Le rôle des
organisations gouvernementales
et non
gouvernementales dans la protection
des sanctuaires,
islamiques et chrétiens
à Al Qods
Pr Issam Youssef(*)
Introduction
L’entité sioniste
tire son existence, depuis son occupation de la
Palestine, en général et d’Al Qods en particulier, de
l’altération quasi-entière de la structure démographique
et urbanistique de la ville. Force est de constater que
l’occupation n’a eu de cesse de judaïser la ville, à la
lumière d’une politique méthodique visant à confisquer
les terres et à les vider de leur population arabe
palestinienne. Le but de cette occupation est de chasser
définitivement sous des prétextes différents, afin de
faire d’Al Qods une ville encerclée par moult ceintures
de colonies, dans une tentative d’imposer une réalité
qu’il serait difficile de changer pour son état initial.
Ainsi, l’un des
dangers qui guette les sanctuaires islamiques et
chrétiens, à la suite des pratiques de l’ennemi
sioniste, consiste en la destruction, entraînée entre
autres par les fouilles archéologiques, les actes
d’escroquerie et les tentatives de démolition de la
Mosquée Al Aqsa pour monter sur ses décombres le
prétendu temple, l’isolement des lieux sacrés du reste
de la ville et la confiscation du mur Al Bouraq dénommé
le Mur des Lamentations qui sert de prétexte pour les
juifs, pour imposer leur droit religieux sur la ville
sainte. En effet, les fouilles archéologiques
israéliennes sont passées par plusieurs étapes, avec
pour commun dessein de porter préjudice à la
civilisation humaine, constituant un exemple
d’altération, de falsification et de dénaturation
historique sans précédent dans l’histoire de l’humanité.
Il s’agit notamment des tunnels creusés sous la sainte
Mosquée.
On cite également
l’encerclement de la ville d’Al Qods imposé par Israël à
travers l’implantation de nouvelles colonies, et
l’élargissement des colonies existantes pour les relier
à Al Qods Ouest, de manière à ce qu’il devient
quasi-impossible pour Al Qods Est de préserver sa place
en tant que capitale de l’Etat de Palestine et principal
centre économique, politique et administratif de l’Etat
palestinien. De même, les cartes indiquent que la
construction du mur de séparation, établi par Israël en
Cisjordanie, sera poursuivie pour encercler davantage Al
Qods Est, et partant, rendre la situation plus difficile
et à tous les niveaux.
Dans ce contexte,
plusieurs décisions ont été émises par des organisations
internationales et régionales -officielles et non
officielles- qui confirment, toutes, les droits arabes
sur la ville d’Al Qods. Mais l’entité sioniste fait la
sourde oreille et foulent au pied, avec la bénédiction
de certaines grandes puissances occidentales, ces
décisions, oeuvrant à créer une nouvelle réalité qui
occulte les monuments islamiques et chrétiens, et
judaïse la ville sainte et les quartiers qui
l’entourent. Ceci implique la recherche de nouveaux
mécanismes pour concrétiser ces décisions, afin de
récupérer Al Qods et protéger les sanctuaires islamiques
et chrétiens que recèle la ville sainte.
Premièrement : Les
résolutions internationales et le statut juridique d’Al
Qods
Plusieurs
résolutions internationales ont été émises par
l’Organisation des Nations unies et les institutions et
agences y relevant, et ce depuis l’occupation par
l’entité sioniste d’Al Qods Ouest durant la guerre de
1948. Nous citons, à cet égard, la résolution du Conseil
de tutelle relevant de l’ONU émise sous le numéro 114,
le 20 décembre 1949, et qui stipule l’annulation de la
proclamation par Israël d’Al Qods comme capitale. De ce
fait, la partie Ouest d’Al Qods, occupée par Israël en
1949, a été considérée, du point de vue juridique, comme
un territoire occupé auquel s’applique les 4es accords
de Genève.
Cependant, après la
signature, en 1949, d’un accord de paix entre Israël et
la Jordanie, la répartition de la ville entre les deux
parties a été concrètement confirmée. Mais Israël a fait
part de ses convoitises expansionnistes, en déclarant
que la guerre de 1948 a apporté des changements à la
décision de l’organisation internationale en 1947,
acculant ainsi l’institution de tutelle relevant de
l’organisation internationale à proclamer le statut
international de la partie Ouest de la ville sainte en
avril 1950.
S’agissant du
statut juridique de la partie Est, il est à rappeler, à
cet égard, que de 1949 à 1950, Al Qods a été considéré
comme un territoire palestinien confié à la Jordanie,
jusqu’à ce qu’un autre développement n’intervient :
Israël ne s’est pas contenté de ce qu’elle a volé comme
terre de la ville sainte, grâce à ce qu’il a appelé "la
division effective", annonçant le 23 janvier 1950 qu’Al
Qods toute entière est sa capitale politique. Le
gouvernement jordanien a été acculé ainsi à suivre "la
politique de la réalité", annexant ainsi des parties
d’Al Qods et ses alentours, ainsi que de la Cisjordanie,
placés sous sa tutelle, au Royaume de Jordanie le 22
avril 1950. Cette situation a été maintenue jusqu’à
1967, date de l’occupation d’Al Qods Est, qui devient,
comme Al Qods Ouest, un territoire occupé, suivant les
accords de Genève.
Depuis 1967, Israël
a tenté de concrétiser ses allégations relatives à Al
Qods, à travers un ensemble de stratégies, mesures et
lois qui visaient à créer de nouvelles réalités
matérielles et à altérer le statut juridique de la vile
sainte, pour servir le plan israélien ciblant sa
judaïsation. En d’autres termes, l’Etat hébreu entendait
ainsi introduire des changements fondamentaux dans la
composition démographique et la situation géographique,
administrative et économique de la ville, dans la
perspective de faire des Palestiniens d’Al Qods "une
minorité marginale qui disparaît progressivement", et de
conforter, par contre, l’existence juive dans la ville.
