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Note

 

Les agressions israéliennes contre les sanctuaires islamiques

 et chrétiens en Palestine et Al Qods

Dr Abdulaziz Izzat Al Khayyat(*)

Dr Raouf Abou Jaber(**)

 

Agressions des juifs contre les sanctuaires islamiques et chrétiens en Palestine et particulièrement à la Mosquée Al Aqsa

Les Juifs ont commencé à mettre en exécution leurs plans visant à occuper la Palestine(1), depuis qu’ils furent autorisés à revenir à Al Qods, pour s’y établir à la faveur de la tolérance des musulmans, suite à la montée de l’oppression exercée contre eux en Europe et en Espagne, en particulier. Nous présenterons, ici, les principaux sanctuaires qui ont subi leur agression, sachant que les juifs ont porté des modifications dans la majorité des mosquées et des biens pieux palestiniens, particulièrement dans les villes et les campagnes, dont les habitants étaient contraints à l’exode après leur occupation par les juifs. Ces derniers en ont expulsé les musulmans et les chrétiens, et transformé une grande partie de leurs sanctuaires en clubs ou en lieux de plaisir, démoli certains et converti d’autres en synagogues juives. Citons à titre d’illustrations, la mosquée de Sidna Okacha, la coupole césarienne, la mosquée de Cheikh Rislane, les mosquées de Safed, de Tiberias, Ascalon, Tayrat Béni Saâb, Ijzam, Ikran et Kafar Yaraâm et bien d’autres.

De ces sanctuaires, la première cible de leurs agressions furent le mur Al Buraq et la Mosquée Al Buraq. Le mur porte l’appellation d’Al Buraq car c’est à cette enceinte que l’ange Gabriel a attaché Al Buraq, la monture que le Prophète Sidna Mohammed (Paix et bénédiction sur Lui) a enfourchée durant son Voyage nocturne de la Sainte Mecque à Bayt Al Maqdis. L’agression eut lieu à la fin du cinquième siècle de l’Hégire après l’occupation d’Al Qods par les Croisés. Profitant de la faiblesse des musulmans qui sont restés à Al Qods, les juifs se dirigèrent vers le Mur et commencèrent à pleurer, à gémir et à se lamenter, frappant le mur de leurs têtes, tout en y inscrivant leurs noms et diverses prières. C’est ainsi qu’ils le baptisèrent "Mur des Lamentations." Ils demeurèrent ainsi jusqu’au règne de Mohamed Ali Pacha, lorsqu’ils commencèrent à lire devant le mur les prétendues "Psaumes de David." Dès qu’ils furent confortés par la Déclaration de Balfour et que les Anglais s’emparèrent d’Al Qods, leurs agressions contre le Mur ont monté d’un cran. Le mur est, en fait, un legs pieux islamique auquel le roi Al Achraf a annexé un autre bien pieux des Maghariba, en 589 de l’Hégire (1193 de l’ère chrétienne), en vertu du texte des waqfs enregistré dans les tribunaux légaux d’Al Qods. Abou Madine a déclaré legs pieux deux autres zaouïas et les musulmans ont bâti une mosquée et ajouté plusieurs biens de mainmorte dans les superficies situées aux alentours du Mur Al Buraq. Les Anglais ont encouragé les juifs à mener leurs agressions contre le Mur au sujet duquel la Révolution d’Al Buraq a éclaté pour prendre fin avec la mise en place d’une Commission d’enquête, qui a décidé que le mur est bien un legs islamique, mais son rapport a dû partir en fumée. Lorsque les juifs ont occupé Al Qods, en 1967, ils ont complètement aboli le quartier Al Maghariba, avec ses édifices, ses mosquées et ses zaouïas, et l’ont transformé en place publique pour les juifs.

Ils se sont également pris à la célèbre mosquée d’Al Jazzar à Akka, ainsi qu’à ses annexes de legs pieux et à l’école religieuse, frappant de paralysie son activité éducative, pour la convertir en site touristique sans  aucune âme spirituelle.

