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Note

 

Les grandes lignes du projet du plan

médiatique visant à faire connaître

les questions d’Al Qods Acharif en occident

et les mécanismes de sa mise en œuvre

Dr Abdallah Kanâan(*)

 

Plusieurs sommets, conférences et colloques arabes, islamiques, régionales et internationales ont été tenus au sujet d’Al Qods, ses questions et leurs diverses dimensions. Pourtant, la ville d’Al Qods, avec ses parties est et ouest, demeure toujours sous le joug de l’occupation israélienne : la partie ouest depuis 1948 et l’Est depuis juin 1967.

Loin de nous l’intention de minimiser l’importance de ces sommets, conférences et colloques, mais l’interrogation suivante s’avère légitime : quel est l’intérêt de toutes ses rencontres si elles n’ont pas réussi à mettre fin à l’occupation israélienne d’Al Qods ? Sachant, notamment, qu’il s’agit du contenu des décisions de la légalité internationale, des résolutions des Nations unies relatives à la cause palestinienne et à Al Qods, ainsi qu’au conflit israélo-arabe, dénommé le conflit au Moyen-Orient par les milieux politiques et médiatiques.

Toute personne attentive à l’histoire du conflit israélo-arabe arriverait nécessairement aux conclusions suivantes :

Premièrement : faire abstraction du noyau de ce conflit, à savoir la cause palestinienne, en généralisant cette question et en estimant qu’il s’agit d’un conflit moyen-oriental et non pas d’un conflit israélo-arabe où la cause palestinienne occupe une place centrale.      

Deuxièmement : minimiser l’importance de ce conflit en le transformant d’un conflit israélo-arabe, dont la cause palestinienne constitue l’âme, à un conflit israélo-palestinien, dont le centre est la ville d’Al Qods.

Troisièmement : transformer la question d’Al Qods d’une cause nationale, arabe et islamique à une question de sanctuaires islamiques et chrétiens auxquels sont consacrées des Conférences pour leur protection dans le cadre des organisations internationales et régionales à caractère éducatif, scientifique et culturel. C’est le cas de la 1re Conférence internationale organisée par l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO) dans la capitale du Maroc, Rabat, du 6 au 17 juin 2002, qui a été consacrée à l’examen de la situation des sanctuaires de l’islam et de la chrétienté dans le cadre d’une vision globale considérant ces sanctuaires à partir de leurs aspects historiques, juridiques, humanitaires et religieux.

Cette Conférence avait abouti à des recommandations et propositions parmi lesquelles figure celle relative à l’élaboration d’un "projet de plan médiatique pour mettre en exergue la question d’Al Qods en Occident". Il s’agit, en effet, de l’un des points important à l’ordre du jour de la deuxième Conférence internationale sur la protection des sanctuaires de l’Islam et de la chrétienté en Palestine, tenue actuellement à Amman à l’initiative de l’ISESCO en collaboration avec l’organisation caritative islamique internationale.

La définition des lignes majeures du projet de plan médiatique visant à mettre en exergue la question d’Al Qods Asharif en Occident et la proposition de mécanismes pour sa mise en œuvre conduit automatiquement à poser de nombreuses interrogations classées selon leurs thèmes et répartis sur les axes suivants :

Premier thème : Al Qods et ses questions

1. Que veut-on dire par Al Qods Asharif ? S’agit-il de l’ancienne cité située à l’intérieur de l’enceinte des murs et dont la superficie ne dépasse pas 1 km2 ? Ou s’agit-il de la ville au statut indépendant (Corpus Separatum), telle qu’elle est définie dans la résolution des Nations unies N° 181 datée du 29/11/1947, et qui est d’une superficie de 175 km? Ou est-il question de la partie Est d’Al Qods y compris l’ancienne cité avec ses 6,5 km2 avant son occupation par Israël au lendemain de la guerre brutale qu’elle avait menée le 5 juin 1967 contre la Jordanie, l’Egypte et la Syrie ?

S’agit-il encore d’Al Qods unifiée dont la superficie atteint actuellement 125 km2, ou du grand Jérusalem dont la superficie pourra atteindre entre 400 et 600 km2 ?

Deuxième thème : Al Qods vue par le sionisme et Israël

1. Quelle est la vision du mouvement sioniste et d’Israël quant à Al Qods ?

2. Quels sont les mythes fondateurs de la vision israélienne au sujet de la question d’Al Qods ?

3. Quel est le degré de véracité de ces mythes et leur conformité avec la réalité civilisationnelle, religieuse, démographique et archéologique de la ville d’Al Qods ?

4. Quelles sont les questions d’Al Qods ou les questions que représente Al Qods ? S’agit-il uniquement d’une question de sanctuaires de l’Islam et de la chrétienté ? Où s’agit-il d’une question religieuse située au cœur de l’Islam et de la chrétienté ? Ou d’une question démographique ? Ou d’une cause nationale face à la politique de judaïsation avec toutes ses formes, aux dangers de la colonisation, de l’émigration, de la déportation ? S’agit-il enfin d’une question qui concerne uniquement les Palestiniens ou les Arabes et tous les musulmans ?

5. Est-il possible de traiter ou de régler la question d’Al Qods en dehors de la question palestinienne ou du conflit israélo-arabe avec ses dimensions nationaliste, religieuse, régionale et islamique ?

6. Toutes ces interrogations peuvent-elles être traitées dans les grands axes du plan d’action médiatique visant à mettre en exergue les questions d’Al Qods Asharif ?

Troisième thème : Al Qods et l’Occident (Partie réceptrice)

1. Que signifie l’Occident ? Une notion géographique ? Ou un concept philosophique, civilisationnel, économique et politique qui s’applique sur un nombre de pays, abstraction faite de leur position géographique dans tel ou tel continent, y compris Israël, considéré comme une entité occidentale implantée en Palestine pour des raisons stratégiques servant les intérêts de l’Occident, sous un couvert religieux rassemblant au niveau politique les pôles du sionisme juif et du sionisme chrétien ?