Aussi, les politiques et les mesures israéliennes qui
ont porté sur les différents aspects de la vie
étaient-elles empreintes d’un caractère raciste.
Les Arabes se sont
opposés à ces mesures, et ont porté plainte auprès de
l’Organisation des Nations unies qui a émis des
résolutions en date du 4/7/1967 et 14/7/1967 qui
stipulent que les mesures israéliennes sont nulles, et
demandent d’abandonner tout acte qui pourrait changer la
situation d’Al Qods.
Ces résolutions, et
d’autres similaires à propos d’Al Qods, prévoient
expressément l’interdiction de l’annexion de ce
territoire occupé, l’imposition de la souveraineté
israélienne ou de la prise de mesures à caractère
hégémonique, car l’autorité de l’occupant, qui est
provisoire, est imposée par les faits des choses et ne
constitue nullement un droit "légitime".
La résolution
internationale numéro 252 en date du 21 mai 1968 dénonce
l’annexion par Israël d’Al Qods, réaffirme la non
légalité des mesures prises par l’Etat hébreu et impose
la nécessité de protéger le statut d’Al Qods.
En dépit de toutes
ces décisions, Israël n’a prêté aucun intérêt à la
position de la communauté internationale, et a poursuivi
ses mesures illégitimes à l’encontre de la ville d’Al
Qods qui ont atteint leur point culminant en 1980,
lorsque la Knesset israélienne a adopté une loi
"fondamentale" qui stipule qu’Al Qods unifiée est la
capitale éternelle d’Israël. En réaction à cette mesure,
le Conseil de Sécurité a émis de nouveau une résolution
n° 478 en date du 20 août 1980 qui souligne entre autres
que "l’adoption par Israël" du statut d’Al Qods,
promulgué par la Knesset israélienne est une violation
grave du droit international, et foule au pied les 4es
accords de Genève qui portent sur les différents
territoires occupés, dont Al Qods. La résolution
affirme, en outre, la non reconnaissance de cette "loi"
et des autres mesures israéliennes visant l’occupation
de la ville sainte et l’altération de son statut.
La communauté
internationale a également dénoncé la loi adoptée par la
Knesset israélienne, de même qu’elle a fustigé la
décision n° 478 d’Israël, appelant au retrait des
missions diplomatiques accréditées à Al Qods. En effet,
13 pays, à l’exception du Costa Rica ont rappelé leurs
ambassadeurs à Al Qods. Les Etats-Unis, sous le mandat
du président Reagan, s’est abstenu de voter la décision
du Conseil de Sécurité n° 478 précitée qui considère que
le statut portant annexion d’Al Qods est "nul" et
appelle, de ce fait, Israël à l’annuler.
Conformément aux
décisions du Sommet Arabe et de l’Assemblée générale,
considérant l’Organisation de Libération de la Palestine
comme l’unique représentant légitime du peuple
palestinien, la Jordanie a annoncé en 1988 sa décision
de lever la tutelle juridique et administrative sur la
Cisjordanie.
C’est dans ce
sillage qu’étaient intervenues la décision importante du
Conseil national palestinien prise à Alger en 1988, qui
a proclamé Al Qods Asharif comme capitale de l’Etat de
Palestine, et la reconnaissance de l’Etat de Palestine
par 124 pays. Sur la base de ces développements, Al Qods
acquiert un statut juridique international, en tant que
capitale de la Palestine, alors que de l’autre côté, le
monde entier considère la présence israélienne à Al Qods
comme une occupation illégale, car Israël n’a que le
droit de gérer la ville jusqu’au retour de la
souveraineté nationale palestinienne sur la ville et sa
libération. De ce fait, les 124 Etats, qui ont reconnu
l’Etat de Palestine, ont fait fi du statut particulier
d’Al Qods, pour la doter d’un nouveau cadre juridique
(capitale de la Palestine).
Dans la même
optique, les Nations unies (l’Assemblée générale) a
accueilli favorablement la proclamation de l’Etat de
Palestine et accordé à l’OLP le statut de représentation
des Palestiniens. Elles ont même entrepris récemment de
hisser la représentativité au rang de représentant
d’Etat, même si les droits de vote et de candidature
n’ont pas été accordés, l’organisation internationale
étant parfaitement consciente que la proclamation de
l’Etat de Palestine prévoyait Al Qods comme capitale de
cet Etat.
Les positions des
pays du monde entier à l’égard de l’occupation d’Al Qods
Est en 1967 confirmaient ainsi le statut particulier de
la ville. Dans ce contexte, les Etats-Unis ont annoncé
le 14 juillet 1967, par le biais de leur représentant à
l’Assemblée générale (Arthur Goldberg), qu’ils
considèrent la ville sainte comme un territoire des plus
anciens du monde et qu’Al Qods Est, occupée par Israël
en 1967, est une région occupée régie par la loi
relative à l’occupation militaire et qu’il est interdit
à Israël d’y introduire des changements.
Le 14 juillet 1967,
l’Assemblée générale a émis une résolution dans laquelle
elle dénonce le rejet par Israël de l’application de sa
résolution n°2253 qui confirme la non légalité des
mesures prises par l’Etat hébreu pour changer le statut
juridique de la ville, et réitère son appel à Israël
d’annuler l’ensemble de ces mesures et de s’abstenir de
procéder à tout acte qui pourrait modifier le statut de
la ville sainte.