Ils ont aussi pris d’assaut la mosquée de Jaffa et tenté de la transformer en lieu de plaisir et en site touristique, si ce n’était la résistance de la petite minorité restée à Jaffa, en 1948, le jour où l’Organisation des Nations Unies a pris sa résolution injuste sur le partage de la Palestine et la création de l’Etat d’Israël. Ainsi, ont-ils constitué un département des biens pieux pour faire face au gouvernement d’Israël et pris toutes les dispositions juridiques et sont parvenus à arrêter l’agression des juifs contre la mosquée de Jaffa, qui est restée un lieu de culte sacré. Si ce n’était la fermeté des habitants musulmans de Jaffa et avec celle des arabes, la mosquée se serait certainement judaïsée.

Parmi les sanctuaires islamiques les plus en vue qui ont subi de plein fouet l’agression flagrante des juifs, figure la Mosquée d’Abraham qui abrite les tombeaux symboliques de Sidna Ibrahim, Issac et Jacob, ainsi que ceux de leurs épouses, que les musulmans ont toujours veillé à entretenir(2). Ils ont ainsi renouvelé l’édifice fondé par Herode et élargi son enceinte pour en faire une mosquée où Dieu est vénéré et les prières accomplies à Sa gloire. Les Omeyyades ont érigé des coupoles sur les tombeaux et édifié des minarets et la cour intérieure sans toit de la mosquée. Les Abbassides l’ont agrandie par la suite, y établissant des couvents et des zaouïas. Salaheddine Al Ayyoubi l’a aussi renouvelée et y a amené le minbar fabriqué par le calife Fatimide Al Moustansir Billah, en 484 de l’Hégire, sans pouvoir l’installer dans la mosquée à cause de l’occupation des Croisés.

Quand les juifs ont occupé Hébron, en 1967, ils ont mis la main sur la Mosquée qu’ils ont convertie en synagogue, et interdit aux musulmans d’y accomplir leurs prières les cernant dans un endroit très réduit. La mosquée est devenue un lieu de prédilection pour organiser des spectacles de danse et de chant, circonscrire les enfants, manger et boire le vin. Ils s’appliquaient à jeter les miettes sur les endroits réservés par les musulmans à la prière, mettre à sac les objets précieux et les biens de la mosquée et à endommager la caverne de Machpelah et ses biens. Ils ont aussi explosé le perron reliant la porte Nassir Kalawoune à la Mosquée, démoli le puits d’où les musulmans se procuraient l’eau pour leurs ablutions. Ils y firent introduire leurs chiens et se sont constamment employés à indisposer les fidèles musulmans au moment de la prière, quand bien même ils ne les empêchaient pas d’y accomplir leurs prières. Ils se sont permis d’utiliser la mosquée dans sa totalité, y ont installé les chaises, les meubles et les chandeliers, ont déchiré et profané le saint Coran, foulé leur crasse et leur saleté sur la tapisserie de la Mosquée et commis tout ce qui est illicite dans ce lieu de culte. Tout ceci, sans oublier les agressions qu’ils ont perpétrées contre les fidèles dans l’enceinte de la Mosquée d’Abraham, tuant et blessant des centaines.

La mosquée Al Aqsa et les mosquées d’Al Qods

Dans la partie dite nouvelle ou occidentale d’Al Qods, les sanctuaires ont été détruits, dès 1948, et particulièrement dans le célèbre cimetière de Maâman Allah (Mamilla) et de ses mosquées et chapelles, alors que ne furent épargnés que les tombes des musulmans, la mosquée Al Bakaâ et les sanctuaires, situés hors de l’ancien rempart. A l’intérieur de la vielle ville d’Al Qods, de toutes les mosquées et les chapelles, les zaouïas et les couvents et les terres qui couvrent une superficie de 170 donames, dont les quartiers Acharaf, Al Maghariba, Assilsila, Al Maydane et Saâdia avec ses deux mosquée, ne subsistent que la Mosquée d’Omar, l’église de la Résurrection, la mosquée Cheikh Jarrar abandonnée et la Mosquée Al Aqsa.

Les agressions récurrentes contre la Mosquée Al Aqsa sont connues, depuis que les juifs ont occupé la vieille ville d’Al Qods, dont les plus notoires sont :

1. La mainmise juive sur la Porte Al Maghariba, une des portes de l’enceinte sacrée, et l’installation d’une caserne militaire israélienne à son entrée permettant aux juifs de s’infiltrer à l’intérieur de l’enceinte sacrée et d’organiser des manifestations et d’accomplir des prières dans ses esplanades, tout en verrouillant le contrôle sur les autres portes de l’enceinte sacrée.

