Les grandes lignes
du projet du plan
médiatique visant à
faire connaître
les questions d’Al
Qods Acharif en occident
et les mécanismes
de sa mise en œuvre
Dr Abdallah
Kanâan(*)
Plusieurs sommets,
conférences et colloques arabes, islamiques, régionales
et internationales ont été tenus au sujet d’Al Qods, ses
questions et leurs diverses dimensions. Pourtant, la
ville d’Al Qods, avec ses parties est et ouest, demeure
toujours sous le joug de l’occupation israélienne : la
partie ouest depuis 1948 et l’Est depuis juin 1967.
Loin de nous
l’intention de minimiser l’importance de ces sommets,
conférences et colloques, mais l’interrogation suivante
s’avère légitime : quel est l’intérêt de toutes ses
rencontres si elles n’ont pas réussi à mettre fin à
l’occupation israélienne d’Al Qods ? Sachant, notamment,
qu’il s’agit du contenu des décisions de la légalité
internationale, des résolutions des Nations unies
relatives à la cause palestinienne et à Al Qods, ainsi
qu’au conflit israélo-arabe, dénommé le conflit au
Moyen-Orient par les milieux politiques et médiatiques.
Toute personne
attentive à l’histoire du conflit israélo-arabe
arriverait nécessairement aux conclusions suivantes :
Premièrement :
faire abstraction du noyau de ce conflit, à savoir la
cause palestinienne, en généralisant cette question et
en estimant qu’il s’agit d’un conflit moyen-oriental et
non pas d’un conflit israélo-arabe où la cause
palestinienne occupe une place centrale.
Deuxièmement :
minimiser l’importance de ce conflit en le transformant
d’un conflit israélo-arabe, dont la cause palestinienne
constitue l’âme, à un conflit israélo-palestinien, dont
le centre est la ville d’Al Qods.
Troisièmement :
transformer la question d’Al Qods d’une cause nationale,
arabe et islamique à une question de sanctuaires
islamiques et chrétiens auxquels sont consacrées des
Conférences pour leur protection dans le cadre des
organisations internationales et régionales à caractère
éducatif, scientifique et culturel. C’est le cas de la
1re Conférence internationale organisée par
l’Organisation islamique pour l’Education, les Sciences
et la Culture (ISESCO) dans la capitale du Maroc, Rabat,
du 6 au 17 juin 2002, qui a été consacrée à l’examen de
la situation des sanctuaires de l’islam et de la
chrétienté dans le cadre d’une vision globale
considérant ces sanctuaires à partir de leurs aspects
historiques, juridiques, humanitaires et religieux.
Cette Conférence
avait abouti à des recommandations et propositions parmi
lesquelles figure celle relative à l’élaboration d’un
"projet de plan médiatique pour mettre en exergue la
question d’Al Qods en Occident". Il s’agit, en effet, de
l’un des points important à l’ordre du jour de la
deuxième Conférence internationale sur la protection des
sanctuaires de l’Islam et de la chrétienté en Palestine,
tenue actuellement à Amman à l’initiative de l’ISESCO en
collaboration avec l’organisation caritative islamique
internationale.
La définition des
lignes majeures du projet de plan médiatique visant à
mettre en exergue la question d’Al Qods Asharif en
Occident et la proposition de mécanismes pour sa mise en
œuvre conduit automatiquement à poser de nombreuses
interrogations classées selon leurs thèmes et répartis
sur les axes suivants :
Premier thème : Al
Qods et ses questions
1. Que veut-on dire
par Al Qods Asharif ? S’agit-il de l’ancienne cité
située à l’intérieur de l’enceinte des murs et dont la
superficie ne dépasse pas 1 km2 ? Ou s’agit-il de la
ville au statut indépendant (Corpus Separatum), telle
qu’elle est définie dans la résolution des Nations unies
N° 181 datée du 29/11/1947, et qui est d’une superficie
de 175 km? Ou est-il question de la partie Est d’Al Qods
y compris l’ancienne cité avec ses 6,5 km2 avant son
occupation par Israël au lendemain de la guerre brutale
qu’elle avait menée le 5 juin 1967 contre la Jordanie,
l’Egypte et la Syrie ?
S’agit-il encore
d’Al Qods unifiée dont la superficie atteint
actuellement 125 km2, ou du grand Jérusalem dont la
superficie pourra atteindre entre 400 et 600 km2 ?
Deuxième thème : Al
Qods vue par le sionisme et Israël
1. Quelle est la
vision du mouvement sioniste et d’Israël quant à Al Qods
?
2. Quels sont les
mythes fondateurs de la vision israélienne au sujet de
la question d’Al Qods ?
3. Quel est le
degré de véracité de ces mythes et leur conformité avec
la réalité civilisationnelle, religieuse, démographique
et archéologique de la ville d’Al Qods ?
4. Quelles sont les
questions d’Al Qods ou les questions que représente Al
Qods ? S’agit-il uniquement d’une question de
sanctuaires de l’Islam et de la chrétienté ? Où
s’agit-il d’une question religieuse située au cœur de
l’Islam et de la chrétienté ? Ou d’une question
démographique ? Ou d’une cause nationale face à la
politique de judaïsation avec toutes ses formes, aux
dangers de la colonisation, de l’émigration, de la
déportation ? S’agit-il enfin d’une question qui
concerne uniquement les Palestiniens ou les Arabes et
tous les musulmans ?
5. Est-il possible
de traiter ou de régler la question d’Al Qods en dehors
de la question palestinienne ou du conflit israélo-arabe
avec ses dimensions nationaliste, religieuse, régionale
et islamique ?
6. Toutes ces
interrogations peuvent-elles être traitées dans les
grands axes du plan d’action médiatique visant à mettre
en exergue les questions d’Al Qods Asharif ?
Troisième thème :
Al Qods et l’Occident (Partie réceptrice)
1. Que signifie
l’Occident ? Une notion géographique ? Ou un concept
philosophique, civilisationnel, économique et politique
qui s’applique sur un nombre de pays, abstraction faite
de leur position géographique dans tel ou tel continent,
y compris Israël, considéré comme une entité occidentale
implantée en Palestine pour des raisons stratégiques
servant les intérêts de l’Occident, sous un couvert
religieux rassemblant au niveau politique les pôles du
sionisme juif et du sionisme chrétien ?
