qu’ils soient. Ceci est à même de réaliser une mobilisation populaire de tous les croyants du monde, sans prosélytisme. Ceci implique également un appel aux simples juifs qui consiste à mettre à nu la politique sioniste hostile aux croyants. Il serait judicieux, à cette fin, de tenir une conférence des croyants sur terre qui aura pour mission de dégager une vision unifiée sur ces sanctuaires, d’établir une base pratique pour isoler les mouvements sionistes et démasquer leurs stratégies abjectes contre les sanctuaires islamiques et chrétiens. Ces actes doivent présentés à la communauté internationale en tant que pratiques contraires aux droits de l’homme et violations flagrantes des conventions internationales, des valeurs civilisées des sociétés modernes. Dans ce contexte, il serait important d’appeler l’Organisation des Nations unies et ses institutions et agences à jouer leur rôle dans la défense des principes fondamentaux qui ont présidé à leur création.

Des usurpateurs qui déforment l’histoire

Ils volent tout, des recettes de cuisine aux costumes et pierres des maisons qu’ils pillent pour construire leurs institutions et leurs lieux de culte, en vue de donner la preuve sur leur passage par ces terres.

Les Palestiniens connaissent très bien les vendeurs de pierres anciennes israéliens qui pillent ces pierres utilisées dans la construction d’établissements, voire de maisons présentés aux visiteurs et aux générations montantes et futures en tant qu’anciennes habitations qui attestent de leur existence séculaire sur cette terre. Ils ont pillé même le nom et l’appartenance. Ils ont usurpé, sans vergogne, l’appartenance au sémitisme, sans que les Arabes ne bougent le petit doigt. L’antisémitisme est devenu désormais une forme de racisme exercé contre les Juifs. Les sionistes peuvent même renier aux Arabes sémites leur appartenance à la race sémite. Ils ont par la suite volé et violé nos sanctuaires, le mouvement sioniste disposant de groupes spécialisés et très bien entraînés pour rechercher tout objet en relation avec le mouvement, allant même jusqu’à le voler et l’amener à Israël. Le rôle accompli par les bandits sionistes en Palestine constitue la preuve irréfutable sur ces faits. Ils sont là en train de battre un record par leur capacité extraordinaire à falsifier publiquement l’histoire, à l’ère de la mondialisation, de l’information et de la communication.

L’incapacité et la dispersion des autres

Les succès réalisés par le mouvement sioniste, dans sa guerre contre l’islam et le christianisme en Palestine, et même dans son combat contre des adhérents du culte juif, dont le groupe Natori Carta, sont en grande partie dus à la position faible des autres et à l’isolement internationale que nous avons choisi. Nous nous contentons d’un dialogue naïf avec nous-mêmes, de nos propres convictions, de jérémiades et de lamentations sur les réalisations du mouvement sioniste raciste, accumulant défaites, échecs et dégâts sur tous les fronts. Cette situation est imputable à notre incapacité à atteindre l’opinion publique internationale, particulièrement les croyants quelle que soit leur religion, et d’autre côté à l’anarchie et au cafouillage marquant notre action, individuelle, dispersée et improvisée, à tous les niveaux, politique, social, économique et religieux, outre la tare de la non spécialisation. Nous agissons quelque fois mal parce que nous entreprenons des initiatives qui sortent de la sphère de nos compétences, expériences et connaissances. Force est de constater que la lutte contre tout acte destructeur perpétré par le mouvement sioniste à l’encontre des sanctuaires en Palestine et de leur charge spirituelle de grande envergure, demeure sans effet tant qu’elle ne prendra pas une forme unifiée, et tant que nos activités ne constitueront pas une partie intégrante d’un même programme unifié et fédérateur, sur la base de l’expérience, du savoir et du langage du temps. Ceci engage les différentes composantes de la société palestinienne à s’armer d’un programme scientifique caractérisé par la clarté des objectifs et des mécanismes, flexible et acceptable par l’opinion publique internationale.

Le rôle officiel

Les gouvernements des Etats arabes, islamiques et du monde entier et les grandes institutions religieuses tels le Vatican, Al Azhar Asharif et les communautés religieuses dans la région assument leur responsabilité dans l’état de l’organisation de l’action islamo-chrétienne entreprise à l’échelle internationale pour la défense des sanctuaires en Palestine. A cette fin, l’Organisation de la Conférence islamique, la Ligue des Etats arabes, l’Union des Parlements arabes (UPA), les unions professionnelles, l’Organisation des Capitales et Villes islamiques, l’Organisation des villes arabes et autres institutions et organisations internationales assument la grande part dans cette responsabilité, en raison de l’absence de la question de la protection des sanctuaires en Palestine dans leur activités pratiques, de même qu’elles ne mettent pas à profit leur adhésion à l’ONU et à d’autres organisations régionales et internationales et les relations bilatérales entre les gouvernements du monde et leurs institutions officielles. Force est de constater, à ce propos, que la majorité des conférences et colloques se tiennent pour quelque jours seulement, en présence d’un nombre limité de personnes qui élaborent des décisions foncièrement théoriques. Jamais de telles conférences n’ont été sanctionnées par un programme pratique qui pourrait être mis en œuvre dans le cadre d’un plan clair et réussi, aussi minime soit-il.