2. Les fouilles israéliennes menées aux alentours de l’enceinte sacrée dans les parties sud et ouest, les percées des fondations du Dôme du Rocher et l’ouverture de tunnels sous les bâtiments des legs pieux, les zaouïas et les esplanades de l’enceinte sacrée, causant ainsi l’affaissement et la fissuration de dizaine d’édifices, dont la mosquée ottomane, le couvent des kurdes, les medersas Manjakiya et Jawhariya et la zaouïa Wafaiya.

3. Evidement des tunnels, des conduites d’eau et des puits situés sous l’enceinte sacrée pour affaiblir les fondations des deux mosquées dans la partie sud, afin de faciliter leur écroulement sous l’effet des bruits puissants des avions militaires qui survolent l’enceinte ou sous l’effet d’une poussée tellurique.

4. Incendie par le sioniste australien, Denise Rohan, des deux tiers de la Mosquée Al Aqsa, le 21/8/1969, et du Minbar lumineux, connu sous le nom du minbar de Salaheddine.

5. Préparation par les juifs de trouées secrètes pour s’infiltrer à l’intérieur de l’enceinte.

6. Tentatives d’occupation des Etables de Souleiman Ibn Abdelmalik.

7. Descentes des intendants du Mont du Temple et de la bande de Kach, le 14/8/1979, et incursion du soldat Harry Goldman, qui a causé la mort de deux palestiniens et blessé soixante autres.

8. Tentative d’invasion de la Mosquée Al Marwani, en date du 10/3/1983, tentative d’occupation de la Mosquée Al Aqsa par l’ouverture de trouées à partir de la partie sud, le 12/3/1983, et tentative d’infiltration par force à l’intérieur de l’enceinte sacrée par des sionistes, le 20/7/1996.

9. Mise en place par le gouvernement israélien de nombreux plans d’occupation d’Al Aqsa. En prélude à cet objectif, la surveillance de la police a été substituée par une clôture électrique, des portails électroniques et des caméras de surveillance pour le contrôle des accès menant à l’enceinte, en date du 13/9/1999.

10. Incursion du sanguinaire Ariel Sharon dans la Mosquée Al Aqsa avec l’appui de mille soldats et policiers. L’incident a fait cinq martyrs musulmans et des dizaines de blessés. L’incursion dans l’enceinte sacrée a fait vingt-deux morts palestiniens et deux cents blessés, le 8/8/1990. L’incursion, du 24/9/1996, a causé la mort de 62 Palestiniens et fait des centaines de blessés. Une vingtaine de musulmans a été blessée en essayant de repousser la bande des intendants du Temple, qui tentait de procéder à la pose des premières pierres pour la construction du Temple prétendu, en date du 19/7/2001.

Mais la chose la plus grave sur laquelle nous aimerions attirer l’attention consiste en la persistance de l’ampleur des agressions contre le troisième lieu saint de l’Islam, la première qibla des musulmans et l’endroit vers lequel aspirent leurs cœurs. Il s’agit de prendre la mesure de l’ampleur de l’ignorance que nous avons des plans élaborés par les juifs pour détruire la Mosquée Al Aqsa, le Dôme du Rocher et abolir les traces des monuments de l’Islam de l’enceinte sacrée, désignée dans les textes islamiques "Al Masjid Al Aqsa" dans la sourate "Le Voyage nocturne" : "Gloire et pureté à Celui qui de nuit, fuit voyager Son serviteur de la Mosquée Al Haram à la Mosquée Al Aqsa, dont Nous avons béni l’alentour."

Les dessins et les plans nécessaires ont été élaborés, en avril 2001, et approuvés par Sharon et son Conseil des ministres pour la construction d’une synagogue dans l’esplanade de la Mosquée Al Aqsa.