La décision
d’Israël de faire d’Al Qods sa capitale éternelle
constitue une violation flagrante de la légalité
internationale, des dispositions du droit international
et de l’ensemble des résolutions du Conseil de Sécurité,
particulièrement la résolution n°250 de l’année 1968,
dans laquelle le Conseil appelle Israël à s’abstenir
d’organiser une parade militaire à Al Qods, car cet acte
est de nature à aiguiser la tension dans la région, et
partant à influer négativement sur le processus de
règlement pacifique.
L’Assemblée
générale a également adopté la résolution n°2254 de
l’année 1968 qui considère que toutes les mesures
d’ordre administratif et législatif prises par Israël, y
compris la confiscation des terres et des biens
immobiliers qui est à même d’altérer le statut juridique
d’Al Qods, sont nulles.
On cite également
la résolution n°267 de l’année 1969, dans laquelle le
Conseil de Sécurité affirme que toutes les initiatives
d’ordre administratif d’Israël sont nuls, et ne peuvent
changer le statut juridique d’Al Qods, la résolution
n°465 de l’année 1980 qui appelle au démantèlement des
colonies israéliennes implantées dans les territoires
occupés, dont Al Qods Est, la résolution n°478 -déjà
susmentionné- de l’année 1980 qui appelle les Etats à ne
pas transférer leurs missions diplomatiques à Al Qods,
sachant que toutes les mesures législatives, ainsi que
les actes de colonisation visant au changement du statut
juridique de la ville sont nuls et contraires au droit
international. Il y a lieu de citer également les
décisions n°672 de l’année 1990, 673 de l’année 1990,
904 de l’année 1994 qui fustige les actes de violence
perpétrés par Israël à l’encontre des Palestiniens,
notamment la boucherie commise dans l’enceinte de la
Mosquée Al Aqsa en octobre 1990, et qui qualifie Al Qods
de territoire occupé.
Il convient de
signaler le rôle des institutions relevant de
l’Organisation des Nations unies, particulièrement
l’UNESCO. On cite, dans ce sillage, la résolution n°2253
émise en date du 4 juillet 1967 par l’Assemblée générale
de l’ONU qui appelle Israël – avec 99 voix pour et 20
abstentions- à annuler les différentes mesures prises à
l’égard d’Al Qods, Hébron et autres villes, et à cesser
dans l’immédiat tout acte pouvant changer le statut d’Al
Qods.
L’UNESCO avait émis
lors de sa 15e session en 1968 deux résolutions (342 et
343). Dans sa première décision, l’organisation
internationale recommande de prendre les mesures
nécessaires, avec l’aide des commissaires généraux, pour
imposer le respect total des dispositions des
conventions internationales et de la recommandation
afférente aux principes internationaux sur les fouilles
archéologiques adoptés par la Conférence générale de
l’UNESCO lors de sa 9e session tenue en 1959. La
deuxième résolution se voulait un appel international
urgent à l’adresse d’Israël, qui répond à la résolution
de l’Assemblée générale 2253 précité, pour que cet Etat
se conforme à ce qui suit :
1. préserver les
sites, les édifices, les monuments et autres propriétés
culturelles, particulièrement dans l’ancienne ville d’Al
Qods.
2. S’abstenir
d’entreprendre toute opération de fouille ou de
recherche d’objets archéologiques, de leur transfert et
de l’altération de son cachet culturel et historique.
Depuis, l’UNESCO
n’a eu de cesse de lancer des appels, d’émettre des
recommandations dénonçant les agressions israéliennes
contre les monuments d’Al Qods, particulièrement les
opérations de fouille au dessous d’Al Aqsa et l’incendie
criminelle de la sainte Mosquée en 1969.
De même, "Le Comité
du patrimoine mondial", de l’UNESCO a fait échec à tous
les efforts déployés par Israël en 2000 pour inscrire le
Mont du Prophète David et d’autre monuments de la
Palestine sur la liste du patrimoine mondial. A rappeler
à cet égard le rôle de grande envergure joué par la
Ligue des Etats arabes et des délégations arabes au sein
du Comité, pour le rejet des demandes israéliennes.
L’UNESCO et les
Nations unies ont contribué, à la faveur de dons et
d’expertises techniques, à la restauration
d’innombrables sanctuaires islamiques et chrétiens en
Palestine, particulièrement à Al Qods, dont Al Alqsa, le
Dôme du Rocher, l’Eglise de la Résurrection et plusieurs
autres églises.
Deuxièment : Al Qods dans l’action arabe et islamique (officielle et
populaire)
Au regard de la
place centrale et de l’extrême intérêt porté à la cause
palestinienne pour sa position religieuse, afin qu’Al
Qods redevienne arabe et islamique, et pour faire échec
aux manœuvres sionistes ayant pour dessein d’oblitérer
le patrimoine humain et religieux des musulmans et des
chrétiens, la Ligue arabe a œuvré activement à la prise
de moult décisions qui confirment l’identité arabe d’Al
Qods.
La ligue a pris un
ensemble de décisions à l’égard de la question d’Al
Qods, dont on cite :
- Les décisions
pour lutter contre les mesures internationales qui
visent à donner le droit sur le territoire d’Al Qods aux
sionistes, tels la décision n°3911 en date du 26 mars
1980 qui prévoit d’engager des contacts avec les pays
qui disposent d’ambassades à Al Qods pour qu’ils
transfèrent leurs représentations diplomatiques à
d’autres lieux, la décision n°4338 en date du 21 mars
1984 qui stipule de déployer des efforts et
d’entreprendre des initiatives auprès des Etats-Unis
pour qu’ils ne se plient pas aux pressions sionistes
visant à transférer l’ambassade américaine à Al Qods.
