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34.
Ibn al-Nafis
(1210 - 1288)
Alaa Uddine Ali Ibn Abi al-Hazm al-Qurashi, surnommé Ibn
al-Nafis, est né dans les environs de Damas, où il a grandi
et fait ses études. Il apprit la médecine auprès de Dakhour,
médecin-chef de l'hôpital al-Nouri, ainsi qu'auprès de
grands maîtres tels que Amraan l'israélite et Radi Ed-Dine
al-Réhabi. Il a enseigné, à son tour, la médecine, et
supervisé un pavillon de l'hôpital al-Nouri. Il se rendit
ensuite au Caire où il travailla à l'hôpital al-Nassiri,
montant en grade jusqu'à devenir le médecin-chef de toute l'Egypte.(229)
Ses contemporains lui donnaient la même stature qu'Ibn Sina
au plan de l'autorité scientifique et de la connaissance
médicale. L'on raconte même qu'il connaissait par cœur le
Canon d'Ibn Sina et était imprégné des livres de
Galien.(230) «Pour rédiger ses ouvrages, il se bornait à
écrire ce qu'il retenait, s'appuyant sur ses expériences,
ses observations et ses découvertes»(231) sans revenir à une
quelconque référence.
Ibn
al-Nafis avait également de vastes connaissances dans
d'autres disciplines, telles que la philosophie, la logique,
la grammaire, et la jurisprudence. Il n'était pas homme à
admettre les choses, même venant d'illustres savants, sans
argumentation ou débat. C'est ainsi qu'il a critiqué les
exposés de Galien en médecine, qu'il a qualifiés de faibles
et de compliqués.(232)
Contributions scientifiques
Ibn
al-Nafis était un médecin hors pair en son temps, et l'un
des plus célèbres médecins de Damas. Il était le précurseur
dans la découverte de la circulation sanguine pulmonaire,
qu'il décrivit de manière scientifique et correcte,
précédant de la sorte Miguel Servede auquel les Européens
attribuent cette découverte.(233)
Adoptant la dissection comme méthode de travail, Ibn
al-Nafis a abouti à un certain nombre de résultats,
notamment :(234)
1.
Découverte de la circulation sanguine dans les artères
coronaires ;
2.
La circulation sanguine vers les poumons pour les fournir en
air et non en aliments ;
3.
Inexistence d'air ou de sédiments dans les artères
pulmonaires (comme le prétendait Galien), et présence du
sang seulement.
Œuvres
Ibn
al-Nafis a laissé un certain nombre d'ouvrages, entre
autres(235)
- «Sharh
Tashrih al-Qanun» dans lequel il explique le chapitre
relatif à la dissection de l'ouvrage «Le Canon» d'Ibn Sina,
et dans lequel il critique quelques-unes des assertions de
ce dernier. L'ouvrage demeura enfoui aux tréfonds des
bibliothèques jusqu'à sa découverte, en 1924, par le médecin
égyptien, le Dr Mohyeddine al-Tarawy, dans la bibliothèque
de Berlin. Il entreprit son étude aux fins d'obtention du
Doctorat de l'Université de Fribourg en Allemagne.
- «Al-Kitab
al-Shamel fil Tibb» : il s'agit d'une encyclopédie médicale
en huit parties, dont il ne subsiste que des fragments à
l'Université d'Oxford.
- «Al-Madh-hab
fil Kohl», ouvrage portant sur l’ophtalmie.
- «Al-Mukhtar
fil al-Aghdhiya», ouvrage sur l'alimentation.
- «Sharh
Fouçoul Abikrate» (Explications des Articulations et
Fractures d'Hippocrate), dont une copie est conservée à la
Bibliothèque nationale de Paris ainsi qu'à l'Escorial.
L'ouvrage a été imprimé en Iran en 1298 H/1881.
- «Moujaz
al-Qanun» est un résumé du Canon d'Ibn Sina, écrit en cinq
parties, dont quelques exemplaires sont disponibles
respectivement à Paris, Oxford, Florence, Munich et à
l'Escorial. L'ouvrage a été traduit en turque et en hébreu.
Il a été imprimé en anglais pour la première fois en 1838 à
Calcutta, en Inde, sous le titre «al-Mughni fi Sharh
al-Mujaz».
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