2. Sommes-nous face à une vision homogène du monde occidental à l’égard des questions de la Palestine et d’Al Qods, du conflit israélo-arabe et des positions de ses deux principaux protagonistes : Israël et les Arabes, notamment les Palestiniens ? Ou sommes-nous face à des points de vue différents dans leurs contenus et dans leurs angles de traitement ? Quel est le degré de concordance et de discordance entre les vues des pays du monde occidental, particulièrement celles des Etats-Unis et des pays de l’Union européenne, et servent-elles l’intérêt de quelle partie ?

3. Quelle est la nature des puissances qui influence l’opération de prise de décision et l’opinion publique dans le monde occidental ? Dans quel sens ? Pour l’intérêt de la partie arabe ou de la partie israélienne ? Quelle est la partie ciblée par le plan médiatique ? s’agit-il des cercles de prise de décision politique dans le monde occidental ? Ou des milieux médiatiques, ainsi que l’opinion publique ?

4. Comment le monde islamique perçoit-il l’occident et quel est le degré de conciliation et d’éloignement de leur vision l’un vis-à-vis de l’autre ? Est-il possible de réduire le fossé qui les sépare et comment ?

Quatrième thème : La partie concernée par le plan médiatique (Partie émettrice)

Quelle est la partie concernée par l’élaboration et la mise en application du plan médiatique escompté ? S’agit-il des institutions médiatiques officielles arabes et islamiques, des institutions et organisations politiques et médiatiques non gouvernementales ou de l’Organisation islamique pour l’Education, des Sciences et de la Culture (ISESCO) en collaboration avec des organisations régionales, mondiales et islamiques, telle que l’organisation caritative islamique internationale ?

Est-il envisageable de dissocier les discours politique et médiatique, d’une part, du discours médiatique officiel et non officiel, de l’autre, au niveau arabe et islamique ?

Cinquième thème : Plan médiatique : caractéristiques, éléments, principes, objectifs, mécanismes d’exécution et obstacles

1. Quelles sont les caractéristiques du plan médiatique proposé ?

2. Quels sont les éléments de base du plan médiatique ?

3. Quels sont les principes et les fondements du plan médiatique ?

4. Quels sont les objectifs du plan médiatique ?

5. Quels sont les mécanismes d’action à même de mettre à exécution le plan médiatique, d’assurer sa réussite et de réaliser ses objectifs ?

6. Quels sont les obstacles qui entravent l’application de ce plan ou sa réussite et comment les dépasser ?

Plan médiatique :

L’objectif d’évoquer les interrogations précitées réparties selon des thèmes précis est non pas de trouver des réponses convaincantes, mais de décomposer les éléments de la réalité de l’environnement local, arabe, islamique, régional et international, notamment occidental, du projet du plan médiatique. Ceci permettra de cerner les éléments et les fondements de ce plan, aidera à définir ses traits, ses caractéristiques essentiels, ses objectifs, ses mécanismes d’exécution et les conditions de sa réussite. Il permettra également de dépasser tout obstacle pouvant entraver sa mise en exécution.

Caractéristiques du plan médiatique :

Il n’est pas aussi important d’exposer nos conceptions relatives au plan médiatique proposé pour mettre en exergue les questions d’Al Qods et ses sanctuaires islamiques et chrétiens, et à gagner l’appui du monde occidental, que le fait de bien définir les contours et les objectifs de ce plan. Autrement, nous aurions d’emblée tort, et le plan médiatique aurait avorté avant sa naissance.     

Ainsi, il est indispensable de définir les caractéristiques du plan médiatique souhaité. Quelles sont donc les caractéristiques de ce plan médiatique ?

A travers l’examen des expériences politiques et médiatiques des autres nations et peuples qui ont mené des guerres de libération nationale, des puissances et mouvements qui ont conduit des guerres pour coloniser d’autres pays et exiler par l’usage de la force leurs citoyens, mais aussi pour élargir l’espace géographique colonisé et consacrer leur occupation militaire, notamment le mouvement sioniste avec son entité raciste à savoir Israël. A travers l’étude de ces expériences contradictoires et conflictuelles des peuples, nations, mouvements de libération et de colonisation, nous pouvons dire que la réussite de toute stratégie ou plan politique, médiatique ou économique dépend des caractéristiques qui vont suivre. Il doit également renfermer les quotients essentiels à un départ réussi à savoir :

1. l’objectif central du plan doit être bien défini non seulement dans l’esprit de ses concepteurs, mais chez les deux parties concernées, et ce afin que la netteté de l’objectif soit le principe de l’attrait, ouvrant la voie ainsi à la réussite aussi long et pénible que soit le chemin. Il s’agit, en effet, de la conduite adoptée par le mouvement sioniste pour l’élaboration de sa stratégie, étant donné qu’il a fait, de l’objectif de "l’Etat juif", ou de l’implantation de l’entité sioniste sur la terre de la Palestine, son objectif principal et clair, avec un leadership juif sioniste, un allié international et la partie visée est la Palestine et son peuple, les arabes et leur terre.

2. Le plan médiatique doit être souple de façon à être capable de considérer efficacement les mutations locales, régionales et internationales, loin des modèles figés basés sur des principes dépassés par les événements pouvant accabler les responsables de l’élaboration du plan et conduire à son échec. Autrement dit, il faut protéger le plan contre l’inertie et la monotonie.

3. Adopter l’approche graduelle pour atteindre des objectifs secondaires de façon à conduire à la concrétisation de l’objectif central ou final. Il s’agit d’opter pour le principe de subdiviser l’objectif central en objectifs à court, moyen et long terme.

4. Une unité de commande chargée de mettre à exécution le plan et de veiller sur cette opération tout au long de ses différentes étapes qui peuvent se prolonger suivant les changements apparents et latents au niveaux local, régional et international.