Un programme qui n’unifie pas les rôles

Un haut responsable d’un pays arabe m’a confié un jour qu’il s’est entretenu avec le dirigeant de son pays, juste après les boucheries perpétrées à Jenine en 2002, et qu’il a trouvé ce dirigeant, allié pourtant de l’Occident, dans un état de colère noire. Il lui dit alors : "faites quelque chose ; qu’est ce que vous attendez ; faites quelque chose pour démasquer les Etats-Unis et Israël et les isoler. Vous, responsables des organisations internationales, vous pouvez faire beaucoup de choses pour ça, plus que nous. Nous ici, nous ne pouvons rien faire. Faites ça vous-mêmes!". Les propos de ce dirigeant résument la véritable situation. Les chefs d’Etat et gouvernements ont leurs propres calculs sur le plan international et régional, des engagements, des dettes et des relations à ménager, et sont tenus de réfléchir à deux fois à chaque activité entreprise et aux recommandations et décisions émises lors de leurs conférences, alors que pour les institutions et les organisations non gouvernementales, ceci ne doit pas en principe constituer une pierre d’achoppement.

Cependant : Le problème des gouvernements qui attendent des dons, des aides et des prêts des grandes puissances, du Fonds monétaire international (FMI) atteint, avec mon énorme regret, les organisations de la société civile et les ONG qui peuvent être classées comme suit :

Les premières dépendent des dons d’organisations et d’Etats occidentaux qui leur imposent des programmes déterminés, en échange de ces dons, et elles ne s’aventurent pas à contrarier ces parties pour ne pas perdre le financement nécessaire. Il est de coutume que ces organisations soient laïques et ne croient pas, en l’occurrence, à l’importance des sanctuaires, estiment qu’elles n’ont pas de rôle à jouer dans ce domaine et que cette tâche incombe aux associations et organisations religieuses.

Les deuxièmes assurent leur autofinancement et sont en général des associations caritatives et religieuses, tels les Comités des fonds de zakat, les formations professionnelles et syndicales. Elles considèrent l’activité caritative et sociale et les prestations accordées à leurs adhérents comme leur vocation principale, estimant ainsi secondaires l’élaboration de programmes et la prospection des moyens à même de contribuer à la protection des sanctuaires.

Les deux types d’organisation vivent une véritable tragédie qui les gène inéluctablement à accomplir le rôle escompté. En effet, les organisations de la société civile ne sont que des sociétés comprenant des membres dont le nombre s’amenuise et n’augmente jamais, jusqu’à ce que la compétition touche leur organe de direction. Dans ce contexte, il est impossible pour une organisation, dont le nombre ne dépasse pas celui de son organe d’administration, d’accomplir un acte concret, car elle est faible, impuissante et ne désire aucunement se montrer au grand jour. Le leadership est plus important, dans ce cas, que n’importe quelle cause primordiale que nous devons traiter de façon pragmatique et réaliste.

Un Fonds islamique unifié pour la zakat

Il s’agit d’un projet ambitieux de grande envergure, plausible et réalisable que de créer un Fonds islamique unifié de la Zakat. Je suis sûr que ce Fonds pourra, durant quelques années seulement, avoir une influence considérable. Il permettra, j’en suis convaincu, aux organisations non gouvernementales de se passer des dons occidentaux octroyés sous conditions, et de donner davantage de liberté d’agir aux composantes de la société civile, particulièrement en Palestine. Il est important que vous sachiez que la grande majorité des ONG dépendent entièrement de dons occidentaux et n’ont pas intérêt à lutter contre les plans sionistes.

Une nouvelle vision du rôle d’Al Qods

Il est serait judicieux de présenter une nouvelle vision qui soit davantage pragmatique et réaliste, concernant le rôle des sanctuaires dans la vie, de même, il faut doter les composantes de la société civile de cette nouvelle approche qui doit contenir les idées suivantes :

1. La plupart des sanctuaires en Palestine sont des lieux de culte sacrés dont l’atteinte constitue un acte hostile aux religions révélées et contraire à leurs enseignements.

2. Les sanctuaires en Palestine ont toujours été source de spiritualité pour des centaines de millions d’humains.

3. Les sanctuaires sont une source de rayonnement culturel et des indicateurs de l’histoire politique et sociale, du mode de vie des êtres humains et une expression de la mission de l’homme sur cette Terre ; de même qu’ils sont une preuve irréfutable sur le caractère mensongère des versions sionistes de l’histoire de cette terre.

4. Les sanctuaires représentent des écoles d’architecture, d’ingénierie, d’arts picturaux, de sculpture et de gravure, outre leur rôle dans l’histoire de la civilisation humaine.