2. Sommes-nous face
à une vision homogène du monde occidental à l’égard des
questions de la Palestine et d’Al Qods, du conflit
israélo-arabe et des positions de ses deux principaux
protagonistes : Israël et les Arabes, notamment les
Palestiniens ? Ou sommes-nous face à des points de vue
différents dans leurs contenus et dans leurs angles de
traitement ? Quel est le degré de concordance et de
discordance entre les vues des pays du monde occidental,
particulièrement celles des Etats-Unis et des pays de
l’Union européenne, et servent-elles l’intérêt de quelle
partie ?
3. Quelle est la
nature des puissances qui influence l’opération de prise
de décision et l’opinion publique dans le monde
occidental ? Dans quel sens ? Pour l’intérêt de la
partie arabe ou de la partie israélienne ? Quelle est la
partie ciblée par le plan médiatique ? s’agit-il des
cercles de prise de décision politique dans le monde
occidental ? Ou des milieux médiatiques, ainsi que
l’opinion publique ?
4. Comment le monde
islamique perçoit-il l’occident et quel est le degré de
conciliation et d’éloignement de leur vision l’un
vis-à-vis de l’autre ? Est-il possible de réduire le
fossé qui les sépare et comment ?
Quatrième thème :
La partie concernée par le plan médiatique (Partie
émettrice)
Quelle est la
partie concernée par l’élaboration et la mise en
application du plan médiatique escompté ? S’agit-il des
institutions médiatiques officielles arabes et
islamiques, des institutions et organisations politiques
et médiatiques non gouvernementales ou de l’Organisation
islamique pour l’Education, des Sciences et de la
Culture (ISESCO) en collaboration avec des organisations
régionales, mondiales et islamiques, telle que
l’organisation caritative islamique internationale ?
Est-il envisageable
de dissocier les discours politique et médiatique, d’une
part, du discours médiatique officiel et non officiel,
de l’autre, au niveau arabe et islamique ?
Cinquième thème :
Plan médiatique : caractéristiques, éléments, principes,
objectifs, mécanismes d’exécution et obstacles
1. Quelles sont les
caractéristiques du plan médiatique proposé ?
2. Quels sont les
éléments de base du plan médiatique ?
3. Quels sont les
principes et les fondements du plan médiatique ?
4. Quels sont les
objectifs du plan médiatique ?
5. Quels sont les
mécanismes d’action à même de mettre à exécution le plan
médiatique, d’assurer sa réussite et de réaliser ses
objectifs ?
6. Quels sont les
obstacles qui entravent l’application de ce plan ou sa
réussite et comment les dépasser ?
Plan médiatique :
L’objectif
d’évoquer les interrogations précitées réparties selon
des thèmes précis est non pas de trouver des réponses
convaincantes, mais de décomposer les éléments de la
réalité de l’environnement local, arabe, islamique,
régional et international, notamment occidental, du
projet du plan médiatique. Ceci permettra de cerner les
éléments et les fondements de ce plan, aidera à définir
ses traits, ses caractéristiques essentiels, ses
objectifs, ses mécanismes d’exécution et les conditions
de sa réussite. Il permettra également de dépasser tout
obstacle pouvant entraver sa mise en exécution.
Caractéristiques du
plan médiatique :
Il n’est pas aussi
important d’exposer nos conceptions relatives au plan
médiatique proposé pour mettre en exergue les questions
d’Al Qods et ses sanctuaires islamiques et chrétiens, et
à gagner l’appui du monde occidental, que le fait de
bien définir les contours et les objectifs de ce plan.
Autrement, nous aurions d’emblée tort, et le plan
médiatique aurait avorté avant sa naissance.
Ainsi, il est
indispensable de définir les caractéristiques du plan
médiatique souhaité. Quelles sont donc les
caractéristiques de ce plan médiatique ?
A travers l’examen
des expériences politiques et médiatiques des autres
nations et peuples qui ont mené des guerres de
libération nationale, des puissances et mouvements qui
ont conduit des guerres pour coloniser d’autres pays et
exiler par l’usage de la force leurs citoyens, mais
aussi pour élargir l’espace géographique colonisé et
consacrer leur occupation militaire, notamment le
mouvement sioniste avec son entité raciste à savoir
Israël. A travers l’étude de ces expériences
contradictoires et conflictuelles des peuples, nations,
mouvements de libération et de colonisation, nous
pouvons dire que la réussite de toute stratégie ou plan
politique, médiatique ou économique dépend des
caractéristiques qui vont suivre. Il doit également
renfermer les quotients essentiels à un départ réussi à
savoir :
1. l’objectif
central du plan doit être bien défini non seulement dans
l’esprit de ses concepteurs, mais chez les deux parties
concernées, et ce afin que la netteté de l’objectif soit
le principe de l’attrait, ouvrant la voie ainsi à la
réussite aussi long et pénible que soit le chemin. Il
s’agit, en effet, de la conduite adoptée par le
mouvement sioniste pour l’élaboration de sa stratégie,
étant donné qu’il a fait, de l’objectif de "l’Etat
juif", ou de l’implantation de l’entité sioniste sur la
terre de la Palestine, son objectif principal et clair,
avec un leadership juif sioniste, un allié international
et la partie visée est la Palestine et son peuple, les
arabes et leur terre.
2. Le plan
médiatique doit être souple de façon à être capable de
considérer efficacement les mutations locales,
régionales et internationales, loin des modèles figés
basés sur des principes dépassés par les événements
pouvant accabler les responsables de l’élaboration du
plan et conduire à son échec. Autrement dit, il faut
protéger le plan contre l’inertie et la monotonie.
3. Adopter
l’approche graduelle pour atteindre des objectifs
secondaires de façon à conduire à la concrétisation de
l’objectif central ou final. Il s’agit d’opter pour le
principe de subdiviser l’objectif central en objectifs à
court, moyen et long terme.
4. Une unité de
commande chargée de mettre à exécution le plan et de
veiller sur cette opération tout au long de ses
différentes étapes qui peuvent se prolonger suivant les
changements apparents et latents au niveaux local,
régional et international.