Les éléments de base du plan d’action médiatique :

A la lumière du diagnostic objectif de la réalité du plan d’action médiatique, présenté sous la forme des questions évoquées dans les thèmes du plan proposé et qui forment les éléments et les piliers de ce plan, il est possible de déterminer comme suit les éléments de base du projet de plan médiatique, divisés selon les thèmes précités :

Le thème d’Al Qods et ses questions :

1. Al Qods, tel que ses frontières ont été tracées par la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies n°181/1947, constitue le thème du projet de plan d’action médiatique escompté. Il n’est pas question seulement de la partie Est, mais d’Al Qods avec ses deux parties Ouest et Est avant leur occupation respectivement en 1948 et 1967.

2. Al Qods n’est pas uniquement une question de sanctuaires de l’islam et de la chrétienté, mais elle représente une cause nationale, islamique et démographique.

3. Al Qods est au centre de la cause palestinienne. Il est donc absolument inacceptable de dissocier cette ville de ses dimensions nationaliste, islamique et internationale. Elle est partie intégrante des territoires arabes palestiniens occupés concernés par les résolutions onusiennes, qu’il s’agisse de celles relatives directement à Al Qods, de celles relatives à la cause palestinienne, au conflit israélo-arabe ou au conflit moyen oriental. Le conflit moyen oriental est un terme qui a été évoqué dans certaines résolutions des Nations unies. C’est ainsi qu’il est dénommé également par l’Occident et ses pays alliés, qui parlent tous d’un retrait d’Israël des territoires arabes occupés, particulièrement Al Qods, condamnent la politique de judaïsation menée par l’Etat hébreu et ses manifestations démographiques et politiques notamment la colonisation, ainsi que la colonisation, la confiscation des terres et la politique de déportation forcée.

4. Al Qods est une question arabe, islamique et internationale. La question des Arabes, des musulmans et de la communauté internationale et non pas uniquement une cause nationale palestinienne.

Le thème de la vision sioniste israélienne à l’égard d’Al Qods :

1. La vision sioniste israélienne à l’égard d’Al Qods se base sur des mythes de la Torah : "l’élection, l’exclusion et la promesse", qui constituent un cadre stable favorisant le classement de la politique de semer les graines d’une entité sioniste avant de l’implanter en Palestine, d’occupation, de judaïsation, d’exile forcé, de mener des guerres de liquidation systématique globale contre les Arabes de Palestine, une politique inscrite sous la catégorie des sujets dont l’évocation et la remise en doute sont prohibés. Tout juif qui s’aviserait d’aborder ces politiques en les reniant, les critiquant ou les remettant en doute est considéré comme "renégat". Les non-juifs qui pourraient suivre la même voie sont taxés de non sémites. Ceci ne s’arrête pas à ce stade là, mais des appels au niveau international sont formulés pour édicter des lois interdisant d’approcher le monde des mythes tri-dimensionnel : "le peuple élu de Dieu" (l’élection divine des juifs), "la terre promise" (le mythe de la promesse divine) et le mythe de "l’épuration ethnique" (une terre sans peuple pour un peuple sans terre) et de faire face aux histoires sionistes relatives aux souffrances infligées aux juifs par le nazisme, ou ce qu’on dénomme "Holocauste".

Ces appels ont été entendus par certains pays européens notamment la France qui a promulgué la loi "Gaccio(**)" (Kanoun Gaccio). C’est le cas également des Etats Unis où George W. Bush avait signé le 17/10/2004, à la veille des élections présidentielles américaines, la "loi relative à l’anti-sémitisme". Ladite loi engage le ministère américain des Affaires étrangères à ouvrir, au sein de ses missions diplomatiques de part le monde, des bureaux chargés de suivre tout activité hostile aux juifs, notamment en ce qui concerne les médias officiels et les cursus scolaires, et de présenter un rapport annuel à ce sujet, dans le cadre des rapports annuels du ministère sur les droits de l’Homme.

Nombreux sont les responsables politiques en occident qui ont dus abandonner leurs postes et disparaître de la scène politique de leurs pays pour être accusés d’anti-sémitisme. Pis encore, certains de ces responsables n’ont même pas profité de circonstances atténuantes en raison de leur histoire ou de leur amitié de longue date avec Israël. Même le fait d’être président de l’Association d’amitié de son pays avec Israël, comme c’est le cas de l’ancien président du "Parlement fédéral allemand" (1986) (président de l’Association d’amitié germano-israélienne à l’époque), n’a pas servi. Ce dernier avait été écarté rien que pour avoir évoquer une expression d’Hitler en parlant de l’horreur nazi, à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de "la nuit du cristal(***)" lors d’une séance au Parlement où était présent le président de la communauté juive en Allemagne. Cet incident a été considéré comme une grande humiliation à l’égard des juifs et un crime impardonnable dont le prix devait être payé par celui qui l’a commis en présentant sa démission et ses excuses à la communauté juive.

2. Al Qods est la capitale unifiée et éternelle d’Israël sur décision divine et le peuple israélien ainsi que sa direction et son gouvernement n’ont pas le choix d’y renoncer.

3. Garantir l’accès des adeptes du judaïsme, de la chrétienté et de l’Islam aux sanctuaires et lieux de culte. Il s’agit de l’un des articles les plus dangereux demeurant délibérément inexpliqué et obscur, puisque il est synonyme pour les juifs de liberté d’accès et de prière dans la mosquée Al Aqsa, car il s’agit pour eux du lieu le plus sacré qu’il dénomme "le mont du temple"

4. Reconstruire le Temple, auquel aucune trace n’a été trouvée jusqu’à présent en dépit des fouilles archéologique dont il a fait l’objet de la part d’archéologues israéliens et occidentaux sur les lieux de la mosquée Al Aqsa. Toutefois, un nombre croissant d’Israéliens démentent toutes les allégations juives relatives au temple prétendu en se basant sur leurs investigations, recherches et études qui étayent la véracité de l’inexistence au cours de n’importe quelle période de l’histoire d’un temple dans les endroits indiqués par les juifs.