5. Les sanctuaires sont un moyen de développement durable pour la Palestine et ses habitants. L’historien Nacer Khusraw qui a visité Al Qods en 1047 après JC avait dit : "la population de la Mésopotamie accomplissait le pèlerinage à Bayt Al Maqdis. Le nombre des pèlerins au cours du mois Dhou al Hijja de cette année dépassait les 20 mille". Même, à une époque très proche, les pèlerins originaires de la Mésopotamie et du Nord de l’Afrique, ainsi que les musulmans d’Europe venaient à Bayt al Maqdis pour les rites d’Al Ihram, avant de se rendre à la Mecque.

6. Les sanctuaires ont permis un brassage et une interaction des civilisations, tant ils étaient ouverts à tous les croyants des quatre coins du monde. Cette situation a changé après la mainmise des sionistes.

7. L’existence de ces sanctuaires sur nos territoires est une source de grande fierté ; ceci nous engage à veiller et à les préserver, au service des religions révélées de la terre sainte.

De quelle société civile nous parlons ?

Nous ne pouvons évoquer la société civile palestinienne en des termes généraux. Il est de l’ordre de l’impossible pour des milliers de personnes séparées de faire quoi que ce soit. Pour aboutir à n’importe quelle réalisation, l’organisation s’avère nécessaire. La société civile, réunie dans des associations, organisations, syndicats, unions et centres de recherche, d’information et des droits de l’homme, est celle que nous visons. La société civile doit se baser sur le volontariat fructueux et établir des programmes clairs et déterminés. Une telle société doit également avoir la liberté de prendre les décisions ; chose qui ne peut être possible que grâce à l’autofinancement, afin que ces organisations et institutions puissent mettre au point leurs programmes, sur la base des intérêts religieux et nationaux suprêmes, loin de toute considération indépendante de leur volonté.

Par où allons nous commencer ?

Je crois qu’il est judicieux d’élaborer un mécanisme d’action nécessaire, d’une part, à la promotion du rôle de la société civile palestinienne dans la protection des sanctuaires et, d’autre part, à la dynamisation de ce rôle. A mon avis, ceci doit se baser sur ce qui suit :

1. Appeler les composantes de la société civile palestinienne à s’ouvrir à l’ensemble des Palestiniens et à proposer des programmes efficaces.

2. Démocratiser les structures de ces organisations, toutes tendances confondues, en vue de leur dynamisation et leur enrichissement en potentialités quantitatives et qualitatives, susceptibles d’être de quelque apport à la réalisation de leurs programmes.

3. La nécessité de placer la mission de protéger les sanctuaires et de lutter contre les visées sionistes à ce sujet à la tête des objectifs de ces programmes, aussi bien religieux, spirituels que pragmatiques, et ne pas s’arrêter uniquement à l’aspect religieux. En effet, les syndicats, les unions professionnelles, les unions des métiers et des commerces doivent être conscientes que la libération des sanctuaires des mains des sionistes, est un objectif religieux, humain et national, mais aussi le prélude à une Palestine riche, à la faveur notamment du tourisme religieux.

4. Créer un Fonds islamique qui assurera le financement des activités de l’ensemble des institutions de la société civile. Le financement doit obéir à un certain nombre de conditions dont :

a) Le nombre des membres de l’institution précitée doit être raisonnable, pour s’assurer que cette dernière impliquera le plus grand nombre de personnes dans ses activités.

b) La partie concernée doit s’engager à organiser des élections de façon périodique et continue, afin de garantir un système d’alternance réussi.

c) Les institutions doivent posséder des budgets programmés sur plusieurs années et approuvés par un audit et révisés avant les réunions de l’organe central.

d) Assurer un système de contrôle financier autonome en contact direct avec la direction du Fonds. Il s’agit d’un organe qui a le droit de procéder au contrôle financier et de s’assurer des dépenses prévues par le programme financé.

5. Tenir un congrès constitutif pour réunir les composantes de la société civile palestinienne autour d’une mission commune, en l’occurrence la protection des sanctuaires.

Des tâches urgentes et nécessaires

Les organisations, les associations, les centres, les unions et les forces de la société civile doivent se mobiliser, tout d’abord, par une action soutenue, en prélude à une campagne permanente qui aura pour objectifs de protéger les sanctuaires. Ceci peut être résumé dans ce qui suit :

1. Inviter le ministère palestinien de l’Education et de l’Enseignement à valoriser la question d’Al Qods, faire connaître, outre la facette spirituelle, les aspects politiques, économiques, sociaux et culturels y afférents, prévoir des visites obligatoires aux sanctuaires pour les étudiants et proposer à ces derniers, quel que soit leur spécialité, comme thème de dissertations les sanctuaires dans ses différents aspects.

2. Rechercher les mécanismes qui confortent les liens entre les composantes de la société civile et les sanctuaires.

3. Engager une campagne continue de sensibilisation des différents secteurs sociaux, notamment de la jeunesse, à l’ampleur de la tâche qui nous incombe dans la protection des sanctuaires.