- Les décisions
pour faire échec aux manœuvres sionistes, telles la
décision n°2355 en date du 13 septembre 1967, intervenue
à la suite de l’occupation d’Al Qods Est, laquelle
prévoit de lutter contre la pression exercée par Israël
sur plusieurs Etats pour qu’ils reconnaissent Al Qods
occupé comme sa capitale, dénonce les mesures sionistes
visant à altérer le statut de la ville, outre la
décision des ministres des Affaires étrangères datée du
20 septembre 1980, prise à la suite de la décision de la
Knesset d’annexer Al Qods. Les ministres arabes avaient
souligné alors l’engagement de la Ligue de mettre à
profit tous ses moyens politiques, financiers,
militaires et ses richesses naturelles dont le pétrole,
pour faire face à la décision sioniste et imposer un
boycott politique et économique aux pays qui la
soutiennent.
- Les décisions sur
les principes de l’action arabe axée sur le gel des
différentes relations avec Israël et la cessation de
toute transaction ou contact économique avec ce pays,
autant directs qu’indirects.
- Les décisions
relatives à la ville qui mettent en avant la
préservation du droit arabe sur cette ville, et
l’intérêt porté aux lieux saints et à la reconstruction
d’Al Qods.
Parmi les
organisations relevant de la Ligue arabe :
l’Organisation arabe pour l’Education, la Culture et la
Science -ALECSO- et Le Fonds de soutien d’Al Qods, créé
depuis le déclenchement de l’Intifida d’Al Aqsa béni en
septembre de l’année 2000, qui jouent un rôle important
dans la protection des sanctuaires islamiques et
chrétiens en Palestine, particulièrement à Al Qods. La
création du Fonds de soutien d’Al Qods est intervenue
après l’Intifida provoquée par la visite du Premier
ministre Ariel Sharon aux esplanades d’Al Haram Asharif
profanant ainsi, en compagnie de 3000 éléments de
l’armée et de la sécurité en Israël, la sacralité de ce
lieu saint.
Les Etats arabes
ont toujours considéré la Palestine et Al Qods comme la
première problématique arabe. Ainsi, le Sommet arabe
tenu à Beyrouth, en mars 2002, a présenté des solutions
pragmatiques pour Israël, en contrepartie de la création
d’un Etat palestinien. Mais Tel Aviv et Washington ont
fait la sourde oreille à ces propositions, pis encore
l’administration américaine a donné le feu vert à Ariel
Sharon pour qu’il concrétise ses objectifs, et le
Congrès a cautionné et considéré légitime les massacres
et l’occupation israélienne.
Au niveau de
l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) : l’OCI
a placé la question d’Al Qods à la tête de ses
priorités, notamment après l’incendie de la Mosquée Al
Aqsa en 1969. L’OCI, qui compte 57 Etats membres, est
composé de trois principaux organes, à savoir la
Conférence des souverains et des chefs d’Etat tenue tous
les 3 ans, la Conférence des ministres des Affaires
étrangères qui a lieu chaque année et le Secrétariat
général siégeant à Jeddah.
Al Qods a constitué
constamment le principal axe des réunions de
l’Organisation, au niveau du Sommet des ministres des
Affaires étrangères. Mais plusieurs facteurs ont entravé
la mise en œuvre des recommandations émises, dont
l’absence de coordination et de suivi entre les Etats et
au sein des organes de l’OCI, l’existence de différends
qui compromettent l’application de ces décisions, le
manque de communication et de coordination politique
entre les Etats islamiques sur le plan international, ce
qui a eu pour effet d’affaiblir le pouvoir de ces
décisions.
L’organisation
contribue à la protection des sanctuaires islamiques, à
travers plusieurs activités dont les plus importantes
concernent les travaux de restauration et de maintien,
particulièrement à Al Qods Asharif, l’octroi de soutien
financier, des expertises techniques et humaines pour
l’aboutissement de ces travaux. De même, l’OCI et ses
institutions compétentes, à leur tête "Le Comité Le
Comité d’Al Qods, l’Agence Bayt Mal Al Qods et l’ISESCO,
ont été toujours soucieuses de collaborer aux efforts
des institutions nationales au Royaume hachémite de
Jordanie et en Palestine, visant à la protection des
waqf islamiques en Palestine (terres et édifices) et à
la sauvegarde des monuments, sanctuaires, à la faveur
d’un soutien matériel et politique.
Sur le plan
populaire arabe et islamique : les forces vives
islamiques et chrétiennes nationales, et celles
installées en dehors de la Palestine occupée ont initié
plusieurs activités et Conférences qui ont contribué à
conforter la question d’Al Qods et à en faire une cause
ancrée dans la conscience de la oumma. Les forces
populaires ont publié plusieurs communiqués, dont le
document historique intitulé "La Charte de la défense
d’Al Qods" qui a sanctionné les travaux de la Conférence
populaire de la défense d’Al Qods, tenue à Amman en
1979.
Il est à signaler
que plusieurs organisations et associations nationales
au sein de la Palestine, intéressées par la question
d’Al Qods, se basent sur des financements occidentaux.
Même si la Palestine est le foyer d’un riche éventail
d’organisations professionnelles, de recherche, de
promotion, de bienfaisance et des Droits de l’Homme, qui
dépassent largement en nombre les organisations dans les
pays voisins, il n’en demeure pas moins qu’elles ont
pour mission d’organiser des activités convenues avec
les bailleurs de fond étrangers et qui ne profitent pas
réellement aux citoyens d’Al Qods. L’exemple saillant à
citer à ce propos est le cas d’organisations oeuvrant
dans le domaine de la recherche ou de la promotion de la
culture de la paix, au détriment de questions vitales
afférentes aux aspects économiques et aux violations
sionistes.