Il s’agit pour nous d’œuvrer pour éviter le danger et repousser l’agression contre l’enceinte sacrée. Les chrétiens arabes devraient également savoir que le danger qui plane sur la Mosquée Al Aqsa constitue un prélude pour les périls qui menacent les sanctuaires chrétiens avec en tête leur grande église d’Al Qods. Il importe pour tous de savoir que ce sont les groupes juifs, que nous citerons ci-après, qui s’affairent à élaborer les plans de destruction des sanctuaires chrétiens, comme ils avaient déjà échafaudé des plans similaires pour le vandalisme des sanctuaires islamiques en Palestine et Al Qods. Preuve en est les prémices que voici :

Premièrement, la réduction de la présence chrétienne en Palestine et à Al Qods à travers les violations récurrentes contre les églises et les monastères, l’agression des religieux chrétiens et l’encouragement de la migration des Palestiniens chrétiens à l’étranger.

Deuxièmement, la violation de l’église de la Résurrection, la plus ancienne basilique chrétienne dans le monde, à travers la destruction des lampes sur la sépulture de Jésus Christ, les pillages ou l’agression des moines qui en assurent la garde. Le gouvernement d’Israël n’a entrepris aucune mesure vis-à-vis de ces agressions.

Troisièmement, la violation du monastère des Coptes attenant à l’église de la Résurrection et l’agression de ses moines par la police israélienne, en plus de l’incendie de cinq centres religieux et d’une imprimerie relevant de certaines églises chrétiennes.

Quatrièmement, la pression exercée par tous les moyens sur l’ensemble des chrétiens arabes afin de les contraindre à l’exode, surtout hors d’Al Qods. Une simple comparaison du nombre des habitants chrétiens d’Al Qods, entre 1967 et aujourd’hui, fait ressortir une chute de 70 %(3).

Cinquièmement, la destruction des portails et des fenêtres de l’église baptiste de Saint Johannes et pillage de ses biens à Ain Karam, en 1967. Les Israéliens ont changé l’icône de la Sainte Vierge portant l’effigie de Jésus Christ par une image, souillée et honteuse, qu’ils ont exposée dans un vernissage à Tel-Aviv, portant l’inscription "Paix sur la mère de Jésus". Les juifs ont aussi volé la Couronne de la Sainte Vierge qu’ils ont restitué après en avoir enlevé les perles précieuses. Ils ont également bombardé par des obus les biens de l’église Saint Georges. Le Patriarche des Latins a été contraint à fermer trois églises suite à leur profanation et au pillage de leurs biens. L’église arménienne du Saint Salvador a été transformée en caserne pour l’armée israélienne. Toutes ces agressions ont été commises en 1967.

Sixièmement, la police juive a bu le whisky dans la grotte sacrée de la Basilique de la Nativité, la nuit de la messe commémorant l’année chrétienne 1967, comme en témoigne l’archevêque latin Niaâmat Samaâne.

Septièmement, l’agression contre le monastère des Coptes, ses moines et ses biens, en 1970. Les juifs ont brûlé le centre international du livre saint sur le Mont des Oliviers, en 1973. La même année, fut profanée l’église de Saint Georgius, à Birkat Al Qods, et convertie en boîte de nuit.

Huitièmement, les violations des églises et des monastères ont été récurrentes durant les années 1976, 1979, 1980 et 2002, alternant profanation, vandalisme, pillage et agression des moines et des prêtres(4).

Ceci étant, nous citerons ci-après, les noms de certaines organisations et associations juives impliquées dans la planification, l’élaboration et l’exécution des séries de crimes, d’agressions et des tentatives de destruction des lieux saints islamiques et de la Mosquée Al Aqsa, tout d’abord, et des sanctuaires chrétiens, ensuite, telles qu’évoquées par un rapport du ministère palestinien de l’information (cité par le journal jordanien "Arra’ay" :