4. Appeler les citoyens à s’attacher à toutes les composantes du patrimoine matériel, y compris les pierres des vieilles maisons, et initier une campagne de sensibilisation visant les investisseurs et les entreprises immobilières pour utiliser ces pierres dans la construction de maisons, d’immeubles, voire même d’établissements publics.

5. Inciter les municipalités et les autorités locales à interdire l’usage de nouvelles pierres dans les travaux de reconstruction ou restauration dans les régions et sites historiques, telles Al Qods, Naplouse, Bethléem et autres, pour préserver le cachet historique de ces villes.

6. Créer un site web performant qui s’intéresse aux questions des sanctuaires, démasque les actes sionistes à l’égard de ces lieux sacrés. A noter que la partie sioniste possède des pages web importantes.

7. Produire des documentaires et des spots publicitaires qui appellent les croyants où qu’ils soient à se mobiliser pour la protection des sanctuaires en Palestine, face à l’occupation sioniste et à œuvrer à diffuser ces films et spots sur les chaînes satellitaires à travers le monde et dans les différentes langues, l’objectif étant d’atteindre non seulement le public arabe et islamique mais également chrétien, juif et de différentes confessions. Le monde entier se souviendra de la position des musulmans et chrétiens concernant la destruction des statues bouddhistes.

8. Assurer un contact permanent et efficient entre les composantes de la société civile et l’ensemble des organisations et institutions de la société civile internationale, sur la base du partenariat et non de dons. En d’autres termes, les organisations palestiniennes doivent contribuer financièrement à des activités de partenariat et cesser de tendre la main à l’Occident et à ses organisations.

Un discours d’information moderne

Nul ne peut ignorer l’importance de l’opinion publique internationale dans la réalisation de nobles objectifs. Pour atteindre l’opinion publique mondiale et gagner son soutien, il convient de s’armer d’un discours médiatique non raciste et non chauviniste. Le monde n’est obligé d’accepter votre discours médiatique, aussi convaincu que vous êtes de ce discours. De ce fait, notre discours doit être caractérisé par ce qui suit :

1. Etre humaniste, international et en général dans l’intérêt de tous, loin de tout aspect ou indicateur de chauvinisme ou de complexe de supériorité.

2. L’appel à la protection de tous les sanctuaires doit être adressé aux adhérents de toutes les confessions sans aucune exception.

3. Communiquer avec les communautés du monde à travers leur langue, l’atteindre avec ses propres moyens, car le discours en arabe ne saurait être compris par les non arabophones.

4. Le discours médiatique doit influencer le public ciblé, suivant sa culture, son histoire et sa civilisation ; ce qui implique une connaissance au préalable des autres, avant d’entamer tout discours.

5. Un seul discours pour le monde entier. Il ne convient pas de dire en langue arabe un discours contraire à ce qui est dit en anglais ou dans d’autres langues.

6. Mettre à profit les supports médiatiques internationaux et les tribunes mondiales et choisir les profils nécessaires pour chaque activité. Il serait aberrant de donner la parole à une personne qui ne maîtrise pas l’anglais, lors d’une émission d’une chaîne anglophone, ou qui ignore la nature du public auquel il s’adresse.

7. Recourir à un langage claire et non à la langue de bois. Ceci nous impose de s’intéresser aux documents, événements historiques, chiffres et statistiques sures.

Conclusion

En guise de conclusion, nous ne cesserons de réitérer la nécessité d’adopter une attitude pragmatique et réaliste, forte de l’unanimité de tous les acteurs autour d’un programme unifié de l’autofinancement. Nous devons également s’adresser au monde dans un langage moderne et sincère ; faute de quoi, toute action individualiste isolée se solderait inéluctablement par l’échec.

 

 

Annexe 1

Les agressions sionistes contre

les sanctuaires en Palestine occupée en 48

 

L’auteur israélien Miron Benvensi affirme que la destruction des cimetières islamiques n’a pas été motivée par des besoins économiques ou par l’utilité publique, mais visait à une purification ethnique des morts, car l’existence de ces cimetières est une preuve sur la propriété des terres. D’aucuns connaissent les agressions continues commises contre les cimetières islamiques et chrétiens, notamment la destruction, la profanation, et la suppression. Israël avait détruit en 1948, durant et après la guerre, 400 Mosquées et lieux de culte, confisqué des dizaines de biens immobiliers des waqf et annexé 600 mille donames de waqfs islamiques et chrétiens, transformé plusieurs mosques en bars, musées et casinos. Il a de même rasé des dizaines de cimetières islamiques pour construire à leurs places plusieurs fermes et colonies. Après l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, Israël a poursuivi sa politique répressive contre le peuple palestinien, ses terres et ses sanctuaires. Les départements du waqf islamique a fait part de plus de 1500 agressions contre les sanctuaires islamiques depuis 1967. Et depuis 1994, les autorités israéliennes ont bouclé les territoires palestiniens et  empêché les musulmans et les chrétiens de se rendre aux lieux de culte dans la ville d’Al Qods occupée.

