Deuxième axe :
Les grandes lignes
du projet du plan
médiatique visant à
faire connaître
les questions d’Al
Qods Asharif
en Occident et ses
mécanismes
d’exécution
Troisième séance de
travail
Président de la
séance : Son Excellence
Pr Yahya Yakhlef
Ministre de la
Culture de l’Etat de Palestine
Intervenants :
1. Dr Izzat Jaradat
2. Dr Abdallah
Kanâan
3. Pr Farouk Anis
Jarrar
Vers un plan
médiatique de diffusion
des questions
relatives à Al Qods Asharif
Dr Izzat Jaradat(*)
Introduction
Une perception
lucide de la question d’Al-Qods impliquant la
connaissance parfaite de ses diverses dimensions,
constitue un premier pas vers une riposte efficace au
défi sioniste lancé à la Oumma Arabo-islamique. Une
telle perception s’avère impérative pour faire face à la
machine médiatique du mouvement sioniste. Elle est
d’autant plus impérieuse que le sionisme s’acharne à
vouloir écrire à son gré l’histoire d’Al-Qods et de la
Palestine, esquisser l’avenir de la ville sainte sur la
base de ses propres convoitises et colporter des
allégations au sujet des prétendus liens particuliers
des Juifs avec la Palestine.
Ces allégations
sionistes sont l’une des manifestations de
l’affrontement intellectuel qui émaille le conflit
arabo-sioniste. Cet affrontement qui a éclaté entre le
peuple palestinien et la Oumma arabe d’une part, et le
mouvement sioniste -qui représente le mouvement
colonialiste le plus atroce à travers l’histoire-
d’autre part, a pris la forme d’un conflit de
civilisation aux dimensions religieuse, politique,
historique, militaire, sociale, économique, culturelle
et intellectuelle.
A cet égard, les
médias ont un rôle crucial à jouer pour faire connaître
la question d’Al-Qods, afin d’attirer l’attention sur la
situation que traverse cette ville, au moment où les
divers canaux médiatiques peuvent remplir un rôle de
choix aux fins de mettre à nu les politiques et les
plans de l’occupation israélienne qui persiste dans la
violation des lieux saints en Palestine, l’agression de
ses habitants et la confiscation de ses territoires.
Ce document traite
de l’importance d’élaborer un plan d’action médiatique,
aux bases et aux contours bien définis, dédié à faire
connaître la question d’Al Qods et les dangers qui
planent sur la ville sainte sous le joug de
l’occupation.
1. La question d’Al
Qods : portée et dimensions
La ville d’Al Qods
constitue, depuis sa création en 3000 av. J.C., l’un des
principaux foyers de tension civilisationnelle dans la
région. Constamment objet de convoitise, elle a été
successivement dominée par de nombreuses nations ; Bien
que les juifs aient gouverné /contrôlé la ville sainte
sous le règne des Prophètes David et Souleiman, paix
soit sur eux, pour une durée ne dépassant pas 1.6 % de
la longue histoire de la cité (5000 ans), la conquête
musulmane – qui fut d’abord religieuse par le Voyage
nocturne et l’Ascension, puis politique par le calife
Omar Ibn Al Khattab que Dieu l’agréé, et enfin avec sa
libération par Salahedinne Al Ayoubi- tranche du
caractère arabe et musulman d’Al Qods. De ce qui
précède, il est établi que la civilisation islamique
s’impose sur les autres civilisations. A étudier
l’histoire de la ville, force est de constater que la
domination arabo-islamique s’étale sur 70,9 pour cent de
la période entre 3000 Av. J.C. et 1917, date de
l’établissement du mandat britannique. En revanche, la
présence arabo-musulmane dans la ville a été
ininterrompue, et n’a point été liée au caractère du
pouvoir en place. Quant aux dominations romaines et
perse, de deux périodes chacune, elles représentent
respectivement 15,4% et 6%, tandis que les Grecs ont
contrôlé la ville durant une seule période (6%).
Le chercheur
britannique Keith Whitlam relève qu’"Aujourd’hui, les
médias sionistes s’acharnent à vouloir convaincre de la
suprématie du minuscule royaume israélite quoique son
histoire soit particulièrement passagère vu la longue
histoire civilisationnelle de l’ancienne Palestine".