1. Attirat Cohalim (Couronne Sacerdotale). Cette association a été créée, en 1987, suite à une scission avec le mouvement Gauche Ionim. Elle est présidée par Murdecai Cohen, qui s’était établi dans la vieille ville d’Al Qods occupée dans le quartier El Oued, où se trouve le siège permanent du mouvement. Oeuvrant sous le paravent de l’apprentissage du Talmud aux élèves, ses activités s’étendent du sentier d’Al Khaldia et des quartiers Saraya et Saâdia, jusqu’à la porte de la Chaîne. Ses dirigeants qui s’entourent d’une discrétion totale, disposent d’un bureau permanent aux Etats-Unis à Manhattan où ils organisent des prières en permanence pour la collecte des dons. L’association compte parmi ses membres Meyer David Son, Youssi Bahou et le rabbin Shlomo Mwaffner, auteur de l’ouvrage "Renouvelons le Royaume". Les membres de cette association s’abstiennent de se diriger vers le mur Al Buraq jusqu’à la promulgation d’une décision religieuse les autorisant à accomplir la prière près du prétendu Temple. Ils disposent aussi de plans pour la construction du troisième Temple.

2. L’Institut des recherches du Temple, considéré comme l’une des grandes institutions, est situé près du mur Al Buraq dans la vieille ville d’Al Qods dans le quartier Charaf, qui a été transformé en quartier juif. Il abrite une maquette exposée en permanence contenant différents accessoires du Temple, dont des vêtements de rabbins, un modèle de Temple, une trompette pour acclamation, des images de sacrifice des offrandes et une représentation du Temple. Cet Institut est présidé par Israël Ariel, membre du mouvement raciste interdit "Kach".

3. Institut Bayt Al Maqdis, qui est un institut juif extrémiste visant la reconstruction du prétendu Temple.

4. Koulal Gollista, une école religieuse juive, sise dans le quartier musulman d’Al Qods, qui revendique la reconstruction du Temple dans l’esplanade de l’enceinte sacrée.

5. L’Ecole de l’Opinion juive, une école juive extrémiste présidée par le rabbin Yehouda Kruiser qui s’est spécialisée dans l’écriture sur le Temple. Cette école puise ses théories du mouvement raciste Kach.

6. L’Association pour le Mouvement de la Préparation du Temple, fondée par David Joseph Lionim, à Al Qods, qui dispense des enseignements au profit des pèlerins du Mont du prétendu Temple, particulièrement les journées de mardi et de vendredi. Lionim est propriétaire de la revue mensuelle "Nous édifierons le Temple", dont la couverture présente un Temple dessiné par ordinateur sans mosquées. Le nombre de ses disciples est de 400, tandis que la revue parvient régulièrement à trois mille abonnés. En 1997, le fondateur de l’association a organisé une exposition réservée exclusivement au Temple.

7. Le Mouvement "Hay Vaquiam", fondé par Yehouda Aâtission, un ancien membre de l’organisation secrète juive, qui avait mis en place un plan pour l’explosion de la Mosquée Al Aqsa au début des années 80. Il traîne un registre chargé d’agressions contre les citoyens palestiniens, dont la tentative d’assassinat des présidents des municipalités de la Cisjordanie, et l’élaboration de plans pour faire exploser la Mosquée Al Aqsa. Il a été écroué et libéré à plusieurs reprises. Ce mouvement appelle à la construction du troisième Temple à la place de la Mosquée Al Aqsa et du Dôme du Rocher.

8. Mouvement des Intendants du Temple (ou Intendants du Temple), un mouvement religieux extrémiste, fondé durant les années 80 sous le nom de "l’Association de Jabal Al Bayt" avec pour objectif de judaïser la zone de la Mosquée Al Aqsa. Ce mouvement, dont le siège principal est basé à Al Qods occupée, est présidé par Garchon Salomon, et financé par des chrétiens extrémistes en Californie. Il a un seul objectif principal qui consiste à fonder le troisième Temple.

9. Le Mouvement Ashmo Naïm, un groupe terroriste raciste, fondé récemment par Youel Learner, sous l’influence du mouvement Kach. Ses activités sont marquées par la violence appuyée par la grande expertise militaire de ses membres. Parmi ses objectifs, la domination de Bayt Al Maqdis et l’expulsion de tous les habitants arabes hors d’Al Qods.

10. Le Mouvement Siyouri Tsion, une ligue volontariste qui travaille sous l’égide de l’école religieuse Tilitsia. Elle vise à sensibiliser sur l’importance d’Al Qods auprès du grand public juif et, en particulier, parmi les soldats israéliens. Elle œuvre aussi à la mobilisation des volontaires pour la construction du prétendu Temple sur les décombres de la Mosquée Al Aqsa.