Les Mosquées transformées

1. Mosquée Al Bassa- juridiction de Akka -(Chlomy), écurie.

2. Mosquée Zib-juridication de Akka (Akhzif), dépôt de matériel agricole pour le parc Akhzif.

3. Mosquée Aïn Zaytoun -juridiction Safad, écurie.

4. Mosquée Al Ahmar -Safad, transformée en club d’artistes.

5. Mosquée Asouk -Safad- transformé en galerie de statues et de photos.

6. Mosquée Al Kalâa -Safad- transformée en bureaux de la municipalité Safad.

7. Mosquée Al Khalissa -(Kariat Chemmouna), transformée en musée municipal.

8. Mosquée Dar Al Baydae, ouest de Nine, à côté d’une station d’essence, transformée en bureaux.

9. Mosquée Bourj -Akka, transformée en bureaux des oeuvres universitaires.

10. Mosquée Aïn Hawd, juridiction Haïfa, transformée en restaurant-bar.

11. Mosquée Al Qasim à Quissaria, à côte de Haïfa, transformée en cabinet d’ingénieurs.

12. Mosquée Al Jadid à Quissaria, transformée en bar-restaurant.

13. La Mosquée Al Hamma - plateau du Golan, fermée et utilisée comme dépôt de vins et de produits de restauration.

14. Mosquée Saksak -Yafa, le rez-de-chaussée est devenu une usine de plastique, alors que le premier étage abrite un casino.

15. Mosquée Tabia, fermée et sert d’habitation pour un chrétien.

16. Mosquée Majdal Asqalane, transformée en musée alors qu’une autre partie abrite un bar restaurant.

17. La Mosquée Al Malha -Al Qods, une partie est utilisée comme habitation par un juif alors que la terrasse de la Mosquée sert de lieu d’animation.

18. La Mosquée Al Kabir -Biir Sabae, en état de délabrement, mais a servi auparavant comme musée.

19. La Mosquée Assaghir -Biir Sabae, transformée en magasin pour un juif.

Des Mosquées et des lieux de culte transformés en synagogues

1. Mosquée Maqam Yaacoub -Safad, transformée en synagogue.

2. Mosaquée Yaqouq -juridication de Tabaria, transformé en cimetière juif baptisé Habqouq.

3. Mausolée Sit Soukayana à Tabaria, transformé en cimetière juif du nom de Rahel.

4. Marabout Cheikh Daniel -Dana à l’est de Tamara Zaabia- juridiction de Bissan, transformé en tombeau juif du nom de Dan.

5. Mosquée Afoula, transformé en synagogue.

6. Mosquée Kafarita -Kafr Ata, transformée en synagogue.

7. Mausolée Cheikh Chahada : plusieurs activistes juifs veulent le transformer en tombeau juif du nom de Tasyoun Ben Jadaoun). Plusieurs violations y ont été commises.

8. Marabout Samaan -nord ouest de Qalqilia, tranformé en tombeau juif portant le même nom.

9. Tombeau Benyamin, ouest de Qalqilia, transformé en tombeau juif du même nom.

10. Mausolée d’Ali -Yazour, transformé en synagogue.

11. Maqam Abou Hourayra à Yebna -juridiction Ramalah, transformé en synagogue du nom du rabbin Jamlinil.

12. Mosquée du Prophète Robin -Sud de Yafa, transformée en synagogue baptisée "Raoubine Ben Jacob".

13. Maqam Cheikh Gharbaoui, Ouest du village Madia, transformé en tombeau juif du nom de Matatyahu.

Des Mosquées et lieux de culte fermés, en état de délabrement ou détruits :

1. La Mosquée Oum Faraj -juridiction de Akka- (Ben Ami), détruite le 04-12-1997.

2. Mosquée Oued Hawarith -juridiction de Tolkarem (près d’Al Khadira), détruite par des Juifs le 03-02-2000.

3. Mosquée Cheikh Neima -Safad, détruite alors que le minaret est en état de délabrement.

4. Maqam Al Khadr -Bassa- Shlomy, négligé.

5. Mosquée Zidani à Tabaria, fermée et en état de délabrement.

6. Mosquée Al Bahr à Tabaria, fermée et délaissée. La municipalité de Tabaria l’a restaurée pour servir de musée, mais un juif y a mis le feu le 06-02-2000.

7. Mosquée Hittine -Juridiction de Tabaria, (Kafar Zitim), fermée plusieurs fois par le département des domaines d’Israël.

8. Mosquée Amqa -colonie Amqa, fermée et délaissée, elle menace de tomber en ruine.

9. Maqam Cheikh Mohamed Qwiqat -Bayt Haiimaq, délaissé.

10. Maqam Nabi Yarchaa, (Matsoudat Yachaa) -juridiction de Safad, délaissé.

11. Deux Mosquées à Khan Jeb Youssef (Kibouts Amiâad), délaissées.

12. Maqam Cheikh Ibriq -Côte de Haïfa, en état de délabrement.

13. Maqam Cheikh ibriq -Taboun- en état de délabrement.

14. Maqam Nabi Houchan -Houcha- nord d’ibtn -jurisdiction de Haïfa, restauré par les musulmans.

15. Mosquée Ibten -juridiction de Haïfa, délaissée.

16. Mosquée Ahmed -Akka, délaissée.

17. Mosquée Samiria -juridiction Akka, fermée par le département des domaines d’Israël.

18. Maqam à Manichia -Akka, habité par une famille musulmane qui veille sur ce lieu.

19. Mosquée Manchia, négligée.

20. La petite Mosquée d’Haïfa, en état de délabrement, et il est interdit aux musulmans de la restaurer ou de l’utiliser.