Dans leurs
programmes touristiques, les autorités israéliennes
présentent l’histoire d’Al Qods comme étant une histoire
juive qui remonte à 3000 ans, occultant ainsi les 2000
ans ayant précédé l’avènement du royaume du Prophète
David, paix soit sur lui, à une époque où les Arabes
peuplaient la région depuis 3000 av. J.C.
Dans un contexte
marqué par la recrudescence de la crise civilistionnelle
inhérente aux problèmes auxquels étaient confrontés les
juifs en Europe durant le 19e siècle et le début du 20e
siècle, les efforts se sont concentrés, après
l’émergence du mouvement sioniste, sur l’établissement
en Palestine d’une nation pour les juifs pour préserver
leur identité, d’une part, et délivrer l’Europe de la
problématique suscitée par leur présence dans le
continent européen, servant par la même de pont pour
l’impérialisme européen dans la région. Les slogans à
caractère religieux diffusés par le mouvement sioniste
ont joué un rôle important dans la propagation de ses
allégations, particulièrement celles relatives à la
revendication d’Al Qods et la réédification de la
prétendue demeure du Prophète Souleiman en lieu et place
de la mosquée d’Al Aqsa.
Avec l’avènement de
l’Etat hébreu en 1948 en Palestine et la confiscation de
près de 84,1% d’Al Qods, avant de la proclamer comme
capitale de l’Etat d’Israël, la ville sainte a connu
dans une ère de conflit religieux et politique entre les
Arabes et musulmans, d’un côté, et les Israéliens et
leurs alliés occidentaux, de l’autre. A cet égard, la
guerre de juin 1967 a marqué un tournant décisif, après
qu’Israël eut occupé l’ancienne ville et la mosquée Al
Aqsa Asharif.
En dépit de la
poursuite des offensives des forces de l’occupation
israéliennes à l’encontre des sanctuaires, des terres et
de la population d’Al Qods, et leurs tentatives de
judaïsation de la ville dès l’occupation du secteur
oriental en 1967, et d’altération de son patrimoine
arabo-islamique, force est de constater que la lutte
menée par le monde arabo-musulman pour sa libération
s’est poursuivie, confortée en cela par la convergence
des positions des pays arabes et musulmans autour de
cette question. Mieux encore, l’Organisation de la
Conférence islamique (OCI) a vu le jour en réaction à
l’incendie de la Mosquée d’Al Aqsa (21/8/1969) et a été
investie de la mission de conjuguer les efforts des pays
islamiques pour délivrer la ville sainte.
Ainsi, Al Qods, et
la mosquée d’Al Aqsa en particulier, s’est inscrite au
coeur du conflit arabo-israélien, pour des
considérations religieuses, politiques et historiques,
ce qui a permis à la lutte palestinienne de prendre une
ampleur plus vaste vers une action stratégique
arabo-islamique. Parallèlement, les autorités
israéliennes s’entêtaient à ériger la ville sainte, dans
sa globalité, en capitale pérenne d’Israël et à la
considérer comme le lieu sacré des Juifs à travers le
monde, allant jusqu’à qualifier Al Qods de "cœur
battant" du peuple juif, selon les termes de Ben
Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël.
La situation
urbanistique et démographique dans la ville sainte
atteste du succès de la politique de judaïsation menée
par les autorités israéliennes, processus qui menace
sérieusement l’existence arabe dans la cité. Selon les
statistiques et les études, seul 21% du secteur oriental
d’Al Qods n’a pas été touché par la judaïsation, au
moment où le mur sud-ouest de la Mosquée d’Al Aqsa a été
confisqué et baptisé par mystification "Mur des
lamentations".
Le statut
démographique de la ville d’Al Qods a connu un grand
changement entraînant une quasi-égalité entre arabes et
juifs (200 mille habitants arabes contre 170 mille
juifs) au fait de l’expulsion arbitraire de ses
habitants arabes.
Les Juifs tentent
de réduire les droits des musulmans à la mosquée Al Aqsa
Asharif et les droits des chrétiens à la Basilique de la
Résurrection. C’est la raison pour laquelle les
Israéliens proposent une solution religieuse ou
fonctionnelle et ethnique à cette question, tout en
excluant toute issue politique dans le but de s’assurer
la souveraineté et le maintien de la sécurité dans la
ville.