Il est également
important de souligner que les associations islamiques
palestiniennes, et les aides prodiguées par des parties
non gouvernementales arabes et islamiques, jouent un
rôle majeur dans le secours et le soutien des
Palestiniens, tant sur les plans économique que de la
santé et de l’enseignement. En effet, ces fonds, aussi
modestes soient-ils, ont contribué à favoriser un
équilibre économique assurant aux Palestiniens, frappés
par la pauvreté, le chômage et le siège sioniste, leurs
besoins premiers.
Sachant que les
fonds recueillis par l’Autorité nationale vont
directement aux fonctionnaires des secteurs de la
sécurité, de la santé et de l’enseignement (60 % des
dépenses courantes dans le budget de l’autorité couvrent
les salaires des fonctionnaires), outre des sommes
allouées par l’Autorité pour renforcer sa position, à la
lumière d’un recul de son existence, son pouvoir et sa
légitimité, de lourdes responsabilités incombent
entièrement à ces associations.
En somme, la
mission de ces associations puise dans les principes et
les objectifs suivants :
a) Soutenir les
efforts des Palestiniens et Jordaniens dans le domaine
de la protection de l’architecture palestinienne et de
l’identité humaine des territoires Palestiniens occupés.
b) Réhabiliter et
entretenir les monuments et les sanctuaires islamiques
et chrétiens endommagés dans Al Qods et d’autres villes
palestiniennes, à la suite des pratiques et politiques
israéliennes.
c) Adopter une
politique médiatique visant à démasquer et mettre à nu
les agressions sionistes dans ce domaine, et à informer
les gouvernements et les peuples de ces actes.
d) Protéger les
waqfs islamiques dans les territoires occupés dont la
majorité a été confisquée par Israël en 1948 et 1967 et
déclarée territoires sous contrôle militaire israélien.
e) Octroyer des
soutiens financiers à la population d’Al Qods,
particulièrement arabe, pour faire face à la politique
israélienne qui vise à obliger ces habitants à
abandonner leurs terres, à travers la pression et la
contrainte, l’interdiction des travaux de restauration
et de construction de nouvelles habitations, et acculant
plusieurs d’entre eux à immigrer, eu égard également à
l’incapacité des parties arabes à Al Qods occupée de
répondre à la croissance démographique naturelle des
Palestiniens d’Al Qods, dont la plupart habitent dans
des terres relevant du waqf ou à la lisière du Haram
Maqdisi.
Dans ce cadre, le
Conseil des églises du Moyen Orient en général, et de
l’Eglise copte en particulier, jouent un rôle important
dans la défense des sanctuaires d’Al Qods. En effet,
l’Eglise égyptienne copte a consenti des efforts
considérables, en collaboration avec d’autres acteurs
internationaux, pour assurer la sauvegarde de plusieurs
églises et monastères en Palestine. A rappeler le
problème du Monastère "Dir Soltane" à Al Qods dont le
droit à la propriété est disputé par les Coptes
égyptiens et Ethiopiens, Israël soutenant, quant à elle,
la partie éthiopienne, soucieuse en cela d’annuler toute
existence arabe, particulièrement égyptienne, de la
ville sainte. De plus, il convient de signaler la
coopération politique de haut niveau entre Israël et
l’Ethiopie concernant la migration de Juifs (Falashas)
de ce pays de la Corne de l’Afrique, outre la position
de l’Eglise éthiopienne (après sa dissidence de l’Eglise
égyptienne orthodoxe), soutenant Israël quant aux
prétendus droits des Juifs sur la Palestine.
Troisièment : La
poursuite des violations sionistes des droits arabes sur
Al Qods
Malgré ces
décisions et ces initiatives, les sionistes ont
poursuivi leur politique d’implantation de colonies dans
les alentours d’Al Qods Est, notamment lors des
dernières années de la grande Intifada. Ces initiatives
colonialistes ont isolé davantage Al Qods orientale de
la Cisjordanie dans les années 90, soit la période
marquée par des accords et des négociations de paix.
Ceci a permis l’émergence de 31 colonies dans cette
région divisées en 3 unités, aux différentes entrées
menant à Al Qods Est. Baptisée "Atssyoune", la première
unité, située dans le sud et fermant l’issue extérieure
de la ville, compte 30.000 colons. Non loin d’elle se
trouve la colonie "Bitar Elite", peuplée par un groupe
de sionistes extrémistes qui a enregistré une croissance
de 300% de 1990 à 2000. Ces deux colonies peuvent
s’étendre à Bethléem et Bethjala qui les séparent d’Al
Qods Est. Quant à la colonie Tikwa dans le sud-est, elle
va s’étendre pour se relier à l’unité Itzioune, dans la
perspective de resserrer l’étau sur l’ensemble des
terres situées à Al Qods Est. Ces colonies sont reliées
à Al Qods Ouest par un réseau routier qui n’est pas
accessible aux Palestiniens de la région.
On cite également
dans ce même contexte les colonies montées dans la
région intérieure sud avoisinant Al Qods Est, dont
Harhoma et Ghafat Hamatou qui vont fermer complètement
l’entrée sud d’Al Qods Est.
Quant à la région
Est de la ville, elle connaît la construction de l’unité
"Adoumim". Cette région aurait pu s’étendre pour
constituer une banlieue d’Al Qods Est et accueillir la
population palestinienne lorsque Al Qods sera la
capitale de l’Etat palestinien. Mais Israël a anticipé
ce scénario. L’unité d’Adoumim comporte la colonie du
haut Adoumim qui compte à son tour 29 mille colons.