Les éléments de
base du plan d’action médiatique :
A la lumière du
diagnostic objectif de la réalité du plan d’action
médiatique, présenté sous la forme des questions
évoquées dans les thèmes du plan proposé et qui forment
les éléments et les piliers de ce plan, il est possible
de déterminer comme suit les éléments de base du projet
de plan médiatique, divisés selon les thèmes précités :
Le thème d’Al Qods
et ses questions :
1. Al Qods, tel que
ses frontières ont été tracées par la résolution de
l’Assemblée générale des Nations unies n°181/1947,
constitue le thème du projet de plan d’action médiatique
escompté. Il n’est pas question seulement de la partie
Est, mais d’Al Qods avec ses deux parties Ouest et Est
avant leur occupation respectivement en 1948 et 1967.
2. Al Qods n’est
pas uniquement une question de sanctuaires de l’islam et
de la chrétienté, mais elle représente une cause
nationale, islamique et démographique.
3. Al Qods est au
centre de la cause palestinienne. Il est donc absolument
inacceptable de dissocier cette ville de ses dimensions
nationaliste, islamique et internationale. Elle est
partie intégrante des territoires arabes palestiniens
occupés concernés par les résolutions onusiennes, qu’il
s’agisse de celles relatives directement à Al Qods, de
celles relatives à la cause palestinienne, au conflit
israélo-arabe ou au conflit moyen oriental. Le conflit
moyen oriental est un terme qui a été évoqué dans
certaines résolutions des Nations unies. C’est ainsi
qu’il est dénommé également par l’Occident et ses pays
alliés, qui parlent tous d’un retrait d’Israël des
territoires arabes occupés, particulièrement Al Qods,
condamnent la politique de judaïsation menée par l’Etat
hébreu et ses manifestations démographiques et
politiques notamment la colonisation, ainsi que la
colonisation, la confiscation des terres et la politique
de déportation forcée.
4. Al Qods est une
question arabe, islamique et internationale. La question
des Arabes, des musulmans et de la communauté
internationale et non pas uniquement une cause nationale
palestinienne.
Le thème de la
vision sioniste israélienne à l’égard d’Al Qods :
1. La vision
sioniste israélienne à l’égard d’Al Qods se base sur des
mythes de la Torah : "l’élection, l’exclusion et la
promesse", qui constituent un cadre stable favorisant le
classement de la politique de semer les graines d’une
entité sioniste avant de l’implanter en Palestine,
d’occupation, de judaïsation, d’exile forcé, de mener
des guerres de liquidation systématique globale contre
les Arabes de Palestine, une politique inscrite sous la
catégorie des sujets dont l’évocation et la remise en
doute sont prohibés. Tout juif qui s’aviserait d’aborder
ces politiques en les reniant, les critiquant ou les
remettant en doute est considéré comme "renégat". Les
non-juifs qui pourraient suivre la même voie sont taxés
de non sémites. Ceci ne s’arrête pas à ce stade là, mais
des appels au niveau international sont formulés pour
édicter des lois interdisant d’approcher le monde des
mythes tri-dimensionnel : "le peuple élu de Dieu"
(l’élection divine des juifs), "la terre promise" (le
mythe de la promesse divine) et le mythe de "l’épuration
ethnique" (une terre sans peuple pour un peuple sans
terre) et de faire face aux histoires sionistes
relatives aux souffrances infligées aux juifs par le
nazisme, ou ce qu’on dénomme "Holocauste".
Ces appels ont été
entendus par certains pays européens notamment la France
qui a promulgué la loi "Gaccio(**)" (Kanoun Gaccio).
C’est le cas également des Etats Unis où George W. Bush
avait signé le 17/10/2004, à la veille des élections
présidentielles américaines, la "loi relative à
l’anti-sémitisme". Ladite loi engage le ministère
américain des Affaires étrangères à ouvrir, au sein de
ses missions diplomatiques de part le monde, des bureaux
chargés de suivre tout activité hostile aux juifs,
notamment en ce qui concerne les médias officiels et les
cursus scolaires, et de présenter un rapport annuel à ce
sujet, dans le cadre des rapports annuels du ministère
sur les droits de l’Homme.
Nombreux sont les
responsables politiques en occident qui ont dus
abandonner leurs postes et disparaître de la scène
politique de leurs pays pour être accusés
d’anti-sémitisme. Pis encore, certains de ces
responsables n’ont même pas profité de circonstances
atténuantes en raison de leur histoire ou de leur amitié
de longue date avec Israël. Même le fait d’être
président de l’Association d’amitié de son pays avec
Israël, comme c’est le cas de l’ancien président du
"Parlement fédéral allemand" (1986) (président de
l’Association d’amitié germano-israélienne à l’époque),
n’a pas servi. Ce dernier avait été écarté rien que pour
avoir évoquer une expression d’Hitler en parlant de
l’horreur nazi, à l’occasion de la célébration de
l’anniversaire de "la nuit du cristal(***)" lors d’une
séance au Parlement où était présent le président de la
communauté juive en Allemagne. Cet incident a été
considéré comme une grande humiliation à l’égard des
juifs et un crime impardonnable dont le prix devait être
payé par celui qui l’a commis en présentant sa démission
et ses excuses à la communauté juive.
2. Al Qods est la
capitale unifiée et éternelle d’Israël sur décision
divine et le peuple israélien ainsi que sa direction et
son gouvernement n’ont pas le choix d’y renoncer.
3. Garantir l’accès
des adeptes du judaïsme, de la chrétienté et de l’Islam
aux sanctuaires et lieux de culte. Il s’agit de l’un des
articles les plus dangereux demeurant délibérément
inexpliqué et obscur, puisque il est synonyme pour les
juifs de liberté d’accès et de prière dans la mosquée Al
Aqsa, car il s’agit pour eux du lieu le plus sacré qu’il
dénomme "le mont du temple"
4. Reconstruire le
Temple, auquel aucune trace n’a été trouvée jusqu’à
présent en dépit des fouilles archéologique dont il a
fait l’objet de la part d’archéologues israéliens et
occidentaux sur les lieux de la mosquée Al Aqsa.
Toutefois, un nombre croissant d’Israéliens démentent
toutes les allégations juives relatives au temple
prétendu en se basant sur leurs investigations,
recherches et études qui étayent la véracité de
l’inexistence au cours de n’importe quelle période de
l’histoire d’un temple dans les endroits indiqués par
les juifs.