La question d’Al
Qods a été reléguée au second plan dans le discours
médiatique arabo-islamique officiel, notamment après la
tenue de la Conférence de Madrid et la politique
médiatique des pays occidentaux estimant que le
règlement de la question d’Al Qods devrait être reporté.
Les médias israéliens et la politique médiatique de
l’occupation ont, pour leur part, joué un rôle majeur
pour dénaturer la réalité et propager leurs propres
allégations.
L’absence d’un plan
d’action médiatique islamique, faute d’une vision
politique unifiée, explique les lacunes constatées dans
le traitement de cette question, souvent contradictoire
et encombrant particulièrement lors des épreuves
politiques où l’on perçoit des clivages flagrant entre
les médias officiels et non officiels, ce qui ne sert en
rien la question et a pour conséquence d’aggraver les
disparités à cet égard.
Quoi qu’il en soit,
le problème d’Al Qods demeure un centre d’intérêt et un
thème de mobilisation de la Oumma arabe eu égard à sa
place dans l’histoire politique et civilisationnelle.
La conjoncture
requiert l’élaboration et le développement d’un plan
d’action médiatique adoptant un discours volontariste,
et véhiculant un message équilibré, clair et attachant,
fondé sur des études scientifiques. Ce discours doit
traiter des problèmes dont pâtit la ville à cause des
sionistes avant et après l’avènement de l’Etat d’Israël
en 1948, et au lendemain de son occupation en 1967. Il
doit tout aussi tenir compte de toutes les résolutions
de la légalité internationale, relatives à Al Qods
Asharif, et plus particulièrement celles du Conseil de
Sécurité (telles les Résolutions 252 et 242, que l’Etat
sioniste a manœuvré pour occulter). Ce discours est
appelé à mettre en relief le statut juridique de la
ville sainte dans toutes ses dimensions, en tant que
question juridique, de même qu’elle constitue une
question religieuse, politique et nationale.
Il est tout aussi
important que ce discours soit conçu selon une approche
stratégique et scientifique, mettant à profit les
nouvelles techno- logies d’information et de
communication et prenant en considération les dimensions
historiques, religieuses, civilisationnelles et
juridiques de la question d’Al Qods.
Un tel discours ne
saurait se passer d’une vision sur l’avenir d’Al Qods
une fois libérée, et son apport à l’édification et à la
consolidation de la paix dans la région. Cette vision
doit avoir pour soubassement l’attachement au droit
arabo-palestinien, et la conviction que la ville sainte
retrouvera sa place en tant que centre spirituel du
monde islamique : une cité de paix, de cohabitation
religieuse, de rayonnement culturel et civilisationnel,
confirmant sa vocation tel que prôné par les religions
célestes.
2. Importance de
l’action des médias pour faire connaître la Question
d’Al Qods
La question d’Al
Qods, et plus particulièrement la Mosquée d’Al Aqsa,
constitue l’essence même du conflit arabo-sioniste et
ce, pour des considérations d’ordre religieux,
politique, historique et civilisationnelle. Bien que se
poursuivent les offensives sionistes à l’encontre des
lieux saints et des habitants d’Al Qods depuis 1967, et
la politique de judaïsation tentant d’altérer l’identité
civilisationnelle arabo-musulmane, nombreux sont les
indices établissant l’apport majeur de la cité à
l’unification des rangs de la Oumma, et l’on peut citer
à ce titre la création de l’Organisation de la
Conférence islamique à la suite de l’incendie de la
Mosquée d’Al Aqsa survenue le 21 août 1969.
L’information se
sert d’une des armes les plus efficaces pour affronter
l’occupation sioniste, à la faveur de la communication
avec le grand public, en vue de faire la lumière sur
cette question et faire connaître ses diverses
dimensions dans un style attachant, afin de mobiliser
l’opinion publique internationale. Le message que les
médias sont appelés à véhiculer doit être l’œuvre aussi
bien des départements gouvernementaux que des
organisations de la société civile.
