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40. Ulugh Beg
(1393 - 1449)

Ulugh Beg Mohamed Turghay ibn Shah Rokh ibn Timor est né en 796 H/1393 à Sultaniyya en Asie Centrale. Il a été élevé à la cour de son père, Shah Rokh, qui gouvernait un grand nombre de pays et de vastes provinces.

Son père le nomma Prince de Turkestan et des pays «d'au-delà la rivière» avant même qu'il ait vingt ans. Ulugh Beg se fixa à Samarkand dont il fit sa capitale, ainsi qu'un centre de la civilisation islamique. Durant son règne, qui dura près de quarante ans, il accomplit de grandes œuvres et rendit de remarquables services aux sciences et aux arts.(264)

Contributions scientifiques

Ulugh Beg a inventé de nouveaux appareils astronomiques qui ont aidé les astronomes dans leurs travaux de recherche. L. Bouvat souligne, dans ce contexte, que «Ulugh Beg a pu, pendant son travail avec les astronomes, mettre au point des appareils nouveaux et puissants qui les ont aidés dans leurs recherches conjointes». Il s'est également penché sur la trigonométrie, et les tables qu'il a élaborées sur les sinus et les tangentes ont concouru au développement de cette discipline. Mais son attention ne s'arrêtait pas là, car il a abordé les autres branches des mathématiques, en particulier la géométrie dont il a résolu quelques-uns des problèmes complexes.(265)

Il fit construire à Samarkand un observatoire qu'il équipa de tous les instruments et appareils connus de son époque, observatoire qui était «l'une des merveilles du monde de cette époque».(266) Il a réuni dans cet observatoire une élite des plus grands astronomes et mathématiciens, tels que «Qadi Zadah al-Roumi» et «Mu'in al-Dine al-Qashani», avec lesquels il s'est attelé, entre 827 et 839 de l'Hégire, à la correction des observations grecques.

Le savoir de Ulugh Beg ne s'arrêtait pas aux seules astronomie, observations et mathématiques, il était aussi homme de lettre, historien et un jurisconsulte, ayant étudié et appris le Saint Coran dans les sept récitations.(267)

Œuvres

«Zeij (Les tables) d'Ulugh Beg» constituent le recueil des résultats d'observations astronomiques réalisées pendant douze ans. Ce zeij comporte les méthodes de calcul des éclipses solaires et lunaires, des tableaux relatifs aux étoiles fixes, aux mouvements du soleil, de la lune et des planètes, ainsi que les longitudes et latitudes des grandes villes dans le monde.(268)Il existe cependant une discordance quant à la langue de rédaction de ce zeij. Etait-ce l'arabe, le persan ou le turque ?(269)

Cet ouvrage a été imprimé, pour la première fois, à Londres en 1650, avant d'être traduit dans les langues européennes. «Sidiou» a traduit l'introduction en français et la publia à Paris, en deux volumes, en 1847 et 1853. En 1419 H/1998, Fouad Sezkine a procédé, avec la collaboration de quelques chercheurs, à la compilation et réimpression des œuvres d'astronomie d'Ulugh Beg en langue allemande.

 

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