5. Al Qods
représente l’âme de la confession juive, le principal
pilier de cette religion et de son raisonnement et la
pierre angulaire de la "réédification de l’Etat juif" à
travers la fausse devise sioniste "le retour à Sion",
c’est à dire à Al Qods. La ville sainte représente
également la garantie de la pérennité de la confession
juive et de la présence juive dans la région arabe, une
présence considérée comme nécessaire par l’occident
puisque Israël symbolise le bouclier protecteur de la
civilisation occidentale contre "sous-développement, la
barbarie et la sauvagerie" arabe, comme ils prétendent.
Thème d’Al Qods et
l’occident :
1. En tant que
concept politique, l’occident englobe l’ensemble des
pays dont les régimes politiques sont basés sur le
libéralisme et qui se définissent comme des régimes
libres et démocratiques. Ceci signifie que le concept
occident réunit le monde occidental avec son centre, à
savoir les Etats unis, le Canada, les pays de l’Union
européenne et ceux qui attendent d’y adhérer. L’occident
englobe également les pays de l’OTAN (Alliance
Atlantique) à l’exception de certains d’entre eux,
notamment la Turquie. Il s’agit donc d’un concept
politique plus que géographique, même s’il est en train
de connaître à l’issue de la guerre froide et après
l’effondrement de l’Union soviétique, la dissolution du
camp socialiste et l’adhésion de plusieurs de ses pays à
l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et
à l’Union Européenne, un rapprochement entre ses
dimensions politique et géographique. Ce concept peut
s’étendre pour s’appliquer à Israël, la sentinelle de
l’occident, le rempart protégeant la civilisation
occidentale de "la barbarie dont certains taxent les
Arabes".
Cette idée est
reflétée par le communiqué conjoint émis en 1950 par les
Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France et qui
garanti la continuité de l’entité sioniste, sa
protection et sa suprématie scientifique et militaire
vis-à-vis des pays arabes. Elle est représentée
également par les relations stratégiques entre les Etats
unis et Israël, non pas uniquement sur les plans
militaire, financier et technologique, mais
principalement politique. Washington ne s’est pas
contenté de garantir la poursuite de l’existence
d’Israël et sa supériorité militaire par rapport à
l’ensemble des pays arabes, mais ils ont œuvré à
protéger sa politique de judaïsation contre toute
critique ou condamnation au niveau des institutions
internationales, particulièrement le Conseil de Sécurité
de l’Onu, en recourant au veto. A titre d’exemple, les
Etats unis ont eu recours dans huit occasions au veto
rien que durant le mandat de l’actuel président
américain George W. Bush. Ces votes étaient relatifs à
Al Qods, à la guerre globale de liquidation menée par
l’Etat hébreu contre le peuple arabe palestinien. Cette
situation s’explique par l’influence exercée par la
relation confessionnelle et les intérêts politiques
liant le sionisme juif et le sionisme et chrétien à
travers ses différentes institutions, dont les plus
dangereuses sont la présidence et le Congrès américain.
2. La vision des
pays du monde occidental à l’égard d’Israël, des Arabes
et des sujets relatifs au conflit israélo-arabe,
notamment la cause palestinienne et les dimensions de la
question d’Al Qods, est paradoxale. Nous pouvons, à cet
égard, faire la distinction entre deux visions
principales :
Premièrement : la
vision américaine et ses éléments :
1. "La question
israélienne" signifie que la garantie de la continuité
de l’entité sioniste et de sa suprématie vis-à-vis des
Arabes à tous les niveaux, particulièrement militaire et
technologique, demeure une affaire américaine interne
non pas en raison de l’influence qu’exercent les juifs
américains par le biais de leurs institutions
financières, médiatiques, publicitaires et politiques
sur les cercles de prises de décision politiques et sur
l’opinion publique aux Etats-Unis concernant notamment
la question d’Al Qods, mais en raison des intérêts
vitaux de Washington qui font d’Israël un alliée
stratégique irremplaçable qui mérite d’être protégé à
n’importe quel prix. Ces intérêts sont souvent déguisés
et justifiés par les valeurs, la religion et d’autres
allégations d’ordre culturel et civilisationnel.
2. Israël
représente l’unique régime libre et démocratique au sein
d’un monde arabe et d’une région du Moyen Orient où
abondent le despotisme, les dictatures et la pensée
hostile et arriérée.
3. Légitimer tout
moyen utilisé par Israël dans le conflit qui l’oppose
aux Palestiniens et aux Arabes, y compris les guerres
préventives et les opérations de liquidation
systématique, en les considérant comme un droit à
l’autodéfense.
4. Reconnaître la
ville d’Al Qods comme capitale unifiée et éternelle
d’Israël, en vertu de la loi édictée en 2003 par le
ministère américain des Affaires étrangères et adoptée
par le président Bush. Cette loi assimile la capitale
d’Israël à "Al Qods" dans les documents officiels et
prévoit de transférer l’ambassade américaine de Tel-Aviv
à la ville sainte.
5. Ler territoires
arabes occupés en Palestine, en Syrie et au Liban ne
sont plus perçus comme tel par la politique américaine,
comme il est exprimé dans les résolutions de l’ONU qui
appèlent Israël à se retirer des territoires arabes
occupés lors de la guerre du 5 juin 1967, mais comme des
territoires objet d’un conflit.
6. Les résolutions
des Nations unies, qu’elles soient votées par le Conseil
de Sécurité ou par l’Assemblée générale de l’ONU, au
sujet des différentes questions relatives au conflit
israélo-arabe, notamment à la cause palestinienne, sont
des décisions non contraignantes. Israël est donc libre
de se conformer à ces décisions ou pas, tant qu’elles ne
se réfèrent pas à l’article n° 7 de la charte des
Nations unies, tel qu’il a été le cas pour les
résolutions concernant l’Irak avant qu’il soit occupé.
L’existence
d’Israël est due à une seule résolution émise par
l’Assemblée générale de l’ONU et non pas par le Conseil
de Sécurité. Il s’agit de la résolution n° 181/ 1947
connue par la résolution du Partage. Le partage de la
Palestine en deux Etats, l’un arabe et l’autre juif tout
en conférant un statut spécial à Al Qods.
7. Evoquer la
création d’un Etat palestinien aux côtés de l’Etat
israélien par les Etats-Unis constitue une manœuvre
tactique de circonstance visant à ouvrir la voie aux
pays arabes pour soutenir sa politique au Moyen Orient
et celle de la guerre préventive face au terrorisme
international. Cette idée demeurera d’actualité tant que
la création d’un Etat palestinien est tributaire d’un
partenaire palestinien pour la paix. Une condition
absente, selon la vision israélo-américaine.