3. Fondements et
éléments du Plan d’action médiatique pour faire
connaître la question d’Al Qods
Le plan d’action
médiatique doit mettre à profit tous les efforts en
matière de communication et les différentes
potentialités disponibles, l’objectif étant de susciter
chez un public bien ciblé la prise de conscience des
réalités sur la question d’Al Qods, pour opérer un
changement de la manière de percevoir ce sujet, et ce,
conformément à un calendrier bien défini, tout en
réunissant les conditions et déployant les actions
nécessaires pour le mener à bien. Ces actions consistent
à assurer la coordination entre les divers axes de ce
plan, ainsi que l’utilisation des moyens adéquats
d’information concernant toute activité, étape et
catégorie sociale, avec la programmation de son action
selon un calendrier rigoureux et adéquat (ce qu’on
qualifie un planning médiatique). A cet égard, un plan
d’action médiatique doit réunir trois conditions
fondamentales : la cohérence, l’utilité et la
visibilité.
Pour mener à bien
ce plan d’action, il est impératif de définir clairement
ses bases et ses axes prioritaires, que nous pouvons
résumer comme suivant :
a) Fondements du
plan d’action médiatique :
Ce plan d’action se
base sur plusieurs fondements, dont les plus importants
:
a) 1. La question
d’Al Qods est celle d’une ville sainte qui a été
toujours fière de son apport à l’humanité et de la place
dont elle jouit dans le cœur de millions de croyants au
fil des siècles. Au premier rang de ceux-ci, le peuple
palestinien qui a édifié et protégé Al Qods, veillé à la
protection à la sauvegarde de ses sanctuaires, et fier
d’être porteur du message éthique des religions
célestes, au service des croyants à travers le monde.
La Palestine,
notamment Al Qods et ses lieux saints, est fière de
jouer le rôle de trait d’union entre l’Egypte, le
Maghreb, la grande Syrie, l’Irak et La Péninsule arabe,
et d’être une partie intégrante du Cham (Syrie) située
au cœur de la nation arabe.
a) 2. Al Qods est,
à l’instar du peuple palestinien, sous le joug de
l’occupation, qui persiste dans son arrogance et ses
agressions contre les lieux saints et la population, en
prenant entre autres des décisions ayant pour
conséquence de changer le statut de la ville, défiant en
cela la légalité internationale. Les autorités de
l’occupation interviennant dans la justice,
l’enseignement, les services publics, ont commis les
formes les plus atroces de violence, de terrorisme et de
pression économique à l’encontre des habitants
expropriant leur terres et biens, et démolissant leurs
maisons, menant une politique de violence et poussant la
population arabe à quitter leurs territoires.
a) 3. La ville d’Al Qods mène actuellement une lutte héroïque contre
l’occupation arrogante. Le peuple exerce son droit
légitime à la résistance contre les forces de
l’occupation pour lever l’injustice et protéger les
sanctuaires aux fins de la libéralisation de sa nation
et parvenir à une paix juste.
a) 4. La
compréhension lucide et réfléchie de cette question
nécessite de cerner le lien étroit entre trois éléments
qui se complètent : la ville d’Al Qods, le peuple de
Palestine et la Palestine. Il importe à cet égard de
considérer tous ces éléments à la lumière de la
situation dans la région dont ils font partie.
a) 5. La bonne
compréhension de cette question exige également la
connaissance d’une réalité d’une importance majeure
établie par l’histoire de la Palestine, à savoir le fait
que celle-ci a toujours été la patrie du peuple
palestinien. Al Qods -et la Palestine en général-
représentent, de par sa contribution civilisationnelle,
sa position géographique et sa place spirituelle aussi
bien un haut lieu saint pour les croyants des religions
célestes qu’un objet de convoitise pour les conquérants.
a) 6. L’histoire de
la Palestine établit une distinction claire entre le
peuple de Palestine et les conquérants qui convoitaient
ce territoire, tout comme elle distingue entre ceux qui
tentaient de dissimuler leurs véritables intentions
derrière des prétendues considérations religieuses et
les caravanes de pèlerins qui visitaient la ville sainte
animés par leur seule croyance et qui ne manquaient pas
d’entrer en interaction avec la civilisation de la
région.
