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37. Ibn al-Banna
(1256 - 1321)

«Un savant de Marrakech ferré en plusieurs sciences, qui s'est tout particulièrement distingué en mathématiques, astronomie, astrologie, sciences occultes, mais aussi en médecine».(245)

Il s'agit de Ahmed ibn Mohamed ibn Othman al-Azdi, connu comme Abu al-Abbas, Ibn al-Banna al-Marrakchi, par référence à son père qui était maçon (banna). Né à Marrakech en 654 H/1256 où il y a passé la plus grande partie de sa vie, d'où le rattachement de son nom à celui de sa ville natale.(246) C'est là qu'il étudia la grammaire, le hadith et le fiqh (jurisprudence). Il s'est ensuite rendu à Fès pour étudier la médecine, l'astronomie et les mathématiques auprès d'Ibn Makhlouf al-Sijilmassi l'astronome, et Ibn Hijla le mathématicien.(247) Ibn al-Banna a su mériter l'estime des rois Mérinides qui l'invitaient souvent à Fès. Il est mort à Marrakech en 721 H/1321.

Contributions scientifiques

En matière de calcul, Ibn al-Banna a contribué à l'explication de théories épineuses et de règles inextricables. Il a entrepris des recherches exhaustives sur les fractions et établi des règles pour l'addition des carrés et des cubes, de même que la règle de la double erreur pour la solution des équations du premier degré et des opérations arithmétiques. Il a apporté aussi quelques modifications, sous forme de règle, à la méthode connue comme «la méthode de la simple erreur».(248)

Selon l'Encyclopédie islamique, Ibn al-Banna a pris le pas sur les mathématiciens arabes qui le précédèrent, en particulier en matière de fractions. Il est aussi celui qui a le plus employé les chiffres indiens dans la forme en usage chez les Marocains.(249)

Œuvres

Ibn al-Banna a élaboré plus de 70 livres en arithmétique, géométrie, algèbre, astronomie et astrologie, dont la grande majorité a été perdue. Du peu qui reste, les plus importants sont :

- «Kitab Talkhiss Aamal al-Hissab» (Concis d'arithmétique) : Smith et Sarton admettent qu'il est l'un des meilleurs livres d'arithmétique, les Occidentaux ayant continué à l'utiliser jusqu'à la fin de XVIe siècle. De nombreux savants arabes y ont apporté des explications, tandis qu'en Occident, beaucoup y faisaient des emprunts. Suscitant l'intérêt des savants du XIXe et du XXe siècles,(250)  il a été traduit en français en 1864 par Marre et imprimé, dans sa version française, à Rome. Il a été retraduit en français par Dr Mohamed Souissi, avec impression en 1969 des versions originale et traduite, assorties d'une préface et d'une authentification.(251)

- «Maqalat fil Hissab», un traité sur les nombres entiers, les fractions, les racines et les proportions ;

- «Kitab al-Djabr wal Muqabala» (livre d'algèbre et d’astronomie) ;

- «Kitab al-Fusul fil Fara'ed» (livre de mathématique) ;

- «Rissalat fil Masahat» (Thèse sur les aires) ;

- «Kitab al-Astorlab wa Isti'maluhu» (Sur l'utilisation de l'astrolabe) ;

- «Kitab al-Yassara fi Taqwim al-Kawakeb al-Sayyara» (Livre simplifié d'astronomie);

- «Minhaj al-Taleb fi Taadil al-Kawakeb» : l'orientaliste espagnol Verné Jines a authentifié l'introduction de cet ouvrage d'astronomie ainsi que certains chapitres, qu'il traduisit en espagnol en 1952 ;

- «Kitab Ahkam al-Nujum» (Livre d'astronomie).

Un ouvrage intitulé «La vie et les œuvres d'Ibn al-Banna», comportant l'inventaire complet de ses œuvres, a été édité en 2001 par Mohamed Ablagh et Ahmed Jabbar, dans le cadre des publications de la Faculté des Lettres de Rabat.

 

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