Deuxièmement : la
vision européenne :
Il est difficile de
partir d’une vision homogène des pays de l’Union
européenne à l’égard du conflit arabo-israélien, puisque
les positions de certains de ses pays sont conformes à
celles des Etats-Unis. Ceci dit, cette vision repose sur
les éléments suivants :
1. La nécessité du
retrait israélien de tous les territoires arabes
occupés, y compris Al Qods, en vertu des résolutions
votées pars les Nations unies à ce sujet, notamment les
résolutions du Conseil de Sécurité n° 242/1967 et n°
338/1973.
2. Ne reconnaître
aucun changement démographique, civilisationnel ou
confessionnel subi par les territoires arabes occupés,
les sanctuaires et les monuments historiques de l’Islam
et de la chrétienté.
3. Reconnaître le
droit du peuple arabe palestinien à l’autodétermination
et à l’établissement d’un Etat indépendant sur les
territoires occupés en 1967, avec la partie Est d’Al
Qods comme capitale, qu’Al Qods reste unifiée ou à
nouveau partagée. Outre le fait que cette idée soit
désapprouvée par les pays de l’Union européenne, elle
demeure écartée en raison de la politique du fait
accompli.
4. Soutenir
l’Autorité nationale palestinienne pour qu’elle soit
capable de mettre en place les institutions de l’Etat et
la société civile tout en réaffirmant la nécessité de
réaliser des réformes administratives et financières et
lutter contre le soi-disant terrorisme palestinien.
5. Critiquer la
politique de colonisation, de judaïsation et d’usage
"excessif" de la force de la part d’Israël ;
6. Considérer le
problème avec Israël comme une affaire extérieure et non
pas seulement comme une question intérieure en prenant
en compte l’influence politique et médiatique juive sur
les décisions de l’Union Européenne -en tant que cadre
regroupant plusieurs institutions- ainsi que sur les
positions de chaque Etat membre ;
7. Résoudre le
conflit israélo-arabe et parvenir à un règlement
pacifique accepté par toutes les parties. Un tel
règlement est d’une importance extrême pour l’Union
Européenne. Il libère certains Etats membres de l’Union
du poids de l’histoire qui pèse surtout sur l’Allemagne
dans sa relation avec Israël, d’une part, et, d’autre
part, il ouvre à l’Europe les perspectives d’une
coopération très poussée avec le monde arabe aux niveaux
économique, culturel et civilisationnel. En fait,
Israël était et sera toujours une charge qui pèse sur
l’U.E. politiquement et économiquement tant que le
peuple palestinien n’aura pas le droit à
l’autodétermination et à la création d’un Etat
indépendant et souverain. Les relations entre l’Union
Européenne et le monde arabe restent donc instables et
liées aux changements qui touchent le Proche-Orient.
L’U.E serait le plus grand bénéficiaire d’un règlement
juste, durable et global du conflit israélo-arabe. D’une
part l’Europe se détacherait du poids de l’histoire, et
de l’autre les marchés des pays arabes seraient
complètement ouverts aux produits de l’Union.
Quant au Japon, qui
fait partie de l’Occident en tant que terme politique et
non pas géographique, ses visions sont homogènes avec
celles de l’Union Européenne. Pour l’Australie et le
Canada, dont les décisions convergent souvent vers
celles des Etats-Unis, leurs visions sur la question
palestinienne et Al Qods s’approchent de celles de
l’U.E. En fin de cette analyse, on tire les remarques
suivantes :
Aux Etats-Unis, le
nombre de juifs est de 5,2 millions de personnes alors
qu’on y compte 4 millions d’arabes (le nombre des
musulmans y compris les arabes est de 7 millions de
personnes). Or la forte pression juive sur la politique
des Etats-Unis au Proche-Orient va jusqu’à considérer la
relation avec l’Etat d’Israël comme une affaire
intérieure. Les intérêts des deux Etats sont identiques
d’après le lobby sioniste qui influence les décideurs
politiques américains. La situation est différente en
Europe où vivent moins de 4 millions de juifs et plus de
7 millions d’arabes (le nombre des musulmans y compris
les arabes sur le vieux continent dépasse de loin ce
dernier chiffre). Pour l’Europe, Israël adhère à un
cadre politique occidental mais reste à l’extérieur du
système politique européen. L’U.E. qui voit dans la
protection de l’Etat hébreu dans ses frontières du 4
juin 1967 une obligation, pense que la création d’un
Etat palestinien indépendant et souverain à côté
d’Israël est une nécessité. Cette position ne s’oppose
pas complètement à celle des Etats-Unis mais elle en est
différente de manière à ne pas donner l’occasion au
déclenchement d’un conflit armé entre les deux parties.
Dans le pire des cas, on aurait un différend dans le
cadre de l’ONU.
Le thème de la
partie émettrice :
L’Organisation
Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture
(ISESCO) est une organisation intergouvernementale. Elle
est l’une des instances de l'Organisation de la
Conférence islamique regroupant les Etats islamiques.
L’Organisation caritative islamique internationale au
Koweït (Commission caritative de Palestine) est, quant à
elle, un organisme non gouvernemental. Ainsi les grands
traits du projet du plan scientifique décidés lors de
"la deuxième Conférence internationale sur la protection
des sanctuaires de l’Islam et de la chrétienté en
Palestine" organisée à Amman entre le 23-25 novembre
2004, seront élaborés par deux instances : l’une
intergouvernementale l’autre non gouvernementale. La
conjugaison des actions populaires et gouvernementales
serait au profit du Plan si les rôles sont distribués de
manière à donner aux populations la mission d’expliquer
à l’opinion publique occidentale la question d’Al Qods
et charger les gouvernements, à travers leurs missions
diplomatiques dans les pays occidentaux, de communiquer
avec les décideurs politiques en les éclairant sur la
situation exacte dans la ville sainte suivant les
directives du plan à élaborer tout en renseignant ces
hauts responsables sur les derniers développements sur
le dossier d’Al Qods, les dangers des différentes
politiques de judaïsation de la ville exercées par
Israël en précisant que les positions de leurs pays à
l’égard de ces questions influenceront leurs intérêts
vitaux dans la région et pèseront sur leurs relations
avec les pays arabes et islamiques.