b) Les axes
fondamentaux de la stratégie médiatique :
Trois points
principaux permettent de mieux cerner la question
d’Al-Qods :
* Le climat
politique actuel : la tension politique ne se limite pas
uniquement à l’ère des croisades ni même au siècle
dernier durant lequel le sionisme politique a pu établir
l’Etat d’Israël, mais il couvre également les mutations
que connaît la région au début du troisième millénaire
qui a favorisé l’émergence d’une nouvelle donne, marquée
à la fois par : la métamorphose de la position politique
à l’égard des Lieux Saints, l’incapacité des
Palestiniens à exercer effectivement leur souveraineté,
l’apparition d’attitudes extrémistes au sein de la
société israélienne, et, enfin, le fait que les
Palestiniens sont désormais isolés dans leur lutte
contre le sionisme religieux qui se développe au
détriment du sionisme politique.
* Le facteur
psychologique alarmant : Une réalité alarmante nous
interpelle tous, mais elle requiert une connaissance de
la situation sur le terrain. Ainsi, la superficie du
secteur oriental d’Al-Qods est estimée à 6 km2, dont 52%
confisquée, 34% de terres agricoles et les 14% restants
sont interdites de construction ou de toute action.
Cette information, source d’inquiétude, requiert une
action et une concertation sérieuse.
* Le consensus
national : la situation nécessite un consensus national
quant à l’attachement aux constantes et aux droits
légitimes au sujet d’Al-Qods. Le consensus national
autour de la Ville Sainte, symbole éternel de la
Palestine et havre de paix et de cohabitation.
L’appréhension de
ces trois points nous permettra d’être bien au fait de
la question d’Al-Qods de son cachet et son statut
spécifique. Partant de ces trois points, les éléments
essentiels de la stratégie médiatique s’articulent comme
suit :
b) 1. La religion
et les Lieux Saints : Al-Qods est une composante
indissociable de l’islam et de la chrétienté. Pour les
musulmans, elle est la première Kibla et la terre du
Voyage nocturne et de l'Ascension (Israa) du Prophète
Mohammad, paix et prière soient sur Lui. De même, la
ville Sainte constitue une pierre angulaire dans la
religion et l’histoire chrétiennes.
b) 2. Les lois et
la légalité internationales : Il est primordial que les
résolutions de la légalité internationale relatives à
Al-Qods occupent une place de choix dans tout plan
d’action médiatique, car c’est le discours que comprend
la communauté internationale, étant donné qu’Al-Qods
(est) est partie intégrante de la Cisjordanie occupée.
b) 3. La
démographie et les citoyens : Le nombre des habitants
palestiniens d’Al Qods s’élève à 200.000 habitants, et
leur droit à l’identité comme étant des résidents de la
ville Sainte est régi par les lois israéliennes. Cet
état de fait représente un danger pour l’identité
arabo-palestinienne des habitants d’Al-Qods, étant donné
que les palestiniens de la ville Sainte sont une partie
intégrante de la société palestinienne.
b) 4. La capitale,
les institutions, les législations et l’administration :
Les réalités religieuses et politiques établissent le
fait qu’Al-Qods est bel est bien la capitale de l’Etat
palestinien indépendant et durable, dès lors que la
ville Sainte est un symbole pour les différentes
composantes du peuple palestinien, toutes tendances
confondues.
b) 5. La question
de la souveraineté et de la sécurité : Le retour
d’Al-Qods sous souveraineté arabe est une condition sine
qua none essentielle pour l’instauration de la paix, la
stabilité et la sécurité en Palestine et toute la
région. C’est là le prélude pour l’établissement d’un
Etat palestinien indépendant sur son territoire
national.
4. Les principales
phases de réalisation d’un plan d’action médiatique
stratégique pour faire connaître la question d’Al-Qods :
L’élaboration d’un
plan d’action médiatique stratégique destiné à faire
connaître la question d’Al-Qods pourrait se faire
conformément aux principales étapes suivantes :
A) L’identification
du problème (étude de cas) :
Cette démarche vise
la collecte de données et de statistiques suffisantes
sur la question et ses dimensions réelles, ainsi que la
réalisation d’études scientifiques relatives aux
différents aspects de cette question.
