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7.
Al-Kindi
(796 - 873)
Surnommé «le Philosophe des Arabes», al-Kindi «est l'un des
douze hommes de génie qui viennent au premier rang de
l'intelligence».(41) Savant d'envergure encyclopédique, et
outre sa célébrité de philosophe, il était savant en
mathématiques, astronomie, physique, médecine, pharmacie et
géographie.
De
son nom Yacoub Ibn Is'haq Ibn al-Sabah al-Kindi, Abu
Youssef, il est issu de la tribu Kinda. Connu chez les
Latins comme Alkindus, il est né à Kufa dont son père était
l'Emir.(42)
Al-Kindi a grandi à Bassora mais c'est à Bagdad qu'il
termina ses études auprès des plus éminents savants. Son
savoir en matière de sciences et de philosophie grecque
était vaste. Il était le contemporain des trois Califes
Abbassides, respectivement al-Maamoun, al-Moatassim et
al-Mutawakkil, ainsi que des trois frères astronomes Benou
Moussa, et de l'astronome Sanad ibn ‘Ali. Il occupait une
position privilégiée auprès d'al-Maamoun et d'al-Moatassem,
au point que c'est à lui qu'al-Maamoun confia la tâche de
traduire les œuvres d'Aristote et autres philosophes grecs.
Al-Mutawakkil l'employa comme calligraphe, mais en raison de
ses opinions philosophiques, ainsi qu’à des calomnies de
quelques envieux, al-Mutawakkil a ordonné la confiscation de
tous ses livres, lesquels lui furent cependant restitués en
totalité.
Contributions scientifiques
En plus
des quatre ouvrages qu'il a écrits sur l'utilisation des
chiffres indiens, al-Kindi a énormément travaillé la
géométrie sphérique en vue d'avancer dans ses études
astronomiques.(43)
Il
observa la position des étoiles et des astres – en
particulier le soleil et la lune – par rapport à la terre,
l'influence physique qu'ils exercent, et les phénomènes
qu'ils engendrent. Il formula des thèses novatrices et
audacieuses portant sur ces études, ainsi que sur
l'apparition de la vie sur terre, ce qui amena bon nombre de
savants à reconnaître en al-Kindi un penseur hors pair.
En
chimie, al-Kindi s'opposa à la prétendue possibilité
d'extraire les métaux précieux, tel que l'or, à partir de
métaux communs. Il écrivit dans ce contexte une thèse
intitulée «Rissala fi butlane Daawa al-Muddaeine Sonaatu
al-Dhahab wal Fiddah wa Khidaeihem» (thèse sur les
allégations des alchimistes et leurs ruses).
S'agissant de l'astronomie, al-Kindi refusait d'admettre que
les planètes pouvaient avoir une influence sur les gens, et
réfutait les prédictions des astrologues fondées sur le
mouvement des corps célestes. Il portait, en revanche, un
intérêt scientifique à l'étude de l'astronomie et
l'observation du ciel. Parmi les historiens, d'aucuns le
considéraient comme l'un des huit grands maîtres de
l'astronomie au Moyen âge.(44)
Dans le domaine de la physique, al-Kindi a eu un apport
particulier en matière d'optique industrielle et
physiologique, et écrivit dans ce contexte un ouvrage qui a
laissé son influence ultérieurement sur Roger Bacon, Witelo
et autres.(45)
Il
était, en outre, un remarquable géomètre, recourant sans
cesse à ses écrits et théories dans les travaux de
construction, en particulier dans le percement des canaux,
comme ce fut le cas lors du percement des canaux entre le
Tigre et l'Euphrate.(46)
En
matière de médecine, ses contributions se traduisent par les
efforts déployés en vue de déterminer mathématiquement les
doses médicinales. Aussi al-Kindi était-il «le premier à
avoir fixé de façon rigoureuse les doses de tous les
médicaments connus à son époque».(47)
Œuvres
Al-Kindi
a rédigé et commenté un grand nombre d'ouvrages, estimés
tantôt à 230, 270 ou 300 thèses et livres, traitant de
thèmes divers, notamment la philosophie, l'astronomie,
l'arithmétique, l'architecture, la médecine, la physique, la
logique, les marées, la minéralogie, la gemmologie, la
métallurgie, ainsi que les épées. Il était, en outre, parmi
les premiers traducteurs des œuvres grecques en langue
arabe.
Nous nous contenterons de citer quelques-uns de ses
ouvrages, nous fondant sur Tuqan(48) et al-Zarkali :(49)
- «Rissalat
fil Madkhal ila Arithmatiqi» (Introduction à
l'arithmétique), 5 articles ;
- «Kitab
Rissalat fi Istiimal al-Hissab al-Handasi» (Le calcul
géométrique), 4 articles ;
- «Rissalat
fi I'lal al-Awdaa al-Noujoumiya» (Thèse sur la déficience de
la position des étoiles) ;
- «Rissalat
fi Sanaa al-Astorlab» (Thèse sur la fabrication de
l'Astrolabe) ;
- «Rissalat
fi al-Tanjim» (Thèse sur l'astrologie) ;
- «Ilayihat
Aristo» (Théologies d'Aristote) ;
- «Al-Adwiyat
al-Murakkaba» (Les remèdes composés) ;
- «Rissalat
fil Musiqa» (Thèse de musique) ;
- «Al-Madd
wal Jazr» (Les marées) ;
- «Al-Souyouf
wa Ajnassouha» (Les différents types d'épées).
- «Rissala
fil falsafat al ‘Ula» (Thèse sur la Philosophie première)
- «Rissala
fil ‘Aql» (Thèse sur l’Esprit)
Gérard de Crémone a traduit en latin, au XIIe siècle, la
plupart des œuvres d'al-Kindi, de sorte que l'influence de
ces œuvres sur le développement des diverses sciences
s'était fait sentir pendant plusieurs siècles.
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