Mais ne faut-il pas
se demander si les responsables du plan d’action
médiatique ont la capacité et les possibilités pour
l’appliquer ? En fait le problème n’est pas
l’élaboration d’un plan réaliste et précis mais c’est
l’application de cette stratégie et la réalisation de
ses objectifs. Une telle démarche ne nécessite pas
uniquement les efforts de l’ISESCO et de l’Organisation
caritative islamique internationale mais a besoin de la
mobilisation de toutes les potentialités arabes,
islamiques et internationales -gouvernementales et non
gouvernementales- qui soutiennent le droit des peuples à
l’autodétermination y compris celui du peuple
palestinien. La coopération et la collaboration sur le
terrain avec l’ONU et ses différents organismes
notamment l’UNESCO, avec l’ALECSO et avec l’ensemble des
organisations non gouvernementales s’intéressant à la
question d’Al Qods. C’est une tâche qui n’est pas du
tout facile à assumer et qui resterait dans le cadre des
souhaits sinon de l’impossible eu égard à la situation
actuelle dans les pays arabes et islamiques et au niveau
de la région et du monde.
Les grands traits
du projet du plan médiatique : les mécanismes et les
objectifs :
Après cet exposé
qui aborde de manière intense les développements actuels
de la question palestinienne et surtout la situation à
Al Qods, il est nécessaire de réaffirmer que le but
n’est pas d’organiser des conférences et des forums afin
d’élaborer des stratégies médiatiques qui restent lettre
morte mais d’avoir un plan pratique dont les objectifs
sont précis et les mécanismes fixés afin de le
concrétiser sur le terrain.
Quels sont donc les
objectifs de ce plan médiatique ? Et quels en sont les
mécanismes ?
Les objectifs du
Plan :
Ces objectifs du
plan médiatique sont de trois types :
Des objectifs à
court terme ;
Des objectifs à
moyen terme ;
Des objectifs à
long terme.
Les objectifs à
court terme :
Ils sont fixés pour
préparer et déterminer les étapes suivantes afin de
réaliser les objectifs à moyen et long terme. Pour ceux
à court terme, il s’agit de :
1. Expliquer à
l’opinion publique occidentale avec simplicité et de
manière organisée l’histoire de la ville d’Al Qods
depuis sa création par les cananéens et les Jébuséens
jusqu’à nos jours avec le minimum d’effort, en un temps
limité et à moindre coût en se servant d’informations
authentiques archéologiques ou tirées de documents
crédibles et ne jamais accepter le texte de la torah.
2. Fournir des
informations sur les lieux saints islamiques et
chrétiens sur le même pied d'égalité en commençant par
la Mosquée Al-Aqsa édifiée 40 ans après la construction
de la Grande Mosquée sainte de la Mecque qui est le
premier édifice fondé pour les Hommes d’après les
traditions prophétiques .
3. Exposer les
développements démographiques qu’Al Qods avait connus
dont les plus dangereux étaient l’immigration juive et
la politique de colonisation, d’occupation et de
judaïsation exercée par les sionistes. Ces politiques
ont contribué à un changement démographique et
civilisationnel de la ville sainte qui a atteint son
point culminant après le parachèvement par Israël de
l’occupation d’Al Qods lors de la guerre déclenchée par
l’Etat hébreu contre ses voisins arabes afin de mettre
le monde devant un fait accompli.
4. Dévoiler les
principaux mythes israéliens dont celui de "la
promesse", celui du "peuple élu" et celui d’une "terre
sans peuple pour un peuple sans terre" en se basant sur
des documents historiques et des fouilles archéologiques
faites par les archéologues occidentaux et israéliens.
5. Expliquer le
statut juridique d’Al Qods en s’appuyant sur les
résolutions onusiennes qui touchent directement ou
indirectement la ville sainte, sachant que les pays
arabes ont refusé le partage de la Palestine et
l’internationalisation de la question d’Al Qods. On
signale ici que l’acceptation par les arabes du droit
au retour figurant dans la résolution 194 constitue une
concession importante car en fait c’est le retour de la
Palestine à ses habitants originaires -qui sont les
palestiniens- qui devait être stipulé et non le retour
des réfugiés à l’Etat d’"Israël" dont la création est
fondée sur l’occupation des territoires palestiniens.
6. Dévoiler la
position israélienne illégale qui défie la volonté de la
communauté internationale. Une communauté qui appelle
Israël à se retirer des territoires arabes occupés dont
Al Qods et à ne pas entretenir des actions susceptibles
de changer les données civilisationnelles,
archéologiques, spirituelles, démographiques et
historiques d’Al Qods et des lieux saints islamiques et
chrétiens.
7. Se concentrer
sur la position américaine qui s’aligne complètement sur
celle d’Israël ce qui encourage l’Etat hébreu à ne pas
appliquer les résolutions onusiennes, lesquelles ont été
présentées et adoptées par les Etats-Unis eux même et
par les autres pays occidentaux. Cette attitude
américaine doit être considérée comme une position non
équilibrée qui porte atteinte aux intérêts vitaux des
américains et occidentaux dans la région et menace la
paix et la sécurité internationale.
8. Informer
l’opinion publique occidentale du fait que l’attachement
d’Israël à occuper les territoires arabes et son
obstination à refuser toute reconnaissance des droits du
peuple palestinien constituent de l’Etat hébreu un lourd
fardeau pour les intérêts vitaux de l’Occident et non
pas un partisan ou protecteur de leurs stratégies.
9. Expliquer à
l’Occident et notamment à l’opinion publique américaine
que la haine que les arabes et les musulmans éprouvent
pour la politique occidentale est causée par le soutien
absolu de l’Occident à Israël et par son encouragement à
poursuivre sa politique coloniale et non pas pour des
motifs religieux ou raciaux. Cette position injuste qui
s’oppose à la volonté de la communauté internationale et
aux résolutions onusiennes est l’un des facteurs
principaux qui nourrissent la violence contre les
intérêts occidentaux au Proche-Orient et même en
Occident par certains individus qui réagissent par
émotion souvent suite à des tragédies familiales.
10. Montrer aux
occidentaux que la paix ne peut être réalisée sans la
reconnaissance de la part d’Israël du droit du peuple
arabe palestinien à l’autodétermination, la création
d’un Etat indépendant et à souveraineté complète sur
l’ensemble des territoires occupés en 1967, avec Al Qods
comme capitale et au retour des réfugiés. En plus du
retrait israélien de tous les territoires arabes
occupés, Israël est appelé à abandonner sa nature
sioniste et raciste.