21. Maqam Souhaili, Balad Chiekh, Haïfa, en état de délabrement.

22. Mosquée Loujoun -Majidou, transformée auparavant en menuiserie, elle se trouve actuellement dans un état de délabrement

23. Mosquée Maâloul -juridication Nacera, une grande partie est détruite.

24. Maqam à Tira Karmal -juridiction de Haïfa, en état de délabrement.

25. Mosquée Sarfand -Haïfa, en état de délabrement.

26. Mosquée Ajzam, à côte de Haïfa, fermée par le département des Domaines d’Israël et interdit au public. Toute personne qui enfreint cette décision court le risque d’être emprisonnée.

27. Maqam Cheikh Ali -Jabaâ- Côte de Haïfa, négligé.

28. Mosquée Oum Alaq, Rouha (Rimat Hendif), négligée.

29. Mosquée Al jadid -Quissaria, détruite.

30. Maqam Cheikh Mohamed -Al Khadira, négligé.

31. Maqam Jamaleddine Aqouch -sud de Biir Sekka, en état de délabrement.

32. Mosquée Sayidina Ali -Haram (Hertselia), restaurée par les musulmans et continue de servir de lieu de prières.

33. Maqam Sadeq, Majdal Sadq -Sud de Kafr Qassem- juridiction Ramalah, négligé.

34. Maqam Nabi Yahya -Maziriaa- juridiction Ramalah, en état de délabrement.

35. Maqam Abi Awn -Jaljoulia, en état de délabrement.

36. Maqam Seraqa, ouest de Qalquilia, en état de délabrement.

37. Maqam à Al madhadra, est de Tira Beni Saâb, en état de délabrement.

38. Mosquée Misqa, ouest de Tira Beni Saâb, une grande partie est détruite.

39. Maqam Yazour -juridiction Yafa, en état de délabrement.

40. Maqam Ahmed Iqbal Asdoud -juridiction Gaza, en état de délabrement.

41. Mosquée Asdoud -juridiction de Gaza, destruction de plusieurs de ses parties et le reste est en état de délabrement.

42. Maqam Cheikh Awad -Asqalan- Juridiction de Gaza, délaissé.

43. Maqam Tamim Dari, Beyt Jibril -juridiction d’Hébron, délaissé et incendié il y a trois ans.

44. Mosquée Zakaria, au nord de Beyt Jibril, délaissée.

45. Mosquée Dir Cheikh -monts d’Al Qods, délaissée.

46. Mosquée Aîn Karem -Al Qods, délaissée et utilisée comme refuge pour les toxicomanes et lieu de débauche.

47. Mosquée Lafta -Al Qods, délaissée.

48. Maqam Majirmi, Tantoura, à côte de Haïfa, délaissé.

49. Mosquée et Maqam Falouja -juridiction de Gaza. Le maqam a été détruit il y a un an et demie.

50. Maqam Mohamed Akamin, Al Majdal, Tabaria, négligé.

Les violations sionistes des cimetières

1. Ont été rasés le cimetière Aquer, près de Ramla, le cimetière Salma et le cimetière Abbassia près de Yafa, Asqala, Al Istiqlal, à Haïfa. A la place des cimetières rasés ont été construits des unités de logement, des centres commerciaux et des zones industrielles.

2. Une autre partie des cimetières ont été transformées en décharges tels les cimetières Khayria, Yazour dont ont peut lire à l’entrée "décharge publique".

3. Des cimetières ont été rasés pour ouvrir des voies, établir des fermes, des parcs publics.

4. Cimetière Aïn Ghazal transformé en décharge.

5. Cimetière Aïn Hawd transformé en parking.

  

Annexe 2

Les violations sionistes des sanctuaires

chrétiens

Les sanctuaires chrétiens ont fait l’objet, durant les 50 années écoulées, d’agressions par les autorités israéliennes publiques, ou commises par des extrémistes juifs. En effet, ont été détruits et confisqués plusieurs waqf et biens immobiliers. De même, plusieurs églises ont été brûlées. Lors d’une conférence sur Al Qods, tenue à Amman en 1993, Constantine Qarmach,  chef spirituel des romains orthodoxes à Al Qods a fait savoir qu’en 1922, la Palestine comptait 196 monastères et églises et qu’en 1993, il ne restait que 48 églises et 47 monastères.