5. Al Qods représente l’âme de la confession juive, le principal pilier de cette religion et de son raisonnement et la pierre angulaire de la "réédification de l’Etat juif" à travers la fausse devise sioniste "le retour à Sion", c’est à dire à Al Qods. La ville sainte représente également la garantie de la pérennité de la confession juive et de la présence juive dans la région arabe, une présence considérée comme nécessaire par l’occident puisque Israël symbolise le bouclier protecteur de la civilisation occidentale contre "sous-développement, la barbarie et la sauvagerie" arabe, comme ils prétendent.

Thème d’Al Qods et l’occident :

1. En tant que concept politique, l’occident englobe l’ensemble des pays dont les régimes politiques sont basés sur le libéralisme et qui se définissent comme des régimes libres et démocratiques. Ceci signifie que le concept occident réunit le monde occidental avec son centre, à savoir les Etats unis, le Canada, les pays de l’Union européenne et ceux qui attendent d’y adhérer. L’occident englobe également les pays de l’OTAN (Alliance Atlantique) à l’exception de certains d’entre eux, notamment la Turquie. Il s’agit donc d’un concept politique plus que géographique, même s’il est en train de connaître à l’issue de la guerre froide et après l’effondrement de l’Union soviétique, la dissolution du camp socialiste et l’adhésion de plusieurs de ses pays à l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et à l’Union Européenne, un rapprochement entre ses dimensions politique et géographique. Ce concept peut s’étendre pour s’appliquer à Israël, la sentinelle de l’occident, le rempart protégeant la civilisation occidentale de "la barbarie dont certains taxent les Arabes".

Cette idée est reflétée par le communiqué conjoint émis en 1950 par les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France et qui garanti la continuité de l’entité sioniste, sa protection et sa suprématie scientifique et militaire vis-à-vis des pays arabes. Elle est représentée également par les relations stratégiques entre les Etats unis et Israël, non pas uniquement sur les plans militaire, financier et technologique, mais principalement politique. Washington ne s’est pas contenté de garantir la poursuite de l’existence d’Israël et sa supériorité militaire par rapport à l’ensemble des pays arabes, mais ils ont œuvré à protéger sa politique de judaïsation contre toute critique ou condamnation  au niveau des institutions internationales, particulièrement le Conseil de Sécurité de l’Onu, en recourant au veto. A titre d’exemple, les Etats unis ont eu recours dans huit occasions au veto rien que durant le mandat de l’actuel président américain George W. Bush. Ces votes étaient relatifs à Al Qods, à la guerre globale de liquidation menée par l’Etat hébreu contre le peuple arabe palestinien. Cette situation s’explique par l’influence exercée par la relation confessionnelle et les intérêts politiques liant le sionisme juif et le sionisme et chrétien à travers ses différentes institutions, dont les plus dangereuses sont la présidence et le Congrès américain.

2. La vision des pays du monde occidental à l’égard d’Israël, des Arabes et des sujets relatifs au conflit israélo-arabe, notamment la cause palestinienne et les dimensions de la question d’Al Qods, est paradoxale. Nous pouvons, à cet égard, faire la distinction entre deux visions principales :

Premièrement : la vision américaine et ses éléments :

1. "La question israélienne" signifie que la garantie de la continuité de l’entité sioniste et de sa suprématie vis-à-vis des Arabes à tous les niveaux, particulièrement militaire et technologique, demeure une affaire américaine interne non pas en raison de l’influence qu’exercent les juifs américains par le biais de leurs institutions financières, médiatiques, publicitaires et politiques sur les cercles de prises de décision politiques et sur l’opinion publique aux Etats-Unis concernant notamment la question d’Al Qods, mais en raison des intérêts vitaux de Washington qui font d’Israël un alliée stratégique irremplaçable qui mérite d’être protégé à n’importe quel prix. Ces intérêts sont souvent déguisés et justifiés par les valeurs, la religion et d’autres allégations d’ordre culturel et civilisationnel.

2. Israël représente l’unique régime libre et démocratique au sein d’un monde arabe et d’une région du Moyen Orient où abondent le despotisme, les dictatures et la pensée hostile et arriérée.

3. Légitimer tout moyen utilisé par Israël dans le conflit qui l’oppose aux Palestiniens et aux Arabes, y compris les guerres préventives et les opérations de liquidation systématique, en les considérant comme un droit à l’autodéfense.

4. Reconnaître la ville d’Al Qods comme capitale unifiée et éternelle d’Israël, en vertu de la loi édictée en 2003 par le ministère américain des Affaires étrangères et adoptée par le président Bush. Cette loi assimile la capitale d’Israël à "Al Qods" dans les documents officiels et prévoit de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville sainte.

5. Ler territoires arabes occupés en Palestine, en Syrie et au Liban ne sont plus perçus comme tel par la politique américaine, comme il est exprimé dans les résolutions de l’ONU qui appèlent Israël à se retirer des territoires arabes occupés lors de la guerre du 5 juin 1967, mais comme des territoires objet d’un conflit.

6. Les résolutions des Nations unies, qu’elles soient votées par le Conseil de Sécurité ou par l’Assemblée générale de l’ONU, au sujet des différentes questions relatives au conflit israélo-arabe, notamment à la cause palestinienne, sont des décisions non contraignantes. Israël est donc libre de se conformer à ces décisions ou pas, tant qu’elles ne se réfèrent pas à l’article n° 7 de la charte des Nations unies, tel qu’il a été le cas pour les résolutions concernant l’Irak avant qu’il soit occupé.

L’existence d’Israël est due à une seule résolution émise par l’Assemblée générale de l’ONU et non pas par le Conseil de Sécurité. Il s’agit de la résolution n° 181/ 1947 connue par la résolution du Partage. Le partage de la Palestine en deux Etats, l’un arabe et l’autre juif tout en conférant un statut spécial à Al Qods.

7. Evoquer la création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat israélien par les Etats-Unis constitue une manœuvre tactique de circonstance visant à ouvrir la voie aux pays arabes pour soutenir sa politique au Moyen Orient et celle de la guerre préventive face au terrorisme international. Cette idée demeurera d’actualité tant que la création d’un Etat palestinien est tributaire d’un partenaire palestinien pour la paix. Une condition absente, selon la vision israélo-américaine.