11. Eclairer
l’opinion publique occidentale sur le fait que les
intérêts communs entre les pays arabes et islamiques
d’une part et l’Occident d’autre part sont en mesure de
rassembler plus que de séparer les deux parties. Le
respect et le développement de ces intérêts ne se font
pas par un alignement au profit d’Israël mais en
obligeant l’Etat hébreu à respecter les résolutions
onusiennes, en appliquant les principes du "respect
mutuel", en respectant la volonté de l’autre, le
multilatéralisme et le principe de non-intervention dans
les affaires intérieures des Etats membres de l’ONU, et
l’abandon de la politique de changement par la force
appliquée en Afghanistan et en Irak.
12. Faire connaître
à l’Occident que la réalisation de la paix demande
l’abandon par Israël de sa nature raciste et de son
arsenal nucléaire et ses armes de destruction massive.
Les objectifs à
moyen terme :
Pour passer aux
objectifs à moyen terme, on se base essentiellement sur
ceux réalisés à court terme. Ces derniers sont
considérés comme objectifs provisoires préparant le
terrain adéquat à une étape intermédiaire dont les
objectifs principaux sont les suivants :
1. Gagner le
soutien de certains intellectuels, gens cultivés et
forces politiques qui pèsent sur la formation de
l’opinion publique occidentale en ce qui concerne le
conflit israélo-arabe et surtout la question d’Al Qods
en se référant aux résolutions onusiennes comme base au
projet du plan médiatique.
2. S’infiltrer dans
les milieux médiatiques, culturels, intellectuels et
économiques influents en Occident pour leur faire
entendre le point de vue arabe et pour leur convaincre
du fait que la position de leur pays serve souvent les
divers intérêts du mouvement sioniste dans toutes ses
différentes formes et genres et non pas les intérêts
privés dans leurs pays surtout au niveau économique et
vital.
3. Encourager
indirectement le courant critiquant le sionisme et les
politiques israéliennes de judaïsation d’Al Qods dans
les milieux occidentaux pour ne pas faciliter au
mouvement sioniste et à ses collaborateurs publics et
secrets la tâche d’attaquer ledit courant et afin de
l’isoler et l’écraser. L’objectif est de former de ce
courant un groupe de pression capable de faire face au
lobby sioniste et à l’alliance entre les juifs sionistes
et les chrétiens sionistes (les new conservateurs) pour
protéger les intérêts vitaux de leurs pays.
4. Montrer que les
lois contre l’antisémitisme comme celle de Gaccio en
France ou celle de Bush aux Etats-Unis ne servent guère
les intérêts de l’Occident mais simplement ceux d’Israël
et du sionisme. Une situation qui permet à l’Etat hébreu
de fixer les règles du jeu de la politique
internationale, d’affaiblir les pays occidentaux et les
mettre sous son hégémonie.
5. Considérer la
question d’Al Qods comme une affaire intérieure de tous
les pays islamiques et non pas comme un dossier qu’on
ouvre occasionnellement et provisoirement.
Les objectifs à
long terme :
Les objectifs à
long terme du plan médiatique peuvent être résumés ainsi
:
1. Arrêter le
monopole exercé par le sionisme international pour
former l’opinion publique internationale dans les pays
occidentaux et surtout aux Etats-Unis.
2. Encourager
l’Union Européenne, en tant qu’entité, ainsi que ses
Etats membres à positiver leurs attitudes et finir avec
leur dépendance aux Etats-Unis. L’Europe est capable en
fait d’avoir des visions et positions propres à elle et
cohérentes avec celles de la communauté internationale
concernant les questions du conflit israélo-arabe, entre
autres l’occupation par Israël des territoires arabes
dont Al Qods, le droit du peuple palestinien à
l’autodétermination et la création d’un Etat indépendant
avec Al Qods comme capitale. De fait l’U.E. devient an
acteur indépendant non soumis aux diktats de Washington
sous prétexte que la région du Proche-Orient est placée
sous domination américaine et que les pays européens ne
peuvent rien faire sans l’autorisation de
l’Administration américaine. En d’autres termes,
l’objectif est de finir avec l’hégémonie des Etats-Unis
dans la région et arrêter le monopole des américains sur
la gestion des dossiers du conflit israélo-arabe et
surtout la question d’Al Qods.
3. Œuvrer à
transformer le conflit israélo-arabe d’une affaire
intérieure américaine à une question de la politique
extérieure liée aux intérêts communs entre les
Etats-Unis et le monde islamique. Une fois cet objectif
réalisé, Israël va se trouver obligé d’abandonner ses
politiques actuelles pour se soumettre à la volonté de
la communauté internationales et aux résolutions des
Nations unies.
Les mécanismes
d’exécution :
Il est normal que
le nombre des mécanismes d’exécution soit important et
leurs types diversifiés eu égard à la multiplicité des
objectifs, lesquels touchent des questions locales,
régionales et internationales. Ceci étant, on va se
focaliser simplement sur les plus importants de ces
objectifs nécessaires à la concrétisation du plan
médiatique suivant :
1. Ouvrir des
bureaux d’information dans l’ensemble des missions
diplomatiques des pays arabes et islamiques dans le
monde arabe et en Occident. D’autres bureaux liés à
l’UNESCO, à l’ISESCO et à l’ALECSO doivent être créés
dans ces mêmes régions.
2. Mobiliser les
membres des communautés arabe et musulmane en Occident
surtout aux Etats-Unis où le nombre des musulmans (7
millions) dépasse celui des juifs afin d’avoir une force
efficace et identique à celle des organisations
sionistes. On doit encourager ces membres à participer à
la vie politique de leurs pays pour pouvoir constituer
un poids électoral important au lieu de rester
marginalisés, sans influence et négligés par les
candidats aux élections. Cette communauté musulmane est
constituée de grands scientifiques, intellectuels et
hommes politiques. Leur place serait prépondérante,
s’ils sont mis à la bonne place.
3. Créer un fonds
islamique pour financer les activités propres à Al Qods
dans le monde arabe sur la base des contributions payées
par les Etats membres de l’Organisation de la Conférence
islamique et notamment les pays pétroliers, lesquels
sont appelés à verser un montant déterminé sur tout
baril exporté.