11. Le Mouvement pour l’Occupation d’Al Aqsa, paru en 1968, revendique la destruction immédiate de la Mosquée Al Asa et du Dôme du Rocher. Parmi les grands rabbins qu’il compte, Doucher Livenguer et Israël Ariel.

12. Il existe aussi 21 associations pour le Fonds du Temple qui collectent des dons auprès des Juifs riches et des chrétiens évangélistes en Amérique. En 1982, elles se sont dotées d’un fonds aux Etats-Unis où elles sont liées par des liens très étroits avec les élites politiques.

13. Il existe aussi 31 mouvements partisans de l’esplanade du Temple, qui s’activent parmi les instituts religieux, avec pour entre autres objectifs principaux l’occupation de la Mosquée Al Aqsa et du Dôme du Rocher.

14. Il existe également d’autres groupes de fanatiques et d’extrémistes juifs (environ 125 organisations), ainsi que des chrétiens maniaques venus en Palestine, en provenance d’Italie, d’Europe et de l’Amérique, avec pour vision la destruction de la Mosquée Al Aqsa avant le troisième millénaire, comme le rapporte le journal israélien Yadiout Ahronot dans sa livraison du 3/9/1998.

Dans une étude de Nawaf Zirw, publiée par le journal Addoustour dans sa livraison du 8/8/2004, l’auteur a évoqué l’existence de quatre théories pour la construction du Temple à la place d’Al Aqsa :

1. Construction de dix colonnes (correspondant au nombre des dix commandements) près du mur ouest de la Mosquée Al Aqsa, de telle sorte à ce que ces colonnes, qui surplomberont l’esplanade actuelle de la Mosquée, supportent le troisième Temple et que cet édifice soit rattaché par une colonne sacrée qui se trouverait, selon leurs illusions, dans l’esplanade du Dôme du Rocher.

2. L’édification du troisième Temple près du mur ouest de la Mosquée Al Aqsa de façon verticale de telle sorte à ce que le Temple surplombe la Mosquée et soit spontanément relié à l’esplanade de la Mosquée à partir de l’intérieur.

3. L’idée de ce qu’on appelle le "transfert architectural", qui consiste à percer une coupe de contournement d’une grande profondeur  autour de la Mosquée du Dôme du Rocher pour transférer la Mosquée intacte hors d’Al Qods et la construction du Temple à sa place.

4. La constitution du Temple sur les décombres de la Mosquée Al Aqsa dans sa totalité.

L’on sait, par ailleurs, que ce fut là l’obsession des juifs bien avant l’apparition du sionisme, depuis l’émergence de l’idée chez les premiers francs-maçons et les premiers rabbins. L’idée fut préconisée par les juifs, dès le cinquième siècle de l’Hégire, par leur philosophe en Andalousie Moshey Ben Maymoun (Maïmonide). Depuis que les juifs furent autorisés à visiter le mur Al Buraq, qui est le mur ouest de la Mosquée Al Aqsa, ils n’ont pas cessé d’y inscrire invocations et prières pour la destruction de la Mosquée Al Aqsa et l’édification du prétendu Temple, qu’ils ont entamé dès le début du mandat britannique. Dans une lettre adressée, le 7 juin 1920, par Sir L. Bowles, directeur général de la Palestine, qui occupait le poste de haut Délégué britannique au Quartier général de son pays pour l’administration des territoires occupés par l’ennemi, il écrivait que "les juifs ont demandé au gouvernement de leur remettre l’enceinte sacrée considérant qu’il était leur propriété." Ils ont avancé cette requête en se basant sur la résolution du congrès juif de San Remo, profitant de l’occasion de la nomination du juif Herbert Samuel au poste de haut Délégué en Palestine. Le président de la Commission sioniste de l’époque, Auceshken, avait présenté une requête sollicitant la remise aux juifs de l’enceinte sacrée pour y construire le Temple de Salomon, appuyé en ceci par le président des rabbins Ibrahim Itzhac Coke et le Conseil rabbinique des lieux saints. Le grand rabbin de Rome, Ibrahim Rosenbach, (établi à Charnottier, avenue Trémie, numéro 20, Bokhena, Roumanie), avait envoyé une lettre au mufti de la Palestine à l’époque, Hadj Amine Husseini, dans laquelle il prétendait que "le Roi David avait acquis, en vertu d’un acte, le Mont Moriah à Al Qods de Aârnoun Al Yaboussi et que ce mont a été fait par Dieu legs pieux éternel". (Méditez cette falsification historique qui ne repose sur aucune preuve et sur aucune trace hormis les allégations avancées par les juifs qui étaient en détention ou dans la diaspora.) Et le rabbin de reprendre : "J’en ai fait moi-même la preuve testimoniale (c’est-à-dire les mensonges forgés par leurs rabbins) au Secrétaire du gouvernement de la Palestine sous le numéro 487/26 à Al Qods". Puis, il enchaîna en demandant au destinataire que les Arabes permettent aux prêtres parmi les fils d’Aron d’accéder à l’endroit pour y accomplir leurs rites religieux, avant de reprendre en rapportant son fatras de mensonges puisés dans la Torah, dans le vingt-quatrième psaume relatif au droit de propriété prétendu sur le Mont Moriah sur lequel est édifiée la Mosquée Al Aqsa. Cette lettre est datée du 20 novembre 1930.