Deuxièmement : la vision européenne :

Il est difficile de partir d’une vision homogène des pays de l’Union européenne à l’égard du conflit arabo-israélien, puisque les positions de certains de ses pays sont conformes à celles des Etats-Unis. Ceci dit, cette vision repose sur les éléments suivants :

1. La nécessité du retrait israélien de tous les territoires arabes occupés, y compris Al Qods, en vertu des résolutions votées pars les Nations unies à ce sujet, notamment les résolutions du Conseil de Sécurité n° 242/1967 et n° 338/1973.

2. Ne reconnaître aucun changement démographique, civilisationnel ou confessionnel subi par les territoires arabes occupés, les sanctuaires et les monuments historiques de l’Islam et de la chrétienté.

3. Reconnaître le droit du peuple arabe palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un Etat indépendant sur les territoires occupés en 1967, avec la partie Est d’Al Qods comme capitale, qu’Al Qods reste unifiée ou à nouveau partagée. Outre le fait que cette idée soit désapprouvée par les pays de l’Union européenne, elle demeure écartée en raison de la politique du fait accompli.

4. Soutenir l’Autorité nationale palestinienne pour qu’elle soit capable de mettre en place les institutions de l’Etat et la société civile tout en réaffirmant la nécessité de réaliser des réformes administratives et financières et lutter contre le soi-disant terrorisme palestinien.

5. Critiquer la politique de colonisation, de judaïsation et d’usage "excessif" de la force de la part d’Israël ;

6. Considérer le problème avec Israël comme une affaire extérieure et non pas seulement comme une question intérieure en prenant en compte l’influence politique et médiatique juive sur les décisions de l’Union Européenne -en tant que cadre regroupant plusieurs institutions- ainsi que sur les positions de chaque Etat membre ;

7. Résoudre le conflit israélo-arabe et parvenir à un règlement pacifique accepté par toutes les parties. Un tel règlement est d’une importance extrême pour l’Union Européenne. Il libère certains Etats membres de l’Union du poids de l’histoire qui pèse surtout sur l’Allemagne dans sa relation avec Israël, d’une part, et, d’autre part, il ouvre à l’Europe les perspectives d’une coopération très poussée avec le monde arabe aux niveaux économique, culturel et civilisationnel.  En fait, Israël était et sera toujours une charge qui pèse sur l’U.E. politiquement et économiquement tant que le peuple palestinien n’aura pas le droit à l’autodétermination et à la création d’un Etat indépendant et souverain. Les relations entre l’Union Européenne et le monde arabe restent donc instables et liées aux changements qui touchent le Proche-Orient. L’U.E serait le plus grand bénéficiaire d’un règlement juste, durable et global du conflit israélo-arabe. D’une part l’Europe se détacherait du poids de l’histoire, et de l’autre les marchés des pays arabes seraient complètement ouverts aux produits de l’Union.

Quant au Japon, qui fait partie de l’Occident en tant que terme politique et non pas géographique, ses visions sont homogènes avec celles de l’Union Européenne. Pour l’Australie et le Canada, dont les décisions convergent souvent vers celles des Etats-Unis, leurs visions sur la question palestinienne et Al Qods s’approchent de celles de l’U.E. En fin de cette analyse, on tire les remarques suivantes :

Aux Etats-Unis, le nombre de juifs est de 5,2 millions de personnes  alors qu’on y compte 4 millions d’arabes (le nombre des musulmans y compris les arabes est de 7 millions de personnes). Or la forte pression juive sur la politique des Etats-Unis au Proche-Orient va jusqu’à considérer la relation avec l’Etat d’Israël comme une affaire intérieure.  Les intérêts des deux Etats sont identiques d’après le lobby sioniste qui influence les décideurs  politiques américains. La situation est différente en Europe où vivent moins de 4 millions de juifs et plus de 7 millions d’arabes (le nombre des musulmans y compris les arabes sur le vieux continent dépasse de loin ce dernier chiffre). Pour l’Europe, Israël adhère à un cadre politique occidental mais reste à l’extérieur du système politique européen. L’U.E. qui voit dans la protection de l’Etat hébreu dans ses frontières du 4 juin 1967 une obligation, pense que la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain à côté d’Israël est une nécessité. Cette position ne s’oppose pas complètement à celle des Etats-Unis mais elle en est différente de manière à ne pas donner l’occasion au déclenchement d’un conflit armé entre les deux parties. Dans le pire des cas, on aurait un différend dans le cadre de l’ONU.

Le thème de la partie émettrice :

L’Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture (ISESCO) est une organisation intergouvernementale. Elle est l’une des instances de l'Organisation de la Conférence islamique regroupant les Etats islamiques. L’Organisation caritative islamique internationale au Koweït (Commission caritative de Palestine) est, quant à elle, un organisme non gouvernemental. Ainsi les grands traits du projet du plan scientifique décidés lors de "la deuxième Conférence internationale sur la protection des sanctuaires de l’Islam et de la chrétienté en Palestine" organisée à Amman entre le 23-25 novembre 2004, seront élaborés par deux instances : l’une intergouvernementale l’autre non gouvernementale. La conjugaison des actions populaires et gouvernementales serait au profit du Plan si les rôles sont distribués de manière à donner aux populations la mission d’expliquer à l’opinion publique occidentale la question d’Al Qods et charger les gouvernements, à travers leurs missions diplomatiques dans les pays occidentaux, de communiquer avec les décideurs politiques en les éclairant sur la situation  exacte dans la ville sainte suivant les directives du plan à élaborer tout en renseignant ces hauts responsables sur les derniers développements sur le dossier d’Al Qods, les dangers des différentes politiques de judaïsation de la ville  exercées par Israël en précisant que les positions de leurs pays à l’égard de ces questions influenceront leurs intérêts vitaux dans la région et pèseront sur leurs relations avec les pays arabes et islamiques.