4. Dévoiler la
politique américano-européenne visant à fermer les
associations et organisations caritatives travaillant
dans le domaine humanitaire et qui soutiennent les
démunis palestiniens dont des habitants d’Al Qods.
5. Pousser les
étudiants et enseignants dans les universités
occidentales et notamment aux Etats-Unis à créer des
associations amicales à Al Qods dans leurs
établissements supérieurs en collaboration aven leurs
collègues.
6. Lancer une
chaîne satellitaire multilingue sur Al Qods destinée à
l’opinion publique occidentale et qui porte le nome de
"la Chaîne satellitaire d’Al Qods". Le personnel de
cette chaîne doit être composé de journalistes,
informaticiens, intellectuels, hommes politiques et
historiens spécialisés dans les affaires de la ville
sainte.
7. Encourager les
communautés arabe et musulmane à s’intégrer aux sociétés
dans lesquelles elles vivent pour qu’elles aient de la
crédibilité.
8. Inviter les
penseurs, ulémas et intellectuels arabes et musulmans
vivant dans les sociétés occidentales à appeler nos
communautés à rejeter l’extrémisme et le fanatisme et à
ne pas utiliser la violence pour répondre à leurs
adversaires parce que cette utilisation de la force
provoquerait des réactions négatives qui entacheraient
les causes arabes et islamiques
9. Inciter les
arabes et les musulmans à investir en Occident notamment
aux Etats-Unis dans les différents moyens de
communication : presse écrite, Radio et Télévision.
L’objectif est d’arrêter l’hégémonie juive sur les
divers médias américains.
10. Encourager les
investissements arabes et musulmans dans les
technologies d’information et de communication y compris
l’Internet et la production de documentaires pour la
télévision et le cinéma pour pouvoir influencer
l’opinion publique occidentale qui constitue ses
jugements et connaissances sur les civilisations et
cultures de l’autre à partir de ces documentaires.
11. Utiliser les
moyens de communication modernes notamment la création
de sites Web sur Al Qods et encourager les musulmans à
faire la guerre sur Internet pour la ville sainte contre
le mouvement sioniste et ses constituants secrets, le
plus dangereux parmi eux le sionisme chrétien et son
noyau dur formé de "new conservateurs".
12. Demander aux
chaînes satellitaires arabes notamment celles les plus
influentes et les plus crédibles chez l’opinion publique
occidentale comme "Al Jazira" et celles largement
suivies ou lourdement financées comme "Al Arabiya",
"Dubaï Television" et autres de considérer la question
d’Al Qods comme objectif central de la chaîne en
diffusant des programmes hebdomadaires en anglais
destinés à l’opinion publique occidentale en exploitant
les compétences médiatiques pouvant facilement
s’entretenir avec la mentalité occidentale et
l’influencer au profit de la question d’Al Qods en se
basant sur les résolutions de l’ONU.
13. Encourager la
recherche scientifique et la rédaction d’ouvrages sur Al
Qods en anglais, français, espagnol, allemand, russe et
dans d’autres langues. En fait les juifs russes
constituent un cinquième de la population d’"Israël".
14. Inciter à la
diffusion de programmes de radio en langue anglaise et
en d’autres langues sur la question d’Al Qods, sachant
que la radio israélienne émet des programmes en 17
langues.
15. Constituer des
associations amicales pour Al Qods aux Etats-Unis et
dans les pays européens dans les milieux populaires et
estudiantins.
16. Diffuser les
recherches et études sur Al Qods qui sont publiées en
langue anglaise ou en d’autres langues par le biais des
chaînes satellitaires, des stations de radio ou des
organes arabes.
17. Unifier les
efforts des acteurs des organisations non
gouvernementales oeuvrant pour la cause d’Al Qods sur
le plan arabe, islamique et international en créant un
cadre efficace permettant de partager les
responsabilités de manière à ce que ces efforts soient
complémentaires et fructueux et non pas répétés et
dispersés.
18. Regrouper tous
les propos et articles condamnant Israël faits par des
européens, américains ou juifs et les publier sous forme
de brochures dans différentes langues pour les diffuser
en Occident afin d’éclairer l’opinion publique
occidentale sur la question d’Al Qods.
19. Produire des
films montrant la barbarie israélienne et les dangers de
la politique de destruction de maisons, d’assassinats
ciblés et d’élimination du peuple palestinien. Ces
productions sont à distribuer partout dans l’Occident.
20. Appeler les
capitalistes à assumer une part de responsabilité envers
Al Qods en soutenant et créant des universités
palestiniennes surtout dans la ville sainte.
21. Inviter les
universités et instituts arabes et musulmans publics ou
privés à prendre leur part de responsabilité au niveau
de la recherche, de l’enseignement et de la culture
envers Al Qods en encourageant par exemple les
programmes d’échange culturel sur la ville sainte qui
font participer les enseignants et étudiants.
22. Faire
participer des spécialistes et experts dans les affaires
occidentales à la discussion des grands traits du plan
médiatique pour l’enrichir et le concrétiser. Il s’agit
d’experts et spécialistes dans :
- Les médias
occidentaux.
- L’histoire d’Al
Qods.
- Les affaires
politiques et l’opinion publique en Occident.
- La psychologie.
- Les religions.
- La loi.
- La culture
occidentale.
Il est important de
souligner à la fin que tout plan médiatique sera
incapable de produire l’effet escompté, et de réaliser
les objectifs souhaités, tant que le discours politique
arabe et islamique, ainsi que les politiques sur le
terrain, ne sont pas en harmonie avec le plan
médiatique.
(*) Secrétaire général du Comité royal pour les affaires
d’Al Qods, Amman, Royaume Hachémite de Jordanie.
(**)
Gaccio, un ex-ministre français des Affaires étrangères
et l’un des leaders du Parti communiste français à
l’époque, avait présenté à l’Assemblée générale
française un projet qui portait son nom interdisant à
tout français de remettre en doute les histoires
sionistes sur les prétendus carnages nazis. Cette loi
demeure encore en vigueur et plusieurs penseurs et
intellectuels français ont été jugés en vertu de cette
législation, notamment Roger Garaudy.
(***)
La nuit du cristal est la nuit où les juifs furent
persécutés par les nazis et où les vitres de leurs
maisons et échoppes avaient été brisées.