Les églises qui ont été détruites, confisquées ou pillées

Les autorités israéliennes ont détruit des dizaines d’églises dans plusieurs villages et villes palestiniennes anéantis en 1948, telles l’église Al Bassa et l’Eglise Achajara. Le 23/07/1992, les Israéliens ont démoli l’Eglise de la Sainte Piaget à Jebel Zaytoun, et détruit les dépendances du monastère Chiaar et la chapelle qui s’y trouve.

Les autorités israéliennes ont confisqué plusieurs églises et terres y relevant, telle Al Mansouria, Iqrat et les terres de l’église détruite Al Bassa. Israël a également mis la main sur l’Eglise orthodoxe à Haïfa, et empêche l’accomplissement de la prière dans ce lieu pendant trois ans. Lorsqu’elle a été récupérée par les chrétiens, les extrémistes juifs commençaient à jeter des ordures sur les croyants, comme a été le cas lors de la messe solennelle organisée par le Métropolite Assidorousse Matran à Nacerah en 1951.

Les autorités israéliennes ont confisqué une autre église à Nacerah et une autre à Al Qods, ainsi que des terres relevant de l’Eglise russe sur lesquelles ont été construites l’hôpital Hadassa à Aïn Karem. En 1948, le gouvernement israélien a mis la main sur des biens immobiliers et des propriétés du Conseil du culte orthodoxe à Haïfa. Après une série de procès, il s’est avéré qu’ils faisaient partie du domaine de l’église. Mais le gouvernement israélien a loué ces terres à des juifs, pour des sommes symboliques. L’administration israélienne a transformé certains domaines appartenant à l’Eglise orthodoxe à Al Qods en zones vertes. En 1948, ont été confisqués 1000 donames relevant d’une autre église.

De même, plusieurs églises ont été pillées par des bandes israéliennes. En 1969, un groupe juif a volé l’icône de la Vierge Marie et sa couronne en or de l’Eglise de la Résurrection à Al Qods. En 1978, ont été pillés l’Evangile doré, des Croix en cuivre et or, des icônes précieuses, des ustensiles sacrés de la cathédrale russe à Yafa. Un autre groupe juif avait fait irruption, en 1979, dans la cathédrale russe à Yafa et volé plusieurs objets. En 1984, des portes et des fenêtres de l’Eglise russe ont été saccagées dans la ville de Tabaria.

Les cimetières n’ont pas échappé aux agressions israéliennes. En 1948, les Israéliens ont rasé des cimetières pour établir à leurs places des champs, tels les cimetières de Sirine, Maaloul, Bassa, et Al Mansoura transformée en décharge publique.

De même, certaines églises ont été incendiées. Un groupe juif a mis le feu dans l’Eglise baptiste à Al Qods et sa bibliothèque, et ce le 08/11/1982. En 1987, un groupe des partisans du rabbin extrémiste Mounir Kahana a violé l’Eglise anglicane à Akka, brûlant tous ses objets, dont le livre saint, et ont écrit sur les murs "Kahana, roi des juifs".

Le 19/05/1995, un extrémiste juif a mis le feu dans l’Eglise Al Jouthmania à Al Qods. Il a agressé un prêtre en l’aspergeant d’essence, dans une tentative de le brûler vif. Le 24/05/1995, un extrémiste juif a ouvert le feu au sein de l’Eglise Saint Antoine à Yafa.

En outre, les extrémistes juifs ont commis des actes immoraux dans des sanctuaires chrétiens en 1987. A titre d’exemple, les membres d’un groupe de juifs extrémistes ont pissé dans plusieurs endroits du monastère de la Croix à Al Qods. Ce qui a entraîné sa fermeture pendant neuf mois aux visiteurs juifs en signe de protestation contre ces provocations.

Agressions contre des religieux chrétiens

Deux moines orthodoxes ont été tués en 1948 à Al Qods par des bandes juives. De même a été massacré un étudiant orthodoxe dans le monastère Qatamoun à Al Qods par des juifs. En 1979, des groupes juifs ont couvert les murs, les façades de librairies, les monuments historiques chrétiens d’effigies provocatrices et d’écritures tels "vous les porcs missionnaires, retournez dans vos pays". De même, des religieux chrétiens ont reçu des menaces et ont subi des provocations et injures proférées par des extrémistes juifs. En 1979, l’archimandrite Philoménus a été tué dans le monastère orthodoxe de la ville de Naplouse par des Juifs. En 1980, des extrémistes juifs ont brûlé des centaines de copies du nouveau Testament, lors d’une cérémonie publique parrainée par une association juive appelée Yad Lakhim (main de la fraternité).

En 1983, deux religieuses russes ont été tuées à Aïn Karem, à Al Qods. En outre, plusieurs religieux chrétiens ont été exilés, alors que d’autres ont été arrêtés pour subir les pires formes de provocation.

Le 19/12/1989, des soldats israéliens ont ouvert le feu en direction de jeunes qui fêtaient l’anniversaire du Saint Nicolas dans l’Eglise de Bayt Jala, blessant plusieurs d’entre eux. A la fin de l’année 1990, des membres des forces de l’occupation ont jeté des bombes lacrymogènes dans l’Eglise de Bayt Jala. Plusieurs croyants ont été asphyxiés.