B) Définition des
objectifs du plan d’action médiatique :
On entend par
objectif une conception prospective sur la situation
dans la ville après la mise en œuvre du plan d’action.
La définition des objectifs servira de pierre angulaire,
voire d’axe autour duquel s’articule ce plan.
Il convient de
souligner que ces objectifs doivent être définies avec
précision, de manière à permettre à l’avenir le suivi et
l’évaluation adéquats de leur réalisation.
Il est à signaler à
cet égard que les objectifs des plans d’action
médiatiques diffèrent selon les cas. Certains visent
seulement la sensibilisation et la prise de conscience
auprès d’un public donné sur une question quelconque,
sans que ces objectifs ne visent un changement
d’attitudes.
C) Définir le
public ciblé par le plan d’action médiatique
La connaissance de
l’attitude des catégories visées par le plan média ainsi
que le degré de leur acceptation ou rejet et leur accord
du contenu du plan d’action est très utile pour les
responsables de la planification des campagnes
médiatiques, leur permettant de mettre à contribution
les moyens adéquats et le moment convenable, de choisir
les messages efficaces de conviction et les techniques
adéquats de conception, de diffusion et de production
des messages média.
Etant donné que les
plans média visent l’accès à des publics de divers
horizons en vue de gagner leur confiance et les fédérer
autour des objectifs escomptés, il est primordial que
les parties concernées par l’élaboration de ce plan
disposent de données de base sur les caractéristiques,
les traits et les attitudes du public visé.
D) Le choix des
médias et les activités de communication :
Les canaux
médiatiques et actions de communication diffèrent selon
leur objectif, leur contenu et le public visé.
Généralement, parmi les canaux médiatiques d’influence
qui peuvent garantir la réussite des plans d’action
médiatiques pour la sensibilisation à la cause
d’Al-Qods, on peut citer :
* Les journaux :
Les journaux, moyen efficace d’accès au public et
surtout aux décideurs, offrent une couverture
approfondie des thèmes du plan d’action.
* Les périodiques :
Ces publications sont dotées d’un professionnalisme de
haut niveau, notamment en matière de transmission
concise des idées avec un style en phase avec les
exigences de modernité, ce qui nécessite l’édition des
périodiques dans plusieurs langues dédiées à la cause
d’Al-Qods.
* Les agences de
presse : Les agences de presse diffusent des
informations qui sont reprises et relayées par tous les
autres médias, et leur servent de source d’inspiration
pour publication directe, ou pour la réalisation de
reportages ou de commentaires d’ordre politique. Partant
de ce constat, la création d’une agence de presse
spécialisée dans les affaires d’Al-Qods devrait
constituer l’un des moyens efficaces pour le succès du
plan média.
* Les revues :
comme les journaux, les revues varient entre celles qui
sont centrées sur l’information générale et celles
spécialisées. En outre, les journalistes des revues
jouissent de davantage de temps pour améliorer leurs
reportages par rapport aux correspondants de journaux.
Ainsi, le plan médiatique a besoin de la publication
d’une revue spécialisée en plusieurs langues afin qu’il
puisse atteindre ses objectifs.
* La radio et la
télévision : La radio et la télévision offrent une série
diversifiée de programmes : des émissions à caractère
national, local ou régional, des informations en
directe, des émissions à portée universelle, des
interviews, des émissions de nature culturelle et des
débats. Certes, une cause comme celle d’Al-Qods mérite
la création d’une station radio spécialisée qui diffuse
en plusieurs langues, de même que les chaînes
satellitaires s’avère d’une importance capitale à cet
égard.
* L’Internet : Les
informations émises par les sites internet (e-news)
offrent le moyen médiatique le plus moderne. A l’instar
de la radio et la télévision, les informations publiées
sur les portails Web jouissent d’une diffusion rapide à
grande échelle et permettent une sorte d’interactivité.
Il existe plusieurs moyens d’information électronique,
notamment le courrier électronique qui permet de viser
un public cible. Ainsi, est-il nécessaire de créer une
multitude de sites web en plusieurs langues dédiés à la
question d’Al-Qods.
* Les photos : à
l’instar des mots, les photo relatent des histoires ou
des faits. Cependant, il convient de bien définir
l’objectif à atteindre par l’utilisation de la photo.