Auparavant, cette requête a été adressée aux dirigeants du gouvernement de la Palestine placé sous mandat britannique, dont Norman Bentwich chargé par les Anglais de la présidence des parquets généraux d’Al Qods pendant une période de plus de dix ans, à partir de 1919, Zangwill et Lord Melchett 1922 (Sir Alfred antérieurement). A ceci s’ajoutent un mémorandum présenté par le Comité royal juif à la Société des Nations, en 1928, les articles publiés par le professeur Klausner, le 9 août 1929, dans le journal " Palestine Weekly", et les articles publiés dans le journal "The Ariha", par le grand rabbin d’Al Qods, Coke, qui avait particulièrement souligné l’illusion entretenue depuis dans les esprits des occidentaux et des Américains selon laquelle "la terre d’Israël est la nôtre. Elle est la nôtre en dépit de l’existence d’une minorité juive. Nous la reprendrons aux Arabes et nous oeuvrerons sans relâche pour l’occuper et la délivrer de leur emprise."

Et revoici que revient Sharon, à coups de tyrannie, de terrorisme, de destruction et de démolition, avec l’appui des Etats-Unis, des Anglais et des pays occidentaux, pour mettre en œuvre la formule que les Arabes et les musulmans d’aujourd’hui ont du longtemps éluder, selon laquelle "les Arabes devraient plier leurs tentes et retourner au désert d’où ils sont venus."

D’ailleurs, l’Encyclopédie Universalis britannique rapporte, en citant l’encyclopédie juive, que les juifs aspirent à la reconstruction du Temple et au rétablissement du Trône de David à Al Qods(5).

La solidarité entre les musulmans et les chrétiens face à la transgression des sanctuaires

Il existe un peuple palestinien menacé dans son existence et dans son avenir. Ne le laissez pas seul dans son épreuve. Al Qods est une terre de rencontre entre ses fils, ne permettez pas qu’elle devienne un espace de souvenirs ou un musée de reliquats de sanctuaires sans peuple et sans âme, surtout après l’anéantissement d’une partie de la nation arabe et de la oumma de l’Islam, appelée le peuple palestinien, et l’abolition des sanctuaires islamiques et chrétiens.

Il est impératif de promouvoir la solidarité entre musulmans et chrétiens pour la Palestine à travers ce qui suit :

1. Les pays arabes et islamiques devraient se soutenir vigoureusement contre les agressions et les incursions israéliennes contre le peuple palestinien et les sanctuaires islamiques et chrétiens.

2. Nous appelons les musulmans et les chrétiens de par le monde, ainsi que les instances islamiques, les églises et les monastères chrétiens du monde entier, à venir à la rescousse des sanctuaires islamiques et chrétiens en Palestine et particulièrement à Al Qods et à fournir tous les efforts et les soutiens pour leur sauvegarde contre toute transgression, destruction et transfert.