L’ingérence dans les affaires internes de l’Eglise

En dépit de l’accord international signé avec le Vatican en vertu duquel Israël s’engage à respecter la liberté de culte dans les églises, et à ne pas intervenir dans leurs affaires internes, les forces d’occupation se sont ingérées dans les affaires de l’Eglise, en imposant la nomination d’un chef de l’Eglise ou la mise au point d’un programme de fêtes. Depuis sa création, Israël a œuvré à la désignation de dirigeants d’église proches de lui. Durant les cinq dernières années, les gouvernements israéliens successifs se sont opposés à la nomination de chefs d’église sympathisants de la cause palestinienne et des causes arabes. La dernière intervention en date consistait dans le refus d’Israël de désigner Boutros Maama Matrana, métropolite de l’Eglise grecque, et sa pression sur les religieux chrétiens pour choisir un autre dirigeant. Ceci a contrarié le Vatican dont l’ambassadeur à Israël, Petro Sali, a martelé que "la désignation de religieux chrétiens est du ressort de l’Eglise et non du gouvernement d’Israël. Nous ne permettrons à quiconque d’intervenir à ce sujet". Israël vise ainsi à faire nommer des religieux qui lui sont favorables, pour des fins politiques, particulièrement électorales.

Les autorités israéliennes ont imposé depuis 1967 des mesures qui prévoient de confier la protection des églises à la police israélienne. Ce qui a entraîné plusieurs actes de pillage et de tentatives d’incendier ces lieux de culte. De tels événements ne se produisaient pas auparavant.

Israël met des entraves à la pratique des rites chrétiens

Durant les neuf années écoulées, les autorités de l’occupation n’ont eu de cesse d’empêcher l’accès des chrétiens à Al Qods pour accomplir leurs rites religieux dans leurs églises en toute liberté, et participer aux cérémonies religieuses, particulièrement celles célébrant la naissance de Jésus. La procession religieuse commence par Al Qods jusqu’à Bethléem. Lors de l’anniversaire de la Vierge, célébré chaque année, les chrétiens, deux semaines durant, commémorent, en compagnie de plusieurs pélerins, cet anniversaire, par des marches. Mais les mesures israéliennes empêchent les chrétiens résidant en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza d’y prendre part ; ce qui constitue une violation des plus simples droits de l’homme à la pratique religieuse.

La position israélienne à l’égard de la célébration du deuxième millénaire de la naissance de Jésus

Israël tentent de diffuser des rumeurs selon lesquelles des groupes chrétiens baptisés "Chrétiens mécontents" auraient l’intention de commettre des actes de sabotage, de détruire Al Haram et d’entreprendre un suicide collectif dans la ville d’Al Qods. Il essaye ainsi de semer la panique dans les rangs des pèlerins chrétiens et de les empêcher de cette façon de participer aux manifestations marquant la célébration du 2e millénaire.

Les autorités israéliennes œuvrent à dévier l’itinéraire du pèlerinage historique sur le chemin emprunté par Jésus, de Nacerah à Bethléem, en passant par le village Berquine à Jenine, qui a connu un miracle, jusqu’à Naplouse, Ramallah et Al Qods. Ainsi, cet itinéraire ne concernera plus les régions de l’Autorité nationale palestinienne.

Des entreprises israéliennes ont déjà entamé la construction d’un complexe d’unités hôtelières baptisé Bethléem, au sud de la ville, lieu de naissance de Jésus, dans une tentative de détourner les touristes affluant à cette ville et de porter préjudice à l’activité touristique de cette cité historique.

Les guides touristiques israéliens ne ménagent aucun effort pour donner des informations erronées aux touristes étrangers qui viennent visiter les monastères et les églises, déformer la vérité et porter atteinte à la confession chrétienne. Israël a dressé tous les écueils devant les Arabes qui ont un fort potentiel pour ce métier.

A signaler, à ce propos, que la politique israélienne se démène toujours pour compromettre le tourisme religieux dans les territoires sacrés, à travers l’oblitération des sanctuaires islamiques et chrétiens (Mosquées, églises et cimetières). Les tentatives de créer la tension entre les musulmans et les chrétiens (affaire de Maqam Chihab Eddine), l’établissement de la colonie de Harhoma sur le Mont D’Abou Ghanim, à l’entrée de Bethléem, le détournement de la destination des touristes et les violations ininterrompues de la Mosquée Al Aqsa et de la Mosquée Abraham à Hébron, convergent vers les objectifs israéliens visant à marginaliser la présence arabo-islamo-chrétien dans les lieux sacrés, et conforter la présence israélienne en Palestine.

L’objectif principal du contrôle des lieux sacrés en Palestine consiste à s’emparer entièrement du secteur du tourisme religieux qui constituera dans le futur une ressource de grande envergure pour l’économie de ce pays.

 


 

(*) Le président du Centre d’information de Jenine, Jenine, Etat de Palestine.

 

 
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