Israël ambitionne d’annexer davantage de terres de la
banlieue d’Al Qods Est à cette entité implantée, dans le
cadre d’un nouveau projet Baptisé "ET" qui a déjà reçu
l’accord de l’administration américaine, et qui conduira
à la fermeture de l’entrée Est de la ville orientale
d’Al Qods.
A citer aussi les
unités colonialistes de Guiffon et Benjamin situées
respectivement à l’Ouest de la partie orientale d’Al
Qods et à son nord-ouest, ce qui aura pour conséquence
d’entourer la ville d’une chaîne infinie de colonies.
A ces mesures
s’ajoutent la création du mur de séparation autour d’Al
Qods Est, qui compliquera gravement les conditions de
circulation et de logement de la population
palestinienne de la ville. De plus, Israël s’attelle à
mettre en place de nouveaux ghettos dans d’autres
régions pour priver leur population de leurs terres
arables et partant leur rendre la vie impossible, comme
cela a été le cas pour le village Bayt Sourik. Même si
la Cour internationale de Justice et les Nations unies
ont qualifié d’illégal le mur de séparation et appelé à
sa démolition ; et eu égard à des raisons multiples que
nous ne pouvons citer toutes, nous pouvons avancer que
le problème palestinien, depuis la fin de la seconde
Guerre Mondiale, demeure des plus épineux, alors que des
initiatives ont été prises pour l’application de
résolutions internationales en Irak, Timor Oriental et
dans d’autres régions du monde, ce qui donne la mesure
de la politique de deux poids deux mesures marquant les
positions occidentales. D’autant plus que personne n’a
levé le petit doigt pour la mise en œuvre de la décision
de la Cour internationale de Justice concernant le mur
de séparation, sa destruction dans la Cisjordanie et
l’interdiction de son extension, et partant l’abolition
de la création d’un mur de séparation autour d’Al Qods
Est.
Deuxième niveau :
les entraves aux missions :
Face à ces
violations sionistes, les différentes institutions
nationales, régionales et internationales, notamment les
Nations unies, l’UNESCO et les organisations non
gouvernementales souffrent de plusieurs entraves qui
hypothèquent leurs efforts et compromettent leur rôle
dans la protection du patrimoine civilisationnel
islamique et chrétien en Palestine. Parmi ces écueils,
il y a lieu de citer :
a) Contrairement au
soutien financier, politique et logistique accordé aux
institutions juives lors des 19e et 20e siècles qui ont
été très actives en Palestine avant et après 1948 pour
rechercher au moins les prétendues traces d’un
patrimoine juif de l’ancienne Torah en Palestine, les
autorités occidentales, à leur tête celles du mandat
britannique avant 1948 en Palestine, et Israël n’avaient
eu de cesse de faire échec à toute initiative locale ou
internationale visant à la protection des sanctuaires
islamiques et chrétiens en Palestine. Le registre de "la
Fondation Al Aqsa pour la reconstruction et la
restauration des sanctuaires islamiques" illustre
parfaitement ces faits.
b) Les aspects
techniques et matériels, dont la modicité du financement
et le manque d’expériences qui ont grevé tout effort
consenti pour la préservation et la restauration des
monuments et des sanctuaires islamiques et chrétiens en
Palestine.
c) Certains
facteurs politiques ont empêché les gouvernements arabes
et islamiques d’accomplir un rôle efficient et, à la
limite, coordonner, dont la crainte de provoquer des
tensions ou des problèmes avec Israël et ses alliés, la
peur d’être accusé de normalisation avec Israël, alors
que la majorité des pays arabes et islamiques
n’établissent pas des relations diplomatiques avec
Israël, d’autant plus que des pays qui ont des
institutions culturelles et civilisationnelles
séculaires tels la Syrie, le Liban et l’Iran sont en
état de guerre avec Israël. De ce fait, toute initiative
officielle entreprise sur le plan bilatéral ou régional
pour la protection du patrimoine civilisationnel
islamique et chrétien achoppe sur ce problème.
d) L’incapacité des
médias arabes et islamiques, pour des raisons politiques
et matérielles innombrables, à accompagner les efforts
déployés par des parties régionales, gouvernementales et
non gouvernementales dans ce contexte et à agir, le cas
échéant, au niveau officiel dans les coulisses des
Nations unies et de l’UNESCO et d’autres agences et
institutions spécialisées.
e) La faiblesse de
la coordination officielle et non officielle arabe et
islamique autour des responsabilités et devoirs à
l’égard de cette question.
En raison de ces
facteurs et d’autres, les efforts consentis sur le plan
arabe, islamique et international étaient en deçà des
responsabilités concernant la protection du patrimoine
islamique et chrétien, à Al Qods et en Palestine, et des
initiatives israéliennes à ce sujet. Ce contexte nous
pousse à évoquer les moyens de surmonter cette
situation.
Quatrièment : Les
rôles officiels et non officiels requis
Au regard de notre
religion, notre histoire glorieuse et du pacte omari,
nous ne devons en aucun cas courber l’échine devant
l’invasion et l’occupation sionistes, et céder la terre
de nos ancêtres, même si d’aucuns ont donné leur accord.
Le minimum requis actuellement consiste à garder intacte
la volonté de résistance de notre oumma, de maintenir la
barrière psychologique entre nous-mêmes et l’ennemi, et
d’œuvrer aux niveaux national, régional et international
pour que notre cause soit toujours juste, à l’image de
ce qu’elle a toujours été.
Parmi les objectifs
que l’occupant sioniste ambitionne de concrétiser, il y
a lieu de citer l’éloignement d’Al Qods du centre de
préoccupations pour la transmuer en question marginale,
dans la perspective de l’engloutir et d’en altérer le
cachet, suivant les allégations sionistes mensongères.