Mais ne faut-il pas se demander si les responsables du plan d’action médiatique ont la capacité et les possibilités pour l’appliquer ? En fait le problème n’est pas l’élaboration d’un plan réaliste et précis mais c’est l’application de cette stratégie et la réalisation de ses objectifs. Une telle démarche ne nécessite pas uniquement les efforts de l’ISESCO et de l’Organisation caritative islamique internationale mais a besoin de la mobilisation de toutes les potentialités arabes, islamiques et internationales -gouvernementales et non gouvernementales- qui soutiennent le droit des peuples à l’autodétermination y compris celui du peuple palestinien. La coopération et la collaboration sur le terrain avec l’ONU et ses différents organismes notamment l’UNESCO, avec l’ALECSO et avec l’ensemble des organisations non gouvernementales s’intéressant à la question d’Al Qods. C’est une tâche qui n’est pas du tout facile à assumer et qui resterait dans le cadre des souhaits sinon de l’impossible eu égard à la situation actuelle dans les pays arabes et islamiques et au niveau de la région et du monde.

 

Les grands traits du projet du plan médiatique : les mécanismes et les objectifs :

Après cet exposé qui aborde de manière intense les développements actuels de la question palestinienne et surtout la situation à Al Qods, il est nécessaire de réaffirmer que le but n’est pas d’organiser des conférences et des forums afin d’élaborer des stratégies médiatiques qui restent lettre morte mais d’avoir un plan pratique dont les objectifs sont précis et les mécanismes fixés afin de le concrétiser sur le terrain.

Quels sont donc les objectifs de ce plan médiatique ? Et quels en sont les mécanismes ?

Les objectifs du Plan :

Ces objectifs du plan médiatique sont de trois types :

Des objectifs à court terme ;

Des objectifs à moyen terme ;

Des objectifs à long terme.

Les objectifs à court terme :

Ils sont fixés pour préparer et déterminer les étapes suivantes afin de  réaliser les objectifs à moyen et long terme. Pour ceux à court terme,  il s’agit de :

1. Expliquer à l’opinion publique occidentale avec simplicité et de manière organisée l’histoire de la ville d’Al Qods depuis sa création par les cananéens et les Jébuséens jusqu’à nos jours avec le minimum d’effort, en un temps limité et à moindre coût en se servant d’informations authentiques archéologiques ou tirées de documents crédibles et ne jamais accepter le texte de la torah.

2. Fournir des informations sur les lieux saints islamiques et chrétiens sur le même pied d'égalité en commençant par la Mosquée Al-Aqsa édifiée 40 ans après la construction de la Grande Mosquée sainte de la Mecque qui est le premier édifice fondé pour les Hommes d’après les traditions prophétiques .

3. Exposer les développements démographiques qu’Al Qods avait connus dont les plus dangereux étaient l’immigration juive et la politique de colonisation, d’occupation et de judaïsation exercée par les sionistes. Ces politiques ont contribué à un changement démographique et civilisationnel de la ville sainte qui a atteint son point culminant après le parachèvement par Israël de l’occupation d’Al Qods lors de la guerre déclenchée par l’Etat hébreu contre ses voisins arabes afin de mettre le monde devant un fait accompli.

4. Dévoiler les principaux mythes israéliens dont celui de "la promesse", celui du "peuple élu" et celui d’une "terre sans peuple pour un peuple sans terre" en se basant sur des documents historiques et des fouilles archéologiques faites par les archéologues occidentaux et israéliens.

5. Expliquer le statut juridique d’Al Qods en s’appuyant sur les résolutions onusiennes qui touchent directement ou indirectement la ville sainte, sachant que les pays arabes ont refusé le partage de la Palestine et l’internationalisation de la question d’Al Qods. On signale ici que l’acceptation par les arabes du  droit au retour  figurant dans la résolution 194 constitue une concession importante car en fait c’est le retour de la Palestine à ses habitants originaires -qui sont les palestiniens- qui devait être stipulé et non le retour des réfugiés à l’Etat d’"Israël" dont la création est fondée sur l’occupation des territoires palestiniens.

6. Dévoiler la position israélienne illégale qui défie la volonté de la communauté internationale. Une communauté qui appelle Israël à se retirer des territoires arabes occupés dont Al Qods et à ne pas entretenir des actions susceptibles de changer les données civilisationnelles, archéologiques, spirituelles, démographiques et historiques d’Al Qods et des lieux saints islamiques et chrétiens.

7. Se concentrer sur la position américaine qui s’aligne complètement sur celle d’Israël ce qui encourage l’Etat hébreu à ne pas appliquer les résolutions onusiennes, lesquelles ont été présentées et adoptées par les Etats-Unis eux même et par les autres pays occidentaux. Cette attitude américaine doit être considérée comme une position non équilibrée qui porte atteinte aux intérêts vitaux des américains et occidentaux dans la région et menace la paix et la sécurité internationale.

8. Informer l’opinion publique occidentale du fait que l’attachement d’Israël à occuper les territoires arabes et son obstination à refuser toute reconnaissance des droits du peuple palestinien constituent de l’Etat hébreu un lourd fardeau pour les intérêts vitaux de l’Occident et non pas un partisan ou protecteur de leurs stratégies.

9. Expliquer à l’Occident et notamment à l’opinion publique américaine que la haine que les arabes et les musulmans éprouvent pour la politique occidentale est causée par le soutien absolu de l’Occident à Israël et par son encouragement à poursuivre sa politique coloniale et non pas pour des motifs religieux ou raciaux. Cette position injuste qui s’oppose à la volonté de la communauté internationale et aux résolutions onusiennes est l’un des facteurs principaux qui nourrissent la violence contre les intérêts occidentaux au  Proche-Orient  et même en Occident par certains individus qui réagissent par émotion souvent suite à des tragédies familiales.

10. Montrer aux occidentaux que la paix ne peut être réalisée sans la reconnaissance de la part d’Israël du droit du peuple arabe palestinien à l’autodétermination, la création d’un Etat indépendant et à souveraineté  complète sur l’ensemble des territoires occupés en 1967, avec Al Qods comme capitale et au retour des réfugiés. En plus du retrait israélien de tous les territoires arabes occupés, Israël est appelé à abandonner sa nature sioniste et raciste.