* Le Courier
électronique et la visioconférence : Ces outils
d’Internet jouissent d’une efficacité et d’une vitesse
exceptionnelles, sans oublier leur coût moins cher
comparativement à d’autres moyens médiatiques.
- Les expositions
spécialisées dans les affaires d’Al-Qods : La tenue
d’expositions spécialisées est l’un des outils efficaces
de sensibilisation à la question d’Al-Qods auprès de
l’opinion publique, au regard des messages que ces
outils peuvent véhiculer en toute profondeur. A titre
d’exemple, on peut citer "l’Exposition internationale
itinérante d’Al-Qods".
E) Le financement
et la mobilisation des ressources pour le plan d’action
médiatique :
Le financement est
la pierre angulaire dans la mise en oeuvre et la
réussite de tout plan d’action médiatique. Il doit
couvrir tous les besoins en ressources matérielles,
techniques et humaines du plan. Ceci requiert également
une reconnaissance institutionnelle au niveau régional,
afin de pouvoir solliciter des fonds de sources
officielles ou officieuses.
F) La mise en œuvre
du plan d’action médiatique :
Le succès du plan
d’action médiatique requiert l’établissement d’un
planning de mise en application des travaux et des
activités qu’il contient, selon les moyens disponibles
et les sociétés visées, tout en choisissant les
circonstances adéquates de mise en oeuvre.
G) L’évaluation et
le redressement du plan d’action médiatique :
L’évaluation du
plan médiatique doit se baser principalement sur les
études et les recherches entreprises avant et durant la
mise en œuvre du plan et ce, en vue de mesurer les
résultats et les objectifs réalisés.
Ces études et
recherches permettent également d’évaluer l’état
d’avancement du plan d’action au cours de son
application, et de trouver des solutions aux problèmes
qui entravent une meilleure mise en œuvre.
L’importance de
l’évaluation régulière ne concernent pas uniquement un
programme donné, mais couvre le plan dans sa globalité.
En effet, il est impératif de procéder à une évaluation
périodique des différentes phases du plan pour dégager
les résultats atteints, ainsi que les ressources
consacrées pour y parvenir. Il importe tout aussi de
déterminer les obstacles entravant l’application des
activités du plan et de faire, après l’achèvement de la
phase d’exécution, une évaluation globale du plan à la
lumière de cette évaluation.
5. Exemples de
projets d’appui au plan d’action médiatique
Il est possible de
prévoir la réalisation de projets destinés à soutenir
les efforts de protection d’Al Qods et de préservation
de son identité en tant que ville sainte
arabo-islamique, cité de cohabitation entre les
religions célestes et axe de solidarité
islamo-chrétienne dès la conquête musulmane et
l’adoption du pacte omaride. Cette solidarité s’est
renforcée au fil des siècles confirmant l’attachement
aux droits arabes légitimes à Al Qods.
De plus, ces
projets peuvent concerner les projets, dont la
réalisation est confiée à la Conférence islamique de
Bayt Al-Maqdis, qui nécessitent pour leur concrétisation
la mise en place des mécanismes de mise en œuvre
nécessaires ou la mobilisation des ressources
financières nécessaires.
1. Conférences
locales et internationales sur Al-Qods :
Les conférences
locales et internationales dédiées à la question
d’Al-Qods offrent une tribune efficace pour placer
Al-Qods au devant de la scène médiatique et permettent
également d’attirer en permanence l’attention du public,
tout en sensibilisant les générations futures de la
Oumma à l’importance cruciale de cette question.
2. L’exposition
internationale itinérante d’Al-Qods :
Il est
incontestable que les expositions servent d’outil
efficace pour faire connaître les cultures et les
patrimoines, et sensibiliser l’opinion publique aux
questions d’intérêt international, notamment celle
d’Al-Qods. Certes, toutes les instances et institutions
régionales et internationales sont invitées à apporter
le soutien nécessaire au projet d’exposition
internationale itinérante d’Al-Qods, élaboré par
l’ingénieur Raef Najm, un expert dans les affaires de la
Ville Sainte, sous les auspices de la Conférence
islamique de Bayt Al-Maqdis, qui a financé la tenue de
cette exposition dans nombre de capitales arabes et
islamiques, en marge d’une conférence consacrée aux
affaires d’Al-Qods.