Sachant qu’Al Qods porte en elle-même plusieurs
significations pour les musulmans et les arabes, il
convient d’accorder à la ville sainte une place de choix
dans le conflit avec l’occupant sioniste et de raviver
la prise de conscience de l’ampleur de ce sujet.
Dans ce cadre, on
peut relever plusieurs propositions qui convergent vers
la préservation des sanctuaires islamiques et chrétiens
à Al Qods, dont on cite ci-dessous les plus saillantes :
- Mettre sur pied
un Comité national pour la défense d’Al Qods dans chaque
Etat et œuvrer à former ces Comités dans les pays qui
n’en disposent pas, réactiver le rôle des Comités,
appeler les formations partisanes, les organisations et
les syndicats à boycotter les produits américains et
sionistes, inviter l’Union des travailleurs arabes à
s’abstenir d’utiliser les moyens de transport américains
et sionistes et demander aux peuples arabes et
islamiques de s’engager à respecter la décision du
boycott.
- Conforter le rôle
des médias au service d’Al Qods et de la cause
palestinienne, former une Commission médiatique
permanente et efficiente au sein de la Ligue arabe qui
aura pour mission d’établir la communication avec les
entreprises médiatiques, les auteurs, les penseurs et
les politiciens, dans le dessein de contribuer à
orienter leurs efforts vers le soutien des causes de la
oumma, à la faveur d’un discours médiatique attaché aux
constantes de la nation, une terminologie et des
acceptions qui donnent la mesure de l’attachement de la
oumma à ses droits et à ses intérêts et éludent les
expressions qui ont envahi le discours de certains
journalistes, du fait de la politique de pénétration
sioniste. De même qu’il faut inviter la Ligue arabe et
l’Organisation de la Conférence islamique à constituer
une Commission d’information efficace et à mobiliser les
ressources humaines et les moyens matériels et
techniques à cet effet, afin que ladite Commission soit
en mesure de servir les questions de la oumma ; exhorter
les investisseurs arabes à s’intéresser à ce domaine
vital et à soutenir les orientations positives des
chaînes satellitaires qui ont contribué à mettre à nu
les pratiques hostiles de l’ennemi sioniste et à mettre
en lumière l’Intifidah d’Al Aqsa, à travers un style
distingué, ayant permis d’élargir la sphère de la
sensibilisation à cette question, à l’échelle arabe et
islamique; appeler les responsables des médias en
général à rationaliser leur ligne éditoriale et leur
politique, et de les adapter aux valeurs de la oumma et
à ses intérêts ; inviter les médias publics et
indépendants à prôner un discours adéquat à l’adresse
des communautés arabes et islamiques établis à
l’étranger, de manière à consolider leur adhésion aux
questions de la oumma ; et porter un intérêt particulier
à l’opinion publique internationale, en vue de démasquer
les crimes sionistes perpétrés à l’encontre du peuple
palestinien.
- Cette Commission
sera le prélude à un organe médiatique unifié et fort :
il est à souligner le manque de couvertures médiatiques
de la question d’Al Qods, lors de plusieurs rencontres.
Hormis les quelques efforts médiatiques dispersés et non
organisés, ici et là, nous notons le non recours par les
parties arabes et islamiques aux médias publics et
indépendants, pour faire pression sur les parties du
conflit ou pour s’adresser à l’opinion publique afin de
gagner son soutien ou le cas échéant une position neutre
de sa part. De l’autre côté, l’ennemi sioniste ne ménage
aucun effort dans l’exploitation des techniques de la
propagande, des publications cartographiques
remarquables réalisées avec des techniques informatiques
des plus sophistiquées, dans l’objectif de renvoyer
toute une cause aux calendes grecques, notamment la
question d’Al Qods. A citer à cet égard le célèbre Atlas
(Israélien) réalisé à l’issue de la guerre de 1967 qui
constitue un exemple saillant sur ce sujet. Dans cet
ouvrage, les frontières d’Israël s’étendent à la
péninsule du Sinaï, à la Cisjordanie, au plateau du
Golan, à la bande de Gaza, outre Al Qods présentée comme
capitale unifiée. Le livre renferme également d’autres
cartes qui attestent de ce statut d’occupant,
contribuant ainsi à la diffusion de cartes touristiques
remarquablement conçues, dont celle de la ville sainte
appelée la grande Al Qods, qui engloutissent Al Qods Est
et de grandes superficies de la Cisjordanie, encerclée
par une série de colonies. Sur le plan populaire,
apparaît le rôle des syndicats professionnels arabes qui
adoptent une politique d’information visant à mobiliser
le soutien nécessaire sur les plans arabe et islamique,
en vue de faire face aux politiques hostiles
israéliennes en Palestine, particulièrement à l’égard du
patrimoine religieux et civilisationnel. Cette stratégie
d’information prévoit plusieurs activités sont :
a) La publication
de divers ouvrages et périodiques, outre des
publications visant à attirer l’attention sur les
violations et crimes commis contre les sanctuaires en
Palestine.
b) Organiser
plusieurs activités dont des expositions, des
conférences et colloques sur cette question et drainer
le soutien populaire nécessaire.
c) Adopter une
dynamique médiatique en Egypte et ailleurs sur cette
question pour sensibiliser le simple citoyen aux
agressions à l’encontre de ses sanctuaires commises par
les juifs sionistes en Palestine.
Parmi les tâches
qui doivent être confiées à cet organe d’information :
* Fournir aux
conférences internationales et arabes des données
scientifiques d’ordre religieux, historique, culturel et
juridique, outre des études spécialisées et documentées
sur les droits arabes inaliénables à Al Qods.
* Création d’une
vidéothèque dotée de moyens techniques sophistiqués qui
renferme les différents documents historiques et
archéologiques sur l’arabité d’Al Qods, et leur
intégration dans les divers supports d’information
modernes, afin d’en faciliter l’accessibilité.