3. Nous appelons tous les pays du monde, les Nations Unies et les organisations non-gouvernementales internationales à saisir la portée de la situation dramatique que traversent les sanctuaires islamiques et chrétiens à Al Qods.

4. Nous appelons les Etats Unis, qui soutiennent Israël, à prendre la mesure de la position gouvernementale et populaire d’Israël vis-à-vis des sanctuaires islamiques et chrétiens et à intervenir avec fermeté pour empêcher Israël et ses organisations de mettre en exécution leurs plans visant à violer les sanctuaires et à démolir la Mosquée Al Aqsa.

5. Le lancement d’une campagne médiatique de la part de tous les musulmans et les chrétiens à travers tous les supports médiatiques pour mettre à nu les supercheries israéliennes au sujet des sanctuaires.

6. Nous appelons tous les penseurs, les chercheurs et les érudits à écrire sur les sujets d’Al Qods et des sanctuaires et à rendre publiques leurs recherches dans les journaux et les revues et sur les ondes radiophoniques et télévisuelles.

7. Nous appelons toutes les stations de télévision du monde arabe et islamique à témoigner autant d’intérêt à leurs sanctuaires qu’aux programmes de divertissements, aux chansons et aux festivals.

8. Nous appelons au soutien des diverses expositions dédiées à faire valoir l’importance des sanctuaires chez les croyants pour pouvoir les rééditer dans différents coins du globe afin de sensibiliser sur leurs conditions dramatiques, ainsi que sur les plans de profanation, de destruction et de démolition les visant.

9. Nous appelons à la constitution de commissions spécialisées composées de musulmans et de chrétiens et dotées des moyens leur permettant de sauvegarder les sanctuaires.

10. Nous appelons à la mise en place d’un fonds soutenu par les gouvernements et les riches pour assurer la réalisation de ces moyens et leur subvention matérielle.

Nous craignons, en définitive, que les cris et les appels des musulmans et des chrétiens ne s’effilochent et ne parviennent aux oreilles des gouvernements et des peuples, dans le bruit des ronflements des avions et du branle-bas de la propagande israélienne mensongère, et dans le manque d’attention des peuples pour entendre les cris de la vérité et de la raison.

Et nous disons que celles-ci sont les demeures d’Allah, qui ont un Dieu qui les protégera, et que les injustes verront bientôt le revirement qu’ils éprouveront.

 


 

(*) Représentant du conseil supérieur mondial pour la prédication et le secours.

(**) Professeur universitaire à l’Université jordanienne, Amman.

(1)  Il ne s’agit pas ici de définir les étapes concrètes de l’occupation de la Palestine sous le règne de l’Etat ottoman musulman qui, du reste, ont fait chou blanc. On ne s’attardera pas, non plus, sur le fait que les juifs ont réussi à instaurer leur Etat dans le sillage de la Déclaration noire de Balfour avant que ce même Etat ne s’engage dans ses actes d’injustice et de sauvagerie contre les habitants de la Palestine et, encore moins, sur l’aide que l’Occident leur a apportée, particulièrement de la part de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Ceci fait l’objet d’une autre recherche.

(2) On raconte que les sépultures de Sidna Ibrahim et celle de Sidna Ishak se trouvent à 70 mètres de profondeur, sous l’édifice de la Mosquée. Dieu seul sait dans la mesure où l’on ne connaît avec précision le tombeau d’aucun prophète, à l’exception de la tombe de Sidna Mohammed, prière et salut soit sur Lui, à Médine. Sidna Jacob a été ramené par son fils Joseph en Egypte où il mourut, conformément au verset coranique : "Quand ils pénétrèrent auprès de Joseph, celui-ci accueillit son père et sa mère en disant: Entrez en Egypte avec la paix, si Dieu le veut".

(3) Le Magazine libanais "Al Quds" novembre 1979.

(4) Cf. Rapport documentaire sur les principaux crimes, agressions et violations israéliennes contre Al Qods et la Mosquée Al Aqsa de Mahmoud Aouad et Les agressions israéliennes contre les lieux sacrés chrétiens et le clergé chrétien du même auteur.

(5) Cf. Ceci est un message aux gens, qu’ils en avisent, troisième édition, 1357 de l’hégire.

 

 
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