3. La réalisation
d’un documentaire intitulé "Al-Qods : ville de la paix":
Ce projet porte sur
la réalisation d’une série télévisuelle en langues
étrangères destinée à jeter la lumière sur la question
d’Al-Qods. Il nécessite la mobilisation des ressources
financières suffisantes pour sa mise en œuvre, pour
qu’il soit diffusé sur les chaînes satellitaires
internationales. Il est possible que ce projet puisse
assurer lui-même son auto-financement après sa
réalisation, en confiant sa réalisation par exemple à un
organisme médiatique spécialisé.
4. Projet de
programmes d’enseignement général et supérieur sur
Al-Qods :
Les programmes
d’enseignement sont l’un des facteurs les plus
importants dans la formation de l’étudiant. Ils aident à
inculquer aux générations montantes les hauts principes
et valeurs élevées, et à les initier aux justes causes
de la Oumma. Dans cette optique, la question d’Al-Qods
devrait jouir d’une place de choix dans les programmes
de l’enseignement général et supérieur.
L’honorable
conférence est donc invitée à adopter et à généraliser
au niveau du monde arabe et islamique le projet de
curricula élaboré par un groupe d’experts dans la
question d’Al-Qods, avec la participation de l’ISESCO,
de l’ALECSO, du Bureau de l’Education des pays du Golf,
et de la Ligue des Universités islamiques. Donc
l’honorable Conférence est invitée à adopter ce projet
et à le généraliser au niveau des parties responsables
de l’enseignement général et de la haute éducation dans
le monde arabe et islamique.
5. Projet de
reconstruction et de sauvegarde d’Al-Qods (vieille
cité):
Placé sous le thème
"La collecte de 100 millions de dollars US pour la
reconstruction de la vieille cité d’Al-Qods", ce projet,
réalisé par la Conférence islamique de Bayt Al-Maqdis
vise à attirer l’attention de l’opinion publique à
l’importance de la ville Sainte et l’impératif de
mobiliser des ressources financières pour sa
concrétisation.
Tous ces projets,
cités à titre d’exemple, peuvent être programmés dans le
plan d’action médiatique. Ainsi, "la Conférence
islamique" est appelée à mettre à disposition tous les
moyens nécessaires en vue de garantir la mise en œuvre
de ces projets.
Références
1. Secrétariat
général de la Commission saoudienne pour le soutien de
l’Intifada d’Al Qods (1422 de l’hégire/2001) "Le Royaume
et la cause d’Al Qods".
2. Secrétariat
général de la Commission saoudienne pour le soutien de
l’Intifada d’Al Aqsa "Al Qods : histoire et racines du
drame".
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5. Mohammad Khair
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6. Mohammad Izzat
Darrouza (1960) Histoire de la question palestinienne,
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d’un point de vue sociologique. Bureau universitaire
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8. Abderrahmane Al
Annad (1994), planification et gestion des programmes
des relations publiques, première édition, Imprimerie
Attiknia, Riad.
9. Abdellatif Al
Aoufi (1994), Pouvoir convaincre et campagnes de
sensibilisation médiatique, Bibliothèque nationale Roi
Fahd, Riad.
10. Youssef Al
Qardaoui (1997) Al Qods dans la conscience islamique,
Revue d’études Al Qods islamique, Royaume Uni.
11. Mohammad Kichk
(1986), Relations publiques et service social, Bureau
universitaire contemporain, Alexandrie.
12. Amin Abdallah
Mahmoud (1984) Projets juifs de colonisation depuis la
révolution française jusqu’à la fin de la première
guerre mondiale ; Revue Alam Al Maarifa (74) Février
1984 ; Koweit, Conseil national de la culture, des arts
et de la littérature, t. 1.
13. Levis Haag (1983), "Arab reach
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New York
14. Nijim Basheer K. (1988) : "Zionist
and Israeli arguments about Palestine ; The Zionist Mass
communication from theory to application, ALECSO, Tunis.
(*) Le Secrétaire général de la Conférence Islamique de
Bayt Al Maqdis, Amman, Royaume Hachémite de Jordanie.