* L’élaboration
d’une encyclopédie sur Al Qods en langue arabe et dans
différentes langues.
* La publication
d’une revue scientifique sur Al Qods qui devra
constituer une tribune médiatique à laquelle contribuent
les chercheurs arabes, et sera distribuée sur une grande
échelle, traduite et distribuée par la suite aux
universités occidentales.
* Création de sites
web consacrés aux questions d’Al Qods et ayant pour
objectifs de :
a) Faire connaître
la position d’Al Qods et conforter sa place dans les
esprits et les cœurs.
b) Faire connaître
l’invasion sioniste contemporaine d’Al Qods et sa place
dans l’idéologie sioniste.
c) Elaborer une
matière scientifique et d’information pour maintenir
présente la question d’Al Qods dans les domaines de
l’enseignement et de l’information.
d) Elargir la
sphère de la sensibilisation aux questions d’Al Qods et
aux menaces qui guettent les sanctuaires islamiques et
chrétiens, dont la profanation, la démolition et la
destruction.
e) Créer un réseau
arabe et islamique qui aura pour tâche de réaliser un
partenariat fructueux entre les institutions, les
associations et les acteurs de la société maqdissie.
f) Œuvrer à
mobiliser un soutien politique, moral, financier et
juridique à ce réseau.
g) Etablir des
liens étroits avec les centres culturels et
patrimoniaux.
La coordination
entre les institutions gouvernementales et non
gouvernementales oeuvrant au service de la question d’Al
Qods :
Cette coordination
devrait avoir pour buts d’établir une convention
internationale sur l’incrimination des actes de
profanation des lieux sacrés, considérés comme un
patrimoine de l’humanité, d’appeler les organisations
arabes et internationales des droits de l’homme à
fédérer leurs efforts pour que cette convention soit
signée, et assurer le suivi de ce document en prélude à
son entrée en vigueur.
- Œuvrer à
coordonner les efforts arabes et islamiques concernant
l’établissement de contacts avec les différentes
institutions internationales et appeler à la prise de
mesures coercitives contre les autorités sionistes, pour
leur violation des conventions internationales.
- Réactiver la
solidarité arabe et islamique : il est nécessaire de
réactiver la solidarité arabe et islamique, afin de
préserver l’identité arabe et islamique d’Al Qods et
faire échec aux conspirations ourdies visant à détruire
les sanctuaires islamiques et chrétiens. Ceci exige ce
qui suit :
a) Rétablir la
solidarité dans le cadre de la Ligue arabe et améliorer
la Charte de cette organisation de manière à dynamiser
les décisions et recommandations émises.
b) Renforcer la
coopération régionale entre les Etats arabes et
islamiques dans le dessein d’établir un ordre régional
qui remplacerait les projets américains et sionistes
dans la région du Moyen Orient.
Conclusion
En dépit des
carences dans la mise en œuvre des résolutions
internationales, il n’en demeure pas moins qu’il existe
plusieurs initiatives lancées par des organisations
gouvernementales et non gouvernementales, des
associations de la société civile, pour défendre Al Qods
qui a besoin plus que jamais du soutien de ces
institutions.
Il convient
également de reconnaître que la question d’Al Qods ne
sera pas réglée à coup de conférences même si ces
dernières pourraient aider à la résolution de cette
question. Al Qods a en effet besoin d’un mécanisme qui
pourra répondre à tous les besoins de la ville ; un
mécanisme capable de faire échec à l’embargo sioniste
imposé à Al Qods. Nous disposons certes des moyens et
des perspectives d’action, mais nous manquons de
coordination. Nous sommes tenus d’unifier nos rangs, de
fédérer nos efforts et d’entreprendre des actions
sérieuses et pertinentes.
Durant la prochaine
étape, les initiatives de sauvegarde des sanctuaires
islamiques et chrétiens à Al Qods doivent se
cristalliser autour d’un groupement et d’un unité
efficace : unité des fonds, des mesures et des
préparatifs pour relever le défi imposé par Israël,
notamment en ce qui concerne notre patrimoine
civilisationnel arabe et islamique. Cette unité est de
nature à réactiver les différents efforts déployés dans
ce contexte et de les doter du soutien politique et
technique nécessaires à leur aboutissement. Il
garantira, de prime abord, aux arabes et musulmans le
respect pour eux-mêmes et pour le discours qu’ils
tiendront sur le plan international, ce qui contribuera
à favoriser des réactions internationales, qui, même si
elles ne sont pas partisanes, seront à la limite
transparentes et objectives, et contribueront de ce fait
à préserver les droits arabes et chrétiens en Palestine,
avant même les droits islamiques.
Notre combat contre
l’ennemi sioniste sera de longue haleine. Il s’agit
d’une lutte qui a commencé il y a plus d’un siècle et
pourra se poursuivre pour des décennies encore. La
tradition du changement, du conflit entre les nations et
de la victoire doivent maintenir, en premier lieu, notre
foi en Dieu et notre attachement, dans un second temps,
à notre droit à la libération de nos patries et
sanctuaires. Nous devons poursuivre inlassablement nos
efforts pour concrétiser ces objectifs, à travers le
verbe, le soutien et le Jihad jusqu’à ce que Dieu le
Tout Puissant nous accorde Victoire. Dieu le Très Haut a
dit : "La victoire ne peut venir que d’Allah, le
Puissant, le Sage", "Allah soutient, certes, ceux qui
soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et
Puissant", "Et Allah est souverain en Son commandement :
mais la plupart des gens ne savent pas".
(*) Le Secrétaire général de l’Iitilaf Al Khayr.