11. Eclairer l’opinion publique occidentale sur le fait que les intérêts communs entre les pays arabes et islamiques d’une part et l’Occident d’autre part sont en mesure de rassembler plus que de séparer les deux parties. Le respect et le développement de ces intérêts ne se font pas par un alignement au profit d’Israël mais en obligeant l’Etat hébreu à respecter les résolutions onusiennes, en appliquant les principes du "respect mutuel", en respectant la volonté de l’autre, le multilatéralisme et le principe de non-intervention dans les affaires intérieures des Etats membres de l’ONU, et l’abandon de la politique de changement par la force appliquée en Afghanistan et en Irak.

12. Faire connaître à l’Occident que la réalisation de la paix demande l’abandon par Israël de sa nature raciste et de son arsenal nucléaire et ses armes de destruction massive.

Les objectifs à moyen terme :

Pour passer aux objectifs à moyen terme, on se base essentiellement sur ceux réalisés à court terme. Ces derniers sont considérés comme objectifs provisoires préparant le terrain adéquat à une étape intermédiaire dont les objectifs principaux sont les suivants :

1. Gagner le soutien de certains intellectuels, gens cultivés et forces politiques qui pèsent sur la formation de l’opinion publique occidentale en ce qui concerne le conflit israélo-arabe et surtout la question d’Al Qods en se référant aux résolutions onusiennes comme base au projet du plan médiatique.

2. S’infiltrer dans les milieux médiatiques, culturels, intellectuels et économiques influents en Occident pour leur faire entendre le point de vue arabe et pour leur convaincre du fait que la position de leur pays serve souvent les divers intérêts du mouvement sioniste dans toutes ses différentes formes et genres et non pas les intérêts privés dans leurs pays surtout au niveau économique et vital.

3. Encourager indirectement le courant critiquant le sionisme et les politiques israéliennes de judaïsation d’Al Qods dans les milieux occidentaux pour ne pas faciliter au mouvement sioniste et à ses collaborateurs publics et secrets la tâche d’attaquer ledit courant et afin de l’isoler et l’écraser. L’objectif est de former de ce courant un groupe de pression capable de faire face au lobby sioniste et à l’alliance entre les juifs sionistes et les chrétiens sionistes (les new conservateurs) pour protéger les intérêts vitaux de leurs pays.

4. Montrer que les lois contre l’antisémitisme comme celle de Gaccio en France ou celle de Bush aux Etats-Unis ne servent guère les intérêts de l’Occident mais simplement ceux d’Israël et du sionisme. Une situation qui permet à l’Etat hébreu de fixer les règles du jeu de la politique internationale, d’affaiblir les pays occidentaux et les mettre sous son hégémonie.

5. Considérer la question d’Al Qods comme une affaire intérieure de tous les pays islamiques et non pas comme un dossier qu’on ouvre occasionnellement et provisoirement.

Les objectifs à long terme :

Les objectifs à long terme du plan médiatique peuvent être résumés ainsi :

1. Arrêter le monopole exercé par le sionisme international pour former l’opinion publique internationale dans les pays occidentaux et surtout aux Etats-Unis.

2. Encourager l’Union Européenne, en tant qu’entité, ainsi que ses Etats membres à positiver leurs attitudes et finir avec leur dépendance aux Etats-Unis. L’Europe est capable en fait d’avoir des visions et positions propres à elle et cohérentes avec celles de la communauté internationale concernant les questions du conflit israélo-arabe, entre autres l’occupation par Israël des territoires arabes dont Al Qods, le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et la création d’un Etat indépendant avec Al Qods comme capitale. De fait l’U.E. devient an acteur indépendant non soumis aux diktats de Washington sous prétexte que la région du Proche-Orient est placée sous domination américaine et que les pays européens ne peuvent rien faire sans l’autorisation de l’Administration américaine. En d’autres termes, l’objectif est de finir avec l’hégémonie des Etats-Unis dans la région et arrêter le monopole des américains sur la gestion des dossiers du conflit israélo-arabe et surtout la question d’Al Qods.

3. Œuvrer à transformer le conflit israélo-arabe d’une affaire intérieure américaine à une question de la politique extérieure liée aux intérêts communs entre les Etats-Unis et le monde islamique. Une fois cet objectif réalisé, Israël va se trouver obligé d’abandonner ses politiques actuelles pour se soumettre à la volonté de la communauté internationales et aux résolutions des Nations unies.

Les mécanismes d’exécution :

Il est normal que le nombre des mécanismes d’exécution soit important et leurs types diversifiés eu égard à la multiplicité des objectifs, lesquels touchent des questions locales, régionales et internationales. Ceci étant, on va se focaliser simplement sur les plus importants de ces objectifs nécessaires à la concrétisation du plan médiatique suivant :

1. Ouvrir des bureaux d’information dans l’ensemble des missions diplomatiques des pays arabes et islamiques dans le monde arabe et en Occident. D’autres bureaux liés à l’UNESCO, à l’ISESCO et à l’ALECSO doivent être créés dans ces mêmes régions. 

2. Mobiliser  les membres des communautés arabe et musulmane en Occident surtout aux Etats-Unis où le nombre des musulmans (7 millions) dépasse celui des juifs afin d’avoir une force efficace et identique à celle des organisations sionistes. On doit encourager ces membres à participer à la vie politique de leurs pays pour pouvoir constituer un poids électoral important au lieu de rester marginalisés, sans influence et négligés par les candidats aux élections. Cette communauté musulmane est constituée de grands scientifiques, intellectuels et hommes politiques. Leur place serait prépondérante, s’ils sont mis à la bonne place.

3. Créer un fonds islamique pour financer les activités propres à Al Qods dans le monde arabe sur la base des contributions payées par les Etats membres de l’Organisation de la Conférence islamique et notamment les pays pétroliers, lesquels sont appelés à verser un montant déterminé sur tout baril exporté.

4. Dévoiler la politique américano-européenne visant à fermer les associations et organisations caritatives travaillant dans le domaine humanitaire et qui soutiennent les démunis palestiniens dont des habitants d’Al Qods.

5. Pousser les étudiants et enseignants dans les universités occidentales et notamment aux Etats-Unis à créer des associations amicales à Al Qods dans leurs établissements supérieurs en collaboration aven leurs collègues.

6. Lancer une chaîne satellitaire multilingue sur Al Qods destinée à l’opinion publique occidentale et qui porte le nome de "la Chaîne satellitaire d’Al Qods". Le personnel de cette chaîne doit être composé de journalistes, informaticiens, intellectuels, hommes politiques et historiens spécialisés dans les affaires de la ville sainte.

7. Encourager les communautés arabe et musulmane à s’intégrer aux sociétés dans lesquelles elles vivent pour qu’elles aient de la crédibilité.

8. Inviter les penseurs, ulémas et intellectuels arabes et musulmans vivant dans les sociétés occidentales à appeler nos communautés à rejeter l’extrémisme et le fanatisme et à ne pas utiliser la violence pour répondre  à leurs adversaires parce que cette utilisation de la force provoquerait  des réactions négatives qui entacheraient les causes arabes et islamiques

9. Inciter les arabes et les musulmans à investir en Occident notamment aux Etats-Unis dans les différents moyens de communication : presse écrite, Radio et Télévision. L’objectif est d’arrêter l’hégémonie juive sur les divers médias américains.

10. Encourager les investissements arabes et musulmans dans les technologies d’information et de communication y compris l’Internet et la production de documentaires pour la télévision et le cinéma pour pouvoir influencer l’opinion publique occidentale qui constitue ses jugements et connaissances sur les civilisations et cultures de l’autre à partir de ces documentaires.

11. Utiliser les moyens de communication modernes notamment la création de sites Web sur Al Qods et encourager les musulmans à faire la guerre sur Internet pour la ville sainte contre le mouvement sioniste et ses constituants secrets, le plus dangereux parmi eux le sionisme chrétien et son noyau dur formé de "new conservateurs".

12. Demander aux chaînes satellitaires arabes notamment celles les plus influentes et les plus crédibles chez l’opinion publique occidentale comme "Al Jazira" et  celles largement suivies ou lourdement financées comme "Al Arabiya", "Dubaï Television" et autres de considérer la question d’Al Qods comme objectif central de la chaîne en diffusant des programmes hebdomadaires en anglais destinés à l’opinion publique occidentale en exploitant les compétences médiatiques pouvant facilement s’entretenir avec la mentalité occidentale et l’influencer au profit de la question d’Al Qods en se basant sur les résolutions de l’ONU.

13. Encourager la recherche scientifique et la rédaction d’ouvrages sur Al Qods en anglais, français, espagnol, allemand, russe et dans d’autres langues. En fait les juifs russes constituent un cinquième de la population d’"Israël".

14. Inciter à la diffusion de programmes de radio en langue anglaise et en d’autres langues sur la question d’Al Qods, sachant que la radio israélienne émet des programmes en 17 langues.

15. Constituer des associations amicales pour Al Qods aux Etats-Unis et dans les pays européens dans les milieux populaires et estudiantins.

16. Diffuser les recherches et études sur Al Qods qui sont publiées en langue anglaise ou en d’autres langues par le biais des chaînes satellitaires, des stations de radio ou des organes arabes.

17. Unifier les efforts des acteurs des organisations non gouvernementales oeuvrant pour la cause  d’Al Qods  sur le plan arabe, islamique et international en créant un cadre efficace permettant de partager les responsabilités de manière à ce que ces efforts soient complémentaires et fructueux et non pas répétés  et dispersés.

18. Regrouper tous les propos et articles condamnant Israël faits par des européens, américains ou juifs et les publier sous forme de brochures dans différentes langues pour les diffuser en Occident afin d’éclairer l’opinion publique occidentale sur la question d’Al Qods.

19. Produire des films montrant la barbarie israélienne et les dangers de la politique de destruction de maisons, d’assassinats ciblés et d’élimination du peuple palestinien. Ces productions sont à distribuer partout dans l’Occident.

20. Appeler les capitalistes à assumer une part de responsabilité envers Al Qods en soutenant et créant des universités palestiniennes surtout dans la ville sainte.

21. Inviter les universités et instituts arabes et musulmans publics ou privés à prendre leur part de responsabilité au niveau de la recherche, de l’enseignement et de la culture envers Al Qods en encourageant par exemple les programmes d’échange culturel sur la ville sainte qui font participer les enseignants et étudiants.

22. Faire participer des spécialistes et experts dans les affaires occidentales à la discussion des grands traits du plan médiatique pour l’enrichir et le concrétiser. Il s’agit d’experts et spécialistes dans :

- Les médias occidentaux.

- L’histoire d’Al Qods.

- Les affaires politiques et l’opinion publique en Occident.

- La psychologie.

- Les religions.

- La loi.

- La culture occidentale.

Il est important de souligner à la fin que tout plan médiatique sera incapable de produire l’effet escompté, et de réaliser les objectifs souhaités, tant que le discours politique arabe et islamique, ainsi que les politiques sur le terrain, ne sont pas en harmonie avec le plan médiatique.

 


(*) Secrétaire général du Comité royal pour les affaires d’Al Qods, Amman, Royaume Hachémite de Jordanie.

(**) Gaccio, un ex-ministre français des Affaires étrangères et l’un des leaders du Parti communiste français à l’époque, avait présenté à l’Assemblée générale française un projet qui portait son nom interdisant à tout français de remettre en doute les histoires sionistes sur les prétendus carnages nazis. Cette loi demeure encore en vigueur et plusieurs penseurs et intellectuels français ont été jugés en vertu de cette législation, notamment Roger Garaudy.

(***) La nuit du cristal est la nuit où les juifs furent persécutés par les nazis et où les vitres de leurs maisons et échoppes avaient été brisées.

 

 
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